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Scalzi - Les enfermés - Blog à part
Posté le 29 mars 2017
Jusqu’à présent, les romans de John Scalzi que j’ai lus oscillaient entre le très bien ([Le Vieil Homme et la Guerre]) et le sympa-mais-peut-mieux-faire (Redshirts). [Les Enfermés], découvert via une chronique sur le site de Lune, est un roman d’anticipation flirtant avec le transhumanisme qui se situe assez clairement dans la première catégorie.

[Les Enfermés] part sur le principe d’une méchante épidémie de grippe (genre, 400 millions de morts sur la planète), qui a eu chez certains patients un effet supplémentaire: celui de les rendre prisonniers de leur propre corps, conscients mais incapables d’agir physiquement. C’est ce que l’on appelle le [...] syndrome d’enfermement; ici, on parle de Hadens, en référence au nom de la femme du président américain, victime la plus célèbre du syndrome.

Le développement d’interfaces neurales a permis à cette population « enfermée » – qui représente pas loin d’un pour-cent de la population totale des USA – de pouvoir de nouveau interagir avec le reste de la société, à travers un réseau social appelé Agora, mais aussi en se connectant à des machines – les [Cispés] – ou même directement avec des humains spécialement formés et équipés, les Intégrateurs.

C’est dans ce futur proche que l’on va suivre Chris, un Haden qui vient d’intégrer le FBI à Washington DC. Les connexions étant souvent trans-étatiques, c’est le FBI qui s’occupe le plus souvent de crimes qui impliquent les Hadens.

Dans le cas présent, un homme retrouvé mort, comme égorgé de sa propre main, à côté d’un Intégrateur qui se trouve être le frère d’une activiste sur le point de mener une manifestation monstre contre la suspension des subsides gouvernementaux pour les Hadens. Ouais, ça a une tête d’affaire simple, tiens. Bienvenue au Bureau pour ton premier jour, petit!

Souvent, je me retrouve à lire des histoires qui se passent dans des univers bien chiadées, mais qui elles-même sont plan-plan; parfois, plus rarement, c’est le contraire. Avec Lock In, on a un peu le combo ultime: un contexte bien barré et pourtant très crédible (encore que j’aurais vu plus de paranoïa hygiéniste après une telle épidémie) et une histoire elle aussi passablement secouée.

Après, il y a deux-trois trucs un peu bizarre, comme le héros qui est fiche d’une famille ultrariche et qui, du coup, fait un peu Mary-Sue de service. Ou le cliché habituel du partenaire blasé avec des secrets obscurs et des squelettes dans le placard. Mais c’est assez mineur et ça n’ôte pas grand-chose à l’histoire.

Le côté police procedural de l’histoire est transposée de façon plutôt efficace dans ce futur proche, qui est somme toute pas mal optimiste. Les personnages ont certes un côté convenu, mais Scalzi parvient à ajouter suffisamment de viande pour qu’ils soient crédibles et intéressants. Le style est nerveux, avec Chris comme narrateur un chouïa cynique, mais novice pour ce qui est des pratiques du FBI.

Le hasard a voulu que je lise ce bouquin en parallèle avec Apex, dernier ouvrage de la trilogie Nexus, qui se trouve avoir pas mal de points communs avec la thématique [des Enfermés] – sauf que, dans ce dernier, ce qui est un élément de décor ou, au mieux, un enjeu mineur, est le cœur de Apex. Je vous en reparlerai.

Avec à peine plus de trois cents pages au format poche, [...] Les Enfermés est un roman très sympathique. Je le recommande à ceux qui aiment la SF format « futur proche » et qui veulent avoir un peu plus qu’un simple polar. 

Alias - Blog à part



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Scalzi - Deus in machina - La Faquinade
Posté le 29 mars 2017

[...]

