Ronde de nuit
Date de parution :
février 2006
Série : Les Annales du Disque-monde
Livre : 28
Traduit par : Patrick Couton
ISBN10 : 2841723267
ISBN13 : 9782841723263
Nombre de pages : 448
Prix : 21,00 €
État :
disponible
C’est un homme comblé que le duc Sam
Vimaire, commissaire divisionnaire du Guet d’Ankh-Morpork, heureux
père bientôt. Hélas ! la poursuite d’un dangereux
criminel entraîne un accident qui le ramène dans son propre
passé, en un temps de tumulte et de violence.
Vivre dans le passé n’est pas facile mais y mourir étonnamment
simple. Il doit pourtant survivre car des tâches essentielles l’attendent
: mettre le grappin sur un meurtrier, s’instruire lui-même,
débutant, pour devenir un bon flic et changer l’issue d’une
rébellion sanglante.
À l’assaut des paradoxes temporels, un « conte d’une
ville » façon Disque-monde, avec sa collection de gavroches,
de dames à l’affection négociable (« L’amour
au juste prix ! »), de rebelles, de policiers de la Secrète
et autres enfants de la révolution.
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Pratchett - Ronde de nuit - murmures
Posté le 09 août 2011 -
Si vous êtes fan d’heroïc fantasy, vous ne pouvez pas ignorer l’existence de la série de livres la plus drôle sur le sujet.
Les « Annales du Disque Monde », c’est de la fantasy dans le genre de « Sacré Graal » des Monthy Python, avec en prime une fine couche de critique de nos sociétés contemporaines. Même si on n’aime pas la fantasy, mais qu’on apprécie l’humour fin et les références culturelles (Pratchett fait un peu ce que faisait le très regretté Goscinny dans « Astérix »), il faut essayer au moins une fois, pour ne pas mourir idiot.
Ceci étant posé, ce vingt-septième tome est sans doute parmi les meilleurs que Pratchett ait écris. D’abord il a pour cadre le Guet et comme personnage principal le commissaire divisionnaire Vimaire. Et dans la galerie de personnages de cet univers, les flics du Guet sont parmi les plus drôles. Ils évoluent dans les situations les plus comiques et offrent les plus belles occasions de brocarder notre système légal ou notre politique moderne (et surtout, quand c’est le Guet, on voit beaucoup le souverain de la cité, l’excellent Patricien Vétérini, et ça, ça n’a pas de prix).
Ce cher Vimaire s’encroûte un peu depuis qu’il a été bombardé commissaire divisionnaire et est devenu Duc par son mariage avec Dame Sybil Ramkin. Eloigné du terrain qu’il affectionne et submergé de paperasse qu’il abhorre, il saisit l’occasion de poursuivre personnellement un dangereux malfrat tueur de flics, le fêlé Carcer. Mais leurs pas vont les conduire vers l’Université de l’Invisible, où un accident de magie est vite arrivé. Patatra : ils sont expédiés trente ans plus tôt, dans une ville d’Ankh-Morpork sans véritable Guet organisé, sous la domination du cruel seigneur Remontoir et de sa sinistre police secrète. Déboussolé, Vimaire revient vers le Guet de nuit de l’époque (les réflexes) et tombe sur le « lui » plus jeune qui venait à peine de s’engager. Que faire sinon former le bleu à devenir un bon flic ? Mais comment procéder sans bouleverser le futur et compromettre son retour vers sa femme et son futur bébé ? Surtout que Carcer a réussi à s’engager dans la police secrète et tient à en profiter pour éliminer Vimaire…
La particularité de « Ronde de nuit » c’est que Pratchett brasse des thèmes plus graves que d’habitude et avec bonheur. Les soulèvements populaires, la torture, la transmission du savoir, les regrets du passé… La note d’humour est toujours aussi présente, mais il y a aussi beaucoup d’introspection sur ces questions au travers du personnage de Vimaire, et Pratchett résume admirablement pourquoi les révolutions tournent mal, en général.
Brillant !
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Pratchett - Ronde de nuit - Planete SF
Posté le 28 novembre 2011 -
Le commissaire Vimaire poursuit un terrible malfrat du nom
de Carcer et se retrouve sur les toits, en pleins orage... une bien mauvaise
idée lorsqu'on se trouve au dessus de la Bibliothèque de l'Université ! ça a
été un vrai plaisir de retrouver Pratchett, et de renouer avec un bon
Pratchett. Autant les derniers ne m'ont pas passionnés ( Le 5ème éléphant,
Carpe jugulum , La Vérité...), autant celui là c'était le pied ! Déjà, j'ai un faible pour les voyages dans le temps. Et
pour Vimaire, ce qui fait deux bons points d'office. Mais Pratchett nous livre
aussi quelque chose de plus intimiste : nous ne sommes pas noyés dans la
flopées des troublions du guet ou de l'Université, on est sur les pas de
Vimaire qui se retrouve face à lui même (au propre comme au figuré).
Ronde de nuit, c'est aussi une atmosphère sombre de polar
sous la Révolution, d'Ankh-Morpork avant que le Patricien Vétérini ne vienne
réguler le crime par les guildes etc. On redécouvre la ville, on la sens à
travers nos chaussures comme Vimaire, on s'inquiète aussi de cette Histoire qui
avance à grand pas sans même qu'on l'y pousse. Sans arrêter l'action pour autant, Pratchett nous fait
réfléchir sur le sens du devoir, la nature de la politique, de la société et du
rôle que chacun peut y avoir et du temps qui passe.
(…) L'intrigue est rondement menée. L'écriture est soignée,
parfois poétique -bien que les références sont souvent grivoises et
sous-entendues. Pratchett profite aussi de l'occasion pour revisiter les
voyages dans le temps, et à ce niveau là, j'avoue avoir été un peu déçue.
Vimaire se pose bizarrement bien peu de questions propres aux paradoxes
temporels. Cela fait peut être partie de discussions avec le moine, mais il est
bien dommage qu'on en est pas la retranscription. Quand il se rencontre plus
jeune et qu'il lui parle, j'aurais bien aimé savoir quels en sont ses souvenirs
! Essaye t'il de redire exactement les mêmes mots, de calquer au maximum sur ce
dont il se souvient ?
Au final d'ailleurs l'embrouillamini n'est pas tout à fait
clair (m'obligeant à faire un croquis et tout) (m'enfin rassurez vous je dois
être la seule à me prendre la tête avec) * attention spoiler * Apparemment on
est dans un monde parallèle, le temps ayant "changé de jambe de
pantalon" par le voyage du méchant. A la fin, Vétérini se souvient d'avoir
vu disparaître Carcer. Reste que logiquement il devrait y avoir deux Sam
Vimaire à la fin ! Mais p 422 le balayeur suggère qu'il s'occupe des couacs
possibles. M'enfin ça reste bien mystérieux ! Pour une fois j'ai clairement vu la fin venir, mais sans
deviner le déroulement pour autant.
Merci Sir Terry pour m'avoir ébloui encore une fois !
(…) Plus intimiste, plus porté dans l'humour noir un peu
comme les petits dieux, Ronde de nuit est un excellent moment de littérature
qui se place d'emblée dans mes Pratchett préférés.
Lael