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Correia - Le fils de l'acier noir - Elbakin
Posté le 10 avril 2018

Avec Le Fils de l’Acier Noir, Larry Correia nous revient après la claque littéraire qu’avaient été Les chroniques du Grimnoir. Dans ce nouveau cycle, l’auteur s’attaque à une fantasy plus traditionnelle et c’est sûrement ce qui porte le plus préjudice à cette histoire arrivant après les aventures complètement démentes de Jake Sullivan. Car en soi, le roman n’est pas mauvais, mais la forme assez classique ne rattrape pas un fond déjà vu.
Nous suivons les aventures d’Ashok Vadal, champion des chevaliers-protecteurs au service de la Loi, une organisation sociétale de caste régissant la vie de tous les jours et permettant aux Humains de se défendre contre les Démons hantant les océans. Tout ce qui se rapproche de l’eau étant perçu comme quelque chose de mauvais, cela génère des débats entre personnages sur le fait que les humains ont besoin d’eau pour vivre.
Notre héros est au début assez monolithique et peu intéressant tant sa puissance est grande, et même les retours en arrière pour découvrir sa vie avant d’entrer au service de la Loi ne le rendent pas plus sympathique. Il s’humanise au fur et à mesure du récit, mais il ne deviendra malheureusement vraiment intéressant qu’à la fin du livre. Il est par contre entouré d’une pléthore de personnages hauts en couleur, que leur vulnérabilité rend attachants. Ils appartiennent tous à une classe sociale différente, ce qui permet au lecteur de découvrir l’histoire et la société dans laquelle se passe l’histoire sans avoir à recourir à des pages et des pages de descriptions.
La plume de Correia est encore une fois au rendez-vous, dans le même style sans fioritures que dans les Chroniques du Grimnoir. Le récit est riche en rebondissements en tous genres et en combats épiques, avec son cortège de morts et une fin qui annonce un deuxième tome épique.
Ce Fils de l’Acier noir met en place les pièces sur l’échiquier et, si la montée en puissance opérée tout au long de ce tome continue, on peut s’attendre à de beaux moments de bravoure et à une histoire des plus abouties.
Asavar

Elbakin

 



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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Le Bibliocosme
Posté le 10 avril 2018

Des dragons au peuple des Fae

Fin du XVIe siècle. Elizabeth Tudor règne depuis trente ans sur l’Angleterre qui vient toute juste d’échapper à une tentative d’invasion de la Grande Armada espagnole. Bien que vieillissante, la souveraine dirige toujours d’une main de fer les affaires du royaume et continue de bénéficier du soutien d’une cour soumise et dévouée. Rares sont toutefois ceux qui connaissent l’existence d’une autre cour installée sous la première, peuplée de créatures féeriques maintenues sous le joug d’une reine impitoyable ayant conclu il y a des années un pacte d’entre-aide avec son équivalente mortelle. Si l’arrangement entre les deux têtes couronnées reste ignoré de tous chez les mortels, un homme commence cependant à se demander s’il ne faut pas voir dans certains des choix politiques de sa reine l’influence d’une puissance occulte dont la main mise se serait affermie au fil des années, au point de menacer aujourd’hui l’avenir du royaume. Déjà connue en France pour sa série des « Mémoires de Lady Trent » (toujours en cours de publication chez L’Atalante), Marie Brennan nous revient ici avec une autre série de fantasy totalement différente et mêlant habilement Histoire et merveilleux. Le roman se focalise sur deux personnages, issus de chacune des deux cours évoquées, et dont on suit le point de vue d’un chapitre à l’autre. Le premier est un jeune homme affecté à la garde royale et à qui Walsingham confie la mission de démasquer le ou les personnes influençant secrètement les décisions de la reine. La seconde est une Elfe qui cherche à revenir en grâce à la cour et qui se voit confier la mission inverse : découvrir ce que sait Walsingham et l’empêcher d’en apprendre davantage sur la cour d’Onyx et l’influence que fait peser Invidiana sur Elizabeth. La quête des deux apprentis espions va évidemment finir par se confondre et le jeu de chassé-croisé imaginé par l’auteur est construis de manière assez habile.


