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  • La Dentelle du Cygne

Jean-Marc Ligny

Semences

Semences

Date de parution : septembre 2015


Illustrateur : Raphaël Defossez



Nombre de pages : 416
Prix : 21,90 €
État : disponible

Que n’ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum !

 Sur une Terre dont le climat a radicalement changé suite à l’emballement climatique des trois siècles précédents...
 Un jeune couple, Denn et Nao, issu d’une tribu cavernicole d’Amérique du Nord, entreprend un voyage vers un « paradis terrestre » aperçu sur un foulard en soie peinte que leur a légué un homme bardé d’objets inconnus, sorti du désert pour venir mourir près de leur grotte.
 Ils croisent des nomades, traversent des ruines irradiées, découvrent des technologies résiduelles et, encore et toujours, des façons de s’adapter inimaginables... jusqu’au Groenland où, d’après eux, serait situé ce « paradis ».
 Or Nao a emporté une micro-société de fourmites avec qui elle partage des liens quasi-télépathiques et qui nourrissent peut-être d’autres desseins…

Un road-movie qui signe la renaissance de l’humanité.

 
  • Revue de presse
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Ligny - Semences - Naufragés volontaires
Posté le 14 avril 2016 -

 Bien moins sombre que le précédent "Exodes" et bien plus loin dans le temps que celui-ci, ou le premier "Aqua TM", "Semences" nous emmène sur la route à la recherche d'un paradis perdu. Dès le début, le lecteur sait que celui-ci n'existe pas. Le roman s'ouvre d'abord sur un prologue qui nous raconte la vie de Natsume au Groenland. Celui-ci décide de quitter sa tribu inuit après la mort de sa soeur. Celle-ci est mort à cause d'une maladie tropicale transmise par les moustiques. Malheureusement pour lui, la tribu inuit ne le croit pas car pour elle la magie est suffisante pour faire fuir les mauvais esprits. Ayant observé l'arrivée de fourmite sur leur île, Nao est déterminé à découvrir d'où elles viennent.

En route vers le Sud, c'est sur la côte, à côté de la caverne de la tribu de Nao et Denn qu'il vient mourir. Juste avant, il a le temps d'échanger quelques mots avec Nao et Denn, de tenter de se faire comprendre. Ceux-ci, se fiant à son foulard, décide de partir vers le Nord, à la source du paradis terrestre représenté par le foulard de Natsume. Mais Nao et Denn se leurent, leur espoir est vain. Néanmoins, c'est un espoir et sur cette base ils se mettent en route vers un nouvel avenir.

En chemin, ils vont croiser les tribus du désert, une cité des Âges Sombres habitée et en voie de reconstruction, etc. La route est longue et pavée d'embuches pour arriver au Groenland, mais elle offre de nombreuses rencontres . En route se tisse un lien amoureux entre Denn et Nao. Voué à se marier dès leur retour dans la tribu, l'un comme l'autre se voyaient comme frère et soeur. Mais chemin faisant et leurs hormones s'y ajoutant, il naît quelque chose entre eux que la relation physique ne fera qu'améliorer. Là-dessus, Jean-Marc Ligny s'éternise un peu. La découverte de l'un et l'autre se fait en pleine innocence, sans tabous et avec une effervescence qui gêne parfois leur entourage d'ailleurs. Cela en est parfois amusant mais pour eux, il n'y a plus aucune religion offrant un tabou sur le sexe et le plaisir. Leur religion à eux, c'est celle de Mère Nature qui a remplacé ce tabou par un autre : celui de la technologie.

Pourtant, celle-ci les fascine. On la retrouve dans les objets de Natsume, ces objets que Denn et Nao ont emporté avec eux. De son côté Nao a emporté une partie de la colonie de fourmites de leur tribu. Via le lien symbiotique qui les lie à Nao, les fourmites apportent régulièrement leur aide à Nao et Denn. Mais in fine, ce qui se révèle tout doucement, c'est que ces fourmites sont plus adaptées que l'homme à l'état actuel de notre terre. Comme si après l'ère des hommes venait l'air des insectes.

