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  • Romans, etc.

Claude Ecken

Au réveil il était midi

Au réveil il était midi

Date de parution : mars 2012


Illustrateur : Raphaël Defossez

Collection : Romans, etc.

ISBN13 : 9782841725847

Nombre de pages : 320
Prix : 14,90 €
État : épuisé

Un étranger craignant une reconduite à la frontière, prêt à mourir en sautant de l'immeuble.
Un enfant qui rêve de cellule de soutien psychologique.
Un vieil homme qui voit d'un mauvais œil les jeunes du quartier répéter leur rap dans l'immeuble. La longue errance d'une femme au fil des structures sociales censées l'aider.
Une note de l'observatoire de veille sanitaire établissant l'étiologie d'une nouvelle maladie chez les employés du service public, entre paranoïa et schizophrénie.
Un jeune homme considéré comme pré-délinquant avant sa naissance.

Autant de situations qui évoquent des faits divers récents et sont prétexte à des histoires qui les prolongent et les mettent en perspective, dénonçant une dérive progressive vers un avenir incertain.

Loin de décrire les paillettes et le clinquant des milieux influents, ces onze récits tendent au lecteur un miroir de notre société, où les ajustements imperceptibles la changent plus profondément que les grands bouleversements historiques. Les personnages s’impriment dans notre mémoire, car des anecdotes murmurent et bruissent tout au long de ces pages.

L’écriture et le sens du récit de Claude Ecken sont empreints d'un humanisme qui sont autant d'occasions de réfléchir que de raisons d'espérer.

  • Revue de presse
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Ecken - Au réveil il était midi - L'écran fantastique
Posté le 12 avril 2012 -

Le futur commence en bas de chez vous…

A priori, le nouveau recueil de notre collaborateur n'est pas à ranger dans la catégorie SF. D'ailleurs, dès sa première nouvelle (sur onze), il prévient: "La science-fiction est morte. Le présent, c'est plus urgent qu'un futur qui ne viendra jamais". Qui parle? Un jeune écrivain de banlieue ou, comme on dit, vivant dans un "quartier sensible". Mais il est facile aussi de penser qu'il s'agit de la parole de l'auteur, dont on connait la sensibilité sociale, et qui alimente ses textes par un vécu se nourrissant d'animations tous azimuts avec nombre de ressortissants de couches sociales pas spécialement favorisées.

D'où un ensemble de situations, de portraits, de dialogues qu'on dirait saisis sur le vif : profs en déshérence, jeune flic qui va se pendre par désespoir, collégiens qui se cherchent sans se trouver, parents d'élèves en bisbille - formant un tableau vivant, un rien didactique aussi, de la France de 2012. Quand même, à force de parler du présent, on garde un oeil sur le futur et, insensiblement, les textes intègrent quelques bribes d'anticipation, comme cette belle idée des caméras de vidéosurveillance cachées dans des cariatides ornant les réverbères ("Subtilité proprement horrifiante, sa tête pivotante s'orienta dans ma direction…") et bien sûr la nouvelle conclusive, 2021, qui décrit le projet d'une ville organique totalement refermée sur elle-même et régie par le privatif, la cityplasme. Un recueil qu'on pourrait placer sous le double parrainage de Frank Pavloff et son Matin Brun, et Stéphane Hessel avec Indignez-vous!

 

Jean-Pierre Andrevon

L'écran fantastique, n°330, Avril 2012

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Ecken - Au réveil il était midi - Revue Solaris
Posté le 02 mai 2012 -
On connaît mal Claude Ecken, pourtant il écrit depuis une vingtaine d’années, alternant romans, nouvelles – pour lesquelles il a eu le prix Rosny aîné – et scénarios de BD. Jusqu’ici ses nouvelles relevaient de la pure SF, une SF à la Jules Verne, à la Heinlein. Des histoires construites à partir d’hypothèses solides et situées dans un futur proche. D’où l’étonnement devant le recueil de ces onze récits dont la perspective est donnée dès le premier texte  Asphyxie .
 
« La science-fiction est morte. Le présent est plus urgent qu’un futur qui n’arrivera jamais » (p. 14) qui rappelle cette opposition des années lointaines où à la collection "Ailleurs et Demain" s’opposait celle intitulée "Ici et Maintenant".
 