Mind over Muscles

Deus in Machina n’est pas tout récent. Le texte a été publié en 2009 puis en 2011 pour sa traduction française, par Mikael Cabon pour l’Atalante. Il est vrai que le cycle du Vieil homme et la Guerre – dont l’écriture et le titre sont un hommage évident au Vieil Homme et la mer d’Hemingway, dont vous savez l’attrait du travail dans mon faible esprit de faquin – du même auteur me faisait envie depuis des années. Alors pourquoi m’être rabattu sur une autre des oeuvres de John Scalzi, qui plus est à propos de laquelle la critique est vachement moins unanime ?

Plusieurs raisons à cela : déjà, je trouve qu’il a une tête à l’image de son nom, rigolote. Déconnez pas les gens, c’est la première chose à laquelle je pense quand on me dit Scalzi. Vous m’avez dit de dire Scalzi ! Bref. Plus sérieusement parce que le type, à même pas 50 piges, a déjà acquis une renommée certaine auprès de plusieurs organismes et prix prestigieux. Déjà, avec deux Prix Hugo et un Locus, ce n’est pas rien. Ensuite parce qu’il préside la SFWA (Science-Fiction & Fantasy Writers of America), société qui décerne le non moins prestigieux Prix Nebula. Déjà, ça vous pose un bonhomme. Mais ce n’est pas tout. L’un de ses deux Prix Hugo, en effet, lui a été décerné non pas pour une de ses oeuvres littéraires – comprendre : la forme classique de la littérature papier – mais pour les 10 ans de son blog, Whatever, lancé en 1998. Rien que ça. Bon, to be fair, comme Vanity, c’est en réalité l’anthologie papier Your Hate Mail Will Be Graded: A Decade of Whatever, 1998-2008 qui a été récompensée par le Prix Hugo du Livre non-fictif ou apparenté. De là à dire que c’est ce blog qui a inspiré la Faquinade…

Je sais que vous ne l’avalerez pas, celle-là. Et aurez bien raison de refuser de déglutir pour cette fois. Il n’empêche… cela reste quelque chose de remarquable que ce type de distinction soit accordé à une publication dont le medium d’origine est numérique. Il est même notable que ce prix du Livre non-fictif ou apparenté soit souvent non décerné, faute de candidats probants. John Scalzi rentre malgré tout dans la très select liste des auteurs remarquables de notre temps, qui arrivent à comprendre leur époque au premier coup d’oeil, quand d’autres mettent des décennies à parvenir à cette reconnaissance.

Deus in Machina est donc publié chez l’Atalante, maison d’édition bien connue des amateurs de science-fiction et de roman noir, dans la collection La Dentelle du cygne, collection forte à l’heure où j’écris ces lignes de 541 publications parmi lesquelles se mêlent auteurs francophones et anglo-saxons.

Ayant acheté l’ouvrage à sa sortie, à une époque où je n’avais que bien peu le temps de lire – et bien moins, encore, les moyens d’assouvir mes achats compulsifs – j’avais à l’époque succombé à la magie folle de sa première de couverture, signée par Vincent Chong. L’Atalante a eu le flair de conserver l’illustration originale de l’artiste pour la version française, ce qui est bien trop peu souvent le cas dans la traduction française des littératures de l’imaginaire pour être souligné. La couverture, représentant ce dieu qui est au milieu de l’intrigue enchaîné entre deux gardes, nu, sur ce qui semble être un socle destiné à un rituel quelconque avait de quoi fasciner l’amateur de fantasy, de science-fiction et le rôliste en moi – on est sur quelque chose de très gothique, visuellement très proche de certains artbooks de Warhamer 40k. En faisant quelques recherches pour cet article, je suis tombé sur la page noosfere de l’illustrateur, sur laquelle on apprend qu’il a remporté, sans discontinuer, le British Fantasy Award du meilleur illustrateur de 2007 à 2011 – cette année-là, il a également remporté le British Fantasy Award du meilleur travail non-fictionnel. Ho, et un World Fantasy Award en 2013 aussi. Non, parce que bon, on sait jamais.