"Semences" est la continuité de "Aqua TM" et "Exodes". Il n'en a hélas pas la même force. Pourquoi ? D'abord parce que le roman est moins sombre. Il faut bien avouer que dès qu'il y a une forte teinte de noir, au mieux ça marche. Cela doit être du à la mauvaise propension de l'homme à tout mettre au noir ? Néanmoins, "Semences" est un bon livre et j'ai aimé lire ce livre. On y fait un voyage digne d'un roman de Pierre Bordage. Ces deux jeunes humains, Denn et Nao, offre une vue plus positive de la vie. Leur parcours est positif. Il cherche un eden inexistant mais il cherche un avenir plutôt que de fuir des événements sombres. Cela dit, ils quittent quand même une tribu moribonde dont la consanguinité pousse vers la dégénérescence.
Par l'âge de ses personnages et par son aspect plus positif, "Semences" pourrait se classer dans le young adult. On peut aisément le conseiller à un public adolescent qui d'ailleurs se retrouvera sans doute également dans la découverte de la sexualité de Denn et Nao.

Bref, "Semences" reste un bon livre bien que moins bon que les deux précédents. Mais est-il possible de faire aussi bien que "Aqua TM" ? Etait-il possible et nécessaire de faire plus sombre encore que "Exodes" ? L'intérêt ici est plutôt d'offrir une vision plus positive, celle d'une possible renaissance de l'humanité, tout en montrant ce vers quoi nous pouvons arriver si l'humanité continue à agir de ma inconsidérée avec les ressources naturelles. Une bonne lecture pour ma part.

Naufragés Volontaires

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Ligny - Semences - ActuSF
Posté le 25 septembre 2015 -
ActuSF : Votre roman, Semences, sort ce mois-ci chez l’Atalante. C’est le troisième tome de votre trilogie climatique, démarrée avec Aqua™ et poursuivie avec Exodes. Aviez-vous envisagé ce triptyque dès le départ ?
 
Jean-Marc Ligny : Non, pas du tout. Au départ, Aqua™ devait constituer mon unique contribution à la problématique du réchauffement climatique. Mais à mesure que je progressais dans l’ouvrage (dont la gestation a pris quelques années), le problème du réchauffement climatique est devenu de plus en plus prégnant et ses conséquences à moyen terme de plus en plus dramatiques (donc passionnantes pour l’écrivain de SF que je suis). Or Aqua™ traitait du problème à court terme, à l’horizon 2035 environ. Une fois ce roman terminé, Denis Guiot m’a commandé un roman pour grands ados/jeunes adultes pour la collection qu’il dirigeait alors chez Intervista. Je suis donc resté dans le sujet pour écrire Green War, qui se passe à la même époque qu’Aqua™. C’est alors que m’est venue l’idée de pousser le bouchon plus loin, à l’échelle d’un siècle, au cas (de plus en plus probable) où l’humanité n’arriverait pas à endiguer ce réchauffement climatique et où il atteindrait un point d’emballement, rendant la Terre invivable et détruisant du même coup la civilisation. Ça a donné Exodes, dont il a été dit à plusieurs reprises que c’était un roman très pessimiste et désespéré sur la condition humaine. Je n’ai pas voulu rester sur une vision aussi sombre de l’avenir et j’ai encore poussé le bouchon de deux siècles supplémentaires. En me disant qu’à cette époque, les survivants de l’humanité se seraient plus ou moins adaptés à survivre en un monde nouveau, ou du moins dont les conditions climatiques seraient largement inédites à l’échelle humaine. De là est venue l’idée de Semences : un roman un peu plus « positif » qu’Exodes, montrant comment l’humanité arrive à s’adapter et s’en sortir, d’une façon ou d’une autre.

ActuSF : L’histoire de Semences nous projette dans un avenir lointain. A quoi ressemble la Terre ? Quels changements a-t-elle subi ?
 
Jean-Marc Ligny : Globalement, d’un tropique à l’autre, le soleil tue. Les températures diurnes peuvent dépasser les 100°C et rien ne survit sur ces terres calcinées. Les zones tropicales se sont largement déplacées vers le nord et le sud (nos « zones tempérées » actuelles) avec leurs cortèges de cyclones gigantesques et de pluies diluviennes. Le pôle nord est devenu tempéré, envahi par la moisine, le kudzu et les moustiques, et l’inlandsis fond d’année en année. Les océans on gonflé, sont devenus acides et abritent une faune étrange. Sur les continents, la diversité biologique a chuté de 95% environ – flore et faune sont donc plutôt monotones, d’une région à l’autre. Pour une raison mystérieuse (que des scientifiques, s’il y en avait, décrypteraient sans doute…), il n’y a plus aucun oiseau. Les survivants, rassemblés en tribus éparses et ayant peu de contact, vivent avec parcimonie. La mémoire du passé est uniquement légendaire, vu qu’il n’y a plus aucun support pour lire la mémoire (essentiellement électronique) des siècles passés et que la plupart des livres ont disparu au cours des Âges Sombres. Les survivants de l’humanité vouent un culte plus ou moins fanatique à Mère-Nature. Tout objet technologique est généralement tabou (mais pas partout). L’humanité survit, de diverses manières. Mais elle n’est plus l’espèce dominante sur la planète. Ça semble être les fourmites (croisement entre foumis et termites, à l’origine inconnue) avec qui certains humains vivent en symbiose.

