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  • La Dentelle du Cygne

François Rouiller

Métaquine

Contre-indications
Métaquine

Date de parution : mars 2016

Tome : 2

Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841727704

Nombre de pages : 464
Prix : 19,90 €
État : disponible

 Régis, dernier de la classe ne veut pas prendre de Métaquine® le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagements des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles.
La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasme de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville,cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école.
Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule?

François Rouiller, avec ce premier roman, entre d’emblée dans la cour des grands. Métaquine® est le fruit de huit ans d’écriture et de réflexion sur les dérives de l’industrie pharmaceutique, le mensonge publicitaire, les manipulations de masse, l’espoir d’une souveraine panacée. Avec, à la clé, cette question : habitons nous le vrai monde ou un placebo ?

 

  • Revue de presse
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Rouiller - Métaquine - La liberté
Posté le 22 avril 2016 -

La pharma déraille

Illustrateur, critique, essayiste, écrivain et… pharmacien, François Rouiller arrive en force avec les deux tomes de Métaquine®. Un ample roman choral qui plonge dans la conscience d'une poignée de personnages récurrents, tous liés de près ou de loin à cette nouvelle molécule aux propriétés inédites développée par le géant de la pharma Globantis. Une mère cyber-addict en stade terminal, engoncée dans le grand village virtuel d'où le réel n'apparaît plus que comme une incongruité. Son fils persécuté et rêveur. Un manager avide de profit. Une vieille neuroscientifique alertée par les propriétés de cette "drogue qui transforme les garnements hyperactifs en chérubins zélés" et dont plus personne n'arrive à se passer. Autant de caractères extrêmement bien creusés, qui donnent chair à ce futur angoissant. Le tout dans un style nerveux et très travaillé. C'est dense, profond, ambitieux et éloquent: sans conteste un nouveau jalon majeur de la science-fiction en terre romande…

Thierry Raboud

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Rouiller - Métaquine - Mes Imaginaires
Posté le 29 avril 2016 -
Une molécule pour calmer les enfants turbulents, indisciplinés ou intentionnés : chère maman, cher instit, c’est pas révolutionnaire ça ? Le calme en classe enfin ou après une journée de travail, une agressivité en berne et des résultats qui s’améliorent… La Métaquine promet tout ça et plus encore.

Métaquine, ça sonne comme Ritaline (psychostimulant) ou Kétamine (anesthésique et hallucinogène), deux médicaments existant effectivement. François Rouiller joue avec les multiples propriétés de ces molécules grandement discutées pour inventer la sienne. Six personnages se trouvent confrontés de façons différentes au produit miracle, six voix qui composent un roman polyphonique et brillant.

Régis d’abord, le sujet test par excellence : pré-ado complètement à l’ouest, il passe ses cours à s’imaginer dans un autre monde, le Duché, avec deux super copains. Surdoué autodidacte, il est aussi le souffre-douleur des autres gamins et de la maîtresse qui n’en peut plus de ce tête en l’air. Aurélia, la mère de Régis est au-delà de l’ouest puisque coincée dans le SimDom : c’est une cyberaddict dont le cerveau déconnecté du corps vit de façon autonome. Pour tout le monde, elle n’est qu’un légume. Henri le geek looser a accueilli chez lui Aurélia et son fils. Dire qu’il s’occupe d’eux serait exagéré, puisqu’il a déjà beaucoup de mal à se gérer lui-même. Sophie, docteur en neurosciences à la retraite et guettée par Alzheimer, est la voisine de Régis, la seule à lui parler et à qui il parle.
Curtis est directeur marketing chez Globantis, la firme qui commercialise la Métaquine. Clotilde, élue et militante est celle qui cherche à lui mettre des bâtons dans les roues…

Une autre voix se fait également entendre, celle de Ferdinand A. Glapier, une entité dont on ne connaît pas la véritable identité mais un agitateur patenté, cyberpenseur bien décidé à secouer l’apathie publique.

La secouer ? Oui, car tous, nous sommes tous endormis par la publicité, le mensonge et le marketing. Ils nous formatent et nous font accepter n’importe quoi, élire les pires voyous. Et qu’est-on prêt à faire pour que nos rejetons aient de bons résultats à l’école tout en nous fichant la paix le week-end ? Rassurez-vous, François Rouiller n’en a pas qu’après nous, citoyens manipulés. Ce sont la toute puissance et le cynisme des groupes pharmaceutiques qu’il dénonce qui, sous couvert de philanthropie, financent la recherche médicale mais coupent les subsides à qui ne va pas dans son sens. Qui proposent de tester les élèves en situation d’échec scolaire après avoir organisé de vastes campagnes de marketing auprès des familles et des pédopsys tous prêts à se jeter sur le produit miracle dont tout le monde parle.

Pharmacien lui-même, François Rouiller sait de quoi il parle et dévoile la supercherie avec intelligence. Tous les personnages possèdent une densité qui les rend crédibles donc familiers. On cerne aussi bien le gros looser aux aspirations criminelles que le pauvre ado, non parce qu’ils sont caricaturaux mais bien parce qu’ils sont humains et qu’on les comprend. La plus difficile à cerner de fait est Aurélia, perdue dans son univers de synthèse mais sa voix est aussi celle d’une femme blessée. Le méchant de l’affaire, Curtis Candrian est un manipulateur tellement intelligent et cynique qu’il en est passionnant.

On les prend tous au moment où l’avènement de la Métaquine semble incontournable : Clotilde est bien isolée dans sa lutte contre le géant pharmaceutique, les chercheurs ayant besoin de financements pas de problèmes de conscience. Mais voilà, il y a çà et là des couacs qui laissent présager quelques problèmes : Henri voit des utilisateurs disjoncter après réparation bâclée de leur calotte (indispensable pour se connecter au SimDom), Régis constate l’invasion de son Duché imaginaire par des simulations qu’il n’a pas suscitées. Et puis ce tableau qui revient à plusieurs reprises, chez Globantis, chez Sophie, qui figure un lieu que Régis et Clotilde reconnaissent comme l’ancien orphelinat de La Guillanne… Mon seul reproche à ce premier tome serait que l’intrigue met du temps à s’amorcer. Au profit bien sûr des personnages.

François Rouiller enfonce le clou de la dénonciation à travers les propos de Glapier qui reviennent entre chaque partie. Le cyber agitateur n’y va pas de main morte, s’en prenant aux grands groupes pharmaceutiques, aux politiques corrompus et à la bêtise universelle. N’avons-nous pas renoncé à notre cerveau avant même d’avoir avalé la Métaquine ? Ne sommes-nous pas les gogos qui votent pour des voleurs ? N’avons-nous pas abdiqué notre fierté et notre intelligence pour simplement « avoir l’air » ? Avoir l’air branché, plus jeune, plus mince, plus conforme aux fantasmes vendus par la publicité et le cinéma ?

Si nous sommes si manipulables, c’est moins grâce à l’intelligence des publicitaires, politiciens et autres gourous auxquels on voudrait faire porter le chapeau de notre bêtise. C’est bien plus parce que nous avons renoncé au nom de l’illusion à utiliser pleinement nos capacités. Nous sommes soumis à la réussite, à l’argent, à la jeunesse, bref, au paraître. Ce règne de l’image est encouragé par les médias et fait le lit de l’industrie pharmaceutique qui n’a pas pour ambition de soigner mais bien de s’enrichir et d’engraisser ses actionnaires. Ce qui nous reste de conscience individuelle n’aurait pourtant pas grand-chose à faire d’autre pour secouer le joug que refuser. Refuser la Métaquine c’est accepter d’être faible, rêveur, moche ou juste différent. C’est accepter d’être soi.

Ah que ce livre est intelligent ! Lisez-le !

Mes Imaginaires
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Rouiller - Métaquine - Galaxies
Posté le 17 août 2016 -
Métaquine® est un médicament inspiré de la Ritaline, qui ne se contente pas de calmer les enfants hyperactifs : il en fait des écoliers modèles. Mais Régis n’est pas un cancre : il est seulement un rêveur très en avance sur son âge, qui vit dans la contrée imaginaire du Duché, château fantastique où, avec ses amis Mat et Cora, il combat des dinosaures ; les visions sont parfois si nettes qu’elles se surimposent au monde réel.

La molécule est aussi efficace pour ceux qui se sont grillés le cerveau avec des casques d’immersion dans des réalistes virtuelles dont ils ne reviennent pas, comme Aurélia, la mère de Régis, qui devrait normalement être hospitalisée, mais que Henri, réparateur informatique, ombrageux beau-père accro aux tabloïds morbides du style Allô Police, garde à la maison, soi-disant pour aider à son sevrage.

Les personnes âgées, celles souffrant d’Alzheimer ou de confusion mentale, sont aussi de bonnes candidates. Sophie, neurobiologiste à la retraite, retrouve son esprit critique depuis qu’elle a appris que Régis, son jeune voisin, qu’elle abrite en attendant le retour de du beau-père, doit passer des tests d’aptitude sponsorisés par Globantis Pharma.

D’ailleurs, le médicament est aussi efficace pour les stressés et les surmenés, dont il régule l’humeur : Ghislaine, l’amie de Clotilde, en prend. Mais cette dernière, un rien désabusée en raison d’une vie personnelle en capilotade, reste une farouche militante traquant les malversations des grands groupes industriels.

Enfin, la gélule miracle est conseillée pour tous les adultes en général, car elle clarifie l’esprit, efface la nervosité et rend plus posé. D’ailleurs, à Globantis, où tous les moyens sont bons pour imposer ce médicament, tout le monde en prend. Au détriment, certes, d’une certaine spontanéité, caractérisée par une voix monocorde et une relative indifférence aux problèmes d’autrui.

Curtis, le super-vendeur de la société, n’en use que pour manipuler ses clients. Il commence à craindre cette uniformisation. La drogue a aussi des effets dissociatifs proches d’expériences de décorporation : son efficacité, comparable à celle d’un ordinateur à qubits, serait due à sa nature quantique et permettrait d’exploiter d’autres propriétés similaires, comme les superpositions d’états, l’intrication, jusqu’à rendre effectives les explorations d’univers parallèles.