Des allures de conte résolument sombre

Si la plupart des rebondissements sont bien amenés, certains sont en revanche trop prévisibles, mais c’est certainement l’une des rares fausses notes que l’on peut mentionner pour ce premier tome. La seconde concerne respectivement le début et la fin du roman : le premier étant trop long à se mettre en place et la seconde s’apparentant trop un à « happy-end » classique. La plume de l’auteur est pour sa part fluide et agréable, même si la présence de beaux passages particulièrement intenses peut faire regretter au lecteur le fait que l’ensemble du roman n’ait pas été écris avec la même verve (je rejoins Apophis concernant le passage de la Chasse sauvage qui est vraiment très évocateur). L’intrigue est pour sa part bien construite et se divise en plusieurs fils qui ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour faire oublier au lecteur les principaux enjeux de l’histoire. L’un des plus gros atouts du roman reste cela dit son atmosphère assez sombre, et ce en dépit de la présence de créatures que l’on assimile habituellement aux jolis contes pour enfants. S’il y a effectivement un aspect conte dans le roman de Marie Brennan, n’allez toutefois pas vous figurer une ambiance à la Disney, avec des fées adorables vêtues de justaucorps à paillettes et volant aux secours des mortels. Les fae de la cour élisabéthaine sont en effet bien plus complexes que ce que les fables d’aujourd’hui laissent entendre, certaines étant capables de la plus impitoyable cruauté afin de venger une offense, tandis que la plupart peinent à partager l’affection que leur portent les mortels, jugés bien trop éphémères pour mériter la moindre considération. Or c’est justement cette noirceur, plus sous-jacente que véritablement mise en scène, qui contribue à donner au roman cette ambiance si particulière.


Fae VS mortels : la coexistence de deux mondes

Vous l’aurez sans doute déjà compris, ce qui fait avant tout le charme de ce premier tome, c’est le bestiaire relativement fourni convoqué par l’auteur. La plupart des créatures mises en scène ici sont tirées du folklore britannique et, si certaines sont des habituées des romans de fantasy (elfes, gobelins, naïades…), d’autres sont en revanche plus rares car probablement jugées trop communes, à l’image des brownies, des hobs ou encore des kelpies. D’autres peuples féeriques sont également mentionnés, mais les informations les concernant sont pour le moment assez lacunaires et seront sûrement étoffées dans les prochains tomes (je suis pour ma part très curieuse d’en apprendre davantage sur le peuple de la mer…). La plus grande originalité de l’auteur consiste toutefois à placer les représentants du « Petit Peuple » non pas dans leur décor bucolique habituel mais en plein cœur de la ville de Londres. Alors certes, les histoires aiment depuis toujours raconter les multiples manières dont les Fae s’y prennent pour interférer dans les affaires humaines : elles choisissent les plus beaux jeunes hommes comme amants, inspirent les meilleurs poètes, accordent à certains le don de prédire l’avenir, et vont même parfois jusqu’à dérober un bébé mortel pour le substituer par l’un des leurs. Si la fascination des Faes pour les humains n’est donc pas nouvelle, elle atteint toutefois son paroxysme à la cour d’Onyx, où il n’est plus seulement question de se mêler de temps à autres aux humains mais bel et bien d’en imiter les mœurs. C’est ce rapport entretenu entre créatures féeriques et créatures mortelles, fait de défiance et de fascination mêlés, qui se trouve au cœur du roman de Marie Brennan qui aborde le sujet avec beaucoup d’intelligence. Afin de se fondre dans le « monde d’en haut », les créatures de la cour d’Onyx dispose de tout un tas de stratagèmes (déguisement, offrandes…) qui vont leur permettre de déjouer les nombreux pièges que recèle inévitablement tout cadre urbain. A ce sujet, il est d’ailleurs habile de la part de l’auteur de considérer comme arme de défense contre les Fae non pas un dieu quelconque mais la ferveur des fidèles qui revêt ici un véritable pouvoir. L’aspect est intéressant et, outre le fait qu’il permet à l’auteur de ne pas s’embourber dans des considérations d’ordre religieuses, il permet également de justifier les choix de la reine Elizabeth en matière de religion.


