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Larry Correia

Magie brute

Magie brute

Date de parution : mai 2012

Série : Chroniques du Grimnoir
Livre : 1

Traduit par : Marie Surgers
Illustrateur : Vincent Chong


ISBN13 : 9782841725908

Nombre de pages : 480
Prix : 23,00 €
État : disponible

États-Unis, début des années 1930. Les dirigeables sillonnentle ciel, Berlin est peuplée de zombies et la magie, apparue depuis près d’un siècle, a changé la donne. Le grand public hésite entre admiration et haine des « actifs », ces gens qui se téléportent, lisent dans les esprits, modifient la gravité, contrôlent les animaux, guérissent par imposition des mains…
Deux organisations de magiques se livrent une guerre souterraine acharnée : l’Imperium et son maître le « président », qui tiennent le Japon, et le Grimnoir, société secrète de résistants aux intentions louables mais aux méthodes discutables.
Jake Sullivan, lui, vétéran de la Grande Guerre au passé de truand, ne doit la liberté qu’à son serment de mettre ses pouvoirs au service du FBI chaque fois qu’une enquête implique des « actifs » criminels. Il sera bientôt confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde au bord de l’enfer et de la destruction ; il lui faudra choisir son camp.
 
Magie brute, dans un style très visuel et percutant, mêle gangs ters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages. Roman de fantasy urbaine à la croisée du polar, du steampunket de l’uchronie, ce premier livre des « Chroniques du Grimnoir » louche aussi sur le double héritage des comics et des pulps américains.
  • Revue de presse
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Correia - Magie Brute - Elbakin.net
Posté le 31 mai 2012 -
N’y allons pas par quatre chemins : j’ai ouvert Magie Brute dans l’espoir de lire une série B qui me viderait la tête et me ferait sourire de temps en temps. Deux objectifs atteints haut la main ! Car si la première traduction en France de Larry Correia parvient sans nul doute à distraire, elle pourrait même boxer dans la catégorie des « A » et en mettre plus d’un au tapis. Explications…
Sans aller jusqu’à qualifier l’auteur américain de styliste, celui-ci a une belle plume (je n’ai pas la V.O. sous la main, aussi je ne saurai dire si la traductrice y est pour quelque chose). « Quel genre ? » me demandez-vous. Pas facile de répondre… On trouve pêle-mêle dans Magie Brute le Chicago des années 30, des zombies, des samouraïs, des superhéros, des magiciens, des jolies filles, un détective privé, un sumo, et encore tout un tas de choses qui vont faire fantasmer les geeks. Certains diront « ouais, c’est bon, sans moi, j’ai encore le Sucker Punch de Zach Snyder en travers de la gorge » et ils n’auront pas vraiment tort. Le fait est – et on pourrait même parler de miracle – que Larry Correia a réussi à mélanger le tout, sans jamais tomber dans le grand n’importe quoi. Mieux, son roman tire son épingle du jeu dans la production actuelle en proposant un mix original, frais et… pulp. Ça y est, le mot est lâché !
Co…comment ? En ne se contenant pas de reprendre ici et là des idées cool qu’il a vues ou lues… En effet, Correia n’oublie ni de faire exister son univers ni ses personnages. Au premier il donne de l’épaisseur, aux seconds un passé, une histoire. À partir d’éléments déjà utilisés dans une multitude d’œuvres, l’auteur construit une mythologie cohérente, avec comme ciment l’humour. Et ça fonctionne : on en prend plein les yeux lors des scènes d’action, on se tape les mains sur les jambes après une réplique tordante, et arrive trop rapidement à la fin de ce premier tome, avec déjà l’envie d’avoir déjà le second sous le coude.
Magie Brute est un pur bijou de pulp ! Un mélange incroyable réussi et frais qui nous offre un vrai moment de lecture jubilatoire. Mais aussi un livre qui boxe dans une catégorie supérieure à celle à laquelle on pouvait s’attendre à première vue.
 
8.0/10
 
Zedd
Elbakin.net
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Correia - Magie Brute - Mythologica
Posté le 08 juin 2012 -
Magie brute se déroule dans les années trente, mais dans un monde qui n’est pas exactement celui que nous connaissons. L’Histoire a bifurqué au dix-neuvième siècle avec l’apparition de nouveaux pouvoirs chez les êtres humains. Le premier cas indiscutable remonte à 1849 et si les « actifs » restent en nombre restreint, leurs pouvoirs sont variés : les pousseurs sont capables de modifier à volonté la gravité, les estompeurs de traverser la matière, les bougeurs de se déplacer instantanément.
 
À ces détails près, les années trente ressemblent fort à celles dont nous avons entendu parler. La crise économique est là, le Japon prend de plus en plus d’importance et si ses ambitions expansionnistes commencent à devenir transparentes, le commerce avec le Levant est si lucratif que les politiques préfèrent plonger la tête dans le sable : Tesla n’a-t-il pas inventé ce « rayon de la paix » qui n’est autre qu’une version uchronique de l’arme atomique, censée protéger les Etats-Unis de toute agression extérieure ? Quant à l’interdiction de vendre des armes à l’empire japonais, en particulier ces fabuleux dirigeables de guerre qui sont le fleuron de l’industrie militaire américaine, elle est bien facilement contournée.
 
C’est dans ce contexte hybride entre réalité et fiction, que Faye, une gamine victime de la crise économique, échoue en Californie, dans une ferme tenue par un émigré portugais. Tout comme lui, elle est dotée du pouvoir de « bouger ». Mais, très vite, il s’avère que le pouvoir de Faye est infiniment supérieur à celui de tous les « bougeurs » connus. Après l’assassinat de son mentor, elle part sur les traces de son passé et découvre qu’il appartenait au Grimnoir, une confrérie occulte d’ « actifs » ayant décidé de lutter en secret contre la cécité du président des Etats-Unis et de s’opposer aux visées japonaises. Car, comme l’explique un des protagonistes, « la guerre se déroule dans les ombres entre les nations. » Un affrontement tout d’abord secret, mais qui devient rapidement explosif.
 
On n’en finirait pas de lister les qualités de cet ouvrage dont le descriptif rapide laissait augurer quelque aventure grossière façon « comics », mais qui se situe à bien des coudées au-dessus. Dans l’inventivité, dans la fantaisie, dans le caractère bondissant, cet ouvrage représente une surprise totale et fait penser à des classiques tels que Les Voies d’Anubis de Tim Powers ou l’excellent Machines infernales de K. W. Jeter.
 
Si l’auteur a pris soin d’ancrer son récit dans une réalité proche de celle rapportée par les livres d’Histoire, il ne s’est pas contenté d’en rester là. L’ouvrage est rehaussé d’épigraphes apocryphes de Gandhi, Abraham Lincoln, Sigmund Freud, Wyatt Earp, Woodrow Wilson, Théodore Roosevelt et Charles Darwin, auteur dans ce monde un peu fou d’un essai intitulé: De l’origine de l’homme et la sélection des pouvoirs magiques humains. Quant aux membres du Grimnoir, certains d’entre eux sont également issus du monde réel : le Général Pershing, John Moses Browning, inventeur célèbre d’armes à feu ( dont le décès dans le monde réel, en 1926, ne fut qu’un leurre destiné à masquer son entrée dans le Grimnoir, ce qui nous vaudra quelques belles descriptions d’armes à feu uchroniques). D’autres membres sont issus de l’esprit de Larry Correia ou même d’autres fictions. Citons par exemple le personnage de Jake Sullivan, ancien truand, et ancien soldat de la première guerre mondiale, qui combattit dans la Somme les légions de zombies allemands, des soldats dont les âmes étaient enchaînées aux corps par cette autre variété de magiciens que sont les lazares.
 
