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  • La Dentelle du Cygne

Matthew Hughes

Majestrum

Majestrum

Date de parution : février 2009


Traduit par : Patrick Dusoulier
Illustrateur : Amandine Labarre


ISBN13 : 9782841724543

Nombre de pages : 320
Prix : 17,90 €
État : disponible


Un coureur de dot atypique, une chan­sonnette obsédante, un grimoire indé­chiffrable… rien que de très banal pour Henghis Hapthorn, le plus illustre discri­minateur de Vieille Terre. Si ce n’était que son intégrateur s’est trans­formé en petit animal amateur de fruits exotiques, son intuition a décidé de devenir autonome, la Grande Roue s’apprête à passer de l’âge de la raison à celui de la magie… et l’archonte en personne l’envoie en mission parmi les Dix Mille Mondes. Sans compter Majes­trum… mais il serait prématuré d’en dire plus pour l’instant ! Mêlant savoureusement science, magie et enquête policière, Matthew Hughes développe son cycle de l’Ar­chonat dans le plus pur style de Jack Vance.
 
 
Retrouvez des critiques traduites dans la zone complément de la fiche de ce titre.
  • Compléments

Article 1 

Henghis Hapthorn est un des discriminateurs vedettes des Dix Mille Mondes. Sherlock Holmes des temps futurs, il fonde ses enquêtes sur l’observation rigoureuse et le raisonnement scientifique pour traiter les problèmes que lui soumet l’aristocratie de Vieille Terre. Avec l’assistance de son intégrateur électronique, il passe au crible les indices et traque à travers la Galaxie la solution des affaires qui lui sont confiées.
        C’était du moins ainsi qu’opérait Henghis Hapthorn. Hélas pour lui, sa plus récente enquête l’a confronté à une inconfortable révélation quant au statut de l’univers. La réalité, semble-t-il, obéit à une structure cyclique, alternant les âges de la science et de la raison avec ceux de

l’« association par sympathie », c’est-à-dire de la magie. L’époque de Hapthorn est à l’aube du tournant et des poches de réalité surnaturelle se manifestent soudain dans son univers ordonné par la logique.
        La situation s’aggrave encore pour notre héros depuis qu’une poche de réalité croisée par hasard lors de sa précédente mission a transformé son fidèle intégrateur électronique en un petit animal frugivore doué de conscience. Pire, enfin, la personnalité même de Hapthorn s’est dédoublée: l’homme de raison et de logique partage maintenant son propre corps et son cerveau avec une version de lui-même dont la pensée repose sur l’intuition – une version appelée à le supplanter quand s’imposera le nouvel âge de la magie.
        Le pauvre discriminateur aux abois cherche à oublier ses démêlés avec la magie en traitant une nouvelle affaire. Lord Afre, un aristocrate de haut rang, perplexe mais inefficient, s’inquiète du prétendant de sa fille et demande à Hapthorn de découvrir ses intentions réelles. Ce qui s’annonçait pourtant comme une mission de routine devient alors une épopée de monde en monde, où l’enquêteur se voit bientôt contraint de faire appel à son double intuitif. Car le jeune homme objet de ses recherches a partie liée avec une conspiration politique fomentée durant l’ère de la magie précédente et une menace extradimensionnelle qui pèse sur la prochaine.
        L’intrigue de Majestrum, quoique divertissante, est peut-être plus sinueuse que nécessaire, et au bout du compte peu mémorable. Ce qui importe n’est pas tant le mystère que l’interaction des trois (ou des deux?) personnages centraux. Hapthorn, son double et son assistant à fourrure se chamaillent, s’échangent des commentaires mordants, ingurgitent à l’envi omelettes et fruits exotiques et, de temps à autre, collaborent à duper un détective concurrent besogneux. Hughes campe son duo/trio d’enquêteurs avec beaucoup de charme, grâce à des dialogues et un maniement de l’ironie très habiles ; c’est exactement ce qu’on attend d’un roman de ce registre.
        Le monde élaboré par l’auteur ne manque pas non plus d’être réjouissant. Il s’agit ainsi d’un univers où des générations d’aristocrates ont évolué selon une pression sélective les poussant à ignorer leurs inférieurs ; « ils pouvaient distinguer très clairement le rang d’une personne et percevoir les détails de ses vêtements et accessoires du moment qu’ils étaient à la mode. En revanche, les individus ne possédant ni titre ni fonction éprouvaient souvent des difficultés à attirer et retenir leur attention. Leurs domestiques y parvenaient en adoptant des gestes et des postures spécifiques lorsqu’ils portaient la livrée. » C’est ce qu’observe Hapthorn en se préparant à rencontrer son client. Habitué à composer avec les faiblesses de ses semblables, il sait évoluer dans le milieu de l’aristocratie avec une aisance relative, bien qu’il estime nécessaire de porter des boutons de manchette tape-à-l’œil s’il veut retenir l’attention de lord Afre.
        On peut trouver à redire dans l’issue du roman, qui consacre la prééminence finale de l’intuition sur le raisonnement rationnel ; certains lecteurs, à l’imitation de Hapthorn, lèveront les bras de dégoût devant cette défaite commode de la logique. Quoi qu’il en soit, le discriminateur tient son coupable, les personnages, bons et méchants, reçoivent leur juste dû et de nouvelles aventures se profilent à l’horizon. En d’autres termes, Matthew Hughes a fait son boulot et la combinaison prometteuse de science-fiction, de fantasy, de satire légère et d’énigme s’apprête vraisemblablement à reprendre du service dans un nouvel ouvrage déjà en préparation.

