L'atalante éditions
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L'Atalante, c'est plus de vingt-cinq ans d'édition, et plus de 400 titres publiés. Parmi ceux-ci, certains ne sont actuellement plus disponibles : en voici la liste. En attendant leur éventuelle réimpression, vous pourrez peut-être vous les procurer dans une boutique de livres d'occasion ou les trouver dans votre bibliothèque.



Piers Anthony

Constellations

« Nous avons établi que ce corps, sans contexte humain, est habité par une créature d’un autre monde. L’intensité de son champ Kirlian est très élevé, de l’ordre de quatre-vingt fois la norme humaine, et son halo diffère de tout ce que nous connaissons. P [...]




Georges J. Arnaud

L'Homme au fiacre

Décembre 1829. La neige tombe sur Paris. Rue Vivienne se tient l'étude des frères Roquebère, jumeaux et avoués : Hyacinthe, sérieux et distingué, Narcisse, le joyeux luron. Les voici plongés dans une sombre affaire de captations criminelles d'héritages.  [...]




Georges J. Arnaud

Le Rat de la Conciergerie

Gaston Lamercie, ancien clerc des avoués Roquebère, est retrouvé sans vie dans l'escalier de son immeuble. Quelques heures auparavant, il avait refusé de servir de témoin à la signature du testament de Francine Escubier qui se meurt à l'hôpital de la... [...]




Georges J. Arnaud

La Congrégation des assassins

1830. Les pluies de la fin mars bloquent une diligence dans un relais campagnard de Bourgogne. Trois policiers y font irruption et se saisissent de l'un des passagers, Albert Danancier, drapier parisien. On apprend le lendemain qu'il s'est fait abattre al [...]




John James Audubon

Journaux et récits

 [...]


  • Lettre d'information pro




  • Revue de presse
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Dunyach - L'enfer du troll - eMaginarock
Posté 13 octobre 2017 -

J’ai tout de suite été attirée par la couverture, mais c’est bien en parcourant le récit que je me suis aperçue de tout le génie de l’illustrateur qui a su insérer de multiples détails porteurs de sens une fois que vous aurez savouré cette histoire aussi déjantée que drôle.

Car, disons-le tout de suite, comme la quatrième de couverture le laissait présager, l’auteur nous livre ici un récit où le rire et l’humour sont omniprésents pour vous faire passer un moment de lecture aussi léger que plaisant. Nous rencontrons ainsi un troll et sa trollesse missionnés pour remplir une mission aussi importante que mystérieuse. Déprimé à la suite de la perte de son précédent travail, notre troll n’est pas très enthousiaste au départ, mais il finit par suivre sa dulcinée dans une aventure épique où se côtoieront des mages, un elfe mystérieux et peu avenant, des nécromants, des zombies ou encore des créatures aux dents longues tout aussi terrifiantes appelées consultants… et même un stagiaire, une denrée taillable et corvéable à merci toujours bien utile pour effectuer la basse besogne. Oui, monde fantasy ou non, un stagiaire reste un stagiaire !

Difficile de ne pas garder le sourire aux lèvres de la première à la dernière ligne même en y mettant de la plus mauvaise volonté, et a fortiori si vous avez déjà été confrontés au monde de l’entreprise, à ses dérives et à son plus grand fléau, les méthodes de management actuelles aussi imaginatives qu’absurdes que l’auteur tourne allègrement en dérision. En appliquant les codes de l’entreprise, poussés à leur paroxysme, à un monde imaginaire, l’auteur nous offre ainsi une critique mordante de l’univers du travail tout en créant un comique de situation tordant. Je pense d’ailleurs que c’est la première fois que je vois des choses ordinaires issues de notre réalité rendre l’extraordinaire et un monde imaginaire aussi terrifiant. C’est trollement bien trouvé !

Bienvenue donc dans une ère où les directives managériales sont devenues tellement absconses qu’elles en sont vidées de leur substance, où les beaux principes ne résistent pas à l’épreuve du terrain, où les chevaliers sont démotivés devant la perte de la sécurité de l’emploi et ont besoin de stages de motivation pour avoir une « approche plus client », où les « jeunes » désavouent le système de progression par ancienneté, où les salariés veulent, les impudents, croire en ce qu’ils font, où fuir signifie déléguer, et où manager équivaut à brasser du vent…

Heureusement que notre troll, qui officiellement seconde sa chère et tendre dans cette mission, vierge de toute doctrine managériale et à l’esprit pratico-pratique est là pour remettre de l’ordre ou plutôt du désordre dans ce beau bazar. Et ce n’est pas une mince affaire si l’on considère qu’il est aux prises avec une mission aux contours flous et opaques puisqu’émanant du management et qu’il doit en plus faire face à la disparition de l’ami d’un ami ou du moins, d’un humain qu’il apprécie, à la gestion d’un stagiaire plein d’une horreur appelée enthousiasme et qui en plus fricote avec un elfe fourbe et vicieux, à la gestion d’une épouse autoritaire qui aurait toute sa place à la tête d’une dictature stalinienne… Non, il n’y a pas à dire, c’est vraiment l’enfer d’être un troll !