On est donc dans l’uchronique savamment documenté, mais aussi dans le véritable steampunk, caractérisé ici par l’aspect littérature de fusion entre roman noir, aventure débridée, mélange de réel et de fiction, sans compter les inévitables dirigeables emblématiques du genre, qui nous valent de magnifiques chapitres de piraterie aérienne. Magie Brute, bourré de surprises et d’action sans jamais sombrer dans la surenchère gratuite, s’inscrit pleinement dans l’élégante définition du steampunk par Denis Mellier : « une sorte de machine transformant les combustibles fictionnels divers en une énergie décuplée. »
 
Pour autant, si Magie Brute fonctionne si bien, si la multiplicité des matériaux métatextuels s’agence en un récit homogène, si aucune fausse note ne vient faire gémir cet édifice composite – mais agencé avec un soin horloger – c’est aussi, et peut être même surtout, parce que l’auteur a su donner une véritable dimension humaine à chacun de ses personnages. En resserrant l’action autour des membres du Grimnoir et de quelques personnages annexes, en les faisant littéralement exister par leurs interactions et leurs doutes, en les dotant d’un passé complexe apparaissant par petites touches, en refusant la caricature manichéenne, en donnant une profondeur inattendue à ce que l’on aurait pu un moment croire de simples stéréotypes et, in fine, en les révélant peu à peu à travers les péripéties et le regard de Faye, l’auteur donne à son roman la touche finale qui le rend à la fois prenant et crédible.
 
Magie brute apparaît donc comme une bonne, une très bonne surprise. Depuis sa publication en langue originale en 2011, Larry Correia a publié Spellbound, autre roman dans l’univers du Grimnoir, et l’on murmure qu’il serait à l’ouvrage sur Warbound, un troisième volume. Gageons que les éditions L’Atalante, qui ont eu l’excellente idée de traduire ce premier volume, ne s’arrêteront pas en si bon chemin.
 
 
Alaric
Mythologica
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Correia - Magie Brute - Critic
Posté le 08 juin 2012 -
N’y allons pas par quatre chemins, j’ai ouvert Magie Brute dans l’espoir de lire une série B qui me viderait la tête et me ferait sourire à quelques occasions. Deux objectifs atteints haut la main ! Car si la première traduction en France de Larry Correia parvient sans nul doute à distraire, elle pourrait même boxer dans la catégorie des « A » et en mettre plus d’un au tapis. Explications…
 
Sans aller jusqu’à qualifier l’auteur américain de styliste, celui-ci a une belle plume (je n’ai pas la V.O. sous la main, aussi je ne saurai dire si la traductrice y est pour quelque chose). « Quel genre ? » me demandez-vous. Pas facile de répondre… On trouve pêle-mêle dans Magie Brute le Chicago des années 30, des zombies, des samouraïs, des superhéros, des magiciens, des jolies filles, un détective privé, un sumo, et encore tout un tas de choses qui vont faire fantasmer les geeks. Certains diront « ouais, c’est bon, sans moi, j’ai encore le Sucker Punch de Zach Snyder en travers de la gorge » et ils n’auront pas tort. Le fait est – le miracle même – que Larry Correia a réussi à mélanger le tout, sans jamais tomber dans le grand n’importe quoi. Mieux, son roman tire son épingle du jeu dans la production actuelle en proposant un mix original, frais et… pulp. Ça y est, le mot est lâché !
 
Co…comment ? En ne se contenant pas de reprendre ici et là des idées cool qu’il a vues ou lues… En effet, Correia n’oublie ni de faire exister son univers ni ses personnages. Au premier il donne de l’épaisseur, aux seconds un passé, une histoire. À partir d’éléments déjà utilisés dans une multitude d’œuvres, l’auteur construit une mythologie cohérente, avec comme ciment l’humour. Et ça fonctionne : on en prend les yeux lors des scènes d’action, on se tape les mains sur les jambes après une réplique tordante, et arrive trop rapidement à la fin de ce premier tome, avec déjà l’envie d’avoir le second sous le coude.
 
8/10 Magie Brute est un pur bijou de pulp ! Un mélange incroyable réussi et frais qui nous offre une lecture à tout point de vue jubilatoire. Un livre qui boxe plus haut qu’il en a l’air.
 
Simatural
Critic
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Correia - Magie Brute - ActuSF
Posté le 18 juin 2012 -

L’ "urban fantasy" est l’un de ces sous-genres des littératures de l’imaginaire en plein développement et parmi les plus créatifs, me semble-t-il, ces dernières années. Le roman de Larry Correia, Magie brute, le premier des Chroniques du Grimnoir (L’Atalante), en est un parfait exemple.

En 475 pages denses, pleines d’humour et d’action, l’auteur nous introduit dans une Terre uchronique où le point de divergence a été l’apparition d’individus doués de pouvoirs magiques à partir du milieu du 19e siècle, environ quatre-vingts ans avant les événements qui nous sont relatés. Cette attribution, au hasard de la loterie génétique, de pouvoirs tous différents les uns des autres en puissance et en utilité a bouleversé l’ordre des choses et l’histoire humaine : en 1930 le monde est à la fois très proche du nôtre - en pleine crise économique suite au krach de Wall Street, on roule en Ford T, on va au cinéma - et complètement différent - on se déplace en dirigeables géants sans risque grâce aux "torches", humains dont le pouvoir est de contrôler le feu, les fermiers portugais ont colonisé la Californie et Hitler a été exécuté en 1929 - pour citer quelques exemples. À travers les vies de plusieurs personnages qui vont se rencontrer et interagir au fil des pages, et plus particulièrement celle de Jake Sullivan, héros de la Grande Guerre, criminel en liberté surveillée et détective privé, "brute" capable de contrôler la gravité et la densité donc quasi invulnérable, et celle de Faye, jeune Okie recueillie par un vieux fermier portugais qui a reconnu en elle une "voyageuse" (humaine ayant le don de se télétransporter), Correia trace avec force petits détails un monde d’une complexité remarquable où s’affrontent les forces du Mal, représentées par l’Imperium (en fait la Sphère de coprospérité asiatique dominée par le Japon, un Japon qui finit de conquérir l’Asie et de mettre au pas la Chine après avoir écrasél’Empire russe lors de la guerre de 1905 qui, ici ,a duré jusqu’en 1908) et le surhomme qui est Président du Conseil de l’Empereur, le baron Tokugawa (qui a vu le commodore Perry forcer le Japon à s’ouvrir), et les forces du Bien, représentées elles par le Grimnoir, organisation aussi mystérieuse qu’internationale, dont les valeureux Chevaliers luttent sans relâche pour la liberté et la démocratie, champions de la probité et de l’honnêteté. Mais est-ce vraiment le cas ? Pourquoi le général Pershing s’est-il opposé aux hiérarques européens du Grimnoir ? Et a-t-il eu raison de vouloir détruire l’arme ultime inventée par Nikola Tesla, cet "engrenage" de génie, autrement dit un humain surdoué en matière d’ingénierie ? Quelle est la nature de la magie, d’où vient ce pouvoir apparu si mystérieusement et pour quelle raison ? Le Président ne répond-il pas, en fait, aux vrais besoins de l’humanité face au futur qui l’attend en utilisant les "actifs", ces humains détenteurs de pouvoirs, et en les développant au maximum de leurs possibilités ? Et quel but poursuit le "cheval pâle" (référence au Livre des Révélations de la Bible mais aussi au titre de l’un des livres fondateurs du conspirationnisme américain, celui de Milton William Cooper) , cet homme capable d’infecter n’importe qui avec de terribles maladies, en manipulant Cornelius Gould Stuyvesant, l’homme le plus riche du monde et le plus grand constructeur de dirigeables ?

