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  • REVUE DE PRESSE

Grossman - Une saison 3 pour Les Magiciens - Elbakin
Posté le 13 avril 2017
Juste avant le final de la saison 2 la semaine prochaine, la chaîne Syfy vient de commander une troisième saison, qui sera composée de 13 épisodes. Sans surprise, sa diffusion est d'ores et déjà prévue pour l'année qui vient. Jusqu'à présent, la saison 2 semble un franc succès, puisque rassemblant un public plus large que la première sur toutes ses cibles.
En France, la série réunissant Jason Ralph, Stella Maeve, Olivia Taylor Dudley, Hale Appleman ou bien encore Arjun Gupta est diffusée par Syfy France.
 


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Suhner, Dunyach, Davoust - Professeurs aux Imaginaires 2067
Posté le 13 avril 2017

Pour la première fois, trois auteurs européens des genres de l'imaginaire offriront des formations d'écriture au Canada


Un écrivain ne cesse jamais d'apprendre.  Il existe mille et une façons de raconter une histoire, mais les professionnels savent lesquelles conviennent mieux à tel ou tel genre de texte.  Les histoires qui relèvent des genres de l'imaginaire (fantastique, science-fiction, fantasy, etc.) s'inscrivent souvent dans une tradition déjà ancienne ou ont intérêt à correspondre aux attentes des lecteurs ainsi que des directeurs littéraires qui décident de leur publication.  Ce sont à la fois l'excellence, l'expérience et la connaissance des milieux éditoriaux qui permettent aux écrivains de se faire une place.

Au Canada francophone, les cours de création littéraire font rarement sinon jamais appel aux auteurs professionnels des genres de l'imaginaire.  Les ateliers spécialisés sont peu nombreux et ils sont souvent animés par les mêmes personnes.

Cette année, grâce à une subvention exceptionnelle du CALQ, SFSF Boréal est fière de faire venir à Québec trois auteurs qui abordent déjà, en France et en Suisse, la création de romans et de BD dans le cadre d'ateliers, de cours universitaires et de classes de maître (masterclasses) depuis plusieurs années.  À eux trois, Lionel Davoust, Jean-Claude Dunyach et Laurence Suhner cumulent plus d'un demi-siècle d'expérience.  Ils ont œuvré dans le roman et dans la nouvelle, le fantastique et la science-fiction, le thriller et le space-opera, la prose et la BD, le cinéma et le jeu vidéo, entre autres.  Ils ont remporté des prix et ils ont été publiés en plusieurs langues.

Il s'agit donc d'une occasion unique de découvrir leurs techniques, méthodes et philosophies.  Quelles leçons ont-ils retenues?  Quels sont les pièges à éviter?  Comment libère-t-on son imagination tout en s'assurant de captiver les lecteurs?  Chaque auteur a son propre regard sur le monde qui alimente une voix singulière.  Les formations de nos invités européens, auxquels se joint le romancier québécois Philippe-Aubert Côté, ont pour but d'ouvrir de nouvelles perspectives tout en rappelant les bases de l'écriture dans les genres de l'imaginaire.

L'événement Imaginaires 2067 comportera deux volets ouverts à tous.  Les formations du Volet 1 (Perfectionnement) se dérouleront à la Maison de la littérature (40, rue St-Stanislas, Québec) les vendredi 5 mai et samedi 6 mai.  Elles exigeront une inscription préalable (l'inscription le jour même ne sera possible que s'il reste des places) selon les tarifs indiqués ci-dessous.  Les paiements seront gérés par la Maison de la littérature et le réseau Billetech.  Le marathon d'écriture du Volet 2 (Application) permettra d'appliquer les enseignements du premier volet dans un cadre stimulant et convivial avec la possibilité de consulter sur place nos invités européens.
 
