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Pratchett - Le Huitième Sortilège - Midine
Posté le 19 juin 2018

[...] Terry Pratchett nous livre une histoire déjantée avec des personnages plus fous les uns que les autres mais qu'on adore suivre dans leurs aventures (plus souvent malheureuses que heureuses mais qui heureusement se finissent bien à la fin). Le trio Rincevement, Deuxfleurs et le Bagage est toujours aussi hilarant. Je recommande fortement cette lecture aux amateurs de fantasy (à lire impérativement après le premier tome par contre si on veut en profiter pleinement)

Midine 



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Campbell - Avant-garde - Un bouquin sinon rien
Posté le 18 juin 2018

● Description éditeur
La Terre n’est plus le centre de l’univers.
La découverte de la propulsion par saut d’étoile en étoile a changé la donne et l’humanité ne cesse d’implanter de nouvelles colonies. Toujours plus loin. Trop loin désormais du parapluie protecteur de la Terre, laquelle, d’ailleurs, a cessé de s’impliquer. Fatigue d’empire…
En l’absence du gendarme, les colonies lointaines basculent dans un Far West interstellaire où la tentation est trop forte pour certains pouvoirs locaux de se convertir au chantage, à la piraterie, à l’esclavage voire à l’holocauste.
Aspirés par les conflits qui se multiplient sur leur chemin, voici quatre personnages d’une galerie de colons partis en quête d’une vie nouvelle ; parmi eux, un certain lieutenant Rob Geary. À ces quatre figures-là de défendre la liberté de leurs concitoyens et d’éviter que la diaspora humaine ne se noie dans un perpétuel champ de bataille.
 
● À propos de l'auteur

Jack Campbell est le pseudonyme de l’ancien officier de marine John G. Hemry.
Auteur d’une dizaine de romans de science-fiction et d’une douzaine de nouvelles, il utilise son expérience dans l’armée pour peindre des univers militaires futuristes.
Aujourd’hui, il vit dans le Maryland avec son épouse et ses trois enfants. (source BookNode)
 
● Ressenti
Déjà je vais commencer par un détail que j'aborde que rarement d'habitude, c'est la couverture, je la trouve vraiment belle, le painting du vaisseau est juste superbe et la nouvelle charte graphique de la série "La flotte perdue" est bien pensée pour se repérer dans cette énorme œuvre de SF comprenant pas moins de 3 séries de livres, plus maintenant la série de préquelle qui débute avec "Avant-garde", je tenais à souligner ce point "esthétique".
 
"La genèse de la flotte" est le premier titre que je lis de cette saga, je n'avais jamais osé franchir le pas à cause de la peur que l'énormité de cette saga procure.
Quelle erreur, j'ai véritablement apprécié cette genèse et maintenant cela m'a donné envie de lire la série principale (qui commence avec le titre "Indomptable"), et ce, pour plusieurs raisons que j'évoque plus bas dans ce billet.
 
La richesse de l'univers décrit, on voyage, de la Terre à Mars, des anciennes colonies spatiales aux nouveaux mondes découverts, je me dis que sur la série complète, il doit y avoir une cartographie vraiment développée quand on regarde ce qui est déjà présent dans ce simple tome.
 
Les sujets abordés tout au long de l'histoire peuvent faire peur également et pourtant ça fonctionne sans anicroche. Voyage, stratégie, colonisation, guerre, techniques de navigation, politique, amour, amitié, piraterie, honneur, sont autant de sujets présents, et pourtant on ne s'y perd pas, je dis bravo à l'auteur car l'exercice doit être ardu.
 
Les trois personnages principaux sont intéressants, bien construits et émotionnellement plausible [...]
 
En conclusion, nous sommes en présence d'un roman essentiel pour la saga de "La flotte perdue" qui prolongera le plaisir des habitués mais qui comblera également les nouveaux venus dans cette épopée, je trouve que "Avant-garde"est parfait pour démarrer.

Un bouquin sinon rien 



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Sawyer - Lazare en guerre - artemus dada
Posté le 15 juin 2018

S'inspirant d'une des facettes les plus médiatiques de la stratégie contre-terroriste étasunienne, Jamie Sawyer invente un nouveau type de personnage. Lequel peut toutefois être rattaché sans forcer, à quelques ascendants glorieux. Tel Edward Anglesey (in Jupiter et les Centaures de Poul Anderson), appartenant au même domaine de l'Imaginaire que le sien. Ou même le John Carter d'Edgar Rice Burroughs.
Volontairement ou non, il s'approprie ce faisant, l'un des reproches le plus souvent exprimé à l'encontre des personnages héroïques, et en retourne la force souvent vindicative, pour en faire l'aspect le plus intéressant de son épopée martiale.
Quand bien même Lazare et son commando ont-ils plus de vies qu'on en prête communément aux chats, l'auteur réussi le tour de force de nous intéresser à chaque mission, et à chacun d'entre eux.

