[...] Très critique par rapport à cet « urbanisme libéral », l’auteur cuisine les habitants sur leur rapport au monde extérieur. Cela donne des répliques assez piquantes qui trahissent parfois la mauvaise conscience face à une forme d’égoïsme. « Le monde ? lui répond un habitant. On n’est pas dans le monde à Magny ? Moi, je me pose pas la question du monde. Mon monde, c’est Magny. ». Très atypique, un militant d’un collectif anti-libéral s’explique sur son choix d’habiter dans ce lieu qui incarne tout ce qu’il rejette par ailleurs. « C’est inquiétant si tous ceux qui ont une conscience de gauche abandonnent le navire pour vivre dans des coins comme celui-ci. ».
En fait, le territoire que dissèque Hacène Belmessous est symptomatique d’une question qui nous est posée : face à l’échec des villes construites pendant les Trente Glorieuses, allons-nous continuer à croire en une société du vivre-ensemble qui mise sur la rencontre et la différence ou, au contraire, nous résigner à imaginer ces ghettos ultramodernes qui rassurent l’honnête citoyen fatigué des tensions ultramodernes.
Noël Bouttier, Témoignage Chrétien, 26 mars 2009
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