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Marie Brennan

Minuit jamais ne vienne

Minuit jamais ne vienne

Date de parution : février 2018

Série : La cour d'Onyx
Livre : 1

Traduit par : Marie Surgers
Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841728466

Nombre de pages : 352
Prix : 21,90 €
État : disponible

À la fin du XVIe siècle, l’Angleterre prospère sous le règne d’Élizabeth, première du nom et dernière monarque de la lignée des Tudor.
Sous Londres s’étend le palais tentaculaire d’Invidiana, la reine des fae, qu’elle gouverne en maîtresse inflexible. Son pouvoir est le reflet ténébreux de la gloire éclatante dont s’entoure la dernière des monarques Tudor. Dans ce palais d’Onyx, les fae n’ont pas à craindre le fer et la foi chrétienne que les mortels utilisent contre eux pour se protéger de leurs méfaits.
Depuis trente ans, les affaires des deux cours sont toutefois étroitement liées. Un pacte mystérieux, tragique peut-être, unit les deux souveraines. Car si, chez les mortels, rois et amours sont éphémères, les fae les jalousent pour les passions qui animent leur vie.
Un courtisan humain et une fae en disgrâce découvrent peu à peu les alliances et les trahisons qui gangrènent les deux trônes. Ensemble, ils ont une chance de révéler la source du pouvoir d’Invidiana et, peut-être, de rétablir un peu de justice, d’harmonie et de confiance dans une société de haine et de violence.

Une œuvre baroque, où se mêlent l’histoire et la fantasy, fort bien documentée sur la vie à la cour d’Élizabeth et les drames politiques qui s’y sont joués, et riche de tout le folklore du Petit Peuple des îles britanniques.
  • Revue de presse
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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Le Culte d'Apophis
Posté le 28 février 2018 -

Curiosité taxonomique, ce roman (le premier d’une tétralogie) propose une Urban Fantasy se déroulant… à la fin du XVIe siècle, dans une Angleterre où, sous la ville de Londres, existe une seconde reine, celle des Fae, à qui la souveraine mortelle doit son trône. Tout l’enjeu de l’intrigue sera donc de décrire et d’expliquer le complexe réseau de relations qui lie les deux cours (la mortelle et l’immortelle) entre elles, ainsi que les conséquences de certains pactes sur les nations et leur Histoire, qu’elles soient féeriques ou humaines, que sa chronique soit dans nos manuels… ou pas ! Voilà donc une Histoire secrète expliquant, par le biais du surnaturel, des événements bien réels, et mettant en scène les Unseelie les plus cruelles et malsaines de toute la SFFF à côté de personnages de nos manuels scolaires crédibles et intéressants. Deux personnages, une Fae en disgrâce et un humain sur la pente ascendante, vont devoir démêler l’écheveau des pactes passés et de leurs conséquences actuelles.

Largement supérieur, sur le plan de l’écriture (dont le rythme et l’utilisation des personnages secondaires), entre autres, au cycle plus connu en France de Lady Trent, celui-ci est à mon avis plus intéressant, surtout si, comme moi, tout ce qui tourne autour des cours féeriques vous fascine. J’y suis allé plutôt par curiosité taxonomique, j’en ressors ravi par une lecture tonique et envoûtante (le charme des fées, sûrement), et je lirai les tomes suivants avec plaisir. Car celui-ci est vraiment riche et propose différents niveaux de lecture qui intéresseront sans nul doute des publics très divers, depuis celui qui appréciera la reconstitution purement historique à celui qui sera fasciné par la façon dont le surnaturel s’y intègre, voire en explique les événements, en passant par celui qui sera attendri par les relations romantiques, qu’elles soient tragiques ou non, liant humains et Fae ou celui qui appréciera l’aspect enquête très développé de l’ouvrage.

- Apophis, le 28/02/18.