2279 : La race humaine a migré dans les étoiles, en emportant avec elle les différents qui ont rendu certaines parties de sa planète d'origine quasi invivables. Divisée en deux factions rivales, elle fera toutefois la douloureuse expérience d'apprendre que la destruction n'est pas l'apanage de sa seule espèce. 

« Lazare en guerre » donne à voir ce futur au travers des yeux de Conrad Harris, un membre de ce qui deviendra la Légion Lazare.

Doté d'une écriture très visuelle, Jamie Sawyer dont L'Artefact -le premier tome de la série- était le premier roman, est aussi un feuilletoniste accompli. Chaque chapitre se termine invariablement, en donnant une furieuse envie d'enchaîner sur le suivant.
Sawyer sait tout aussi bien capter et retranscrire, avec beaucoup de justesse, l'esprit de corps (sans jeu de mots) qui soude les membres de son commando les uns aux autres. Si la Légion Lazare croit en ce qu'elle fait, il apparaît qu'elle met surtout un point d'honneur à se tirer du pétrin dans laquelle on la plonge ; et que l'entraide et la survie des autres comptent -au final- bien plus que les ordres.

Soutenu par l'écho de tout ce qui peuple le mégatexte de la SF depuis même avant qu'elle ne porte ce nom, « Lazare en guerre » gagne encore en intensité grâce à lui. Ainsi les Krells seront-ils visualisés par chaque lecteur (et pas forcément de la même façon) sans que Jamie Sawyer ne ralentisse le rythme avec de laborieuses descriptions. « Show, don't tell! » est probablement tatoué sur ses méninges.

Jouant également avec les stéréotypes, pas toujours avec bonheur ceci dit (Cf. le Directoire), il impose un rythme auquel il est très difficile de résister. La preuve, j'ai lu les trois tomes, et la novella (à lire entre le deuxième et le troisième tome), sans jamais avoir, ne serait-ce que l'idée, de m'arrêter entre chacun d'entre eux.
Si chaque titre est programmatique, Sawyer sait aussi déjouer nos pronostiques.

Bénéficiant des magnifiques couverture de Pierre Bourgerie, les trois romans, et la novella sus-citée, de Jamie Sawyer, apportent un moment de lecteur qu'on ne risque pas de regretter.

À condition d'aimer se distraire avec des choses qu'on ne voudrait pas forcément rencontrer dans sa vie quotidienne. « Lazare en guerre » peut, comme je l'ai dit, être qualifiée de science-fiction militariste, dans la mesure où tous les problèmes ou presque, sont confrontés à une solution armée. Ce qui ne veut pas dire que l'institution y est exempte de défauts. 
Mais en aucun cas il n'est question d'interroger l'action militaire en elle-même, et si les héros sont des soldats, ils sont d'abord au service d'une histoire. Celle que nous raconte Jamie Sawyer. Dont je doute cependant qu'elle donne à quiconque l'envie d'en découdre les armes à la main.

Et si d'aventure ça devait arriver, le problème serait plus sûrement à chercher du côté des lecteurs que du côté de la lecture.  

Artemus dada 



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Hardinge - Le chant du coucou - Le bibliocosme
Posté le 14 juin 2018

Une petite fille, une rivière, un mystère

Présenté en début d’année par les éditions L’Atalante comme leur plus gros coup de cœur de l’année, « Le chant du coucou » est le sixième roman de Frances Hardinge, auteur anglaise jusqu’à présent surtout connue pour ses ouvrages destinés à la jeunesse. Qu’en est-il avec ce nouveau roman à la couverture et au résumé assez énigmatiques ? Premier constat : si la protagoniste de ce one-shot est certes une enfant, le ton et les thématiques traités par l’auteur ne laissent aucun doute quant au fait qu’elle s’adresse avant tout à un public adulte. Le lecteur fait connaissance dès la première page avec une toute jeune fille nommée Triss, que ses parents voient revenir un soir complètement trempée (et de toute évidence traumatisée) après sa chute accidentelle dans la rivière du coin surnommée la Sinistre. Le père comme la mère se plient aussitôt en quatre pour prendre soin de leur fille à la santé déjà fragile, mais sa sœur de huit ans, la petite Pen, réagit au retour de son aînée avec une étrange hostilité : « Elle fait semblant. Vous voyez pas ? Tout est faux ! Personne remarque la différence ? » Si Triss ne comprend pas le comportement de plus en plus terrifié de sa sœur, elle ne peut nier que tout lui semble différent depuis sa presque noyade. Il y a d’abord ses souvenirs qui lui jouent des tours : elle sait bien qui elle est et ce qu’elle a vécu auparavant, mais a en revanche totalement occulté les événements qui l’ont conduite dans l’eau. Il y a ensuite ces fringales incontrôlables qui la prennent d’un seul coup et lui font engloutir des montagnes de nourritures sans pourtant jamais lui faire prendre un gramme. Et puis il y a cette petite voix moqueuse qu’elle entend dans sa tête et qui décompte chaque matin les jours, à la manière d’une bombe à retardement.