Siobhan Carroll Copyright © 2007 Siobhan Carroll

 

  Article 2

        Dans un ère lointaine où la Vieille Terre approche de sa fin, un détective affronte un mystère antique annonciateur d’une catastrophe imminente.
        Majestrum est le dernier paru des romans de Matthew Hughes dans la série de l’« Archonat », située dans un avenir très lointain où la Terre a connu plus de vingt éons d’histoire répertoriée. Fools Errant, Fool Me Twice (tous deux en 2001) et Le Brillion noir (2004) en étaient les livres précédents. Plus proche peut-être de Majestrum, la série de nouvelles The Gist Hunter (2005) mettait en scène les premières aventures de Genghis Hapthorn, le héros du roman.
        Les récits de Hughes sur Vieille Terre se conforment avec élégance et précision aux canons de Jack Vance.
        Hapthorn est un « discriminateur », soit un détective privé. Au début de l’aventure, on le découvre victime d’un coup du sort déstabilisant. La part intuitive de sa personnalité, qui penche vers une pensée magique, s’est condensée en une entité distincte de lui-même (une voix dans sa tête, non pas une incarnation physique). En prime, l’intelligence artificielle – « l’intégrateur » – qui lui sert d’assistant s’est transformée d’une machine obéissante en un animal de nature quelque peu récalcitrante. Enfin, Hapthorn est entré en possession d’un livre mystérieux rédigé dans une langue inconnue. Tous ces événements sont à mettre en rapport avec le mouvement imminent de la Grande Roue, mécanisme cosmique qui régit la succession des âges de la science et de la magie. L’ère de la magie annonce son retour, ce qui ne convient guère à Hapthorn, rationaliste invétéré.
        Il faut bien vivre cependant, travailler, poursuivre ses enquêtes, continuer de jouir des plaisirs de l’esprit et de la table. Un aristocrate du voisinage l’a engagé pour enquêter sur le prétendant suspect de sa fille. Les recherches du discriminateur le conduisent sur d’autres mondes, cela pour découvrir que le galant n’est décidément pas celui qu’il se prétend. Affaire apparemment bouclée.
        C’est alors que l’archonte, le dirigeant de la planète, s’adresse à Hapthorn avec une nouvelle énigme, et il s’avère bientôt que les deux mystères sont étroitement mêlés. Hapthorn, son double intuitif et son intégrateur gourmand de fruits se voient tenus de découvrir ce qui s’est vraiment produit quatre éons plus tôt sur Terre pour y avoir laissé une zone désertique dévastée, et quel rôle a joué – continue de jouer – un personnage obscur du nom de Majestrum.
 
 
Les riffs attrayants d’un auteur vancien
 
        Vous est-il arrivé d’entendre un chanteur d’aujourd’hui reprendre sur un CD un ensemble de succès d’autrefois ? […] La liste est longue. Il arrive que le jeune artiste d’une génération postérieure réussisse un tour de force avec les vénérables standards classiques, auxquels il apporte de nouvelles perspectives d’interprétation. Il arrive aussi que de ternes réenregistrements ne méritent que l’oubli. Mais quand l’entreprise atteint son but, le nouvel interprète prend place dans une longue et noble tradition qui l’honore en même temps que ses prédécesseurs.
        Matthew Hughes se distingue comme un de ceux qui ont réussi dans cet exercice. Il a repris les tournures, le style, les thèmes, la langue, la caractérisation des personnages et des décors rendus célèbres par Jack Vance, pour les réinterpréter à sa manière. Ses livres ne relèvent pas du pastiche mais du retraitement enrichi de l’univers vancien. Bien que Hughes ne travaille pas sur les créations mêmes de Vance, à l’inverse de Michael Shea produisant délibérément des suites à ses romans, le cycle de l’Archonat se conforme avec élégance et précision aux canons de Jack Vance.
        Comme souvent Vance, auteur de polars également, Hughes structure Majestrum ainsi qu’un puzzle et respecte scrupuleusement les règles qui gouvernent le genre hybride du polar de science fantasy. Nul deus ex machina n’intervient dans la résolution du mystère et les indices sont dûment présentés. Autant que le discriminateur Hapthorn, le lecteur garde ses chances de découvrir l’identité et les desseins de Majestrum.
        L’œuvre de Vance valait et vaut beaucoup par sa tonicité, son style et sa vision du monde ; Hughes s’en approche avec talent, quoiqu’il se montre parfois moins subtil et qu’il ne cherche ou n’obtient jamais le profond lyrisme ni l’exaltation de la personne auxquels Vance pouvait exceller. Il est la meringue sur le fourré au citron, non pas le gâteau entier. Il n’en reste pas moins que, si les dialogues humoristiques, les coutumes bizarres, les décors exotiques, les intrigues ingénieuses et le cosmopolitisme ironique sont votre tasse de thé, vous trouverez votre homme en cet auteur.
 
 Paul Di Filippo
 
 
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