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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Le Bibliocosme
Posté le 10 avril 2018 -

Des dragons au peuple des Fae

Fin du XVIe siècle. Elizabeth Tudor règne depuis trente ans sur l’Angleterre qui vient toute juste d’échapper à une tentative d’invasion de la Grande Armada espagnole. Bien que vieillissante, la souveraine dirige toujours d’une main de fer les affaires du royaume et continue de bénéficier du soutien d’une cour soumise et dévouée. Rares sont toutefois ceux qui connaissent l’existence d’une autre cour installée sous la première, peuplée de créatures féeriques maintenues sous le joug d’une reine impitoyable ayant conclu il y a des années un pacte d’entre-aide avec son équivalente mortelle. Si l’arrangement entre les deux têtes couronnées reste ignoré de tous chez les mortels, un homme commence cependant à se demander s’il ne faut pas voir dans certains des choix politiques de sa reine l’influence d’une puissance occulte dont la main mise se serait affermie au fil des années, au point de menacer aujourd’hui l’avenir du royaume. Déjà connue en France pour sa série des « Mémoires de Lady Trent » (toujours en cours de publication chez L’Atalante), Marie Brennan nous revient ici avec une autre série de fantasy totalement différente et mêlant habilement Histoire et merveilleux. Le roman se focalise sur deux personnages, issus de chacune des deux cours évoquées, et dont on suit le point de vue d’un chapitre à l’autre. Le premier est un jeune homme affecté à la garde royale et à qui Walsingham confie la mission de démasquer le ou les personnes influençant secrètement les décisions de la reine. La seconde est une Elfe qui cherche à revenir en grâce à la cour et qui se voit confier la mission inverse : découvrir ce que sait Walsingham et l’empêcher d’en apprendre davantage sur la cour d’Onyx et l’influence que fait peser Invidiana sur Elizabeth. La quête des deux apprentis espions va évidemment finir par se confondre et le jeu de chassé-croisé imaginé par l’auteur est construis de manière assez habile.


Des allures de conte résolument sombre

Si la plupart des rebondissements sont bien amenés, certains sont en revanche trop prévisibles, mais c’est certainement l’une des rares fausses notes que l’on peut mentionner pour ce premier tome. La seconde concerne respectivement le début et la fin du roman : le premier étant trop long à se mettre en place et la seconde s’apparentant trop un à « happy-end » classique. La plume de l’auteur est pour sa part fluide et agréable, même si la présence de beaux passages particulièrement intenses peut faire regretter au lecteur le fait que l’ensemble du roman n’ait pas été écris avec la même verve (je rejoins Apophis concernant le passage de la Chasse sauvage qui est vraiment très évocateur). L’intrigue est pour sa part bien construite et se divise en plusieurs fils qui ne sont toutefois pas suffisamment nombreux pour faire oublier au lecteur les principaux enjeux de l’histoire. L’un des plus gros atouts du roman reste cela dit son atmosphère assez sombre, et ce en dépit de la présence de créatures que l’on assimile habituellement aux jolis contes pour enfants. S’il y a effectivement un aspect conte dans le roman de Marie Brennan, n’allez toutefois pas vous figurer une ambiance à la Disney, avec des fées adorables vêtues de justaucorps à paillettes et volant aux secours des mortels. Les fae de la cour élisabéthaine sont en effet bien plus complexes que ce que les fables d’aujourd’hui laissent entendre, certaines étant capables de la plus impitoyable cruauté afin de venger une offense, tandis que la plupart peinent à partager l’affection que leur portent les mortels, jugés bien trop éphémères pour mériter la moindre considération. Or c’est justement cette noirceur, plus sous-jacente que véritablement mise en scène, qui contribue à donner au roman cette ambiance si particulière.


