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Paquet - Faux-semblance - Rsfblog
Posté le 05 avril 2018
Faux-semblance contient quatre nouvelles de science-fiction d’Olivier Paquet. Trois d’entre elles – « Synesthésie », « Rudyard Kipling 2210 » et « Cauchemar d’enfants » ont été publiées au début des années 2000 dans la revue Galaxies. « Une fille aux pieds nus » est le seul texte inédit et l’on peut supposer qu’il est plus récent.

Dans « Synesthésie » l’homme a conquis les étoiles, colonisant certaines planètes éloignées et établissant des liaisons commerciales grâce à des portes TransUnivers. Leur installation dans la galaxie des Arkosiens s’est muée en guerre et, sur le terrain militaire, les humains sont en train de la perdre. Les Arkosiens cherchent à passer la porte pour atteindre la Terre et l’anéantir. Toutes leurs tentatives se soldent par des échecs cuisants : leurs vaisseaux sont tous désintégrés. Le gouverneur Rekl reçoit une émissaire Arkosienne venue pour négocier une reddition. Mais le gouverneur, rodé aux techniques de négociation, emmène la diplomate sur un tout autre chemin. L’immersion est puissant : le lecteur ressent pleinement les sensations, les odeurs, même les saveurs. « Synesthésie » est une très belle nouvelle sur l’altérité et l’ouverture à la différence.
 
Rudyard Kipling, auteur célèbre pour son Livre de la Jungle, a perdu son fils John lors de la bataille de Loos en 1915. Rudyard Kipling rejoint alors l’Imperial War Graves Commission, responsable des cimetières de guerre anglais qui jalonnent la ligne de front. Dans « Rudyard Kipling 2210 » Olivier Paquet transpose l’histoire dans le futur. Kipling, commissaire aux sépultures de guerre, organise le rapatriement des corps vers leur famille ou enterre sur place ceux qui ne peuvent être transportés. Sur Jaeda Minor, l’Union spatiale a gagné une bataille contre les Rôdeurs. A peine débarqué, Kipling reçoit la visite d’une jeune femme, Faricia Wecker, venue chercher son mari. Leur recherche les consduit vers un secteur verrouillé pour une raison particulière. Un texte empreint de mélancolie.

« Cauchemar d’enfants » imagine un avenir où les enfants sont rois. Littéralement : ils sont les décideurs, magistrats, rédigent, votent et font appliquer leur lois. Le lieutenant Dobrozumsky, un adulte, fait équipe avec son supérieur, le capitaine Lone, petit tyran de quatorze ans. Ils sont missionnés pur enquêter sur la dénonciation d’une mère par sa fille pourrie gâtée comme on dit. Matériellement, elle ne manque de rien. Mais elle ne se sent pas aimée. Alice accuse ses parents d’avoir vendu un de ses jouets pour remplir le frigo et acheter des vêtements. Du superflu donc. Glaçant.

Scène post-apocalyptique dans « Une fille aux pieds nus » après le passage d’un tsunami ravageur. Hikaru, en rupture avec sa famille, a survécu sans trop savoir comment. Elle marche seule au milieu des décombres, sous le choc. Ses pas croisent ceux d’autres survivants tous aussi perdus qu’elle, tous à la recherche de leur famille ou d’un lieu d’asile. Jusqu’à pouvoir rejoindre le gymnase d’une école où secours et téléphones les attendent. Cette nouvelle légèrement teintée de fantastique est une réussite : sensible sans sensiblerie, humaniste et réaliste dans le traitement et la narration.

En définitive, le recueil, agrémenté d’une érudite préface de Xavier Mauméjean, tient la route. Des quatre textes au sommaire, je retiens « Synesthésie » et « Une fille aux pieds nus », qui sont, pour moi, un cran au dessus des deux autres. 
 


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Chambers - Libration - Les lectures de Shaya
Posté le 05 avril 2018
Il y a peu, je vous parlais de L’espace d’un an de Becky Chambers, un space-opéra coup de cœur pour moi. Aujourd’hui, c’est au tour de Libration de passer à la casserole.

Techniquement, il s’agit d’un second tome, mais Libration peut tout à fait se lire indépendamment, bien qu’il vous manquera quelques éléments de l’univers. Nous retrouvons ici deux personnages de L’espace d’un an, Poivre, mécano, et Lovelace, l’IA du vaisseau qui a choisi de s’incarner dans un corps humanoïde, un "kit" selon elle. Pour être honnête, le personnage de Poivre, secondaire dans le premier tome, ne m’avait pas vraiment marqué : elle ne fait pas partie de l’équipage, bien qu’on la croise. Lovelace est quant à elle une version réinitialisée de l’IA du vaisseau, qui était tombée amoureuse de Jenks, le technicien : nous ne retrouvons donc pas cette personnalité-ci.

Contrairement au premier tome, Libration est un roman beaucoup plus structuré qui suit une ligne rouge : d’une part, nous découvrons l’enfance de Poivre, enfant-esclave des usines, et de l’autre, nous suivons l’adaptation difficile de Lovelace à son corps d’humain, le tout à raison d’un chapitre sur deux. Les parties concernant Lovelace ne sont pas celles qui m’ont plus le intéressé : il est difficile de s’identifier à  une intelligence artificielle, et de concevoir les difficultés d’être coupée du "réseau", de l’espace mémoire soudainement limité.