Plus d'informations sur : http://2017.congresboreal.ca/node/10  


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Grossman - Les Magiciens - Les mondes de Blanche
Posté le 12 avril 2017

    Bienvenue à Brakebills

Tout commence à New York, avec Quentin Coldwater. Ce grand maigrichon de dix-sept ans, mal dans sa peau et surdoué, court les concours de culture générale avec ses deux amis James, et Julia, dont il est amoureux depuis des années, mais qui lui a préféré James. Seul refuge dans cette vie qui l’ennuie: ses livres favoris, la série des Fillory. Cette sorte de Narnia l’emmène sur les traces des frères et sœurs Chatwin, qui pendant la Première Guerre mondiale, trouvent chez leur oncle un passage vers le monde merveilleux de Fillory où les attendent des aventures hors du commun…

La vie de Quentin est pourtant sur le point d’être concrètement et complètement bouleversée: alors qu’il doit passer un entretien pour entrer à Princeton, il retrouve son interlocuteur mort, et une fliquette venue sur place lui confie une enveloppe à son nom contenant une note et un livre inédit de la saga Fillory… Choqué et déboussolé, Quentin erre dans New York et se perd sur un terrain vague où il égare le contenu de l’enveloppe. C’est en le cherchant qu’il se retrouve instantanément transporté dans un immense parc, celui de l’école de magie de Brakebills, où il est attendu pour passer les examens d’admission. Passant les tests, Quentin va commencer ses études de magie et faire des rencontres étonnantes: Penny le punk, Eliott le dandy, Janet la starlette bruyante, Josh avec ses pouvoirs aléatoires ou encore l’énigmatique et sombre Alice.

Mais il va bientôt découvrir de sombres secrets et réaliser que la magie est un art bien moins amusant, et bien plus dangereux que ce à quoi il s’attendait… danger lié au monde de Fillory.

N.B.: Ayant lu le récit en anglais, je ne suis pas certaine de la traduction de certains termes employés dans la chronique. Par ailleurs, j’ai bien peur que ma chronique ne fasse qu’effleurer cette histoire, car je vais tout faire pour ne rien spoiler.

    Cursus d’un jeune magicien à la découverte d’un monde nouveau

Tout d’abord, j’avais été prévenue mais je préfère vous le dire tout de go: au cas où vous auriez déjà visionné la série, de grâce OUBLIEZ ce que vous avez vu, car l’adaptation est TRÈS, TRÈS LIBRE. J’ai même vu sur Internet quelques personnes qui ont été déçues par le livre, car il y a beaucoup moins d’action et le rythme est plus lent. Qu’à cela ne tienne, cela n’a pas été mon cas car justement, on m’avait prévenue (j’en remercie d’ailleurs LadyButterfly du blog LeyArts). Au contraire j’ai beaucoup, beaucoup aimé.

L’histoire s’étale en effet sur plusieurs années, puisque Quentin aurait, selon mes calculs, vingt-trois ans à la fin du livre. Toute la première partie du récit revient sur le cursus complet de Quentin et de ses camarades Alice, Penny, Eliott, Josh et Janet, laissant au passage filtrer quelques sombres secrets et faits divers concernant Brakebills, et donnant à la magie une dimension très sombre et pas du tout fun. N’ayant pas lu les Harry Potter, je ne peux pas vraiment faire de comparaison pertinente avec Poudlard – hormis ce que j’en ai vu dans les films, et l’ambiance de Brakebills est quand même beaucoup moins insouciantes que dans les premiers opus filmés d’Harry Potter. Sans doute parce que les protagonistes principaux sont un peu plus grands qu’Harry et consort, déjà éveillés à la sexualité et à d’autres affres de l’existence – par exemple, le livre ne passe pas à la trappe la vie sentimentale et sexuelle de Quentin et de ses camarades, il est même fait allusion à des orgies lors du semestre passé à Brakebills Sud dans l’Antarctique, et le moins que l’on puisse dire quant à la vie des jeunes gens au foyer des Physiques est qu’ils picolent sévère. L’histoire de ces différents personnages, grands ados et jeunes adultes, est donc teintée d’un certain cynisme.

Outre son amour pour la série littéraire de Fillory, Quentin aime à ses heures perdues faire quelques petits tours de carte. Si la magie l’amuse ou le fait rêver, il découvre que celle-ci est bien réelle en passant les examens d’admission de Brakebills, lorsqu’on lui demande de « faire de la magie ». Mais de la « vraie » magie. Stupeur quand le garçon voit des étincelles lui jaillir des doigts!… Accepté à Brakebills, il découvre un monde aussi enchanteur que contraignant où si l’on peut avoir un certain talent pour la magie, celui-ci se doit d’être exercé au prix d’heures d’études théoriques et d’entraînement, souvent fastidieux et beaucoup moins fun que ce à quoi s’attendait Quentin. Par ailleurs, le calendrier est décalé et ne correspond pas aux vacances scolaires du monde « normal ».