Une chance, donc, pour le faquin que je suis, de se lancer à l’assaut non pas des ombres sur l’ô mais d’un tel palmarès. Mais il aura fallu le concours fortuit d’un déménagement et de l’installation de ma nouvelle bibliothèque pour que je retombe sur ce petit tome et que l’impact au premier regard de 2011 se reproduise à la vue de sa saisissante couverture. A partir de ce moment il m’a semblé être un excellent choix pour les périodes très de la fin de mon été et de mon automne. Sans revenir sur ma carence de temps – rends moi mon retourneur de temps Miomione, putain ! -, les thématiques abordées par ce petit ouvrage de 140 pages m’ont paru idéales pour repartir d’un bon pied de ma verve turgesce… euh en fait non.
Agités, comme le monde qui pousse un auteur à produire un tel ouvrage.

Rage against

Court roman à la limite de la novela, Deus in Machina est un mélange, comme on l’a dit plus haut, de roman de science-fiction et de roman noir. Mais ce n’est pas tout. Attentifs à la fois à la première et à la quatrième de couverture, vous aurez tous remarqué, habiles lecteurs, qu’un zeste de dark fantasy très moorcockien – à noter que Moorcock a été le premier publié dans la collection, dès 1988 avec sa trilogie dite des épées – est distillé d’entrée de jeu :

« L’heure était venue de fouetter le dieu. Le capitaine Ean Tephe entra dans la chambre divine, un coffret en filigrane laqué dans les mains. Il découvrit un acolyte qui perdait son sang et le dieu à plat ventre sur son disque de fer, les chaînes tendues à bloc. La bouche écrasée contre le métal, le dieu ricanait en se passant la langue sur ses lèvres rougies. Un prêtre se tenait au-dessus de lui, à l’extérieur du cercle de confinement. Deux autres acolytes étaient adossés à la paroi, terrifiés. »

Bon bon bon. Bien le bonjour chez vous, hein.

Pour la dark fantasy, c’est même la première chose que l’on remarque en lisant cet incipit grandiose. Cette première phrase – L’heure était venue de fouetter le dieu. – rentre dans l’esprit aussi certainement que les lanières de cuir dans la chair du dieu. Pourtant on se rend compte rapidement qu’on a à faire à largement plus que seulement de la dark fantasy. L’éditeur définit lui-même l’ouvrage comme « un étonnant roman de science-fantasy noire« , c’est dire s’ils y vont avec le dos de la main morte. Et effectivement, passé le contexte proto-spatial, certaines ambiances, certains traits de l’univers ne sont pas sans rappeler L’Echo du Grand Chant ou Dark Moon de David Gemmell.

Dans l’univers du roman, une grande guerre ancestrale entre les dieux s’est soldée par la victoire sans concession du Seigneur et l’asservissement de toutes les autres figures divines. Cet asservissement ayant pour but de les machiniser au sens premier du terme : ce sont désormais ces dieux déchus qui propulseront les vaisseaux des fidèles du Seigneur. Un titre bien à propos, donc. Une société oligarchique dominée par les ecclésiastiques se met en place autour du culte sans limite voué au Seigneur. Chaque prière le renforce et ce qui fait sa grandeur par rapport aux autres dieux, c’est justement que plus personne ne les vénère.

Dans cette société coercitive ou rien ni personne ne saurait remettre en question la foi, John Scalzi nous invite à suivre le capitaine d’un vaisseau qui a justement quelques menus soucis avec le dieu de son bâtiment, quelque peu récalcitrant et farceur, ainsi qu’avec les autorités religieuses. Lui-même d’un pragmatisme certain, il prend de la distance avec tout fanatisme ou toute rébellion possible en essayant, comme dirait l’autre, de conduire sa barque du mieux qu’il peut. Et je ne faisais même pas de métaphore douteuse avec le vaisseau dont il a le commandement ; non, là, c’est juste le talent. Pour parler des vaisseaux, ce sont d’énormes nefs à mi-chemin entre des cathédrales (thématique gothique, donc) et d’immenses machineries réduisant l’individu à un simple élément dispensable parmi la multitude et l’immensité (thématique classique de la science-fiction anticipatrice).