[...]

ActuSF : Vous abordez depuis quelques années les problématiques des ressources naturelles, du climat…. Qu’est-ce qui vous incite à écrire cette SF "écologique" ?
 
Jean-Marc Ligny : C’est, je crois, le fait que ça concerne directement l’avenir de l’humanité, ou du moins de la civilisation. Quand j’ai pris conscience au tournant du siècle que le réchauffement climatique était inéluctable, ma réflexion d’auteur de SF en a pris un coup. Je me suis dit : « Ce n’est plus un avenir possible, c’est un avenir certain. » Toute réflexion sur l’avenir devait désormais intégrer ce critère : « le climat va changer, et l’humanité va s’en trouver modifiée ». Il a fallu que je comprenne ce qui allait se passer, ce qui risquait de se passer, et les conséquences physiques, mentales, économiques et sociales à court, moyen et long terme. C’était devenu incontournable. Un peu comme la SF du temps de la guerre froide qui parlait d’apocalypse nucléaire, sauf que l’apocalypse nucléaire en question restait une possibilité : qu’un cinglé quelconque appuie sur le fatidique bouton. Le réchauffement climatique, lui, n’est pas une possibilité, mais une certitude. Fatalement, l’avenir de l’humanité devra en tenir compte. C’est ce qui m’a incité à écrire là-dessus.

[...]
 
ActuSF
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Ligny - Semences - lelitteraire.com
Posté le 02 novembre 2015 -
Dans ce nou­veau volet de sa tri­lo­gie, l’auteur déporte son action dans trois siècles, lais­sant au réchauf­fe­ment le temps de faire son œuvre sur la pla­nète. Pour construire son intrigue, Jean-Marc Ligny s’appuie sur des simu­la­tions, des pro­jec­tions scien­ti­fiques, en par­ti­cu­lier sur le tra­vail que mène Valé­rie Masson-Delmotte, paléo-climatologue, et ses col­lègues. Il pose un cadre apo­ca­lyp­tique et ima­gine des modes d’adaptation pos­sibles bien dif­fé­rents selon des groupes de sur­vi­vants, ceux-ci s’appuyant sur des oppor­tu­ni­tés locales. Il prend en compte la régres­sion de la société, un retour vers un âge et un mode de vie pré­his­to­riques, avec, tou­te­fois, la sur­vi­vance, dans les sou­ve­nirs, de la civi­li­sa­tion anté­rieure et d’objets dont l’usage reste ignoré. N’ayant plus de télé­vi­sion pour sépa­rer les gens, c’est le retour des veillées avec des récits de légendes du temps de l’Âge d’Or, du temps des Âges sombres.
L’évolution des per­son­nages est inté­res­sante. Au fur et à mesure des ren­contres, de la décou­verte d’autres modes d’adaptation aux condi­tions nou­velles, moins pré­caires, les besoins évoluent. Le besoins fon­da­men­taux liés à une sur­vie dif­fi­cile s’ouvrent vers une autre dimen­sion, vers un autre niveau de la pyra­mide de Mas­low, vers des émotions, des sen­ti­ments qui ne trouvent pas leur place dans l’urgence de se nour­rir, de se pro­té­ger, dans la pré­ca­rité, dans l’absence de futur.

Le roman­cier replace une divi­nité puisque l’Homme est inca­pable de vivre sans cette chi­mère source de tous les excès : “Et les dévots aussi : au nom de Mère-Nature, ils ont tout cassé, tout brûlé, tout détruit, au pré­texte que Mère-Nature ne tolé­rait pas que l’homme fabrique quoi que ce soit, se hisse à un niveau plus élevé que le plus pouilleux des chiens sau­vages.” Il invente les four­mites, des insectes mutants qui semblent être un croi­se­ment entre les four­mis et les ter­mites.
Avec Semences, Jean-Marc Ligny offre un road-movie superbe de deux per­son­nages, leurs ren­contres, leurs décou­vertes, leurs aven­tures, un roman pas­sion­nant conçu avec une grande rigueur, effrayant pour les géné­ra­tions à venir.