Mais Globantis n’a cure de ces spéculations : son objectif est avant tout mercantile. C’est un formidable roman, réglé comme du papier à musique, qu’a écrit François Rouiller, jusqu’à présent auteur de nouvelles et illustrateur à l’humour pétillant et débridé. Les chapitres, courts, nerveux, consacrés à l’un des six principaux personnages, alternent avec des extraits du blog pilori.info, signés par le trublion Ferdinand A. Glapier, un nom qui dévoile quelques influences littéraires et canulardesques. Chaque billet dissèque méthodiquement les mensonges qui gangrènent notre société, depuis les fausses études pharmaceutiques jusqu’aux déclarations politiques, à la publicité, aux pièges du Net, à l’information orientée des actualités, en passant par la fabrique de stars, la chirurgie esthétique, le maquillage, tout ce qui permet de donner à voir et à croire mieux que la réalité, de travestir et de magnifier celle-ci. François Rouiller distille une information scientifique de haut niveau accessible à tous, sans jamais perdre de vue l’intrigue et ses personnages. Le tout est écrit avec une verve délectable, dans la lignée d’un Audiard. Ce qui n’apparaissait que comme une dénonciation des industries pharmaceutiques débouche sur une science-fiction d’envergure cosmique digne d’un Philip K. Dick.

Rien, vraiment, n’a été laissé au hasard. Jusqu’à la campagne promotionnelle, qui s’est traduite par l’envoi de mails représentant une boite de médicament plus vraie que nature, et autres savoureux détails sur les propriétés de la molécule, laissant planer le doute sur une éventuelle nature littéraire de Métaquine®. Malgré le titre du tome 2, il n’y a aucune contre-indication à ce roman, qui génère pourtant une forte accoutumance. C’est un sans-faute, qui raflera probablement, à défaut d’occuper les rayons des pharmacies, les plus grands prix de l’imaginaire.

Claude Ecken
Galaxies n°42
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Rouiller - Métaquine - Pharmapro.com
Posté le 01 septembre 2016 -
M. Rouiller est un pharmacien cumulant plusieurs casquettes : Pharmacien d’officine, d’hôpital (pharmacien chef-adjoint de la pharmacie des hôpitaux de l’est lémanique PHEL) et passionné de science-fiction. Il vient de publier son premier roman, Métaquine. 

1. Pharmapro.ch - Quel est votre parcours professionnel (études, postes occupés) en quelques mots?
M. Rouiller - Après avoir obtenu mon diplôme de pharmacien en 1982, j’ai fait quelques remplacements. Puis, j’ai ouvert la pharmacie de St-Légier[1] en 1985. Dès 1988, j’ai rejoint l’équipe de la pharmacie de l’hôpital du Samaritain à Vevey[2], tout en conservant mon activité officinale à St-Légier. J’y occupe désormais le poste de pharmacien chef adjoint.

Il y a 10 ans, j’ai procédé à la réouverture de la pharmacie de Chardonne.

2. Qu'aimez-vous dans le métier de pharmacien ?
Cela dépend de l’activité, car comme vous le savez, je travaille en officine et à l’hôpital.

En officine, j’aime le contact avec le client, la personnalisation de la prestation pharmaceutique.

En milieu hospitalier, j’aime la pharmacie clinique, le contact avec les médecins, les infirmiers, rechercher et donner les informations pharmaceutiques, médicales que l’on me demande. J’aime être « patient oriented », trouver les prestations qui visent l’amélioration du confort pour le patient.

3. Dans quel domaine le pharmacien peut-il être utile pour la société, autrement dit quelle est la valeur ajoutée du pharmacien en 2016 ?
Je ne parlerai pas de valeur ajoutée, mais de valeur tout court. Pour moi, le pharmacien est essentiellement un évaluateur des traitements. Son rôle est de participer à l’élaboration de traitements sûrs, efficaces, économiques, intéressants. Le pharmacien est là pour conseiller, mais on veut le transformer en vendeur, notamment en officine. Il est constamment pris en étau entre les politiques, l’industrie, les assurances.

A l’hôpital par contre, cela est plus facile de tenir ce rôle de conseiller. Le pharmacien est souvent consulté.

Ainsi, mes deux casquettes me permettent de voir le rôle que devrait prendre le pharmacien : appliquer à l’officine la fonction de conseiller, d’expert en matière de médicaments pour qu’il y ait participation dans le choix du médicament. A l’hôpital par exemple, il y a la possibilité d’affiner la médication.

4. Comment voyez-vous l'avenir de la profession, par ex. dans le domaine de la prévention des maladies chroniques, le pharmacien a-t- il un rôle à jouer ?
L’avenir de la profession ? On y répond déjà un peu dans la question 3. Pour compléter mon point de vue, je dirai qu’il existe encore pour l’instant un clivage entre le pharmacien hospitalier et le pharmacien en officine, à l’exception des Cercles de Qualité. Même dans les pays comme les Etats-Unis où il y a un pharmacien par étage à l’hôpital, ce clivage se ressent.

Pour moi, il est impératif que le pharmacien d’officine se détache de l’acte de vente pour valoriser son expertise, son savoir, son choix de médicaments. Le médecin et le pharmacien font deux métiers très différents : le médecin pose un diagnostic, tandis que le pharmacien est le spécialiste du médicament. C’est là, à mon avis que réside la solution pour l’avenir du pharmacien. Je ne crois pas trop aux solutions de concurrence où le pharmacien veut proposer des actes médicaux. Je pense qu’il faut plutôt collaborer.

Quant à la prévention, oui, mais il faut distinguer prévention primaire et prévention secondaire. En ce qui concerne la prévention primaire, cela est possible si l’on connaît le patient, son style de vie, sa symptomatologie. Or le pharmacien n’a pas assez d’éléments. Le médicament n’entre pas forcément en jeu. Ici, le triage est important, les campagnes de prévention aussi.

On a plus à faire avec la prévention secondaire, dans le suivi du patient, l’accompagnement. On va mieux cibler notre intervention, améliorer la compliance.

5. Quel est le plus grand défi (challenge) dans la profession de pharmacien ?
A nouveau, le défi est différent si l’on est pharmacien d’hôpital ou d’officine.

En milieu hospitalier, le pharmacien s’intègre facilement, mais il manque les moyens, les ressources humaines. Il y a pratiquement tous les services qui demandent des conseils, des informations au pharmacien. La demande est là. C’est une question d’enveloppe. Le défi est d’obtenir plus de ressources pour répondre à la demande existante.

Dans le milieu privé (l’officine), selon les économistes, il y aurait trop de pharmacies, trop de pharmaciens. Ces derniers doivent se battre pour maintenir leur place, c’est un travail de résistance, de défense.

6. Comment faire pour améliorer la relation et collaboration entre pharmaciens, médecins et autres acteurs du système de santé ?
La relation médecins et pharmaciens doit commencer au niveau des études, des formations communes. Il faut du vécu, la théorie ne suffit pas. Par exemple, le médecin assistant doit avoir l’habitude de travailler avec le pharmacien pour affiner sa prescription, c’est là qu’il y a une collaboration.

Il faut une communauté de terrain. Un moyen pour le pharmacien d’officine serait par exemple d’intégrer des cabinets de groupe, de travailler dans les instituts, les EMS.

Il faut donc une réunion géographique et/ou organisationnelle, ne pas travailler de manière individuelle. Il faut de manière collective, mettre la main dans le même « cambouis », réunir ces deux partenaires lors de leurs formations et lors de leurs travails.

7. Comment lutter contre la baisse continuelle du prix des médicaments sur ordonnance décidée par le Conseil Fédéral. De quels moyens concrets disposent les pharmaciens et leurs associations professionnelles ?
Il faut détacher la rémunération du pharmacien de la vente, pas seulement de la marge, mais de l’acte de vente. Le pharmacien d’officine, reste, malgré tout un vendeur.

Je ne vois pas une pharmacie bureaucratisée, mais plutôt un pharmacien consultant. Il faut, dans une meilleure prise en charge du patient, que le pharmacien joue plutôt un rôle de filtre au lieu d’effectuer seulement un acte de vente. A nouveau, le pharmacien doit être partie prenante dans le choix de la thérapie, du traitement au lieu d’être un simple exécutant.

8. Monsieur, Rouiller, vous êtes pharmacien, écrivain et dessinateur. Vous avez publié récemment un roman, Métaquine [3], « Indications » et « Contre-indications ». Pouvez-vous nous en parler plus en détails ? Vous ne ménagez pas l’industrie pharmaceutique. Comment voyez-vous l’évolution des firmes pharmaceutiques et plus précisément, le partenariat pharmacien-industrie pharmaceutique. Quelle est la place du pharmacien ?
Là également, le pharmacien s’est fait mettre de côté, au lieu d’être un partenaire critique, qui évalue. On est devenu des vendeurs.

Vous posez-là, LA QUESTION du roman. Je ne fais pas le procès d’une molécule, d’un médicament, mais la relation qui existe entre l’industrie qui veut vendre et un patient qui espère un miracle, l’offre et l’attente. Je critique la société.

Dans le premier tome « Indications », on a l’impression que les choses sont claires, le médicament a des vertus, on les utilise à fond. Les deux partenaires (patient-industrie) se rejoignent. Mais il manque quelqu’un au milieu qui prend conscience, une interface. Il faut un passeur. Ce rôle devrait revenir au pharmacien.

Je n’ai pas écrit ce roman uniquement dans le prolongement de mon activité professionnelle, car je connais aussi bien le milieu de la science-fiction, les manifestions, les congrès. La science-fiction représente un champ culturel que j’aime bien et que je soutiens, c’est une façon de penser. Dans la culture en général, il y a cette volonté d’arrêter les choses, qu’une œuvre devienne éternelle, dire la vérité sur le monde, l’humanité. Or, on constate qu’il y a des changements incessants, aussi bien techniques, scientifiques que politiques.

A mon avis, la science-fiction serait la culture la plus honnête, car elle dit bien que tout est en train de changer.

9. Votre livre contient de nombreux termes très techniques. Lors de son écriture, quel était votre public cible ?
Mon roman est publié par l’Atalante, un éditeur de science-fiction. Ce n’est donc pas destiné au tout public, mais plutôt pour des gens amateurs de ce domaine. En effet, j’ai écrit ce que j’aime bien lire, raison pour laquelle ce roman est dans l’esprit de la science-fiction.

