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Éditeur de science-fiction, mais pas seulement, L'Atalante offre une grande variété de collections : des sciences humaines à la bande dessinée, en passant par le polar, le théâtre et, depuis peu, la jeunesse, notre catalogue s'étoffe d'année en année. Nouveaux auteurs, nouvelles collections... N'hésitez pas à les découvrir en feuilletant ce site.

Diffusion-distribution : CDE / SODIS

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Catherine Dufour

Entends la nuit

La chair et la pierre sont de vieilles compagnes. Depuis des millénaires, la chair modèle la pierre, la pierre abrite la chair. Elle prend la forme de ses désirs, protège ses nuits, célèbre ses dieux, accueille ses morts. [...]




Terry Pratchett

Jeu de nains

La vallée de Koom ? C’est là que les trolls ont tendu une embuscade aux nains, ou peut-être les nains aux trolls. Dans un pays reculé. En des temps reculés. [...]




Terry Pratchett

L'Hiverrier

L’esprit de l’hiver s’est épris de Tiphaine Patraque. Il lui offre des icebergs, se déclare par des avalanches et la couvre de flocons. [...]




Terry Pratchett

La fausse barbe du père Noël

Plongez dans le monde fantastiquement drôle de Terry Pratchett pour un plaisir festif à nul autre pareil. À la lecture de ces onze nouvelles, vous allez vous esclaffer, vous étouffer et pleurer (de rire) – vous ne verrez jamais plus Noël du même œil.  [...]




Terry Pratchett

Monnayé

Qui refuserait ce job en or, diriger la banque royale d’Ankh-Morpork ? Moite von Lipwig peut-être, ancien escroc et ministre des Postes. [...]


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Leboulanger - Malboire - Juste un mot
Posté 13 septembre 2018 -
C'est en 2011 que Camille Leboulanger se fait remarquer avec la publication aux éditions L’Atalante d’un premier roman post-apocalyptique intitulé Enfin la nuit. Après un détour l’année dernière par la fantasy avec Bertram le Baladin aux éditions Critic, le français revient au genre science-fictif avec Malboire, un autre récit post-apocalyptique qui mêle écologie, foi et amour dans un monde dévasté.
“Je suis resté longtemps avec Ceux de la boue. Combien de temps exactement ? Impossible à dire. Les mange-terre ne tiennent pas le compte des minutes et des jours, des heures et des mois. Ils errent sans but, marchent pour ne pas tomber, et s’ils finissent tout de même par chuter, c’est là qu’ils dormiront.”

Malboire commence de façon noire, très noire. On y rencontre d’emblée des êtres humains qui semblent vivre comme des bêtes, condamnés à errer dans une boue écœurante qui recouvre tout : la Malboire. Le récit de Camille Leboulanger commence comme le Plop de Rafaelo Pinedo mais s’extirpe rapidement de sa gangue toxique pour donner offrir un visage humain au lecteur : celui de Zizare. Ancien mange-terre, Zizare découvre le monde grâce au vieil Arsen, un ermite obsédé par l’idée d’une machine capable d’extraire l’eau du sous-sol. Rapidement, Malboire devient un récit d’apprentissage cruel dans un monde toxique où l’Eau prend une majuscule du fait de son importance vital. Dès les premiers instants, Camille Leboulanger fixe son attention sur l’élément liquide et sur ce qu’il représente pour notre société. Il imagine un univers où l’eau vaut bien plus que tous les métaux précieux réunis. Un message d’une actualité brûlante.

“J’ai toujours aimé écouter la pluie, depuis l’intérieur d’une maison ou bien sous l’averse. C’est ainsi que j’apaise mes doutes et mes douleurs, et l’Eau qui tombe du ciel ne manque jamais d’éteindre mes colères.”

Récit éminemment écologique, Malboire tente de redéfinir le monde. La plupart des hommes ont ici régressé à l’état de sauvages superstitieux et la technologie est devenu un mythe, une légende, celle du Temps Vieux et de ceux qui ont détruit l’écosystème de la planète. Zizare découvre ainsi le village croulant de Wassingue (qui signifie Serpillière dans le parler du Nord de la France), construit sur les ruines de Floréal, allusion transparente et pleine de sens à Monsanto. Dès lors, notre narrateur fait l’expérience du sentiment le plus humain qu’il soit : l’amour. Camille Leboulanger façonne ici une jeune femme sublime qui regorge de poésie et de blessures secrètes : Mivoix. Mais l’histoire taciturne de celle-ci et de Zizare peut-elle suffire ? Certainement pas ! Alors Malboire se transforme en une sorte de road-movie où l’on visite un ancien Barrage devenu lieu de culte grotesque, où l’on côtoie la mort aux côtés de Batras, autres fanatiques obsédés par l’idée de Là-Haut, ce néoparadis porteur d’espoir et d’eau pour tous.

“La pitié, ai-je découvert, est un remord sans objet, celui d’une compassion impuissante.”

