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Voir la version complète : Quid de l'e-book chez l'Atalante ?



Pink Pig Skin
01/11/2011, 12h28
Le kindle vient de sortir en France, et si à l'heure actuelle les catalogues des éditeurs français au format e-book sont plutôt maigres, beaucoup de grosses maisons ont annoncé s'y mettre dans les prochains mois.
Quid de l'Atalante ? C'est prévu ? Déjà fait ?
Quelle est la politique de la maison en la matière ?

Désolé si ce topic est mal placé ou si la question à déjà été posée (ne vous gênez pas pour le déplacer si nécessaire)

Le K
02/11/2011, 14h55
Le sujet est bien entendu chaud dans cette honorable maison et finira par aboutir sur quelque chose de concret, sauf que l'ebook est partiellement en contradiction avec les valeurs de la maison : le travail de l'objet-livre, la composition délicate du texte, sa mise en page, ses lettrines, parfois ses petits ornements graphiques, bref tout ce qui disparaît dans les formats standards électroniques.
Je vous accorde que le format pdf conserve ces caractéristiques, mais ce n'est clairement pas un format adapté pour l'instant à l'ebook.
N'étant pas chargé du chantier, c'est là où s'arrêtera mon très incompétent commentaire.

Bises

Guinea pig
02/11/2011, 16h11
Ça semblera peut-être paradoxal à certains, mais je serais en faveur de la possibilité d'obtenir, pour quelques euros supplémentaires, une version numérique du livre en supplément lors de l'achat d'un livre papier. Je n'aurais jamais l'impression je crois d'avoir vraiment lu un livre s'il n'est pas là, quelque part à la maison (parfois je ne sais pas exactement où, mais là quelque part :rolleyes:), alors les deux, ce serait encore le mieux !
Je trouverais pratique d'avoir une version sans poids, sans volume, fantomatique de mes livres pour les emmener partout... (quand je vais quelque part, ce qui m'arrive rarement, mais parfois tout de même)

Lisbeï
02/11/2011, 19h17
Je ne sais lire vraiment que sur papier.

Ceci posé, je dois admettre que je suis ravie d'acquérir par la même occasion un CD contenant l'intégralité de l'Honorverse quand j'achète le dernier tome d'HH paru en anglais. Contradictoire ? Peut-être. Mais c'est vrai que quand il s'agit juste de vérifier un truc, en vitesse... c'est pratique. Ou quand je dois me déplacer pour raisons pros, que je serai trop fatiguée pour lire des choses sérieuses, et que donc un relecture d'HH s'impose, c'est top de n'avoir à emporter qu'un CD pour partir avec toute la saga... Je me sens faiblir, par moment.

Pink Pig Skin
02/11/2011, 20h19
Si je lance le sujet, c'est parce que j'ai peur que les bons éditeurs comme l'Atalante prennent le train en marche ou le loupent carrément. :mad:

Le livre numérique, avec ses nouveaux supports comme le kindle, finira à long terme par supplanter le livre papier, pour tout un tas de raisons, principalement économiques, pratiques et environnementales (facteur trop sous estimé pour l'instant). Le livre papier ne va pas disparaitre la semaine prochaine, ni l'an prochain, mais son avenir est derrière lui. :(
Le travail sur les livres de l'Atalante est remarquable de qualité, et outre des choix éditoriaux souvent judicieux, souvent cohérents et parfois courageux, la qualité des impressions et des illustrations, la qualité des traductions et des corrections place l'Atalante dans le haut du panier des éditeurs.
Mais si dans l'immédiat la majorité de ces qualités formelles seront difficiles ou impossibles à transcrire au format électronique, ne perdons pas de vue que l'acheteur de livre, et tout particulièrement celui qui fait l'acquisition de livres électroniques, achète avant tout un texte. Et le livre électronique lui permet aujourd'hui d'adapter la police à ses gouts.
Les premiers qui seront présents sur le marché du livre électronique ont un coup énorme à jouer. Ils peuvent multiplier leur audience à moindre coût et gagner de nouveaux lecteurs sans investissement commercial important. Les derniers arrivants devront tailler leur place dans une jungle bien plus inextricable que celle qu'ils arpentent dans le monde du papier.
Ce que je crains le plus dans cette révolution numérique c'est qu'elle soit sous estimée par les éditeurs, et surtout qu'ils fassent la même erreur stratégique que l'industrie du disque au moment de l'avènement du CD. Attention aux prix, les acheteurs de livres ne connaissent pas le coût de fabrication d'un livre, et le surestiment systématiquement. Ne pas prendre en compte ce facteur, faire fi des frais de distribution et des marges des distributeurs dans l'espoir de faire gonfler ses marges et de ne pas se fâcher avec ses gros clients, c'est une politique à très haut risque pour le long terme. C'est partir dans le même délire de piratage que pour la musique, dont le principal responsable n'est rien d'autre que le prix prohibitif des CD.
Dans ce cadre, il est probable que tout le modèle économique des éditeurs, et notamment les contrats avec les auteurs devront être renégociés. Vaste programme, je le conçois bien. Mais il y a maintenant urgence.
Si de gros éditeurs disposant de très gros catalogues se décident à fondre sur le marché et matraquer les tarifs, ça va être dur de s'y faire une place par la suite. Quel est le risque commercial de lancer un e-book, à part l'investissement publicitaire ? Il est sans commune mesure avec celui d'un livre papier. L'offre sera donc forcément pléthorique, les ruptures de stock inexistantes, la disponibilité immédiate.
Les maisons d'éditions "tout numérique", les autos-publications sont les acteurs de demain. Ils seront d'autant plus virulents si ils sont les premiers sur le marché.

Le livre papier peut très bien coexister avec le format numérique (les vieux croutons dans mon genre ne se passeront jamais du plaisir de tourner les pages et de se situer physiquement dans leur lecture). Mais ne pas différencier drastiquement le tarif des deux formats serait une erreur économique majeure. (et tant pis pour les maîtres chanteurs des grosses enseignes qui vont tout faire pour limiter l'écart de prix entre les deux formats)

Désolé d'avoir été aussi long, et d'avoir probablement écrit pas mal bêtises. Je précise que je n'ai absolument aucun rapport direct ou indirect avec le monde de l'édition. Je ne suis qu'un lecteur parmi d'autres, qui veut continuer à acheter de beaux livres publiés par des éditeurs en bonne santé financière. :p

Guinea pig
02/11/2011, 20h51
Mon avis rejoint tout à fait celui de PPS (imprononçable ce pseudo, je ne demande même pas si c'est fait exprès :rolleyes:). De plus, étant de nature optimisme par défaut, je pense que les deux pourraient co-exister, mais avec d'inévitables adaptations ...
Par exemple, on pourrait imaginer de vendre des fascicules couleur avec des illustrations, des cartes (pour la fantasy en particulier), un glossaire, une table des matières, une liste de personnages, des points de repère, des anecdotes sur l'oeuvre des interviews de l'auteur, des recettes de cuisine, des extraits d'autres livres, une nouvelle en cadeau, etc. que l'on achèterait avec bonheur pour accompagner son aride lecture virtuelle.

Le prix du livre numérique doit absolument être nettement plus bas que le livre papier. D'abord parce que je crois que de nombreux lecteurs, pourtant prêts, contre toute attente, à lire sur écran (par exemple moi depuis que j'ai un tout nouveau kindle - absolument aucun rapport avec un écran d'ordi ou de tablette) n'auront jamais l'impression d'acheter un "vrai livre" en le téléchargeant - et seront toujours outrés de payer le prix fort "pour du vent". Ensuite, parce que même sans être très matheux, on sait tous additionner et surtout soustraire : le prix de l'impression, le prix du transport, les marges des distributeurs, etc.

Ned
02/11/2011, 23h02
Salutations nocturnes !

Quelques petites précisions sur le sujet, alors que j'étais à la maison mère cet après-midi (ma visite avait pour but le forum et les Utopiales) j'en ai profité pour me renseigner.
Ainsi qu'il est écrit dans Livre Hebdo dans un article consacré à la maison nantaise, le numérique à l'Atalante, c'est pour 2012... (l'année de la fin du monde prévue par les mayas... hasard ou coïncidence ?) Plus sérieusement, PPS (je reprends le raccourci de Guinea) faisait référence à l'autoédition numérique dans son message. Je pense que s'il y a un métier dont le livre ne pourra jamais se passer, c'est bien celui de l'éditeur dans son sens le plus pur : celui qui accomplit le travail éditorial sur le texte. Je ne pense pas qu'on peut sérieusement balancer un texte en numérique à vil prix sur le réseau et se prétendre écrivain. Donc le "nettement plus bas" ne pourra être que relatif puisque le travail d'édition doit être rémunéré. Vient ensuite la rémunération des auteurs dont on dit qu'elle doit augmenter sur un support numérique attendu son coût de production réduit. Or qui dit une meilleure rémunération de l'auteur, dit coût qui grimpe en fonction du pourcentage des droits qui lui est accordé.
Vient ensuite le choix du modèle (ou des modèles) économiques adoptés, ainsi que l'a évoqué Lisbeï. Doit-on vendre le livre papier avec en prime une copie numérique ? À l'instar des digipacks où l'on achète un DVD qui contient une clé pour un téléchargement gratuit du film en version numérique. Le livre numérique est-il une première publication d'une œuvre ? Accompagne-t-il ou remplace-t-il une exploitation en format poche ?
Quelles plateformes privilégier ? Kindle ? Oyo ? Fnacbook ? Reader Sony ? iPad ? iPhone/iPod touch ? Les logiciels de lecture sous Androïd ? Une ou plusieurs des vingt tablettes à venir dans les six prochains mois ?
Quels réseaux de distribution ?
Enfin, la question de la TVA sur le livre numérique suscite encore des remous et la TVA a un impact direct sur le prix du livre.
Bref, les questions ne manquent pas, mais c'est vrai qu'il ne faut pas rater cette évolution du livre, même si je ne pense pas que le livre papier est voué à disparaître.

Quant aux problèmes environnementaux évoqués un peu plus haut, je rappelle que la fabrication des tablettes et liseuses génère de la pollution et que nous ne disposons pas de suffisamment de recul pour connaître leur taux de recyclage ainsi que de la pollution engendrée par le processus. Pour moi l'argument écolo ne tient pas, d'autant que de plus de livres sont imprimés sur du papier issu de l'exploitation raisonnée des forêts (mais cet avis n'engage que moi).

Si vous voulez rire un peu, je vous suggère de visiter certains sites d'éditeurs qui proposent leurs œuvres numériques 10% plus cher que la version papier...

Nicolas
02/11/2011, 23h39
Ensuite, parce que même sans être très matheux, on sait tous additionner et surtout soustraire : le prix de l'impression, le prix du transport, les marges des distributeurs, etc.
J'aurais tendance à me méfier des calculs faits par « on » :D Comme le dit PPS, on sur-estime souvent la part de la fabrication dans le prix du livre (j'avais lu entre 16 et 20 % seulement pour la fabrication, alors que certains demandent au minimum 50 % de moins pour être satisfaits), et on aura tendance à facilement oublié qu'un serveur, il ne fonctionne pas à base d'amour et d'eau fraiche, mais d'électricité et de bande-passante.

Ce qui est dommage, c'est que les professionnels de l'édition ne me paraissent pas communiquer assez de leur côté pour expliquer que par exemple, convertir un livre au numérique, ça fait dépenser ça en moins et ça en plus et qu'au final, ça permet de conduire une réduction de tant par rapport au papier.

Dans le même temps, vu le climat actuel en France, c'est super chaud de communiquer sans voir ses propos complètement déformés (certains sites sont des spécialistes de la lecture sélective et de la négation de la réalité...).

Dans tous les cas, pour ma part, j'attend avec impatience de voir ce que proposera l'Atalante, avec une préférence pour un modèle qui permettrait d'acheter les deux en même temps (genre le bouquin papier + 10% de son prix pour avoir la version numérique, sans DRM s'il vous plait, que je puisse les lire aussi facilement avec mon iPad, mon ordinateur ou mes liseuses :)).

Quand à la version Mary Poppins de ce que j'attend, hé, c'est un moyen d'avoir une copie numérique de tous les livres que je possède déjà dans ma bibliothèque 0: )

Ned > pour l'environnement, j'avais lu une étude (enfin, le résumé accessible sans payer plusieurs milliers d'euros à son auteur :o) qui montrait qu'une liseuse, c'était plus écologique à partir d'un certain nombre de livres lus chaque année. Mais en commentaire de l'actualité que j'avais écrite à ce sujet, quelqu'un m'avait signalé avoir lu une étude allant dans l'autre sens, sans, malheureusement, me fournir un lien vers celle-ci :(

Pour la TVA, je n'ai suivi que de très loin, mais, il n'y a pas eu une loi qui est passé pour justement redonner la main aux éditeurs et soumettre le livre électronique à la même TVA que le livre papier ?

