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Dufour - Entends la nuit - Just A Word
Posté le 12 octobre 2018

Cela faisait neuf ans qu’on l’attendait : Catherine Dufour revient enfin à la littérature de l’Imaginaire après quelques détours par l’Histoire, le théâtre et les grandes dames. Point de futur post-apocalyptique arôme punk mais un retour vers le fantastique à l’humour grinçant et contagieux qu’elle affectionne tant.

Entends la nuit, publié cette fois aux éditions L’Atalante, explore Paris et ses vieilles pierres pour dénicher les lémures, des êtres inquiétants mais aussi étrangement sexy…

C’est le CDD de votre vie !

Tout commence avec l’arrivée de Myriame, une jeune femme au caractère bien trempé, à la Zuidertoren, une société parisienne coincée entre les immeubles grisâtres de Bercy. Joie et bonheur, Myriame accède au rêve capitaliste moderne : le CDD (et peut-être un jour le CDI, soyons fous !). En prime, un bureau qui porte le chiffre 327 avec des murs glacés façon Igloo pleureurs et un logiciel espion nommé Pretty face qui s’assure que vous travaillez comme il faut derrière votre écran. Sur Pretty face, Myriame aperçoit un homme étrangement attirant, un visage trop beau pour être vrai, un Loki peu loquace. Rapidement, elle comprends que derrière Loki se cache Sir Duncan Vane, l’un des dirigeants de la Zuidertoren. Lorsque celui-ci commence ouvertement à lui faire des avances et qu’elle tombe peu à peu dans ses filets, c’est le coup de foudre assuré…littéralement !

Le monde du travail, monstre moderne

Catherine Dufour troque les vampires de Twilight pour des aristocrates suradaptés au monde capitaliste moderne, écrasant leurs employés et les gardant bien sagement dans le pas cadencé du monde de l’entreprise. Dans Entends la nuit, c’est d’abord par la situation peu enviable de nouvelle employée dans une grande boîte lambda que Catherine nous entraîne. Bien vite, elle bascule cependant dans l’étrange et donne aux supérieurs hiérarchiques des atours surnaturels, des bêtes intrigantes et distantes que l’on ne comprend pas et qui effraient autant qu’elles attirent. Dès lors, le roman se focalise sur la romance quasi-sadomasochiste entre Duncan Vane et Myriame, un noble froidement séduisant et une femme ordinaire au caractère revêche. Petit à petit, on comprend que Duncan n’est pas humain et que Myriame vient de mettre le pied dans un nid de serpents.

Mânes and woman

Au lieu de réutiliser directement le mythe du vampire, Catherine Dufour ressuscite celui du lémure, fantôme malfaisant de la mythologie romaine, et celui des mânes, les esprits des ancêtres. Elle transforme momentanément sa romance en une (re)découverte de ces légendes oubliées et tente d’en faire l’ombre tutélaire des mythes plus modernes tels que le vampire, la goule ou le zombie, simples incarnations de ces anciennes divinités. Entends la Nuit reprend ensuite le chemin de la romance et montre le jeu de séduction dangereux qui se joue entre Myriame et Vane. Cette ennuyeuse romance pourrait égarer plus d’un lecteur…s’il n’y avait pas le truculent humour et le franc-parler d’une Catherine Dufour pleinement consciente du potentiel parodique et bouffon de la situation qui permet tout juste à ce cache-cache amoureux de ne pas virer au Twilight-bis faussement rebelle. Myriame n’est pas Bella et reste toujours lucide sur la pulsion de mort qui l’habite et lui fait côtoyer un monstre, un vrai, capable de l’absorber purement et simplement s’il le souhaite. Avec des répliques féroces et un rythme finement calibré, Catherine Dufour se tire de ce mauvais pas pour soutirer des sourires complices au lecteur.