Toutes ces questions, et bien d’autres, comme survivre à la prochaine attaque des Gardes de fer, ces surhommes rendus surpuissants par la gravure au fer de "kanjis" (formules magiques) divers dans leur chair, ou contrôler et développer son pouvoir, sont au centre des préoccupations de Jake et de Faye, qui vont faire équipe avec des membres du Grimnoir pour essayer d’empêcher le Président de dominer le monde grâce au géo-tel, l’arme de Tesla utilisée une fois lors de la dévastation de la Tougounska en 1908. Et voici l’une des très grandes forces de l’auteur et de son roman : utiliser des événements et des personnages réels en les modifiant légérement grâce à la magie La Tougounska en est un exemple, mais cela va aussi de l’extrait d’une interview de "Babe" Ruth, le grand joueur de base-ball, soutenant que l’utilisation de son pouvoir pour jouer est parfaitement naturel, à la transformation de la tristement célèbre unité 731 de Mandchourie en unité d’expérimentation sur les pouvoirs magiques avec encore plus d’horreurs à son actif, en passant par les souvenirs du capitaine du "Titanic" lors des festivités pour le 5ème anniversaire de la croisière inaugurale. Correia a manifestement fait beaucoup de recherches car si il n’hésite pas à mettre en scène Shiro Ishii, ici chef des "engrenages" de l’unité 731, un personnage connu, il peut aussi se livrer à des clins d’oeil beaucoup plus confidentiels : Faye parle par exemple du gros livre d’un certain Dr. Fort sur la "téléportation". Or combien de lecteurs feront le rapport avec Charles Hoyt Fort, patron des "fortéens" du monde entier qui, dans Wild Talents (paru en 1932), inventait le mot et imaginait des bataillons télékinétiques et des guerres menés avec des pouvoirs parapsychologiques ?

Correia est aussi très fort pour décrire cet univers étrange où, grâce à la magie, sont possibles des engins de rêve : on n’oubliera pas de si tôt sa description du "Tokugawa", le dirigeable amiral géant commandé par le Président, merveille de technologie, de magie et d’artisant traditionnel japonais ! Ni d’ailleurs sa description de Berlin, la ville détruite où ont été confinés les zombies de l’armée du Kaiser après la défaite !

Comme je l’ai dit auparavant, Magie brute est un roman dense, foisonnant, inclassable : mélange de pure SF et de fantastique sans limites, polar uchronique et chronique d’une guerre secrète, mélange de pulps de superhéros et de "detective novels", de guerre et d’aventures, d’espionnage et de science, c’est un condensé du meilleur de la littérature populaire, au sens noble du terme, et de la créativité et l’inventivité contemporaines. Le résultat est détonnant, étonnant et totalement réussi !

 

Jean-Luc Rivera
ActuSF

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Correia - Magie Brute - Mythologica
Posté le 25 juin 2012 -
L’Atalante a pour habitude de nous proposer régulièrement quelques OVNI littéraires et ce mois de mai nous en propose un assez exceptionnel : Magie Brute. Amateurs de steampunk et de super-héros, arrêtez-vous pour découvrir ce roman ma foi tout à fait exceptionnel…
 
La couverture de Vincent Chong retranscrit à merveille l’ambiance comics années 30 du roman. On y trouve les personnages d’Heinrich, Faye et Jake, au centre du livre, dans une scène très dynamique avec en fond un des fameux dirigeables. Une parfaite affiche de film au final, qui rend honneur aux aspects cinématographiques de l’œuvre de Larry Correia. De l’excellent boulot en tout cas…
 
Magie Brute est un de ces romans rares qu’en tant que lecteur, je ne suis pas près d’oublier. Je vais vous proposer quelques comparatifs cinématographiques, les plus adaptés, pour que vous puissiez comprendre ce que je veux dire. Ce roman est un croisement entre SuckerPunch pour le côté spectaculaire, Watchmen pour l’aspect sombre de l’univers et les héros, avec une empreinte temporelle digne des Incorruptibles. Comme vous vous en doutez, le mélange promet de grands moments de lecture, d’action,… Et Larry Correia ne m’a pas déçu. Dès le début il multiplie les pistes, les personnages, pour nous emmener très rapidement dans une débauche d’effets spéciaux, de combats titanesques, de coups de feu tirés à tout berzingue, le tout en ayant une trame scénaristique crédible. C’est là une sorte d’exploit puisque rien n’est moins simple, bien souvent, que d’avoir un scénario crédible et pénétrant tout en préservant une action débridée et non dépourvue de sens. Et pourtant l’auteur y arrive parfaitement, nous faisant nous attacher à tour de rôle à ses personnages.
 
Ceux-ci sont d’ailleurs particulièrement réussis puisque l’auteur joue sur leur côté archétypal pour les rendre encore plus attrayants. Le concept paraît surprenant mais la sauce prend sans difficulté. Qu’il s’agisse de Jake le lourd, de Faye, la Okie voyageuse, ou de tous les membres du Grimnoir, ils sont suffisamment bien construits pour que le lecteur les ressente comme crédibles. Même les méchants sont archétypaux à souhait mais gardent un véritable intérêt au fil des pages du fait de motivations très manichéennes.
 
Magie Brute est un premier tome particulièrement intéressant qui laisse présager le meilleur concernant l’avenir de la série Grimnoir. Larry Correia est un auteur expert en armes et cela se ressent dans son récit mais il parvient à esquisser un univers fantastique digne des plus grands réalisateurs de cinéma. Mélangeant les références de super-héros avec le steampunk le plus pur, il donne au lecteur un roman à grand spectacle, foisonnant de scènes d’action, d’effets spéciaux surprenants et de pirouettes scénaristiques elles aussi inattendues. Bref, un excellent roman de divertissement qui sans révolutionner le genre est parvenu à lui donner une part de ses lettres de noblesse…
 
 
Deuskin
Mythologica
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Correia - Magie Brute - Un papillon dans la lune
Posté le 26 juin 2012 -
Ouh la belle surprise que voilà !
Je vous présente le premier tome des Chroniques du Grimnoir qui s'intitule Magie Brute, écrit par Larry Correia et judicieusement édité par L'Atalante. Je dis bravo, je dis encore !
 
Alain Kattnig, co-directeur de la collection la Dentelle du Cygne, nous confie ceci à propos de l'auteur sur le blog des Éditions L'Atalante : "...un nouvel auteur, justement. On l’a choisi parce qu’il est bon. En plus il écrit vite. Et ça reste bon."
 
La couverture annonce tout de suite la couleur : mais non pas "jaune". Elle annonce un héros sombre, musclé, déterminé, elle annonce une gamine qui a l'air gourde mais il ne faut pas s'y fier, elle annonce des dirigeables dans le ciel, des gratte-ciels, de la magie et du feu, et elle annonce que ça va péter. Trouvez pas ?
 
C'est un roman à la croisée des genres. Nous sommes dans les années 30, et la magie est apparue sur Terre il y a environ un siècle. Certaines personnes sont devenues des "actifs" dotés de pouvoirs divers. On les nomme Brute, Bougeur, Voyageur, Guérisseur, Parleur... Les autres sont les normaux. Ils ont bien entendu du mal à s'entendre, mais pour l'instant ce n'est pas de là que vient le danger. Deux sociétés secrètes s'affrontent : L'Impérium qui veut imposer sa supériorité aux normaux et régner sur le monde, et le Grimnoir qui tente tant bien que mal de le combattre. Notre héros, Sullivan, va se retrouver embarqué dans l'histoire.
 
Il n'avait pas beaucoup d'amis et ne comptait pas commencer une collection.
 
