C'est un fait avéré que les jolies
filles mettent toujours Garrett dans l'embarras, même lorsque n'étant
chargé d'aucune affaire, il ne devrait pas avoir à en souffrir.
Il lui est déjà pénible d'être accueilli au Joyeux Morlet par des
regards soupçonneux, même si l'on peut comprendre que les amis proches
aient tendance à se méfier des ennuis qui vont immanquablement le
suivre.
Eh bien, ils ont raison. La belle brune qui est entrée juste après lui a
beau ne pas être une cliente, comment ne pas réagir quand deux malabars
lui cherchent des crosses et, pire, tentent de l'enlever ?
Garrett va voler à son secours avec de Tête-de-pioche pour lui éviter de
disparaître dans le carrosse d'un affreux barbon aux yeux verts qui
éructe des papillons venimeux de la même couleur. La fille disparaîtra
quand même pendant ce temps mais sauvée. Les choses paraîtront moins
drôles d'apprendre que c'est celle de Chodo Contague, le caïd qui règne
sur la pègre de Tonnefaire.
Pendant ce temps-là, l'Homme-mort et Dean, soucieux d'occuper Garrett et
de renflouer ses finances lui ont trouvé du travail. Pister D'Amato
l'aboyeur, tout juste sorti de prison. Ce serait une sinécure si
celui-ci était moins bavard, ce qui lui a valu son surnom, et plus
propre, son odeur portant à la gorge.
Les chose vont pourtant se compliquer sérieusement quand Westman Block
va venir solliciter de l'aide, moyennant finances évidemment. Mais pour
que le Capitaine du Guet, qui n'éprouve pas pour lui de sympathie de
reste – et c'est réciproque – ait besoin de l'aide de Garrett, c'est
forcément mauvais signe. C'est sûr que ne pas arrêter un fou maniaque
qui s'amuse à pendre et éviscérer des jeunes filles de la haute, c'est
outre l'horreur de la chose, tirer un trait définitif sur sa carrière.
Il y aurait de la sorcellerie là-dessous que ce n'aurait rien d'étonnant.
Comme à l'accoutumée, des histoires qui se recroisent pour la plus
grande satisfaction du lecteur qui recherche non de la grande
littérature mais un bon moment de distraction. En fait, moins par le
fond qui est généralement sordide, que par les mésaventures de Garrett
soi-même, personnage si spontané dans le caricatural qu'il en devient
fort drôle.
Hélène - Revue-imaginaire.com
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