Pink Pig Skin
03/11/2011, 06h46
Salutations matinales !

En ce qui concerne le côté "écolo" de l'e-book, je ne conteste pas que la fabrication de la liseuse à un coût, mais les avantages environnementaux d'une liseuse me semblent difficilement contestables :
- La production du papier consomme de l'énergie (énormément). L'exploitation raisonnée des forets ne suppose pas que les arbres soient abattus à la machette et transportés par des chevaux jusqu'à l'usine de pâte à papier.
- une liseuse peut contenir plusieurs milliers de livres. Elle pèse beaucoup moins lourd qu'un livre, même si ses différents éléments sont plus couteux à produire que du papier, ils ne sont produits qu'une fois. Et sa consommation électrique est quasi nulle, plus faible qu'une ampoule.
- Les "métaux rares" d'une liseuse sont parfaitement recyclables.
- Le point le plus important, c'est la logistique, le transport. (transport du bois à l'usine de papier / transport du papier chez l'imprimeur / transport du livre chez le grossiste / transport du livre chez le détaillant / transport du livre chez le client final). L'e-book est transporté numériquement de chez l'auteur jusqu'au lecteur. Ce n'est pas comparable.
Les infos qui circulent à ce sujet depuis 2010 (1 liseuse = 250 livres, largement diffusé par beaucoup de sites internet) ne tiennent pas compte de la logistique, c'est de l'intox diffusée par les éditeurs (pour le positionnement prix) et du lobbying des imprimeurs et des producteurs de papier (on peut les comprendre, ils essaient de se raccrocher aux branches, c'est humain). J'ai même trouvé un article qui vous explique le plus sérieusement du monde que le livre électronique est plus cher à produire que le papier : http://www.pcinpact.com/news/49927-livre-electronique-coute-autant-papier.htm
C'est bien entendu du flan, aujourd'hui personne n'est là pour défendre l'industrie de l'e-book (à part peut être amazon) : c'est normal, elle n'existe pas, et elle ne procurera jamais autant de revenus et d'emplois que les industries traditionnelles du livre.

Effectivement, la TVA de l'e-book sera alignée sur celle du livre dès le 1er Janvier 2012.
http://pme.service-public.fr/actualites/breves/taux-reduit-tva-etendu-au-livre-numerique-2012.html
La loi Lang a aussi adaptée à ce format (prix unique de vente).
http://www.vie-publique.fr/actualite/panorama/texte-vote/loi-du-26-mai-2011-relative-au-prix-du-livre-numerique.html#
La copie numérique de tous les livres de sa bibliothèque, c'est un rêve qui sera forcément couteux. :-)

Pour ce qui est de la disparition du livre à long terme, je prends exemple sur ce qui se produit aujourd'hui au niveau de la presse papier : un transfert des lecteurs inexorable vers les formats numériques. (et les liseuses sont adaptées aussi aux lectures de journaux)

Ned
03/11/2011, 07h38
Salutations matinales !

En préambule, entendons-nous bien. Je possède une liseuse, j'en suis très content et les livres numériques et papier cohabitent dans ma bibliothèque. Je pense que le livre numérique est une évolution positive, mais pas à n'importe quel prix (dans tous les sens du terme d'ailleurs).

Pour répondre rapidement.
@PPS : ma réponse sur l'argument écolo visait à souligner que s'il est aisé de mesure la pollution d'un camion d'un transporteur qui livre un libraire ou encore qui charrie les troncs d'arbre, la pollution grise engendrée par la fabrication et le recyclage des tablettes (les matériaux rares sont recyclables, oui, mais à quel prix ? Avec quel niveau de pollution ?), l'impact sur l'environnement des salles blanches etc. Pour télécharger un livre, il faut être équipé, or, je connais des gens qui font le choix de ne pas avoir d'ordinateur (ni de télé) chez eux... même si le tout numérique n'est pas pour demain, je pense qu'il ne faut pas négliger cet aspect des choses.

La TVA devrait en effet être la même, mais des voix s'élèvent encore et toujours contre. Donc tant que ce n'est pas adopté, ne présageons de rien, d'autant que l'union européenne peut décider d'y mettre son grain de sel. Cela me rappelle que la Grande Bretagne, où la TVA sur le livre papier est de 0%, avait envisagé de taxer le livre numérique à 20%.

Quant au prix, comme le disait très justement Nicolas, il ne suffit pas de faire des soustractions, il faut aussi faire des additions. L'espace de stockage serveur se paie, la bande passante se paie, la maintenance des serveurs se paie, leur sécurisation également (coûts dérisoires, me direz vous, mais coûts réels). La numérisation des fichiers se paie elle aussi ; dans ce domaine, les coûts, dans l'hypothèse d'une externalisation du processus, vont du simple au quintuple (et je pense que je suis gentil). Un autre coût vient s'ajouter à tout ça, le prix de l'installation des DRM, mais à ce chapitre les éditions l'Atalante ne seront pas pénalisés car il me semble qu'il n'est pas prévu que leurs livres en comportent.

Pour finir, compte tenu que le passage au format numérique est l'un des chantiers 2012 de l'Atanlante, je pense que nous aurons des informations officielles courant janvier.

Guinea pig
03/11/2011, 08h35
Ce qui est dommage, c'est que les professionnels de l'édition ne me paraissent pas communiquer assez de leur côté pour expliquer que par exemple, convertir un livre au numérique, ça fait dépenser ça en moins et ça en plus et qu'au final, ça permet de conduire une réduction de tant par rapport au papier.
(...)
Quand à la version Mary Poppins de ce que j'attend, hé, c'est un moyen d'avoir une copie numérique de tous les livres que je possède déjà dans ma bibliothèque 0: )


Bonjour à tous les lève-tôt (couche-tard ?)

Je tiens à honorer le bon sens de Nicolas, et le remercier de sa bonté à rebondir sur mes propos volontairement simplistes et simplificateurs : on aimerait savoir et comprendre.
Ce qui est pénible c'est l'impression d'être pris au mieux pour des incompétents qui n'ont pas à se mêler de ce qu'ils ne comprennent pas (puisque l'édition n'est pas leur job) ou au pire pour des vaches à lait.
Comme dit Ned, on se fait des idées abracadabrantes sur la rentabilité de certaines activités, occultant, faute de connaissances, certains coûts (bon quand même, à la louche, je crois qu'un livre numérique devrait pouvoir être présenté au 2/3 du prix du livre papier, non ?).

En revanche je ne vois pas trop l'amalgame entre livre numérique et auto-édition. Le problème de l'auto-édition, d'un point de vue pratique, est la distribution, la mise en avant et, virtuel ou physique, un livre auto-édité est voué à une existence au mieux éminemment discrète !
On pourrait toutefois exiger des auteurs auto-édités d'indiquer clairement leur statut, que les lecteurs sachent ainsi que le texte qu'il s'apprêtent à acheter puis à lire n'a pas reçu l'aval, les conseils et les corrections d'un professionnel.

Mon Mary Poppins à moi serait que des éditeurs aient la bonne idée de profiter de l'essor du numérique pour remettre en avant des auteurs qui ont eu leur heure de gloire (et ô combien justifiée) il y a 30 ou 50 ans, avant de sombrer, hélas, dans l'oubli. J'en ai de nombreux dans mes bibliothèques qui feraient certainement le bonheur de lecteurs recherchant à se distraire avec des lectures de qualité littéraire irréprochable.

Spyro1
03/11/2011, 08h49
Je suis totalement en accord avec Lisbeï...

L'année dernière, ma boite nous avait donné tout le manuel d'exploitation (7 gros classeurs..) en format numérique, je suis repassé de mon propre choix a la version papier cette année ayant le plus grand mal à travailler en version numérique, alors certes les possesseurs d'Ipad en ont été ravis, forcément, un Ipad ca pèse moins qu'une doc technique et en plus on peut y mettre des jeux et des films....

Mais pour l'instant, je ne suis pas prêt à passer au numérique....

Par contre la possibilité offerte d'avoir la version numérique en Pdf, en plus de la version papier pour un "léger" cout supplémentaire, me séduit assez....D'autant qu'avec l'augmentation de l'offre numérique vont surement fleurir des logiciels gratuits permettant de modifier les formats pour les adapter aux liseuses....

Aphraël
03/11/2011, 11h37
Personnellement, je comprends les débats actuels, mais ne suis pas encore prête au passage en liseuse. (Déjà, vu le prix des liseuses !)

Il n'y a qu'une application qui m'aurait nettement facilité la vie et mon dos à l'époque : les livres scolaires qu'on devait porter au collège et lycée, j'aurais adoré les avoir en format liseuse ne serait-ce qu'en cours...

Sinon, pour les politiques éditoriales et les questions techniques liées à ce sujet, j'avais apprécié de lire l'avis de Bragelonne à ce sujet. (http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr/post/2/5838)

Pink Pig Skin
03/11/2011, 19h46
Mais il y a un siècle, le maréchal ferrant de ma commune était intimement persuadé que l'automobile ne supplanterait jamais le cheval.
Aujourd'hui il reste trois chevaux dans ma commune, sans commune mesure avec le nombre de l'époque. Le maréchal ferrant de ma commune est au chômage (il lui reste 76 années de cotisation avant de pouvoir prétendre à une retraite au taux plein). Et pourtant les gens y étaient attachés, à leurs chevaux.
Il restera toujours des amateurs pour entretenir un pur sang ou un percheron, mais cela ne relève plus que da la passion pour l'animal ou le sport associé. Les dits amateurs transportent d'ailleurs leurs chevaux avec des voitures...
La voiture, c'est plus pratique : ça va plus vite, il n'y a pas de crottin à ramasser dans le garage, et on est pas obligé de lui donner à boire lorsque on en a pas besoin.

Le livre papier n'est il pas le cheval d'hier ?

Lisbeï
04/11/2011, 08h16
Mouais... Cela dit, en grande et vieille lectrice de post-ap' que je suis (et je peux notamment, en l'occurrence, penser à Malevil, de R. Merle), je me demande combien il y aura de chevaux demain ou après-demain :-s.... Le livre papier ne tombe pas en panne et n'a pas besoin de courant pour être lu et relu.

Aphraël
04/11/2011, 10h40
Mouais... Cela dit, en grande et vieille lectrice de post-ap' que je suis (et je peux notamment, en l'occurrence, penser à Malevil, de R. Merle), je me demande combien il y aura de chevaux demain ou après-demain :-s.... Le livre papier ne tombe pas en panne et n'a pas besoin de courant pour être lu et relu.
Il n'a pas non plus besoin d'être nourri. ;) Et se prête facilement.

De plus, je me méfie beaucoup des "formats" des fichiers numériques. Si ça évolue comme pour la vidéo, qui de la VHS passe au DVD, puis au Blu ray etc... Ca ne me tente absolument pas d'être la bonne poire.

Guinea pig
04/11/2011, 10h40
Bien que grande adepte des métaphores et comparaisons en tout genre, je crois que celle livre-cheval est très outrée ! :eek:
Bon, de toute façon, on peut penser que les changements, de quelque nature qu'ils seront, se feront en douceur (pour les lecteurs, pour les professionnels le ressenti et le travail à fournir seront forcément bien différents).
Et si les chevaux ont disparu, ou presque, ce n'est pas par manque d'intérêt ou d'attachement, mais surtout parce que c'est à la fois très difficile d'un point de vue pratique et très coûteux d'avoir un cheval à soi, dès lors qu'il n'est plus utilitaire.
Toujours pas convaincu, PPS ?
Un livre n'a pas besoin d'un box, de granulés, de litière fraîche, de soins, d'attention, de carottes, d'exercice, de prairies, de chemins ou de carrière. Un livre n'a même pas besoin d'attention, il peut se faire oublier des années dans un carton, au fond d'une étagère, ou même enterré au fond du jardin ! Un livre est petit, peu cher, discret et toujours là quand on a besoin de lui.
Et le livre est presque aussi affectueux qu'un cheval et, à moins d'être particulièrement maladroit ou très distrait, ne risque pas de vous envoyez valdinguer un peu plus loin !
Le livre n'est pas mort, voire même il nous enterrera tous :D

Aphraël
04/11/2011, 10h41
Il tient même chaud dans des situations post-apo ou de grande pauvreté...

