Ce livre représente la cinquième affaire du détective Garrett,
néanmoins il peut se lire de manière indépendante, car hormis quelques
piqûres de rappel, il n'est pas nécessaire d'avoir lu les autres titres
pour suivre les aventures de ce personnage hors du commun qui carbure à
la bière et aux jolies rousses. Entre autres particularités, on peut
signaler qu'il héberge sous son toit une créature bizarre qui répond à
la dénomination d'homme-mort et qui, en fait, se trouve être un rondrun
qui adore jouer au plus fin avec son logeur. Il est également équipé
d'un homme à tout faire, Dean, à qui il ne manque que l'appartenance au
genre féminin pour se transformer en épouse idéale, et d'une paire
d'amis qui ont l'extrême délicatesse de disparaître lorsqu'il a besoin
d'eux.
Dans ce volume, il est plus ou moins engagé pour retrouver un ouvrage
de sorcellerie particulièrement dangereux dont les pages sont en laiton
et qui suscite la convoitise du caïd, Chodo Montague, d'une sorcière
appelée Vipère, d'un héritier que l'on peut qualifier d'illuminé, ainsi
que des nains. Plus il va avancer dans cette affaire dans laquelle il
est personnellement impliqué, plus les dangers vont se matérialiser
sous les traits de nombreux protagonistes, tous moins recommandables
les uns que les autres. Chemin faisant sa route croise celle de
quelques spécimens très intéressants appartenant à l'espèce rouquine et
celui d'une femme répondant au doux nom de Rafale, dont la qualité
principale est d'être singulièrement encombrante et tenace.
On suit avec joie les péripéties rocambolesques de ce nouveau
représentant qui vient agrandir les rangs du genre détective grognon le
matin, vaguement paresseux aux entournures et qui a déjà pris pas mal
de coups sur la caboche. Cette histoire est emballée dans la dérision,
le sens de la répartie, un style familier et se déroule dans un monde
de fantasy où se côtoient des créatures diverses et variées qui ne font
pas toutes bon ménage. La galerie de personnages, qui ont l'air de
concourir pour gagner le premier prix de loufoquerie, est vraiment
désopilante. Le but de ce genre littéraire n'est probablement pas de
faire réfléchir ; néanmoins la finalité est sûrement de passer un
moment de détente et de dépaysement. Cela n'exclut pas entièrement un
versant plus sérieux évoqué de manière sous-jacente, notamment au
travers des allusions faites à la guerre qui ravage une partie du pays.
Pour autant la lecture de ce genre de récit symbolise un acte
revendiquant l'apaisement et la littérature légère. En conclusion,
cédez à la tentation sans modération.
Sig, les chroniques de l'Imaginaire, le 04 Février 2009
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