La France tient enfin sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires !
Un parallèle simple, voire
simpliste sans
doute, mais qui n'en est pas moins vrai, quand bien même ne faudrait-il
pas
limiter à cela cette tentative de « comics » à la
française
audacieusement publiée par les éditions L'Atalante.
Serge Lehman et Fabrice
Colin
avaient envie depuis un certain temps de mettre à profit ce patrimoine
oublié
de nos – nombreux ! - héros
des débuts
du 20ème siècle et l'on comprend mieux après lecture pourquoi Fabrice
Colin s'était
exprimé à plusieurs reprises sur son blog en espérant que la série
trouve son
public.
Car elle le mérite assurément
et
quoi de plus logique que de nourrir de telles attentes : casting de
choix (…), Histoire, la
grande,
joliment et habilement revisitée – qui n'aurait pas envie de vivre à
cette
époque où s'entremêlent science et surréalisme avec un tel naturel ? -
scénario
évidemment feuilletonnesque qui sait ménager ses rebondissements et ses
mystères au fil des pages, après une mise en action néanmoins un peu
lente dans
le premier volume (c'est bien là la seule misérable réserve que l'on
pourrait
relever pour l'instant, car il faut bien trouver quelque chose à
redire,
n'est-ce pas !), mais qui réussit à installer une ambiance à part en
quelques
planches à peine, le tout baigné dans une atmosphère à la fois
uchronique et
féérique sachant séduire sans complexe.
Notre duo de scénaristes
réussit
même le tour de force de proposer un sous-texte et un cadre aussi riche
en
apparence que les oeuvres de Moore ou Gaiman, tout en
demeurant, pour
l'instant, tournés avant tout vers le récit à retranscrire, sans
s'apesantir
sur les à-côtés, mais sans écarter au passage une véritable réflexion
sur le
concept de super-héros et le comment du pourquoi de cette situation
européenne
fantasmée, qui ne manque pas de parallèle toujours astucieux quand bien
même sont-ils
parfois évidents. Avoir pu enchaîner la lecture de ces deux premiers
albums
constitue sans doute un plus indéniable pour s'en rendre pleinement
compte.
Il ne faudrait pas oublier,
puisque l'on parle des albums, la forme, au-delà du fond. Saluons le
choix du
format comics, bien entendu parfaitement adapté à cette histoire, mais
pas
toujours bien accepté par un lectorat parfois dérouté par chez nous.
Gess, bien
connu pour les aventures de Carmen Mc Callum,
réalise ici un travail
soigné de qualité, souvent inspiré, qui évoque indéniablement Hellboy
et
certaines productions Dark Horse du même ordre,
impression accentuée par
la colorisation de Céline Bessoneau, à l'avenant et à la hauteur du
reste de
l'ensemble et de toute production US, qu'elle tutoie pour le coup
aisément.
Élégance et érudition semblent
donc être les deux ingrédients phares de cet événement BD de la
rentrée, sans
oublier un souci du détail prégnant, qu'il soit question des grandes
lignes de
l'intrigue ou du plus petit coup de crayon de la plus petite des cases.
On espère en tout cas voir
cette
initiative menée tambour battant et sans complexe, qui doit se boucler
en 6
volumes, rencontrer le succès et générer l'effervescence qu'elle mérite
dans un
cas comme dans l'autre, en croisant les doigts pour que le sans faute
se
poursuive.
Elbakin.net, Gillossen, le 13 août 2009
Espace Culture Leclerc
Saint-Brevin-les-Pins
Métro 2033, paru à L'Atalante fin mai, rencontre déjà un certain succès. Il faut dire que la trame, originale, à de quoi en intriguer plus d'un.
Denis E. Savine a traduit Métro 2033 pour L'Atalante. Il nous parle de sa relation avec le livre, de la conception qu'il a de l'histoire, et de la portée de cette dernière.
deux premiers chapitres à télécharger gratuitement!