Nous nous trouvons en présence d'une combinaison réussie entre uchronie (l'exergue de chaque chapitre nous permettant d'en comprendre un peu plus au fur et à mesure du récit), steampunk, urban fantasy et comic, et tout ceci est rondement mené. Nous sommes tout le temps au cœur de l'action, ça bouge, ça se bastonne, ça se flingue... Que du bonheur ! Mais attention, loin de s'en tenir là, comme l'aurait fait un blockbuster hollywoodien, on a même le droit à une intrigue digne de ce nom. C'est bien amené, c'est bien ficelé, c'est cohérent.
 
Les personnages, même secondaires, sont bien construits et ont chacun leur petite histoire personnelle, souvent tragique. L'humour n'est pas absent du récit et tout cela tient vraiment la route.
 
Les ascenseurs, c'est pour les nuls. Et en plus, il y a des zombies.
 
Je me permets de faire un petit clin d’œil sur les noms de certains vaisseaux : un dirigeable se nomme en effet "Bouledogue en maraude" tandis qu'un sous-marin est baptisé "Fleur de carnage". Cela m'a fait penser au "Vieux mais joli lapin rose" dans la Guerre des Chiffonneurs de Thomas Geha.
 
Je me suis vraiment éclatée à lire ce roman, que j'ai limite vécu comme un bon film, avec des scènes d'action à gogo, des personnages et une intrigue cohérents, et franchement j'ai hâte de pouvoir découvrir les autres Chroniques du Grimnoir. (Attention, cette histoire a une vraie fin et on peut certainement sans problème s'arrêter là. Techniquement. Mais on n'a pas envie.)
 
Le tome 2 est paru en novembre aux États-Unis. Maintenant j'attends ;-)
 
Un papillon dans la lune
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Correia - Magie Brute - Le Journal du dimanche
Posté le 04 juillet 2012 -

Ce sont des Etats-Unis parallèles des années 1930 qui servent de cadre aux Chroniques du Grimnoir. Il s'agit bien des Etats-Unis: on y trouve un Roosevelt qui fait de la politique, un Peter Stuyvesant des affaires, et un Browning des armes; un Edgar Hoover qui dirige des services secrets et un inventeur de génie du nom de Tesla; il y a aussi quelques américains revenus en héros d'une guerre mondiale qui a récemment ravagé l'Europe. Mais c'est un monde parallèle: parce que ces personnages sont tous un peu décalés, dans le temps comme dans leur rôle; et puis parce que ce qui a mis fin à la guerre, c'est la mise au point par Tesla d'un rayon capable de détruire toute vie sur son passage; une arme rebaptisée depuis lors « rayon de paix » en raison de son effet dissuasif.

L'essentiel est que, dans ce monde parallèle, on a découvert depuis près d'un siècle qu'un dixième de la population environ disposait de talents magiques, de superpouvoirs. Les espèces les plus répandues sont la « brute », qui peut canaliser le pouvoir magique pour rendre instantanément son corps plus fort et plus résistant, et « le lourd » qui réussit à modifier l'intensité de la gravité dans la zone qui l'entoure. Il y a aussi l'« estompeur », capable de traverser des objets solides en modifiant sa propre densité au niveau inframoléculaire; « le voyageur », qui peut se déplacer instantanément d'un endroit à un autre; « le parleur », qui contrôle pensées et sentiments de son auditoire et excelle donc en politique; « le liseur », télépathe qui entend les pensées de ses voisins; « l'évoqueur », qui peut faire venir des créatures plus ou moins infernales d'un autre monde ou transformer des morts en zombies animés d'une véritable folie meurtrière. Très rares sont malheureusement « le guérisseur », qui peut accélérer le processus de guérison des blessures et, dieu merci, « le cheval pâle », dont le simple contact provoque des maladies mortelles. Dans sa majorité, la population ne dispose pas de talents magiques. Elle n'aime guère ceux qui en sont dotés, qu'ils soient « passifs » c’est-à-dire incapables de mobiliser leur don, ou « actifs », assez forts pour utiliser celui-ci à volonté.

Une partie des actifs est rassemblée dans deux organisations qui se livrent une guerre souterraine, et sans merci. L'Imperium est dirigé par « Le Président », le baron Obuko Tokugawa; il a le Japon pour base et des appuis américains, dont Edgar Hoover sans doute; son objectif est le contrôle du monde. En face le général Pershing a organisé aux Etats-Unis, une société secrète qui fait de la résistance: le Grimnoir. Celui-ci a des intentions honorables, aime la démocratie et la liberté; mais il n'hésite pas à utiliser des moyens contestables pour défendre les causes qu'il estime justes. L'intrigue ? L'Imperium recherche les différents éléments de l'arme capable de détruire le monde, que Pershing avait dispersés et cachés à la fin de la guerre, et dont le rassemblement pourrait créer une menace d'asservissement de l'humanité par celui qui le réaliserait. Les affrontements sont titanesques, compte tenu des forces en présence. Un personnage va jouer un rôle central dans le conflit entre ces deux organisations: Jack Sullivan. Il dispose des superpouvoirs pouvoirs d'une « brute » et d'un « lourd ». C'est un vétéran de la guerre mondiale; il a fait de la prison pour meurtre et exerce le métier de détective privé. Il a développé ses pouvoirs magiques mais ne les utilise qu'au service de causes qu'il estime justes. Il a fait pour un temps allégeance à l'Imperium pour obtenir sa libération anticipée. Mais il est manifestement plus proche du Grimnoir, où il a des amis et qui cherche à l'embaucher. Le camp de l'Imperium a recruté son frère Madi, lui aussi héros de guerre, et a développé ses superpouvoirs au point de le rendre quasi invincible. Jack devra choisir son camp.

L'auteur de cette œuvre pleine de bruit et de fureur est Larry Correia. Très jeune, il a travaillé dans la ferme familiale. Passionné de lecture, il a fait des études de comptabilité, est devenu spécialiste d'armes à feu, et s'est mis à écrire. Magie brute est son premier roman. Autoédité à l'origine, il figure sur la liste des « best sellers » du New York Times. Larry Correira y met en scène des super héros d'un nouveau type et s'inscrit dans la lignée, riche dans l'histoire de la SF, des « pulps » américains. Il a un style très direct bien adapté à ce roman d'action, qui est une succession de bagarres et de fusillades, toujours très meurtrières. Ses personnages - zombies, samouraïs, superhéros, sumos, jolies filles - sont consistants et truculents. Le Président de l'Imperium, qui veut dominer le monde, est aussi poète; le héros Jack est une brute très fleur bleue. Certains servent le Bien, et sont prêts à risquer leur vie pour défendre leurs amis et alliés contre le Mal. Mais pour presque tous, la fin a tendance à justifier les moyens, et la mort de l'adversaire ne crée aucun état d'âme. Heureusement, l'humour est toujours là pour rendre supportables des comportements que la morale réprouve et un climat général de violence qui n'a rien à envier aux jeux vidéos des adolescents. On attend avec impatience le livre deux de ces chroniques.