Réinterprétation du mythe du changelin

Le terme n’est, il me semble, jamais employé dans le roman mais vient immédiatement à la bouche du lecteur, et ce dès les premières pages : Frances Hardinge nous raconte une histoire de changelin, ces leurres laissés par les fées à la place d’un véritable enfant humain. Il s’agit là d’une légende qu’on trouve essentiellement dans les folklores scandinave, irlandais ou encore écossais, et dont on retrouve ici la plupart des caractéristiques, que ce soit en ce qui concerne la véritable nature du leurre, la cause de la substitution, ou encore les manières de les confondre et de s’en débarrasser. L’auteur s’est de toute évidence bien documentée sur le sujet qu’elle se réapproprie ici avec talent en réutilisant certes tous les éléments clés du mythe, tout en parvenant à se détacher du matériaux d’origine pour donner vie à une histoire complètement originale. Le choix de situer l’action en Angleterre juste après la fin de la Première Guerre mondiale est notamment très judicieux et permet de renforcer l’étrangeté de la situation, la légende du changelin se rattachant davantage dans l’imaginaire collectif à un décor médiéval. Or c’est justement ce décalage, ce sentiment que quelque chose cloche sans qu’on puisse vraiment mettre le doigt dessus, qui fait toute la force de ce roman. Dès les premières pages, le lecteur se trouve ainsi totalement captivé par le mystère qui entoure le retour de la petite Triss et par les anomalies qui se multiplient autour d’elle. Frances Hardinge parvient à créer une atmosphère pesante qui, s’en aller jusqu’à tomber dans le récit purement horrifique, provoque à plusieurs reprises le malaise chez le lecteur, sensible non seulement aux bizarreries qui entourent la vie de cette famille mais aussi à la panique montante de l’héroïne qui ne comprend pas ce qu’il lui arrive.


Un imaginaire foisonnant et des personnages touchants

Et en terme de bizarreries, on peut dire que l’auteur a fait preuve d’une sacrée imagination ! Si elle réutilise pour cela un certain nombre de créatures issues d’un bestiaire empruntant à nouveau au folklore scandinave ou irlandais, ce sont ses propres inventions qui marquent surtout l’esprit du lecteur. Le détournement réalisé ici des innovations technologiques en vogue au début du XXe siècle est notamment très ingénieux, qu’il s’agisse du téléphone, des moyens de transports, ou encore du cinéma, dont le décor donne lieu à une scène inoubliable. L’auteur tisse également une véritable aura de mystère autour de la famille de Triss, gangrenée par les non-dits et les secrets que chacun de ses membres gardent jalousement, tout en prenant bien garde à présenter au monde l’image d’une famille parfaite en tout point. Si l’atmosphère est incontestablement le plus gros points fort du roman, le second tient à ses personnages qui, bien qu’âgés d’une dizaine d’années seulement, font preuve d’une maturité et d’une lucidité à même de parler à un lectorat adulte. On se prend vite d’affection pour la petite Triss, dont on comprend la détresse tout en ne pouvant s’empêcher de redouter la véritable nature. Pen, sa petite sœur, est quant à elle un sacré phénomène qu’il est impossible de ne pas trouver sympathique, de même que Violet, la belle-fille écartée à la mort du fils aîné et qui se distingue par un caractère rebelle et une volonté d’émancipation très mal vue à l’époque. Les autres adultes du roman sont pour leur part tous beaucoup moins forts et entiers que leurs versions miniatures : tous cachent quelque chose, une faiblesse ou une douleur qui pourrit leur quotidien et les empêche de faire le bon choix.

C’est enchantée que je ressors de cette réécriture du mythe du changelin, transporté ici par l’auteur dans un contexte post Première Guerre mondiale. Frances Hardinge parvient à créer pour l’occasion une véritable atmosphère d’étrangeté, alimentée notamment par la confrontation entre un folklore plus volontiers médiéval et un décor moderne dont elle s’amuse à exploiter les innovations. L’auteur tisse aussi et surtout un très beau portrait de la relation que peuvent entretenir deux sœurs, relation dont elle parvient à saisir toute la complexité et la tendresse sans jamais tomber dans le mièvre ou le convenu. Une vraie réussite !

