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Heliot - Frankenstein 1918 - Sous les galets, la page...
Posté le 14 novembre 2018

Si 2018 marque la fin des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, l’année est aussi celle du bicentenaire de la parution du Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. Une œuvre considérée par les spécialistes du genre comme l’un des romans précurseurs de la Science fiction. Avec Frankenstein 1918, Johan Heliot acquitte son tribut à l’autrice, tout en livrant une histoire alternative de la conflagration mondiale.

Loin des accents patriotiques ou du cérémonial mémoriel consensuel, l’auteur français imagine en effet une uchronie désabusée, faisant appel au sens éthique des générations futures pour ne pas reproduire les errements du passé. Fidèle à son goût pour l’Histoire et, à la manière des feuilletonistes, il prolonge le conflit, tout inversant ses perspectives. L’Allemagne ressort ainsi vainqueur, après avoir contraint la France à l’armistice et avoir effacé Londres sous un déluge de bombes irradiantes, déversées par des raids massifs de zeppelins. Si 1933 marque la fin de la « Guerre terminale », elle ouvre aussi une période de paix débouchant sur l’hégémonie allemande. En guise de fil directeur, nous suivons l’enquête d’un jeune intellectuel français qui, à partir de 1958, tente d’exhumer le récit resté secret d’une expérimentation secrète et avortée, menée par Winston Churchill dans les premières années du conflit. Une expérience basée sur les travaux de Victor Frankenstein qui aurait pu changer le cours de la guerre.

Frankenstein 1918 a les défauts de ses qualités. Les personnages archétypés, les rebondissements téléphonés et autres facilités narratives peuvent agacer. Heureusement, l’imagination débridée, l’intertextualité complice et les multiples clins d’œil nous poussent à l’indulgence. Johan Heliot n’usurpe pas sa réputation de raconteur d’histoires. Il met sa connaissance de l’Histoire au service d’un récit où se mêlent les personnages historiques (Winston Churchill, Ernest Hemingway, Adolf Hitler, Irène et Marie Curie) et de fiction (Victor Frankenstein), rappelant en-cela la manière d’un René Reouven. Parmi ces caractères, on retiendra surtout celui de Victor. La créature monstrueuse, le non né, régénéré à partir de plusieurs cadavres, dépasse sa condition de chair à canon, pour gagner en humanité au fil du récit, au point d’incarner la mauvaise conscience d’une humanité bien décevante. On n’oubliera pas enfin les personnages féminins qui ne se contentent pas ici de faire tapisserie, bien au contraire, elles apparaissent même comme un des moteurs du récit.

Léger, mais non dépourvu d’une certaine profondeur, Frankenstein 1918 évite fort heureusement l’écueil de la naïveté. Derrière le récit recomposé d’une histoire secrète, non officielle, affleure en effet un propos dédié au nécessaire travail de l’historien, une tâche à mille lieues du prêt à penser mémoriel des commémorations institutionnelles. Johan Heliot déroule également une réflexion sur les méfaits du pouvoir et sur la transformation des combattants en machines, une chair à canon déshumanisée, taillable et sacrifiable à merci.

 -  Yossarian, le 11 novembre 2018.



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Heliot - Frankenstein 1918 - Une manette à la main
Posté le 14 novembre 2018

Frankenstein 1918 est un roman de Johan Heliot paru fin septembre aux éditions L’Atalante. Mélange d’histoire et de fantastique, ce livre nous entraîne dans une Europe du 20ème siècle où l’on découvre que quelques variations avec la réalité ont eu de très grandes conséquences sur la suite des évènements.

Les monstres de la Guerre terminale

La Seconde Guerre mondiale n’a pas eu lieu mais la Première, appelée la Guerre terminale, a duré 20 ans et s’est soldée par un protectorat prussien jusque dans les années 1960. Churchill et de Gaulle existent mais ils n’ont pas eu l’occasion de prendre en main un processus de paix et sont restés des personnages de second plan.