Pourtant, j’ai reçu de bonnes critiques de personnes ne venant pas du monde de la science-fiction, malgré le côté technique. Il est ainsi important de bien amener le sujet. La réception des lecteurs est assez bonne.

En écrivant ce roman, j’ai pu prendre deux positions. Du côté scientifique, domaine que je connais bien et que je n’ai pas trahi, je me présente comme un spécialiste. En revanche, lorsque je parle de réseaux quantiques, je me mets dans un autre point de vue, je donne les informations comme on pourrait les lire dans un journal pour ados. Je vulgarise l’information comme je la reçois. Je n’essaye pas de faire du bluff technique.

10. Votre roman est certes divertissant et l’on plonge aisément dans le monde, l’intrigue que vous décrivez. Pour en revenir à la critique pharmaceutique, pensiez-vous à un médicament, une firme particulière ?
Non, bien que Métaquine puisse faire penser à la Ritaline ou à la kétamine.

Métaquine est presque l’anagramme de kétamine, une molécule aux propriétés également  très intéressantes : hallucinogène, anesthésique général, etc. La kétamine a également une action paradoxale : au niveau de la sensibilité à la morphine, de la dépression. Chez certaines personnes réfractaires aux anti-dépresseurs, il suffirait de petites doses de kétamine durant quelques jours pour inverser le processus. Mais on ne connaît pas bien le processus, car la kétamine est depuis trop longtemps sur le marché.

Dans le roman, je parle par exemple d’expériences sur des souris KO, qui sous stress, sont restées apathiques. Leur état s’est amélioré après administration de Métaquine. J’ai écrit ce passage en 2010-2012. Or, en 2015, aux USA, on a expérimenté la kétamine sur des souris KO pour la même indication. [4] C’est fou comme la réalité peut rattraper la fiction.

Dans le cadre de mon activité hospitalière, je dois documenter les discussions, les choix de médicaments, les arguments, la littérature, les études cliniques. Est-ce qu’elles tiennent la route ? Il y a bien sûr des petits et des gros mensonges. C’est donc une critique générale.

11. Quelles sont vos solutions pour l'avenir médical ? (à lire dans le 2ème tome : Contre-indications ?)
Je n’ai pas de solution de pharmacien pour ça, sans révéler le pot aux roses du roman !

On est passablement manipulé par beaucoup de choses, la publicité, les politiques, les mouvements de fonds, les médicaments, la santé.

Mon message est qu’il faut redevenir conscient.

Le fait d’écrire m’a permis de prendre du recul par rapport à la vie, au monde. En me retranchant, je me suis aperçu de pleins de choses qui sont critiquables, absurdes. Il faut réfléchir un peu, prendre conscience à tous les niveaux.

12. Finalement, êtes-vous plutôt thé ou café ?
Café !

Pharmapro.com - Mme Van Nguyen

 

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Rouiller - Métaquine - Le Temps
Posté le 23 juin 2016 -
Avec «Métaquine®», la science-fiction romande a son monument

Pharmacien de son état, le Vaudois François Rouiller raconte dans un copieux roman l'emprise croissante d’un médicament sur une société qui flanche. Lecture enthousiaste, et propos de l'auteur

Et si un médicament administré aux enfants hyperactifs déployait d’innombrables effets inconnus? S’il calmait les angoisses, s’il pouvait sortir les cyberaccros de leurs nébuleuses de pixels? Et surtout, s’il donnait l’impression d’être plus concentré, plus productif – tétanisant ainsi des millions de salariés aux quatre coins de la planète? Ainsi s’impose la Métaquine, produit apparemment miracle, qui va faire exploser les bénéfices de GlobantisPharma, une écrasante multinationale.

Cela se passe dans un futur proche. Ce monde ressemble à celui de 2016, hormis quelques avancées dans des technologies qui, pour l’essentiel, éloignent des humains du réel. En particulier le SimDom, univers parallèle de réalité virtuelle, inoffensif – sauf si l’on entre dans ses sphères plus discrètes, comparables au deep web de la Toile actuelle.

Une anticipation simple et puissante

Métaquine® pose et raconte ce monde pas si exotique, qui semble devoir basculer. Publié par le principal éditeur français de science-fiction (SF), L’Atalante, le roman est le premier de son auteur, François Rouiller, pharmacien vaudois de son état. Avec lui, la SF romande, déjà en expansion avec les travaux de Georges Panchard, Vincent Gessler, Laurence Suhner et Luca Moreno, se leste d’une œuvre monumentale, une anticipation aussi simple que puissante.

Il faut considérer l’ampleur du projet. L’auteur a travaillé huit ans, pour déboucher sur un roman en deux volumes, un total de 848 pages. Métaquine® a ses lenteurs, mais sa lecture demeure plaisante de bout en bout, vivifiée par son univers et ses protagonistes  crédibles.

Récits multiples

L’histoire est chorale. Six personnages structurent le récit. Un écolier qui est le seul de sa classe à ne pas prendre de Métaquine. Sa voisine, ancienne neurologue fourbissant ses armes contre GlobantisPharma. Le père par adoption du garçon, malheureux au travail, qui nourrit des fantasmes de meurtres de masse. Sa femme, perdue dans les limbes du SimDom tout en vivant avec des appareillages pour maintenir son corps physique en fonction. Une politicienne, alliée à la neurologue, qui attaque la firme, non sans  quelques ambiguïtés. Le patron de GlobantisPharma, cynique mais pas tant, qui dévoile sa nuance personnelle face au déferlement incontrôlé de son produit.

La tension se noue entre la domination de la Métaquine, l’immixtion croissante du monde parallèle, et certaines obsessions communes des protagonistes. Les grandes tranches de l’histoire sont entrecoupées par les propos de Ferdinand A. Glapier, un journaliste-blogueur moralisateur, au sens critique du terme. On peut d’ailleurs chicaner l’auteur pour sa vision parfois simpliste des masses et de leur contrôle (lire sa réponse ci-dessous). Mais pour que le message passe, il faut schématiser; et à l’heure où la SF regorge parfois de références et de métadiscours qui la rendent étouffe-bougre, Métaquine® tranche par sa sincérité nette, honnête.

L'auteur, ce moustachu méticuleux

François Rouiller est un bonhomme calme et méticuleux dans sa passion, moustachu, à l’accent indéfinissable, un peu vaudois, un peu raffiné. L’auteur de ces lignes le connaît, mais il n’y a nul copinage dans cet article – Métaquine® se défend tout seul. Oui, François Rouiller est pharmacien; à la racine de son roman, il sait de quoi il parle.

Dans son goût, son obsession peut-être, pour la SF et les médicaments, il affiche une cohérence inattaquable. Il a été membre du comité de la Maison d’Ailleurs. Aussi illustrateur, il a publié un recueil de vignettes sur le futur. Et avant de passer à la fiction, il a offert au genre ce qui demeure sans doute l’unique monographie sur le sujet, une étude sur les drogues et la toxicomanie dans la SF. Si ce n’est pas de la suite dans les idées…

Dans l'air du temps

A présent, il livre ce pavé en deux pièces massives, lequel n’écrase pourtant jamais son lecteur. Original d’entrée de jeu, Métaquine® s’inscrit dans un air littéraire du temps pertinent. A l’heure des alertes pour la planète, la SF est reprise par un souffle écologiste et alarmiste remontant aux années 1970, celles de Soleil vert, de Harry Harrison. Il y a de cet esprit dans le roman de François Rouiller, bien sûr replacé à l’heure des réseaux sociaux et des nouveaux défis économiques. D’ailleurs, auteur et éditeur ont savamment orchestré la promotion du roman, logo et design de l’emballage du médicament, site bardé d’articles scientifiques et de témoignages sur le psychotrope miracle, et diverses malices sur les réseaux.

Avec sa galerie de personnages aux monologues aiguisés, lucides tout en étant pris dans leurs dérives, Métaquine® décrit les failles possibles de demain, entre pressions professionnelles, impératifs sociaux et lignes de fuite multiples. La science-fiction romande a son roman-monde, si actuel.

«J’étais d’humeur sombre, puis ma vision du monde s’est éclaircie»

Le Temps: Ce roman de 848 pages représente une aventure de huit ans, comment l’avez-vous conçu?

François Rouiller: C’est un ras-le-bol qui a mis en branle la machine. Tout à coup, en écrivant une nouvelle, j’en ai eu assez des longues phrases, des «dit-il». J’ai eu envie de parler sans recul ni formules indirectes. Dès lors, mes personnages ont pris voix, consistance et durée. Ensuite, le thème d’origine, celui d’un médicament miracle inondant le marché, s’est complexifié aux dimensions d’une société, d’un avenir global. D’autres développements technologiques ont envahi le quotidien de mes héros. D’autres nuisances, aussi. Je suis passé d’une anticipation linéaire, le succès grandissant de la Métaquine, à des sauts imaginaires de moins en moins prévisibles. Heureusement, la fin était déjà écrite et je savais où j’allais. Tout le défi a été de rattacher ces inventions inattendues au fil du récit pour qu’il garde jusqu’au bout sens et cohérence. Ce fut un travail de longue haleine, mais jamais décourageant.

– On peut vous reprocher une vision parfois un peu moralisante des foules manipulées…

– Il y a plusieurs niveaux de manipulation de masse dans Métaquine®. Le phénomène des «conks», par exemple, rassemble des citadins au hasard, sans cause ni finalité. Tout à coup, par une sorte de contagion spontanée, les gens s’agglutinent en bancs de sardines et calquent leur comportement sur celui des autres. Le grégaire se substitue aux volontés individuelles et leur impose de faire bloc et de déambuler au hasard des rues. Les «conks» sont des cas extrêmes d’abrutissement collectif. Le roman en décrit d’autres sortes, moins spectaculaires: obéissance aveugle à la publicité, aux tribuns, aux habitudes consuméristes. En étalant ces travers, mon propos n’est pas de défendre la morale, mais de promouvoir la conscience.

– «Métaquine®» a le goût salé des romans de SF catastrophistes des années 1970. Sommes-nous à nouveau dans un environnement qui justifie une SF alarmiste?