Ces deux thématiques, je le mentionnais un peu avant ne sont pas sans rappeler d’autres univers. Au premier rang desquels l’univers gothico-science-fictionnel de Warhammer 40000 notamment en ce qui concerne les vaisseaux – pour ceux qui ne connaissent pas cet univers, une bonne représentation en est donnée dans le (très moyen) Jupiter : Le Destin de l’Univers des ex-frangins et désormais frangines Wachowski qui s’inspire largement de l’esthétique de l’univers créé par Games Workshop – et de l’ambiance générale donnée par l’omniprésence cléricale, notamment dans le passage du défilé-triomphe à la romaine. Ensuite, les lecteurs avisés de science-fiction française que vous êtes et suiveurs assidus de ce blog à l’époque mythique, désormais, de sa régularité auront tôt fait de faire le rapprochement avec l’Eschatôn d’Alex Nikolavitch : science-fantasy noire, omniprésence de la question spirituelle, réflexion en fond sur la religion, la place de l’homme, le libre arbitre, esthétique gothico-spatiale, j’en passe et des plus évidentes. Voilà, en partie, pourquoi je m’étais dit que Deus in Machina jouait bien le rôle d’ambassadeur au retour des articles sur la Faquinade : la continuité est totale. Si bien que j’en viens à me demander quelle est la part d’inspiration de Nikolavitch vis-à-vis de Scalzi.

Cependant, la question sociale qui pourrait être attendue dans de telles circonstances, notamment par l’emploi du terme de machina – aucun rapport avec la techno espagnole des années 1990 -, n’est pas soulevée. Elle est présentée comme secondaire devant un propos qui, lui, mérite l’attention de chacun : lecteur et personnage. La locution voulant souvent nous placer la divinité ex machina, Scalzi est très à propos en inversant la situation du divin. Le dieu est dans la machine, le vaisseau, mais aussi dans la machine sociale (clergé, foi obligatoire). Car c’est bien du dieu moteur du vaisseau que viendra le moteur de l’intrigue : une réflexion eschatologique, mythologico-religieuse parfois. Une mise en avant du mythe en construction – et, par résonance, en nécessaire destruction – : fondateur, syncrétique et a priori ultime. Mais Scalzi nous fait emprunter des chemins dérobés sans que nous nous en apercevions et, entre les lignes d’un discours total, il nous offre un texte à la limite du conte, violent, noir et impitoyable fait glisser petit à petit repères et certitudes dans des abîmes de questionnements éperdus.

Il nous traîne d’une façon toute païenne devant un tournant cosmique saisissant. Le caractère démiurgique, totalement absent de la création littéraire de l’auteur n’apparait que par transparence, en négatif, dans les événements conduisant à l’épilogue. Tout un programme de réflexion que l’on se prend dans les dents que l’on n’avait pas vu venir. Et à juste titre. [...]

Vil Faquin - La Faquinade



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Scalzi - Les enfermés - Les mécaniques imaginaires
Posté le 28 mars 2017
Un polar-de-science-fiction très sympathique, une lecture détente pour les week-ends d’hiver.

