Le guet a bien changé...
Avec Pieds d’Argile,
Pratchett revient sur d’anciennes connaissances : les hommes du guet
d’Ank Morpork. Cette police municipale a bien changé depuis Au guet.
Des effectifs plus nombreux, les équipes mieux organisées, de
nouvelles méthodes d’investigations ont été mises en place… Les
criminels non assermentés par la guilde des voleurs ou des assassins
n’ont qu’à bien se tenir. Le roman commence avec une drôle de série de
meurtre. Deux personnes sont tuées sans que l’on trouve le coupable.
Dans le même temps le prince de la ville est empoisonné. Pas assez pour
qu’il y reste mais c’est largement suffisant pour donner des idées aux
dirigeants des différentes guildes de la ville. Ils vont imaginer sa
succession. Et tant qu’à imaginer, autant comploter… Dernière chose
étrange, les golems se mettent à avoir des comportements bizarres dans
toute la ville. Quel est le lien entre ces différentes affaires ? Au
guet de faire de toute la lumière. Mais la tache s’annonce rude.
Une réussite
Etonnamment, on ne peut pas faire les mêmes reproches à Pieds d’Argile qu’à
ses prédécesseurs. Le style de Pratchett est moins conventionnel dans
sa forme. La redondance est moins forte. Reste l’histoire à laquelle on
prend bien du plaisir. Il s’agit ici d’une véritable gourmandise
peut-être accentuée par des retrouvailles avec le guet dont les
personnages sont si caricaturaux qu’ils en sont attachants. Bref, du
bon Pratchett.
Jérome Vincent - ActuSF
Un trés bon Pratchett
Pour
ceux qui prendraient le train en cours de route, rappelons que Terry
Pratchett est considéré comme le prince de l’humour de la fantasy. Il a
battit son succès sur l’énorme cycle des Annales du Disque Monde
commencé il y a plus de dix ans. Au départ, il s’agissait de parodier
les grands classiques du genre. Puis de volumes en volumes, Pratchett a
approfondit son univers, jonglant avec ses héros récurrents, sorte de
mini-séries dans la série. Côté chiffre Pieds d’Argile est le 19ème
volume publié en France, sachant qu’il en reste encore un bon paquet à
traduire. En général, les éditions de l’Atalante sortent entre deux et
trois titres inédits par an tandis que Pocket en réédite autant en
version poche mais avec quasiment dix volumes de retard.
Si
vous êtes néophyte, une question vous brûle sans doute les lèvres : au
bout de 19 volumes, Terry Pratchett arrive-t-il à ne pas se répéter ?
Eh bien… oui et non. Oui parce qu’à chaque opus il varie ses
personnages et ses thèmes, s’offrant par exemple une parodie du fantôme
de l’opéra (Mascarade), un gros délire sur la Chine et ses légendes (Tribulations d’un mage en Aurient) ou bien encore une version déjantée du succès du rock dans son petit monde de fantasy (Accro du Roc).
Néanmoins, malgré ce renouvellement des thèmes, on n’en trouve pas
moins certaines redondances. Dans la forme d’abord. Si vous prenez un
Pratchett, vous remarquerez qu’il a exactement le même nombre de pages
que les autres volumes à quelques exceptions près. Ensuite ses romans
sont souvent composés de la même manière : deux histoires qui se
chevauchent pour se retrouver dans les dernières pages. Il connaît à
merveille la technique du récit enchâssé. Enfin reste à savoir si son
humour peut lasser. Certains diront oui mais c’est affaire de goût.
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