Ceci dit, Quentin ne se lasse jamais du manoir et des alentours, un parc, un labyrinthe, de la vie qu’il mène dès la troisième année auprès des « Physiques », entre études, soirées autour d’un verre de vin chipé par Eliott dans les caves du doyen… L’école n’est pas exempte de secrets plus ou moins sombres: l’histoire d’Emily Greenstreet, une étudiante qui abusa de la magie pour séduire un professeur exilé, le semestre des quatrième année à Brakebills Sud en Antarctique qu’ils doivent rallier en volant sous la forme d’oies sauvages, une petite scène érotique entre Quentin et Alice alors transformés en renards polaire durant leur séjour en Antarctique, le sous-sol du doyen qu’ils découvrent à la faveur de leur remise de diplôme… Sans compter un événement qui va durablement bouleverser Quentin: l’apparition d’une créature puissante et meurtrière dont la venue va tuer une autre étudiante, après que le jeune homme ait jeté un sort en cours par pur ennui… Au fur et à mesure de l’histoire, on découvre des lieux nouveaux et mystérieux comme Neitherlands, une sorte de plateforme aux airs de ville fantôme donnant sur plusieurs mondes, explorée par l’énigmatique Penny, qui entretient des relations tendues avec Quentin, et qui trouve le passage vers Fillory.

    De la magie, mais pour quoi faire?

Par la suite, l’histoire explore la vie hédoniste post-diplôme de nos héros après leur diplôme, avant la grande aventure censée donner un sens à leur vie. Tout le récit, bien que rédigé à la troisième personne, nous dépeint les faits du stricte point de vue de Quentin. Ainsi, tout comme lui, le lecteur découvre, s’émerveille, rêvasse, s’entraîne, s’ennuie… Il attend quelque chose qui le fera se sentir à sa place, il attend le danger tout en le fuyant, il attend l’élément déclencheur de cette quête qui l’attend…

Car qu’est-ce que la magie sans une quête ou une grande aventure pour s’en servir? C’est un peu la question que pose notre jeune magicien dans cet opus. Il va de soi que Brakebills est caché aux humains appartenant au monde « normal », mais au final, l’utilité d’un cursus en magie est questionné quand l’on sait que celle-ci ne peut être utilisée à l’extérieur des dimensions magiques. Si, grâce au réseau de Brakebills, il est possible d’occuper des postes bien payés dans de grandes entreprises ou organisations internationales, il n’existe pas, sauf dans le milieu magique académique, de « métier » spécifiquement lié à la magie ou à son étude.

L’exemple le plus parlant en est ce fameux passage où Alice amène Quentin chez ses parents pendant des vacances. Contrairement à son petit ami, Alice est issue d’une famille de magiciens, et ses parents sont restés dans le milieu académique. Ils vivent en vase clos, refondant tous les deux ans la décoration de leur maison par magie, au gré de leur fantaisie parce que leur vie n’a finalement pas de sens. La magie reste dans son petit microcosme, mais au fond, elle n’a pas de véritables application pratique, les magiciens n’ont aucune mission, n’accomplissent aucune quête ou ne combattent pas le mal comme dans les livres. La plus grande peur d’Alice est de devenir comme ses parents, magiciens mais ne savant que faire de leurs connaissances et de leurs talents, à la fois peu affectueux et étouffants, et surtout rongée par l’ennui.

Car l’ennui est l’un des plus grands dangers qui guettent les jeunes magiciens à la sortie de Brakebills, puisqu’ils ne peuvent pratiquer leur art en ce monde. Certains d’entre nous savent ce que c’est que de ne jamais pouvoir exercer dans un domaine qu’on a étudié, parce qu’on ne trouve pas de travail en adéquation avec nos qualifications (une peur qui me bouffe encore à l’approche de ma fin de formation! AH!)… Frustrant, n’est-ce pas? 🙂 Eh bien imaginez l’angoisse quand vous avez mis le pied dans les merveilles enseignées à Brakebills et que vous devez revenir dans un monde qui n’a rien à vous offrir, et qui du coup, ne vous correspond plus…

C’est également ce que vivent Eliott et Quentin une fois sortis de Brakebills, au point de ce perdre à la recherche de tous les plaisirs possibles, comme une sorte de revanche sur une vie qui ne les satisfaisait pas avant Brakebills, mais dans laquelle il ne trouvent encore aucun sens. J’ai trouvé cette interrogation tout à fait intéressante dans le livre: que faire de ce savoir dans ce monde qui est le notre? C’est vrai, après tout… Que faire lorsque l’on a investi tant d’heures, de mois, d’années dans son apprentissage si l’on a jamais l’occasion de s’en servir, comme dans les ouvrages de la série Fillory que Quentin affectionne? … Cette question, si elle est liée au sens de la vie de nos héros, tempère quelque peu leur côté enfants gâté et éternel insatisfait.

