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Hardinge - Le Chant du coucou - Les Rêveries d'isis
Posté le 20 novembre 2018

Le Chant du coucou porte bien son nom. Comme l’oiseau le fait, une étrange coucou, une petite fille, a pris la place de Triss dans son foyer, sans que personne hormis sa sœur ne semble s’en apercevoir. Mais cette Triss commet des bévues et attire l’attention. Bientôt, sa véritable nature l’emporte et une folle cavalcade s’engage. Où est la vraie Triss? Qu’entend faire notre coucou et pourquoi est-il là? Ce sera à vous de le découvrir!
(…)
L’univers imaginé par Frances Hardinge est d’une précision glaçante : les ciseaux et le coucou, les Adjacents, l’Architecte, Pie-Grièche et tous les autres forment une communauté de Petit Peuple bigarré, bizarre, inquiétant et le passage entre les mondes est digne d’un dessin d’Escher. De quoi vous faire tourner la tête et vous entraîner dans un Ailleurs, beau par son étrangeté et terrible par ses réalités! C’est donc une réelle réussite, un petit bonheur de lire cette langue poétique et douce qui parvient à faire surgir un univers entier par la force évocatrice des mots. Plus d’une fois, j’ai relu une description en me disant que telle ou telle formule était réellement belle, pas efficace ou précise, mais belle. Alors bien sûr, quelques expressions m’ont surprise, mais ce n’est pas ce qui m’est resté en tête lorsque j’ai fermé le roman, repue et contente.

Ainsi, j’ai adoré Le Chant du Coucou : ce que je conserve de ce texte, c’est la beauté de la plume, la profondeur des personnages et la cavalcade enlevée et rythmée qui m’a emportée bien loin de la grisaille automnale.

- isis, le 19 novembre 2018.



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Heliot - Frankenstein 1918 - NineHank
Posté le 19 novembre 2018

Bonne nouvelle si comme moi vous avez un faible pour les uchronies : Frankenstein 1918 en est une, et une plutôt réussie même. Dans ce roman, l’auteur imagine que la Première Guerre Mondiale n’a pas pris fin en 1918 comme dans l’Histoire que nous connaissons, mais qu’elle s’est poursuivie jusqu’en 1933.

Comme on peut le deviner dès le titre du roman, ce dernier va mêler les références littéraires et historiques (mais aussi scientifiques !) puisque le roman de Mary Shelley de 1818 va être au centre de l’intrigue. Johan Héliot nous propose en effet une version alternative de l’Histoire où les expériences du docteur Frankenstein auraient été utilisées afin de produire des soldats d’exception pendant la Guerre.

L’une des belles réussites du roman, c’est la manière très littéraire qu’a Johan Héliot de présenter l’intrigue, d’une manière un peu 19ème siècle je trouve. Ainsi, le roman se présente comme la lecture de différents carnets et journaux – qui s’entrecroisent et se répondent. Les personnages qu’on y croise y sont tantôt narrateurs, tantôt acteurs et j’ai beaucoup aimé cet aspect qui rend la lecture très agréable.

Ce qui m’a convaincue dans le roman, c’est vraiment la force de l’uchronie que Johan Héliot nous propose. L’univers qu’il a construit est très complet et semble parfaitement faire sens. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement d’une uchronie, mais d’un type tout à fait spécifique d’uchronie. En effet, si nous avons la possibilité de comparer l’Histoire avec les événements alternatifs du roman, les personnages de l’intrigue ne l’ont évidemment pas. Par ailleurs, le roman nous plonge non pas dans une étape reconnue de cette Histoire alternative, mais dans une frange secrète de cette dernière que les personnages ne découvrent – en même temps que le lecteur – que par la lecture des carnets. Tout dans cette histoire est donc tout à fait crédible, tant du point de vue du lecteur que du point de vue des personnages. (...)

- Aurore, le 17 novembre 2018.



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Leboulanger - Malboire - Daily Passions
Posté le 19 novembre 2018

Au fil de votre lecture vous trouverez sans doute que l’illustration de couverture renvoie au contenu, il n’empêche je ne suis pas sûr qu’elle vous ait inspiré l’achat. Tout comme le titre d’ailleurs.