 

Michel Pebereau
Le Journal du dimanche

 

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Correia - Magie Brute - Psychovision
Posté le 28 juin 2012 -
Magie brute, ça pourrait être un synopsis de James Ellroy qui aurait croisé Simon R. Green, un polar fantastique et uchronique sur fond d'Histoire, un délire fourre-tout écrit avec le sérieux nécessaire pour être captivant, un blockbuster littéraire comme Hollywood aimerait en mettre en scène ou encore un comics tendance Steampunk et urban-fantasy. C'est donc de la littérature populaire fraîche et originale.
Déjà, Larry Correia nous propose un vrai univers avec sa propre histoire où la magie est apparue et a eu des conséquences sur les événements qu'on connaît, tel que la première guerre mondiale où les Allemands utilisaient des morts-vivants. Un monde où Nicolas Tesla semble avoir eu beaucoup plus d'influence. Bref, un monde qui n'est pas le nôtre, mais qui y ressemble étrangement avec de grosses différences.
L'histoire débute donc aux Etats-Unis où les actifs essayent de s'intégrer tant bien que mal, mais reste stigmatisé par la population qui craint autant leurs pouvoirs que leurs différences. Jake Sullivan fait donc partie de ceux qui veulent s'intégrer même si c'est loin d'être facile, même les policiers avec qui ils travaillent se méfient de lui. Il va alors découvrir un étrange groupe d'actif qu'on lui présente comme des criminels.
Son enquête va pourtant lui faire découvrir que ce groupe n'est pas celui qu'il croit et qu'il est en fait plus préoccupé à sauver la veuve et l'orphelin qu'à se livrer à des activités criminelles. Sauvant aussi bien des actif du lynchage que des humains d'actifs mal intentionnés, les chevaliers du Grimnoir combattent donc discrètement afin de créer un monde où les actifs vivraient en paix avec les hommes.
De l'autre côté de l'océan Pacifique, il y a les forces de l'Impérium dirigé par le Président qui cherche au contraire à former une armée d'Actif afin de créer une race d'être supérieur qui dominerait le monde. De plus en plus puissant, cet homme indestructible est le principal ennemi du Grimnoir. La guerre secrète que se livre les deux groupes va pourtant bientôt quitter son côté confidentiel pour toucher le monde entier !
Dans cette chronique du Grimnoir, il y a un donc un côté X-Men, puisque si les actifs sont décrit comme magicien ou sorcier, il pourrait tout aussi bien s'agir de mutants. On peut même retrouver dans les deux idéologies présentes celle du professeur Xavier et de son némésis Magneto ! La ressemblance s'arrête là, même si elle n'est pas des moindres, car les deux histoires n'ont rien à voir entre elle sur l
Celle de Magie Brute prend donc la forme d'un roman d'espionnage avec des agents infiltrés qui s'apprêtent à lancer un plan de conquête du monde, arme surpuissante à l'appui ! Les deux groupes vont donc s'affronter de manière spectaculaire où chaque combat est plus épique et sanglant que le précédant. A ce niveau, Larry Correia ne donne vraiment pas dans la subtilité et assume parfaitement le côté spectaculaire de son roman.
Il faut dire que le roman est très cinématographique et que l'auteur sait décrire ses scènes comme si elle se déroulait devant ses yeux ! Il n'a du coup aucune difficulté à montrer à ses lecteurs les images qu'il a dans la tête et ses personnages n'en sont que plus vivant avec leurs qualités et leur défauts, car s'il est explosif, ce roman n'oublie pas d'avoir des passages plus intimistes où les personnages révèlent leurs faiblesses.
Et les personnages sont d'ailleurs très nombreux, qu'ils fassent partie des bons ou des méchants. Ils ont tous leurs propres histoires et sentiments et chaque personnage secondaire semble avoir son influence sur les événements et on n'est donc jamais à l'abri d'un rebondissement. Magie Brute est donc un roman univers très fun, mais qui est écrit avec sérieux afin d'offrir un divertissement de qualité à ses lecteurs.

Magie Brute est donc un excellent roman qui assume parfaitement son mélange de comics, de steampunk, de polar et de fantasy. N'hésitant pas à transformer une histoire de littérature populaire en une fresque fantastique, Larry Correia débarque comme une boule de bowling dans les genres parfois trop codifié de l'imaginaire et nous livre ainsi un roman melting-pot de tout ce qu'on aime, réussissant ainsi un superbe Strike !

Note : 8/10

 

Stegg

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Correia - Magie Brute - Unwalkers
Posté le 28 juin 2012 -

D’abord il y a la couv…

Superbe travail, Bravo à l’Atalante et à Vincent Chong, j’adore, un parfait résumé de ce qui vous attend.

Ensuite il y a le livre. Idée géniale mais périlleuse, on n’écrit pas des romans comme on pond un scénario de comics.

Et donc, vient alors le talent…Correia s’éclate et nous emmène du coup la ou il veut. Dans son imaginaire, dans son monde pulpy rétro futur ou la magie accompagne les Thompsons automatiques et les Ford. Un mélange des genres et des styles qui auraient put faire un excellent jeu vidéo mais vite tourner à la mauvaise novélisation.

Que nenni, l’auteur installe son univers au rythme d’une action qui ne cesse guère, gère ses codes et sa troupe de personnages avec maestria.

Il ya une esthétique connu, du Sin City en couleur, du Gotham, le FBI traine dans le coin, les espionnes sont envoutantes et venimeuses, le tout est cadré et j’imagine bien un virtuose de DC ou de Marvel adapter le tout dans des cases. Mais Magie brute est, et restera un vrai bouquin de S.F écrit par un amateur qui dit fuck aux étiquettes et qui nous bombarde du zombie a Berlin et une magie très originale qui transforme ses utilisateurs en sup’.

Ca aurait put partir en grand foutoir et…bah non, ça se dévore par chapitres courts et enlevés.

A aucun moment je n’ai craint l’indigestion, je me suis laisser guider dans cette Fantasy(ie) urbaine.

L’histoire se découvre sur le quatre de couv, quand vous l’aurez dans les mains, car si comme moi vous aimez les bons mélanges, les crossovers et l’ouverture a des genres « différents » vous ferez de Magie brute votre chouchou et vous attendrez sa suite et peut être l’autre série de l’auteur: The Monster hunter, ça a l’air de bien bourriner.

Entre deux Jean Austen.

Swamp.

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Correia – Magie Brute – Presse Océan
Posté le 27 juillet 2012 -

Gangsters et filles teigneuses:

Les éditions nantaises l'Atalante ont la merveilleuse idée de publier Magie Brute de Larry Correa, un pavé qui tombe à pic pour l'été. Au début des années 1930, les dirigeables sillonnent le ciel, Berlin est peuplée de zombies, deux organisations se bagarrent, dont le Grimnoir, société secrète de résistance. On est dans l'uchronie (évocation imaginaire dans le temps) et ça se boit comme du petit-lait. Une chouette découverte.

Presse Océan

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Correia - Magie Brute - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté le 08 août 2012 -

Jake Sullivan est un lourd. Cette appellation ne se rapporte pas à son poids (quoiqu'elle pourrait) mais au pouvoir qu'il détient en temps que magique actif : il est capable d'altérer la gravité. C'est un pouvoir très répandu, mais comme il est très doué et en plus très malin, le gouvernement américain lui a mis en main un marché : plutôt que d'être détenu pour un meurtre commis sous le coup de la colère, il a obtenu une libération conditionnelle mais doit collaborer pour arrêter des actifs criminels.

Le marché lui convenait tout à fait, mais il est très troublé par sa dernière cible : son ex petite amie, une brute (plus forte et résistante qu'un humain normal) nommée Delilah. Quand une bande d'actifs très organisée fait capoter la capture, il décide de creuser un peu. Il découvre vite que dans l'ombre s'affrontent deux camps d'actifs : les chevaliers du Grimnoir, société secrète qui protège les actifs, et l'Imperium japonais dirigé par le tout puissant président Tokugawa, qui veut rayer de la carte la moitié du monde...

Ce premier volume des Chroniques du Grimnoir nous présente un monde uchronique du début des années 30, dans lequel les talents magiques sont monnaie courante. Si certains dons relèvent de ce que l'on trouve couramment parmi les perceptions extra-sensorielles (télépathie, télékinésie, téléportation...) et ne surprendront pas le lecteur, d'autres sont plus proches de la sorcellerie (évocation de créatures d'un autre monde) ou même nettement plus originaux (massifs capables de modifier leur densité physique par exemple). Les têtes de chapitre, qui montrent la façon dont des événements marquants de notre Histoire ont été altérés dans ce monde uchronique, nous permettent de mieux plonger dans l'ambiance. Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce mélange de steampunk et de pouvoirs magiques, qui fonctionne très bien.