    Des personnages pleins de fêlures

Car oui, de prime abord, certains personnages peuvent nous sembler peu attachants, voire agaçants de prime abord. Mais ce qui ressort d’eux est finalement un profond mal-être. Je développerai sur seulement autre d’entre eux: Quentin, Eliott, Penny et Alice.

Prenons tout d’abord Quentin. Je développe avec lui, car le lecteur est exclusivement confronté à son point de vue. Issu de la classe moyenne new yorkaise aisée, c’est un gamin surefficient (après « surdoué » et « intellectuellement précoce », l’un des derniers termes à la mode), en proie à un profond mal-être, qui serait totalement isolé dans son univers imaginaire s’il n’avait pas Julia et James. Son chemin est tout tracé – bonne université, bon job – son monde l’ennuie, il n’y trouve aucune réelle satisfaction, aucun sens, et attend de l’école de Brakebills qu’elle comble ce manque en lui faisant vivre des choses merveilleuses.

Ce qui est le cas, dans une moindre mesure, puisqu’il va se confronter à la magie, arpenter les paysages glacés du Pôle Sud sous la forme d’un renard, et même se défaire de ses sentiments non-partagés pour Julia en tombant amoureux d’Alice. Cependant, il n’a jamais réussi à savoir quelle était sa « spécialité » magique et s’est retrouvé par défaut avec les Physiques dont font partie Eliott et Alice, et semble souffrir d’un complexe d’illégitimité, entouré de jeunes aussi talentueux. C’est peut-être bien l’éventualité de découvrir Fillory, ce monde qui l’a tant fait rêver, qui pourrait lui redonner des ailes…

J’ose espérer que le lecteur en saura plus sur cet aspect du personnage dans les livres suivants, car s’il a pu parfois m’agacer avec ses questionnements, son mal-être m’a tellement touché, quand bien même il est champion pour tout faire capoter jusque dans sa vie personnelle, que je souhaiterais qu’il trouve sa place parmi ses camarades magiciens, et qu’il vivra l’aventure dont il rêve.
Couverture de l’édition française

Eliott est la première personne que rencontre Quentin à Brakebills. Celui-ci est un peu plus âgé, et l’accueille sur le campus lors de l’examen d’admission. C’est à première vue un dandy hautain amateur de bon vin qui se cache avec d’autres garçons pour des petites sessions de gâteries dans les recoins isolés de l’école. Quelque peu lunatique, capable de mettre Quentin de côté pour s’amuser avec ses camarades du même âge que lui, on découvre autre chose en lui. Issu d’une famille aisée de magiciens, il a lui aussi, été isolé à cause de sa différence et de ses goûts.

Parfois ivre à 11h du matin, toujours flanqué de son amie Janet (un personnage ambigu qui me rappelle une ou deux vraies garces que j’ai connues dans ma vie), il paraît tout d’abord frimeur, lunatique et assez détestable. Mais on perçoit bientôt chez lui une certaine fragilité. Celle du magicien talentueux – car ce bon Eliott lance des sorts compliqués avec une facilité déconcertante – il s’ennuie très vite dans l’existence. Il est, quelque part, comme Quentin et recherche un sens à l’existence. On le découvrira sous un jour très différent, comme un gamin enthousiaste et exalté, lorsqu’il aura la possibilité de rallier Fillory avec ses camarades, car il aura enfin l’impression d’avoir un but dans l’existence, et montrera à quel point il est attaché à ses amis.

Penny est un personnage ambigu, qui lui aussi semble doué de grands pouvoirs, et dont l’orginalité des recherches va le mener vers Neitherland et Fillory. Décrit comme un punk, qui gagne de l’embonpoint au fur et à mesure de l’histoire, il nourrit une certaine hostilité envers Quentin, avec qui il se bat en début de roman. Finalement, ce garçon rétif à l’autorité va d’une certaine manière rentrer dans le rang avec ses recherches magiques, en cela aidé par les professeurs, jusqu’à s’intégrer presque en forçant à la bande de Quentin et Eliott.