Malboire, c’est aussi et avant tout ça : la foi, l’espoir, l’acharnement. La foi d’Arsen en l’humain et en ses machines, la foi de Mivoix en Zizare, la foi des Planches à Mort en leur apocalypse, la foi des Batras en leur paradis. L’être humain reste définitivement un être de croyances, des croyances qu’il réinvente même dans la boue, même dans le rien. Au cœur de Malboire, il y a également ce jugement d’une humanité qui s’autodétruit, égoïste et imbécile, aveugle à sa propre bêtise. Si le monde de Camille Leboulanger semble d’une noirceur infinie, c’est pour mieux débusquer l’espoir et le partage, pour mieux comprendre qu’il suffirait de penser pour éviter l’horreur. Du haut de notre propre barrage, ne devrait-on pas prendre conscience que nous privons déjà Ceux-de-la-Boue d’une vie meilleure, d’une vie décente ? Si ce message s’avère d’autant plus fort, c’est grâce à la plume du français, suprenament poétique et élégante, qui transforme un récit post-apocalyptique en une histoire poignante sur notre besoin d’aimer, de croire et de lutter.


Malboire se sert de l’apocalypse pour cerner l’importance vitale de l’eau et notre façon de la gaspiller. Dans un univers à la noirceur pleinement assumée, Camille Leboulanger nous trimbale dans ces contrés cruelles où l’homme trouve la foi où il peut. Mais finalement, c’est l’amour et l’humanité qui restent, l’espoir un peu grotesque que l’homme changera les choses avant la fin, à moins qu’il ne le fasse après…

Note : 8/10

Nicolas Winter - Juste un mot

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Kay - Enfants de la terre et du ciel - Elbakin
Posté 11 septembre 2018 -

Promu en 2014 à l’ordre du Canada, une des plus prestigieuses distinctions honorifiques civiles du pays, Guy Gavriel Kay s’est imposé en 32 ans de carrière et 13 romans en développant (à l’exception de sa première trilogie) un style propre plus proches des romans historiques que de fantasy classique. Children of Earth and Sky a aussi été bâti sur ce principe très justement qualifié de « history with a quarter turn into fantastic ».

Après deux ouvrages situés dans une Chine imaginaire, l’auteur nous ramène ici dans un cadre méditerranéen qu’il a déjà exploré précédemment (« La Mosaïque de Sarrance » en particulier auquel le roman fait plusieurs fois subtilement référence). On retrouve le talent de l’auteur pour s’approprier une époque et la retranscrire à sa manière. L’univers servant de toile de fond est superbement dépeint ce qui lui donne une vraie profondeur historique. Le tout étant d’ailleurs tellement bien décrit que l’époque réelle ayant inspirée l’auteur est facilement identifiable. Comme à son habitude, l’auteur rajoute à ce tableau une touche de surnaturel qui bien que très légère réussi à donner une ambiance plus particulière que celle d’un roman qui n’aurait pas ce soupçon de fantastique.

Côté personnages, l’auteur nous offre une importante galerie de protagonistes aussi divers que variés. Là aussi on retrouve le talent de l’auteur pour rendre tous les personnages dès la première rencontre immédiatement intéressants et vivants. Il réussit à donner à chacun une personnalité et une identité propre ce qui fait qu’aucun ne semble être factice.

Pour ce qui est de l’intrigue, l’auteur a bâti son histoire comme une grande fresque se déroulant sur une zone géographique assez étendue où il a disposé ses personnages comme des pions prêts à servir l’avancée de la partie qui va se dérouler. Tout le jeu va être d’entrelacer les différentes destinées qu’au départ rien ne lie pour qu’au final elles soient toutes interconnectées. Pour ce faire, le roman est composé de chapitres assez courts sautant continuellement d’un personnage à un autre. Si cette structure permet de tisser un fil reliant petit à petit tous les personnages, ces sauts se succédant de façon assez fréquente surtout dans la première moitié, finissent par donner un petit côté frustrant à la lecture, le lecteur ayant sans arrêt l’impression d’être ballotté d’un personnage à un autre. De plus, ces changements incessants de personnage ont aussi pour effet de morceler et de ralentir l’intrigue.

Le récit suit de très près les actions et les ressentis de chacun des personnages plus sous forme de patchwork que d’un fil continu. L’auteur se focalise seulement sur certains événements clefs qui vont avoir une importance particulière pour les personnages. Ces événements peuvent d’ailleurs être étudiés sous le point de vue de différents personnages, ce qui donne un intéressant effet kaléidoscopique. Le roman est aussi marqué par la tendance de l’auteur à couper la narration sur le vif de telle ou telle scène pour prendre de la hauteur et partir sur des considérations plus philosophiques. Comme si dans ce livre l’auteur était moins intéressé par les évènements eux-mêmes que leur impact à plus ou moins grande échelle.

Avec Children of Earth and Sky l’auteur semble avoir non plus vraiment cherché à construire un récit sous tension mais un roman plus méditatif sur la condition humaine, s’éloignant ainsi d’un petit pas du récit d’aventure épique pour se rapprocher du conte philosophique.

Siriane
revue