Serge Per­raud
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Ligny - Triptyque climatique - lefictionaute.com
Posté le 12 novembre 2015 -
Thématique : Fiction écologique

[…] Avec ce triptyque, nous redécouvrons la brutalité primale de nos origines que des siècles de civilisation n’ont su étouffer in fine, montrant combien la notion même de civilisation demeure bien fragile et caduque. Les lecteurs esthètes – et un tantinet cyniques dans leur voyeurisme – se délecteront de ces images apocalyptiques si bien reproduites. […]

Narration

[…] Les chapitres sont brefs, le style incisif, épuré et emprunt d’un réalisme qui vient renforcer la crédibilité de cette eschatologie. […] Ligny parvient sur l’ensemble du triptyque à dresser un écosystème d’une amplitude et d’un réalisme enthousiasmants où les passages narratifs mettant en scène les divers dérèglements climatiques sont parmi les plus probants. La beauté des paysages traversés est magnifiée par une poésie du verbe qui opère avec une réelle maestria. […] L’auteur nous livre ainsi un road movie sérieusement documenté, aux couleurs flamboyantes, au verbe ciselé et aux personnages finement élaborés.

Lecture

[…] Derrière la thématique centrale de la fiction écologique lignyenne, se retrouvent donc l’impuissance des politiques occidentales, la toute-puissance des multinationales, la montée des extrémismes, la dichotomie entre inners et outers, thèmes chers à l’auteur. À la lecture du triptyque, on ressort quelque peu secoué… Il nous faut en effet partager les affres sans nom d’une humanité livrée à elle-même et condamnée à des lendemains toujours plus sombres. L’univers de cette apocalypse annoncée est suffocant, poisseux, moiteux, ténébreux et cauchemardesque jusque dans ses moindres recoins. […] Une eschatologie esthétisante et hypnotisante sur certaines pages, pleines de furie et de tempêtes. Un mécanisme sur l’effondrement sociétal parfaitement mis en scène. Une lucidité sans équivoque sur le comportement grégaire de cet étrange animal qu’est l’homme. Et accessoirement un plaisir de lecture intact, au terme de ces quelque 1700 pages.
 
Frank Brénugat
Retrouvez l'avis complet sur :
lefictionaute.com
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Ligny - Triptyque climatique - La Liberté
Posté le 02 décembre 2015 -
Avec Semences, l’écrivain français Jean-Marc Ligny prolonge une série d’ouvrages d’anticipation climatique initiée avec AquaTM. Il y décrit un monde où l’humanité s’est morcelée et étiolée face aux rigueurs terrifiantes du climat. De quoi en faire un digne représentant francophone de la « cli-fi », une étiquette dont il dit s’accommoder.
 
A partir de quand avez-vous travaillé sur le changement climatique ?

Jean-Marc Ligny : Cette notion a émergé dans ma conscience (et par suite, dans mon travail) au tournant du siècle, quand elle a commencé à s’infiltrer dans les médias et que je me suis rendu compte de son caractère inéluctable. J’ai alors compris que le changement climatique était inévitable, même si l’on prenait des mesures drastiques pour le réduire – ce dont je doutais fortement.
 
Pourquoi l’avoir placé au cœur de vos récents ouvrages ?

Ma démarche n’était pas d’expliquer le changement climatique en lui-même – il existe là-dessus une documentation très abondante et très explicite – mais d’imaginer ses effets sur la société et sur la conscience humaine. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, son avenir était pour ainsi dire tracé : on allait vers une dégradation importante des conditions de vie sur la planète, qui mènerait à terme à une extinction massive des espèces, y compris de l’humanité – ou du moins, de notre civilisation. En tant qu’auteur de science-fiction, je ne pouvais ignorer un tel paradigme.
 
Semences se passe en 2300. Sur quoi vous êtes-vous basé pour nourrir cette anticipation littéraire ?

A une telle distance, on nage dans l’incertitude. Le GIEC, dans ses rapports officiels, ne se hasarde pas à faire des prévisions à si long terme. Toutefois, peu après l’écriture d’Exodes, j’ai eu la chance de rencontrer Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC et experte en paléoclimatologie. Elle m’a donné quelques conseils et orientations, d’après ses connaissances des changements climatiques du passé. Puis elle m’a proposé d’organiser un séminaire afin de discuter du cas de Semences avec d’autres spécialistes de la faune, de la flore, des océans, de l’atmosphère, etc. Nous nous sommes retrouvés à une vingtaine d’éminents scientifiques à élucubrer sur ce que pourrait devenir la planète dans trois siècles. L’essentiel du contexte de Semences vient de là.
 
