Une terrible menace pèse sur le Disque : un sourcelier est arrivé ! On vous promet rien de moins que l'Apocralypse ... Enfin, si ses cavaliers arrivent à temps ... Rincevent sera-t-il à la hauteur pour sauver le monde une fois de plus ? Avec une panoplie de nouveaux (Conina, Nijel, Creosote, Thune, ...) et d'anciens personnages (Rincevent, le Bagage, le bibliothécaire, la Mort, ...), Terry Pratchett nous emmène sur les chemins chaotiques de la sourcellerie. Cette forme de magie totale, extrêmement puissante et très ancienne est crainte par les magiciens (une histoire de lutte de pouvoir ...). D'ailleurs, c'est l'excellente raison pour laquelle les mages ne peuvent procréer (un sourcelier est un huitième fils de mage). Je ne peux m'empêcher d'y voir une critique de la religion catholique et l'absurdité du célibat des prêtres. Si on rajoute à ça l'Apocralypse (un condensé d'apocalypse et d'apocryphe) manquée parce que trois des Cavaliers se retrouvent sans cheval et décident du coup de continuer à se bourrer la gueule, voilà que la religion s'en ramasse plein la figure.
J'ai une profonde admiration pour la capacité de Pratchett de se moquer de tout. C'est d'autant plus admirable, que de manière générale, la fantasy n'est pas un genre réputé pour sa critique sociétale et que je suis persuadée que les trois quarts de ses subtiles allusions m'échappent complètement. Du coup on peut lire du Pratchett en restant à la surface des choses et les aventures de ses personnages sont très amusantes et rigolotes, du bon divertissement. Si on va un peu derrière, la lecture en devient vraiment intéressante et permet de se triturer les méninges.
Fermez vos volets, verrouillez vos portes et allez vous cacher sous le lit, Rincevent est de retour !Le mage le plus calamiteux du Disque-monde est à nouveau pris dans un tourbillon d’aventure, entraîné cette fois par un banal (ou presque) chapeau.
Pratchett mélange ici les deux facettes de son écriture que sont la description et le récit, parvenant ainsi à un parfait équilibre entre une découverte approfondie des mécanismes de la magie d’une part, et plusieurs péripéties incroyablement imprévisibles de l’autre.
Comme toujours, les personnages sont des caricatures de l’Heroïc-fantasy classique, le must étant Nijel le Destructeur, premier guerrier barbare autoproclamé grâce aux cours par correspondance !
La limite entre les bons et les méchants est une fois de plus très ténue (si l’on excepte le délicieusement détestable Grand Vizir), et se montre propice à la réflexion. Est-on vraiment coupable lorsque l’on agit sous la contrainte ?
8/10 Ce cinquième tome, héritier spirituel des deux premiers –tout comme le seront les Annales suivantes ayant Rincevent pour héros- nous fait comprendre que la magie ne résout pas tout, et qu’une trop grande puissance n’est rien sans une cause à laquelle on puisse l’y rattacher. La saga se poursuit…
Chips
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