Je termine avec Alice, selon moi le personnage féminin le plus intéressant qui gravite autour de Quentin – j’aurais aimé en savoir plus sur ce que devient Julia, mais je ne peux vous parler d’elle sans spoiler. Issue, comme on l’a vu, d’une famille de magiciens, elle est extrêmement douée et ses premiers sorts impressionnent grandement Quentin. La jeune femme est une étudiante studieuse, le genre de fille qu’on ne remarquerait pas dans le monde réel, d’une timidité maladive. Elle est spéciale du fait qu’elle n’a pas été convoquée à Brakebills pour l’examen d’y entrée: elle s’y est rendue seule, à pieds, et l’école n’a pas eu d’autre choix que de la laisser passer les épreuves. Pour cause, on apprend que son frère aîné, étudiant à Brakebills huit ans plus tôt, y a disparu dans des circonstances suspectes.

Si elle paraît douce et peut-être pas assez bad-ass aux lectrices qui aiment les héroïnes « qui en ont », la demoiselle, elle aussi fan de Fillory, est capable de prendre des décisions et des risques, et elle est l’une des rares à balancer ses quatre vérités à Quentin dans ses moments de lâcheté. Et malgré ma sympathie certaine pour ce pauvre garçon, cela me plait bien!

    Conclusion – Une fascinante mise en bouche à découvrir

Vous l’aurez compris, je n’ai pas souhaité vous faire le détail de ce qui se passe dans [Les Magiciens], dont l’action ne se déclenche réellement que dans le dernier tiers de l’ouvrage. J’ai mis l’accent sur Brakebills, mais c’est volontairement que je n’ai pas plus parlé du monde Fillory, du livre reçu par Quentin au début de l’histoire, et des découvertes aussi surprenantes que sombres qui vont perturber notre protagoniste principal. Pour autant, si tout désespoir ne le quitte pas, j’aime beaucoup la fin du livre, que je trouve drôle, insolite mais aussi étrangement lumineuse. 🙂

Aussi je pense que [Les Magiciens], avec son rythme assez lent et ses personnages très sensibles, est une mise en bouche assez fascinante. J’ai donc hâte de lire la suite et de savoir si mes nombreuses questions quant au devenir de Quentin, Eliott et consort trouveront leurs réponses. J’ai d’autant plus apprécié cette histoire que ses personnages ont su me toucher malgré leurs nombreux travers, et que je n’ai pas l’habitude de ce genre de lecture. En effet, j’ai pour ainsi dire oublié de lire les Harry Potter dont l’univers ne me fascine pas plus que ça (hérésie ultime!). Qui sait, un jour, peut-être? 😉 En attendant, [Les Magiciens] m’a mise sur les rails de la magie puisque je poursuis mes lectures avec Les Enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel […]
En attendant un prochain article, j’espère vous avoir donné envie de regarder de plus près aux Magiciens, quand bien même j’aurais voulu vous en dire plus tant cet univers! 🙂 Je ne peux pas parler d’un véritable coup de cœur pour le moment, cependant, je pense que le meilleur est encore à venir dans les tomes suivant […] et j’ai vraiment hâte de me plonger dans la suite!
 
Blanche Mt.-Cl. - Les mondes de Blanches


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Pratchett - Au guet! - Nirrita
Posté le 10 avril 2017
Terry Pratchett c’est un peu l’auteur à [lire] au moins une fois dans sa vie. Et pourtant, malgré une tentation grandissante, je n’avais jamais pris le temps de m’y mettre. Me voici donc enfin avec Au guet, le huitième volume des annales du disque-monde.

Dans ce roman, on suit le guet d’Ankh-Morpok, composé de Vimaire, le capitaine alcoolique, le sergent Colon, le caporal Chicque et le nouveau soldat Carotte, humain de 1m90 élevé par des nains. Ceux-ci se retrouvent face a une enquête impossible à résoudre ; un dragon a débarqué dans la ville en cramant quelques personnes au passage alors qu’ils ne sont pas censés exister. Au même moment, un crime encore plus grave a été commis, un livre volé à la bibliothèque et le bibliothécaire a bien l’intention de mettre ça au clair.