 

Le Bibliocosme 



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Scalzi - La controverse de Zara XXIII - espace d'un temps
Posté le 13 juin 2018

Une réflexion sur l’Autre, drôle et efficace
La controverse de Zara XXIII est un livre de l’auteur américain John Scalzi. [...] Après la grande saga du Vieil homme et la guerre, place aujourd’hui au dernier ouvrage en date, en VF, de Mr Scalzi.
(À noter également qu’il s’agit d’une réécriture d’un livre de H. Beam Piper intitulé Les hommes de poche et publié pour la première fois en 1962.)

La controverse de Zara XXIII
constitue une approche inédite. Scalzi y dénonce sans équivoque les ravages de cet ultra-libéralisme qui mêle profits exorbitants de quelques uns gagnés sur la tonte à ras du peuple (et de l’environnement tant qu’à faire). Ok, rien d’original, même pour une œuvre de SF. C’est même un thème assez récurrent tant les GAFA et autres super-multi-ultra-transnationales semblent particulièrement inspirants pour certains auteurs du moment. À raison, de mon point de vue, on assiste à des dérives qui furent ou sont en passe de se réaliser et ça fait froid dans le dos. C’est d’ailleurs un des gros avantages à lire de la SF: l’anticipation. Mais je digresse, revenons à nos moutons.
Quoi qu’il en soit, rien de nouveau sous le soleil donc. Alors quelle originalité au cas présent ? Tout d’abord, Scalzi habille son propos d’un cadre dépaysant. Nous sommes sur la planète Zara XXIII. Pourquoi ce nom ? Car elle est la propriété de la compagnie minière Zarathoustra (un nom de circonstance bien trouvé d’ailleurs). Elle y exploite des gisements sous l’œil attentif de la branche Colonie des Nations unies (l’organe régulateur distant et qui ne semble pas avoir de pouvoir particulier sur la compagnie toute puissante). Tous les poncifs y passent : exploitants – exploités par la compagnie, arrangements avec les directives légales, dégradation de l’environnement, etc.
Nous suivons l’un d’entre eux, Jack Holloway, qui exploite quelques gisements perdus dans la jungle. Lui et son chien Carl vivotent ainsi en espérant tomber sur le filon qui les rendra riche (et encore plus la compagnie, vous m’avez compris :)) Et boom, cela se produit, Jack tombe sur un énorme gisement lui garantissant de pouvoir vivre jusqu’à la fin de ses jours sereinement. Entretemps, il a pu faire la connaissance d’une espèce endogène qu’il nomme affectueusement les Toudous. Les Toudous ressemblent à des chats, ils sont joueurs, espiègles, attentionnés. Après un rapide apprivoisement, ceux – ci vont et viennent à loisir dans la cabane du prospecteur. Une relation s’installe entre Jack, Carl et son chien. C’est peut – être la partie que j’ai le moins apprécié du roman…
En vue de la protection des espèces intelligentes du cosmos, les règles sont simples et contraignantes : chaque cas de suspicion d’intelligence découvert sur une planète quelconque doit faire l’objet d’une étude pendant laquelle toute exploitation doit être formellement suspendue. et s’il est convenu de l’intelligence intrinsèque d’une espèce, l’intervention humaine est stoppée nette et la planète reçoit un statut protecteur.


Évocation de la controverse de Valladolid

La principale réflexion du livre s’axe sur cette question : les Toudous sont – ils une espèce intelligente (selon des critères anthropocentriques) ? Si oui, à quel degré ? La réponse vaut littéralement des milliards car on comprend très vite que pour la compagnie il est hors de question que la réponse soit affirmative. Cette question centrale fait directement écho à la controverse historique de Valladolid. Elle naquit au XVI e siècle en Espagne sous l’impulsion de Charles Quint et opposa des théologiens. Ils s’affrontèrent sur le traitement juridique à accorder aux amérindiens en pleine colonisation des Amériques (entendez pillage généralisé^^). Certains estimaient les autochtones comme des barbares sanguinaires et illettrés qu’il fallait mettre au pas et éduquer façon “indécrottable pêcheur”. D’autres estimaient au contraire les Amérindiens comme une civilisation à part entière avec ses us et coutumes, quand bien même celles – ci heurtaient la sensibilité des plus jésuites d’entre eux. Le débat ne fut jamais vraiment tranché et quand on connaît le sort qui fut réservé aux autochtones on aurait plutôt tendance à croire que les intérêts économiques des couronnes européennes furent déterminants.
Le parallèle avec la controverse de Zara XXIII est net, au-delà même du titre : la compagnie Zarathoustra a tout intérêt à prouver la non intelligence des Toudous afin de s’enrichir encore un peu plus en pillant la planète qui les abritent.


