Les cauchemars envahissent les brumes. Pour Clara, il n'est plus question de tergiverser : elle doit continuer sa quête et aller au bout de son Clairvoyage, pour, non seulement retrouver sa tante, mais aussi sauver le monde des fées. Clara a bien grandi depuis l'accident qui a vu la disparition de ses parents.
De fait, le ton de cette suite et fin se veut plus mature, plus sombre.
Cette rupture a aussi des répercussions sur l'univers du livre puisque
l'on passe, en quelque sorte, de l'autre côté du miroir. En effet, si
Clairvoyage se déroulait dans une copie conforme de notre réalité où
intervenaient tout de même quelques puissances magiques, La Brume des
Jours pose ses valises dans un monde entièrement magique, des racines
du bois de la Chasseresse aux nuages aux nuages qui planent au dessus
de la Montagne en Soupir en n'oubliant pas les planches craquantes du
pont gardé par un troll tout sauf sympathique.
Un monde extraordinaire qui rappelle par bien des côtés celui d'Abarat
par la richesse, l'étrangeté et l'humour qui s'en dégage. Cette
comparaison, déjà vraie dans le premier tome, l'est encore plus dans le
second puisque la quête de Clara et de Candy possède encore bien des
similitudes. Ainsi, la quête de Clara voit celle-ci se confronter à
d'incroyables créatures dans des lieux non moins étonnants à l'image de
cette bibliothèque magique qui vole vos souvenirs.
Pas de temps mort, pas de bavardage inutile, Clara enchaîne les
épreuves sur un rythme soutenu. Il est temps pour elle de devenir
adulte mais plus encore, de s'accepter. La très belle fin n'adoucit pas
l'excellence dont fait preuve ce dyptique : on aime Clairvoyage de la
première à la dernière page.
9/10 Somme toute, La Brume des Jours confirme les bonnes impressions de
la première partie, la surprise en moins et nous conforte dans l'idée
que la lecture de Clairvoyage n'est rien moins qu'indispensable.
Simatural, Librairie Critic, 10 mai 2009