Note : 4/5

[...] Les enfermés est un bon livre, un de ceux qui l’on lit facilement, bourré d’action sans pour autant en fait trop, gorgé d’optimisme et de rythme, autant que d’humour – même si le résumé peut sembler légèrement déprimant, au premier abord.
En quelques mots : une super-grippe extrêmement mortelle (400 millions de morts) et mondialement répandue (le foyer initial étant un colloque de scientifiques spécialisés en virologie, Scalzi ne se refuse rien) est apparue 25 ans avant le début du roman. Je cite le résumé : Si la plupart des malades, cependant, n’y ont réagi que par des symptômes grippaux dont ils se sont vite remis, un pour cent des victimes ont subi ce qu’il est convenu d’appeler le « syndrome d’Haden » : parfaitement conscients, ils ont perdu tout contrôle de leur organisme ; sans contact avec le monde, prisonniers de leur chair, ils sont devenus des « enfermés ».
Autant pour le résumé légèrement déprimant ! Mais rassurez-vous : l’humanité a vite réagi et a trouvé des solutions. Des implants cérébraux permettant aux « Haden » de communiquer, puis de commander des androïdes qui leur servent de corps, et même des « intégrateurs », des rescapés de la maladie qui parviennent à accueillir la conscience d’un Haden. Les intégrateurs louent leurs services pour la 1/2 journée ou la journée et sont très demandés : c’est la seule façon qu’ont les Haden de ressentir à nouveau le goût de la nourriture bien consistante, le souffle du vent sur la joue, ou tout autre activité humaine à laquelle vous pourriez penser si vous étiez enfermé H24 dans votre lit.
[Je vous laisse le temps de réfléchir à cette question]
Chris est un Haden, qui a été enfermé très jeune et n’a rien connu d’autre que sa vie d’Haden, le corps dans un lit, la conscience dans son « Cispé » (son droïde). Il vient de rentrer au FBI ; le livre commence avec le début de sa première enquête. Un meurtre, dont le suspect est un intégrateur. Oui, mais était-il aux manettes de son corps, ou bien était-il intégré au moment du meurtre ?
Le rythme du livre est celui de l’enquête, haletant comme un bon thriller. Seule différence : dans Les enfermés, on ne casse pas de la bagnole en de folles poursuites, mais des Cispés…
Avec un fort zeste d’éthique et une pincée de politique pour assaisonner le tout et permettre au roman de tourner dans la tête une fois qu’on l’a fini. Vous ne penserez plus le handicap de la même manière.

Alice - Les mécaniques imaginaires



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Brennan - Une histoire naturelle des dragons - Le blog de Galleane
Posté le 28 mars 2017

Ce n'est pas le premier roman que je lis de cette auteure, j'avais lu il y a des années, son diptyque des deux sœurs que j'avais beaucoup aimé. Ici on reste dans le même genre, la fantasy, mais le contenu diffère radicalement.

 

J'ai été étonnée par la forme du récit lorsque j'ai commencé ma lecture. Pourtant ce n'est pas faute d'être prévenu avec le titre, mais sait-on jamais si comme moi ça n'a pas fait tilt dans votre cerveau, mais Une histoire naturelle des dragons est écrit sous forme de mémoires (des fois je me désespère moi-même). Lady Trent s'adresse à nous en étant âgée et revient sur sa vie passée. Avec ce premier tome c'est logiquement le début de son aventure qu'on découvre, sa toute première expédition plus exactement. Comme le dit si bien le titre encore une fois, mon cerveau était là opérationnel (en même temps avec le mot dragon il n'a pas de loupé le coquin), il va être question de dragons. Ah ce doux mot, à la consonance si séduisante à mes oreilles, je n'allais pas manquer de voir de quoi il allait retourner. Je suis fascinée par ces créatures, les trouvant tellement majestueuses, si belles et si terribles à la fois. Du coup vous vous doutez que cette partie du récit a su me plaire et l'histoire qui tourne autour également.

Mais d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet, l'auteure revient sur l'enfance d'Isabelle, notre héroïne. Ainsi on apprend comment est venu sa passion pour les dragons, comment elle l'a alimentée en dépit de son sexe car étant une femme et faisant partie d'une bonne famille, ça a posé bien des problèmes. Et les choses ont aussi été compliquées quand il a fallu qu'elle trouve un mari. Avant l'expédition en elle-même, une installation ma foi charmante est à découvrir. Il est toujours plus ou moins question des dragons, mais une fois l'expédition lancée, l’intérêt que leur porte Isabelle revêt une autre forme. Il est question de recherches, de comprendre l'espèce, d'essayer d'en apprendre plus alors que les connaissances sur ses créatures s'avèrent très limitées.

Tout ça se fait dans un environnement qui n'est pas le pays de naissance de l'héroïne. Découverte d'une nouvelle contrée, d'une autre façon de vivre, devoir conjuguer avec les habitants du village qui les accueille et qui ne sont pas les plus ouverts, fait partie de ce qui vous attend. Des éléments en plus vont se greffer au récit principal, quelques étrangetés qui vont commencer à arriver, rendant ainsi l'histoire un peu plus dynamique, même si avouons-le, il n'y a pas énormément d'action à se mettre sous la dent. L'histoire a tout du roman historique, le contexte, dans lequel les personnages évoluent, ressemble fortement à l'époque victorienne, et la narration prédomine sur le reste. Ce n'est donc pas un titre qui conviendra à tout le monde.

