L'atalante éditions
Accueil | Revue de presse
Commande librairie Logo caddie
  • REVUE DE PRESSE

Suhner - Vestiges - Yozone
Posté le 05 décembre 2017

« Vestiges » dépasse les 700 pages, mais cette longueur ne doit pas effrayer, car Laurence Suhner nous entraîne rapidement dans son monde. Même si la planète convient à la vie terrestre, les conditions y sont extrêmes, le froid y est de mise et une épaisse couche de glace recouvre la surface. Sa découverte a suscité un grand engouement, puis celle de l’artefact a généré une certaine crainte. L’homme n’est pas seul et la race des Bâtisseurs le surclasse largement. Gemma est surtout exploitée pour ses ressources naturelles et petit à petit abandonnée des autorités. Une milice s’est créée sur les restes de l’armée régulière et sans légitimité elle fait régner un semblant d’ordre. Les enfants de Gemma forment un groupe de l’ombre composé de ceux nés sur Gemma et qui veulent la laisser dans l’état, se refusant donc à tout réchauffement de l’atmosphère. Kya, la fille du directeur du laboratoire travaillant sur ce qu’ils ont appelé le Point de collapsus, appartient à ses rangs. Cette adolescente rebelle oscille entre un groupe de scientifique et les indépendantistes, elle a du caractère et fonce tête baissée dans les épreuves. Le seul adulte à la comprendre est un ami de son père, Haziel Delaurier, un solide Canadien d’origine. 
Ces deux-là avec Ambre Pasquier sont les trois principaux personnages du roman. S’y rajoutent de nombreux protagonistes plus ou moins directs. Il est clair qu’en 700 pages, Laurence Suhner dispose de la place pour les décrire, donc de bien les camper et chaque fois qu’un est croisé, il ne tombe pas comme un cheveu dans la soupe. Elle maîtrise bien cette profusion d’acteurs plongés dans des conditions difficiles et un contexte politique pour le moins ambigu. 
De plus, elle ne fait pas dans les stéréotypes : Ambre est froide, distante mais aussi touchante par son passé, laissant le pauvre Azel, franc du collier, désarmé face à son attitude. Ambre représente une énigme pour tout le monde.

Le décor est planté d’entrée avec l’accident autour du point de collapsus : le froid, la glace, le danger, l’inconnu... Laurence Suhner lance le lecteur dans le vif du sujet. Même si elle montre comment la situation générale évolue avec la montée en puissance de la milice, elle s’attache à suivre des petits groupes de personnes : les scientifiques ayant découvert et étudiant l’anomalie, ceux sous la direction d’Ambre Pasquier et forant la calotte à la recherche des vestiges enfouis et les Enfants de Gemma. Habilement, l’auteure a créé des ponts entre ces différents groupes : Hazel Delaurier entre les deux premiers et Kya, l’électron libre, entre les deux derniers. Par contre, Laurence Suhner évite les villes ; il est fait mention d’une, mais sans que l’on en sache plus. Certains colons vivent d’ailleurs en station orbitale dans des conditions bien plus confortable qu’à la surface. Il est donc difficile d’appréhender le contexte global, mais sans que ce soit gênant.

Ce planet opera fait aussi la part belle au mystère. Les fouilles sous la glace apportent leur lot d’incertitudes avec le site souterrain. De même, lors d’une mission test, Kya détecte une drôle de présence au fond d’une faille. Les humains sont-ils seuls sur Gemma ? Et si non, qui se trouve en face ? À défaut d’apporter des réponses, les cauchemars d’Ambre ajoutent presque à la confusion. 
La Suissesse tisse habilement sa toile, elle prend à raison le temps d’installer le décor et les personnages, avant une conclusion qui ne peut que laisser le lecteur avide de connaître les futurs développements de l’histoire.

Avec « Vestiges »Laurence Suhner a signé un premier roman des plus recommandables, un planet opera que certains pourraient juger minimaliste à cause des conditions glaciaires donnant dans l’uniformité, mais qu’elle a su habiller de mystères pour le rendre passionnant. 
Elle a fait montre d’une belle ambition en partant sur une trilogie, mais aussi par le choix du sujet, et elle a réussi à y donner du souffle, de la passion et cela se ressent à la lecture qui se révèle un plaisir. Hazel, Ambre, Kya... sont des personnages avec leurs défauts et leurs qualités, que l’on a envie de retrouver pour savoir comment la situation sur Gemma va évoluer... L’artefact orbitant autour de Gemma n’est sûrement pas juste là pour le décor...