"Me voici donc immergée d’un coup dans cet univers farfelu. Je suis rentrée assez vite dedans et j’ai pas mal rigolé. De plus, j’ai adoré les citations par rapport aux bibliothèques."

La vérité, c’est que même les grosses collections de livres courants déforment l’espace, comme peut en attester tout amateur ayant déjà fouiné chez un très vieux bouquiniste à l’ancienne, à l’intérieur d’une de ces boutiques qu’on dirait conçues par monsieur Escher dans un de ses mauvais jours.

Ceci dit, je comprendrais que tout le monde ne rentre pas dans le délire. On sent qu’il faut être dedans ou non et qu’on ne peut pas apprécier le livre pour ce qu’il est si on ne rigole pas des nombreux moments cocasse. De mon côté, c’est assez bien passé car je me surprenais à rire régulièrement.J’ai particulièrement aimé les personnages et le détail que Pratchett apporte à ceux-ci. La relation entre Vimaire et Mme Ramkin surtout. J’apprécie de voir autant de soin apporté à leur création alors que je ne sais pas actuellement si ils réapparaissent dans d’autres tomes. Quoiqu’il en soit, ils sont détaillés et ont des réactions qu’on imagine assez bien (quoique parfois un peu étonnantes).

En bref, c’est une lecture que j’ai apprécié, dont l’humour me parle.
 
Nirrita Lalynx - Nirrita


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Kay - Le Fleuve céleste - Books
Posté le 06 avril 2017
«Le monde ne vous laissera pas être celle que vous pourriez être. Le comprenez-vous?» Le poète Lu Chen, en chemin pour l'exil, s'est arrêté à Yenling. C'est la fête des pivoines. La ville est superbe. Il a été accueilli par son ami, l'ancien Premier ministre Xi Wengao. D'autres invités sont présents : le gentilhomme de la cour Lin Kuo et sa fille Lin Shan. C'est à elle que s'adresse le poète. La nuit est tombée sur la maison, et il s'est aventuré jusque dans sa chambre - elle a laissé la porte ouverte. Elle sait que le lendemain Lu Chen poursuivra sa route. Sa destination : l'île de Lingzhou, loin au sud. Un lieu dont on ne revient pas. Elle est jeune, bientôt fiancée à un membre de la famille impériale. Elle s'offre à l'exilé. Lui a compris qu'il avait affaire à une femme exceptionnelle. C'est pour cela qu'il a eu l'audace de venir la retrouver cette nuit-là. Et c'est peut-être aussi pour cela qu'il refuse.

Dans la « Kitai » de la XIIe dynastie, formidable transposition de la Chine des Song imaginée par Guy Gavriel Kay, les femmes ne sont pas comme Lin Shan, elles ne sont pas censées lire et écrire de la poésie, elles ne se mêlent pas aux conversations des hommes. Ce sont des servantes. Trois siècles plus tôt, elles étaient au centre de tout, influaient sur les affaires de l'État. Mais la brillante XIe dynastie, où des favorites pouvaient faire et défaire les Premiers ministres, a sombré. Et de cette catastrophe -dont Kay a raconté le déclenchement dans son précédent ouvrage, Les Chevaux célestes — on a décidé que les femmes étaient responsables. Pas elles seules, il est vrai. Les généraux trop puissants, trop indépendants aussi. L'un d'eux, par ambition, a plongé la Kitai dans la guerre civile et précipité la chute de la dynastie. La femme et le guerrier, voilà donc désormais les ennemis, ceux qu'il convient de maintenir abaissés pour que les désastres ne se reproduisent pas. On n'éduque plus les filles, on les enferme, bientôt on leur bandera les pieds. Quant aux généraux, on les choisit le plus médiocres possible. D'ailleurs, aucune personne censée ne rêve plus d'une carrière militaire. Les aristocrates se laissent pousser l'ongle du petit doigt, pour prouver qu'ils ne sauraient se servir d'un arc. Une femme et un guerrier, voilà aussi — et évidemment ce n'est pas un hasard -les deux héros du dernier roman de Guy Gavriel Kay. Ils s'appellent Lin Shan et Ren Daiyan. L'une est la jeune fille émancipée évoquée plus haut. Elle est inspirée par Lo Qingzhao, la plus illustre poétesse de l'histoire chinoise. L'autre est le fils d'un médiocre fonctionnaire de province, qui s'est juré de laver l'honneur de la Kitai en récupérant ses quatorze préfectures du Nord occupées depuis deux siècles par des barbares nomades. Son modèle : le fameux général Yue Fei, que les Chinois honorent encore aujourd'hui pour sa loyauté à toute épreuve.