Tout se déroule dans un monde post-apocalyptique. Rien ne nous est dit des causes de l’état des lieux et des êtres puisque nous les découvrons au fur et à mesure de l’action. Le personnage principal, si l’on peut dire, s’est baptisé Zizare à son sortir de la boue, la malboire, la glaise d’où il a été tiré par Arsen, un qui sait des choses, qui veut faire fonctionner une machine du Temps Vieux, qui dessine des plans. Arsen et Zizare construisent leur machine et la mettent en fonction, c’est ainsi qu’ils récupèrent de l’Eau bonne à boire et autre que celle venue du ciel dont se servent ceux d’un proche village, Wassingue. C’est là que Zizare va rencontrer celle que tout le monde juge folle et qu’il va aimer et baptiser Mivoix. Ensemble ils vont vouloir voir le barrage qui domine la vallée où ils vivent. Le barrage est tenu par une secte qui risque de les mettre à mort, ils fuient. Et Zizare se retrouve plus ou moins prisonnier des Batras et de la Feuillue qui avancent sur le marécage pour rejoindre le Là-Haut, vous suivez ? Je vais vous abandonner là, vous trouverez la suite et la fin dans le roman. Attention, nous sommes en fin ouverte et l’on peut imaginer une suite en deux épisodes au moins.

Vous devez avoir une petite idée du fond, non ? Le héros est du genre qui ne se contente jamais de ce qui est à sa disposition, il lui faut toujours – de son plein gré ou non – aller de l’avant. Et, s’il ne renonce jamais, c’est parce qu’il trouve en lui une bonne raison d’avancer. Une raison qui peut parfois nous sembler futile mais nous ne sommes pas dans la même situation que lui.

A lire de préférence d’une traite pour mieux apprécier. Bonne lecture.

- Noé Gaillard, le 15 novembre 2018.



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Howe - Sur les terres de Tolkien - Le Bibliocosme
Posté le 19 novembre 2018

John Howe : parcours, influences et oeuvres

On ne présente plus aujourd’hui John Howe, principal illustrateur de la Terre du Milieu telle que décrite par Tolkien dans ses différents ouvrages, et qui fut également conseiller artistique sur le tournage de la trilogie du « Seigneur des anneaux » réalisée par Peter Jackson il y a maintenant une quinzaine d’années. Plus récemment, les chanceux visiteurs de la dernière édition du festival des Imaginales ont eut l’opportunité de visiter l’exposition « There and back again » organisée à la bibliothèque d’Épinal à l’occasion de la venue de l’artiste. Je fus, a ma plus grande joie, de ces chanceux (de même que deux sympathiques trolls croisés en chemin), et c’est à la suite de cette visite et de la soirée spéciale qui lui fut consacrée dans la foulée que je me suis finalement laissée tenter par ce beau-livre. Édité en 2002 à l’occasion d’une autre exposition organisée cette fois en Champagne-Ardenne (« John Howe. Sur les terres de Tolkien »), l’ouvrage contient plus de cent-trente reproductions des illustrations de l’artiste (tableaux et croquis), ainsi que quelques textes signés par John Howe lui-même, mais aussi par son complice Alan Lee, Stéphanie Benson ou encore Christophe Gallaz (le tout pour la somme tout de même non négligeable de 32 euros). Au fil des pages, les différents contributeurs abordent à tour de rôle la question des rapports entre les œuvres de l’artiste et le texte qui les a inspiré et dont John Howe est, selon eux, l’un des rares à être parvenu à capter la véritable essence. Tandis que les trois intervenants vantent chacun à leur manière la qualité du travail de l’illustrateur (utilisation de la lumière, jeux avec les textures, reconstitution des paysages…), John Howe revient pour sa part sur son parcours, sur l’importance de l’œuvre de Tolkien et l’intemporalité des mythes, ainsi que sur l’inspiration qu’a constituée pour lui son installation en Europe (il vit depuis de nombreuses années en Suisse).