Au début de la guerre, en 1914, les anglais décident qu’il faut agir vite pour en terminer au plus tôt. A la place des constructions de chars et autres armes de guerre, une unité de recherche particulière est créée. Winston Churchill est nommé responsable de cette opération ultra secrète. Grâce aux cahiers retrouvés du Docteur Frankenstein et de ses travaux sur la régénération des chairs et grâce également aux progrès techniques, Churchill et son équipe finissent par réussir à créer un humain, non-né, à partir de morceaux de cadavres. Cet assemblage de morceaux d’anciens soldats morts tragiquement, c’est Victor. Mais Victor n’est que le premier d’une longue série car c’est bientôt un bataillon entier de « frankies » qui est créé. Malheureusement, malgré plusieurs opérations à succès menées sur le champ de bataille, le gouvernement anglais décide de mettre un point final à cette expérience jugée contre nature. Victor s’échappe de justesse, retrouve une certaine forme de conscience grâce à sa rencontre avec Marie Curie puis décide qu’il vaut mieux pour tout le monde qu’il reste cacher et il s’installe alors dans les ruines d’une Londres dévastée et inhabitable pour les gens normaux.

Les années passent, la guerre perdure, l’emprise prussienne induit de la censure, des restrictions… en 1956, un jeune universitaire français tombe un peu par hasard sur les journaux que tenaient Victor et Churchill. Il décide qu’il est important de les étudier pour dévoiler aux yeux du monde cet aspect totalement caché de la guerre. Il se lance alors dans une quête un peu folle en compagnie d’une jeune résistante à l’occupation rencontrée à la bibliothèque avec pour but de dévoiler la vérité fusse t-elle responsable de mettre sa vie en danger !


Un roman étonnant et passionnant

Ce roman est en fait une succession de différents points de vue. Une sorte de recueil qui regroupe les notes de Churchill, de Victor et d’Edmond, l’historien. ainsi le récit se dévoilent peu à peu au læecteur à travers la plume des trois hommes, chacun donnant évidemment sa version des évènements. On découvre alors cette histoire étonnante de la création de Victor et de son bataillon de Frankies sacrifié sur l’autel des bonnes moeurs de la société britannique de l’époque.

Ce qui est top dans ce roman c’est de découvrir un univers créé par l’auteur et qui mélange les faits historiques réels avec de la fiction. En partant de 1914, Johan Heliot imagine une Europe en proie a une guerre unique et très longue où les grands noms que nous connaissons de la Première et la Seconde guerres mondiales n’ont pas eu les mêmes actions, créant ainsi une sorte de la réalité alternative assez intéressante.

Victor, hommage direct à la créature du livre Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley est un personnage très intéressant puisque dans le roman il semble souvent être le plus humain de tous dans cette époque chargée de barbarie.

J’ai aimé Frankenstein 1918. J’ai aimé le mélange des genres, Victor, Edmond et Churchill et l’uchronie créée par l’auteur qui est incroyablement plausible !

- Jenni, le 12 novembre 2018.



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Hardinge - Le chant du coucou - Sometimes a book
Posté le 14 novembre 2018

Quand j’ai vu cette merveilleuse couverture en librairie associée à Frances Hardinge, une autrice dont j’avais déjà lu L’île aux mensonges, et dont j’avais adoré la plume, je n’ai pas pu résister à ce nouveau roman.  

J’ai retrouvé dans ce nouveau roman le style très reconnaissable de Frances Hardinge et sa plume enchanteresse et poétique. Ce roman est beaucoup plus sombre que le précédent avec une part de fantastique plus marqué. Il est très difficile de parler de ce nouveau roman et de le résumer. L’autrice nous prouve une nouvelle fois que son imagination n’a aucune limite à travers un roman que l’on peut sans aucun doute qualifier d’ovni livresque.

Le Chant du coucou
c’est un roman qui mélange les styles et les genres de manière très subtile et étonnante.  Le roman se déroule dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale, dans une famille très stricte et traditionnelle. À cette ambiance plutôt pesante, l’autrice ajoute avec une plume très douce un univers complètement loufoque et décalé et réussit à rendre le tout compatible ! Ce roman dégage donc une atmosphère incroyable dont seule Frances Hardinge a le secret, et on ne peut qu’être à la fois émerveillé et horrifié par tous ces éléments se mélangeant ! Car oui, les personnages ne sont pas épargnés et les situations dans lesquels ils se retrouvent sont à la fois complètement invraisemblables et très peu enviables. Je suis même parfois restée bouche-bée par la cruauté de certains retournements de situation !