Pink Pig Skin
04/11/2011, 18h12
Tous vos arguments sont parfaitement recevables, je vous donne rendez vous dans 25 ans, même lieu, même heure pour faire le point sur le sujet. :p

Un argument incontrable, tout de même : je viens de déménager une bibliothèque de quelques milliers de titres, et je peux vous assurer que j'aurais déménagé plus vite et plus facilement une liseuse pleine à craquer contenant 5000 titres. :)
Et il est plus rapide de dépoussièrer un kindle qu'une bibliothèque et les livres qu'elle contient. :)

Lisbeï
04/11/2011, 19h03
Oh, celui-là, je te l'accorde volontiers : à seulement penser à la mise en cartons de mes bouquins (et au déplacement d'iceux) pour la réfection du salon, j'ai les cheveux qui blanchissent...

Stephy
28/12/2011, 05h26
Je ne lis plus que sur liseuse pour plein de raisons... je veux lire des livres dispo chez l'atlante... Ben j'ai chercher partout en ebook "legal" avant de tomber ici et lire ce tissu de conneries...

Et bien soyons réalistes... je vais les prendre en pirate, vu que de toute facon ceux que je voulais lire sont dispo, et de très belle facture en plus... par contre ne venez pas pleurer après que les gens piratent, c'est un peu comme si vous disiez "nos livres ne sont dispo que en achat au siège social, les 4emes mardis du mois, et paiement uniquement avec un chèque et 4 pièces d'identité"... Bragelonne ont sur comme d'autre prendre le virage (technique et tarifaire), par contre je pense que vous l'avez complètement raté et que le piratage sur vos collections va etre important faute d'offre légale... MAIS C'EST VOTRE CHOIX, PAS CELUI DES PIRATES QUI POUR LA PLUPART AURONT ETE CONTRAINT DE SE METTRE HORS LA LOI DE PART VOTRE POLITIQUE COMMERCIALE :)

PS: et evidemment avec des formats au gout du jour a savoir de l'epub et non du PDF... quand au choix de la plateforme c'est de la branlette intellectuelle, vu que l'epub se convertit PARFAITEMENT en un clic en MOBI pour kindle et qu'apple l'accepte en format entrant... donc tout cela n'est qu'un tissus de fausses excuses... typique de dinausores qui vont plus tard pleurer que leur business s'effondre alors qu'en réalité c'est leur faute si leur boite se meurt...

Pink Pig Skin
28/12/2011, 09h38
Pour cette intervention aimable, pleine de bon sens et de courtoisie.
Puisque nous en sommes dans l'annonce des délits que nous avons prévu de commettre, je signale aux employés de la Caisse d'Epargne de Villetaneuse que je viendrai procéder à un hold up le mardi 7 Février entre 9h30 et 10h00.

D'ici là, bonnes fêtes quand même.

Guinea pig
28/12/2011, 12h16
N'oublie pas ta cagoule, il y aura un p'tit coup de froid à Villetaneuse le mardi 7 Février entre 9h30 et 10h00. Et ta jambe de bois et ton bandeau sur l'oeil, pour faire vraiment pirate.

Bonne fin d'année, profitez-en, il n'en reste plus beaucoup !

Stephy
28/12/2011, 13h33
Soyons clairs... je vais pirater parce qu'on m'y oblige et que je n'ai pas d'autre choix... j'ai vraiment l'impression de revivre le suicide des maisons de disque il y a quelques années...

Le pire est que weber (par exemple vu qu'il s'agit de lui) est un auteur dispo en ebook en anglais donc ce n'est pas lui qui bloque mais bien l'atlante... je trouve ca d'un stupide... donc n'ayant pas le choix je vais me rabattre sur les versions pirates ebook que l'on trouve facilement sur le web, et surement acheter quelques exemplaires en anglais pour ma bonne conscience... juste que ca m'ennerve tellement de le faire que je voulais piquer une gueulante avant :mad:

bibifoc
28/12/2011, 14h25
Bonjour Stephy,

Je conçois qu'il est frustrant de ne pas trouver légalement certains livres en format électronique. Ca m'énerve aussi. Si vous êtes un(e) très grand(e) voyageur(euse) et/ou si vous n'avez qu'un appartement minuscule et/ou ou si vous avez des problèmes moteurs aux bras, je comprends cette nécessité impérieuse de livres en format électronique (*).

Sinon (et encore, les deux premières raisons ne le justifient pas entièrement) je ne vois pas pourquoi on ne peut pas acheter quelques livres "physiques" par an :confused:. Je ne parle pas du prix, çà se vaut approximativement. Dire "je pirate parce que je n'ai pas d'autre choix" me paraît un gros raccourci intellectuel.

Concéder que "trouver" par "hasard" sur le Net une version gratuite d'un livre électronique immédiatement disponible va nuir aux parts de marché des maisons d'éditions me semble plus juste.

Mais je partage votre conclusion. Je trouve dommage qu'une maison d'édition, publiant de la SF qui plus est, ne fasse pas ce pari sur l'avenir (pari limité, on connait la situation de l'édition aux USA!).

(*) qui peut être résolue le plus souvent en achetant la VO.

Stephy
28/12/2011, 14h32
Bonjour Stephy,
Sinon (et encore, les deux premières raisons ne le justifient pas entièrement) je ne vois pas pourquoi on ne peut pas acheter quelques livres "physiques" par an :confused:. Je ne parle pas du prix, çà se vaut approximativement. Dire "je pirate parce que je n'ai pas d'autre choix" me paraît un gros raccourci intellectuel.


J'achete un gros paquet d'ebooks :) (70% achetés, 10% piratés par facilité (pb de drm qui me soualent) et le reste piraté par manque d'offre légale, sachant qu'une fois sur deux en piratant pour cette raison j'achete aux US meme si je ne lis pas l'anglais, par principe)...

Apres c'est le choix de l'atlante de nous dire: "vous le voulez en ebook piratez le" je voulais juste leur dire que ce n'etait pas MON choix mais LEUR choix... je le fait pour les maisons d'édition dont je doit trouver les livres en pirate faute de dispo...

Guinea pig
28/12/2011, 14h56
J'ai dû rater quelque chose... :confused:
L'Atalante a-t-elle (je la mets au féminin, hein :rolleyes:) affirmé qu'elle ne proposerait jamais aucun e-book ?
J'avais compris qu'il fallait seulement patienter un peu pour que ça s'organise, que les textes aient le temps d'être préparés pour la vente, etc.
En ce qui me concerne, je voyage peu et pas léger, j'ai plein de place, je peux lire en anglais, je n'imagine pas ne plus avoir plein de livres autour de moi - donc je continuerai à acheter plein de livres, quoi qu'il arrive. Mais aussi des e-books, parce que je suis boulimique et que mon kindle tout neuf me plait beaucoup, j'aime beaucoup lire avec lui ! :D
Je fais partie des gens en faveur d'acheter la version papier avec, pour un petit supplément, la version numérique en sus. Et dans mon entourage, c'est une idée très en faveur auprès des gros lecteurs, en particulier ceux qui ont (ou se donnent !) les moyens d'acheter/stocker énormément de livres (quitte à se retrouver dans l'impossibilité humaine de les lire tous - mais non je ne vise personne, voyons...)

bibifoc
28/12/2011, 16h04
J'ai dû rater quelque chose... :confused:
L'Atalante a-t-elle (je la mets au féminin, hein :rolleyes:) affirmé qu'elle ne proposerait jamais aucun e-book ?
J'avais compris qu'il fallait seulement patienter un peu pour que ça s'organise, que les textes aient le temps d'être préparés pour la vente, etc.

Désolée, j'ai dû mal comprendre, je n'avais rien vu à ce sujet dans ce thread ^^. Si elle est simplement un peu en retard c'est plus compréhensible :) De toute manière il semble clair au moins pour la prochaine décennie que les deux types de supports cohabiteront. Charmante image petit cochon d'Inde, c'est quoi?

Ned
28/12/2011, 16h54
Soyons clairs... je vais pirater parce qu'on m'y oblige et que je n'ai pas d'autre choix... j'ai vraiment l'impression de revivre le suicide des maisons de disque il y a quelques années...

Le pire est que weber (par exemple vu qu'il s'agit de lui) est un auteur dispo en ebook en anglais donc ce n'est pas lui qui bloque mais bien l'atlante... je trouve ca d'un stupide... donc n'ayant pas le choix je vais me rabattre sur les versions pirates ebook que l'on trouve facilement sur le web, et surement acheter quelques exemplaires en anglais pour ma bonne conscience... juste que ca m'ennerve tellement de le faire que je voulais piquer une gueulante avant :mad:

Sauf erreur de ma part, il n'a été dit nulle part que Weber ne sortirait pas en ebook chez l'Atalante. Il fait même partie des premiers auteurs étrangers numérisés, si vous voulez tout savoir. Ses livres seront numériquement disponibles dès le lancement de l'offre numérique de l'Atalante courant 2012, pour ce que j'en sais. Cela dit, chacun est libre de justifier ses actes comme il l'entend, si votre interprétation du délai de numérisation est que c'est une incitation au piratage, elle n'engage que vous.
De mon point de vue, votre emportement est positif en ce qu'il montre à quel point le catalogue de la maison est apprécié et je vous promets de remonter l'information à qui de droit.

Guinea pig
28/12/2011, 17h45
Ah merci, Ned, je me demandais si je devenais gâteuse...
Déjà que je mets des hérissons spatiaux à la place de cochons d'inde (enfin, je suppute qu'il s'agit d'un hérisson ; si, là, la forme dorée au milieu un peu en hauteur ?). J'ai trouvé cette image sur le site d'un(e) japonais(e), Jun Kumaori. Le japonais étant une langue que je ne maîtrise pas bien (du tout) je n'ai aucune idée de la nature de cet être qui revient régulièrement dans les oeuvres de l'artiste - à qui je rendrai hommage ici-même sous cet avatar dès que l'Erreur Fatale se lassera ! :rolleyes:
(fin de la digression, veuillez ne pas le retenir contre le bébé phoque et moi-même)

Stephy
28/12/2011, 18h54
Sauf erreur de ma part, il n'a été dit nulle part que Weber ne sortirait pas en ebook chez l'Atalante. Il fait même partie des premiers auteurs étrangers numérisés, si vous voulez tout savoir. Ses livres seront numériquement disponibles dès le lancement de l'offre numérique de l'Atalante courant 2012, pour ce que j'en sais. Cela dit, chacun est libre de justifier ses actes comme il l'entend, si votre interprétation du délai de numérisation est que c'est une incitation au piratage, elle n'engage que vous.
De mon point de vue, votre emportement est positif en ce qu'il montre à quel point le catalogue de la maison est apprécié et je vous promets de remonter l'information à qui de droit.

Je ne dit pas que je les piraterais tous... mais la je voulais lire les sanctuaires et je les ais trouvés en pirate, j'en paierais donc un des deux aux US... maintenant a l'atlante de changer sa politique "rapidement" c'est le but de mon post, pas de pirater mais d'avoir une offre légale chez l'atlante :)

PS: le 'l'année prochaine' on sait tous ce que ca vaut... comment avoir raté le virage au point d'etre tellement en retard ? surtout une petite boite donc 'réactive' en théorie...

Nicolas
28/12/2011, 19h00
Je ne dit pas que je les piraterais tous... mais la je voulais lire les sanctuaires et je les ais trouvés en pirate, j'en paierais donc un des deux aux US...
La chute qui tue quand même. Toute une diatribe pour finir par citer l'une des oeuvres de David Weber qui n'est pas publiée en France par l'Atalante (c'est Bragelonne qui s'en charge).

Sinon, tu pirates parce que tu le décides, c'est une constante chez de nombreuses personnes qui le font que de chercher à s'exonérer de leur responsabilité en la faisant porter par d'autres. Sans préjuger de tes décisions futures, même un éditeur qui a une offre numérique attrayante et bien conçue comme Bragelonne se retrouve piraté, sans doute parce qu'au final, payer plus que rien, c'est devenu trop cher :(

Et, si tu veux être juste, ce n'est déjà pas un livre sur deux que tu devrais acheter, mais les deux et, tu devrais le faire dans une version française histoire que le travail de traduction soit rémunéré lui aussi. C'est pour le moment ma méthode grise quand je n'arrive pas à trouver une version légale sans DRM d'un livre qui m'intéresse (vu qu'au final, même si ça ne rend pas légal ma possession de la version numérique, il y a quand même une rémunération du travail d'écriture, d'édition ou de traduction, fonction de l'oeuvre, via l'achat de la version papier, dépourvue de DRM, de restrictions géographiques qui m'empêchent de dépenser mon argent honnêtement gagné - je passe le 6 à Villetaneuse, donc je ne sais pas s’il y aura encore beaucoup dans les caisses Pink Pig Skin :o).

