« La solution s’imposa à moi comme un coup de poing au plexus solaire. Ma respiration s’interrompit avant de reprendre, haletante. Non… je ne pouvais pas ! Je n’avais pas le droit. Jouer avec le temps était interdit, punissable ! Mais, si je laissais mon ennemi s’emparer du Secret, cet interdit n’aurait plus lieu d’être, comme tout le reste… Et c’était le seul moyen de sauver le Secret, de sauver Doregon et de sauver Josh en même temps, alors, il n’y avait pas à hésiter. Je l’entendis hurler mon nom, sa rage se répercutant jusqu’à moi…
— MIA ! »
Jeune étudiante aux Beaux-Arts particulièrement douée, Mia peint depuis des années un monde qu’elle a baptisé Doregon. Mia aime Josh, libraire ingénu et passionné. Mia aime son frère, photographe brillant mais tourmenté, pour lequel elle rêve d’une existence apaisée. Alors, quand elle reçoit le Secret, ce pouvoir singulier qui lui permet de pénétrer dans ses peintures, d’entrer physiquement en Doregon, elle ne peut résister au bonheur de partager avec chacun d’eux la vie dans cet univers fascinant, sans se douter qu’elle va le mettre en danger.
Alors bien sûr, on retrouve après tous les éléments qui font un bon livre jeunesse, quelques passages qui nous feront rire, une histoire d’amour, le coup de foudre, qui plaira à bon nombre de jeunes filles, et le pouvoir magique que tout le monde veut, avec en plus, chose qui n’existe pas souvent dans les autres romans, la possibilité de partager ce don, ce que l’héroïne fait avec plaisir. L’amour, la gentillesse, la joie et le partage sont donc de mise.
Mais en même temps, on sent une volonté de creuser un peu plus profond, et on aperçoit quelques éléments plus adultes notamment par l’intermédiaire d’un personnage bouleversé et qui devient fou au fur et à mesure que l’on avance dans le roman. Le roman n’est pas tout rose, il l’est certes au début, mais au fur et à mesure que l’on avance et de façon exponentielle, l’ambiance s’assombrit et gagne en noirceur, et c’est ce que j’ai le plus aimé dans ce livre.
Bref, un bon roman jeunesse, qui a son lot de qualités et qui, j’en suis certain, saura convaincre les jeunes !
Carina Rozenfeld est une auteur jeunesse que j'ai découvert en 2008 avec son excellent Le Mystère Olphite : j'ai tout de suite aimé son écriture et son univers. C'est donc avec un grand intérêt que j'ai attendu son nouvel ouvrage paru chez L'Atalante, et que j'ai même eu le plaisir de me faire dédicacer par elle lors des Utopiales 2010 à Nantes : Les Portes de Doregon. Depuis, je l'ai lu. Enfin, « dévoré » serait sans doute plus juste.
C'est difficile d'expliquer pourquoi une écriture et une histoire nous touchent plus qu'une autre… J'ai toujours aimé la littérature jeunesse pour sa douceur, sa joie et son impulsion très particulière, et c'est aussi ce que je trouve dans les ouvrages de Carina Rozenfeld.
Ce nouvel opus confirme aussi mon sentiment que ses histoires laissent des traces en moi. J'ai une facilité toute particulière à me projeter mentalement dans ses univers, et ceux-ci perdurent longtemps après avoir fini de lire…
Je me souviens encore aujourd'hui distinctement de l'impression de neige, de froid, de solitude et de toit du monde lors de mes premières pages du Mystère Olphite. Et là, alors que j'écris ce billet, je suis encore aux côtés de Mia, je suis encore en train d'assimiler tout ce que j'ai découvert dans cet univers et ses mystères, je me promène encore dans ma projection mentale personnelle de son atelier et de ses toiles de Doregon, et d'autres choses encore dont je ne parlerai pas pour ne pas trop dévoiler son livre.
Je sais aussi, pour en avoir parlé avec l'auteur, qu'elle a une affection particulière pour ce roman car c'est le premier qu'elle écrit à la première personne. Comme je la comprends : pour le lecteur aussi, la dimension n'est pas la même. En plus de son écriture qui me titille tellement l'imaginaire, j'ai aimé son histoire, son approche de l'Art, son jeu avec le Temps. Ce n'était d'ailleurs pas gagné d'avance, moi qui stresse à chaque épisode de Star Trek où il est question de bousculer le continuum temporel ! Mais je me suis totalement laissée porter ou emporter plutôt. Et je n'ai plus qu'un seul cri à exprimer maintenant : « la suite » !
Lalex.
L'inconvénient de cette construction, c'est que vu que le lecteur connaît les événements à venir, il n'y a donc pas de véritable suspense (hormis sur ce qu'il pourrait se passer dans le tome suivant, évidemment). J'ai également déploré le fait que certaines scènes étaient répétées, avec seulement quelques très légères variantes, alourdissant le texte. Dernière maladresse à mon sens : la narration effectuée à la première personne par Mia est parfois coupée de scènes à la troisième personne centrées sur Joshua. Ce changement de point de vue pourrait être intéressant si l'alternance était plus régulière, mais en l'état ça casse le rythme sans apporter grand-chose.
Mais rassurez-vous, les qualités de ce roman l'emportent largement sur ses défauts : des personnages un peu trop exemplaires (surtout Joshua, qui semble l'homme idéal) mais attachants, un contexte aux multiples possibilités qui ne demande qu'à être exploré davantage, de la légèreté et de la poésie harmonieusement mêlées à l'action, une plume plaisante.