Thierry Raboud
La Liberté, 28 novembre 2015
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Ligny - Semences - Daily Books
Posté le 15 décembre 2015 -

Troisième et dernier volume d’un triptyque ou d’une trilogie commencé(e) avec AquaTM (Folio) et poursuivie avec Exodes (L’Atalante) mais comme il se doit chaque épisode peut se lire indépendamment des autres. On rappellera incidemment que vous devez trouver ici-même une chronique consacrée à Exodes et que Aqua™ a obtenu quatre prix littéraires (Bob Morane, Julia Verlanger, Une autre terre, Rosny ainé).

Pour avoir rencontré Natsume avant sa mort Denn va embarquer Nao dans une folle équipée jusqu’au Groenland. Natsume a quitté la communauté Inuit où il vit à la mort de sa « compagne » Hiroko et il a traversé une partie du globe pour venir mourir près de la communauté cavernicole de Denn en Amérique du nord. Cette communauté est à bout de souffle et Denn à qui Natsume a donner un foulard sur lequel est peint un paysage paradisiaque, désire savoir ce qu’il y a de l’autre côté du désert. En compagnie de Nao son amie d’enfance et muni des outils des temps obscurs apportés par Natsume il part à l’aventure. Nao emporte avec elle une petite colonie de « fourmites » (fourmis/termites mutantes) qui sont capables de trouver de l’eau et entretiennent avec elle un lien « télépathique ». Vous devez bien vous douter de ce qui arrive aux deux jeunes gens… Mais il m’étonnerait que vous pensiez au sort des fourmites. Vous aurez deviné aussi que la terre sur laquelle se déroule cette aventure est ravagée par les effets pervers d’un climat rendu fou et malveillant.

Un des grands mérites de ce roman est de dénier à la Nature un comportement vengeur à l’égard des hommes. Jean-Marc Ligny montre bien et sans agressivité que ce sont les hommes et leur attitude qui sont responsables et qu’ils sont incapables de tirer les leçons de ce qui s’est produit dans le passé.

Je me permettrai de regretter un peu que la fin de l’histoire – les derniers épisodes-étapes de la marche de Denn et Nao – soient un peu résumée… Mais peut-être l’auteur nous réserve-t-il quelque recueil de nouvelles pour redonner vie à Denn et Nao (avez-vous remarqué combien ce nom fait écho à Rosny ainé ?).

Bonne lecture. Pour Noël offrez donc la trilogie…

Noé Gaillard
Daily Books
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Ligny - Semences - Journal semilittéraire
Posté le 26 juillet 2016 -
Une émotion particulière en ouvrant ce roman... pas celle de la fin d'une série, si on peut parler de série pour trois romans finalement indépendant, non, autre chose. L'idée d'une boucle.

Aqua TM est un de ces romans qui ont une place particulière dans ma vie. C'était le sujet de ma presque-première critique publiée ailleurs que sur un blog, dans un support certes confidentiel, mais diffusé, bien réel. L'un des premiers romans que j'ai tendu, frémissante de timidité, à son auteur par-dessus une table. C'était à Nantes, c'était les Utopiales. C'était la créature magique et fascinante que je voyais derrière chaque auteur. A l'époque, je ne savais pas quelle était l'importance de l’œuvre de Jean-Marc Ligny pour la SF français. D'ailleurs, j'en lisais encore peu, j'étais encore novice malgré les kilomètres de pages déjà enquillés, et Aqua TM m'avait mis une claque que je ne reprendrais peut-être pas aussi fort aujourd'hui.

Semences, donc.

L'humanité est en voie de disparition. Les survivants ont retrouvé l'âge de pierre pour certains, ou croient encore à une civilisation aux allures technologiques, pour d'autres. Le climat s'est tragiquement réchauffé, il ne reste plus grand-chose à espérer. L'homme étant ce qu'il est, il s'en trouve toujours pour croire, oser, partir à l'aventure. S'accrocher à l'espoir d'un ailleurs vagu

ement meilleur, aussi incertain soit-il.