Dernier élément, le format et les plateformes supportés, c'est au contraire d'une toute première importance : le livre numérique reste un livre et de nombreux lecteurs n'ont pas ni l'envie, ni les connaissances pour passer leur temps à fouiner pour faire fonctionner leurs livres numériques. Un livre, ça s'achète, ça se lit et basta. Surtout qu'au final, ceux qui en prennent plein les dents, c'est les personnes qui s'occupent du service client des libraires en ligne, rarement le service client des éditeurs (une amie qui travaille pour l'un d'entres eux finira un jour dans la rubrique Faits divers si elle croise les rigolos qui collent des DRM sur les livres...).

Sans compter que Calibre n'est pas exempt de défauts et que c'est super lourd de convertir toute sa bibliothèque d'un format à l'autre. J'ai du le faire en partie quand j'ai testé le Kindle 4, plus jamais.

Le K
28/12/2011, 22h01
Je ne dit pas que je les piraterais tous... mais la je voulais lire les sanctuaires et je les ais trouvés en pirate, j'en paierais donc un des deux aux US... maintenant a l'atlante de changer sa politique "rapidement" c'est le but de mon post, pas de pirater mais d'avoir une offre légale chez l'atlante :)

PS: le 'l'année prochaine' on sait tous ce que ca vaut... comment avoir raté le virage au point d'etre tellement en retard ? surtout une petite boite donc 'réactive' en théorie...

Bonjour mon cher Stephy, sachez que je regrette l'état d'addiction avancé dans lequel vous ont mis les livres de L'Atalante, sachez cependant que nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là :p
Il y a cependant quelques explications simples au retard de l'Atalante, la plus fondamentale tient au rapport physique au livre physique :).
Même si ce n'est pas mon cas personnel, je sais qu'en particulier le fondateur de l'Atalante est particulièrement attaché à l'objet livre, d'où la réputation de qualité du papier, de lisibilité et d'élégante mise en page de nos "produits de la ferme".
Cette tradition remonte à plusieurs siècles et constitue une forme (modeste) d'art.
Alors vous imaginez comment peuvent être reçu les brillants informaticiens et leurs formats "standards" qui détruisent toutes vos belles mises en page, n'acceptent pas les lettrines ni les divers enrichissements qui agrémentent souvent les pratchett. Pire, ces formats, c'est même leur rôle, réarrangent en permanence la disposition du texte en fonction de la position de votre e-lecteur, votre zoom ou tout autre caprice électronique !
Ça me rappelle le désappointement des ingénieurs présentant leur création musicale (le premier CD) aux amateurs de musique classique et recevant une volée de bois vert : en effet la chaîne électronique hi-fi complète était de qualité inférieure aux systèmes analogiques de qualité existant. Mais le CD améliorait la qualité des systèmes low-cost et se révéla incontournable, c'est pareil pour l'e-book : il est indispensable mais on n'est pas forcé d'aimer les conséquences sur le métier.

Dernière raison, plus anecdotique mais non moins vitale, l'Atalante vient de changer de distributeur cette année, une opération délicate qui avait le potentiel, en cas de graves ratés, de couler la boîte : toutes les forces ont donc été tournées vers ce chantier.
Voila, j'espère que nous aurons su répondre à vos questions.

taro_d_zbel
28/12/2011, 23h07
Il y a cependant quelques explications simples au retard de l'Atalante, la plus fondamentale tient au rapport physique au livre physique :).
Même si ce n'est pas mon cas personnel, je sais qu'en particulier le fondateur de l'Atalante est particulièrement attaché à l'objet livre, d'où la réputation de qualité du papier, de lisibilité et d'élégante mise en page de nos "produits de la ferme".
Cette tradition remonte à plusieurs siècles et constitue une forme (modeste) d'art.


Fasse le dieu des presses à papier que cette méthode ancestrale perdure encore et toujours :)

Stephy
29/12/2011, 03h39
La chute qui tue quand même. Toute une diatribe pour finir par citer l'une des oeuvres de David Weber qui n'est pas publiée en France par l'Atalante (c'est Bragelonne qui s'en charge).

Quand on raconte de telles erreurs en premier paragraphe quel poids donner au reste de ta prose?
Je te renvoie sur la page de l'atlante http://www.l-atalante.com/

Stephy
29/12/2011, 03h49
Bonjour mon cher Stephy, sachez que je regrette l'état d'addiction avancé dans lequel vous ont mis les livres de L'Atalante, sachez cependant que nous n'avons pas l'intention de nous arrêter là :p
Il y a cependant quelques explications simples au retard de l'Atalante, la plus fondamentale tient au rapport physique au livre physique :).
Même si ce n'est pas mon cas personnel, je sais qu'en particulier le fondateur de l'Atalante est particulièrement attaché à l'objet livre, d'où la réputation de qualité du papier, de lisibilité et d'élégante mise en page de nos "produits de la ferme".
Cette tradition remonte à plusieurs siècles et constitue une forme (modeste) d'art.
Alors vous imaginez comment peuvent être reçu les brillants informaticiens et leurs formats "standards" qui détruisent toutes vos belles mises en page, n'acceptent pas les lettrines ni les divers enrichissements qui agrémentent souvent les pratchett. Pire, ces formats, c'est même leur rôle, réarrangent en permanence la disposition du texte en fonction de la position de votre e-lecteur, votre zoom ou tout autre caprice électronique !
Ça me rappelle le désappointement des ingénieurs présentant leur création musicale (le premier CD) aux amateurs de musique classique et recevant une volée de bois vert : en effet la chaîne électronique hi-fi complète était de qualité inférieure aux systèmes analogiques de qualité existant. Mais le CD améliorait la qualité des systèmes low-cost et se révéla incontournable, c'est pareil pour l'e-book : il est indispensable mais on n'est pas forcé d'aimer les conséquences sur le métier.

Dernière raison, plus anecdotique mais non moins vitale, l'Atalante vient de changer de distributeur cette année, une opération délicate qui avait le potentiel, en cas de graves ratés, de couler la boîte : toutes les forces ont donc été tournées vers ce chantier.
Voila, j'espère que nous aurons su répondre à vos questions.

Merci de vos explications... maintenant j'espère que vous ne raterez pas ce virage... surtout que vos "concurents directs" l'ont pris de manière magistrale avec un pricing pour le moins "adapté" (enfin cohérent avec ce qui ce fait aux US)...

Quand a l'objet livre je n'y tiens pas plus que ca (et j'estime que c'est mon droit), et je croit plus au "message" d'un livre quaa sa forme (un des grands progrès du livre ayant pour moi été sa démocratisation par la poche)... de plus n'ayant pas de "chez moi fixe" pour X raisons professionnelles, je ne peut stocker de livres, mais je tiens quand même à lire et l'ebook m'a pour cela ramenée a la lecture... Quand a vos arguments techniques ils tiennent pour les 5% qui s'attardent sur l'oeuvre "d'art livre" pas pour ceux qui s'interressent avant tout au "fond" du livre...

Je continuerais donc malheureusement a pirater (et a acheter des versions US pour "stocker") meme si comme cela a été dit le traducteur n'est pas payé (sorry pour lui)... mais des que vous aurez des versions ebooks je me ferais un plaisir d'acheter vos livres (sous quelques réserves... dispo en epub, et sans DRM... j'estime avoir le droit de changer de plateforme de lecture a ma convenance...)

Merci de votre réponse en tout cas... meme si elle est pleine de méconaissance de l'ebook (il suffit de 10 à 15 minutes -allez une heure au pire- pour transformer un Word en ebook de qualité, et aujourd'hui 2 plateformes -amazon & immatériel- permettent d'innonder 90% du marché francais... donc vos arguments tiennent assez mal la route...)

En esperant bientot trouver vos livres sur les plateformes légales plutot que sur celles des pirates ou ils pullulent... (et parfois d'excellente qualité qui plus est!!!)

Ned
29/12/2011, 10h14
Quand on raconte de telles erreurs en premier paragraphe quel poids donner au reste de ta prose?

Je ne vois pas à quelles erreurs vous faites référence...
Ci-joint un lien vers la page wiki très à jours sur les publications de Weber et ses traductions dans la langue de Voltaire : http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Weber

Stephy
29/12/2011, 16h32
Je ne vois pas à quelles erreurs vous faites référence...
Ci-joint un lien vers la page wiki très à jours sur les publications de Weber et ses traductions dans la langue de Voltaire : http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Weber
Oui oui... disponibles chez l'atlante (et non bragelone)... purée mais c'est un ophtalmo qu'il faut que tu ailles voir :)

Le K
29/12/2011, 17h49
mais la je voulais lire les sanctuaires et je les ais trouvés en pirate, j'en paierais donc un des deux aux US... maintenant a l'atlante de changer sa politique "rapidement" c'est le but de mon post, pas de pirater mais d'avoir une offre légale chez l'atlante :)

extrait wikipedia, mais peut-être s'agit-il d'un autre sanctuaire ? :

Série Sanctuaire[modifier (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=David_Weber&action=edit&section=9)]



Cap sur l'Armageddon ((en) Off Armageddon Reef), 2007 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2007_en_litt%C3%A9rature), Bragelonne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bragelonne), édition française 2010 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2010_en_litt%C3%A9rature)
L'Alliance des hérétiques ((en) By Schism Rent Asunder), 2008 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2008_en_litt%C3%A9rature), Bragelonne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bragelonne), édition française 2011 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2011_en_litt%C3%A9rature)
À armes inégales ((en) By Heresies Distressed), 2009 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2009_en_litt%C3%A9rature), Bragelonne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bragelonne), édition française 2012 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2012_en_litt%C3%A9rature) À paraître en février (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9vrier) 2012 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2012_en_litt%C3%A9rature)
(en) A Mighty Fortress, 2010 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2010_en_litt%C3%A9rature)

Spyro1
30/12/2011, 11h15
@Le K:
Je ne vois pas pourquoi tu t’évertues à essayer de lui répondre....
il est clair que stephy est de mauvaise foi en ce qui concerne cette série, et d’ailleurs aussi en ce qui concerne le piratage.....

Je rejoins Nicolas en ce qui concerne l’explication, il trouvera toujours une «*bonne raison*» pour pirater des livrs, cds, dvds, blu ray, etc... pour la simple raison que ça coute quelque chose.....


meme si comme cela a été dit le traducteur n'est pas payé (sorry pour lui)...
Imagine que quelqu’un fasse la même chose pour ton boulot, tu serai bien en galère pour remplir ton frigo..mais continues comme ça, tu as bien raison...

Taho
30/12/2011, 11h55
Je rejoins mes collègues, Stephy : regarde la page de plus près, Sanctuaire de Weber est publié chez Bragelonne...

Je viens moi-même de recevoir un Kindle de la part du gros bonhomme rouge, et je m'éclate à jouer avec. Je suis donc également impatient de pouvoir trimbaler partout tous mes l'Atalante sans démultiplier le poids de ma valise. Après, je n'ai toujours pas compris ce qu'était un DRM et à quoi ça correspondait, donc je ne vais pas me la ramener à ce sujet (moi je vais sur le store Kindle, j'achète, ça se retrouve sur ma liseuse, et c'est cool, ou pour les documents persos, je les mets en PDF ou en TXT et ça marche ! =P )

Stephy
30/12/2011, 14h52
Me suis marchée dessus dans mon explication... sanctuaire c'est celui que je viens de lire (en papier emprunté a une collègue) et que j'ai adoré, c'est Honnor Harrington que je veut lire (sorry pour le malentendu, pour ca qu'on se comprenais pas...)

Pour le reste vous penserez ce que vous voulez de savoir si c'est une excuse ou pas, mais avec 50 à 100€ de budget ebook par mois en ce moment je ne me considère vraiment pas comme une pirate...

Ned
30/12/2011, 16h38
Donc, pour reprendre ce que je vous disais un peu plus haut, les œuvres de David Weber sont dans la première charrette des numérisés à L'Atalante. Et quand L'Atalante dit l'année prochaine... on peut être certain que ce sera bien le cas, croyez-en mon expérience. :)

Stephy
30/12/2011, 17h57
Donc, pour reprendre ce que je vous disais un peu plus haut, les œuvres de David Weber sont dans la première charrette des numérisés à L'Atalante. Et quand L'Atalante dit l'année prochaine... on peut être certain que ce sera bien le cas, croyez-en mon expérience. :)

Je serais donc dans leurs premiers clients... en esperant que leurs prix serons aussi "réalistes" que leur concurents dirrects, pas comme d'autres maisons d'édition qui ont littéralement disjonctées...

Stephy
30/12/2011, 17h59
Je rejoins mes collègues, Stephy : regarde la page de plus près, Sanctuaire de Weber est publié chez Bragelonne...