- François Schnebelen, le 05/12/17 




+


Sawyer - Rédemption - Aldoblog
Posté le 04 décembre 2017

Cette novella tombe à point nommé : elle fait le lien entre la fin des événements de Légion, le tome 2 et la future suite à Lazare en guerre. Dans ce texte, Conrad Harris et sa troupe de simulants sont absents mais leur ombre plane sur la station spatiale Cap Liberté.

Ce court roman de 128 pages est le fix-up idéal pour patienter en attendant le dénouement final.

Effectivement, le préalable à la lecture de Rédemption exige d’être à jour dans leurs aventures et d’aimer la baston sur fond de station en perdition. De là à considérer que cet opus est largement binaire (tout comme le reste de la série), il n’y a qu’un pas. Je vous déconseille toutefois de le franchir, car même s’il s’agit de space opera militaire, cette novella ne se résume pas à des poings dans la gueule, des fusillades à qui mieux mieux, des eclats de tripes ou autres entrailles bien sanglantes. Certes, ce cocktail carné est bien présent (le bourre-pif inclus), mais Rédemption parvient à enrichir l‘univers construit par Jamie Sawyer.

En effet, jusqu’à présent nous étions cantonnés à la seule connaissance de l’aspect militaire et para-militaire de ce monde en conflit avec les Krells (les informations les concernant sont disponibles dans les critiques des tomes précédents), et accessoirement le Directoire. Ce texte évoque la vie des petits équipages commerciaux comprenant une poignée de membres. Leur fonctionnement n’est pas sans rappeler L’opéra de l’espace de Cherryh ou plus récemment celui minimaliste du Rocinante de The expanse de Correy.

Taniya est mécanicienne à bord de l’Edison, un cargo sur le point d’accoster la station Cap Liberté. Elle vient d’un coin obscur : l’Arcologie de Zêta du Réticule, démocratie jusque là indépendante, qui n’a guère eu le choix d’adhérer à l’Alliance. Cette origine permet d’élargir l’horizon du mastodonte politique, de brosser des particularités aux planètes et autres cailloux associés à la fédération, ainsi que de mettre en lumière leurs méthodes éthiquement suspectes. Ainsi, se retrouve-t-on non pas avec une valeureuse Alliance seule contre l’invasion Krell et le Directoire cheenois (orthographié de la sorte), mais avec une entité politico-militaire bien plus ambivalente. Déjà, les tomes précédents semaient quelques éléments sur l’absence de virginité morale de celle-ci, la preuve est désormais faite. J’aime quand le récit prend une tournure absolument non-dichotomique!

Sur ce terrain galactique, Rédemption entrouvre plus largement la porte à des connivences des hautes instances que nous ne pouvions que suspecter à la fin du tome précédent.

Revenons à Taniya.

Dès l’approche de l’Edison, quelques perturbations dans les communications laissent planer le doute quand à la l’issue de ce séjour.  Les incidents se multiplient une fois sur place, jusqu’au black out total et angoissant. Que se passe-t-il ?…  Oh! Surprise! La station est attaquée!Débute alors une lutte pour la survie, dans la lignée d’un Alien.

Le récit est écrit à la première personne; le lecteur découvre avec Taniya les petites pannes, se sent pris au piège en même temps qu’elle au milieu du chaos, affronte le danger de face, cherche les coins et les recoins pour se mettre à l’abri, aide tour à tour un compagnon ou l’autre, assiste impuissant à l’envolée de cervelle, se bat pour trouver une sortie ou pour convaincre un officier entêté. L’oppression corse l’ambiance, tout le jeu comme d’ombres et de lumières qui tap sur les nerfs.

En parallèle, nous découvrons la psychologie de la jeune femme, marquée par un événement tragique et blessée par l’abandon d’une mère qui ne lui parle plus. Ce personnage est moins abîmé que Conrad Harris, le héros de l’Alliance. Notre jeune femme est bien moins névrosée et plus équilibrée que lui, oscillant entre une peur qui lui glace les entrailles et l’espoir fou de s’en sortir, rêvant surtout de pardon. Elle s’avère un personnage intéressant, plus lumineux que ceux animant les autres tomes.