Du côté de l'histoire, pas de grande surprises. Le scénario se tient, mais les rebondissements et révélations se laissent deviner avec bien trop d'anticipation, ce qui fait tomber le suspense. Je trouve également dommage le petit côté "super-héros", avec des combats épiques contre des méchants toujours plus forts et nombreux, mais dont les gentils sortent toujours gagnants. Mais on se laisse prendre quand même !

J'ai trouvé les personnages très sympathiques et bien campés, même s'ils manquent parfois de profondeur. La plume de Larry Correia est agréable, dynamique et bien adaptée à l'histoire, avec juste ce qu'il faut d'humour pour rester légère. J'ai passé un très bon moment et j'ai hâte de découvrir la suite de ces chroniques.

Soleil
Les Chroniques de l'Imaginaire

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Correia - Magie Brute - Imagin'ères
Posté le 21 août 2012 -

A la vue du bouquin j'espérais trouver une série B mélangeant action et humour pour passer un bon moment, et je ne fus pas déçu. L'auteur développe avec inventivité une uchronie des plus réussies. Chaque chapitre démarre par un épigraphe d'un personnage célèbre, rapprochant ainsi le livre de la réalité historique ; certains des protagonistes sont aussi issus du monde réel : le Général Pershing, John Moses Browning... Le livre est aussi parsemé de petits détails qui rendent admirablement bien l'ambiance années 30. On voyage ainsi dès le début de le campagne californienne plongée dans l'après crise de 29 aux hauteurs de Manhattan.

Il y a aussi bien sur le côté purement fantasy du monde. L'auteur a créé un système de magie assez cohérent, que je ne puis dévoiler ici, qui se trouve mixé à un univers steampunk. Et c'est un autre des points forts du livre, il réussit admirablement ce mélange fourre tout : des gens aux pouvoirs surhumains, des gigantesques dirigeables, des zombies, des samourais... La sauce prend vraiment bien et le tout est très cohérent.

Cela donne lieu à beaucoup d'action et de bagarres épiques dans le roman, avec une dose d'humour certaine. Mais il n'en oublie pas pour autant de donner de l'épaisseur à ses personnages. Ainsi chaque membre du Grimnoir est très bien caractérisé : Jake Sullivan héros de guerre et criminel en liberté surveillée, Faye la jeune Okie dont le regard donne une fraicheur certaine à l'histoire... L'Impérium n'est pas non plus négligé : le "président" a un caractère des plus complexes, on appréciera aussi l'histoire de son lieutenant le "Madi". Les interactions humaines sont riches et parfois surprenantes.

L'avis subjectif et partial : une grande réussite ; un roman foisonnant et percutant qui se dévore. Ce n'est pas de la série B, c'est du AA !!

Imagin'ères

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Correia - Magie Brute - Temps de livres
Posté le 21 août 2012 -

Début des années 30 aux Etats-Unis. Une catégorie d'individus est apparue depuis près d'un siècle. On les surnomme les actifs. Chacun d'eux est doté d'une particularité magique (Contrôle du feu, de la pensée, de la gravité, etc...). Jake Sullivan en fait partie. Embarqué malgré lui dans une guerre de pouvoir, il va avoir besoin de tout son discernement pour bien choisir son camp.

A priori, Magie brute n'était qu'une autre de ses uchronies qui sont à la mode. C'était sans compter sur le talent de Larry Correia. Son univers est celui d'un monde repensé par la magie. Un monde qui ressemble aux années 30, avec de la magie en plus. D'ailleurs, toutes les innovations technologiques sont dues à la magie : télégraphe, dirigeable, électricité, etc... Ajoutez des évènements improbables et vous aurez une petite idée du plaisir à lire Magie Brute.

Chaque début de chapitre nous met en présence d'un extrait d'article. Celui-ci nous décrit l'univers, le décompose pour une meilleure appréciation. Par ce savant mélange d'extraits, combiné à l'univers, la réalité du livre nous paraît plausible. Tout est expliqué : science, magie, histoire. Le monde de Larry Correia est "presque" le nôtre. Si les évènements improbables sont monnaies courantes, si les faits des personnages ressemblent aux super-héros de nos bandes dessinées, ne confondez pas. Ici, nous sommes dans un pulp.

Pour ceux qui ignorent ce qu'est un pulp, voici une brève explication : Entre 1896 et les années 50, des magazines firent leurs apparitions. Les couvertures sont tapageuses, les titres racoleurs, le papier et l'encre sont de qualité économiques, mais beaucoup de nos héros contemporains vont naître de ces magazines : Zorro, Doc Savage, Flash Gordon, Captain Future (Captain Flam), Conan le barbare, pour ne citer que ceux-là. Des aventures rocambolesques, des univers exotiques et des personnages hauts en couleurs... Fin de l'explication.

L'auteur met un point d'honneur à bien décrire chaque personnage. Nous sommes en présence de stéréotypes : Un héros au lourd passé, une jeune fille pas encore femme, une femme fatale, un méchant TRES méchant... Mais Larry Correia va leur donner à chacun une histoire, ancrée dans l'univers du livre. Le personnage a ainsi une biographie qui donne du poids à ses actions. On y rencontre aussi des personnages réels : Nicolas Tesla, J Edgar Hoover ou John Browning. Tout au long du livre, les personnages utilisent des armes très différentes. Si vous trouvez que l'utilisation et l'explication sont particulièrement réalistes, c'est normal. Larry Correia a été instructeur d'armes.

Comme beaucoup de lecteurs, je me suis laissé avoir par le résumé. J'ai cru lire une bonne série B qu'on oublie aussitôt fermé la dernière page. Avec une histoire qui est assez prôche de notre réalité, des personnages qui ont un passé, Larry Correia construit un univers qui est non seulement plaisant à lire mais plausible. Le lecteur féru d'actions aura son quota de bagarres et d'explosions et celui qui préfère la description des personnages trouvera aussi son compte. Bonne nouvelle : L'auteur a prévue une trilogie et selon l'éditeur français, il écrit vite.

Hervé
Temps de livres

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Correia - Magie Brute - RSF blog
Posté le 30 août 2012 -

Bon sang que c'est bon. Que c'est bon de prendre un tel pied à la lecture d'une telle brique. Et pourtant, j'avais des craintes à la lecture du texte de quatrième de couverture qui évoque rien de moins que des « gangsters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages » dans un roman mélange de fantasy urbaine, de polar, d'uchronie et de steampunk qui n'oublie pas de « loucher » sur « le double héritage des comics et des pulps américains ». Le tout dans « un style très visuel et percutant ». De quoi me faire fuir à toutes jambes. Surtout si on y ajoute des samouraïs modernes, des zombies, des pirates et une arme de destruction massive... Un tel mélange ne pouvait qu'être, au mieux foutraque, et au pire, indigeste. RA-TÉ ! Magie Brute évite les écueils et, s'il n'est pas exempts des clichés hérités de ce mélange détonnant et des pulps, il les utilise à merveille dans une seule optique : le plaisir du lecteur (et je soupçonne aussi que l'auteur a pris aussi son plaisir à écrire certains passage, si pas le bouquin entier). Un plaisir jouissif, jubilatoire même et généreux. Un plaisir de série B mais d'une bonne série B : bourrée d'action certes, mais doté d'une histoire solide qui aurait du mal à tenir sur un ticket de métro et de personnages forts (et pas que physiquement). Nous sommes donc dans des années 30 uchroniques, avec des actifs doués de magie (les super-pouvoirs à la portée de tout le monde n'est-ce pas merveilleux ? Sauf quand ils vous permettent de voler sans être inquiété, de tuer sans effort ou lire dans l'esprit des passifs s'entend). Le Grimnoir et l'Imperium se livrent une guerre souterraine et larvée. L'Imperium a décidé de passer à la vitesse supérieure en ré-assemblant une arme de destruction massive, mise au point par Tesla, dont la puissance fait étrangement penser à celle de la bombe atomique. L'enjeu, pour le Grimnoir, affaibli par des pertes lourdes, va être d'empêcher l'apocalypse. Il recrute un peu malgré eux, Sullivan, vétéran de la Grande Guerre, capable de modifier la gravité, Delilah, une brute active qui s'avère être une ex petite amie de Sullivan et Faye, une paysanne capable de se téléporter. Bons contre méchants. Que la castagne commence ! Que les flingues parlent !