Promenade en Terre du Milieu

Si les informations fournies par les textes sont intéressantes, ce sont évidemment les images qui retiennent avant tout l’attention du lecteur. Et quelles images ! Imprimées le plus souvent sur l’intégralité d’une page (voire parfois en double page), les paysages de la Terre du Milieu défilent au rythme de la lecture et se révèlent toujours aussi saisissants et émouvants que la première fois. Les décors sont bien sûr les plus impressionnants et les plus fréquemment représentés, qu’il s’agisse de l’impressionnante tour d’Orthanc, ravagée après le passage des Ents, de l’imposant Argonath, du Gouffre de Helm en pleine bataille, de la cité d’Edoras ou encore de la verdoyante et paisible Comté. Figurent également des représentations des créatures les moins ragoutantes du monde de Tolkien et que John Howe restitue avec un savoir-faire exceptionnel : le Balrog et son combat contre le magicien Gandalf, la terrifiante Arachne, les cavaliers noirs en pleine course, le dragon Smaug endormi… Si l’ouvrage se constitue pour l’essentiel de tableaux, on y trouve également plusieurs croquis ainsi que des agrandissements visant à mettre en lumière tel ou tel détail (armement, visage, ornement…). L’un des intervenants écrits à propos de l’artiste et de son travail : « John Howe, l’heureux homme, a marché dans les rues d’Edoras, entendu les trompettes de Minas Tirith, rencontré Sylvebarbe et les derniers Ents ; il s’est tenu devant les tours de Gondor et a assisté, sans doute terrorisé, à la dernière bataille contre les forces du Mordor. La Terre du Milieu existe, puisque John Howe l’a peinte. » Et c’est exactement ce que l’on ressent à l’issu de cette lecture qui donne furieusement envie de se replonger dans l’univers de Tolkien, que ce soit par le biais des romans ou des films.

Un beau-livre simple mais intéressant, qui séduit avant tout parce qu’il permet d’apprécier la qualité du travail de John Howe et d’admirer les décors de la Terre du Milieu directement sur papier et à un format beaucoup plus large. Inutile de vous dire qu’après cette petite promenade dans l’univers de Tolkien, vous n’aurez qu’une envie : la prolonger.

-  Boudicca, le 19 novembre 2018.



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Leboulanger - Malboire - Lecteurs.com
Posté le 16 novembre 2018

Du post-apocalyptique poétique et écologiste

Un récit post-apocalyptique qui nous plonge dans un univers où la boue est reine. Qui mêle écologie, foi et amour dans un monde dévasté. le nôtre.
Des êtres humains qui ont l'air d'avoir régressé, vivant comme des bêtes, condamnés à errer dans cette boue toxique nommée bien justement "la malboire".
Un jeune qui sort du lot (de la boue) est Zirare, ce Candide sauvé par un vieil ermite Arsen, détenteur d'une machine à extraire l'eau souterraine.
Un roman d'apprentissage puisque Zirare va cheminer tout le long de cette rivière empoisonnée pour chercher son Graal, cette substance plus rare que l'or, l'Eau avec un grand E.

C'est aussi un récit écologique puisque le thème de la technologie est abordé avec la destruction de tout l'écosystème. Une allusion non cachée au groupe industriel Monsanto. Il y a également le jugement d'une humanité révolue, de fascination pour pas grand-chose (culte d'un barrage par exemple), de la bêtise humaine et son auto-destruction.

La plume de l'auteur est poétique , noire certes, mais d'un puissance d'évocation assez forte. J'ai bien aimé les pensées (ses mémoires) que le narrateur nous dévide. Au début, ils sont naïfs, balbutiant, hésitants -tel un Golem - puis au fur et à mesure de son cheminement, ils deviennent sûrs, précis et clairs. (malgré tout de même une certaine inquiétude et de la résignation)?

Malboire, malgré sa cruauté et son ton sombre, "réveille" notre responsabilité envers l'eau. Ne la gaspillons pas. Il n'est plus le temps de se résigner, mais plutôt faire changer les mentalités.
Au final, récit optimiste ou pessimiste? A nous, Humains de faire le bon choix...

- Catherine Quart Foisset, le 15 novembre 2018.



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