Doregon est une agréable découverte qui ne dépareille pas dans l'excellente collection jeunesse de L'Atalante.
par Soleil.J'ai eu ce livre samedi matin, et je me suis tout de suite plongé dans ce livre captivant de bout en bout ! Du suspens plongé dans de l'amour (parfois corsé), ainsi que de l'aventure ; ça forme Doregon, un livre génial du début à la fin !
L'histoire est très bien tracée, une touche d'ironie sur les créateurs tels que Tolkien !
Des retours dans le temps, le temps qui change, passé, futur présent,
... on pourrait s'y perdre, mais Carina aux mains, on s'y retrouve ! Car
je trouve fantastique, cette vision du temps, et cette capacité de
pouvoir passer 6 mois à Doregon et revenir une seconde après son
départ... parfois changés.
Ces mondes, Doregon et les interstices
sont fantastiques ! On découvre un enchevêtrement de "bulles" dont les
lymbiotes gardent les passages. On découvre à travers le yeux des
personnages te aussi ceux des lymbiotes, des paysage fantastiques, des
lieux inconnus, des mondes époustouflants...
J'aime beaucoup Mia, qui est certainement très belle et qui est dotée d'un caractère fort mais pourtant si doux. J'aime
bien Moone. Malgré son futur peu commun, on sent tout de suite la
pression au niveau de ce personnage qu'on ne devine pas comme ça au
début ! Josh est amical et attirant et on sent son envie de Mia et l'envie de la protéger. Garmon est un personnage qui incarne la sagesse, le maitre de Mia, qui est l'élève, en quelques sortes !
Ce
livre est vraiment un bouquin à ne pas rater, c'est mon deuxième coup
de cœur ce mois-ci, mais ce mélange de temps, de personnages
allégoriques et attirants aussi bien que repoussants, de lieux
fantastiques et de mondes fascinants... m'attire au plus au niveau !
Voici un nouvel ouvrage de Carina Rosenfeld que l’on ne peut que dévorer et adorer. On retrouve un des thèmes à la mode dans la littérature jeunesse du moment : changer d’univers ou d’espace temps. Mais bien plus, c’est aussi une réflexion sur le travail de l’écrivain. On peut y lire ce qu’aurait pu être ce livre, deviner ce qu’il ne sera pas et surtout attendre avec impatience ce qu’il deviendra dans le second volume. En un mot, c’est une écriture très maligne.
[...] Un récit captivant, alerte, rythmé, en bref un petit délice. Un décor magnifiquement décrit, des héros attachants. On notera un écho à Pullman ici ce ne sont pas des « démons » qui peuplent l’univers parallèle mais des « lymbiotes », des créatures intelligentes qui communiquent par télépathie uniquement avec un seul être, leur double humain, eux aussi ont un rôle plus qu’important dans la trame mais je n’en dis pas plus à leur sujet… Quant au « méchant », il est cruel, retors, manipulateur, fou aussi tel qu’il marque l’imagination. Vivement la suite.
À déguster sans modération… On peut lire ce roman dès le CM2 pour bons lecteurs.
[...] Doregon est né d’un rêve de Carina Rozenfeld et elle a inventé là un merveilleux outil pour un écrivain.
On suit les aventures de Mia et de Josh avec grand plaisir. On sent que Carina Rozenfeld aime son monde et ses personnages. On voit que l’écrivain prend de l’assurance et du plaisir. On lit ce roman avec délectation et on attend la suite avec grande envie.
Alors que Mia pensait peindre un monde issu de son imagination, elle reçoit un soir le Secret qui lui permet d'accéder à Doregon. Elle commence alors sa formation de Veilleuse, afin de garder la multitude de mondes accessibles depuis Doregon. Son amour pour Josh et pour son frère Moone la conduit vite à partager sa découverte avec eux. Mais bientôt, le limpide ciel bleu de Doregon se voile de nuages, tandis que la joie de Mia se teinte d'inquiétudes... Doregon nous happe comme il a attiré sa gardienne, grâce à ses magnifiques paysages et à la complexité de l'univers inventé par l'auteure. L'alternance de la narration à la première et à la troisième personne permet de partager les émois de Mia tout en conservant un regard alerte sur les aventures relatées dans une écriture soignée. Voyage sentimental et onirique, sauts d'une bulle de Créateur à un monde plus magique encore, et voyages sur les lignes du temps sont les ingrédients de ce roman original. Les différents mondes aperçus méritent donc d'être approfondis dans la suite déjà annoncée.
Colombine Depaire - Griffon mars/avril 2011
Mia découvre qu'elle est chargée de protéger la Terre contre les dangers potentiels de mondes parallèles créés par certains humains. Sa base se trouve au château de Doregon, où elle entraîne Josh, l'amour de sa vie. Mais son demi-frère va se révéler un fou avide de pouvoir. Un début choc (un assassinat par le demi-frère), un basculement dans les lignes du temps au risque d'un paradoxe temporel... Entre fantasy et science-fiction, deux genres que maîtrise l'auteure. Un peu long dans la mise en place de l'univers, peuplé de créatures merveilleuses, mais on se laisse prendre, et l'on espère que les tomes suivants tiendront leur promesse. Une écriture très visuelle qui donne l'impression d'être plongé au coeur du récit.
M.-A.P. - La revue des livres pour enfants