Le sang des pierres

Mais surtout, la vraie originalité d’Entends la nuit, c’est de replacer Paris au centre du jeu. Oubliez la quête du sang, ici la pierre fait la loi. Incarnés dans les murs et les catacombes, les lémures offrent un lustre nouveau au patrimoine parisien, rappel inattendu de la puissance du temps et de ces grandes bâtisses qui nous observent vivre et mourir à travers les siècles. Normal dès lors que les lémures se comportent comme des nobles d’un autre temps, figures déplacées dans un monde moderne qui ne croit plus en eux. Modernité et patrimoine se tirent la bourre à qui mieux mieux et finalement la romance pourrait bien se trouver ailleurs que dans les draps de Myriame. Peut-être qu’Entends la nuit aime davantage Paris qu’elle n’aime ses frivolités amoureuses qui finiront inévitablement dans les flammes. Peut-être.

On frôle la catastrophe ! Catherine Dufour se met en tête d’écrire une romance fantastique avec toutes les scènes langoureuses que cela présuppose mais…non, Catherine Dufour reste Catherine Dufour avec son humour caustique qui emporte finalement le tout. Ajoutez une délectable métaphore sur le monde du travail et un amour de Paris qui flamboie à travers les créatures fantastiques hantant ces pages et vous obtenez un roman addictif et drôle à souhait.

Note : 8/10

-  Nicolas Winter, le 08 octobre 2018.



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En février, Lazare en guerre à prix réduit en numérique
Posté 12 février 2019 -

Le premier tome de "La Guerre sans fin", Paria, sort dans moins de deux semaines ! À cette occasion, nous vous proposons de découvrir "Lazare en guerre" à prix réduit en numérique.
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L’Atalante, 30 ans au compteur
Posté 11 février 2019 -

« Au départ une petite librairie de 15m2 spécialisée dans le cinéma au cœur de la ville de Nantes. Puis la librairie s’agrandit et devient édition, et du cinéma passe à l’imaginaire et à la science-fiction. C’est d’abord un catalogue étranger, dont une prise de guerre qui lui permet de se consolider : Terry Pratchett et sa saga du Disque-monde. Puis peu à peu des auteurs français, et non des moindres : Pierre Bordage avec sa trilogie des Guerriers du silence, Roland Wagner, Serge Lehman et maintenant Catherine Dufour. En 30 ans, L’Atalante est devenue l’un des piliers de la SF en France. C’est son anniversaire que nous fêtons aujourd’hui. »

Nicolas Martin, La Méthode scientifique sur France Culture – 26/01/2019

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Manuscrits
Posté 21 janvier 2019 -

Et la session de l’an passé ?

En 2018, nous avons reçu 885 manuscrits lors de l’ouverture de notre session annuelle de janvier, changement de méthode dont nous sommes satisfaits. Nous y avons trouvé une plus large proportion de fantasy (50 %) que de science-fiction (40 %) et assez peu de fantastique (10 %), sans compter les inclassables…
Plusieurs textes nous ont semblé prometteurs, mais souvent il leur manquait un petit quelque chose pour être publiables. N’hésitez pas à persévérer, à retravailler vos textes ou à en écrire d’autres. Faites-vous plaisir, surtout.
Un dernier conseil, le plus important selon nous : lisez ! Inspirez-vous, baignez dans les récits de vos prédécesseurs. Pierre Bordage, Michael Moorcock, Guy Gavriel Kay, Orson Scott Card, Ursula K. Le Guin, Jean-Marc Ligny, Becky Chambers pour n’en citer que quelques-uns. Il y a l’embarras du choix.

Lors de cette session, merveille !, nous sommes tombés sur une pépite. Il s’agit d’un roman de fantasy historique revisitant un mythe soufi. Il nous emmène en terres franques, en Syrie et en Irak. L’écriture de l’autrice est bouleversante tant par son érudition sur le sujet que par sa galerie de personnages fabuleux, tous uniques et ancrés dans leur époque et leur culture. Nous sommes heureux de bientôt publier L’Appel des Quarante, le premier opus de "La Rose de Djam", par Sandrine Alexie
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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