Le vendredi 30 juin 1876, l’information fait le tour de la ville : Évariste, le dernier de la dynastie des Mangin, cède la main. Mais qui est donc ce George Schwob qui achète le Phare de la Loire ? Un nom difficile à prononcer. Une fiche à la préfecture : « appartient à la religion juive, affiche des idées matérialistes ». Une fortune acquise en Égypte. Elle court, la rumeur. L’antisémitisme s’affirme sans honte. D’origine alsacienne, lettré, ardent défenseur de la République et patriote sourcilleux, il veut faire de Nantes, comme les Mangin, un foyer de la lumière républicaine. Avec ses fils, Maurice, polytechnicien, qui lui succédera, et Marcel, le « roi au masque d’or », écrivain dédicataire du Père Ubu, qui collabore au journal, il va connaître l’âge d’or de la presse : les mutations techniques et la transformation de la profession que la loi du 29 juillet 1881 libère. Le nombre et les tirages des journaux s’envolent. À la charnière des XIXe et XXe siècles, un bouquet de lois fonde un régime démocratique et laïque que défendent d’illustres « Nantais », Waldeck Rousseau, Clemenceau, Briand. Le Phare en est l’un des soutiens tandis que se profile une concurrence venue de Rennes, L’Ouest-Éclair…
presseeditions.fr, 04/09/2008
La saga de 1 210 pages au total est truffée d'anecdotes croustillantes. La lecture est très agréable, car les trois tomes sont écrits sous forme de petits chapitres, tels des articles, qui racontent au final la vie nantaise au fil des époques. Le lecteur redécouvre des noms de patrons très connus de la presse locale (Mangin, Scwob, entre autres) et des titres aujourd'hui disparus, comme le quotidien Le Phare de la Loire ou l'hebdomadaire La Tribune.
Armand Prin - L'écho de l'Ouest - 28 mai 2010
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