Eschbach - En panne sèche - Radio Cité Vauban
Posté le 23 mars 2009
Et si le pétrole déclenchait un conflit planétaire? Si les ressources supposées d'or noir par pays n'étaient que bluff dans une géante partie de poker où les dindons de la farce sont les consommateurs lambdas du Nord de l'Alaska au sud de l'Australie? Ce scénario catastrophe pose les fondations du nouveau roman d'Andreas Eschbach, En panne sèche.
Markus Westerman est un jeune ingénieur commercial ambitieux. Il ne voit son salut que dans la réussite professionnelle et pour cela il faut aller aux Etats-Unis. Mais cela ne se passe pas comme il le voudrait et son rêve se brise. Au détrour de ses errances, il rencontre Karl Walter Block, un technicien de forage prétendant trouver du pétrole grâce à sa méthode infaillible et il le prouve en découvrant de l'or noir sur les terres a priori asséchées du Dakota du Sud. (...)
Cette nouvelle va attiser la curiosité et
l'intérêt des investisseurs mais aussi celle des pays producteurs de
pétrole, à commencer par l'Arabie Saoudite. L'allié des Etats-Unis
craint pour sa suprématie sur le marché de l'hydrocarbure et cette
perte de contrôle a des conséquences fatales pour la géopolitique
mondiale.
Andreas Eschbach, avec En panne sèche, se lance dans le thriller
environnemental. Et pour un coup d'essai, c'est un coup de maître.
Pourtant, l'auteur ne s'attaque pas ni au sujet le plus facile ni le
moins traité. Mais malgré la complexité de l'opération, il s'en sort
haut la main, articulant avec habileté le passé et le présent des
personnages principaux dans la 1ere moitié du roman, jonglant avec
l'Histoire, la géopolitique et les peurs apocalyptiques des hommes et
des femmes. Il n'oublie pas d'évoquer dans son roman les conséquences
de la cupidité et de la veinalité à l'image de Mark Westerman ou de
Wang, son beau-père. Le lecteur ne s'ennuie pas une minute, pris par le
récit du début jusqu'à la fin. Andreas Eschbach, dans ce roman
d'anticipation met face à ses responsabilités les dirigeants de ce
monde et les choix énergétiques qu'ils ont à faire pour les prochaines
décennies sans pour cela endosser le rôle de donneur de leçons.
Un grand roman vert qui ne voit pas notre planète bleue garder son mascara noir dans le futur.
Olivier VERSTRAETE -
Radio Cité Vauban