Une fois l’étonnement passé, on s’intéresse aux textes. Tous ont à voir avec un futur si proche qu’on peut le prendre pour un quasi présent, comme s’il s’agissait de faits divers d’un monde qui est celui que nous lisons dans les journaux avec indifférence. Ou alors un monde où les mêmes faits divers nous seraient présentés comme la norme. Un monde où les techniques « scientifiques », comme chez le Philip K. Dick de
Minority Report , sont utilisées pour anticiper les conséquences éventuelles d’une tare d’un individu. Ce qui chez Dick relève des précogs est ici une conséquence du besoin de sécurité dont rêvent – paraît-il – les citoyens (blancs de préférence).
 
Ces techniques, avec le côté sécuritaire absolu qui vire à la paranoïa, finissent par leur application injuste et injustifiée, par transformer des adolescents en délinquants. Ne serait-ce tout simplement que parce que tout est matière à délinquance dans la vie de ces adolescents. Aussi bien à l’école qu’en dehors.
 
On vit, dans ces nouvelles, dans des quartiers de banlieue, surveillés comme si les habitants n’attendaient que le moment d’exploser tant la haine est forte, mais elle demeure en profondeur, la police veille et surveille. On est confronté à des vies que tout tend à transformer en destin de mort, comme une prophétie autoréalisatrice. Il suffit parfois, comme dans la dernière nouvelle, qu’une parole sur l’enfant soit posée, avant même sa naissance, pour qu’il devienne ce que cette parole prophétisait : un voyou. D’ailleurs la société entière a mis la main à la pâte pour obtenir ce résultat.
 
Nous nous demandions si nous avions quitté le domaine de la SF, ainsi que Claude Ecken l’avait prédit. La question demeurera pour certains. Ne serait-ce pas plutôt, comme chez Ballard – qui avait prétendu que ses textes n’en relevaient pas –, un élargissement du domaine de la SF ? Ce que le lecteur a ici entre les mains, c’est un ouvrage généreux, optimiste, et qui donne à réfléchir.
 
 
Roger BOZZETTO
Revue Solaris 182, Printemps2012
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Ecken - Au réveil il était midi - Galaxies
Posté le 02 mai 2012 -
Règle de base : un livre qui se veut de la littérature générale et dénigre la science-fiction a toutes les probabilités d'être de la science-fiction, et de la mauvaise. Sauf qu'ici, à la première page, ce n'est évidemment pas l'auteur, mais un narrateur peu sympathique qui reproche à son fils de lire de la SF. On conviendra que ce n'est pas la même chose. On pouvait bien entendu s'en douter de toute façon, s'agissant de Claude Ecken et des éditions L'Atalante. Autre règle de base : quand on a le douteux privilège d'être assez vieux pour en avoir entendu parler, il est convenu et convenable de vouer aux gémonies la très feue science-fiction politique française (SFPF voire NSFPF). Celle-ci avait certes bien des défauts, et parfois un discours triomphaliste peu en phase avec sa réalité éditoriale, mais au moins à petites doses, on ne saurait reprocher à des livres de parler de la réalité immédiate en l'exagérant, en lançant des messages d'alerte ou des signaux de détresse, et en reflétant les engagements de leur auteur. Surtout quand celui-ci a du talent, et c'est le cas.
Bref, au fil de ces nouvelles aux longueurs des plus variables, classées par ordre chronologique comme des éclats d'une histoire du futur proche vu non des sommets mais à hauteur d'humain ordinaire, on passe d'un monde à peine plus désagréable que le nôtre ce qui fait déjà beaucoup, et où l'anticipation y est presque imperceptible, à des dérives cauchemardesques de plus en plus évidentes. Surveillance généralisée, xénophobie, avilissement de l'école pour commencer, destruction de squat vu par un gamin à la recherche de son doudou, racisme ex-colonial des plus ordinaires, embastillement certes provisoire d'un témoin gênant les policiers musclés, ceci sur fond de rap, aides sociales dérisoires et suspendues à de paperasseries kafkaïennes, moralisme de carton pâte purement formel, asphyxie des services hospitaliers, amnésie organisée par l'amputation de l'Histoire, avec l'aide de quelques parents d'élèves bien pensants et arrivée des forces de l'ordre pour agrémenter l'inspection d'une enseignantes ne pensant pas comme eux, vigiles ou miliciens bien organisés, nouvelle maladie psychique née par et pour le contrôle social, peine de mort pour de quasi-enfants, et détectage-assignation dès la maternelle, ville à peine future, enfin, supposée être pour 2021, bien clivée, bien fermée, cityplasme ne prêtant pas à l'enthousiasme… On passe de l'à peine exagéré à un autre monde peu ragoûtant, en quelques textes, en quelques années, et peut-être d'ailleurs ne faudrait-il pas tant de quinquennats comme celui qui vient de s'écouler.
Pas de noms, pas de références précises - l'écriture a le dessus sur le tract. Et la voix de Claude Ecken, vieux routier trop sous-estimé, aux antipodes du m'as-tu-vu et des rodomontades (qui ne firent pas de bien à la SFPF sus-citée), et sa capacité d'empathie dans la peinture des personnages quotidiens et touchants, se combinent au plus grand bénéfice du lecteur. Lequel acceptera sans nul doute le message très explicite de ce livre paru sans doute un peu trop tard, en pleine campagne électorale alors qu'il aurait pu être hélas d'actualité depuis quelques temps. Il se peut que cela lui nuise. Ce serait dommage. Il ne faudrait pas que cela empêche de l'apprécier, pour ses qualités propres, à commencer par son écriture, et aussi parce que quoi qu'on fasse, quoi qu'on vote, les ventres sont toujours chauds d'où sortent des bestioles innommables, et celles-ci, réunies en troupeau, peuvent pourrir la vie de tous.
 