Lors de son voyage depuis Zêta, elle a fait la connaissance de chacun des membres de l’Edison, du désagréable et obsédé Sheldon au charismatique Nath, en passant par Daryl, le capitaine ouvert, et sa femme, la désagréable Lucinda.  Les protagonistes secondaires sont brossés, à peine esquissés mais à la décharge de l’auteur, l’histoire ne dure que quelques heures. Le roman est court et galope à l’essentiel. Prendre le temps de leur donner davantage de corps serait… une perte de temps, et couperait bien trop le rythme. Seule la mère de Taniya sort du lot (volontairement) et me rappelle fort l’héroïne de la saga Alien.

Rédemption est un récit de space opera explosif qui parvient à approfondir l’univers de Lazare en guerre, tout en nous offrant un morceau de bravoure. L’ambiance est proche de celle d’un Alien, avec une course effrénée contre la montre, la mort sur les talons et une oppression de tous les instants. Un excellent fix-up entre deux tomes.

- Lutin82, le 04/12/17 



+


Goddyn - Le sang des 7 rois (I) - Florylege Books
Posté le 04 décembre 2017

Le récit commence plutôt doucement. L’auteur nous emmène à plusieurs reprises sur de « fausses » pistes. Même si cet exercice peut être à double tranchant, j’aime quand on tourne un peu autour du pot, que l’on découvre l’univers et l’intrigue sans trop savoir où l’auteur veut nous emmener. Cela permet d’être surpris par certaines tournures. L’aventure principale est effectivement un peu longue à commencer mais cela tient plus au personnage principal.

En effet, notre héros n’est pas des plus attirant au premier abord : légèrement ventripotent, il prend sa mission à cœur mais ne semble pas des plus expérimenté pour cette dernière malgré son orgueil. Orville est un soldat aguerri mais peu orthodoxe, plus habitué aux combats de rue qu’aux champs de bataille. C’est pourtant grâce à ses techniques particulières qu’il saura se sortir de mauvaises passes. Page après page, j’ai appris à connaître et à apprécier cet homme, tout autant que lui se découvrait au gré de ses péripéties. Orville n’est pas un homme tout à fait comme les autres … J’ai été entraînée à ses côtés, ressentant ses peurs, ses doutes, le tressaillement de ses pouvoirs mais surtout sa détermination à toute épreuve.

Régis Goddyn a imaginé un univers riche et détaillé. Une histoire millénaire faite de pouvoir, de magie ancestrale et de révolutions. Le destin du sang bleu est bien plus complexe qu’il n’y parait et sa descendance est loin d’être éteinte malgré l’oubli qui la frappe.

Tout au long du périple qui le mènera bien au-delà de sa mission et de son statut de capitaine, Orville traverse des paysages grandioses et variés. La visualisation des ces différents environnement est magnifique. Les descriptions sans être lourdes nous immergent complètement dans l’univers.

Ce premier tome est une réussite. Une fantasy classique mais très bien maîtrisée. A la fin du récit, tu seras saisi par l’envie de tirer ton épée au clair et de jurer fidélité à Orville afin de le suivre dans ses combats !

Florylege Books,  le 2/12/17 

 



+


Pratchett - Le Cinquième éléphant - Lectures, dev et voyages
Posté le 04 décembre 2017

 

Le Duc Vimaire est envoyé en mission diplomatique en Uberwald pour l’intronisation du nouveau roi des nains. Mais le naturel revient vite, car “Où il y a des policiers, on trouve des crimes”. En effet le nouveau roi est controversé. Le monde des nains est en ébullition des nains du sexe féminin portent des robes, d’autres vivent en surface (à Ankh-Morpok en plus). Tout ceci n’est pas du goût de tout le monde, ni des nains traditionalistes, ni des loups-garous. Et quand l’élément indispensable (je vous laisse le découvrir) au sacre du nouveau roi disparait alors le Duc laisse la place au commissaire Vimaire. 

Encore un bon disque monde. Les meilleurs romans de la série se distinguent souvent par la présence du guet et d’une bonne caricature de notre monde. Ici les traditionalistes empruntent leur travers à divers groupes "conservateurs"contemporains.