Cela ne m'a pas dérangé, même si à certains moments j'aurais apprécié plus de rythme, mais ça fait partie du charme qui se dégage de l'ouvrage. Les choses étranges qui apparaissent sont intéressantes à suivre et contribuent à accrocher le lecteur qui veut savoir ce que tout ce qui arrive cache. La bonne nouvelle c'est que je n'avais pas mis la main sur la vérité, la moins bonne c'est que ce n'est pas foncièrement incroyable non plus. On est certes dans un récit de fantasy, avec des créatures incroyables, mais avec une intrigue assez posée, du coup les événements répondent à ce descriptif. L'essentiel arrive à la fin, les événements ne font que s'amplifier pour trouver une conclusion dans les dernières pages. Il n'empêche que c'était sympathique à suivre, que l'ensemble est cohérent et que l'essentiel reste bien amené. En outre un événement plus étonnant que les autres survient à un moment, mais évidemment je n'en dirais rien. Cependant cela change certaines choses pour la suite.

Et puis dans tout ça Isabelle est une héroïne que j'ai pris plaisir à suivre. C'est une femme qui a une passion qu'elle ne devrait pas avoir, qui va tenter de la vivre avec les limites qu'on lui impose. On comprend qu'elle va de plus en plus faire abstraction de plein de choses pour vivre comme elle l'entend, car en s'adressant à nous en étant une vieille femme, on voit comment elle a évolué. C'est un personnage foncièrement intéressant, j'aime les femmes qui justement ne se complaisent pas dans le rôle que la société veut leur imposer et qui essaient de briser leur chaîne. La petit chose que je regrette un peu c'est le manque de développement des seconds rôles. Après étant donné qu'on lit des mémoires, c'est peut-être normal, l'accent est davantage mis sur Isabelle. A voir par la suite. C'est donc un premier tome que j'ai lu avec plaisir, appréciant le fond et la forme après quelques pages pour prendre le pli. Lire une intrigue centrée autour des dragons m'a beaucoup plu et les dessins qui parsèment l'ouvrage, pas tous du même acabit, ajoutent ce petit plus bien agréable à l'ensemble.

 

Laetitia - Le blog de Galleane



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Brennan - Une histoire naturelle des dragons - Le cercle des Bouquineuses compulsives anonymes
Posté le 28 mars 2017

Une histoire naturelle des dragons est le titre des mémoires de Lady Trent, grande exploratrice et spécialiste des dragons. Dans ce récit, elle raconte son enfance dans la province du Scirland, sa rencontre avec son futur mari, Jacob Camherst, et sa première grande expédition en Vystranie pour y observer les veurs des rochers.

Ce qu’il faut savoir de la société fictive inventée par Marie Brennan, c’est que les convenances sont étrangement similaires à celles de notre Angleterre victorienne. Impensable donc pour une jeune fille d’étudier, d’avoir sa propre bibliothèque ou, pire encore, de se consacrer à sa passion pour les dragons !

Bien entendu, la jeune Lady Trent (alors connue sous le nom d’Isabelle Hendemore) refuse de se plier à ces règles et a donc tendance à se retrouver dans des situations plus risquées les unes que les autres.  Elle décide notamment, contre l’avis de tous, d’accompagner son mari lors d’une périlleuse expédition scientifique visant à percer les mystères des veurs des rochers (oui parce qu’en fait, même si dans ce monde croiser un dragon est à peu près aussi fréquent que de croiser un écureuil ou une biche pour nous, les connaissances scientifiques sur ces bêtes sont quasi inexistantes…)..

Ce roman se présente donc comme un mélange entre un récit d’aventure, une autobiographie fictive et une étude zoologique (pensez Le monde perdu de Conan Doyle rencontre Mes saisons en enfer de Martha Gellhorn). La narratrice alterne entre le récit de son voyage en Vystranie, ses découvertes scientifiques et quelques commentaires sarcastiques sur la naïveté et l’insouciance dont elle faisait preuve étant plus jeune.