Fae VS mortels : la coexistence de deux mondes

Vous l’aurez sans doute déjà compris, ce qui fait avant tout le charme de ce premier tome, c’est le bestiaire relativement fourni convoqué par l’auteur. La plupart des créatures mises en scène ici sont tirées du folklore britannique et, si certaines sont des habituées des romans de fantasy (elfes, gobelins, naïades…), d’autres sont en revanche plus rares car probablement jugées trop communes, à l’image des brownies, des hobs ou encore des kelpies. D’autres peuples féeriques sont également mentionnés, mais les informations les concernant sont pour le moment assez lacunaires et seront sûrement étoffées dans les prochains tomes (je suis pour ma part très curieuse d’en apprendre davantage sur le peuple de la mer…). La plus grande originalité de l’auteur consiste toutefois à placer les représentants du « Petit Peuple » non pas dans leur décor bucolique habituel mais en plein cœur de la ville de Londres. Alors certes, les histoires aiment depuis toujours raconter les multiples manières dont les Fae s’y prennent pour interférer dans les affaires humaines : elles choisissent les plus beaux jeunes hommes comme amants, inspirent les meilleurs poètes, accordent à certains le don de prédire l’avenir, et vont même parfois jusqu’à dérober un bébé mortel pour le substituer par l’un des leurs. Si la fascination des Faes pour les humains n’est donc pas nouvelle, elle atteint toutefois son paroxysme à la cour d’Onyx, où il n’est plus seulement question de se mêler de temps à autres aux humains mais bel et bien d’en imiter les mœurs. C’est ce rapport entretenu entre créatures féeriques et créatures mortelles, fait de défiance et de fascination mêlés, qui se trouve au cœur du roman de Marie Brennan qui aborde le sujet avec beaucoup d’intelligence. Afin de se fondre dans le « monde d’en haut », les créatures de la cour d’Onyx dispose de tout un tas de stratagèmes (déguisement, offrandes…) qui vont leur permettre de déjouer les nombreux pièges que recèle inévitablement tout cadre urbain. A ce sujet, il est d’ailleurs habile de la part de l’auteur de considérer comme arme de défense contre les Fae non pas un dieu quelconque mais la ferveur des fidèles qui revêt ici un véritable pouvoir. L’aspect est intéressant et, outre le fait qu’il permet à l’auteur de ne pas s’embourber dans des considérations d’ordre religieuses, il permet également de justifier les choix de la reine Elizabeth en matière de religion.


L’Angleterre sous le règne d’Elizabeth

Le second gros point fort du roman tient à son cadre historique. Si l’époque moderne est loin d’être la période la moins utilisée en fantasy, il n’en reste pas moins agréable de se voir confronté à un décor historique reconstitué avec soin et qui s’éloigne du traditionnel « médiéval fantastique ». Difficile, compte tenu de l’époque choisie par Marie Brennan, de ne pas faire le rapprochement avec le fameux « Gloriana ou la reine inassouvie » de Moorcock qui, quoique plus complexe et plus poétique, partage avec ce roman ci la même atmosphère crépusculaire. Il est une autre œuvre dans laquelle on retrouve la même ambiance et à laquelle je n’ai pu m’empêcher de penser tout au long de la lecture : le film de Shekhar Kapur dont l’auteur avoue justement s’être beaucoup inspirée (les deux se déroulent d’ailleurs à peu près au même moment du règne d’Elizabeth). Le rapprochement a pour ma part été tellement immédiat qu’il m’a été impossible de me représenter Elizabeth et Walsingham sous d’autres traits que ceux de Cate Blanchett et de Geoffrey Rush (qui conviennent ma foi parfaitement ici aussi). Bien que l’action se déroule à la fin du règne (nous sommes aux alentours de 1588-1590), l’auteur réussit à revenir sur les moments forts de la vie d’Elizabeth auxquels on assiste même parfois directement sous la forme de flashbacks. Parmi ces événements marquants, on peut évidemment citer la mise à mort de Marie Stuart, mais aussi la difficile accession au trône de la souveraine, ou encore sa volonté de favoriser le protestantisme au dépend du catholicisme. Si la reine Elizabeth n’est réellement présente que dans très peu de scènes, son ombre plane sur l’ensemble de la cour ce qui permet au lecteur de se faire une idée assez précise de sa personnalité. Là encore l’auteur fait d’ailleurs preuve d’intelligence en dressant de la reine un portrait nuancé : celle-ci manifestant d’un côté une profonde jalousie à l’égard du bonheur marital de certains de ses courtisans (allant jusqu’à interdire leur union) et faisant preuve d’un tempérament exécrable, tout en étant d’un autre côté charismatique, éduquée et capable de faire preuve d’un formidable sens politique. Figurent également sur le devant de la scène les personnages les plus emblématiques de son règne : si William Cecil et Walter Raleigh sont seulement mentionnés, Walsingham et l’astrologue Dee occupent ainsi un rôle bien plus important.