 
Eric Vial
Galaxies - Numéro 16
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Ecken - Au réveil il était midi - Bifrost
Posté le 03 mai 2012 -
Pour son nouveau livre, Claude Ecken s'est essayé à un exercice périlleux. Ni roman ni recueil de nouvelles à proprement parler, Au réveil il était midi apparaît davantage comme une collection de récits, de portraits et de scènes de la vie quotidienne, qui, mis bout à bout, dressent un tableau assez exhaustif de notre société et de son très proche avenir. Expulsion d'une famille de squatters, contrôle de gendarmerie qui dérape, parcours du combattant d'une mère célibataire au chômage contrainte de faire face à une accumulation de petites tracasseries administratives, jeune prof d'histoire-géo victime d'une vendetta absurde, chaque nouveau récit prolonge le précédent et permet à l'auteur d'identifier et d'analyser les grandes tendances à l'oeuvre dans la société française d'aujourd'hui, qu'il s'agisse du désengagement progressif de l'Etat de certaines de ses fonctions, de la dégradation de la situation économique et sociale, ou du fichage de plus en plus précis et de moins en moins facultatif de chaque citoyen, entre autres thèmes abordés.
 
Les écueils potentiels pour un tel projet sont nombreux. Le premier aurait été de faire de ces histoires intimes des récits édifiants et/ou larmoyants. Ce n'est jamais le cas. Claude Ecken ne surdoué pas la carte de l'émotion, réservant à quelques passages forts des scènes d'une belle humanité, et l'empathie que l'on peut ressentir pour les personnages ne se substitue pas à l'analyse rigoureuse et argumentée des situations qu'il décrit. De même, il évite tout manichéisme en mettant en scène une large palette d'individus, issus de tous les milieux, dont il nous décrit le quotidien avec un sens du détail et de la nuance qui donne à la fois de l'épaisseur et du poids à son propos. Enfin et surtout, l'auteur s'interdit de porter tout jugement moral sur ses protagonistes, qu'il se contente d'observer et de décrire de manière aussi objective que possible.
 
L'autre grande erreur aurait été de faire d'Au réveil il était midi un pamphlet revendicatif et provocateur, au détriment de toute ambition littéraire. Un piège que déjoue Claude Ecken en travaillant tel un orfèvre la forme de chacun de ses récits, portés qui plus est par une écriture où l'élégance le dispute à la précision.
Il serait également trop réducteur de ne voir en ce roman qu'un réquisitoire contre la politique française de ces dernières années. Certes la plupart des sujets abordés font écho à nombre de débats qui ont agité la scène politique et médiatique depuis 2007 et l'auteur s'amuse même à pasticher un discours présidentiel qu'il nous restitue plus vrai que nature. Mais sa réflexion s'inscrit dans un cadre plus large que le seul plan national, et met à jour des phénomènes plus profonds, dont la politique gouvernementale actuelle ne constitue qu'une manifestation parmi d'autres. De ce point de vue, il est intéressant de noter que, sur de nombreux aspects, le diagnostic que fait Claude Ecken rejoint celui que dresse Cory Doctorow dans son récent Little Brother. À distance et dans un contexte fort différent, l'un comme l'autre s'inquiètent des méthodes de surveillance et de fichage de plus en plus élaborées et sournoises, des pratiques policières de moins en moins encadrées, ou encore de voir la défiance de l'Etat s'accroitre à l'égard de ses propres citoyens - autant d'accrocs à la démocratie dont le poids est supporté par l'ensemble de la communauté, souvent avec son assentiment d'ailleurs. Au réveil il était midi évoque également certaines oeuvres de Ballard (on ne s'étonnera pas que le narrateur de l'une des nouvelles se nomme Jim Graham) dans sa manière d'amplifier quelque peu certains traits de notre société pour mieux mettre en lumières les principales forces qui l'animent. C'est ce qui en fait un livre remarquable et une lecture indispensable, notamment en ces temps électoraux, mais pas seulement.
 