Je viens moi-même de recevoir un Kindle de la part du gros bonhomme rouge, et je m'éclate à jouer avec. Je suis donc également impatient de pouvoir trimbaler partout tous mes l'Atalante sans démultiplier le poids de ma valise. Après, je n'ai toujours pas compris ce qu'était un DRM et à quoi ça correspondait, donc je ne vais pas me la ramener à ce sujet (moi je vais sur le store Kindle, j'achète, ça se retrouve sur ma liseuse, et c'est cool, ou pour les documents persos, je les mets en PDF ou en TXT et ça marche ! =P )

Le gros hic c'est que si demain tu passes sur ipad ou ebook sony par exemple tu ne pourras lire aucun de tes livres... et ca ca m'enerve profondément de payer plein pot et de ne pas etre "propriétaire" de ce que j'ai payée... non mais :)

Spyro1
30/12/2011, 23h53
oui enfin ça, ça va se finir comme l'histoire entre le Bluray et le HD-DVD, il y a un format qui va prendre le pas sur les autres, et dans un un an ou deux, et ce sera fini€, il n'y aura qu'un format disponible.....donc autant attendre....

Stephy
31/12/2011, 05h38
oui enfin ça, ça va se finir comme l'histoire entre le Bluray et le HD-DVD, il y a un format qui va prendre le pas sur les autres, et dans un un an ou deux, et ce sera fini€, il n'y aura qu'un format disponible.....donc autant attendre....

La guerre a déja eu lieu... ne survivent que les formats propriétaires (apple & amazon) et l'epub... toutes les nouvelles liseuses sont centrées sur l'epub, de loin le format le plus portable... le pdf est supporté mais c'est un format qui ne permet aucune adaptation (taille des polices, taille de la liseuse, etc), et est en train de disparraitre de plus en plus des offres des éditeurs... (a priori certains ne le proposent meme plus du tout sur les nouveautés...)

Jean-Claude Dunyach
31/12/2011, 11h30
Je lis beaucoup de choses qui me surprennent dans cette discussion... Quelques infos, puisque je pratique la chose depuis pas mal de temps (en tant qu'auteur et informaticien, numériser mes oeuvres me passionne).
D'abord, il existe des tas de solutions simples et souvent gratuites pour échanger ses livres numériques d'une liseuse à l'autre, en les convertissant au passage - et en éliminant les DRM si on sait faire. Calibre (gratuit) le fait très bien.
Ensuite, les livres achetés sur Amazon kindle et utilisés sur une liseuse Amazon sont gratuitement transférés sur une autre (ou sur un PC/Mac) à condition de se connecter au site Amazon avec le même compte. Amazon garde la trace de ce que vous avez acheté et resynchronise votre bibliothèque.
Amazon utilise un format propriétaire, c'est vrai, et c'est casse-pieds (même si les conversions sont faciles). Le standard ouvert qui émerge est effectivement l'ePub, qui évolue en gardant la compatibilité descendante (les lecteurs d'epub3 lisent aussi les epub2, etc.). Si on a une bibliothèque numérique, il faudra sans doute la convertir tous les 5 ans. Ca sera en principe gratuit, simple et rapide - et il y a des chances que les programmes dont vous vous servez (ou les liseuses) le fassent automatiquement.
Pour ce qui est de la disponibilité d'une offre numérique éditeur...
Amazon a vraiment créé le choc en ouvrant sa boutique Kindle aux auteurs, directement, en court-circuitant l'éditeur. Un auteur comme moi peut mettre ses livres numériques en vente lui-même, en quelques heures, et en touchant 70% des droits sur le prix H.T. (prix fixé par l'auteur). C'est facile, très rapide, et Amazon fait tout pour nous aider. Ca m'a tellement intéressé que j'ai décidé d’écrire un tutoriel pour partager mon expérience avec mes collègues, et de le mettre en téléchargement sur mon site. Ici :

http://jean-claude.dunyach.pagesperso-orange.fr/Ebooks.html

Ce tutoriel est découpé en trois parties. Il présente les raisons de gérer soi-même les droits numériques de ses livres, il montre comment on fabrique un livre numérique à partir de son fichier texte (Word ou autre), et détaille les étapes (très simples) permettant de le vendre dans la boutique Amazon.

Le résultat, c'est que divers collègues ont commencé à mettre leurs livres en vente en numérique, en général à des prix bas et sans DRM (les miens sont à 4 euros, voire moins, sur Amazon ou sur Lulu.com pour ceux qui préfèrent les Epub). Et comme des éditeurs entreprenants comme Bragelonne ou le Bélial ont aussi mis en vente leurs ouvrages numériques à des prix intéressants, il commence à y avoir une offre conséquente pour les lecteurs...
D'autres éditeurs ont préféré mettre leurs livres numériques au même prix que les ouvrages papier, ou presque. On trouve ainsi des romans de fantasy chez Bragelonne à 4,99 euros et d'autres à 14,99 chez les concurrents. Devinez ce qui se vend le mieux. Le marché finira par imposer sa loi.
Et je pense que tous les éditeurs, l'Atalante y compris, vont faire une offre numérique en 2012, simplement parce que les liseuses sont là et qu'on ne peut plus reculer. Je pense qu'ils ont eu raison d'attendre et de voir comment les choses allaient évoluer. Nos liseuses auront bientôt de quoi se remplir la panse avec plein de bons livres.
je vous poutoune et vous souhaite une bonne année 2012 !

Stephy
02/01/2012, 04h55
D'abord, il existe des tas de solutions simples et souvent gratuites pour échanger ses livres numériques d'une liseuse à l'autre, en les convertissant au passage - et en éliminant les DRM si on sait faire. Calibre (gratuit) le fait très bien.
Ensuite, les livres achetés sur Amazon kindle et utilisés sur une liseuse Amazon sont gratuitement transférés sur une autre (ou sur un PC/Mac) à condition de se connecter au site Amazon avec le même compte. Amazon garde la trace de ce que vous avez acheté et resynchronise votre bibliothèque.*

Pour amazon j'ai vu des tutos sur le crack des drms, idem pour les epubs, mais quand j'achete un truc (deja que je ne peut pas le preter ni le revenvendre) j'aimerais au moins avoir le droit de m'en servir sans bricoler :)




Le résultat, c'est que divers collègues ont commencé à mettre leurs livres en vente en numérique, en général à des prix bas et sans DRM (les miens sont à 4 euros, voire moins, sur Amazon ou sur Lulu.com pour ceux qui préfèrent les Epub). Et comme des éditeurs entreprenants comme Bragelonne ou le Bélial ont aussi mis en vente leurs ouvrages numériques à des prix intéressants, il commence à y avoir une offre conséquente pour les lecteurs...
D'autres éditeurs ont préféré mettre leurs livres numériques au même prix que les ouvrages papier, ou presque. On trouve ainsi des romans de fantasy chez Bragelonne à 4,99 euros et d'autres à 14,99 chez les concurrents. Devinez ce qui se vend le mieux. Le marché finira par imposer sa loi.


Je suis très heureuse qu'un auteur voit aussi les choses comme cela... et je pense qu'en effet des livres entre 5 et 10E n'incitent pas tellement au piratage alors que si on frole le prix du livre papier on a le sentiment de se faire un peu avoir...

Et juste pour enfoncer le clou entre celui a 4,99, celui a 14,99 et celui pas dispo du tout (et dispo par contre en pirate) devinez qui deviens quoi dans l'histoire...

Moi je dis ca comme ca, mais dans ma tete quand on a ses auteurs phares dispos en pirate et pas en légal, quand on voit le nombre de liseuses vendues a noel, et d'ipads utilisés pour lire... ben on se dit pas "on va le faire l'année prochaine" on se dit "oulalala on a fait une grosse boulette, comment on fait pour les avoir tous dispos le mois prochain"... mais bon c'est pas mon métier hein... je ne doit pas pouvoir comprendre :)

Guinea pig
02/01/2012, 09h34
*
mais bon c'est pas mon métier hein... je ne doit pas pouvoir comprendre :)

Mais oui, c'est bien ça le problème ! On essaie tous de se forger une opinion, alors qu'on n'a pas tous les éléments en main pour le faire.

Pour ma part j'ai toujours apprécié les efforts de transparence du prix des livres de l'Atalante. De toute évidence les coûts de création du livre (je pense en particulier à ceux de la traduction - celles de l'Atalante sont toujours d'une excellente qualité, et la qualité se paie - et à ceux de l'impression - les gros livres sont plus chers et les petits... moins !) sont répercutés sur le prix de vente.
Et à vue de nez, ce n'est pas toujours pareil ailleurs.
(et je ne vous parle pas, enfin si, ne pinaillez pas, c'est une figure de style, des ventes de best-sellers du genre le dernier Amélie Nothomb : 16 €, 150 pages, une heure de lecture ? :p)

Bref, je fais confiance à l'Atalante pour fixer des prix d'e-livres honnêtes, reflétant parfaitement le travail en amont.
Après, bien sûr, il restera toujours l'éternelle controverse du "trop cher pour ce que c'est" contre le "c'est trop cher pour mon budget". Mais là, c'est une autre histoire...

Stephy
02/01/2012, 11h35
Mais oui, c'est bien ça le problème ! On essaie tous de se forger une opinion, alors qu'on n'a pas tous les éléments en main pour le faire.


SECOND DEGRES!!!!

C'est évident que ne pas etre dispo en légal et l'etre en pirate est une incitation claire au piratage (et apres comment faire revenir au payant les gens qui ont trouvés la solution facile... moi je ne le fait que quand je ne trouves pas le légal, par principe, mais autour de moi c'est loin d'etre le cas!!!)

Après a part la négo avec les auteurs (qui n'est pas notre sujet loin de la pour weber) je ne voit pas ce qui peut prendre du temps (ou de l'argent) pour une maison d'édition a passer sur une offre numérique... parce que ca par contre je sais le faire (justement pour lire un livre illégal) et quand on a le format Word (ou équivalent) il faut moins d'une heure pour faire un livre PARFAIT... donc tout autre argument que "choix politique" ne saurais tenir...

Flibustière
02/01/2012, 11h53
Bonjour Stephy,
Je lis avec attention depuis le début le débat créé autour de l'e-book chez l'Atalante... Je pense que la première des choses, avant de venir râlocher sur ce sujet, aurait été de venir se présenter dans la partie prévue à cet effet : ici (http://www.l-atalante.com/forum/showthread.php?7-Petites-pr%E9sentations)
Merci.

Stephy
02/01/2012, 12h35
Bonjour Stephy,
Je lis avec attention depuis le début le débat créé autour de l'e-book chez l'Atalante... Je pense que la première des choses, avant de venir râlocher sur ce sujet, aurait été de venir se présenter dans la partie prévue à cet effet : ici (http://www.l-atalante.com/forum/showthread.php?7-Petites-pr%E9sentations)
Merci.

Non parce que je ne faisait que passer laisser un message d'ennervement sur el fait que j'allais devoir pirater un bouquin... pour le reste je ne compte meme pas repasser sur ce forum en dehors de ce message...

PS: Femme de 37 ans, retraitée de l'armée, je bosse dans le paramilitaire depuis 3 ans et je vais de point du globe en point du globe tous les 3 à 12 mois (avec mes 3 cantines et mon lecteur d'ebook et environ 200 bouquins dedans, principalement fantasy et sf modernes...) voila... c'est mieux la... mais je voit pas le rapport avec le sujet...

Herbefol
02/01/2012, 14h21
Pire, ces formats, c'est même leur rôle, réarrangent en permanence la disposition du texte en fonction de la position de votre e-lecteur, votre zoom ou tout autre caprice électronique !
Perso, je ne le vois pas du tout comme un défaut et même carrément comme un avantage du ebook. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié le fait de faire changer la taille de police au fur et à mesure de la fatigue visuelle s'installant dans la journée, me permettant d'optimiser le confort de lecture. C'est d'ailleurs un point dont ma grand-mère a tout de suite saisi l'intérêt le jour où je lui ai présenté le truc.

Nicolas
02/01/2012, 23h21
Après a part la négo avec les auteurs (qui n'est pas notre sujet loin de la pour weber) je ne voit pas ce qui peut prendre du temps (ou de l'argent) pour une maison d'édition a passer sur une offre numérique... parce que ca par contre je sais le faire (justement pour lire un livre illégal) et quand on a le format Word (ou équivalent) il faut moins d'une heure pour faire un livre PARFAIT... donc tout autre argument que "choix politique" ne saurais tenir...
Tu devrais lire les propos du Monsieur Numérique de Bragelonne (éditeur qu'on peut difficilement accuser d'être en retard ou ne de pas « avoir compris » le numérique). Ils vont à l'encontre de ce que tu penses, que ce soit sur la simplicité de conversion ou sur le temps nécessaire pour mettre en oeuvre une offre numérique de qualité. Au passage, même eux ne proposent pas encore David Weber en numérique.