Premier tome mêlant habilement histoire et magie, le roman de Marie Brennan propose une réadaptation réussie du règne d’Elizabeth Ière, mêlant intrigues de cour mortelle aussi bien que féerique. Soutenu par un cadre historique travaillé, un bestiaire étoffé et une ambiance résolument sombre, « Minuit jamais ne vienne » pose les bases d’une nouvelle série prometteuse dont les trois prochains volumes (déjà parus aux Etats-Unis) s’attarderont sur trois époques différentes dans lesquelles j’ai hâte de me plonger.

- Boudicca, le 4 mars 2018. 


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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Elbakin.net
Posté le 04 avril 2018 -

 

La cour d’Onyx est présenté comme le premier tome de la nouvelle série de Marie Brennan. C’est vrai par rapport à son périple éditorial en France mais dans les faits, il s’agit d’un roman plus ancien de quelques années (cinq ans entre les premiers volumes de ces deux séries, pour être tout à fait exact).
On pourrait dès lors craindre qu’il soit moins abouti, marqué par des défauts de jeunesse… pas forcément. Le cadre n’est pas très original en soi (en tout cas, au départ, moins qu’Une histoire naturelle des dragons), mais l’exécution et la mise en scène du récit se révèlent plaisantes. Même s’il faut aussi un bon moment pour vraiment se laisser happer par le récit, qui n’hésite pas à prendre son temps.  
Si vous appréciez l’époque des Tudor, les intrigues de cour, une grosse pincée de magie et de manigances diverses, voilà un roman qui devrait en tout cas vous plaire. Il faut d’ailleurs aimer ce canevas historique, très présent en arrière-plan. On a aussi parfois du mal à s’attacher véritablement aux deux personnages principaux, avant tout concernés par leurs propres intérêts, et qui se révèlent en fait moins malins qu’ils n’en ont l’air. C’est un peu dommage, car il ne suffit pas de nous le dire, il vaut mieux montrer de façon concrète à quel point ce duo est censé savoir faire preuve de sagacité. Mais ici, c’est avant tout l’univers qui domine le roman de tout son poids et ses conspirations de toutes sortes, au gré des allégeances et des alliances de chacun, qui justement changent souvent du tout au tout. C’est avant tout cette dimension-là que l’on retiendra de ce premier tome (le cycle en compte quatre), avec une mise en place efficace. 
Une lecture ma foi bien agréable. 
 

 

Gillossen - Elbakin.net

 

 

 

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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Le soir
Posté le 08 juin 2018 -

L'auteur américaine a abandonné lady Trent et ses Dragons pour rejoindre Lune, une fée envoyée par sa reine à la cour d'Elisabeth 1er, fin XVIème siècle. L'histoire et la fantasy se mêlent dans ce roman baroque, politique, riche et séduisant.

Journal Le soir 

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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Aude aux Livres
Posté le 01 octobre 2018 -

Cette lecture a été une véritable découverte : celle de son autrice Marie Brennan, que j’avais envie de lire depuis la sortie de ses romans « Mémoires, par Lady Trent » dont j’avais entendu beaucoup de bien. C’est finalement en voyant ce petit dernier sur table en librairie, qui mêlait fantastique et époque Élisabéthaine que j’ai décidé qu’il était plus que temps de me lancer. Marie Brennan a prouvé dans ce roman qu’elle a la capacité de mélanger fantastique et historique sans tomber dans le « trop ». Grâce à l’alternance des chapitres dans la cour d’Elizabeth et ceux dans la cour d’Onyx, nous découvrons les deux univers, les deux personnages principaux qui vont nous guider au fil de notre lecture et nous rencontrons surtout l’univers des faes qui peuplent secrètement Londres. 