 
Philippe Boulier
Bifrost n°66
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Ecken - Au réveil il était midi - Midi libre
Posté le 29 juin 2012 -
Un étranger craignant une reconduite à la frontière, prêt à mourir en sautant de l'immeuble; un enfant qui rêve de cellule de soutien psychologique, un vieil homme qui voit d'un mauvais oeil les jeunes du quartier répéter leur rap dans l'immeuble , la longue errance
d'une femme au fil des structures sociales censées lui venir en aide ...
Autant de situations qui évoquent des faits divers récents, prétextes à des histoires qui les prolongent et les mettent en perspective.
Au réveil, il était midi est le dernier livre publié par Claude Ecken, auteur installé à Béziers. ll s'agit d'un recueil de nouvelles, « un état des lieux de la société actuelle », indique l'écrivain.
Les relations humaines misent en scène paraissent assez justes. Le style est plaisant aussi, même s'il est parfois un peu trop dense, l'auteur abordant trop de thèmes à la fois.

Le titre, tiré d'un poème de Rimbaud, illustre le propos de Claude Ecken partir du quotidien pour aller un peu plus loin dans l'avenir.

 
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Ecken - Au réveil il était midi - Les vagabonds du rêve
Posté le 17 juillet 2012 -

On ne dira pas que les nouvelles de ce recueil relèvent de la SF, même à peine de l'anticipation, tant elles collent au présent bien réel. Eussent-elles été publiées au siècle dernier qu'un futur si déprimant eut été classé directement dans l'imaginaire le plus noir. Mais ce n'est pas de l'imaginaire, c'est juste la vie du voisin d'à-côté, de celui qu'on ne voit pas parce qu'on ne veut pas le voir.

Douche froide et sans doute salutaire pour les uns, tristesse mâtinée d'espoir pour d'autres mais d'un espoir bien mince. Et cela commence très fort avec Asphyxie. Juste trois pages pour vous remettre dans le monde réel, celui où la lâcheté est le prix de la survie. Bref, celui qu'on voit tous les jours. Celui qui pourrait changer, si, et si seulement.

Peut-être avec un Soutien psychologique mais, ça, c'est réservé à quelque chose de grave, du type de celles qui passent à la télé, pas à un petit garçon vivant dans un squat et dont le bâtiment est démoli sous les yeux. Après tout, les pauvres, ils ont l'habitude, c'est bon pour les nantis de s'apitoyer.

La Foire aux palabres ensuite, certainement ma préférée. La vie d'un sénégalais ordinaire, du genre de ceux qui ont étudié la littérature française mais qu'on appelle Bamboula dans la vie courante ou qui se font demander dans la rue par une élue s'ils sont de nationalité française ou sénégalaise. La vie courante, je vous l'ai dit, celle qui permet de mesurer l'écart entre l'intelligence et la bêtise et de les attribuer à coup sûr. Quelques pages y suffisent.

Je vous apprendrai la haine. Étrange titre qui pourrait être interprété d'au moins deux façons. Car si les contrôles au faciès peuvent engendrer la haine, il est des rencontres qui peuvent l'éduquer à l'efficacité. Parce que se sont les mêmes policiers qui emmèneront Farid au poste. En le soupçonnant de voler un scooter alors qu'il allait chercher une pizza pour les potes avec lequel il fait de la musique dans une cave. Et qui y conduiront ensuite un vieil homme intervenu comme témoin.Traitement de choc qui permet de reconnaître ceux qui restent debout.

Sparadrap et bouts de ficelle, les composants d'une vie quand il ne reste rien d'autre. Quand les associations d'aide ne peuvent plus rien espérer mais que ce sont ceux qui n'ont rien qui ont encore à donner un peu de lumière.

La Morale de l'histoire c'est que refuser d'assumer son passé est la meilleure méthode qui soit pour pourrir son présent. Difficile pourtant lorsqu'on craint pour son emploi mais toujours possible.

La Petite fille entre deux mondes porte une robe bleue, sans doute parce qu'elle est un petit coin de ciel dans un mode obscur. Celui des policiers, des sans-papiers, des milices de quartiers, des camps centres de rétention... Et quand on lève les yeux sur un bout de ciel, on commence à y voir mieux.

