Serge Lehman nous plonge ici une nouvelle fois, dans l'univers d'une science-fiction aux allures débridées, mais si formidablement dirigée, sous une plume dont on ne doute plus du talent qu'elle souligne. Il s'accompagne au dessin de Jean-Marie Michaud, dont on peut également attester ici de sa passion « naturelle » et évidente pour le 9ème Art. Le dessin, les détails y sont excellemment traités, et le choix d’une palette majoritairement nuancée de gris donne l’effet attendu au scénario d’un auteur aujourd’hui inévitable dans la science-fiction française. Cette alliance subtile ne peut donc que nous satisfaire en tous points, en attendant impatiemment le suite de cette déjà surprenante série.
Emilie Simone, Khimaira (janvier-mars 2008)
Serge Lehman est un des auteurs français de science-fiction les plus remarqués ces dernières années, et ceux qui ne connaissent pas ses romans et nouvelles comprendront pourquoi à la lecture de son premier scénario de bande dessinée. Publié chez L’Atalante (éditeur lui aussi très actif sur le plan de la SF), La Saison de la Couloeuvre est un récit particulièrement dense, qui met en place dès ce premier tome un univers cohérent avec un gros potentiel. Classique mais non dénuée d’audace et de fantaisie, la mise en images est assurée par Jean-Marie Michaud.
Publiée en septembre dans la nouvelle collection Flambant 9 des éditions L’Atalante, voilà une bande dessinée de science-fiction surprenante et séduisante, concoctée par un maître du genre, Serge Lehman. Après le très mystérieux et elliptique Thomas Lestrange qu’il avait réalisé en coopération avec Sarah Debove (dessin), il signe à nouveau un album de science-fiction réussi. Ce premier tome de La Saison de la Couloeuvre offre le début d’une aventure qu’on a envie de poursuivre. […]
L’illustration et la mise en couleur de ce premier tome de la série, on la doit à Jean-Marie Michaud (Le pays miroir, De profundis, La dernière fée du pays d’Arvor). Il démontre toute sa maîtrise de l’art. Ses dessins, d’une grande originalité, foisonnent de détails. L’aspect des personnages est très travaillé. Pour la couleur, le dessinateur a choisi d’alterner des planches bichromiques alliant le gris et le bleu (qui évoquent l’ambiance assez froide du monde galactique) avec des planches où jaillissent abruptement des couleurs explosives. Du coup comme on ne s’y attend pas (la couleur est quasiment absente de toute la première et la seconde partie de l’album, respectivement « Cent mille cent secondes » et « Sous la surface des choses »), c’est une vraie surprise et un plaisir pour les yeux. Le choix du titre n’est pas anodin : couleur et œuvre donnent « couloeuvre », un animal qui surgit dans la dernière partie de l’album, intitulée fort savamment « Euphorie physique localisée ». […]
Les Cahiers de la Gazette (janvier 2008)
Dans l'intersection 55, le désordre cède la place au chaos. Le réseau interstellaire est déconnecté, voyageurs et fonctionneurs agissent de façon désordonnée et violente. Dépassés par les évènements, Derec Finn accompagné de Rhéa, Larkam et du médiateur Jarmill, part dans les tréfonds de la station afin de trouver une solution pour éradiquer le mal qui a contaminé la population.
La trilogie se termine enfin, et on peut dire que les auteurs ont soigné la fin. Si l'univers complexe imaginé par Serge Lehman est parfois difficile d'accès au plus néophytes, l'auteur prend le temps de donner les clés à la compréhension de ce monde futuriste. Et on se rend compte que le travail graphique réalisé par Jean-Marie Michaud colle parfaitement à l'apparition ou non des émotions que peuvent ressentir les protagonistes tout au long de l'aventure. L'ajout de la couleur à certains moments renforce encore plus la déferlante de sentiments qu'ils éprouvent. Chaque petit détail fait que l'on s'attarde toujours autant sur chaque planche pour en capter la moindre subtilité. Le final quant à lui est troublant. S'inspirant très fortement d'un 2001 Odyssée de l'espace, il est étonnant, même s'il utilise des mécaniques de science-fiction déjà exploités (par Herbert ou K.Dick), mais qui restent toujours autant efficaces. En définitive, cette série est une vraie perle, tant graphiquement que scénaristiquement, qui a su réutiliser des idées parfois déjà vues pour en modeler un nouvel univers captivant. On est déçu que l'histoire se termine, mais n'est-ce pas là le signe d'une série réussie ?
Yoann Renié - L'avis des bulles n°137
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