J’avoue avoir eu un peu de mal avec l’idée de cette pseudo société victorienne au début de ma lecture, parce que si déjà on décide de créer une société complètement fictive, pourquoi s’entêter à y inclure des convenances ultra genrées semblables aux nôtres ? Mais j’ai fini par trouver l’intérêt : ici, ce sont ces règles si strictes concernant ce qu’il est convenable de faire pour une femme qui permettent à la narratrice d’avoir ce caractère intrépide et un peu borné. C’est son refus de se plier aux règles qu’on voulait lui imposer qui me l’a rendue si sympathique, tout comme le fait qu’elle fasse toujours l’inverse de ce qu’on lui ordonne. Lady Trent est un personnage qui n’en fait qu’à sa tête et fait tout pour vivre son rêve d’étudier les dragons quitte à déplaire au reste de la bourgeoisie (donc forcément, moi, je l’aime bien).

(Alors oui je suis sûre qu’il y a d’autres moyens pour rendre un personnage féminin badass plutôt que de la jeter au milieu d’une société patriarcale super stricte, mais ici le stratagème fonctionne bien, donc je valide)

Une histoire naturelle des dragons ne sera probablement pas mon roman préféré cette année, mais il s’agit tout de même d’une lecture plaisante, prenante, même si le rythme n’est pas toujours soutenu, dépaysante, pleine de dragons, et rien que pour cela il mérite d’être lu ! J’ai particulièrement apprécié les courts résumés au début de chaque chapitre, quelques phrases qui intriguent sur les événements à venir sans jamais divulgâcher.

(Je me permets de vous parler de la demande en mariage de Sir Camherst à Isabelle : absolument adorable. Deux geeks plus maladroits l’un que l’autre qui n’arrivent pas à croire que l’autre veut effectivement se marier. I ship it.).

Pour les pressés :

_ Les mémoires fictives de Lady Trent, exploratrice obsédée par les dragons.

_ Des dragons tellement petits qu’on dirait des colibris.

_ Des dragons un peu moins petits qui font un peu moins colibris.

_ Un roman d’aventure sympathique.

 

Captain Alinea - Le cercles des Bouquineuses compulsives anonymes



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En mars 2017, tous les ebooks de Javier Negrete à 4,99e
Posté 14 mars 2017 -

En numérique, le mois de mars est dédié à un écrivain espagnol : Javier Negrete. Découvrez « Alexandre le grand et les aigles de Rome », « Le Myther d’Er ou le dernier voyage d’Alexandre le Grand » ainsi que la série Chronique de Tramorée à 4,99 € chez tous vos revendeurs numériques. Bonne lecture !

javiernegrete_site.png

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Les enfermés de John Scalzi, lauréat du prix Bob Morane 2017
Posté 09 mars 2017 -
Les lauréats du prix Bob Morane 2017 ont été annoncés.
Pour notre plus grand plaisir, le lauréat de la catégorie romans traduits est John Scalzi pour Les enfermés (traduit par Mikael Cabon).

lesenfermes2.jpg

 

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Une nouvelle sur le système Trappist-1 par Laurence Suhner
Posté 28 février 2017 -

Laurence Suhner est l'auteur d'une nouvelle en lien avec la découverte du système planétaire Trappist-1. La version anglaise de sa nouvelle, The terminator, écrite en collaboration avec les astrophysiciens de l’équipe de Michaël Gillon a été publiée dans la revue Nature de ce mois de février et relayée sur le site de la Nasa. Pour la lire en français, rendez-vous sur le site de l'auteur.

Version anglaise / Version française

theterminator3.jpg

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Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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Les Croisades d'Unnord 22ème édition
Posté le 25 janvier 2017 par les croisades d'unnord
Bonjour à tous ! Je vous écris pour vous annoncer que la 22ème édition des Croisades d’Unnord est en marche avec, cette fois encore, un nouveau thème qui sera : Au-delà des apparences. Cette année [...]