En peu de pages, Schizonoïa, dresse le rapport précis d'un nouveau comportement psychiatrique en... 2019. De l'anticipation en voilà. Vraiment ? Rien n'est moins certain. Sont notamment touchés l'Éducation nationale, les services de santé, Pôle emploi... La question se pose.

La Ville de cristal, c'est presque celle où nous vivons déjà, avec ses caméras de surveillance. Mais que filment réellement les caméras ? Peut-être juste ce qu'on veut leur donner à voir. Bien perspicace est celui qui sait, à moins qu'il ne se trompe dans son propre jeu de miroirs.

Pierre Martino, un cas et surtout une réfexion sur la prévention de la violence dans la société, ses dérives et ses limites.

2021. On y est presque. Juste quand se rejoindront (ou se rejoignent ?) les méthodes de travail et la police de la pensée. À conjuguer au futur anticipé.

Si vous avez besoin d'échapper au quotidien, ce ne sera pas la lecture idéale. Encore que ce quotidien-là pourrait vous faire mieux apprécier le vôtre. Mais, en ce qui concerne le futur proche, n'hésitez pas, surtout si vous le rêvez autre. Parce que lutter, c'est d'abord identifier l'ennemi. Et parce qu'Ecken use d'une plume si agréablement limpide qu'on suit parfaitement son dessin. Dessein, peut-être ?

Hélène
Les vagabonds du rêve

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Ecken – Au réveil il était midi - France Mutuelle Magazine
Posté le 30 juillet 2012 -

Des situations qui évoquent des faits divers récents et sont prétextes à des histoires qui les prolongent et les mettent en perspective, dénonçant une dérive progressive vers un avenir incertain.

Loin de décrire les paillettes et le clinquant des milieux influents, les onze récits de cet ouvrage tendent au lecteur un miroir de notre société, où les ajustements imperceptibles la changent plus profondément que les grands bouleversements historiques.

L’écriture et le sens du récit de Claude Ecken sont empreints d’un humanisme qui sont autant d’occasions de réfléchir que de raisons d’espérer.

Th.B.
France Mutuelle Magazine

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Ecken – Au réveil il était midi – Elle
Posté le 30 juillet 2012 -

Né en Alsace, Claude Ecken a vécu à Aix-en-Provence, avant de s’installer à Béziers. Si la science-fiction est son genre de prédilection, il s’est aussi frotté au fantastique, au policier et à la littérature jeunesse. Le Monde, tous droits réservés, publié en 2005, lui permet de remporter le Grand Prix de l’imaginaire.

Bien que fin connaisseur des avancées technologiques, il place toujours l’humain au centre de ses préoccupations.

Claude Ecken vient de publier Au réveil il était midi, un recueil de nouvelles inspirées par des faits divers ayant défrayé la chronique. L’occasion pour lui de s’interroger sur la société ultra libérale.

Elle

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Ecken - Au réveil il était midi - Murmures
Posté le 10 septembre 2012 -

Claude Ecken fait partie des très bons auteurs de science-fiction française, régulièrement récompensé, on peut considérer chacune de ses productions dans le genre comme un petit événement. Vous ne pouvez pas manquer ce recueil de nouvelles, la couverture tire l’œil avec son rond rouge sur un visage en bleu et le titre en noir sur fond jaune ; ce n’est ni beau, ni laid, ni explicite ça intrigue.

Curieux, vous allez lire le sommaire et chercher vainement la nouvelle qui donnerait son titre au recueil. Curieux, vous allez feuilleter et comme le premier texte est court mais dense - et ce n’est pas qu’une question de mise en page - vous le lirez. Et vous y trouverez les phrases suivantes : “La science-fiction est morte. Le présent c’est plus urgent qu’un futur qui ne viendra jamais. Le présent bouche l’horizon. C’est dangereux de regarder ailleurs.” Et là vous comprendrez que vous ne tenez pas entre vos mains un simple livre de SF, mais un de ces brûlots qui éclairent la réalité, le présent pour éviter que l’on soit asphyxié, aveuglé. Au fur et à mesure de votre lecture vous découvrirez comme la plupart des personnages qu’il y a de multiples façons d’aborder le monde. Vous conviendrez que la plupart du temps on ne le voit que par le petit bout de notre lorgnette et surtout que l’on ne nous apprend pas à tirer les conséquences - toutes ? cela semble impossible, mais un grand nombre pourquoi pas ? - des actes commis, des décisions prises (par nous ou par les autres). Plus loin dans le recueil vous pourrez lire : “Sauf que la météo se moquait bien de l’image de la nation. Et que la retransmission d’un match de foot de première importance avait temporairement transféré au centre d’un stade les questions d’honneur et de compétences nationales, voire la paix sociale et les relations internationales avec les concurrents.” Étonnant, non ? comme disait le camarade Desproges.