En conclusion, ce roman reste très chouette à lire, mais est moins un coup de cœur que L’espace d’un an, malgré ses qualités. Son aspect structuré plaira certainement à tous ceux qui manquaient cruellement d’un fil rouge, absent dans le premier tome, même si l’aspect optimiste (voire un peu naïf pour certains) est toujours là.



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Kay - Les chevaux célestes - Booknode
Posté le 04 avril 2018

Comme je l'ai lu peu de temps après Le Fleuve Céleste (oui, j'aime faire les choses à l'envers), les souvenirs de celui-ci sont assez frais pour que je ne puisse m'empêcher de les comparer. Dans l'ensemble, je crois que j'ai préféré Les Chevaux Célestes, même si les deux ouvrages sont bons.

 

Je l'ai trouvé vite immersif, la dimension aventure étant un peu plus présente que dans Le Fleuve Céleste. Avec un personnage au centre des événements (un type qui n'a rien demandé et qui se retrouve avec un cadeau plus encombrant qu'autre chose, lequel va déclencher moult convoitises et magouilles politiques), l'action m'a parue plus...concrète, tout en impactant la Kitai toute entière.

 

J'ai apprécié les éléments fantastiques, rares mais bien présents entre les fantômes gémissants du Kuala Nor et l'inquiétante magie chamanique des Bogü.

 

Le rythme est lent, implacable, assez particulier. C'est le genre de lectures pour lequel il ne faut pas se montrer trop impatient, ou picorer trois pages par-ci, un paragraphe par-là, au risque de décrocher. L'atmosphère est très réussie.

 

L'écriture est travaillée, maîtrisée, et on ne peut qu'une fois de plus saluer l'auteur pour son érudition qui rend son univers crédible, construit, concret.

 

Malgré leur développement, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. C'est le deuxième Kay que je lis et pour l'instant c'est ce qu'il me manque chez cet auteur, quelque chose qui me donne l'impression d'être plus proche des personnages, de vibrer un peu plus pour eux, pour ce qu'ils ressentent, ce qu'ils vivent.

 

Miney - Booknode.com



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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Elbakin.net
Posté le 04 avril 2018

 

La cour d’Onyx est présenté comme le premier tome de la nouvelle série de Marie Brennan. C’est vrai par rapport à son périple éditorial en France mais dans les faits, il s’agit d’un roman plus ancien de quelques années (cinq ans entre les premiers volumes de ces deux séries, pour être tout à fait exact).
On pourrait dès lors craindre qu’il soit moins abouti, marqué par des défauts de jeunesse… pas forcément. Le cadre n’est pas très original en soi (en tout cas, au départ, moins qu’Une histoire naturelle des dragons), mais l’exécution et la mise en scène du récit se révèlent plaisantes. Même s’il faut aussi un bon moment pour vraiment se laisser happer par le récit, qui n’hésite pas à prendre son temps.  
Si vous appréciez l’époque des Tudor, les intrigues de cour, une grosse pincée de magie et de manigances diverses, voilà un roman qui devrait en tout cas vous plaire. Il faut d’ailleurs aimer ce canevas historique, très présent en arrière-plan. On a aussi parfois du mal à s’attacher véritablement aux deux personnages principaux, avant tout concernés par leurs propres intérêts, et qui se révèlent en fait moins malins qu’ils n’en ont l’air. C’est un peu dommage, car il ne suffit pas de nous le dire, il vaut mieux montrer de façon concrète à quel point ce duo est censé savoir faire preuve de sagacité. Mais ici, c’est avant tout l’univers qui domine le roman de tout son poids et ses conspirations de toutes sortes, au gré des allégeances et des alliances de chacun, qui justement changent souvent du tout au tout. C’est avant tout cette dimension-là que l’on retiendra de ce premier tome (le cycle en compte quatre), avec une mise en place efficace. 
Une lecture ma foi bien agréable. 
 

 

Gillossen - Elbakin.net

 

 

 



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Dunyach- L'enfer du Troll - Yozone
Posté le 16 mars 2018

Le mariage c’est bien, mais le troll s’ennuie un peu dans le salon de coiffure de sa chère et granitique. Mais voilà que son ancien supérieur débarque et les embauche tous les deux comme consultants, armés d’un budget. Leur mission : auditer un volcan, à l’autre bout du monde. Leur couverture : accompagner Sheldon et Brisène dans leur voyage de noces, une croisière presque de plaisance, avec un escadron de chevaliers. Cédric, en fidèle assistant prêt à prendre des baffes, sera de la partie, mais la rencontre avec Seth, un bel elfe, va mettre à mal sa loyauté et ses certitudes les plus intimes...
Bref, rien ne va se passer comme prévu, mais c’est normal, le troll est un élément trop chaotique. Alors deux...