– Plus que l’environnement, c’est ma subjectivité qui a dicté le ton du roman. J’étais d’humeur sombre quand j’ai commencé à écrire Métaquine®, puis ma vision du monde s’est peu à peu éclaircie. Avec le recul, je trouve que cette évolution personnelle a donné au livre un ressort dramatique intéressant. Mes personnages m’ont fait mûrir, leur univers a changé le mien. Nous étions, eux et moi, partis de constats sévères sur la société, la technologie envahissante, les pressions du marché, l’inculture globale. Mes héros exagéraient dans le pessimisme, bien sûr, mais en poussant le bouchon romanesque, ils me forçaient à réagir. J’avais débuté le récit en noircissant le tableau du futur, comme avant moi John Brunner ou J.G. Ballard; je l’ai terminé en inventant des alternatives à cet avenir pourri, où l’espoir a peut-être sa place. En cela, je suivais plutôt Philip K. Dick, et sa foi en l’humanité.
 
Nicolas Dufour
Le Temps
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Rouiller - Métaquine - Sens critique
Posté le 06 septembre 2016 -

Voilà un roman qui a attiré mon attention dés sa parution.

D'abord parce qu'il est édité par l'Atalante, une maison dont j'admire et respecte le travail depuis de longues années, mais aussi pour les thématiques qu'il semblait traiter, à savoir le contrôle des populations par les médicaments et les magouilles des grands labos pharmaceutiques.

Autant d'ingrédients qui laissaient augurer d'un potentiel bon roman d'anticipation. Et donc, qu'en est-il ?

Métaquine : indications est le premier volet d'un diptyque. Le récit, comme son nom l'indique, s'articule autour d'un médicament, la métaquine, qui inonde le marché. Le monde dans lequel se déroule cette histoire est assez proche du nôtre temporellement parlant, la seule vrai différence étant la présence d'un cyber monde en réalité virtuelle (le Simdom) permettant une immersion totale de ses utilisateurs par le biais de casques à interface neuronale. Simdom qui a de même engendré une population de cybaddict, des personnes ayant renoncé au monde réelle et qui restent connectées en permanence, leurs corps restant lui sous assistance médicale, soit en clinique, soit à domicile si leurs proches acceptent de les prendre en charge.

Quant à la métaquine, il s'agit d'un produit initialement utilisé pour traiter certains troubles mentaux (notamment la baisse d'attention) et dont les chercheurs de Globantis (une firme pharmaceutique) ont découvert qu'elle pouvait en réalité toucher toute la population et la rendre plus performante dans son quotidien puisque le produit inhibe les émotions et rend le cerveau plus "disponible" (au détriment de la personnalité de l'utilisateur toutefois).

Le récit nous est présenté par le biais de six personnages, qui vont tous constater les effets de la métaquine dans leur entourage immédiat. On a donc divers points de vue sur la chose, selon le caractère ou la position sociale de chacun.

Ces six personnages sont la moelle épinière du roman, chacun d'entre eux ayant une personnalité bien trempée et une perception différente du monde.

On a ainsi :
- un membre du comité exécutif de Globantis, la firme ayant lancé la métaquine, qui cherche à étendre la clientèle pour son médicament.
- une femme politique qui cherche à faire interdire l'usage de la métaquine, notamment au près des enfants.
- une ex-scientifique, spécialiste de la neurologie, qui sent venir l'entourloupe autour de ce médicament.
- un jeune élève de collège très tête en l'air qui va sans doute être amené à prendre de la métaquine pour se "corriger".
- une cybaddict vivant exclusivement dans le Simdom et dont l'enveloppe physique est maintenue en vie via des sondes et des appareils respiratoires chez elle. Elle est également la mère du collégien.
- Un employé d'un magasin type Darty, qui constate l'effet de la métaquine chez ses collègues et chez ses clients. Il est également le compagnon de la cybaddict et le père adoptif du collégien.

Ces six personnages semblent en outre liés, non seulement par l'émergence de la métaquine dans leur quotidien, mais également par un lieu qui semble avoir eu (ou avoir encore pour certains) une grande importance dans leur histoire.

De loin en loin, un septième personnage intervient, en la personne d'un lanceur d'alerte / blogger dont la prose militante et enlevée m'a furieusement rappellé celle de Chad Mulligan dans Tous à Zanzibar, un de mes livres culte. Est-ce voulu ? Ben j'en sais rien, désolé...

Au fur et à mesure du roman, les éléments se mettent en place et on constate les conséquences de la métaquine sur les mentalités et sur la société, tandis que les différentes trames des six personnages principaux se rejoignent petit à petit.

Cet aspect est accentué par un jeu d'écriture qui lie les chapitres entre eux. En effet, chacun d'entre eux débute par la même phrase (peu ou prou) que celle qui fini le chapitre précédent, renforçant ainsi les liens sous-jacents qui semblent exister entre les personnages.

Nul doute que le volume deux ne viennent confirmer cette "convergence narrative".

Le personnage du collégien devrait également prendre de l'importance puisqu'il semble avoir développé une capacité quasi surnaturelle (mais ne suis-je pas moi-même le dupe d'un jeu de Rouiller avec son lecteur ?) lui permettant de donner corps à un "autre monde".

J'attends avec impatience de me plonger dans le second volet (Métaquine : contre-indications) pour savoir ce qu'il en est vraiment.

 

Suite directe du premier volume : Métaquine® - Indications (au point même que la numérotation des pages reprend là où elle s'était arrêté dans le volume un).

On y retrouve la même structure narrative, avec six personnages prenant la parole à tour de rôle, le temps d'un chapitre, le tout entrecoupé par des extraits du blog pilori-info.org mettant en scène le lanceur d'alerte Ferdinand Glapier.

Comme dans Métaquine® - Indications, chaque chapitre redémarre sur la même phrase que celle qui concluait le chapitre précédent, ce qui donne un effet d'ensemble assez prenant.

Comme entrevu dans le premier tome, les trames narratives se rapprochent et s'entrecroisent de plus en plus rapidement pour finalement se rejoindre (honnêtement, c'est pas du spoil, à ce stade du récit, c'est même évident).

Le côté combine pharmaceutique du premier volet passe progressivement au second plan, laissant le récit se concentrer sur la notion de multivers (qui nous ait expliquée via une surprenante et convaincante métaphore pâtissière) et de réalités parallèles.

Les personnages se retrouvent confrontés à leurs vieux démons, et vont devoir faire des choix pour changer leur monde.

On le voit, une orientation bien différente du premier volume, qui était plus classique. Là on bascule dans les théories de Leibniz et d'Everett, sur des bases de mécanique quantique. C'est pas coton, mais heureusement, nul besoin d'un doctorat en sciences physiques ni d'avoir lu Science et avenir pendant 25 ans pour suivre ce récit.

L'écriture est captivante, le rythme impeccable, et le tout passe tout seul. Un très beau roman (je refuse de dissocier ces deux tomes) et un auteur à garder à l'œil pour la suite de sa carrière.

 

Sens critique - M_le_maudit

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Rouiller - Métaquine - Amda
Posté le 01 septembre 2016 -

Second Life, un avant-goût de Métaquine ?

Il avait défrayé la chronique peu après sa sortie. Second Life : une des premières expériences de monde virtuel ouvert, à situer entre jeu en ligne, réseau social et monde alternatif. Lancé en 2003, il s’est retrouvé quelques années plus tard propulsé en unes des plus prestigieux médias. Ses possibilités émerveillent, les financiers et les pubards en tous genres l’investissent : c’est le boom. On s’attendait presque au lancement d’un genre. Puis la crise financière est passée par là, et les médias ont eu d’autres chats à fouetter. Le monde virtuel a depuis complètement disparu des radars.

Il m’a fallu la lecture de Métaquine, de François Rouiller, pour raviver son souvenir à ma mémoire. Le SimDom de Métaquine n’est autre qu’après tout qu’un version avancée de cet espace virtuel. Les personnage du roman s’y connectent par l’intermédiaire d’une « calotte de lecture neurologique », sorte de casque high-tech « moins épais qu’un spaghetti », vous immergeant complètement dans ce monde, à la façon des casques du film Avalon (même si le nom semble plus directement faire référence aux jeux vidéos SimCity, Les Sims et autres de la firme Maxis). Et une fois dedans, libre à vous de vivre la vie que vous souhaitez. Sans plus aucune contrainte physique, mais avec tous les risques d’addictions liés.

(c) François Rouiller

(c) François Rouiller

L’alter monde virtuel de Métaquine réveille donc une certaine curiosité pour Second Life. Quelques recherches sur la toile m’apprennent que je ne suis pas le seul à me poser la question de savoir si ce monde online expérimental existe encore. Journaliste au Monde, Morgane Tual a rédigé en avril 2016 un article sur le devenir de cet univers.1 « Je m’attendais à trouver, une décennie plus tard, un univers déserté, une technologie vieillissante et quelques toiles d’araignées dans les coins, écrit-elle. Ce fut exactement l’inverse. » Visiblement, Second Life n’est pas mort et, même si l’euphorie est passée, l’expérience perdure. Mais à quoi ressemble-t-il aujourd’hui ? Au monde parallèle virtuel du SimDom ou à une version moins belliqueuse de World of Warcraft ?

Des fantasmes, mais peu d’imaginaire

Regardons d’abord les chiffres : les serveurs de Linden Lab enregistrent 900’000 connections par mois. On est loin de World of Wacraft, et il serait surtout intéressant de connaître le nombre d’avatars actifs. Néanmoins, le nombre d’utilisateur s’est stabilisé assez haut pour permettre au monde de perdurer et de garder son intérêt. Le départ de tous ceux qui voyaient Second Life comme une nouvelle plate-forme de communication ou de business fut sans doute un mal pour un bien, laissant ces lieux aux rêveurs, aux marginaux et à quelques autres artistes et créateurs. Sans parler de tous ceux qui cherchent par ce biais à assouvir quelques fantasmes libertins. « Le sexe est omniprésent dans le jeu, raconte Morgane Tual. Si certains espaces ne sont accessibles – officiellement – qu’aux joueurs de plus de 18 ans, des publicités pour des services sexuels pullulent dans Second Life. Le jeu est ainsi devenu une porte d’entrée vers des échanges érotiques payants par voix ou par webcam. Second Life est aussi le lieu où s’expriment les fantasmes interdits : certains avatars s’adonnent ainsi à la pédophilie ou la zoophilie. » Les Second lifers se lâchent et leur monde, à défaut d’être différent, est devenu surtout plus exacerbé. Sans filtre – et sans Métaquine pour y ramener la raison.