Toutes les nouvelles sont bonnes à tel point qu’il est difficile d’en privilégier une au dépend des autres. Je tranche et je vous recommande particulièrement “La morale de l’Histoire” sans doute parce qu’elle me rappelle un slogan lu quelque part “Vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance.”

A lire, à prêter, à offrir...

Noé GAILLARD
Murmures

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Ecken - Au réveil il était midi - Wagoo
Posté le 06 septembre 2012 -

Ce nouveau recueil de textes de Claude Ecken, après Le Monde, tous droits réservés en 2005, ne manque pas de surprendre. En dehors de la première nouvelle, « Asphyxie », qui imagine le sermon d’un père à son fils, dans une société française devenue encore plus policière, xénophobe et intolérante, avec en guise de clin d’œil une critique de la SF comme délibérément déconnectée du réel, les autres récits n’ont en apparence qu’un lien ténu avec notre genre de prédilection. Tout au plus peut-on diagnostiquer une légère anticipation dans certains durcissements législatifs ou réformes scolaires (ainsi de l’histoire-géographie-éducation civique, matière devenue une simple option, et des policiers affectés à chaque établissement). En fait, Au réveil il était midi est avant tout un ensemble d’histoires réalistes, pleines de sympathie pour des personnages communs, et que l’on peut rattacher à un engagement de gauche ; une anticipation sociale, pour laquelle Claude Ecken a simplement légèrement avancé le curseur du temps, au point de rendre son tableau de notre très proche à venir (2019 est une des rares dates citées) tellement crédible qu’il en est d’autant plus dérangeant.

« Soutien psychologique » brocarde ainsi la tendance à mettre en place des cellules psychologiques pour le moindre traumatisme supposé, en oubliant volontairement certains drames du quotidien, comme l’expulsion d’un squat de familles d’origine étrangère. De même, « La foire aux palabres » est une très belle évocation d’un Sénégalais venu en France car il croyait aux valeurs humanistes défendues par la Révolution, qui se heurte aux discours opportunistes d’une politicienne en mal de victoire électorale (tiens, tiens !) mais également à l’ouverture d’esprit d’un étudiant qui montre que l’on doit toujours continuer à espérer du genre humain. On peut en rapprocher « La petite fille entre deux mondes », où les immigrés sont encore plus pourchassés, y compris par des milices de citoyens volontaires, élément d’un véritable pré-fascisme ; l’occasion de proposer un portrait de policier doutant de sa mission.

Le doute des fonctionnaires est d’ailleurs au cœur de « Schizonoïa », diagnostic approfondi des ravages causés par le néo-libéralisme et sa logique de rentabilité sur des professions touchant au social. « Je vous apprendrai la haine » a ceci d’original qu’au-delà de la dénonciation poignante et même urticante de la violence policière gratuite et des humiliations de la garde à vue, on y trouve enchâssée les textes de deux chansons imaginaires de rap. « Sparadrap et bouts de ficelles » séduit, en plus de ses multiples exemples de dégradation sociale liée à la réduction généralisée des budgets, par sa construction formelle, puisque l’on suit la journée d’une femme SDF et de son fils face aux avanies d’administrations sourdes à la misère, de médecins refusant la CMU ou d’enfants souvent cruels pour les plus pauvres qu’eux avec à chaque fois des éclairages de l’intérieur, permettant davantage de nuance dans le propos.

« La morale de l’histoire » est insidieusement plus cruel, brossant le portrait d’une jeune enseignante, ayant dû jouer la stripteaseuse afin de financer ses études, et dont le passé revient la frapper en pleine face en la personne d’un client devenu parent d’élève. L’auteur semble d’ailleurs y plaider contre l’évaluation à tout crin des élèves (et plus généralement des individus), ainsi que pour une éducation qui ne sacrifie pas l’ambition et le contenu (ici, l’indispensable chronologie historique, nécessaire à toute approche thématique). Au passage, on sent bien chez Claude Ecken une connaissance intime du milieu professionnel qu’il évoque (avec ces parents toujours prêts à contester les décisions des professeurs), et ce dans toutes les nouvelles.