Il est évident que la phrase du poète Lu Chen, au début du Fleuve céleste, pourrait s'appliquer non seulement à Lin Shan, mais aussi à Ren Daiyan. Tous deux ont choisi des voies impossibles. Il est non moins évident, dès le départ, qu'elle sera démentie. Car ce sont deux êtres exceptionnels. Toute la question est : comment vont-ils accomplir leur destinée ? Et accessoirement : comment vont-ils, alors que tant de choses les séparent, finir par se croiser ? Il est difficile de parler d'un roman de Kay. Jusqu'où aller sans empiéter sur le plaisir futur du lecteur ? Disons seulement que la plupart de ses ouvrages suivent un même cheminement : une montée progressive de la tension jusqu'à la conflagration finale. Mais ils le font selon des variations subtiles qui surprennent toujours (Le Fleuve céleste en est la confirmation). En général, une civilisation raffinée jette ses derniers feux avant des bouleversements qui entraîneront sa destruction ou, du moins, son irrémédiable altération. Les personnages de Kay sont conscients de cette fragilité.
Et s'ils ne le sont pas, le lecteur l’est pour eux. Dans ces romans plane toujours la menace de voir se défaire des équilibres magnifiques mais précaires. Cette dimension esthète, délicate, fait de Kay une anomalie dans le genre de la fantasy — un poète au milieu des soudards.

Cela ne veut pas dire qu'on ne trouve pas chez lui des scènes de épiques, des péripéties haletantes. Au contraire. Kay les maîtrise avec un brio sans égal. À la profondeur de ses personnages et des [mondes] qu'il restitue répond la complexité éblouissante — le raffinement, serait-on tenté de dire — de ses intrigues. Les retournements sont ménagés avec un art presque excessif. Un jeu de billard à trois bandes, là où les autres auteurs se contentent de coups directs. Qu'est-ce qui rend un roman captivant ? Cette grande question a donné lieu à un petit malentendu. L’imprévu serait la clé. On serait happé par l'histoire parce qu'elle surprend, croit-on parfois. En réalité, ce n'est pas seulement l'envie d'être surpris qui fait que l'on continue à lire, c'est aussi le contraire : l'espoir que se réalise ce qu'on attend (telle confrontation, telle révélation pressentie et désirée depuis longtemps). L’art du romancier consiste à mêler ces deux éléments, à étonner, mais aussi à préparer des moments attendus. Quitte, bien sûr, à leur faire prendre une tournure déconcertante. C'est ce qu'on comprend en lisant Guy Gavriel Kay, virtuose en la matière. À bien y réfléchir, Kay n'est peut-être pas vraiment un auteur de fantasy. Même s'il a commencé par une trilogie, La Tapisserie de Fionavar (parue entre 1984 et 1986), qui indubitablement relevait de ce genre et même de ce qu'on qualifie de high fantasy — celle qui, dans la lignée de Tolkien, met en scène un groupe de héros luttant dans un univers imaginaire contre les forces du mal. En l'occurrence, il s'agissait d'étudiants de Toronto (ville où Kay a lui-même fait ses études et où il vit), qui se retrouvaient propulsés dans le monde de Fionavar, où un dieu déchu et maléfique s'était libéré de ses chaînes. On y rencontrait des magiciens, des nains et même l'équivalent des elfes. Le paradoxe est qu'aujourd'hui encore beaucoup ne connaissent Kay qu'à cause de cette trilogie, qui reste son plus grand succès. Or c'est aussi l'un de ses livres les plus ratés. Une fresque indigeste, parfois ridicule, traversée il est vrai de morceaux de bravoure grandioses.

Sa voie, Guy Gavriel Kay l'a trouvée avec son ouvrage suivant, Tigane, paru en 1990. L’action s'y déroule dans la péninsule de la Palme, équivalent de l'Italie de la Renaissance. C'est un roman historique mais où les noms auraient été changés. Ils gardent les mêmes connotations mais sont inventés. Tout comme l'histoire.
Une formule nouvelle commence à prendre forme qui, dans un premier temps, déroute : les éditeurs de Kay refusent de publier cet ovni, qui trouve finalement preneur et connaît un beau succès. Malgré son cadre plus réaliste, la magie y tient encore une grande place.