(c) François Rouiller

(c) François Rouiller

Visiblement, le lieu est devenu l’apanage de la dérision, de l’absurde. De l’imaginaire aussi ? Un peu. La journaliste raconte sa visite de l’école d’Harry Potter, où du désert de Tatooine de Star Wars, recréés par les internautes. Mais comme le faisait remarquer l’ancien directeur de la Maison d’Ailleurs Patrick Gyger, interviewé sur ce sujet en 2010, on reste beaucoup dans de la copie, plus que dans la création : « Ce qui est très intéressant justement, dans cet univers en ligne, c’est qu’à ce niveau-là, ça ne marche pas très bien. On y reproduit surtout un environnement qui existe déjà – des pavillons de banlieues, des cathédrales, on y retrouve aussi Genève par exemple. […] Mais il n’y a pas, à ma connaissance, de bâtiments aberrants, plus grands à l’intérieur qu’à l’extérieur par exemple, ni de villes à l’envers.2»

Quelques recherches d’images montrent quand même des bâtiments volants, voire une ville vaguement futuriste. Mais on est effectivement encore loin de l’architecture du Thélème de Métaquine, qui foudroie ceux qui posent leur regard dessus. En revanche, un point intéressant entre le SimDom du roman et son plus proche équivalent actuel est son application médicale potentielle. Il est pas impossible que dans les décennies à venir, les personnes âgées, ou malades, souffrant de solitude, des générations nées avec internet et Facebook choisissent de s’évader dans un monde virtuel pour y retrouver vigueur physique et lien social (pour le pire comme le meilleur, sans doute). Et peut-être devenir comme les stades III du roman de François Rouiller, attachés à leur chaise, ne voulant plus reprendre pied avec la réalité…

A noter qu’un Second Life 2 est annoncé pour 2016 et sera peut-être sorti au moment où vous lirez ces lignes. Une renaissance, assortie d’une nouvelle vague de pionniers du net ? A voir. Ce qu’on en sait, c’est qu’une des grandes nouveautés annoncées sera une immersion dans ce monde via des casques de réalité virtuel… SimDom, nous voilà !

François Rouiller, Métaquine (2 volumes), éd. L’Atalante, 2016.

 

1Voir Morgane Tual, « Absurde, créatif et débauché : dix ans après, « Second Life » est toujours bien vivant », en ligne sur ce lien.

2Vincent Gerber, « Utopies à bâtir », in Le Courrier, 24 juillet 2010.

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Rouiller - Métaquine - 24 heures
Posté le 13 mai 2016 -

Auteur de nouvelles et d’essais tels que Stupéfiction, traitant des drogues dans la science-fiction, François Rouiller livre son premier roman. Au fil des deux tomes totalisant près de 1000 pages, il imagine une galerie de personnages plongés dans un monde dominé par la Métaquine. Un médicament qu’une puissante compagnie pharmaceutique distribue d’abord pour canaliser les enfants dissipés, puis pour toutes sortes de maux. Dans cet univers, tant les cadres dynamiques que les militants écologistes finissent par carburer à la fameuse molécule, rapidement vendue sous divers noms. Un monde où par ailleurs, chacun, muni d’une calotte qui scanne en permanence le cerveau, risque de se faire happer définitivement dans les tréfonds de la virtualité. Une fuite qui ne sera pas sans conséquences sur le réel. Après un premier tome centré sur le médicament, le deuxième livre dévoile, dans une traversée hallucinée du miroir, que le monde n’est pas forcément celui qu’on croit. Passionnant. »

Caroline Rieder, 24 heures

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Rouiller - Métaquine - Canal Académie
Posté le 01 septembre 2016 -

Émission par Michel Pebreau à écouter ici :

 http://www.canalacademie.com/ida11137-Metaquine-de-Francois-Rouiller.html?var_recherche=M%E9taquine

 

 

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Rouiller - Métaquine - La 1ère radio Suisse romande
Posté le 01 septembre 2016 -

Colin Pahlisch, invité de l’émission Philo in vivo (Radio Suisse Romande, la 1ère) consacrée au philosophe Gilbert Simondon, cite Métaquine® comme exemple de SF explorant l’impact d’un « objet technique » sur la société (20 juillet 2016).

 […] Tout le monde se met à prendre de la Métaquine. La configuration sociale change du tout au tout par le biais de ce petit élément, de ce grain dans le rouage social. » […] On a avec ce roman une parfaite illustration de ce que peut faire la science-fiction, c’est-à-dire nous donner à penser une modulation totalement autre, une altération […] de notre société et de nos rapports au monde par le biais d’un objet technique. »

 

http://www.rts.ch/play/radio/philo-in-vivo/audio/ia-ogm-la-realite-a-t-elle-depasse-la-fiction?id=7838841

 

 

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Rouiller - Métaquine - Bifrost
Posté le 01 septembre 2016 -
[…] Au-delà de la simple dénonciation du milieu pharmaceutique, l’auteur suisse réveille de multiples réminiscences, mettant son érudition au service de son propos. En lisant Métaquine®, on pense à la « Trilogie chronolytique » de Michel Jeury, à Nancy Kress ou à Greg Egan. Mais au jeu des référence, c’est bien entendu Philip K. Dick qui s’impose en raison de thlmatiques assez proches des obsessions de l’écrivain américain. »
 » […] François Rouiller s’aventure sur un terrain aux frontières mouvantes, armé des outils de la science-fiction pour susciter ce vertige spéculatif si familier à l’amateur du genre. Il bouscule nos certitudes sur le réel à grands renforts de superpositions d’univers, d’état quantique et de conduction synaptique, transformant nos crânes en boîtes de Schrödinger. Et il nous abandonne, épuisé mais heureux, au terme de 800 pages d’un crescendo constant mais maîtrisé. »
«  Avec Métaquine®, François Rouiller met sur la sellette le fameux cogito de Descartes, en le faisant entrer dans l’équation des neurosciences. Il propose ainsi au lecteur de quoi phosphorer longtemps sur la nature de la réalité : un remède contre l’ennui à ne pas rater, assurément. »
 

Chronique littéraire de Laurent Leleu dans le cahier critique Objectif Runes de la revue Bifrost n° 83 (juillet 2016) – extraits

 
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Rouiller - Métaquine - Lausanne FM
Posté le 01 septembre 2016 -

Lectures, chronique littéraire de Mikaela Mury sur Lausanne FM (radio) le 17 juin 2016

http://www.lfm.ch/actualite/2016/06/17/lectures-17/

 

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Rouiller - Métaquine - Babylone, radio Suisse Romande
Posté le 01 septembre 2016 -

Interview de l’auteur par Sarah Dirren dans l’émission Babylone (Radio Suisse Romande) consacrée à « L’art de l’enfumage » – diffusée 2 fois sur Espace2 le 15 juin 2016 et sur la 1ère le 19 juin 2016

 

 http://www.rts.ch/play/radio/babylone/audio/lart-subtil-de-lenfumage?id=7766885

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Rouiller - Métaquine - Radio libertiare
Posté le 01 septembre 2016 -

Interview de l’auteur par Lydia By sur Radio Libertaire dans l’émission Je ne suis pas un numéro – 23 mai 2016

http://trousnoirs-radio-libertaire.org/pas_numero/4_23mai2016.mp3

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Rouiller - Métaquine - Le Monde.fr
Posté le 06 septembre 2016 -

Un moutard en survoltage, l’attention en berne et la sociabilité en vrille ? Métaquine ! Un proche terrassé par un AVC ? Métaquine ! Un collègue stressé, un voisin compulsivement déviant, un mari en cendres à la suite d’un surmenage ? Métaquine ! Mis au point et commercialisé par une firme titanesque, ce psychotrope miracle (cousin de la kétamine) est devenu en quelques années la supernova de la pharmacopée mondiale, la molécule-clé pour résoudre les problèmes sociaux, ainsi qu’une source d’hyperprofits.

Mais ce couvre-feu neuronal et ce lissage des consciences, idéa­lisés par d’incessantes campagnes d’opinion truquées, sont-ils exempts de désastres collatéraux et de louches trafics ? Le débat s’ouvre, la bataille s’engage, mobilisant industriels, usagers, politiques et scientifiques.

Pour chroniquer cette « affaire Métaquine », le pharmacien, ­essayiste (il a en effet publié, en 2002, chez Encrage, un essai sur la drogue et la toxicomanie dans la science-fiction) et romancier suisse François Rouiller a conçu une dystopie chorale en deux tomes. S’y succèdent six voix tour à tour tragiques, comiques, polémiques ou pathétiques dans des monologues par instants quasi théâtraux : l’inventeur cynique de la Métaquine, un loser morbide, un routard redoutant d’être amputé de son imaginaire par la pilule magique, un cybertox englouti dans le royaume de la simulation numérique, une neuroscientifique et une responsable politique, toutes deux en lutte contre la firme ­pharmaceutique… Narrations entrecoupées par les proférations dénonciatrices d’un blogueur.

Affairisme et catastrophe industrielle, cyberaddiction et dérive sociale, suicide ludique et apo­calypse numérique… François Rouiller tisse serré, dans cet opulent récit tantôt gouleyant tantôt vomitif, la somme de toutes nos angoisses.

François Angelier - Le Monde.fr

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Rouiller - Métaquine - France Culture
Posté le 01 septembre 2016 -

Mauvais genres, émission radio de François Angelier, avec la collaboration de Jean-Pierre Dionnet et de Jean-Luc Rivera
France Culture, 14 mai 2016

 Un monstre de bric et de broc lâché à la surface du monde, un psychotrope miracle qui décrète le couvre-feu neuronal, bref la boîte de Pandore du délire scientifique entrouverte, à Mauvais Genres, deux heures durant: le monstre, c’est bien évidemment, la créature de Frankenstein dont on fête, cette année, le deux centième anniversaire.

Le psychotrope se nomme Métaquine, il est au centre de l’imposante dystrophie éponyme conçu par notre invité de ce soir, le romancier suisse François Rouiller, un roman publié à l’Atalante.

« Une véritable comédie humaine » ; « un roman choral, […] presque une pièce de théâtre. » (François Angelier).