Alors je vous l'accorde, ce n'est pas toujours très fin, ça ne fait pas toujours dans la dentelle. Mais la construction de l'histoire réserve un bonne dose de suspens et quelques surprises bien senties. L'auteur écrit sous influence d'une multiplicité de courants mais a le bon goût de les digérer avant de nous les ressortir à sa sauce. Les clins d'oeil - uchroniques ou pas - foisonnent, disséminés dans le récit ou placés en épigraphe de chaque chapitre. Ils sont plus réjouissant et inventif les uns que les autres (mention au comptable alcoolo que nous découvrons dans les derniers chapitres). Larry Correia a un humour solidement charpenté et ne se réfrène pas. Je ne résiste pas à vous livrer l'épigraphe du chapitre 3 :

« Dès qu'apparut l'idée selon laquelle tous les hommes étaient égaux devant Dieu, le monde était condamné à l'effondrement. Songez aux États-Unis, pays lamentable dont la culture se nourrit de fumier, où la magie est ouvertement employée dans les rues, sans le moindre contrôle, et permise même à ces infâmes juifs.
Adolf Hitler. Munich, ultime discours avant son arrestation et son passage devant le peloton d'exécution, 1929 »

Au final, ce roman ultra-référencé et jouissif se révèle plus riche qu'il n'en a l'air. Et pour une fois je suis heureuse que ce ne soit que le premier tome d'une série.

Un autre extrait sur la philosophie des pirates :
« J'ai des gosses. Des petits-enfants. Vous avez une femme, une famille, Sullivan ?
- Je n'ai rien du tout.
Southunder parlait d'une voix très basse, presque inaudible. "Je ne veux pas que mes petits-enfants grandissent dans un monde dirigé par des fascistes, des socialistes, des progressistes, des anarchistes, des communistes, des eugénistes, n'importe quels istes ou ismes. Quand je tombe sur des types de cette catégorie, qui veulent tout contrôler, décréter ce que les gens doivent faire, j'interviens pour les arrêter. Je me bats pour la liberté." Il désigna ses hommes d'un geste plein de fierté. Il les aimait comme un père. "Nous sillonnons les airs, nous pillons les mers. Nous sommes les derniers hommes libres, et je mourrai libre". »

RSF Blog

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Correia - Magie Brute - La Guerre de trois blog
Posté le 01 octobre 2012 -
Bon, la difficulté avec ce bouquin n'est pas de vous dire si je l'ai aimé...c'est le cas...mais de vous expliquer pourquoi. Car on est à la frontière entre uchronie, steampunk, western, comic plein de super-héros et roman pulp de la plus belle eau, l'auteur ayant réussi à tirer le meilleur de chaque monde pour obtenir un roman assez délirant flirtant avec le grand n'importe quoi sans jamais l'atteindre réellement. Une excellente surprise en somme.
L'intrigue prend place au 19e siècle, pendant la grande crise, dans une réalité modifiée par l'apparition - premier cas documenté en 1849 - de porteurs de pouvoirs spéciaux, les « actifs ». Ces derniers sont rares et ont été catégorisés suivant leurs facultés : les pousseurs peuvent modifier la gravité, les estompeurs traverser la matière, les bougeurs se déplacer instantanément... La technologie a bien évidemment subi les conséquences de l'apparition de ces pouvoirs et plusieurs domaines sont très clairement en avance au regard du 19e siècle "normal". C'est dans ce contexte que divers groupes d'influence vont s'affronter dans un cadre de tensions géopolitiques entre les Etats-Unis sinistrés mais dominants technologiquement et protégés par le rayon de la paix, invention du sieur Tesla, et un Japon expansionniste et eugéniste faisant figure de grand méchant qui n'est pas sans rappeler à bien des égards le régime nazi...mais je laisse au 4e de vouv' le soin de vous en dire plus :
Je vous avoue que ce résumé ne m'a qu'à moitié convaincu, au vu des qualificatifs me poussant habituellement à écarter un bouquin qui me sont venus à l'esprit... Grotesque, exagéré, pontifiant, déjà vu...et tout cela est exact ! Sauf que ! Sauf que l'utilisation fort intelligente faite de cet infâme mélange des genres débouche sur un roman qui se parcourt avec le plaisir jouissif du gamin qui constate que ses plus secrets délires se retrouvent tous dans l'opus qu'il avale en une nuit (blanche). A tel point d'ailleurs que je serais bien en peine de vous dire quel élément de délire j'aurais pu rajouter si j'avais eu à écrire ce pavé. En bref, je me retrouve dans la même situation que pour ma critique du Livre sans nom : si je devais appuyer ma critique sur des éléments objectifs, je ne pourrais que vous conseiller de fuir ce roman, mais vous passeriez alors à côté d'un moment de pure détente. Et n'est-ce pas justement cela, l'intérêt d'une fiction ?
 
 
FeliX
La Guerre de trois Blog
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Correia - Magie Brute - Murmures Magazine
Posté le 01 octobre 2012 -
Un monde étrange que celui où se déroule cette série. Du steampunk d’abord puisque les transports aériens se font par dirigeables. De la magie ensuite, apparue depuis près d’un siècle et bizarrement répartie dans la population. Seul un dixième des gens dispose de pouvoirs, actifs ou passifs. Les autres, les normaux sont soit haineux soit admiratifs envers les actifs qui manifestent leur pouvoir comme bon leur semble. Et au milieu de tout cela deux groupes s’affrontent. D’une part l’Impérium qui tient le Japon et d’autre part le Grimnoir qui lui résiste. Le Grimnoir ce sont les bons, mais parfois leurs méthodes ne se distinguent pas de celles des méchants. Si l’on s’approche encore un peu on tombe dans l’individuel et sur Jake Sullivan qui échappera à la prison quand il aura fini d’aider le Bureau d’Investigations à arrêter les méchants. Jake est capable de manipuler la gravité. Sa dernière mission est un échec mais il se trouve confronté à la réalité politique.

Un proverbe dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes... Le succès de cette série aux États-Unis conforte le dicton. En effet rien de bien nouveau dans cette Magie brute. Et le lecteur en redemande car on sait bien qu’il n’aime pas trop être dérangé dans ses habitudes. On sait qu’il aime croire être surpris et avec les tours de magie ça marche. Bien sûr il y a toujours un truc, mais l’important c’est qu’on y croit et que cela marche. On souhaite à cette série un succès dans les pays francophones.
 
Noé Gaillard
Murmures Magazine

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Correia - Magie brute - The Spicy Chronicles Blog
Posté le 02 octobre 2012 -

Un seul mot m'est venu une fois ce livre refermé : wow ! Ce livre est tout simplement fabuleux. L'histoire nous téléporte au lendemain de la Première Guerre mondiale.  Lendemain peu connu, puisque nous avons ici affaire à une uchronie. En effet, la magie est apparue depuis environ un siècle. On pourrait s'attendre à du déjà-lu, mais pas du tout. Au fil des pages, une intrigue, digne des plus grands films américains, se dessine. Nous sommes plongés au coeur de l'action, notamment grâce à une polyphonie narrative très bien construite. On ne s'ennuie pas et on ne demande qu'une chose une fois une page commencée : passer à la suivante ! C'est un vrai coup de coeur.