Je dois avouer avoir d’abord eu quelques difficultés à rentrer dans ma lecture. Non pas à cause de l’écriture que j’ai trouvé particulièrement fluide et que j’ai beaucoup appréciée, notamment grâce à des chapitres assez courts et un roman divisé en plusieurs actes. Le roman présente cependant énormément de personnages, de lieux, nous avons droit à des sauts dans le temps avec la présence de souvenirs… Beaucoup de détails qu’il fallait garder en tête pour ne pas se perdre au détour d’une page. Il m’a fallu arriver à la moitié du roman avant de vraiment m’habituer à ces différents points de vue, à comprendre vraiment quels étaient les enjeux de l’intrigue, le but des différents personnages et les relations qu’ils entretenaient les uns avec les autres.

Cependant, je connais plutôt assez bien l’époque abordée dans le roman et j’ai vraiment adoré la découvrir sous un nouveau jour, sous de nouvelles perspectives. On ressent lors de la lecture que Marie Brennan s’est énormément documentée sur l’époque et le règne d’Elizabeth, les relations entre les personnages et les différents complots et manipulations dont nous sommes témoins sont extrêmement bien ficelés. La seconde moitié du roman se lit donc beaucoup plus facilement une fois que l’on s’est habitué à l’univers. On y découvre des personnages historiques, associés à des personnages inventés par l’auteure, le tout alterné avec l’univers des faes qui est incroyablement riche et intéressant. 

 

Une lecture que j’ai donc trouvée trop lente au début, ce qui se justifie pourtant : il s’agit d’un premier tome qui doit poser les bases d’un univers fantastique mélangé à des faits historiques réels. Il est nécessaire d’avoir un début solide sur lequel s’appuyer pour ne pas se perdre en cours de route pour les prochains tomes, mais cela pourrait décourager certains lecteurs… J’ai en tout cas hâte de découvrir la suite ! 

- Aude, le 24 septembre 2018. 



 

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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Au pays des Cave-Trolls
Posté le 22 octobre 2018 -

Mélange histoire et fantasy

L’univers de Minuit jamais ne vienne mélange histoire et féerie mais une féerie plutôt sombre. Il n’est pas question de petites fées avec des ailes ou de gentil lutin (comme Lutin 82) mais de fées ressemblant étrangement à des humains grâce à une certaine forme de magie, d’elfes et d’autres créatures du Petit Peuple des îles britanniques. D’ailleurs dans le roman, les fées s’appelle Fae. L’aspect historique du roman est très documenté, le récit se situe à l’époque de Reine Elizabeth 1ère à la fin du XVI ème siècle. Au début du roman, Elizabeth Tudor est reine d’Angleterre depuis une trentaine d’années. La situation politique est tendue avec une tentative échouée d’invasion par la Grande Armada espagnole. La reine est à la fois crainte et aimée de son royaume. Cependant, Elizabeth n’est pas la seule Reine présente dans la ville de Londres. Il existe en effet secrètement une autre cour à peu près au même endroit que la première, mais peuplée de créatures féériques dont la reine s’appelle Invidiana. Dans le secret le plus total, les deux reines ont conclu un pacte pour s’entre-aider et accéder au pouvoir.

Parmi les personnages principaux, on trouve deux individus issus chacun d’une cour: un jeune homme récemment affecté à la garde royale et qui rêve de monter en grade, puis une elfe qui voudrait retrouver les bonnes grâces de sa reine. Pour cela, elle va mener une enquête afin de trouver ce qu’un certain Walsingham connait de la cour d’Onix (la cour d’Invidiana) et l’empêcher d’en apprendre trop. Du côté de l’autre cour, le jeune garde a exactement la mission opposée et doit trouver qui influence en secret la reine Elizabeth. Bien sûr, les deux héros vont finir par se rencontrer et seront amenés à faire d’étranges découvertes.