L’Angleterre sous le règne d’Elizabeth

Le second gros point fort du roman tient à son cadre historique. Si l’époque moderne est loin d’être la période la moins utilisée en fantasy, il n’en reste pas moins agréable de se voir confronté à un décor historique reconstitué avec soin et qui s’éloigne du traditionnel « médiéval fantastique ». Difficile, compte tenu de l’époque choisie par Marie Brennan, de ne pas faire le rapprochement avec le fameux « Gloriana ou la reine inassouvie » de Moorcock qui, quoique plus complexe et plus poétique, partage avec ce roman ci la même atmosphère crépusculaire. Il est une autre œuvre dans laquelle on retrouve la même ambiance et à laquelle je n’ai pu m’empêcher de penser tout au long de la lecture : le film de Shekhar Kapur dont l’auteur avoue justement s’être beaucoup inspirée (les deux se déroulent d’ailleurs à peu près au même moment du règne d’Elizabeth). Le rapprochement a pour ma part été tellement immédiat qu’il m’a été impossible de me représenter Elizabeth et Walsingham sous d’autres traits que ceux de Cate Blanchett et de Geoffrey Rush (qui conviennent ma foi parfaitement ici aussi). Bien que l’action se déroule à la fin du règne (nous sommes aux alentours de 1588-1590), l’auteur réussit à revenir sur les moments forts de la vie d’Elizabeth auxquels on assiste même parfois directement sous la forme de flashbacks. Parmi ces événements marquants, on peut évidemment citer la mise à mort de Marie Stuart, mais aussi la difficile accession au trône de la souveraine, ou encore sa volonté de favoriser le protestantisme au dépend du catholicisme. Si la reine Elizabeth n’est réellement présente que dans très peu de scènes, son ombre plane sur l’ensemble de la cour ce qui permet au lecteur de se faire une idée assez précise de sa personnalité. Là encore l’auteur fait d’ailleurs preuve d’intelligence en dressant de la reine un portrait nuancé : celle-ci manifestant d’un côté une profonde jalousie à l’égard du bonheur marital de certains de ses courtisans (allant jusqu’à interdire leur union) et faisant preuve d’un tempérament exécrable, tout en étant d’un autre côté charismatique, éduquée et capable de faire preuve d’un formidable sens politique. Figurent également sur le devant de la scène les personnages les plus emblématiques de son règne : si William Cecil et Walter Raleigh sont seulement mentionnés, Walsingham et l’astrologue Dee occupent ainsi un rôle bien plus important.


Premier tome mêlant habilement histoire et magie, le roman de Marie Brennan propose une réadaptation réussie du règne d’Elizabeth Ière, mêlant intrigues de cour mortelle aussi bien que féerique. Soutenu par un cadre historique travaillé, un bestiaire étoffé et une ambiance résolument sombre, « Minuit jamais ne vienne » pose les bases d’une nouvelle série prometteuse dont les trois prochains volumes (déjà parus aux Etats-Unis) s’attarderont sur trois époques différentes dans lesquelles j’ai hâte de me plonger.

- Boudicca, le 4 mars 2018. 