« De la hard science lisible » ; « d’une habileté stupéfiante » ; « Un roman à la fois très exigeant et très ludique, un page turner [aux] enjeux très élevés. » (Jean-Pierre Dionnet).

« Un gigantesque jeu, une quête […] dont tous les personnages petit à petit s’agrègent […], toujours les mêmes et en même temps toujours différents. […] Tout à fait remarquable. » (Jean-Luc Rivera).«

 

 

http://www.franceculture.fr/emissions/mauvais-genres/mauvais-genres-samedi-14-mai-2016

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Rouiller - Métaquine - Cafardsathome
Posté le 01 septembre 2016 -
Chronique d'un livre hors-norme aujourd'hui avec les deux volumes de Métaquine, premier roman de François Rouiller qui rentre d'entrée de jeu dans la cours des grands auteurs de SF en activité. Pharmacien de formation, grand amateur de SF, illustrateur, critique et désormais écrivain, il propose avec ce diptyque une plongée sans concession dans un futur proche inquiétant, reflet de nos propres errances contemporaines en matière de politique, d'économie et de rationalisation à tout crin. On ne ressort pas indemne d'une telle lecture et Métaquine marque un jalon essentiel de plus dans mes lectures SF. Quelle expérience!

Nous suivons essentiellement six personnages principaux. Un jeune garçon (Régis) qui refuse de prendre le fameux médicament miracle qui modifie le comportement et les capacités du patient. Pour l'aider il peut compter sur la vieille voisine (Sophie) ancienne neuropsychologue à la retraite qui suite aux révélations du garçon va réveiller son esprit critique. La mère de régis (Aurelia) est quant elle une cybertox totalement dépendante de son addiction au Simdom (réalité virtuelle à la Second life), elle cherche son nouveau moi dans cet univers virtuel qui l'a libérée de sa condition d'humaine. Son compagnon Henri veille sur son corps durant ses immersions de plus en plus prolongées, subvient au besoin de Régis aussi. Il commence depuis peu à psychoter de la cafetière, ses fantasmes étant peuplés de fusillades de masse, de meurtres à l'encontre des employés de la boîte où il travaille et de rêves de destruction. Nous suivons aussi une enseignante militante (Clotilde) candidate aux élections locales pour un parti marginal qui combat l'influence de la société Globantis sur les politiques d'éducation, pourvoyeuse de la Métaquine et qui en Curtis a trouvé le commercial idéal, charme et cynisme compris dans le paquetage. Chaque chapitre est l'occasion de changer de point de vue, faisant évoluer l'histoire à un rythme lent et implacable, accumulant indices, fausses pistes, divergences et convergences.

Intercalés entre certains chapitres, un mystérieux lanceur d'alerte Ferdinand A. Glapier intervient sous forme de cours textes tirés de son blog. Il livre alors des éléments de réponse sur les forces en jeu, sur la notion de mass-média, de mensonge, de manipulation, de répartition des pouvoirs. Flirtant avec le conspirationnisme (tendance Mulder dans X-Files, on est loin de Soral je vous rassure!), il révèle les rouages du monde, comment il a évolué et les mécanismes qui l'animent: collusion du pouvoir avec les grands groupes industriels, manipulation des masses par la publicité et les grands médias qui servent la messe en continue, la dictature de l'égalitarisme et même l'asservissement à un psychotrope puissant de nos chères têtes blondes. Dire que nous sommes à l'aulne de ce type de monde n'est pas exagéré pour tout spectateur attentif à la société du spectacle qui s'étale devant mes yeux écœurés ces derniers temps (en vrac: Hanouna, l'enterrement de la gauche par le grand tout mou, l'émergence des réactionnaires de tout bord et la dérision de mise pour parler de mouvement alternatifs citoyens -Nuit debout en première ligne-, la démission des parents face à l'éducation de leurs mômes qui poussent n'importe comment, le virtuel et la technologie à tout va qui remplace l'humain et l'écoute…). Oui, Guy Debord avait vu juste et même plus encore. Ce livre est un peu à sa manière un bel hommage à son titre majeur, La société du spectacle, un des meilleurs livres que j'ai jamais lu. Attendez vous à de la réflexion sans concession, en toute vérité, sans vernis ni adoucissant mais aussi sans exagération ni compromission. Homme, tu n'es qu'un homme et franchement ici, ce n'est pas rassurant!

L'aspect récit est lui aussi très réussi. L'histoire bien qu'avançant très lentement comme dit plus haut est d'une densité stupéfiante. Autour des six personnages principaux gravitent un certain nombre de personnages clefs qui provoquent des péripéties en pagaille et ne ménagent pas le lecteur. Le premier volume, Indications, prépare le terrain, installe la caractérisation des personnages et perce à jours des relations naissantes et anciennes. On s'attache directement à tous les protagonistes qui possède chacun leur part d'ombre et de mystère. Il faut savoir être patient car au départ, la dispersion des éléments peut se révéler troublante. J'ai pour ma part rajouté quelques micro-signets sur des passages clefs pour pouvoir y revenir plus tard. Surtout que l'on change vraiment d'optique dans la seconde partie (volume 2), Contre-indications, dans laquelle l'auteur opère un virage quasi mystique avec un monde en plein bouleversement, où les réalités se chevauchent et vont changer le monde connu à jamais. Bien barrée, cette partie flirte avec le mystique et le cyberpunk, ouvrant une fenêtre sur l'esprit humain, la communion des âmes et la règle inéluctable du changement. Je suis resté scotché par ce final totalement délirant mais néanmoins logique quand on remet en place les pistes ouvertes depuis plus de 800 pages.

Livre dense, livre somme, Métaquine est un bonheur renouvelé de lecture à chaque chapitre. L'écriture ambitieuse et exigeante n'en n'oublie pas le plaisir de lire car il reste accessible malgré tout, le lecteur navigue à vue, manipulé qu'il est par un auteur novateur d'une intelligence impressionnante dans la livraison des trames du récit et dans la profondeur des réflexions apportées (et que l'on peut poursuivre ensuite en compulsant le blog affilié à l'ouvrage).

Quelle claque mes amis! Ce ne sera que la deuxième de chez L'Atalante après le génialissime Futu.re! Pas de choix possible, pauvre lecteur! Tu aimes la SF? Tu trouves que quelque chose cloche dans l'évolution du monde actuel? Cours, va chercher bonheur dans ta meilleure librairie, lis Métaquine! Je vous garantis que vous me remercierez tant cette expérience est à la fois unique entre sensibilité et peinture visionnaire. Un must!

Cafardsathome - Mr K.

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Rouiller - Métaquine - Couleur 3
Posté le 01 septembre 2016 -

Couleur 3, Dans la peau d’Anne, émission radiophonique, Suisse romande, 20 avril 2016

 

François Rouiller a écrit un excellent roman d’anticipation sur le futur à la fois effrayant et possible. La société qu’il décrit est une société à la fois de lʹapparence et de la performance, où certaines personnes nʹhésitent pas à gober des gélules simplement pour être à la hauteur de ce quʹon leur demande. Et où tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule sont abandonnés au bord de la route. Un roman captivant, qui s’avale d’une traite avec un peu d’eau.

Lʹaction se déroule dans un futur très proche. La Métaquine est un médicament miracle développé par la firme Globantis Pharma, une petite pilule qui permet de discipliner les enfants trop turbulents et dʹaméliorer leurs performances scolaires. Au début du tome 1 de Métaquine, cette molécule romanesque existe depuis plusieurs années déjà, et elle a permis à la firme qui la fabrique dʹengranger des bénéfices absolument colossaux. Il ne reste que 5 ans avant que le brevet ne tombe dans le domaine public, ce qui incite les dirigeants de Globantis Pharma à se lancer dans la recherche de nouveaux débouchés pour leur pilule miracle, notamment en lançant une batterie de tests dans les écoles pour mieux repérer de nouveaux patients potentiels, et en étudiant les effets du médicament chez les adultes.

 

http://www.rts.ch/couleur3/podcasts/?podcast=6398534#6398534

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Rouiller - Métaquine - Payot-L'Hebdo
Posté le 01 septembre 2016 -

Payot-L'Hebdo

Le puissant laboratoire GlobantisPharma décide d’inonder le marché d’un médicament psychotrope qui aurait des vertus insoupçonnées, notamment sur les enfants « à problèmes ». Dans un futur proche où la cybernétique fait loi, il ne reste que quelques insoumis pour mettre en doute les propriétés de cette gélule. Mais contre un géant pharmaceutique, la bataille s’annonce difficile… L’auteur maîtrise son sujet et offre un roman dense, en deux volumes, qui nous donne à réfléchir sur notre propre liberté de penser.

Isabelle Ertel, Libraire, Payot-Yverdon-les-Bains – Été 2016

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Rouiller - Métaquine - actusf
Posté le 06 septembre 2016 -

François Rouiller nous parle de son premier roman, Métaquine®, mettant en scène un médicament permettant de booster ses performances.

 

ActuSF : Bonjour François Rouiller, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Peut-on dire que vous êtes un « touche-à-tout » ?
 
François Rouiller : Je suis né en 1956 en Suisse francophone. J’habite au cœur de Lavaux, vignoble lémanique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. L’expression « touche-à-tout » me convient assez bien. Même professionnellement, puisque j’exerce la pharmacie à la fois dans le domaine public (hôpital) et dans le privé (officine de village). En science-fiction, pareil : je suis tour à tour amateur, critique, illustrateur, blogueur et, dès cette année, romancier. J’ai exposé mes dessins en divers lieux, notamment au Festival de la BD de Sierre et au Festival des Utopiales de Nantes. Une centaine de mes illustrations ont paru en recueil en 2002, aux Éditions de l’Atalante, sous le titre Après-demains. La même année, est sorti mon essai sur les drogues et la toxicomanie dans la SF (Stups & fiction, Encrage/Les Belles Lettres) et, en 2006, un dictionnaire non conformiste du genre (100 mots pour voyager en science-fiction, Les Empêcheurs de penser en rond, 2006) qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2007, catégorie essais.
 
 
   
En fiction, j’ai publié des nouvelles dans diverses anthologies de SF suisses romandes (entre 1983 et 2016 chez divers éditeurs), dont la dernière est sortie cette année (Futurs insolites, chez Hélice Hélas). En 2005, Stups & Fiction devient une exposition thématique, montrée la même année au festival Science&Cité à Lausanne et aux Utopiales de Nantes.  
 
