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Kay - Enfants de la terre et du ciel - Le Bibliocosme
Posté le 16 novembre 2018

Retour en terrain connu pour le maître incontesté de la fantasy-historique

Après avoir consacré deux volumes à la Chine médiévale, Guy Gavriel Kay continue à explorer les périodes de l’histoire par le biais de la fantasy et s’attaque cette fois aux Balkans de la fin du XVe siècle. Vingt-trois ans après la chute de Sarrance (Constantinople) devenue Asharias, les adorateurs de Jad (comprenez les chrétiens) ont toujours du mal à se remettre du choc et les tensions dans cette région du monde ne cessent de s’exacerber entre les différentes forces en présence. Les Osmanli (les Ottomans) ne cessent de repousser les frontières de leur empire et lorgnent désormais sur des terres encore plus au nord et à l’ouest, à commencer par celles du Saint-Empire de Jad (le Saint-Empire romain germanique). L’auteur s’intéresse également au sort de trois cités qui ont chacune, pour des raisons bien différentes, des intérêts dans la région : la première est la République de Séresse (Venise) qui entend bien conserver sa domination sur l’Adriatique en matière d’échanges commerciaux ; la seconde est la ville de Dubrava (Dubrovnik) qui se bat pour garder son indépendance et ne s’attirer les foudres d’aucun de ses puissants voisins ; et enfin la troisième est la petite ville de Senjan (Senji), une place-forte dans laquelle se sont réfugiés ceux ayant fui l’avancée ottomane et qui se livrent depuis à la piraterie (non seulement sur les navires marchands venus d’Asharias mais aussi de Séresse). Bien qu’occupant une zone géographique fort restreinte, ces Senjaniens posent un véritable problème à toutes les grandes puissances alentour : l’empereur d’Obravic les a placé sous sa protection mais doit subir les foudres de Séresse qui n’accepte pas que ses navires soient pillés ; Séresse commence à perdre patience à force de voir ses marchandises disparaître et sa réputation écorner ; quand aux Osmali, ils ne peuvent évidemment tolérer qu’une minuscule cité à leur frontière se permette de leur nuire de manière aussi affichée.

Des frontières et des hommes

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’auteur n’entend pas se focaliser ici sur les principaux acteurs du pouvoir dans chacun de ses empires ou cités. Si un ambassadeur, un duc, ou même un empereur, ont bien le droit à quelques scènes, la plupart des protagonistes du drame qui se joue ici sont en réalité des personnes parfaitement ordinaires. Une guerrière avide de venger la mort de sa famille, un jeune peintre à qui on confie une commande risquée mais à même de le couvrir de gloire, un marchand, une noble déchue devenue espionne, un soldat d’élite de l’armée d’Asharias : voilà, pour faire court, le type de profils sur lesquels Guy Gavriel Kay a ici choisi de se pencher. Il s’agit en effet moins d’aborder ici les bouleversements opérés par la guerre et les conquêtes à l’échelle des empires qu’à celle des individus. La variation constante des frontières et les conséquences sur les « gens du commun » : voilà le cœur du nouveau roman du maître de la fantasy-historique. Un sujet au combien d’actualité que l’auteur traite avec sa délicatesse et sa subtilité habituelle en faisant partager à ses lecteurs la colère, la souffrance, l’impuissance ou le refus de se résigner de tous ces gens ordinaires qui ont vu leur vie totalement transformée en même temps que se remodelaient les frontières autour d’eux, que ce soit après le passage d’une force armée, ou simplement parce que la région dans laquelle ils vivent est devenue un objet de litige entre deux puissances. Guy Gavriel Kay aborde également avec cette sensibilité qui lui est propre et qui a fait le succès de ses précédentes œuvres la question du temps qui passe et des traces qu’un individus peut laisser dans l’histoire. Il ne se prive notamment pas de multiplier les références à certains de ses anciens romans, à commencer évidemment par « La mosaïque de Sarrance » dans laquelle il mettait en scène la même région du monde mais plusieurs siècles plus tôt.

Ce serait une erreur de croire une tragédie régulière, continue, même en des temps tumultueux. Le plus souvent, des périodes d’accalmie et de répit parsemèrent la vie d’un personnage ou d’un état. On observe un semblant de stabilité, d’ordre, une illusion de calme…et puis les circonstances changent en un tournemain. 

