J’ai envie de vous parler de ce bouquin depuis des mois, mais j’ai préféré ne pas le faire avant sa sortie en français. C’est maintenant chose faite, tous les éléments sont donc réunis pour que je vous en chante les louanges !
Quand j’ai lu Nation, on était en plein dans le fameux débat sur l’identité nationale. À chaque fois que j’en entendais parler à la radio, à la télé, j’avais envie de crier : mais Pratchett a tout compris et vous n’êtes que des buses. Une nation, ce sont des gens qui vivent ensemble, parfois par choix, souvent par nécessité, et qui tentent d’en tirer le meilleur. Chacune a ses spécificités, mais elles sont vouées à évoluer si suffisamment de gens le désirent. La nation n’existe pas comme une entité absolue, extérieure aux humains qui la composent. Je résume sûrement ça très mal, il faudrait que vous lisiez le roman pour comprendre.
Nation est, d’après moi, le meilleur roman de Pratchett, et c’est dire quelque chose. En le lisant, j’ai ri, comme toujours, mais j’ai aussi pleuré, chose plus rare, et ce n’étaient pas de mauvaises larmes. Bref, je vous conseille très vivement de le lire. Il est paru en français chez l’Atalante et en anglais chez Corgi.
Petite parenthèse : pour ceux à qui le nom de Terry Pratchett dit quelque chose, que ce roman ne se situe pas sur le Disque-Monde. Une fois ce détail réglé, voilà ce que Nation raconte.
Mau vient de passer un mois sur l’île des garçons. À son retour chez lui, il sera officiellement un homme. Il monte sur le canoë qu’il a fabriqué lui-même pendant ce mois solitaire, se représente déjà le festin qui l’attendra à son retour… Toute l’île sera sur la plage pour lui, pour célébrer son retour et la naissance de son âme d’homme. Mais une vague arrive, une vague énorme, à laquelle il ne survit que de justesse. Et lorsqu’enfin il rentre chez lui, il n’y trouve que des cadavres. Il n’est pas seul sur l’île ; la vague a également fait échouer une goélette en plein milieu de la jungle. De ce naufrage, une seule personne sort vivante, Daphné, une jeune fille occidentale de bonne famille. Mau pense à elle comme “la fille homme-culotte”.
Bien entendu, la communication entre eux n’est pas évidente, sans compter les circonstances qui les poussent à communiquer. Mais ils font de leur mieux, et ils sont rejoints, petit à petit, par des habitants d’autres îles dévastées. Tous ces gens apprennent à fonctionner ensemble par nécessité, et deviennent une nation. Mau enrage contre les dieux et donne beaucoup pour les autres, mais ce faisant il se rend compte qu’il trouve un sens à sa vie dévastée. Pourtant pas de mièvrerie, pas de facilités.
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