Cependant si vous aimez les livres d’action très addictifs, Le Chant du coucou ne sera peut-être pas fait pour vous. On est dans un roman d’ambiance au rythme assez lent. Personnellement, j’ai trouvé le rythme parfait, car j’aime les romans qui prennent leur temps et ne recherche pas l’action à tout prix, mais je l’ai trouvé quand même long à lire. Même si le rythme est lent, l’intrigue est extrêmement riche, il y a énormément de suspens, de rebondissements, les révélations arrivent au bon moment pour qu’on reste captivé par le récit et je ne me suis donc pas ennuyée une seule seconde. L’histoire est en plus hyper originale, avec des créatures que je n’avais jamais vues auparavant… Les personnages sont également très bien construits. Ils sont justes et attachants et, même si plusieurs personnages peuvent paraître extrêmement étranges voire antipathiques au début, on apprend à les connaître et à les apprécier au fil du récit !

Encore une fois, je ne suis pas déçue par Frances Hardinge qui nous offre un roman étonnant qui mélange les ambiances et les genres. Le rythme est lent, mais l’intrigue est si prenante et mystérieuse qu’on ne peut lâcher le roman avant la fin !

-  Sometimes a book, le 14 novembre 2018.



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Pratchett - Au guet ! - Le petit chat de bibliothèque
Posté le 07 novembre 2018

Sans surprise, une très bonne lecture, c’était un cycle qui me faisait très envie dans l’univers du disque-monde, bien sûr pour les dragons, mais aussi car j’avais vu beaucoup d’illustration du guet. Le début introduit le jeune Carotte qui vit avec sa famille de nains, alors qu’il n’en est pas un lui-même, il doit donc partir afin de trouver un monde qui lui conviens mieux, en chemin il apprend par cœur les commandements du guet. On se rend vite compte que la plupart des employés ne le connaissent pas et l’applique très peut et mal, cela donne des situations très drôle. Le capitaine Vimaire est absolument génial, surtout lorsqu’il parodie Clint Eastwood, je vous laisse découvrir ce passage. Je recommande cette lecture, drôle et réfléchis à la fois.

« Il tourna les pages raides fasciné en même temps qu’horrifié. Elles ouvraient sur un autre monde, un monde de problèmes tout à fait stupéfiants. Gorge en plaques. Pillons noirs. Poumon sec. Stocage. Vertigo. Nausées. Pleurs. Calculs. C’était étonnant, se dit-il après avoir lu quelques pages, qu’un dragon des marais ait jamais survécu pour voir un second lever du soleil. Même la traversé d’une chambre devait passer pour un exploit biologique. »

- Le petit chat de bibliothèque, le 5 novembre 2018.



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Dufour - Entends la nuit - Le Bibliocosme
Posté le 07 novembre 2018
Après la SF, place à la fantasy-urbaine

Cela faisait longtemps qu’on avait pas entendu parler de Catherine Dufour au sein des littératures de l’imaginaire (la dernière sortie SF de l’auteur datait de 2009 et elle s’était depuis consacrée à d’autres écrits comme un guide pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, ou encore une une vie sexuelle de Lorenzaccio). L’auteur nous revient donc cette année chez l’Atalante avec un roman de fantasy urbaine présenté par l’éditeur comme un « anti-Twilight tout en humour ». C’est à la suite d’un article réalisé pour le monde diplomatique et consacré aux deux phénomènes littéraires que sont « Twilight » et « Cinquante nuances » que Catherine Dufour a eu l’idée d’écrire sa propre romance torturée. Pari risqué, car l’équilibre est souvent difficile à trouver entre la transposition pure et simple et la parodie sans nuances. L’auteur s’en sort cela dit remarquablement bien et nous livre ici un texte qui, quoique bourré d’humour, n’en dépeint pas moins une histoire d’amour tragique, tout en abordant quantité de thèmes en lien avec la société d’aujourd’hui. [Je précise que, même si je vais prendre garde à ne pas trop en révéler sur l’intrigue, je suis néanmoins obligée de mentionner dans le dernier paragraphe deux ou trois éléments qu’on ne découvre qu’un peu tardivement dans le récit.] Le roman met en scène Myriame, une jeune femme qui vient d’être embauchée sur Paris par une boîte dans laquelle elle est censée faire de la veille informatique. Là, elle se retrouve confrontée à un homme en particulier, un des grands pontes de l’entreprise, avec lequel elle ne communique que par mails et coups de fil interposés. La relation commence assez mal, pourtant, très vite, Myriame se sent irrésistiblement attirée par cet étrange jeune homme aux manières vieillottes mais impeccables, qui manifeste pour elle un intérêt appuyé. Déjà difficile en raison de leurs positionnements hiérarchiques respectifs, la situation de nos deux tourtereaux va se complexifier encore davantage lorsque notre héroïne va apprendre la véritable nature de son patron…