 
ActuSF : Vous ajoutez une nouvelle corde à votre arc avec Métaquine®, votre premier roman en deux tomes, paru aux éditions L’Atalante. Pouvez-vous nous le présenter ?
 
François Rouiller : Métaquine® est né d’une sorte de nécessité créative, qui m’a saisi il y a 8 ans et ne m’a plus lâché jusqu’à la publication du livre. Le point de départ a été purement formel : j’étais en train de peiner sur une nouvelle, je me débattais avec de longues phrases, une narration à la 3e personne, des formules indirectes comme « dit-il » et « grommela-t-elle ». Et puis, tout à coup, j’en ai eu marre. L’envie m’a pris de changer de mode d’écriture, de parler sans détour, par la bouche même des personnages. Alors un premier protagoniste (Régis, un gamin de douze ans) est apparu et s’est mis à raconter lui-même son histoire. Je n’ai eu qu’à me mettre l’écoute pour la transcrire sur le papier.
 

 
Bien sûr, ce moment un peu magique a vite passé, et je me suis retrouvé aux prises avec la réalité du labeur d’écrivain et mes difficultés de rédaction antérieures. Mais, au fond de moi, l’élan était donné.
Les thèmes du livre se sont imposés successivement, par couches d’imaginaire. Au départ, très proche de mon univers professionnel, je voulais suivre l’évolution d’un médicament psychotrope dont le succès serait à la fois médical et commercial. Le produit, qui s’inspire un peu de la Ritaline®, est prescrit comme son modèle aux écoliers souffrant de troubles de l’attention et d’hyperactivité. Mais, à la différence du médicament réel, ma substance rend les enfants dissipés non seulement calmes et diligents, mais aussi beaucoup plus performants que les autres. Dès lors, la Métaquine® devient une drogue de réussite, que les adultes s’approprient. De même que les résultats des élèves dopés s’améliorent de façon spectaculaire, l’ardeur au travail de leurs aînés se décuple aussitôt qu’ils avalent les mêmes comprimés. Les carrières prennent l’ascenseur, la compétition devient forcenée, la société entière s’emballe.
 
 
C’est dans ce contexte que j’ai choisi de lâcher mes personnages. Chacun des six héros s’exprime à tour de rôle, essayant tantôt de suivre l’évolution ambiante, tantôt de lui échapper. Car, on s’en doute assez vite, le produit-miracle a ses contempteurs et ses effets cachés. Ses victimes, aussi. À ce titre, la taille des deux tomes du roman est significative : le second volume, sous-titré « Contre-indications », est plus épais que le premier, « Indications » ! 
 
 
ActuSF : Le fait que vous soyez pharmacien de profession n’est-il pas étranger à la thématique abordée ?
 
François Rouiller : Je crois que le descriptif ci-dessus a déjà répondu à la question. Je dois cependant ajouter que mon livre n’est pas le procès déguisé de la Ritaline®. 
 

 
En mettant en scène un stimulant qui réalise tous les espoirs que nombre de parents ou d’enseignants ont pu placer dans la chimie pharmaceutique, je stigmatise la naïveté des usagers autant que la roublardise des fabricants de pilules. Nombre de gens – pas nécessairement malades – sont mus par la quête d’un médicament souverain qui non seulement allégerait leurs difficultés de vie, mais les rendrait plus efficients et moins mortels que leurs semblables. Le mythe de la panacée meut aussi bien les tenants des médecines naturelles à la recherche de la formule qui dissoudrait toutes les nuisances modernes que les usagers des drogues « chimiques » qui en espèrent toujours plus d’effets mirobolants. Face à cette demande aussi tenace qu’irrationnelle, l’offre des pharmas profile son marketing pour qu’il épouse les espoirs de leur clientèle. Il y a donc bien deux partenaires pour entretenir la promesse du produit miracle. C’est cette complicité dans le fantasme, ce pacte implicite entre fabricant et consommateur, que Métaquine® met en évidence.
 

 
En tant que pharmacien, donc scientifique, j’essaie de démystifier ces croyances doublement ancrées dans nos mœurs consuméristes. Mais mon métier m’a aussi montré que sans adhésion du patient à la promesse du fabricant, les médicaments agissaient moins efficacement. On sous-estime beaucoup la contribution de l’effet placebo au succès des traitements, même lorsqu’il s’agit de molécules censées exercer une action totalement indépendante du psychisme. Que cet effet placebo se trouve renforcé par la pression sociale et les rumeurs du net, et on observe des résultats phénoménaux sur l’ensemble d’une population.
 
 
ActuSF : Pouvez-vous nous présenter le personnage de Régis, cet enfant « rebelle » qui préfère l’imagination à la performance dans cette société accro aux médicaments ?
 

 
François Rouiller : Régis est d’abord mon double, l’enfant rêveur que j’étais à son âge et dont j’ai conservé beaucoup de penchants. Dans le roman, ses démêlés avec le système scolaire et ses impitoyables camarades en font le candidat rêvé à la prescription de Métaquine®. La prise du médicament résoudrait toutes ses difficultés, son retard à l’école comme son statut de souffre-douleur. Mais cette solution, si simple, si sûre, impliquerait ce que le gamin redoute par-dessus tout, sa normalisation. Même les quelques adultes qui soutiennent son refus du traitement, comme la vieille Sophie, psychiatre à la retraite, voudraient en même temps le raisonner, l’extraire de sa fantasmagorie. 
 

 
Mais Régis résiste envers et contre tous, peut-être parce ses intuitions voient plus loin que les apparences et que toute ingérence dans son monde, fût-elle bien intentionnée, risque de compromettre cette fragile faculté. Régis est un être d’imagination, pour qui le rêve surplombe le réel. En cela, il suit la voie tracée par sa mère Aurélia, une cybertox au dernier stade de l’addiction aux réalités virtuelles qui a rompu tout contact avec ses semblables de chair.
 

 
Comme les autres personnages du livre, Régis doit affronter ses propres démons en plus des pressions extérieures. Il résiste et se bat, même si ses armes semblent illusoires.       
 
 
ActuSF : Vous êtes un auteur qui pousse à la réflexion dans vos productions, que vouliez-vous défendre avec Métaquine® ? Pensez et consommez différemment (et notamment dans le domaine pharmaceutique) ?
 
François Rouiller : Plutôt que de donner des leçons, je préfère me cacher derrière un autre personnage du livre, le lanceur d’alerte Ferdinand Glapier. Cet infatigable imprécateur n’a de cesse de fustiger sur le web les travers de ses contemporains. Personne ne sait qui se dissimule derrière ce pseudo un peu ridicule. S’agit-il d’un pirate de génie isolé ? D’un collectif d’hacktivistes ? D’une intelligence artificielle engendrée par la mauvaise conscience des internautes ? Toutes les hypothèses sont permises.
 

 
Cyberjusticier à la morale cynique, Glapier apparaît dans le roman pour dénoncer le scandale de l’Eternox®, un polymère cancérigène qui imprègne les panneaux d’isolation de millions de logements et ronge les poumons de leurs occupants encore plus goulûment que l’amiante. Dès lors, cette voix off m’est devenue indispensable, résonnant comme l’écho global des drames privés de mes héros. Lâchement, j’ai choisi d’endosser son anonymat. Cette posture m’a permis d’aborder un grand nombre de problèmes de société, qui, sans le recul de la fiction, auraient passé pour un navrant inventaire de sujets d’actualité. Je voulais que les interventions rageuses de Glapier comme sa manière de toujours en rajouter donnent à son catalogue du pire le rythme d’un refrain obsédant, dont le lecteur pouvait à la fois rire et s’alarmer. 
 

 
Impuissants à réduire Glapier au silence, les gouvernants lui érigent des monuments pour conjurer ses provocations, comme on dresse des autels à un dieu vengeur. J’ai pris un malin plaisir à le laisser interrompre le fil de l’histoire et déballer ses fielleuses vérités. Peut-être pour exorciser mon propre pessimisme et secouer mon apathie. Ce n’est pas un hasard si je dois à Ferdinand Glapier la première phrase du livre, « Car le monde est mensonge ». Un constat qui, forcément, fait réagir.
 
 
ActuSF : Vous avez travaillé longtemps cette histoire (8 ans, d’après votre éditeur), pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre processus de travail ?
 
François Rouiller : Mes occupations professionnelles ne m’ont pas laissé d’autre choix que de consacrer l’entier (ou presque) de mes congés à la rédaction du livre. Car je travaille avec une lenteur excessive et une propension à réécrire sans cesse les mêmes passages.
L’avantage de jouer les romanciers en marge d’une autre activité rémunérée n’est pas seulement d’être affranchi des soucis financiers, mais aussi de garder pieds et tête dans la vie sociale ordinaire. Cette immersion régulière dans le bain collectif m’a évité de camper trop longuement avec mes fantasmes devant mon écran ou ma table à dessin. Des allers et retours périodiques entre réalité et fiction empêchent l’esprit de s’attacher à l’une au détriment de l’autre. En revanche, cette fragmentation temporelle m’a imposé chaque fin de semaine de me réacclimater à mon univers romanesque, une opération rarement spontanée. Et puis, des petits bouts d’écriture ne font pas rapidement un gros volume. D’où les huit ans de chantier.
Heureusement, mon mode d’écriture disparate a bénéficié à plusieurs reprises d’une étrange faculté d’auto-organisation subliminale. Parfois au réveil, parfois en rêve, parfois en savourant le premier café de la journée, des idées m’arrivaient, comme ça, sans prévenir. Tout à coup, une nouvelle orientation de l’intrigue s’imposait à mon esprit, la dépassait, lui imprimait un surcroît de sens. Les fragments du récit s’en trouvaient alors cimentés dans une structure plus riche, plus vaste, plus stimulante. Il faut vite prendre des notes quand ces éclairs de lucidité nous tombent dessus, car leurs retombées sont très fécondes, mais la source se tarit vite.
Ce genre d’expérience cause autant de joie que d’étonnement : bonheur de découvrir une solution inespérée pour nouer tous les bouts de ficelles narratifs lâchés en cours d’écriture ; ahurissement devant les ressources coordonnatrices de l’inconscient. On a l’impression de tout maîtriser, de détenir le pouvoir, mais on aurait tort de s’en flatter. En réalité, dans ces moments-là, l’ego et la volonté perdent prise sur l’élan créateur. On n’en est qu’un instrument, un dépositaire hasardeux. On se contente de recevoir, on ne décide rien. Tant pis pour l’amour-propre, tant mieux pour la dynamique de l’histoire.   
 