Dans « La ville de cristal », sont analysés la vidéo-surveillance et son totalitarisme rampant, ainsi que l’urbanisme uniforme, mis en cause, entre autres, par le collectif Pièces et main d’œuvre ou par Jean-Luc Debry (Le cauchemar pavillonnaire) ; au passage, le portrait du président, vulgaire et inculte, ressemble fort à celui du désormais ancien locataire de l’Elysée… « Pierre Martino, un cas », encore plus clinique que les autres, se révèle particulièrement troublant, dans son portrait d’un individu abimé par la vie, que tout accuse, à commencer par cette volonté d’évaluation précoce et généralisée du risque. Enfin, l’ultime nouvelle, « 2021 », se rapproche davantage de l’univers de Dick, à travers son oscillation entre deux réalités tout aussi hésitantes, un texte qui tranche quelque peu avec le reste du recueil ; une forme de conclusion, qui synthétise cet éclatement de notre société en microcosmes localisés spatialement facilitant d’autant le contrôle.

Un portrait à la fois réaliste et cru de notre société actuelle, dont la seule limite tient sans doute aux perspectives envisagées pour un changement, la bonne volonté de certains ou la non-violence devant accompagner la critique sociale (dans « Je vous apprendrai la haine »). A certains égards, on retrouve là la réussite d’un roman en forme de recueil de nouvelles comme Les monades urbaines, de Robert Silverberg.

Maestro
Wagoo

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Ecken - Au réveil il était midi - Journal semi-littéraire Blog
Posté le 17 octobre 2012 -

(...) Cette nouvelle résonne avec Au réveil il était midi, où la SF à proprement parler est discrète, ténue, extrêmement ténue... si subtile qu'elle semble parfois absente, et qu'il faut se raccrocher à ce qui fait la fiction dans chaque récit pour le rendre supportable. Pas, ou très peu, de matière scientifique à l'origine de chaque situation, simplement un travers politique, administratif poussé au bout de sa logique. C'est dur, c'est brutal, ça prend aux tripes, surtout quand les échos sont forts dans le monde réel. Sparadrap et bouts de ficelle, par exemple. Si on vous a déjà raconté, si vous avez déjà vécu, un rendez-vous avec un conseiller Pôlemploi, renvoyé douze fois votre dossier complet remis sept autres en mains propres, vous savez que la réalité n'est pas loin de la fiction. La Morale de l'histoire m'a encore plus interpelée. J'ai été TZR huit ans, et TZR chanceuse. Quand j'expliquais à chaque veille de rentrée, que non, aucune idée d'où je serais le lendemain, que oui, je pouvais être sur plusieurs établissements, que non, jamais je n'avais été formée à une bonne partie de ce que je suis censée enseigner, on ouvrait des yeux effarés autour de moi. Et pourtant. c'est tellement peu de choses dans un système éducatif en déliquescence. Voir débarquer les chiens en quête de drogue, la police dans l'établissement, ce sont des choses qui arrivent. Le pistonnage intensif aussi. Base Elèves. Et les dérives qui vont avec... aussi.

J'évoquerai aussi La Petite fille entre deux mondes, et les centres de détention réservés aux étrangers qui y sont dépeints. Vous savez bien, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, hein ? C'est vrai. Il n'empêche que derrière ladite misère, il y a des hommes et des femmes. Qui ont des enfants. Que j'ai eu face à moi l'année où j'ai enseigné en classe d'accueil. Que je retrouve maintenant que je suis estampillée "ex-prof de CLA" et qu'ils arrivent en "intégration" (joli mot pour dire qu'en un an, hop, la magie opère, tout le monde est parfaitement francophone).

Bref... ce recueil m'a très sérieusement prise aux tripes. Je l'ai détesté, et j'ai adoré le détester : je l'ai détesté parce qu'il montre des choses justes, des dérives qui ne sont pas à exclure, insoutenables pour celles déjà réelles... et par ricochet, j'ai adoré la force magistrale qui se dégage de l'ensemble. Ce recueil est insoutenable, mais salutaire.
(...)

Angua
Journal semi-littéraire Blog

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Ecken - Au réveil il était midi - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté le 23 janvier 2013 -

Il s'agit d'un recueil de nouvelles, plus ou moins longues, qui toutes dénoncent les dérives d'une société administrative et policière abusive.

On suit l'histoire d'une femme qui se retrouve au chômage et n'arrive pas à s'en sortir, errant d'administration en administration, ou l'histoire d'un jeune maghrébin arrêté arbitrairement par des policiers trop zélés, ou encore un jeune réfugié tchétchène, surveillé par la milice des voisins, et dénoncé.

Claude Eckhen s'attaque aussi à la grosse machine qu'est l'Education Nationale, avec l'histoire de Dominique, professeur, qu'un parent d'élève va pousser à la démission.