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Scalzi - Le vieil homme et la guerre - La sortie est au fond du web
Posté le 05 avril 2018
Dans une Terre du futur, l’humanité s‘est éparpillée dans la Galaxie et doit affronter d’autres espèces intelligentes, avides elles aussi de nouveaux espaces. Les Forces de défense coloniale, son fer de lance expansionniste, recrutent sans difficultés des soldats. En effet les nouvelles recrues bénéficient, quelque soit leur âge, de traitements de régénération inconnus sur Terre. Cette cure de jouvence a un prix : une mort au combat quasi-certaine.
Ils sont pourtant des milliers comme John Perry, écrivain et publiciste, à tenter leur chance. Perry âgé de 75 ans décide de tirer un trait sur sa vie après la mort de sa femme. Doté d’un nouveau corps aux performances exceptionnelles il va aux termes d’une période d’instruction intégrer les troupes de combat, affronter brillamment des extraterrestres belliqueux, gravir des échelons et incorporer au final un commando d’élite « Les forces spéciales » composé de zombies. Une surprise de taille l’y attend.

A lire ce pitch, pas très éloigné, ainsi que l’y invite le 4eme de couverture, de Starship Troopers ou La guerre éternelle, on se doute que John Scalzi, pour son premier roman, ne renouvelle pas le genre. Il découpe sans surprise son récit chronologiquement en trois parties correspondant aux étapes clefs de la carrière de John Perry. Il n’évite aucun des poncifs de l’âge d’or du space-opéra, mieux il s’ y précipite. Ainsi lorsque notre vaillant soldat affronte les Consus, une espèce extraterrestre technologiquement capable de manipuler une naine blanche, il met au point une tactique extraordinairement novatrice pour éliminer l’adversaire : il suffit de tirer deux coups ! Ne comptons pas non plus sur l’auteur pour expliquer même succinctement la technique du saut permettant d’atteindre les régions les plus reculées de l’univers. L’interlocuteur de Alan, un scientifique copain de Perry, est nul en maths … Quant au titre Le vieil homme et la guerre, reconnaissons qu’en matière de vieux dans l’espace, le film Space Cow-boys atteint foutrement mieux sa cible…

L’assimilation des grands auteurs, Heinlein surtout, s’opère aussi de façon plus subtile. Comme ne l’ignore pas le lecteur un peu cultivé, toute spéculation métaphysique aboutit à deux questions fondamentales :

- Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
- Comment le même auteur a-t-il pu rédiger Starship Troopers  et En terre étrangère ?

Une ambiguïté bien comprise par Scalzi lorsque son héros reconnaît sur l’épaule de l’adjudant instructeur, un de ses anciens slogans publicitaires pour une marque de pneus : « Parfois, il suffit de prendre la route ». Appliquer le mot d’ordre de la Beat Generation à une entreprise colonialiste, quel culot !

Pourtant insidieusement la sauce prend. L’ouvrage ne connaît pas de temps mort. Récit alerte, spirituel, surtout dans la première partie, qui voit un petit groupe d’humains se dépouiller de son passé, Scalzi a bien retenu dans la suite du roman les leçons du maître Heinlein et Du valeureux petit tailleur des frères Grimm (1) : tout lecteur est un naïf qui s’ignore.
Enfin en fil rouge, sous les codes d’une littérature jeunesse, s’insinue le drame d’un personnage pacifiste transformé en machine à tuer, en quête d'une inaccessible étoile.

Le vieil homme et la guerre est une petite cylindrée certes, mais bien huilée.
 


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Card - Espoir-du-cerf - La sortie est au fond du web
Posté le 05 avril 2018
L’Atalante vient de rééditer un vieux roman d’ Orson Scott Card paru jadis en Présence du futur, Espoir-du-Cerf. Bonne initiative. En effet si cet auteur a connu un gros succès commercial et critique avec les cycles Ender, Alvin le faiseur ou Abyss, bon nombre de ses premiers lecteurs regrettent le génie créatif à l’œuvre dans les parutions Denoël.  Un ton particulier émergeait, un univers à la fois cruel et beau se déployait sur fond de légende, magnifié ici d’ailleurs par la traduction d’Emmanuel Jouanne. Bref on tenait un écrivain du calibre de Le Guin. Hélas, son inspiration, comme d’autres s’est diluée dans des suites romanesques et de nouveaux talents comme China Miéville retiennent désormais l’attention.