Le débat juridique

Toute la première partie du livre concerne la découverte des Toudous, fortuite et sans incidence au départ, tandis que la deuxième partie va voir les conséquences de la découverte du filon de Jack sur ces Toudous. Un tribunal est institué afin de déterminer l’intelligence ou non des Toudous. Vont s’opposer Jack, qui prend un relief très intéressant loin de l’archétype du prospecteur avide de richesse et les représentants de la compagnie. Juste avant et pendant une partie du jugement on est témoin des tractations en coulisse où on s’aperçoit que la compagnie ne recule devant rien. C’est la partie du récit que j’ai trouvé particulièrement drôle, Scalzi use avec intelligence d’un humour qu’on lui reconnaît volontiers et le résultat est vraiment bon. Je le disais, les motivations de jack semblent évidentes au premier abord puis beaucoup plus floues à mesure que le récit avance, au grand dam de la compagnie d’ailleurs. Sa personnalité est intéressante, on est loin d’un être manichéen, il a des mauvais côtés, comme tout le monde. Et c’est un des aspects fondamental du livre : la notion de bien ou de mal n’est pas nécessairement portée par des gens unirelief; parfois, de mauvaises personnes prennent de meilleures décisions que les plus vertueux, en principe.

Les débats juridiques sont intenses et des rebondissements se pointent à bon escient. On se plaît à lire les argumentaires des uns et des autres et on s’imagine lever la main intérieurement et crier “objection !” Jack et ses aidants (son ex petite amie notamment, la biologiste de la compagnie) vont s’employer à démontrer l’intelligence des Toudous. j’ai omis un point central : Jack est un ancien avocat de profession, il connaît particulièrement bien le droit et des parallèles avec son passé sont régulièrement évoqués… Ensuite, un élément crucial qui caractérise généralement une espèce intelligente viendra à point nommé, même s’il est vrai qu’on peut le deviner avant ça. Je ne vous dis rien du final mais c’est vraiment excellent.


Style, forme, narration

L’écriture de J. Scalzi est, là aussi, terriblement efficace. Il va droit au but, on ne passe pas de circonvolutions en métaphores abstraites. C’est sans doute le traitement humoristique qui veut ça. Les personnages sont attachants (même les Toudous) alors même que certains passages m’ont un peu ennuyés (la relation des Toudous avec Jack et son chien au début du livre). Jack et ceux qui l’accompagnent prennent également conscience des enjeux quand on s’attaque à un mastodonte financier (qui gère de fait toute la planète). L’auteur mêle adroitement les relations qu’ils entretiennent avec l’intrigue principale (puisque, par exemple, Isabel, son ex petite amie est la biologiste de la compagnie). Sa profession et sa relation avec Jack la met dans une situation compliquée… Les dialogues à couteaux tirés entre Jack et son n+1 sont aussi très drôles et non dénués d’intérêt pour le dénouement final.


En conclusion

On reste sur du classique pour John Scalzi: le traitement d’une thématique complexe à la croisée de l’histoire et du droit, de la morale et de l’éthique avec un style humoristique excellent. Si quelques longueurs sont à déplorer, il n’en demeure pas moins que La controverse de Zara XXIII est un excellent bouquin que je vous recommande chaudement. Tout cela m’a clairement donné envie de lire le livre de H. Beam Piper qui a inspiré Scalzi, Les hommes de poche

Espace d'un temps 



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Frankenstein, toujours !
Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
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Offre numérique : Magie Ex Libris à 4,99 e
Posté 02 août 2018 -

Le troisième tome de Magie Ex Libris sort à la fin du mois !
Profitez-en pour acquérir Le Bibliomancien et Lecteurs nés, respectivement premier et deuxième tome, à prix réduit en numérique.
Ici : bit.ly/MagieExLibrisEmaginaire
et partout ailleurs.

magieexlibris_site.jpg

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L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

Découvrez toute la sélection

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Le Chant du coucou, sélectionné pour le prix Elbakin 2018
Posté 26 juillet 2018 -

Nous avons la joie de vous annoncer que Frances Hardinge est nommée au prix Elbakin.net 2018 pour son roman Le Chant du coucou dans la catégorie "meilleur roman fantasy traduit".

Découvrez toute la sélection

chant-du-coucou_site.jpg

 

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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