« L’instinct du Troll » n’avait pas suffit à Jean-Claude Dunyach pour épuiser son stock de jeux de mots ; et comme il aime à le dire, s’il avait su plus tôt qu’écrire des bêtises lui vaudrait un tel succès... il ne se serait peut-être pas risquer à publier les nouvelles de SF parmi les plus émouvantes et poétiques qu’il nous aura été donné de lire. Le troll est donc son côté obscur, la preuve qu’un de nos champions du genre peut tomber dans le contrepet et le trait d’esprit format baliste.

Les gobelins ont l’habitude de faire tapisserie.
Mais, comme dit précédemment, l’humour est quelque chose qu’il pratique avec le plus grand sérieux, mince, on est là pour vendre des livres, pas pour rigoler... Comme d’autres grands de l’humour, je pense entre autres au bédéiste Jean Tabary et son grand vizir Iznogoud, Jean-Claude Dunyach fignole ses gags. Aucune blague n’est innocente ou spontanée, toutes sont soigneusement amenées par l’intrigue, et ne semblent là que pour casser irrémédiablement une intrigue d’excellente tenue qui cette fois oscille du côté du film d’espionnage façon James Bond des bonnes années, avec décors paradisiaques et câlins dans la soute du navire « pour passer le temps ». Mais même ces parties de frotti-frotta (vu les créatures, je ne parle pas de jambes en l’air) ne sont pas inutiles et participent à l’histoire, provoquant quelques frayeurs à l’équipage. La passion des deux trolls est aussi un contrepoint aux amours compliqués de Sheldon et Brisène, couple résolument moderne dans lequel les rôles traditionnels sont inversés, et ses deux membres dysfonctionnels dans leurs relations.

Le fond des aventures du troll demeure toujours cette critique franche du monde de l’entreprise, des aberrations nées de la hiérarchie, de la paperasse, des commissions inutiles, des réunions stériles. Lorsqu’ils arriveront au volcan, les choses seront pires que prévu : tout fonctionne à merveille ! C’est donc non seulement louche, mais très dangereux. Si cela venait à se répandre ? Trop d’efficacité pourrait être fatal... On rit donc aux trouvailles métaphoriques de l’auteur, mais on réfléchira à deux fois à ces détournements pas si innocents que cela, et à interroger son propre cercle professionnel, on lui donnera souvent raison. Parce que l’humour corporate résonne en chacun de nous, un son tantôt clair et franc, un glas parfois triste et lugubre.

Un héros, c’est rien d’autre qu’un manager qui fait lui-même le boulot. C’est pour cela qu’ils sont si rares.

Ajoutez-y des chevaliers « peu toniques » en stage de remotivation pour apprendre non plus à chercher mais à trouver le Graal (en cherchant là où il est plutôt que là où il n’est pas), des zombies tarifés, un vieux maître vert et rabougri pourtant sage et empli de For... force, la recette de fabrication des diamants pour les fringales post 5-à-7 (c’est un cercle vicieux) et la vraie raison d’être des boules à neiges... Et vous obtenez une aventure à la fois trépidante, burlesque et qui donne à réfléchir.
Il n’y a que Jean-Claude Dunyach pour réussir un tel cocktail.

Miroir de notre société, « L’enfer du Troll » nous fait rire noir des états d’âme d’une créature pas si inébranlable que cela, tournant en dérision les travers de la fantasy et autres genres à la mode de l’Imaginaire tout autant que les repères quotidien de notre monde du travail.

Yozone

 



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Offre numérique : La Flotte perdue à 4,99e
Posté 07 mai 2018 -

À l’occasion de la sortie d’Avant-garde, préquelle de La Flotte perdue, nous en profitons pour mettre un coup de projecteur sur la série principale de Jack Campbell ! Les six tomes de La Flotte perdue sont à découvrir en numérique à prix réduit.

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La série de Marie Brennan sélectionnée pour le Prix Hugo
Posté 17 avril 2018 -

Les Mémoires de lady Trent, pentalogie fantasy consacrée à l'étude des dragons de Marie Brennan, dans la sélection pour le Prix Hugo de la meilleure série ! Nous en profitons pour vous annoncer que le quatrième tome, Le Labyrinthe des gardiens, arrivera en mai chez vos libraires.

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Un hors-série du Point Pop illustré par John Howe
Posté 12 avril 2018 -
Partez avec Le Point Pop sur les traces de Tolkien dans un numéro collector illustré par le célèbre John Howe !
Son ouvrage : Sur les terres de Tolkien, publié aux éditions L'Atalante, vous offre un panorama en images de son œuvre consacrée à Tolkien.

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Où sont les extraterrestres ? dans Sphères d’Influence, bien sûr !
Posté 12 avril 2018 -

Vous avez eu la chance de découvrir où étaient passées toutes ces civilisations extraterrestres qui sillonnent l’univers depuis bien longtemps. Celles que nous désespérons de ne jamais trouver. C’était dans Grand Central Arena, une sorte de modèle réduit de l’univers tout entier ! Quant à ceux qui n’ont pas encore lu le roman de Ryk E. Spoor, ne continuez pas la lecture de cet article avant de vous l’être procuré. Ça sent la divulgation… je vous aurais prévenus.

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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Posté 21 janvier 2013 -

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