Que raconte Espoir-du-Cerf ? Le Comte de Traffing, inspiré par une prophétie, décide de renverser Nasilee roi de Burland qui règne par la terreur sur son peuple. Il prend alors le nom de Palicrovol et par compassion épargne Aniseth la fille de l’ancien monarque. Celle-ci décide de punir le meurtrier de son père et les divinités qui ont soutenu son entreprise. Les habitants vouent un culte à un Cerf mythique, emblème du royaume mais aussi aux Douces Sœurs et à Dieu. Aniseth s’empare des livres de magie de Sleeve un proche de Palicrovol, neutralise le roi et les dieux du Burland . Au bout de trois cent ans, Palicrovol toujours vivant selon la volonté d’Aniseth mais exilé et endurant des souffrances quotidiennes, s’unit à une paysanne. Un fils naît du nom d’Orem, instrument de la revanche du Dieu Cerf, enchaîné mais toujours actif.

Très justement décrit comme un joyau noir, Espoir-du-Cerf  ressemble à un Contes et Légendes d’autrefois sur fond de fantasy. L’écriture hiératique et envoûtante concourt à la beauté de l’œuvre. Un récitant dont on découvrira l’identité en fin de roman déroule l’intrigue. Des éléments religieux hétérogènes mêlant monothéisme et divinités païennes confèrent à l’ensemble une touche « arthurienne ». Mais attention pas de batailles ici, hormis quelques affrontements entre magiciens. En revanche les actes de cruauté impliquant parfois des enfants ou des adolescents pullulent et le dénouement final pourra heurter les sensibilités.

Le héros d’Espoir-du-Cerf n’est pas le roi Palicrovol, que l’on retrouve à la conclusion du récit, mais Orem. Plutôt anti-héros d’ailleurs, car les dieux ont doté ce fils bâtard du roi de pouvoirs magiques passifs. Bien que guidé dans ses aventures par un dieu, aucune épreuve aucune avanie ne lui sont épargnées. On retrouve ici un thème cher à Card et présent dans le cycle d’Ender, l’instrumentalisation des enfants par les adultes ou les divinités. Il atteint ici un paroxysme : la magie dans Espoir-du-Cerf  se déclenche et se transmet par le sang et tout est prêt alors pour le rituel abrahamique. Cependant malgré un destin implacable le Petit Roi trace un chemin personnel empli de compassion pour ses semblables. L’interrogation finale lancée par le récitant à Palicrovol vaut alors pour l’Humanité entière. Basculerons nous vers le Bien ou le Mal ?

Espoir-du-Cerf est un ouvrage de fantasy de haute tenue.
 


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Negrete - Alexandre le Grand et les aigles de Rome - La sortie est au fond du web
Posté le 05 avril 2018
[...]
La publication dans nos contrées d’Alexandre le Grand et les aigles de Rome en 2009 fit sensation. En effet sous les oripeaux de l’uchronie s’y révélait un récit fortement documenté en particulier dans le domaine de l’histoire militaire. Negrete, rappelons le, a enseigné le grec. A l’intérêt du pitch se joignait une interrogation. L’écrivain avait auparavant abordé le sujet dans un autre récit, Le mythe d’Er. Comment allait il renouveler le thème ?

Et si Alexandre le Grand n’était pas mort à Babylone en 323 avant JC ? Borges aborde brièvement le sujet en suggérant que le Macédonien aurait incorporé incognito sa propre armée comme simple soldat. Histoire d’entretenir la légende ? Dans le récit qui nous occupe, un médecin envoyé par l’oracle de Delphes sauve miraculeusement le Roi, victime d’une tentative d’ empoisonnement fomentée par Roxane, sa première épouse et Perdiccas chef de la cavalerie des Compagnons. Alexandre annonce à ses généraux sa décision d’investir l’Occident et Carthage. C’est l’intention ultime que lui prête d’ailleurs certains historiens.