Une romance dénuée de mièvrerie

Le roman reprend tous les codes des romans/films du style « Twilight » ou « Cinquante nuances », notamment en ce qui concerne les personnages. On retrouve en effet un homme au statut « élevé » (parce que plus riche et plus beau que les autres) autour duquel plane une aura de mystère, et une héroïne un peu paumée qui ne s’intéresse que de loin aux choses de l’amour et qui va laisser cet homme charismatique prendre les commandes de sa vie. De ce point de vue là, Catherine Dufour reste fidèle à ses inspirations, ce qui pourra, dans un premier temps, ennuyer ou agacer une partie de son lectorat. Et puis, au fil du récit, l’auteur s’écarte de plus en plus de la trame classiquement adoptée par ce type de romance pour nous délivrer un tout autre message. L’héroïne, d’abord, se révèle rapidement bien plus dégourdie et autonome que les femmes qui l’ont précédé dans ce rôle (même si, étant donné la passivité des donzelles mises en scène par Stephenie Meyer et E. L. James, ce n’était pas franchement difficile). Certes, Myriame tombe bel et bien sous le charme de son irrésistible patron surnaturel, au point de le laisser prendre un certain nombre d’initiatives à sa place, mais elle n’en garde pas moins tout au long du récit un recul qui lui permet de prendre conscience de l’étrangeté et de la nature malsaine de cette relation dont elle tente de reprendre le contrôle. Si l’héroïne se révèle aussi attachante, c’est aussi et surtout grâce à son sens de la répartie qui lui permet de remettre régulièrement à sa place son « prince charmant » au moyen de répliques bien senties dans lesquelles elle ne s’embarrasse d’aucune politesse et ne recule devant aucun tabou. Le fait que la narration soit endossée par la jeune femme pendant toute la durée du roman implique inévitablement que le pendant masculin du duo soit plus en retrait (ce qui permet d’ailleurs de renforcer le mystère qui entoure sa personne). Celui-ci remplit pour autant parfaitement son rôle de prince charmant prédateur, se montrant tour à tour vulnérable ou tyrannique, effrayant ou charmant.

Une satire du monde du travail moderne

L’un des principaux atouts du roman tient cela dit moins à la qualité de l’histoire d’amour dépeinte qu’aux thématiques sociétales mises en avant par l’auteur. Les circonstances dans lesquelles se rencontrent les deux personnages servent ainsi surtout de prétextes pour aborder la situation du monde de l’entreprise aujourd’hui. Catherine Dufour nous dépeint une compagnie dans laquelle tous les employés sont contrôlés et surveillés en permanence par leur hiérarchie et leurs collègues, et où la quête de rentabilité aboutît à des situations complètement absurdes (états lamentable des toilettes pour que les employés y passent le moins de temps possible, logiciel de surveillance installés sur les ordinateurs…). Et le pire dans tout cela, c’est qu’il ne s’agit même pas des délires d’un auteur de SF paranoïaque mais bien de techniques employées dans certaines entreprises aujourd’hui. L’auteur aborde également la précarité dans laquelle ces sociétés maintiennent leur personnel, composé très majoritairement de femmes (évidemment, puisqu’on peut les payer moins cher !). Le roman aborde aussi de manière plus subtile un sujet qui n’est jamais traité dans ce type de romance, à savoir les différences en terme de « classes sociales » des deux amants. On a en effet constamment à faire à un homme appartenant à l’élite de la société et qui va tenter de faire entrer la pauvre petite employée/lycéenne/étudiante de base (rayez la mention inutile) dans son monde, dont elle doit bien sûr apprendre les codes. Ce fantasme de l’homme richissime tombant sous le charme d’une femme de « petite » condition n’est évidemment pas nouveau, mais l’auteur lui donne ici une réponse pour le moins inattendue qui m’a, personnellement, beaucoup plus amusée que toutes les versions proposées précédemment (qui finissent quasiment toutes par un happy-end hautement improbable). Cette profondeur, le roman de Catherine Dufour la tient, entre autre, de ses nombreuses influences, parmi lesquels on peut citer, par exemple, Balzac (dont certains vers ont été choisis pour servir de titre au roman) ou encore Shakespeare (et notamment le personnage de Richard III dont on retrouve ici certains répliques).

