Si Javier Negrete se frotte à Alexandre n’hésitant pas à le mettre en scène lui, ses conseillers, ses généraux, ses épouses et même l’assistant qui partage son lit, le véritable héros de ce roman n’est autre que son médecin.
Intervenant de façon miraculeuse pour sauver le roi, il est le personnage principal de l’histoire, la majeure partie du récit étant vu par ses yeux. Nestor est un homme dans la force de l’âge qui malgré une amnésie persistante possède une connaissance solide de la médecine mais aussi un regard curieux et érudit sur le monde qui l’entoure.
C’est lui qui nous fait vivre les principales batailles en tant qu’observateur. Et si le mystère sur son histoire n’est jamais levé, le récit tient en grande partie à lui. Il en est d’ailleurs un des atouts principaux. Ses questions, sa douceur, son regard, le rendent non seulement sympathique et nous offre une vision passionnante de ce morceaux d’histoire qui se déroule sous nos yeux.
Car outre l’uchronie, Javier Negrete nous offre là une plongée à la cour d’Alexandre et dans le monde romain. C’est tout simplement passionnant, pour peu que l’on s’intéresse un minimum à l’Histoire. On prend plaisir à découvrir cette période, sans doute autant que l’auteur a eu à mettre en scène quelques personnages historiques comme Aristote. On prend aussi plaisir à lire les moments de bravoure (on recommandera tout particulièrement la scène dans le sénat romain et la bataille finale) et à dénouer avec lui les complots qui entourent Alexandre, au point de lui pardonner les longueurs de son récit.
Sans nul doute, Alexandre le Grand et les aigles de Rome est un des meilleurs romans de cette année. En tout cas un bon exemple de ce que l’Uchronie peut avoir comme saveur...
![]()