Les fae dans cet univers ont des aspects connus des légendes mais sont également différentes sur certains points. Trouver des fae en plein cœur de Londres peut surprendre, surtout qu’elles craignent le fer et ne sont pas trop fan de la religion. La conception des fae de Marie Brennan est originale et amène du renouveau dans un thème que l’on a pu déjà voir. Le mélange avec l’histoire fonctionne à merveille puisque l’auteure utilise les fae pour expliquer certains faits historiques.


Un livre qui prend son temps pour plaire

Je dois avouer que malgré ce contexte historique et cet aspect féérique, j’ai eu du mal à entrer dans le roman au départ. J’ai eu du mal à voir où tout ça allait arriver et à me prendre aux jeux d’intrigues. La mise en place au départ est assez lente et les personnages peu attachants au départ. Et puis, petit à petit, je me suis laissée prendre par un récit qui devient plus immersif et intriguant. Ce roman a mis un certain temps à me convaincre et j’ai beaucoup aimé la formulation de Jessica du blog Fantasy à la carte en commentaire sur la photo de ce roman sur Facebook et que j’ai repris en titre de ce paragraphe.

La construction de ce roman est très différente de ce à quoi nous avait habitué Marie Brennan dans sa série des Mémoires de Lady Trent. Ici, pas de journal intime ni de narration à la première personne, mode de narration qui convenait très bien pour des mémoires. Dans Minuit jamais ne vienne, le récit se fait selon les points de vue des deux personnages, le plus souvent en alternance. Cette construction est complétée par un petit côté théâtral avec 5 actes distincts. La construction du roman fonctionne assez bien et est habilement faite. Cependant, le roman est fondé sur les intrigues de cour, sur le pouvoir et la manière d’y arriver. Il y a très peu d’actions, d’où un rythme assez lent au départ. Mais une fois qu’on se laisse prendre au jeu, le mélange de manœuvres de cour, de manigances, de magie et d’histoire fonctionne très bien.

Minuit jamais ne vienne est donc un roman très intéressant et bien fait avec un assemblage histoire et fées du meilleur goût. Le début du roman est assez lent mais la suite prend vite le dessus pour nous mener dans un jeu de manigances tentaculaire.

- Célindanaé, le 17 octobre 2018.

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Brennan - Minuit jamais ne vienne - Bifrost
Posté le 31 octobre 2018 -
Marie Brennan s’est fait connaître en France avec sa série «  Mémoires de Lady Trent » publiée aux éditions L’Atalante, dont le premier tome, Une Histoire naturelle des dragons, a été récompensé par le Prix Imaginale 2016. Dans sa nouvelle série «  La Cour d’Onyx », on retrouve le goût de l’auteure pour l’exploration des mythes et légendes. Le premier opus, Minuit jamais ne vienne, est une lecture agréable, où le monde mystérieux de la Faerie anglaise se mêle à l’époque aussi fascinante que balisée du règne d’Elisabeth Ire. Sous la Londres de 1554, une reine maléfique a conclu un pacte avec son homologue humaine pour asseoir son propre trône. Trois décennies plus tard, les destins croisés d’une courtisane Fae et d’un gentilhomme d’armes humain s’accomplissent. Chacun lutte pour obtenir une place privilégiée auprès de sa souveraine, mais les manœuvres et les découvertes de nos protagonistes les mèneront bien au-delà de ce qu’ils avaient imaginé…