    La voix continue, crissant dans les ténèbres. Elle me raconte les gigantesques incendies ravageant les hameaux de paille au pied des châteaux de pierre, vaporisant les taudis pour se débarrasser des pauvres, morts ou vivants. Et plus tard, les bulldozers qui écrasent les places, les rues, les cours, les cimetières, les halles, les docks, les ossuaires et les carrefours, qui gomment les villages, les villes, les lieux et leur mémoire – pour les remplacer par des tours qu’on fait imploser tous les trente ans, ville nouvelle, ville vide, sans histoire et sans esprits – tandis que beaux quartiers, châteaux et palais sont sanctuarisés. Alors c’est ça. Lutte des classes minérale.

Quand le surnaturel s’invite à Paris

Parmi les autres points positifs, il convient également de mentionner la qualité du décor qui occupe une place centrale dans le récit. Loin de se limiter au rôle de paysage plaqué en simple fond, la ville de Paris est au contraire très bien utilisée par l’auteur qui nous la fait arpenter d’une manière peu commune. Le café de Flore, l’académie française, les catacombes, le toit de l’Opéra Garnier, la tour Saint-Jacques… : c’est qu’on en voit, des monuments de la capitale, au cours des pérégrinations de nos deux héros. ! Des monuments que l’on connaît tous mais que l’auteur nous dévoile ici sous un tout autre jour, faufilant ses personnages dans les rares interstices urbains qui existent encore aujourd’hui. Ces ballades dans les murs de Paris sont évidemment l’occasion de rappeler à la fois quelques uns des épisodes les plus importants de l’histoire de la ville (la Révolution, le siège des Prussiens…), mais aussi des anecdotes plus croustillantes ou plus sanglantes qui participent à rendre le décor vraiment vivant aux yeux du lecteur. Tout cela n’aurait évidemment pas pu être possible si l’auteur n’avait pas fait le choix de mettre en avant une créature surnaturelle dont le sort est intimement lié aux murs et aux pierres, à savoir les lémures. Évoqués dès l’Antiquité par les Romains, les lémures sont les spectres d’hommes et de femmes ne parvenant pas à trouver le repos et hantant par conséquent la demeure dans laquelle ils ont péri. Considérés comme des esprits malfaisants, ils sont souvent assimilés à d’autres créatures horrifiques tels que les fantômes ou encore les vampires, et c’est avec eux que notre héroïne va avoir maille à partir. L’idée est originale, et le traitement qu’en propose l’auteur encore davantage, ce qui donne lieu à des scènes parfois franchement cocasses qui permettent au roman d’adopter de temps à autre un ton plus léger. Cela fournit également à l’auteur l’occasion d’aborder des thèmes eux aussi peu communs, à savoir la préservation du patrimoine ou encore les politiques d’urbanisme (qui trouvent ici une justification pour le moins… étonnante).

Pari réussi pour Catherine Dufour qui nous offre avec Entends la nuit un roman qui n’échappe pas à quelques écueils mais qui se révèle dans l’ensemble cohérent et surtout très rafraîchissant. Une histoire d’amour improbable dénuée de toute mièvrerie, une héroïne avec du mordant, des promenades extraordinaires dans les murs de Paris, des problématiques liées au monde de l’entreprise : autant d’ingrédients détonnant que l’auteur est parvenu à arranger de manière surprenante pour un rendu réussi. A noter que la scène finale n’exclue pas une suite, chose que l’auteur ne réfute d’ailleurs pas…


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