Stephy
03/01/2012, 04h13
Tu devrais lire les propos du Monsieur Numérique de Bragelonne (éditeur qu'on peut difficilement accuser d'être en retard ou ne de pas « avoir compris » le numérique). Ils vont à l'encontre de ce que tu penses, que ce soit sur la simplicité de conversion ou sur le temps nécessaire pour mettre en oeuvre une offre numérique de qualité. Au passage, même eux ne proposent pas encore David Weber en numérique.

Je les ais lus et ils sont soit tres mauvais (eux et leurs prestas) soit c'est du discours politique... quoi qu'il en soit ils sont la...

Pour les weber oui en effet ce qui est aussi assez choquant (même si pour le coup pour une fois j'ai lu en livres papiers donc pas eu le soucis pour les weber qui etaient chez eux...)...

Nicolas
03/01/2012, 17h09
Je les ais lus et ils sont soit tres mauvais (eux et leurs prestas) soit c'est du discours politique... quoi qu'il en soit ils sont la...
Ou alors, c'est plus compliqué que tu ne le penses. Mais j'ai comme l'impression qu'envisager cette hypothèse t'est impossible.

Jean-Claude Dunyach
03/01/2012, 19h25
Ou alors, c'est plus compliqué que tu ne le penses. Mais j'ai comme l'impression qu'envisager cette hypothèse t'est impossible.

Vous ne parlez pas de la même chose, tout simplement...
Fabriquer un ePub très correct à partir d'un fichier Word est simple et rapide (voir mon tutoriel). Mais...

1) Les éditeurs n'utilisent pas Word pour mettre en page leurs livres mais des outils spécialisés (inDesign, Quark, etc.). Ces outils fabriquent des fichiers nettement plus complexes que les fichiers Word d'origine, fichiers qu'il est difficile de convertir en eBook. En plus, il vaut mieux modifier la mise en page du livre pour le rendre agréable à utiliser sous forme d'eBook (genre mettre les mentions de copyright à la fin du fichier plutôt qu'au début). Ce n'est pas difficile, mais c'est fastidieux.
Bref, la fabrication d'un bon ePub (avec un nombre de styles minimes, une table css réduite, une table des matières bien fichue, etc.) à partir d'un fichier mis en page est nettement plus longue, plus délicate et plus coûteuse qu'à partir de Word. Je peux rentrer dans les détails techniques, si ça intéresse quelqu'un.

2) Mettre en place une commercialisation numérique globale de ses livres, quand on est éditeur, pose des tas de problèmes et demande qu'on y réfléchisse longuement, qu'on établisse des stratégies et un planning spécifique et qu'on fasse intervenir plein d'acteurs différents. En effet, pour publier un livre numérique, il faut l'accord - par contrat - de tous les contributeurs, c'est-à-dire l'auteur (et son agent si celui-ci en a un, ce qui est le cas de 99% des auteurs étrangers), le traducteur éventuel, le préfacier/postfacier s'il y a lieu, l'illustrateur de la couverture, sans oublier si il y a une publication dérivée (genre reprise en poche) des contacts à prendre avec le second éditeur, etc. Cet accord est en général assorti d'une renégociation du contrat et souvent d'une somme d'argent à payer d'avance par l'éditeur - les gens travaillent rarement pour rien.
Il faut aussi réfléchir à une stratégie de prix et de commercialisation, avec des tas de questions pas simples : si on fait une version numérique du premier tome d'une série, quand doit-on publier les autres ? Doit-on s'engager sur l'ensemble des titres ? Quelle somme va demander l'agent pour ça ? Quel délai ? Et si je publie machin en numérique, est-ce que truc ne va pas râler et demander à l'être aussi ? Dois-je republier les livres tels quels ou les regrouper (s'il s'agit d'une série ?). Dois-je faire une version mise à jour ? Illustrée ? Avec des bonus ? Est-ce que l'agent de l'auteur insiste pour avoir des DRM ? Auquel cas dois-je en mettre pour tous mes ouvrages ? Etc, etc.
Et il faut se demander aussi quel est l'état du marché, parce qu'il n'est pas toujours bon de partir trop vite.
Tout ça demande qu'on y réfléchisse. Le Diable, comme souvent, est dans les détails.

3) Ensuite, pour commercialiser les livres numériques, il faut soit passer par un facilitateur qui se chargera de les soumettre à Amazon, Fanc, Virgin, Apple, ePagine, etc. en prenant un pourcentage - mais ça entraîne une perte de contrôle et des calculs financiers plus complexes - soit faire le boulot soi-même (contacter les éditeurs en ligne, se charger d'uploader les fichiers, de gérer les métadonnées correspondantes, etc.), et ça demande quelqu'un à plein temps. Sans être sûr que les bénéfices suffiront à le payer, d'ailleurs.

4) Et pour finir, la pub autour des bouquins numériques est un domaine encore mal exploré, qui demande que quelqu'un s'en occupe.

En tant qu'auteur, je peux faire le boulot moi-même avec ma demi-douzaine de bouquins dont j'ai récupéré les droits, parce que la situation est simple. J'y passe du temps, je gagne quelques dizaines d'euros et je suis content de voir que les bouquins sont disponibles sur les liseuses des copains. Si j'étais éditeur, avec plusieurs centaines de titres au catalogue, je me demande ce que je ferais.
C'est pour cela que je comprends parfaitement la prudence de l'Atalante, et que je suis tout à fait conscient de la difficulté de leur démarche. J'attends avec confiance les premières parutions de leurs livres cette année.

Je vous poutoune,

Nicolas
03/01/2012, 19h31
Merci pour toutes ses précisions très intéressantes :)

Guinea pig
03/01/2012, 19h51
Un grand merci en effet à Jean-Claude pour ses explications limpides, c'est toujours intéressant de jeter un oeil à l'intérieur - avant de le retirer en soupirant : oups, ça ne doit pas être très marrant à faire tout ça, surtout quand la situation est plus subie que souhaitée.

Stephy
03/01/2012, 20h09
Vous ne parlez pas de la même chose, tout simplement...
Fabriquer un ePub très correct à partir d'un fichier Word est simple et rapide (voir mon tutoriel). Mais...

1) Les éditeurs n'utilisent pas Word pour mettre en page leurs livres mais des outils spécialisés (inDesign, Quark, etc.). Ces outils fabriquent des fichiers nettement plus complexes que les fichiers Word d'origine, fichiers qu'il est difficile de convertir en eBook. En plus, il vaut mieux modifier la mise en page du livre pour le rendre agréable à utiliser sous forme d'eBook (genre mettre les mentions de copyright à la fin du fichier plutôt qu'au début). Ce n'est pas difficile, mais c'est fastidieux.
Bref, la fabrication d'un bon ePub (avec un nombre de styles minimes, une table css réduite, une table des matières bien fichue, etc.) à partir d'un fichier mis en page est nettement plus longue, plus délicate et plus coûteuse qu'à partir de Word. Je peux rentrer dans les détails techniques, si ça intéresse quelqu'un.


J'ai fait 6 mois de formation (ca aurait pu etre ma reconversion mais vraiment pas mon truc...) PAO/Edition dont deux stage dans le domaine de l'édition (ok de livres techniques pointus... pas de romans et je n'ai que retravaillé la partie MEP) et ce que tu dis est a peu pres... totalement inexact :) (passage à un format "basic" type word tres simple, et souvent les éditeurs avaient en Word ou PDF les contenus et c'est cela qu'ils mettaient sous des logiciels PAO...)... apres la conversion j'en ai fait pas mal (a cause de ces S$$$$$E de DRM et de mauvais formats et franchement aucune difficulté... et les ebooks sont portables (ibooks/stanza/sony et maintenant kindle)

Les droits oui c'est en effet un pb que je veux bien comprendre... mais ca démontre un sacré manque d'anticipation de la part des éditeurs...(a croire qu'ils pensaient que les ebooks ne marcheraient jamais...)

Bon a part ca il est clairement plus simple de trouver les 8 premiers tomes de Honnor Harrington en pirate que certains livres en officiel, donc j'ai fait le plein et je part "loin d'internet" pour plusieurs semaines d'ici peu... donc a bientot peut etre :)

Jean-Claude Dunyach
03/01/2012, 23h01
J'ai fait 6 mois de formation (ca aurait pu etre ma reconversion mais vraiment pas mon truc...) PAO/Edition dont deux stage dans le domaine de l'édition (ok de livres techniques pointus... pas de romans et je n'ai que retravaillé la partie MEP) et ce que tu dis est a peu pres... totalement inexact :) (passage à un format "basic" type word tres simple, et souvent les éditeurs avaient en Word ou PDF les contenus et c'est cela qu'ils mettaient sous des logiciels PAO...)... apres la conversion j'en ai fait pas mal (a cause de ces S$$$$$E de DRM et de mauvais formats et franchement aucune difficulté... et les ebooks sont portables (ibooks/stanza/sony et maintenant kindle)

Désolé, Stephy, mais nous ne parlons pas de la même chose là non plus.
L'auteur (ou le traducteur) envoie un fichier Word (ou équivalent) à l'éditeur et celui-ci le met en page dans un logiciel PAO, en corrigant au passage divers trucs (ortho-typo) et en rajoutant ses informations d'éditeur. Il effectue ensuite diverses actions de mise en page. En particulier, une bonne maquette de livre papier comporte de nombreuses micro-modifications locales de la mise en page d'un paragraphe pour équilibrer, éviter une césure peu harmonieuse, etc. Résultat, le fichier PAO comporte souvent plusieurs dizaines (voire centaines) de styles différents.
A partir de ce fichier de PAO, revenir à la version Word est relativement délicat - et ce n'est pas toujours trivial. Et la version Word d'origine ne peut pas être utilisée car il lui manque les corrections éditoriales et les enrichissements ultérieurs...
Fabriquer un epub à partir d'un fichier PAO peut se faire via des macros plus ou moins sophistiquées, ou avec un passage par le format PDF (ce que je déconseille parce qu'on hérite de nombreuses scories de type "trait d'union conditionnel"). Mais le résultat est souvent lourd en terme d'affichage, avec une CSS à plus de cent entrées (il y en a douze sur mon roman Etoiles Mortes, pour donner un ordre de grandeur). Il y a des boîtes en Chine qui sont spécialisées dans ce genre d'opération, remarque, et beaucoup d'éditeurs leur confient le boulot. Mais si tu jettes un coup d'oeil à la qualité des ePub obtenus (on peut les désassembler avec Sigil, par exemple) il y a parfois de quoi s'énerver
Un ebook "portable" ne suffit pas, il faut aussi qu'il soit rapide à l'affichage et confortable à la lecture. Ca n'est pas tout à fait aussi trivial qu'on le souhaiterait.
J'ajoute que beaucoup de fichiers pirates ou gratuits (type ouvrages du domaine public transformés en ePub par des bénévoles) qui traînent sur le net sont simplement illisibles, avec des guillemets non typographiques, des sauts de ligne entre chaque paragraphe, des scories toutes les dix lignes et des tas de fôtes !
Alors oui, créer un ePub à partir d'un fichier Word, c'est facile et ça donne d'assez bons résultats. Mais je le maintiens, c'est nettement plus complexe à partir d'un fichier PAO. Or c'est le fichier PAO qui est le fichier de référence, celui qui correspond au livre papier. Pas le fichier Word d'origine.

Pink Pig Skin
03/01/2012, 23h13
Merci Jean Claude pour ces précisions passionnantes.
Les gens qui comme moi ne connaissent pas le modèle économique des maisons d'édition tombent sur le derrière lorsqu'ils apprennent la faiblesse des sommes générées par les livres pour leurs auteurs et les petites maisons comme l'Atalante.
L'impact culturel de ces livres que nous aimons tous est sans commune mesure avec l'argent qu'ils génèrent.
C'est forcément compliqué de mobiliser des sommes et le temps pour réunir les droits numériques, des hommes pour mettre en place les fichiers, les mettre en vente, sans savoir si au bout de l'affaire il y aura une rentabilité possible ou pas. Parce que les gens qui travaillent les fichiers, ils ne pourront être payés que via la vente d'e-books. Reste la possibilité d'exploiter des stagiaires, mais aux dernières nouvelles ont ne peut plus les fouetter plus de cinq fois par jour...
Mais investir dans le format numérique et voir tout le travail fait se retrouver sur des sites pirates aussitôt le fichier mis en vente, ça doit pas donner trop envie de s'y mettre.
Et alors que dire des livres qu'on veut publier déjà mis à disposition sur des sites pirates avant même qu'on ait eu le temps de s'en occuper. Je comprends que l'on puisse se poser des questions.
L'impact de l'e-book sera forcément lourd de conséquences pour les éditeurs : s'ils ne font rien, les livres vont se retrouver piratés par des saboteurs-passionnés-doux dingues (rayez les mentions inutiles) et s'ils font quelque chose, les livres vont se retrouver piratés par des saboteurs-passionnés-doux dingues (rayez les mentions inutiles).
J'ai une suggestion saugrenue : attendre que les pirates aient fait tout le boulot, télécharger leurs fichiers et les mettre en vente. ^^

Pink Pig Skin
03/01/2012, 23h25
J'ajoute que beaucoup de fichiers pirates ou gratuits (type ouvrages du domaine public transformés en ePub par des bénévoles) qui traînent sur le net sont simplement illisibles, avec des guillemets non typographiques, des sauts de ligne entre chaque paragraphe, des scories toutes les dix lignes et des tas de fôtes !.