Ce fut le cas de Natsume, quelques années avant le début du roman. Il a rejoint une communauté inuit installée dans un Groenland envahi par les moustiques pour y voir mourir celle qu'il considérait comme une soeur. Ou de Denn. Dans une tribu moribonde qui vit dans une grotte, d'une pêche misérable et d'un accord symbiotique avec des fourmites. Ce dernier finit par quitter la communauté, avec le fol espoir de rencontrer des hommes qui vivraient un peu mieux. Un voyage dangereux et difficile, malgré la présence de Nao, l'amie d'enfance et bien davantage, qui finit par donner des allures d'histoire d'amour pleine d'espoir au récit. On a envie de croire, d'espérer avec eux que tout n'est pas terminé pour une humanité encore capable de s'émouvoir pour son prochain.

Je ne vous spoilerai pas, mais je ne peux rester silencieuse sur la fin. Elle est peut-être un peu facile, mais grandiose de logique tragique.

Angua - Journal semilittéraire
http://journalsemilitteraire.over-blog.com/2016/07/semences-jean-marc-ligny.html
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Ligny - Semences - Magazine Culture
Posté le 06 septembre 2016 -
"Je ne pouvais ignorer un tel paradigme."

Avec Semences, l'écrivain français Jean-Marc Ligny prolonge une série d'ouvrages d'anticipation climatique lancée avec Aqua ™. Il y décrit un monde où l'humanité s'est morcelée et affaiblie face aux rigueurs terrifiantes du climat. De quoi faire de cet écrivain un digne représentant francophone de la "cli-fi", étiquette dont il dit s'accommoder.

À partir de quand avez-vous travaillé sur le changement climatique ?
Cette notion a émergé dans ma conscience (et par la suie, dans mon travail) au tournant du siècle, quand elle a commencé à s'infiltrer dans les médias et que je me suis rendu compte de son caractère inéluctable. J'ai alors compris que le changement climatique était inévitable, même si l'on prenait des mesures drastiques pour le réduire - ce dont je doutais fortement.
 
Pourquoi l'avoir placé au coeur de vos récents ouvrages ?
Ma démarche n'était pas d'expliquer le changement climatique en lui-même - il existe là-dessus une documentation très abondante et très explicite - mais d'imaginer ses effets sur la société et sur la conscience humaine. Pour la première fois, dans l'histoire de l'humanité, son avenir était pour ainsi dire tracé : on allait vers une dégradation importante des conditions de vie sur la planète, qui mènerait à terme à une extinction massive des espèces, y compris de l'humanité - ou du moins, de notre civilisation. En tant qu'auteur de science-fiction, je ne pouvais ignorer un tel paradigme.
 
Semences se passe en 2300. Sur quoi vous êtes-vous bésé pour rendre crédible cette anticipation littéraire ?
À une telle distance, on nage dans l'incertitude. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), dans ses rapports officiels, ne se hasarde pas à faire des prévisions à si long terme. Toutefois, peu après l'écriture d'Exodes, j'ai eu la chance de rencontrer Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC et experte en paléoclimatologie. Elle m'a donné quelques conseils et orientations, d'après ses connaissances des changements climatiques du passé. Puis elle m'a proposé d'organiser un séminaire afin de discuter du cas de Semences avec d'autres spécialistes de la faune, de la flore, des océans, de l'atmosphère, etc. Nous nous sommes retrouvés une vingtaine d'éminents scientifiques à élucubrer sur ce que pourrait devenir la planète dans trois siècles. L'essentiel du contexte de Semences vient de là.
 
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samedi 28 novembre 2015
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Offre numérique : Mémoires de Lady Trent à 4,99e
Posté 09 novembre 2018 -

Le dernier tome des Mémoires de Lady Trent sort ce mois-ci : Le Sanctuaire ailé !
À cette occasion, le reste de la série est à prix réduit en numérique.

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La pratique de l’Hilketa selon John Scalzi
Posté 06 novembre 2018 -

L’hilketa est un sport inventé aux États-Unis où deux équipes de onze joueurs ont pour principal objectif d’arracher la tête à l’un de leurs adversaires puis de la lancer ou de la porter entre les poteaux de but.

Ils marquent ainsi des points auxquels peuvent s’ajouter ceux attribués en récompense d’actions défensives ou offensives. En raison de la violence de cette discipline, aucun organisme humain n’est présent sur le terrain pendant la partie

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"Entends la nuit" sur Alternantes
Posté 17 octobre 2018 -

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Texto, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky
Posté 24 septembre 2018 -


 

À paraître en janvier 2019.

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2019. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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Posté 21 janvier 2013 -

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