L’uchronie est une des grandes modes du moment et les ouvrages ayant ce thème fleurissent sur les étagères des librairies. Javier Negrete, Grand Prix de l’Imaginaire en 2004 et Prix Européen Utopiale 2008, se lance donc dans cette vaste tâche en prenant soin de placer au centre de son roman un personnage emblématique : Alexandre le Grand. Il n’a visiblement pas peur de s’attaquer à un mythe et il a raison. Car n’importe qui ne peut pas rendre une copie égalant la sienne. Décryptage de ce roman qui promet d’être de nouveau un Grand Prix…
Le principe central du roman est assez simple :
et si Alexandre n’était pas mort empoisonné, que se serait-il passé ?
La réponse est relativement simple et donnée dans le titre. Allez ! Je
vous aide : il se serait attaqué à l’autre puissance émergente du
moment : Rome. La trame en elle-même promet de violents combats entre
les phalanges macédoniennes et les centuries romaines, de nombreuses
intrigues de cour,… Bref une Histoire revue et corrigée de près par un
grand auteur de l’imaginaire. Que demander de mieux ?
Eh bien
ce qu’il serait possible de demander est un texte de grande qualité
avec des fondements historiques plausibles, non ? Il n’en est même pas
besoin : tout est déjà là à l’ouverture du roman… Dès lors que dire de
plus sur un roman qui semble mettre en place tous les éléments d’une
réussite parfaite ? La première chose à faire est de louer la
traduction qui est d’excellente facture (cela devient une agréable
habitude chez l’Atalante) et qui rend la lecture particulièrement
fluide.
Il faut ajouter à cela une couverture de toute beauté
avec un vernis très réussi, un volume de page assez impressionnant tout
de même et vous obtenez un cocktail intéressant en vue de la réussite
de ce titre auprès du lectorat.
De mon point de vue un seul
bémol peut venir troubler le tableau idyllique d’Alexandre et les
aigles de Rome : un souci du détail pouvant troubler certains lecteurs.
En effet lorsque l’on écrit une uchronie il faut savoir de quoi l’on
parle et particulièrement bien se documenter sur le sujet. Dans le cas
présent cela pourrait poser quelques problèmes à certains lecteurs car
la difficulté de certains termes issus de l’histoire antique peut
paraître rebutante. Cela s’appelle toutefois du pinaillage car si
l’auteur avait fait abstraction de ces détails nécessaires j’aurais
râlé également. Enfin bref pour synthétiser disons que les recherches
de l’auteur sont particulièrement pointues et que cela se sent très
bien au fil de son écriture. Pour donner un point de comparaison la
série Troie de David Gemmel est beaucoup moins bien étudiée par
l’auteur que le présent titre.
Que dire de plus sinon que j’ai
énormément apprécié ce roman et que de bout en bout l’intérêt du
lecteur est présent et que je vous invite à un voyage au cœur de
l’histoire antique dont personne ne sortira entier…
Deuskin, mythologica.net, 24 juin 2009
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