L’intérêt du lecteur s’éveille sur un rythme huilé et crescendo. Il faut s’accrocher un peu sur les premières pages : les débuts de Deven, le gentilhomme à la cour élisabéthaine, ne sont pas des plus passionnants. Peu à peu, après la mise en place, on prend réellement plaisir à dérouler les fils de l’intrigue savamment tissée par Brennan, jusqu’à une fin soignée, à la fois digne d’un conte de fées et d’une tragédie élisabéthaine — nul hasard dans le fait que le récit soit divisé en quatre actes et qu’on y trouve quantité de références au théâtre de l’époque. On se laisse volontiers convaincre par l’aspect historique du roman, étonnamment loin de perdre son intérêt à la lumière de l’influence Fae. Marie Brennan propose des explications originales aux événements majeurs qui ont jalonné le règne d’Elisabeth. L’auteure réinvente notamment la tentative d’invasion de l’Angleterre par l’Armada espagnole et réinterprète les causes de l’exécution de Marie Stuart, reine d’Écosse et cousine d’Elisabeth. Mieux encore, la personnalité mystérieuse de la dernière Tudor et sa légendaire virginité sont ingénieusement exploitées.

Un ouvrage plaisant, donc, avec tout de même quelques imperfections. Si l’intrigue s’avère convaincante et le style agréable, parfois poétique, on regrette pourtant certains choix faciles. Ainsi, les machinations politiques sont régulièrement métaphorisées par une partie d’échecs, procédé convenu, pour dire le moins. Par ailleurs, déviance d’adepte de jeux de rôle, peut-être, on croit presque entendre, çà et là, un « TGCM » de la part de Marie Brennan (« ta gueule c’est magique », expression de maître du jeu bien pratique afin de justifier une potentielle incohérence). Pour illustration, la perception du temps par les immortels Fae semble à géométrie variable : certains sont capables de se remémorer des événements très anciens, mais quand ça arrange l’intrigue, presque tous ont oublié comment leur propre reine est arrivée au pouvoir à peine dix ans plus tôt.

Malgré ces derniers points, l’impression générale demeure positive. Si vous aimez l’époque élisabéthaine et le folklore britannique, ce livre a tout pour vous charmer, aucun doute. Et si ce n’est pas le cas, qui sait, tenter le coup pourrait bien faire éclore une passion insoupçonnée pour ces deux sujets…

- Violette POGODA, juillet 2018.
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Univers Métro 2033
Posté 13 décembre 2018 -

Vous avez lu Métro 2033 et vous voulez jouer au jeu vidéo ?
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Manuscrits
Posté 13 décembre 2018 -
Nouvelle année, nouvelle session.
 
Pour la deuxième année consécutive, nous ouvrons la réception des manuscrits du 1er au 31 janvier. Envoyez-nous vos textes pendant cette période. Mais attention, le sort d’enchantement de notre boîte mail sera de nouveau actif le 1er février à minuit, supprimant tous les messages reçus après la date limite.
 
Et la session de l’an passé ? Sur les 885 textes reçus, certains sont toujours en lecture, mais la grande majorité a été traitée. Nous avions décidé d’ouvrir de façon temporaire le service des manuscrits pour une raison principale : limiter les envois qui ne nous sont pas spécifiquement adressés. Nous ne souhaitons pas juger de la qualité d’un carnet de voyage, d’un recueil de poésie ou d’une autobiographie. Et cela fut un succès, voilà pourquoi nous continuons selon cette méthode. L’objectif premier est de pouvoir consacrer un maximum de temps à vos textes.

Quant à ce que l’on y a trouvé, on vous en dit plus très bientôt. 

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Rencontre - Camille Leboulanger
Posté 28 novembre 2018 -
Camille Leboulanger sera en dédicace :
- le samedi 15 décembre à la librairie Imaginaute (Tours).

leboulanger_s.jpg

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Sélection - Prix Libr'à Nous Imaginaire
Posté 28 novembre 2018 -

Nous sommes heureux de découvrir Le Chant du coucou sélectionné dans la catégorie Imaginaire du prix Libr'à Nous !

Retrouvez les autres romans en compétition sur leur site.

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Posté 21 janvier 2013 -

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