Pendant que la flotte sous les ordres de Perdiccas et Néarque s’aventure dans le Golf Persique en vue de conquérir l’Arabie, le monarque fonce en Macédoine punir les faux coupables responsables de son assassinat avorté. Il établit ensuite une base à Poseidonia en Italie, non loin du Vésuve. C’est à quelques encablures de là en Campanie que quelques éléments de ses troupes se font massacrer par des légions romaines commandées par un certain tribun du nom de Jules César. Le personnage est évidemment fictif, mais ses compétences rappellent furieusement celles du vainqueur de la Guerre des Gaules.

Dés lors l’affrontement s’avère inévitable, mais il faudra tout de même patienter six cent pages pour en voir l’issue. D’ici là les intrigues de palais se succèdent et c’est l’occasion pour Negrete de ressusciter les univers soldatesques macédoniens et romains. Défile également toute une galerie de personnages pittoresques, fictifs ou réels (2) dont la maléfique et somptueuse Roxane-aux-mamelons-hérissés-comme-des-sarisses (à l’instar jadis de Silverberg, l’écrivain espagnol ne dédaigne pas les romans érotiques), Perdiccas, soldat impulsif et courageux, Cratère, le plus fameux des généraux d’Alexandre avec Parménion, Méléagre chef irascible. Réussis également les portraits de Démétrios et Euctémon, deux frères athéniens ruinés. Le second, mathématicien de génie, absorbé dans l’étude des cercles qu’il trace dans le sable évoque Archimède.

Plus mystérieux et à mon avis trop esquissé le personnage de Nestor, messager du destin, voix narrative quasi hors texte, aux compétences médicales hors normes, déçoit et attise paradoxalement la curiosité. La référence en la matière reste Zénon d’Elée, héros de L’œuvre au noir. Marguerite Yourcenar avait dépeint un médecin aux prises avec les ténèbres de l’intolérance et des superstitions moyenâgeuses, conscient de l’étendue de son ignorance. Question d’interprétation peut être … Quoiqu’il en soit Alexandre le Grand et les aigles de Rome, légèrement coloré d’uchronie, est un roman historique qui impose le respect.
 


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Offre numérique : La Flotte perdue à 4,99e
Posté 07 mai 2018 -

À l’occasion de la sortie d’Avant-garde, préquelle de La Flotte perdue, nous en profitons pour mettre un coup de projecteur sur la série principale de Jack Campbell ! Les six tomes de La Flotte perdue sont à découvrir en numérique à prix réduit.

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La série de Marie Brennan sélectionnée pour le Prix Hugo
Posté 17 avril 2018 -

Les Mémoires de lady Trent, pentalogie fantasy consacrée à l'étude des dragons de Marie Brennan, dans la sélection pour le Prix Hugo de la meilleure série ! Nous en profitons pour vous annoncer que le quatrième tome, Le Labyrinthe des gardiens, arrivera en mai chez vos libraires.

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Un hors-série du Point Pop illustré par John Howe
Posté 12 avril 2018 -
Partez avec Le Point Pop sur les traces de Tolkien dans un numéro collector illustré par le célèbre John Howe !
Son ouvrage : Sur les terres de Tolkien, publié aux éditions L'Atalante, vous offre un panorama en images de son œuvre consacrée à Tolkien.

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Où sont les extraterrestres ? dans Sphères d’Influence, bien sûr !
Posté 12 avril 2018 -

Vous avez eu la chance de découvrir où étaient passées toutes ces civilisations extraterrestres qui sillonnent l’univers depuis bien longtemps. Celles que nous désespérons de ne jamais trouver. C’était dans Grand Central Arena, une sorte de modèle réduit de l’univers tout entier ! Quant à ceux qui n’ont pas encore lu le roman de Ryk E. Spoor, ne continuez pas la lecture de cet article avant de vous l’être procuré. Ça sent la divulgation… je vous aurais prévenus.

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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