Pas tous Jean Claude, pas tous. Je suis tombé sur un site la semaine dernière qui produit des fichiers de qualité professionnelle. Je ne sais pas comment, et encore moins pourquoi, mais j'en suis resté comme deux ronds de flan. Surtout quand j'y ai vu des titres de l'Atalante !
Et je crois que les professionnels (auteurs et éditeurs) surévaluent la valeur ajouté d'une belle typo, sans césures, sans saut de lignes, etc... Les lecteurs d'e-book sont des lecteurs qui lisent tous les formats sur tous les supports. Ils ne risquent pas de s'offusquer d'une césure mal placée.

Stephy
04/01/2012, 04h59
Pas tous Jean Claude, pas tous. Je suis tombé sur un site la semaine dernière qui produit des fichiers de qualité professionnelle. Je ne sais pas comment, et encore moins pourquoi, mais j'en suis resté comme deux ronds de flan. Surtout quand j'y ai vu des titres de l'Atalante !
Et je crois que les professionnels (auteurs et éditeurs) surévaluent la valeur ajouté d'une belle typo, sans césures, sans saut de lignes, etc... Les lecteurs d'e-book sont des lecteurs qui lisent tous les formats sur tous les supports. Ils ne risquent pas de s'offusquer d'une césure mal placée.

Je plussoie un million de fois et je fréquente en effet le meme site a mon avis...

PS: des demain je ne pourrais plus répondre donc a bientot dans "les rayons d'immatériel" a l'atlante...

whiskye
11/01/2012, 22h25
Entre le Kindle et le Kobo.... j'ai vu mon entourage d'abord timide, s'équipé depuis peu très vite.
Encore tout fébrile, et les yeux brillants, ils ont alors chercher de quoi nourrir leur nouvel animal de compagnie.

Et là, ce fut le drâme.
Parler d'incompréhension serait un euphémisme.

Les prix sont très très loin de leur attente pour un tel support.
Ils cherchent des prix oscillants entre 5 ~10 euros pour les nouveautés ou 0.5~2 euros pour du "fonds".
Ils s'en fichent de savoir que la plateforme récupère la marge du petit libraire, ou que l'éditeur a renégocié ses contrats avec les auteurs, ou que le traducteur a toujours autant de lignes ou que sais-je encore ...

Psychologiquement la dématérialisation et les quelques secondes passées à télécharger le livre lui ôtent beaucoup de sa valeur pécuniaire.
On a encore en tête le poids du papier, la couverture en couleur, la virée pour aller l'acheter en rayon, distance qui fait écho aux centaines de kilomètres que ce même livre a parcouru pour nous y retrouver.
Etc...

Là c'est froid, c'est brutal, sans sourire et çà réclame le même prix.
Ca ne passe pas.

Mes amis écument depuis les sites illégaux qui à défaut d'une typo soignée, sont souvent de véritables cercles de lecture entre passionnés.
Ils se retrouvent avec de nouveaux auteurs sur leurs bibliothèques virtuelles très facilement et pour cause.

Photocopier un livre page après page ou bien le commander en langue française à HongKong ... c'était pas gagné.
Copier l'intégrale de la rentrée littéraire en moins d'une minute le tout depuis un serveur hébergé à l'autre bout du monde, ce n'est même pas digne d'un roman d'anticipation, c'est le passé.

Comment le livre va faire face à la dématérialisation/mondialisation ? :confused:

Mais comment lutter ?
Comment apporter une plus-value à un fichier epub ?
Comment être plus attractif que l'offre illégale ?
Comment gérer la vie privée ?
la gestion des prêts pour les médiathèques ?
le marché de l'occasion ?
les prêts ou cadeaux entre amis ?
...

Un Steam de la culture serait mon rêve, qui sait ...
Mais je doute que le modèle fédère, certains joueurs dans cette partie ont déjà trop d'atouts en mains. :(

Nicolas
11/01/2012, 23h26
Comment apporter une plus-value à un fichier epub ?Avec un fichier de qualité : bon formatage, chargement rapide sur tous les appareils du marché, absence de fautes de numérisation, etc. Y'a de quoi faire entre les pires daubes qui ont une mise en page à la noix, plus d'erreurs de numérisation par pages que d'alinéas dans les CGV d'un contrat téléphonique et des fichiers qui ont été relus, contrôlés, conçus aux petits oignons.

Après, c'est sûr que si la daube est légale (mention spéciale à ceux qui se sont occupés des tomes 6 et plus de Dresden pour Hachette UK avec leur horrible mise en page, leur fichier CSS de 3000 règles - dont une dizaine seulement utiles pour les livres que j'avais achetés*), et le fichier de qualité illégal, les éditeurs risquent d'avoir du mal.


Comment être plus attractif que l'offre illégale ?
Le critère le plus important à mes yeux (et à ceux d'amis qui s'intéressent aux liseuses depuis un bon moment - un certain nombre travaillant dans le secteur d'ailleurs) : il faut une offre de qualité élevée et la plus complète possible.

Elle doit aussi être très simple à utiliser. C'est un domaine dans lequel Amazon est très fort avec l'intégration Kindle / Kindle Store, en permettant donc l'achat sans quitter la liseuse, sans rien configurer (au delà du Wi-Fi de la liseuse, qui peut-être un poil lourd sur le modèle non tactile).

Amazon est moins bien placée sur la liberté dont dispose l'acheteur, à voir s’ils finissent par abandonner la passoire qu'ils essayent de faire passer pour des DRM.

Un point sur lequel elle peut aussi jouer, c'est l'exclusivité : si le livre numérique sort en même temps que la version papier, l'offre légale proposera de quelques jours d'exclusivité sur l'offre illégale (le temps que quelqu'un sorte sa carte bleue, bricole le fichier pour en retirer les protections (DRM ou marquage) et le mettent en partage) à quelques semaines si ça passe par un bricolage depuis la version papier (peu probable ceci dit :o).

Dans ce domaine, ça peut aussi prendre la forme de ce que propose Baen, entre les ARC pour les plus impatients et les packs mensuels pour ceux qui le sont moins.

Après, intrinsèquement, l'offre légale apporte la satisfaction de remercier de manière visible celles et ceux qui ont travaillé pour proposer le livre qu'on est en train de lire. Point spécifique aux oeuvres étrangères, c'est aussi de l'offre légale dont dépend la disponibilité en France, parce que sauf erreur de ma part, l'offre illégale n'intervient pas sur la traduction.

Bref, il y a de quoi être attractif, un livre ne se résume pas uniquement au prix qu'on le paye.


Comment gérer la vie privée ?Le numérique ne change pas grand chose à ce niveau là par rapport au papier (même si ça serait cool de faire un marquage avec un identifiant unique & anonyme plutôt qu'avec mes informations personnelles : je n'en ai aucune sur ma liseuse, en dehors de celles-là et j'aimerais autant qu'elles disparaissent sans que j'ai à le faire :o).


la gestion des prêts pour les médiathèques ?Il y a des systèmes qui fonctionnent aux États-Unis de mémoire, mais c'est un point sur lequel il y a encore beaucoup à faire pour que l'offre numérique soit adaptée aux médiathèques.


le marché de l'occasion ?Il faut lui dire au revoir à mon avis. Un point qui devrait être pris en compte dans le prix et auquel des offres d'abonnement pourrait répondre (comme par exemple ce que propose Izneo).


les prêts ou cadeaux entre amis ?Le prêt, je ne sais pas comment ils le géreront, mais le cadeau, ça se gère sans trop de souci (même si j'ignore si ça existe pour les livres).

* pour la petite histoire, entre l'achat de ses livres et aujourd'hui, Hachette UK a décidé d'interdire la vente aux ressortissants extérieurs au Royaume-Uni. Plus gênant, le site qui me les as vendu a basculé son offre sur celles de Kobo et quand j'ai voulu faire la transition vers un compte Kobo, on m'a gentiment annoncé que je n'avais pas droit aux livres que j'avais payé. Bizarrement, la première fois, ils m'avaient irrité, mais la deuxième fois, ils m'ont perdu comme client et ils auront intérêt à avoir une offre en béton pour que je revienne sur ma décision.

Ned
27/02/2012, 17h11
Tiens, ça fait quelque temps que ce fil de discussion est resté inactif. Il est temps de le ressortir de l'oubli, d'autant que j'ai pas mal de choses à vous apprendre.
Commençons par le commencement.
Vous avez sans doute remarqué que des extraits de livres à paraître étaient disponibles en téléchargement sur le blog de l'Atalante. Jusqu'à présent, ces extraits étaient exclusivement en pdf. À compter du mois de mars, ils seront disponibles en trois formats : le pdf (encore et toujours), l'ePub et le mobi. Ainsi, les possesseurs de liseuses et de tablettes pourront lire ces extraits dans le format de leur choix.
La deuxième nouvelle concerne les amateurs de lecture sur écrans rétroéclairés (typiquement les écrans d'ordinateurs et celui de l'iPad — 2 je crois). Les éditions L'Atalante ont signé un partenariat avec la société Youboox qui propose un système de lecture en streaming. Pour la première fournée, il y aura une cinquantaine de livres disponibles, issus uniquement du catalogue francophone (de l'Atalante s'entend, d'autres éditeurs participent également au partenariat). Youboox lance son offre le 6 mars prochain, si je ne dis pas de bêtises, et la bibliothèque initiale devrait comporter entre 1000 et 2000 livres d'après ce que j'ai pu lire ici et là.
Enfin, il y a l'offre numérique de l'Atalante proprement dit. Rien encore de complètement arrêté sauf un mois : septembre 2012. Si tout va bien on pourra lire du HH, D-M, RCW, Panca, Guerriers, Compagnie noire, Zhongguo, Gessler et bien d'autres séries et auteurs sur liseuses et tablettes.

Nicolas
06/03/2012, 20h30
(typiquement les écrans d'ordinateurs et celui de l'iPad — 2 je crois).
Oui, et d'à peu près tout les appareils dotés d'un écran couleur, à quelques exceptions près comme les écrans Mirasol (mais c'est assez peu répandu).

Vivement Septembre :)

Et puis si vous avez besoin d'un beta-testeur 0: )

whiskye
08/03/2012, 01h00
^_ bon je reporte l'achat de la liseuse à Septembre...

Nicolas
13/03/2012, 23h48
J'ai essayé de lire avec Youboox, mais pour le moment, ce n'est pas très concluant : l'application plante sur mon iPad première génération (elle consomme trop de mémoire, donc iOS la coupe automatiquement), dès que je souhaite ouvrir un livre, et sur mon ordinateur portable, choisir un livre est compliqué à cause des pages beaucoup trop lourdes à charger (il y en a une qui pèse 32 Mo à cause des images trop lourdes : elle a mis une minute à charger et le processeur s'emballe face à toutes les images à redimensionner) :(

J'espère que ça s'améliorera avec le temps, le concept est sympa pour découvrir certains livres.

Jean-Claude Dunyach
17/03/2012, 08h23
(Pour rajouter des infos générales...)

Les résultats du premier Baromètre SOFIA/SNE/SGDL sur les usages du livre numérique en France ont été communiqués, lors d'une présentation au Salon du livre de Paris, le vendredi 16 mars.

Ce baromètre semestriel a pour objectif d'observer les évolutions des usages du livre numérique, licites ou illicites, au regard notamment de ceux du livre imprimé. Auteurs et éditeurs, associés au sein de la SOFIA, souhaitent qu’il devienne ainsi un baromètre de référence pour le secteur du livre.

Cette enquête a été menée par OpinionWay, auprès d'un premier échantillon de 2014 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et d’un second de 505 utilisateurs de livres numériques ; elle a été réalisée entre le 20 février et le 4 mars 2012.