Avec Une chanson pour Arbonne (1992), transposition cette fois de la Provence médiévale, Kay affine sa recette. Puis, en 1997, il publie Les Lions d'Al-Rassan, son chef-d'œuvre. La formule inaugurée dans Tigane y atteint un parfait point d'équilibre. Plus de magie ou presque. Nous sommes dans l'Espagne de la Reconquista, rebaptisée « Esperagne ». Les musulmans y sont appelés « Asharites » (du nom de leur prophète Ashar) et vénèrent les étoiles. Les chrétiens sont les « Jaddites » et vouent un culte au soleil. Quant aux « Kindath », qui représentent les juifs, ils sont les adorateurs des lunes (car il y en a deux, une blanche et une bleue). On y croise la médecin kindath Jehane Bet Ishak (les personnages féminins saillants constituent l'un des éléments récurrents des romans de Kay), le poète et guerrier asharite Ammar ibn Kairan et Rodrigo Belmonte, figure fortement inspirée du Cid.
Pourquoi ne pas simplement écrire un roman historique ? Kay a évoqué à plusieurs reprises le malaise qu'il éprouverait à faire endosser des attitudes et des pensées de son invention à des personnages réels. Un souci d'honnêteté, donc. Une façon surtout de libérer son imagination et de ne plus être prisonnier des faits. Les Lions d'Al-Rassan condensent en quelques mois ce qui se déroula en réalité sur des siècles. Le monde transposé de Kay autorise ce genre de dramatisation. Des entorses aussi par-fois à la vérité historique : dans Une chanson pour Arbonne, par exemple, la croisade contre les albigeois est repoussée...

Après la perfection des Lions d'Al-Rassan, Kay se cherche et s'enlise un peu. Son roman sur la Byzance du VIe siècle, La Mosaïque de Sarrance, se traîne sur deux tomes (parus en 1998 et 2000). C'est toujours aussi délicat, complexe, mais on s'ennuie. Et le finale —— éblouissant — ne vient pas complètement racheter ces inutiles longueurs. Le Dernier Rayon du soleil (2005) aurait pu être le contrepoids idéal : un roman plus ramassé où, pour une fois, Kay ne décrit pas un monde sur le point de disparaître mais une nation qui se construit (l'Angleterre d'Alfred le Grand). À cette innovation près, Kay n'y force néanmoins guère son talent. C'est un livre pour rien. Tout comme le suivant, Ysabel, le plus exécrable qu'il n’ait jamais écrit (et celui pourtant qui a reçu le prix Word Fantasy en 2008). Après plus de dix ans de productions plutôt décevantes, on aurait pu se demander si Guy Gavriel Kay n'était pas un auteur fini. Parus en 2010, Les Chevaux célestes ont prouvé le contraire. C'est son meilleur roman depuis Les Lions d'Al-Rassan. Et sa fausse suite, Le Fleuve céleste, lui est encore supérieure. Kay y explore des pistes inédites. Son intrigue s'étend non pas sur quelques mois ou une poignée d'années, comme dans ses romans précédents, mais sur des décennies. Que se serait-il passé si... ? Cette question a toujours obsédé Kay. Mais jamais il n'était parvenu à la thématiser aussi bien qu'ici, à plonger ainsi son lecteur dans le vertige des contingences humaines, à lui faire sentir avec une telle force les virtualités de l'histoire. Le destin du monde tient parfois à une rencontre qui aurait pu ne pas avoir lieu, à un ordre absurde, inique, auquel on décide malgré tout d'obéir...

La fantasy reste méprisée. Elle est pourtant l'héritière de l'épopée, qu'Aristote plaçait au-dessus de la tragédie et qui, pendant des millénaires, fut considérée comme le genre le plus prestigieux. Celui où s'exprimaient le mieux les sentiments les plus nobles, les forces sublimes dans lesquels des peuples entiers pouvaient se reconnaître. Quand on lit Le Fleuve céleste, cette filiation redevient tout d'un coup une évidence.
 
Baptiste Touverey - Books n°82


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Posté 05 septembre 2017 -

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François Rouiller est le lauréat du prix Rosny Aîné pour Métaquine dans la catégorie "roman". Bravo à l'auteur et merci aux participants à la 44e convention de SF.

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Nous avons, depuis le 1er février, interrompu la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand.
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