Émotion et reconstitution historique impeccable : la marque de fabrique de Guy Gavriel Kay

L’auteur mentionne ainsi l’air de rien une certaine fibule représentant un oiseau, les victoires d’un aurige exceptionnel ou encore la mosaïque sublime représentant deux impératrices, et chaque de ces références manquent de faire venir les larmes aux yeux du lecteur tant elles évoquent de souvenirs. Le roman est ainsi plein d’émotion et la mélancolie qui ne tarde pas à s’installer tient autant à ces fameux souvenirs des temps anciens qu’aux personnages en eux-mêmes. Comme toujours dans les œuvres de l’auteur, chacun des protagonistes se retrouve à un moment ou un autre confronté à un choix difficile à même de totalement bouleverser sa vie, voire, pour certains d’entre eux, l’ordre du monde. Outre ses personnages, le roman est aussi porté par la documentation impeccable de l’auteur qui tente de nous donner la vision la plus précise et la plus nuancée possible d’une époque donnée. Le contexte géopolitique est rigoureusement respecté, et il est particulièrement intéressant de voir l’auteur se focaliser sur le cas méconnu de Senji et des Uscoques (ces réfugiés ayant fui la Bosnie sous la pression des Ottomans et auxquels Georges Sand a d’ailleurs consacré un roman). Le roman fourmille également de détails qui nous permettent de nous faire une idée précise du contexte économique de la Renaissance, ainsi que de la manière dont on commerçait. Comme toujours, l’auteur cherche également à renforcer l’immersion de son lecteur en nous donnant un aperçu de la production artistique en cette fin de XVe siècle. Après la mosaïque sous Justinien, la poésie chinoise sous les Tangs, ou la musique à l’époque de la Reconquista, Guy Gavriel Kay met l’accent sur la peinture et l’essor de nouvelles techniques picturales qui donneront naissance aux chefs d’œuvre de la Renaissance que l’on connaît tous. Pigments utilisés, supports, liants, traités de peinture… : tout est là, et c’est absolument passionnant.

« Enfants de la Terre et du ciel » témoigne une fois encore du talent incontestable de Guy Gavriel Kay en matière de fantasy historique et permet aux lecteurs d’arpenter une nouvelle région du monde et une nouvelle époque. Les thématiques très actuelles évoquées, ainsi que la mélancolie qui se dégage du texte, renforcent l’émotion suscitée par les personnages qui, une fois encore, marqueront le lecteur pour longtemps une fois la dernière page refermée.

- Boudicca, le 16 novembre 2018.



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Heliot - Frankenstein 1918 - Les miss chocolatine bouquinent
Posté le 16 novembre 2018

Frankenstein 1918 a tout du grand roman. Outre le partage du souvenir, les mises en garde contre la folie humaine, ses croyances, la cruauté sont de rigueur. Tout n’est pas sombre, Heliot insuffle une dose d’optimisme et de bienveillance. L’amour est là tapi dans l’ombre prêt à reprendre ses droits et le final en est le parfait exemple.

- Esmeralada, le 14 novembre 2018. 



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Bordage - Les guerriers du silence - L'écho des livres
Posté le 14 novembre 2018

Après les Fables de l’Humpur, me voilà persévérant avec joie et plaisir dans ma découverte tardive de cet auteur. En même temps, heureusement qu’il y a les découvertes, tardives ou pas.

Dans les Guerriers, longtemps après notre ère, dans la Confédération de  Naflin, nous suivons deux personnages: Tixu Oty, petit employé de la CILT (Compagnie de voyage spatial par dématerialisation), en plein marasme alcoolisé, et Aphykit, fille d’un des trois grands maîtres de la science inddique, seule menace contre les scaythes d’Hyponéros, qui souhaitent plier l’univers à leurs fins.

Les personnages sont attachants, l’univers déployé est riche et contrasté. Le monde silencieux de l’antra est envoûtant, et le fil narratif très riche.


Bref, que du bonheur !

- L'écho des livres, le 13 novembre 2018.



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Dufour - Entends la nuit - Charybde2
Posté le 14 novembre 2018

La pierre-argent, le pouvoir, le travail, le fantasme : une redoutable et joueuse fable fantastique contemporaine.

Gagner sa vie (ou, contrainte et forcée, perdre sa vie à la gagner) : dans un Paris contemporain où le droit du travail recule inexorablement pour laisser place à la triomphante précarité généralisée, une jeune diplômée de communication et de data mining, revenue sans le sou de diverses galères libertaires à Amsterdam, intègre la branche française de l’entreprise familiale Zuidertoren. Au cœur d’un banal et pourtant étonnant immeuble du douzième arrondissement parisien, entre high tech presque flamboyante et pierre de taille légèrement décrépite, systèmes informatiques ultra-modernes de surveillance et de productivité, pièces mal chauffées et humidités suintantes, Myriame semble bien partie pour vivoter sa survie dans un univers du travail ne proposant guère autre chose lorsque deux rencontres, celle de l’un des mystérieux et très british dirigeants de l’entreprise et celle d’une boule rageuse de foudre globulaire qui la manque de quelques centimètres, semblent peut-être changer la donne, et ouvrir des perspectives insoupçonnées dans le mur froid de la réalité.