Sa nouvelle La ville de cristal se passe dans un futur plus ou moins proche, mettant en scène cette fois la surveillance à outrance, par un système de caméras et de logiciels sophistiqués de reconnaissance omniprésents dans la ville.

Une autre histoire raconte comment les enfants sont décelés délinquants avant même leur naissance, et tous les moyens que l'état se donne pour les corriger, les façonner, les éradiquer sont abondamment décrits.

De nouvelle en nouvelle, l'auteur dénonce tous les travers de notre société d'assistance, d'aide aux plus démunis (l'explication sur la façon de "couler" une association caritative est édifiante !), d'abus de toutes les autorités.

L'écriture est vraiment maîtrisée, dynamique, très agréable à lire. C'est surtout remarquablement bien documenté et très instructif sur les rouages des administrations en tout genre.

Parfois, un petit détail vient égayer la noirceur du quotidien : ce peut être une fillette en robe bleue qui sauve inconsciemment deux désespérés, un vieil homme acariâtre qui n'aime pas les rassemblements des jeunes en bas de son immeuble mais qui intervient lors d'une arrestation policière musclée. Il reste un brin d'humanité dans notre société irrémédiablement corrompue et définitivement abîmée.

Une lecture sombre, mais terriblement efficace.

Marquise (29/04/2012)

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En février, Lazare en guerre à prix réduit en numérique
Posté 12 février 2019 -

Le premier tome de "La Guerre sans fin", Paria, sort dans moins de deux semaines ! À cette occasion, nous vous proposons de découvrir "Lazare en guerre" à prix réduit en numérique.
Sur Kobo, sur Emaginaire, sur Amazon et partout ailleurs.

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Johan Heliot à la Foire du livre de Bruxelles
Posté 12 février 2019 -
Le samedi 16 et dimanche 17 février, venez rencontrer Johan Heliot à la Foire du livre de Bruxelles.
Il sera en dédicace le samedi à 17h et le dimanche à 11h, 16h ainsi que 17h30.
Le dimanche à 16h, il interviendra lors de la table ronde : Frankenstein, le mythe est vivant.
 
heliot_3.jpg frankenstein_1918_s.jpg
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L’Atalante, 30 ans au compteur
Posté 11 février 2019 -

« Au départ une petite librairie de 15m2 spécialisée dans le cinéma au cœur de la ville de Nantes. Puis la librairie s’agrandit et devient édition, et du cinéma passe à l’imaginaire et à la science-fiction. C’est d’abord un catalogue étranger, dont une prise de guerre qui lui permet de se consolider : Terry Pratchett et sa saga du Disque-monde. Puis peu à peu des auteurs français, et non des moindres : Pierre Bordage avec sa trilogie des Guerriers du silence, Roland Wagner, Serge Lehman et maintenant Catherine Dufour. En 30 ans, L’Atalante est devenue l’un des piliers de la SF en France. C’est son anniversaire que nous fêtons aujourd’hui. »

Nicolas Martin, La Méthode scientifique sur France Culture – 26/01/2019

Écoutez l'émission

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Manuscrits
Posté 21 janvier 2019 -

Et la session de l’an passé ?

En 2018, nous avons reçu 885 manuscrits lors de l’ouverture de notre session annuelle de janvier, changement de méthode dont nous sommes satisfaits. Nous y avons trouvé une plus large proportion de fantasy (50 %) que de science-fiction (40 %) et assez peu de fantastique (10 %), sans compter les inclassables…
Plusieurs textes nous ont semblé prometteurs, mais souvent il leur manquait un petit quelque chose pour être publiables. N’hésitez pas à persévérer, à retravailler vos textes ou à en écrire d’autres. Faites-vous plaisir, surtout.
Un dernier conseil, le plus important selon nous : lisez ! Inspirez-vous, baignez dans les récits de vos prédécesseurs. Pierre Bordage, Michael Moorcock, Guy Gavriel Kay, Orson Scott Card, Ursula K. Le Guin, Jean-Marc Ligny, Becky Chambers pour n’en citer que quelques-uns. Il y a l’embarras du choix.

Lors de cette session, merveille !, nous sommes tombés sur une pépite. Il s’agit d’un roman de fantasy historique revisitant un mythe soufi. Il nous emmène en terres franques, en Syrie et en Irak. L’écriture de l’autrice est bouleversante tant par son érudition sur le sujet que par sa galerie de personnages fabuleux, tous uniques et ancrés dans leur époque et leur culture. Nous sommes heureux de bientôt publier L’Appel des Quarante, le premier opus de "La Rose de Djam", par Sandrine Alexie
   retoursur2018_manuscrits_2019_s.jpg
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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