Les loups-garous sont parfaits dans leur rôle : celui du méchant. Rôle qu’ils assument très bien. Je trouve que depuis quelques tomes les sadiques, les assassins, les ambitieux les pourris sont très réussis. Au milieu d’un texte en apparence léger, ils sont eux trop réalistes dans leurs attitudes. 


Mention spéciale pour l’élément indispensable au couronnement très typiquement nain.

 

- Par Travel-notes , le 02/12/17. 



+


Suhner - Le Terminateur - A l'ombre des nénuphars
Posté le 30 novembre 2017

Lecteurs pressés, calmez vos ardeurs : ces textes ne se dévorent pas, mais se savourent. Pour chaque nouvelle, il est intéressant de réfléchir à sa structure, de prêter attention aux nombreux détails posant le décor et les personnages, de se laisser emporter aussi par ces descriptions et par ces personnages hauts en couleur. Certaines relèvent de la science-fiction, de l’exploration spatiale ; d’autres sont des textes qui jouent avec le fantastique, dans des ambiances rappelant Edgar Poe ou H.P. Lovecraft. Laurence Suhner excelle à jouer des contrastes, à décrire paysages et sensations, et à transcrire dans ses textes le mouvement et l’harmonie.


J’ai un faible pour les textes se déroulant sur Timkha et TRAPPIST-1, parce qu’ils associent méthode scientifique et poésie musicale et sensorielle ; et j’ai découvert avec plaisir les textes « fantastiques », au charme suranné. Les textes d’introduction ajoutés par Laurence Suhner permettent de comprendre les circonstances de l’écriture, et donnent des informations sur ses projets en cours, ce qui est également très intéressant. Un excellent recueil de nouvelles.

 

- A l'ombre des nénuphars



+


  • Collections
+
Comme un accordéon
Sciences humaines
+
Insomniaques et ferroviaires
Roman noir et policier
+
La Dentelle du cygne
Science-fiction et fantastique
+
+
Romans, etc.
Littérature, cinéma, peinture
+
Flambant 9
Bandes dessinées
+
Le Maedre
Littérature jeunesse
+
+
  • Newsletter
        Inscription newsletter
  • À la une
+
Entreprenez en Paix (SPACE O.P.A)
Posté 20 février 2018 -

Dans ce livre écrit en 2000, à la folle époque de la première bulle Internet, Greg Costikyan a déjà saisi les caractéristiques du XXIe siècle commençant. Vous y trouverez en particulier ceci : « Bienvenue dans l’Amérique du vingt et unième siècle : nos présidents ne sont plus des présidents mais se contentent de jouer ce rôle à la télé » ! Pas mal, non ?

Lire l'article sur le blog

space_nl.png

 

+
Redécouvrez le grand classique de Thomas Malory
Posté 20 février 2018 -
Après plusieurs mois d'absence des étals de vos librairies, Le roman du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde est de nouveau disponible.

Achevé en 1470, réagencé et publié par l'imprimeur Caxton en 1485, l'ouvrage n'a pas cessé d'être réédité en Angleterre ; il est la référence arthurienne de toute la culture anglo-saxonne. De siècle en siècle, il a inspiré les grands poètes, plus tard les cinéastes. Il figurait aussi parmi les quatre livres que Lawrence d'Arabie emportait dans ses sacoches de selle quand il partait pour de lointains voyages.

Un grand classique à découvrir, si ce n'est déjà fait.malory2.jpg

+
Prix Bob Morane 2018 : finalistes
Posté 08 février 2018 -
La liste des finalistes du prix Bob Morane 2018 a été révélée. Nous sommes ravis d'y trouver trois ouvrages publiés aux éditions L'Atalante.
Catégorie Romans étrangers : Libration de Becky Chambers
Catégorie Nouvelles : Faux-semblance d'Olivier Paquet et Le Terminateur de Laurence Suhner.
 
chambers_libration_site.jpg paquet_nouvelles_site.jpg leterminateur_site.jpg
+
Offre numérique : 3 romans de John Scalzi à 4,99e
Posté 05 février 2018 -
À l'occasion de la sortie du nouveau roman de John Scalzi, La Controverse de Zara XXIII, découvrez trois autres de ses livres à prix réduit.
Seulement en février : ici et partout ailleurs. scalzi_site.jpg
+
Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

manuscrits885_2.jpg

 

+
L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

fb_logo.png twitter_logo.png insta_logo.png pinterest_logo.png

Toute l'actu
No database selected