Heureusement que l’enfer est pavé de bonnes intentions ou plutôt d’une trollesse qui n’a pas la pierre dans sa poche et qui seconde d’une main de maître son cher et tendre. A l’inverse de l’autre couple du roman qui ferait le bonheur de n’importe quel thérapeute, nos deux trolls sont complémentaires et tirent de leur relation, la force de mener à bien leur mission contre vents et marées voire contre tsunamis, les relations intimes entre nos deux protagonistes créant quelques remous… L’intervention de la trollesse est d’autant plus intéressante qu’elle permet de contrebalancer l’image désastreuse que renvoie l’autre protagoniste féminin fort du roman à mi-chemin entre la mégère et la féministe hystérique.

Enfin, je suis peu coutumière des récits de fantasy, encore moins humoristiques, mais j’ai été complètement conquise par le style de l’auteur et sa plume très visuelle qui vous plonge tout droit dans le feu de l’action. Assez court, le roman ne souffre ainsi d’aucun temps mort et vous plonge dans une aventure rythmée par l’humour. D’ailleurs, que dire de tous ces jeux de mots truculents qui ne sont pas sans faire penser à du Audiard et de ces détournements d’expressions qui vous feront avaler votre dentier si d’aventure vous en portiez un. Pour ma part, je sens que certaines répliques vont devenir cultes. L’auteur égratigne également au passage, bien que plus sommairement, certains des travers de notre société actuelle comme la course effrénée à la technologie ou encore le narcissisme galopant qu’elle entraîne (des amateurs de selfies dans la salle ?).

En conclusion, en appliquant les codes du travail à un univers de fantasy, l’auteur nous offre une satire savoureuse du monde professionnel voire de toute institution où un système hiérarchique entre en jeu. Si vous aimez les histoires loufoques et drôles, vous ne pourrez qu’adorer la manière dont il se plaît à jouer avec les mots et les principes régissant nos entreprises. Si on ajoute à cela sa faculté à vous plonger dans des situations tellement absurdes et idiotes qu’elles en deviendraient presque plausibles, on obtient un petit concentré d’humour et de bonne humeur. A lire et à offrir à son manager, enfin s’il a de l’humour, la maison déclinant toute responsabilité face à un petit différend hiérarchique.

Gri-gri lit, eMaginarock 

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Colin - Or Not To Be - Marcinkowski
Posté 13 octobre 2017 -

Fort d'une dizaine d'ouvrages et de plusieurs prix (Ozone 1999, Bob Morane 2000, Grand prix de l'imaginaire 2000), Fabrice Colin est un pasionné de cette Albion des temps jadis et nombre de ses romans a pour décor la cité londonienne. Or not to be ne déroge pas et nous entraîne dans l'univers shakespearien.

La tragédie prend forme. Au lieu de déferler victorieuse et paroxystique, elle s'insinue progressivement, page après page, ligne après ligne. Tout débute avec ce jeune homme, Vitus Amleth de Saint-Ange, interné à Elisnear Manor, établissement pour malades mentaux fortunés, pour un cas d'obsession shakespearienne. Nous sommes au début du siècle et le grand docteur Freud fait des émules de part l'Europe. Vitus est soigné par Thomas Jenkins pour amnésie volontaire consécutive à un chox émotionnel. Mais le décès de sa mère Mary l'amène à quitter Elisnear. Pour Vitus l'agnostique, c'est l'occasion de rapiécer les lambeaux de vie épars, de comprendre sa névrose ou du moins de mieux la vivre. La plongée dans son enfance force l'oublieuse mémoire à faire à nouveau son travail. Il se souvient de la relation fusionnelle avec sa mère, de la rivalité avec les nombreux amants de Mary, de son oncle, de Samuel Bodoth et de la visite des Midlands où lui fut ouvert, par le biais de la rencontre avec l'excentrique et cultivé Henry Hudson, la forêt. Dès lors, qui de Vitus ou de William rencontre Pan, dieu d'une Arcadie mythique, non loin des vestiges d'un ancien temple roman par un après-midi pluvieux ? Théophanie salvatrice, elle procure à Vitus le moyen de s'immerger dans le rée et, tel le barde de Stratford, de composer une Tragédie fantôme, exutoire précieux d'une âme en quête d'absolu. Le temps du renouveau a peut-être sonné pour Vitus qui voue un amour platonique à Anna, rencontrée à la Grammar School de Stratford en 1915.

Dans une atmosphère de surnaturel et d'initiation rédemptrice s'entrecroisent les histoires de Vitus Amleth adulte, de Vitus enfant, de William Shakespeare. Livre au lyrisme appuyé, à l'écriture tempétueuse, on semble saisi par la mélancolie, cette maladie de l'âme qui transforme et noircit ce qu'elle atteint. Apparence seulement car fabrice Colin ne manque jamais une occasion de rappeler la fragilité de la vie, sa beauté aussi, dans une orchestration de deux forces pulsionnelles, Eros et Thanatos. En aède de la poésie pastorale, Colin célèbre le temps, les saisons, les senteurs, les bonheurs sylvestres d'autrefois et ses échos païens. Il aime les mots, s'enivre de leur sens et de leur portée, les anime dans une sarabande au son de la syrinx de Pan, les fait gambader sur les sentes de Fayrwood.

Il y a un aspect de Fabrice Colin qui transparaît : le souffle brûlant d'un poète vibrant des fibres de son talent. "Tu t'en es allé seulement pour revenir sous les applaudissements."

 

A. Marcinkowski 

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