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Gess, Lehman, Colin, Bessonneau - La Brigade chimérique - Rhinocéros
Posté le 05 mai 2010

La Brigade Chimérique: la revanche du feuilleton français

Alors que Marie Curie a confié le sort de Paris au Nyctalope, le tristement célèbre docteur Mabuse fomente un plan machiavélique pour conquérir l’Europe. Les Joliot-Curie, associés au héros de la Première Guerre mondiale, parviendront-ils à contrer ce sinistre complot ?

En relisant des feuilletons de l’entre-deux-guerres, l’écrivain de science-fiction Serge Lehman s’était surpris à constater à quel point la littérature française regorgeait de personnages hauts en couleur, largement dignes de son pendant anglo-saxon. Et de se dire qu’il suffirait d’un bon coup de pinceau et d’un scénariste un peu malin pour en faire une sacrée bonne série. L’idée de base de La Brigade chimérique était née. Las, un certain Alan Moore venait d’avoir peu ou prou la même avec sa Ligue des gentlemen extraordinaires, et affronter le magicien de Northampton en duel de scénaristes relevant quasi systématiquement du suicide allégorique, le projet fut mis en sommeil. Puis, réalisant que Moore interrompait son univers en 1914, Lehman replongea dans ses notes et commença à échafauder un scénario. La thématique ? La fin des super-héros européens.

Il ne serait pas impossible, ni même absurde de comparer les deux œuvres, mais l’expérience serait longue et d’un intérêt limité. On se contentera de dire que La Brigade chimérique sort du duel sans avoir à rougir, ce qui est déjà beaucoup. Exhumés d’ouvrages très différents, les personnages comme François Dutilleul (le passe-muraille de Marcel Aymé) ou Gregor Samsa (« héros » et avatar de l’auteur dans La Métamorphose de Kafka) acquièrent une nette épaisseur. Mention spéciale à Léo Saint-Clair, le Nyctalope, issu d’une série de feuilletons signés Jean de La Hire et réincarné ici en chef de la protection de Paris désigné par Marie Curie. Ce sinistre personnage, pétri d’ambition et à l’ego aux proportions étonnantes, est prêt à bien des bassesses mais parvient pourtant à se rendre assez émouvant dans sa folie des grandeurs.

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Un feuilleton pétri d’érudition

L’intrigue elle-même est conçue comme un hommage à une série inachevée et quasi inconnue du public : L’Homme chimérique, de George Spad. Manifestement fasciné par cette histoire (il la décrit précisément sur le site officiel de la série , que je ne saurais trop vous conseiller d’aller consulter), Lehman l’adapte et l’achève avec un brio certain, reliant les différents personnages en les insérant dans une Europe de l’entre-deux-guerres sous tension. En Allemagne, la menace du docteur Mabuse remplace explicitement Hitler et le nazisme, tandis qu’en URSS le parti « Nous Autres » élève l’idéal communiste à son paroxysme (Staline devient une sorte de robot géant surnommé « Grand Frère »). Tandis qu’en France plane encore l’ombre de Marie Curie, décédée au moment des faits mais dont les décisions pèsent toujours sur le sort du continent. Finement, Serge Lehman et Fabrice Colin (autre écrivain dont il s’est adjoint les services afin d’assurer la cohérence narrative) parviennent à échafauder tout un contexte fascinant par les images qu’il véhicule.

Graphiquement, la série est également marquée. S’il y aurait à redire sur les approximations du dessin de Gess (connu pour avoir dessiné, dans un autre style, la série Carmen McCallum chez Delcourt), il faut reconnaître que celui-ci fonctionne. Le dessinateur compense certaines faiblesses (les visages se résument parfois à quelques traits maladroits) par des visions authentiquement fascinantes. Qu’il s’agisse de l’homme élastique s’accrochant au Panthéon, de la créature terrifiante enfermée par le Nyctalope, des designs de personnages flamboyants comme Cagliostro, Palmyre ou l’étonnante Xénobie, ou des sublimes couvertures, Gess a su imprimer sa marque aussi sûrement qu’O’Neill l’a fait sur la Ligue anglaise.

Référence ultime aux feuilletons, dont il semble posséder une connaissance encyclopédique, Lehman a découpé son œuvre en épisodes relativement courts, réunis par deux dans les albums sortant chez L’Atalante. Des ouvrages de bien belle facture du reste : le travail éditorial a été soigné, ce qui reste loin d’être systématique. L’intrigue se clôturera avec le sixième album, mais comme tout feuilleton, il est encore meilleur de le découvrir au fur et à mesure de la parution. Parce que rien n’est aussi excitant qu’un « À suivre » en bas de page !

Julien Meyrat - Rhinocéros

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