Neuf ans après son grand « Outrage et rébellion », ayant proposé entre temps aux lectrices et aux lecteurs trois excursions étonnantes dans la non-fiction, et de nombreuses nouvelles – dont l’une des plus récentes, « Pâles mâles », dans le recueil collectif « Au bal des actifs – Demain le travail » (2017), résonne naturellement et intensément avec le présent texte -, Catherine Dufour nous offre un nouveau roman, chez L’Atalante. Solidement ancré dans le présent blafard d’une lutte des classes à nouveau de moins en moins larvée, « Entends la nuit » joue avec les attentes de lecture et les genres littéraires, rend de rusés hommages et cligne savamment de l’œil en direction tant du Tim Powers de « Le poids de son regard » (1989) que du Éric Corbeyran du « Chant des Stryges » (1997), questionne rageusement les archétypes lénifiants de transgression sans conséquence que nous propose ces derniers temps, à nouveau, la pop culture malaxée et pré-digérée par l’industrie du divertissement (de « Twilight » à « Cinquante nuances de Grey »), et introduit plus ou moins subrepticement un redoutable débat possible sur la nature même du fantastique contemporain, entre réenchantement, mise en abîme, démobilisation et filtre de combat. À propos de vieilles pierres et de catacombes que l’on aurait jurées désuètes, simples motifs devenus anodins, à propos de mythes et de légendes autour de la mort toujours recommencée, à propos surtout de l’avidité – toujours plus insatiable qu’avouée – que sécrètent l’argent et la puissance, Catherine Dufour nous rappelle en jouant sérieusement, avec un extrême brio, que la posture narrative n’est jamais neutre, et que la manière dont le récit rend compte des rêves et des cauchemars de ses protagonistes, y compris ou principalement des plus modestes d’entre eux, demeure, encore et toujours, éminemment politique.

- Charybde2, le 11 novembre 2018.



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Dufour - Entends la nuit - Fantastinet
Posté le 14 novembre 2018

Quand je vois passer un petit message indiquant qu’Entends la nuit va paraître aux éditions L’Atalante, avec une couverture magnifique d’Aurélien Police, sous l’appellation d’Urban Fantasy, cela éveille mon intérêt, et une nouvelle fois, je ressors emballé de cette lecture.

N’ayant pas lu Twillight, je serai bien en peine d’être une caution sur le côté anti-Twillight  d’Entends la Nuit mais je n’ai pas de mal à imaginer que cette histoire d’amour compliquée entre un lord anglais dans le directoire d’une entreprise hi-tech et une petite employée tout juste débarquée est l’apothéose de l’homme de pouvoir face à la femme “socialement” inférieure, entre le riche et le pauvre… Pourtant, j’ai quand même eu rapidement l’impression que la jeune Myriame reprenait la main sur la relation et cassait un peu cet aspect femme soumise au beau et étrange et intriguant lord…
Mais, il serait bien limitatif de ne voir que l’aspect parodique. Avec beaucoup du justesse, l’autrice nous décrit un monde du travail impitoyable, que nous percevons dès le départ lorsque la jeune femme se présente à nous avec une mère malade, un père qui a fui une partie de ses responsabilité et un diplôme qui ne lui sert pas à grand chose. Alors comme beaucoup, elle accepte le travail qu’elle peut, précaire bien sûr. Et dès le départ, elle comprend que rien ne lui sera épargné : son bureau vient de subir un dégât des eaux, et elle doit se débrouiller pour le rendre respirable. Les commodités ne sont pas avec un minimum de confort pour éviter que les salariés n’y passent trop temps, la hiérarchie directe a les dents qui rayent le parquet et ne sont que axés sur la productivité, aidé en cela par un système qui permet à tout à chacun de surveiller ses collègues (je vous laisse découvrir ce système).

Et puis, l’incroyable se produit : repérée (et dénoncée dans un premier temps) par Duncan, elle verra le tapis se dérouler pour elle CDI, logement, on en aurait presque la larme à l’oeil par tant de gentillesse… ou de condescendance ? Un moyen de faire comprendre à tous que le petit peuple est à la merci des chefs et par là même qu’elle est redevable. L’employé.e dépendante de son patron, à un point qui dépasse l’entendement et qui tombera amoureux du bellâtre…

Alors, vous vous demandez où se trouve l’élément surnaturel qui me fait parler de ce roman ? Il y a bien un autre monstre que le travail tel qu’il est décrit (bien que je ne suis pas sûr de savoir lequel m’inquiète le plus) : Duncan Vane n’est pas qu’un cadre de l’entreprise, il est aussi un mâne qui pourrait tuer la jeune femme d’un claquement de doigt, et cette possibilité reste bien présente dans l’esprit de la jeune femme. Cet esprit ancien va nous permettre de découvrir un Paris que je ne connaissais pas, faisant découvrir des cours, des tunnels, cimetières ou encore les catacombes moins connues… On sent l’amour de Catherine pour cette ville.

Ce roman est donc à l’image de son autrice, drôle et engagé… et donc immanquable !

- Allan, le 10 novembre 2018.



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