Les résultats de ce premier baromètre apportent un nouvel éclairage sur les profils, les pratiques, les motivations et les intentions des lecteurs de livres numériques.

Parmi les enseignements de ce baromètre, on peut retenir les points suivants :

1. Si 5% de la population française âgée de 18 ans et plus déclarent avoir déjà lu, en partie ou en totalité, un livre numérique et si 5% envisagent de le faire, 90% des personnes interrogées n’envisagent pas de lire des livres numériques.
2. La majorité des lecteurs de livres numériques sont déjà de gros lecteurs de livres imprimés, l’émergence du livre numérique semblant à ce stade induire de nouvelles pratiques plutôt que de nouveaux lecteurs.
3. Depuis qu’elles lisent des livres numériques, les personnes interrogées déclarent globalement lire plus de livres qu’avant mais dépenser moins qu’avant pour leur acquisition.
4. Les principaux supports de lecture de livres numériques sont la liseuse et la tablette numérique. La possession de ces équipements est un facteur déterminant pour l’usage de livres numériques.
5. 74% de lecteurs de livres numériques ont déjà acheté au moins un livre numérique. Toutefois, près de la moitié des lecteurs de livres numériques les acquièrent principalement à titre gratuit.
6. 1 lecteur de livres numériques sur 5 déclare avoir déjà eu recours à une offre illégale de livres numériques, soit 1% de la population française.
7. Le paiement à l’acte est le mode d’acquisition plébiscité par les lecteurs de livres numériques (67%), devançant nettement le prêt numérique ou l’abonnement.
8. Pour les lecteurs de livres numériques, la facilité de stockage, la mobilité et le prix sont les trois principaux arguments avancés en faveur du livre numérique, tandis que le confort de lecture, la variété du choix et le plaisir d’offrir constituent les atouts majeurs du livre imprimé.
9. A l’avenir, 44% des lecteurs de livres numériques prévoient d’accroître leurs usages légaux de livres numériques et 43% de les maintenir au même niveau.
10. Les trois quarts des lecteurs de livres numériques envisagent une stabilité ou une augmentation de leur usage du livre imprimé dans les années à venir.

En conclusion de ce premier baromètre, dont les résultats devront être confirmés au fil des prochaines éditions, la SOFIA, le SNE et la SGDL constatent un usage encore timide du livre numérique, majoritairement licite. Ces résultats traduisent également un fort attachement des lecteurs au livre imprimé, sans intention marquée de basculer massivement vers le numérique. Il apparaît, cependant, que la lecture de livres numériques constitue plutôt une pratique de lecture additionnelle à celle du livre imprimé, même si des indices de substitution se font jour en termes de pratiques d’achat.


L’étude est consultable en ligne sur :
www.la-sofia.org la Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit (SOFIA)
www.sne.fr le Syndicat national de l’édition (SNE)
www.sgdl.org la Société des Gens de Lettres (SGDL)

À propos de la SOFIA
La SOFIA, Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit, est une société civile de perception et de répartition de droits, administrée à parité par les auteurs et les éditeurs dans le domaine exclusif du Livre. Elle perçoit et répartit le droit de prêt en bibliothèque, ainsi que la part du livre de la rémunération pour copie privée numérique.
www.la-sofia.org

À propos du SNE
Avec plus de 580 adhérents, le Syndicat national de l’édition (SNE), organisation professionnelle des entreprises d’édition, représente les intérêts des éditeurs de livres publiés à compte d’éditeur. Le SNE défend le droit d’auteur, la liberté de publication, le principe du prix unique du livre, la diversité culturelle; il contribue à la promotion du livre et de la lecture.
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À propos de la SGDL
La Société des Gens de Lettres (SGDL) est une institution privée indépendante qui défend le droit d'auteur et s'adresse à tous les auteurs de l'écrit. Association à but non lucratif, décrétée d’utilité publique, elle représente aujourd’hui 6000 auteurs.
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arnaudasteroide
27/03/2012, 21h15
Bonjour l'Atalante, ici ce sont les éditions Astéroïde. ;)
J'aimerais apporter mon litre d'eau canadienne au moulin.

Premièrement je pense que la dernière étude en date aura certainement rassuré et conforté pas mal d'éditeur papier. Leur fond de commerce ne semble pas remis en cause par les barbares utilisant des liseuses ;)

Je ne partirais pas sur une tirade anti-incantation du genre "jusqu'ici tout va bien" telle que l'on pratiquée les maisons de disques il y a dix ans. Non, j'adore le livre, l'objet. Comme la plupart des français je suis assez fétichiste à propos de celui-ci, tans que j'en ai les moyens... Ceux qui me connaissent savent l'attachement que j'ai pour la chose littéraire. OK. Mais alors ces histoires de numérique beaucoup de bruit pour rien ? Je ne crois pas.

Aujourd'hui la plupart de nos lecteurs sont aussi internautes. (N’est-ce pas les amis !) La distance entre le lecteur et l'auteur ainsi que l'éditeur semble plus courte, et les rapports plus directs. Hors voyez ce qui arrive même ici sur ce forum. Un lecteur vient dire in peto qu'il pirate et qu’il n'est pas content. Que son discours se justifie ou non là n'est pas la question. La question est: "nous éditeurs avons nous les moyens de nous mettre à dos une partie de notre lectorat?" mettre à dos signifiant frustrer des gens et les inciter au piratage parce qu’il ne peuvent pas acheter leur livre en numérique. Certaines maisons ont déjà répondu soit avec une offre en ligne soit en refusant le numérique (Un des exemples le plus frappant étant Frémeau et associés continuant de tout vendre en matériel) et plein d'autres ruminent en regardant passer les trains de kilobites sur le net.
Bref il n’y a pas qu’une position qui soit juste. Je rappellerais quand même cette maxime si galvaudée qu'elle pourrait en être risible: "La nature à horreur du vide." et la nature du net est d'aller très très vite et par vagues. Une œuvre numérisable finira fatalement par l'être. Il suffit d'une personne. Ensuite une fois en ligne c'est terminé. Basta. Trop tard, elle échappe à son auteur et son éditeur... Vraiment ? Je n’en suis pas si sûr.
J'aimerais vous parler de l'expérience que j'ai du marché au Canada. Et par l'intermédiaire d'un ami libraire au Japon de choses curieuses arrivées là bas.
Au Canada. Cette année on estime que le numérique devrait représenter 30% des ventes de livres. Dans le métro une personne sur deux qui lit le fait sur un écran. Je le vérifie tous les jours... Plus sérieusement les chiffres de la « National reading campaign » indiquent que désormais 10% des livres vendus au Canada le sont en numérique, alors que Booknet Canada indique que le marcher papier a chuté de 10,8% en 2011. Le marcher du numérique de 2008 à 2010 à augmenté de 1039.6% et de 1274.1% de 2010 à 2011 soit une courbe totalement exponentielle.
Je ne crois pas que cette tendance fera comme le nuage de Tchernobyl et évitera notre cher beau pays. La nature... Le vide...
Au Japon le numérique est roi. Un manga sur deux est vendu en numérique. Les gens n'utilisent que peu les liseuses mais bien plus leur smartphone. La tendance à la numérisation à commencée il y a des années quand les éditeurs ont pris conscience que leur nouveautés manga se retrouvaient sur le net le lendemain de leur publication. (Il se trouve que ce sont les japonais qui ont aussi inventé les scanners qui massicotent les reliures, scan, passe une couche d'ocr si besoin et transforme automatiquement le résultat en fichier numérique. Oui, ce genre de machine existe.)
Je ne tiens pas un discours alarmiste. Je tiens juste à pointer du doigt comment les choses se passent ailleurs qu’en France, dans d’autres pays industrialisés. Aujourd'hui les distributeurs numériques que sont Apple et Amazon sont des bulldozers qui avalent des Atalantes au petit dej. Que reste-il de l'éditeur une fois le livre sur ces hypermarchés virtuels ? Rien pourquoi ? Parce que les éditeurs ont préféré continuer à déléguer leur catalogue à d'autres. Mais sur le net, la distribution, c'est le nerf de la guerre.
Pour le moment, beaucoup d'éditeurs voient cet avenir – Où le livre numérique fera jeu égal avec le papier - comme de la science-fiction. Jusqu'à demain ? Dans dix ans ? Qu’important quand. Je pense qu'il est temps pour chaque éditeur de prendre son avenir en main et de toute façon d'occuper le terrain avec une offre légale et honnête vis à vis des cyber-lecteurs (je sais cyber-truc ça fait ringard). Voilà. J'en ai fini avec mon plaidoyer. Si je l'ai fait c'est que je tiens à pouvoir lire des bons livres en papier de l'Atalante encore longtemps. Et vive le Mimosa ! ;)

Taho
28/03/2012, 09h06
Très intéressant tout ça, monsieur Astéroïde :)

Les chiffres, notamment, sont bien clairs : le numérique a un sacré avenir et lorsque le marché se stabilisera, j'imagine que la répartition papier/numérique sera bien plus proche d'un 50-50, voir au-delà en faveur du numérique, que certains semblent le croire.

Le dématérialisé, c'est l'avenir. La musique l'a déjà fait, le jeux-vidéo et le cinéma s'y mettent aussi, le livre va naturellement suivre le mouvement. Et lorsque les liseuses non rétro éclairées type kindle parviendront à faire de la couleur, alors le marché de la BD et du documentaire se trouveront encore plus chamboulés (c'est déjà un peu le cas pour la BD et les comics via l'Ipad)

Guinea pig
28/03/2012, 11h17
Ce qui fausse un peu le débat, c'est que bien des personnes répondent en disant qu'elles sont favorables ou pas au numérique pour leurs lectures (de toutes sortes). Alors que la question n'est plus je crois de savoir si on a envie ou pas que le numérique s'exprime et se développe avec ampleur, mais bien plutôt le quand et le comment. Et ça ne sonne pas forcément la mort des livres et albums papier, simplement une énorme évolution à venir.
Et ce n'est ni bien ni mal, c'est et puis c'est tout. Il faut vivre avec son temps, disait un grand philosophe...;)

arnaudasteroide
28/03/2012, 23h51
Tout à fait d'accord avec toi petit cochon ! (tu permets que je t'appel petit cochon ?) LA question pour les auteurs c'est : est-ce que je peux encore espérer faire des sous avec des livres ? LA question pour l'éditeur est... Identique... Sauf que c'est lui qui tient les rênes. Faudrait pas qu'il se croit comme le fameux chevalier à combattre des moulins, Mais bien plus tôt qu'il troque ses armures lourdes et ses destriers pour des arcs et des flèches... HMMM ? Vous vous rappelez de cette fameuse bataille ou les gueux anglois ont défait la noblesse française blindée ? Le numérique l'Asincourt du livre français ?

Taho
29/03/2012, 00h17
(tu permets que je t'appelle petit cochon ?)

Je te le déconseille, on risque de confondre avec Pink Pig Skin (PPS pour les intimes) !

Nicolas
29/03/2012, 00h35
Plus sérieusement les chiffres de la « National reading campaign » indiquent que désormais 10% des livres vendus au Canada le sont en numérique, alors que Booknet Canada indique que le marcher papier a chuté de 10,8% en 2011. Le marcher du numérique de 2008 à 2010 à augmenté de 1039.6% et de 1274.1% de 2010 à 2011 soit une courbe totalement exponentielle.
Les pourcentages, faut quand même s'en méfier si ils ne sont pas accompagnés par des données en valeur derrière. Après tout (il est tard, je peux me tromper), si je gagne 1 € aujourd'hui, que je gagne 1000 % de plus demain et 1000 % de mes gains de demain le surlendemain, je ne suis « qu'à » 100 €.

Taho
29/03/2012, 18h19
Les pourcentages, faut quand même s'en méfier si ils ne sont pas accompagnés par des données en valeur derrière. Après tout (il est tard, je peux me tromper), si je gagne 1 € aujourd'hui, que je gagne 1000 % de plus demain et 1000 % de mes gains de demain le surlendemain, je ne suis « qu'à » 100 €.

Oui, mais le côté exponentielle de la courbe est indéniable, et même dans ton exemple, si tu continues encore quelques semaines, tu seras vite riche... :rolleyes:

Aphraël
17/05/2012, 20h55
Bon, la question n'est pas tout à fait dans le sujet...

Savez vous s'il existe des liseuses à batterie remplaçable qui valent le coup ?
Parce qu'avec le temps, je deviens curieuse, mais quitte à investir, autant le faire pour du durable...

Nicolas
19/05/2012, 13h30
On peut les remplacer sur la plupart. Après, de ce que j'ai vu, c'est assez rare que ça soit faisable juste en retirant une trappe.