 
ActuSF : Vous faites partie de l’Association des amis de la Maison d’ailleurs (le musée suisse de la science-fiction), pourquoi avoir choisi ce genre, qui est d’ailleurs prépondérant dans vos œuvres ?
 
François Rouiller : J’ai participé pendant 20 ans à la promotion de cette institution en tant que membre du comité des Amis de la Maison d’Ailleurs et fan de science-fiction. J’ai également, avec Jean-François Thomas, représenté l’association au sein du Conseil de Fondation du Musée. Même si, depuis 2008, j’ai renoncé à ces responsabilités, je reste un sympathisant indéfectible. Je crois toujours que le musée de Pierre Versins et le travail de ses successeurs méritent de rayonner bien au-delà des frontières helvétiques. Je ne peux donc que me réjouir de l’essor actuel de la Maison d’Ailleurs puisque, après Patrick Gyger, son actuel directeur Marc Atallah crée événements et expositions de qualité attirant un public toujours plus nombreux. Quant aux Amis du musée, ils continuent à œuvrer avec enthousiasme. 
Comme Versins, je ne pense pas que la SF soit un genre, pour répondre à la deuxième partie de la question. Je dirais plutôt un champ culturel. La SF manifeste une tournure d’esprit, la volonté de dépasser le monde, sans toutefois rompre le lien qui l’y rattache. En toutes ses œuvres, elle fait plus, elle fait autrement que le réel, mais toujours avec une dose de raison.
Je crois que je suis né avec cette obsession-là. Toujours imaginer des alternatives, des prolongements, des pseudopodes à la réalité connue. Mon premier dessin, que ma grand-mère avait conservé, représentait les animaux qui vivent sur la Lune.   
 
 
ActuSF : Quels sont vos projets en cours ou en préparation ?
 
François Rouiller : Une grande partie de mon activité récente – qui occupera aussi une tranche de mon proche avenir – consiste à augmenter l’imaginaire de Métaquine®. Actuellement, je m’applique surtout à entretenir une vie autour du livre, dans d’autres médias et avec d’autres approches. 
J’avais accumulé passablement de matériel graphique, puisque je suis aussi illustrateur et qu’il fallait aussi permettre de s’exprimer à cette part de moi-même, frustrée de n’avoir plus droit au chapitre lorsque j’étais plongé dans la rédaction du roman. J’ai ainsi tiré le portrait des personnages, puis dessiné certaines scènes, certains décors. Comme Mireille Rivalland (directrice de l’Atalante) et moi avons assez vite abandonné l’idée d’une édition illustrée, j’ai commencé par utiliser ces images dans la réalisation du site www.metaquine.com. Ces pages web ne sont pas seulement conçues pour faire du buzz autour du livre, mais aussi avec une intention fabulatrice. C’est ainsi que le site s’est présenté aux internautes comme la vitrine officielle de GlobantisPharma, le fabricant de la Métaquine®. Du moins au début, au moment de la sortie du roman. Le canular a fonctionné au-delà de mes espérances, même sur des journalistes avisés et de circonspects confrères pharmaciens.
 

 
Je continue à développer le site en m’amusant à entretenir l’ambiguïté entre fiction et réalité, mais la mise en ligne régulière de dessins, de photos, de comptes-rendus de presse, d’articles documentaires (dans un blog) fait maintenant pencher la balance du côté romanesque. Il n’empêche qu’à côté de sa fonction informative, le site s’enrichit toujours en réflexions, en textes, en images. Je tiens encore en réserve de nombreuses facéties de mon cru qui n’attendent que le moment de surprendre le visiteur.        
Une autre manière de compenser la mise en quarantaine de mon alter ego illustrateur est la galerie Génération Métaquine®. Cette collection, qui compte à ce jour plus de 300 dessins, repose sur un concept simple : sur chaque exemplaire de Métaquine® qu’on me demande de dédicacer, j’exécute le croquis d’un personnage. Il ne s’agit pas de mes héros, mais d’enfants ou de jeunes gens anonymes censés vivre dans le futur proche du roman. Prennent-ils le psychotrope de GlobantisPharma ? Ou au contraire refusent-ils le traitement ? Sont-ils consentants ou révoltés ? Au lecteur d’en décider.
 

 
Quant à moi, avant de remettre le volume dédicacé à son propriétaire, je photographie le nouveau portrait et le mets en ligne quelques jours plus tard (http://www.metaquine.com/patients/). Génération Métaquine® ne restera pas confinée à un espace virtuel. La galerie aura bientôt l’heureuse opportunité de se montrer dans la réalité, lors d’une expo en plein air.
En marge de ces projets à court terme liés à Métaquine®, j’ai rédigé quelques pages d’un nouveau roman. Je n’ai rien à en dire, hormis le fait qu’il commence par la visite d’un cimetière et se divise en trois époques. J’ai aussi sous le coude le storyboard d’une BD, Arbol, qui n’attend que d’être dessinée. Et puis, plein d’autres choses : romans, peintures, nouvelles, sculptures, essais, expos et recettes de cuisine. Vivement la retraite !
 
 
ActuSF : Où pourrons-nous vous apercevoir ces prochains mois ?
 
François Rouiller : À Morges (entre Lausanne et Genève), les 2-3-4 septembre prochains, lors du festival Le Livre sur les Quais, dédié à toutes les formes de littérature. J’y montrerai l’expo « semis de dédicaces » (la galerie de portraits Génération Métaquine, voir question précédente), que je planterai dans les plates-bandes aux abords de la manifestation.
 

 

 
Je suis également invité aux prochaines Utopiales de Nantes (du 29 octobre au 3 novembre) où j’aurai peut-être aussi quelques réalisations à montrer. Mais je n’en dis pas plus tant que les organisateurs n’ont pas publié de programme officiel. 
 

 

Jean-Laurent Del Socorro - Actusf

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Rouiller - Métaquine - Magazine Culture
Posté le 06 septembre 2016 -
La pharma déraile

 Illustrateur, critique, essayiste, écrivain et... pharmacien, François Rouiller arrive en force avec les deux tomes de Métaquine ®. Un ample roman choral qui plonge dans la consciencce d'une poignée de personnages récurrents, tous liés  de près ou de loin à cette nouvelle molécule aux propriétés inédites développée par le géant de la pharma Globantis. Une mère cyberaddict en stade terminal, engoncée dans le grand village virtuel d'où le réel n'apparaît plus que comme un incongruié. Son fils persécuté et rêveur. Un manager avide de profit. Une vieille neuroscientifique alertée par les propriétés de cette "drogue qui transforme les garnements hyperactifs en chérubins zélés" et dont plus personne n'arrive à se passer. Autant  de caractères extrêmement bien creusés, qui donnent chair à ce futur angoissant. Le tout dans un style nerveux et très travaillé. C'est dense, profond, ambitieux et éloquent : sans conteste un nouveau jalon majeur de la science-fiction en terre romande...

TR
Magazine Culture


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Rouiller - Métaquine - Journal semilittéraire
Posté le 10 octobre 2016 -
Du bon gros pavés, voilà ce qui me faisait envie. En urgence, il y a plusieurs mois, quand on me les a offerts, ces deux tomes, il était donc plus que temps !

La Métaquine est la pilule du bonheur. Le médicament absolu, d'abord prescrit aux hyperactifs, ces sales gosses qui pourrissent leurs profs et leurs parents, puis aux dépressifs, aux vieux qui perdent la tête, aux surmenés en tout genre, aux timides, aux... la molécule du bonheur pour la laboratoire qui en est à l'origine, surtout, même si ses propres employés se laissent prendre au piège et cèdent aux sirènes d'une vie plus belle sans s'inquiéter de devenir dépendants à leur tour.

Pourtant, il reste des sceptiques du produit. Clotilde, politicienne droite dans ses bottes. Sophie, scientifique retraitée. Régis, son jeune voisin, pauvre gosse dont la mère, cyberaddict, est bloquée définitivement dans la matrice d'un monde meilleur et virtuel. Peu importe, il a accès à un monde parallèle où il n'est pas le souffre-douleur des élèves de son école. Malgré de timides alertes, la Métaquine gagne en succès, et la réalité semble se déliter peu à peu sans que personne ne s'en soucie vraiment...

Un roman polyphonique rythmé, qui a l'immense avantage de se lire d'un traite ou presque jusqu'au dernier quart où les choses semblent s'enliser. A moins que ce ne soit l'impatience de connaitre le fin mot de l'histoire ?
 
Angua
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Événement - Jacques Demy, la comédie musicale
Posté 03 décembre 2018 -

Une conférence de Jean-Pierre Berthomé sur la comédie musicale à l'écran / Jacques Demy : héritier et modèle aura lieu le jeudi 6 décembre à la Cité de la Musique de Paris. Pour l'occasion, redécouvrez Jacques Demy et les racines du rêve en édition augmentée !

Billeterie en ligne ici.

  demycouv1.jpg

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Rencontre - Camille Leboulanger
Posté 28 novembre 2018 -
Camille Leboulanger sera en dédicace :
- le samedi 8 décembre à la librairie L'Atalante (Nantes) ;
- et le samedi 15 décembre à la librairie Imaginaute (Tours).

leboulanger_s.jpg

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Sélection - Prix Libr'à Nous Imaginaire
Posté 28 novembre 2018 -

Nous sommes heureux de découvrir Le Chant du coucou sélectionné dans la catégorie Imaginaire du prix Libr'à Nous !

Retrouvez les autres romans en compétition sur leur site.

chant-du-coucou_hd.jpg

 

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Rencontre - Catherine Dufour
Posté 21 novembre 2018 -
À l’occasion de la parution d'Entends la nuit, retrouvez Catherine Dufour en dédicace :
- à la librairie L'Atalante le samedi 8 décembre (Nantes) ; 
- et à L’Astrolabe le 13 décembre (Paris). 
 
dufour_2018.jpg
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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2019. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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