 

The Spicy Chronicles Blog

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Correia - Magie brute - Le P'tit Torê Blog
Posté le 02 octobre 2012 -

Magie Brute est le parfait exemple de l’équilibriste sans corde de sécurité, et au-dessus d’un précipice. Un pas de travers, et c’est la fin. Ce livre se trouve au croisement de divers genres, allant du steampunk pour sauter dans le roman noir et finir par atteindre les cimes de la fantasy. Un véritable plat spécialement mitonné pour les fans. Heureusement, ce dernier est loin d’être indigeste.

Larry Correia a su prendre l’essence des différentes esthétiques pour en faire une œuvre intéressante et surtout divertissante. Honnêtement, si vous cherchez de l’originalité, il faudra se pencher sur d’autres ouvrages plus pointus. Vous serez transporté de clichés en clichés, mais diable que ça fait du bien. L’écriture se veut cinématographique, vous plongeant au cœur de l’action. Les descriptions alambiquées seront pour une prochaine fois. Les rebondissements, ô combien téléphonés, ne sont pas légions, mais ne manqueront pas de plaire au plus grand nombre.

Malheureusement, l’avantage de ce roman est aussi son unique faiblesse. Certes, il est plaisant de voir réuni — au sein de ces quelques cinq cents pages —, un condensé de la culture pop, mais quel manque d’identité ! En définitive, ce point posera la question de l’achat du second tome. Car oui, cette histoire se déclinera certainement en trilogie et/ou saga.

Un livre à lire pour passer un agréable moment. Un page-turner de fin d’été à ne pas bouder, mais qui ne mérite pas le titre d’ode de la culture pop.

 

Le P'tit Torê Blog

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Correia - Magie Brute - Castle-Livre Forum
Posté le 22 octobre 2012 -

(...)

C'est un livre très visuel qui malgré ses 466 pages se lit bien et qui comporte un addendum sur les divers termes accumulés par Jack Sullivan autour de la magie.
Le style est toujours en narrateur externe, sans trop en dire cependant. Il permet d'avoir des points de vue divers. Faye, Jack Sullivan, Maddy, Cornelius Gould Stuyvesant ... Le tout dans de grands chapitres coupés de petits sous-chapitres qui permettent une lecture rythmée.
J'ai lu une critique disant que la trame était plus simple qu'on le pense en début de lecture. Et c'est vrai que l'auteur, tel un auteur de polar, arrive à nous donner des pièces qui se combinent petit à petit, et surtout sur la fin, pour former un puzzle simple. Car oui c'est un aussi et surtout un polar.
On voit un vrai travail et un amour de son univers et de ses personnages.
J'ai aussi lu que Faye était utilisé comme Deux ex machina sur la fin, mais je trouve cela logique, bien amené et pas si facilement.

Un petit coté X-men traîne dans le bouquin puisque les "actifs" sont presque aussi détestés aux Etats-Unis que les mutants du comics. Voire plus, en fait.
Seuls deux types d'"actifs" ont la côte : les guérisseurs, ce qui est d'une logique sans appel... et les engrenages, sortes d'inventeurs géniaux (Einstein ou Tesla par exemple en sont).
Les autres doivent bien souvent cacher leurs dons pour avoir un travail, ne pas faire l'objet de rixes, et être détestés de leur entourage.
Au Japon si les "actifs" sont mieux vus et utilisés par le gouvernement, c'est loin d'être le paradis. Les "actifs" repérés sont mis dans des écoles d'embrigadement. Ceux tentant de résister passent par l'unité 731. Là, des tests sont faits sur eux, les plus faibles meurent, les plus forts qui survivent deviennent monstrueux, et seuls quelques rares chanceux finissent au service de l'impérium.

Les Russes, on n'en parle pas trop, mais ils ont vécu un échec face au Japon et une faille a marqué leur territoire lors de l'utilisation d'une arme nommée le Geo tel.
Et les Allemands ont perdu la Grande guerre même si le Kaiser avait des légions de morts-vivants sur la fin. Cette fois, c'est le rayon de paix (disons de mort pour être honnête) qui a permis de remporter la victoire. Les deux sont des inventions de Tesla et ayant lu les Atomic Robot, je ne peux être qu'emballé par le fait qu'on parle de nouveau de lui.



L'utilisation des pouvoirs très visuels rappelle celle des comics. Même s'il y a des variantes :
Un frigo qui contrôle la glace ne craint pas les engelures, alors qu'une torche qui contrôle le feu peu bruler comme n'importe quelle autre.
Enfin j'aime beaucoup l'univers magique, très différent d'Harry Potter. Différent aussi d'autres univers magiques assez forts comme Les Chroniques d'Alamander, Magic ou Skully Furbery. Même si pour les deux derniers les suites n'était pas à la hauteur du 1er.
En tout cas, j'ai hâte de retrouver les Grimmis comme l'appelle l'Impérium.

Y'a tellement de choses promises, qu'on ne peut que rêver de voir les pouvoirs évoqués dans l'addendum, et non présentes dans le roman.

Slobo
Castle-Livre Forum

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Correia - Magie Brute - Le capharnaüm de Grolf
Posté le 01 décembre 2012 -

Le pitch : Au début des années 30, Jack Sullivan passe un accord avec les hommes de J. Edgar Hoover. Criminel repenti, il doit aider les fédéraux à arrêter de dangereux gangsters, mais c’est surtout son pouvoir qui intéresse le FBI : il est capable de changer la gravité autour de lui. Mais lorsqu’il se rend compte que celle qu’il doit arrêter est Delilah Jones, une de ses ex, dotée elle du pouvoir de renforcer sa puissance physique pour résister aux coups et aux blessures, Sullivan est pris de doutes sur le bien-fondé de son pacte avec Hoover. L’intervention des forces de police se passe mal, car d’autres "actifs" sont présents : un estompeur (qui peut passer à travers les murs) parvient à favoriser la fuite de Delilah.

Jack Sullivan est alors entrainé malgré lui dans la lutte sans pitié que se livrent depuis des dizaines d’années deux sociétés secrètes dont les membres maitrisent tous un pouvoir magique, des actifs. Depuis le milieu du XIXème siècle, des individus ont en effet commencé à faire preuve de certains talents, de pouvoirs qualifiés de magiques, mais dont la source est inconnue...

Commentaire : La couverture de ce roman et le texte au dos de l’ouvrage laissent présager d’un grand mélange de genres, voire sans doute d’un vaste fourre-tout. Du roman noir, du fantastique, du steampunk ? Magie Brute, c’est un peu tout ça à la fois. Cela démarre en effet comme un polar des années 30, mais on s’aperçoit rapidement que certains individus possèdent des pouvoirs magiques, ce qui donne une teinte de fantastique au roman. L’histoire est également modifiée sur le plan technologique puisque les dirigeables semblent avoir une grande importance dans les transports aériens, et que de puissantes armes issues des inventions de Nikola Tesla ont radicalement changé les rapports de force entre les grandes puissances. De plus, des sociétés secrètes « d’actifs », autrement dit de personnes dotées de pouvoirs magiques, luttent pour le pouvoir ou pour défendre la liberté et l’ordre.

Malgré tous ces éléments disparates, Larry Correia parvient à former et à décrire un univers tout à fait cohérent, dans lequel il est très facile d’entrer, au point qu’il est rapidement difficile d’en sortir et de lacher le bouquin avant la dernière page. Si la découverte de ce monde alternatif est progressive, ce qui permet d’en intégrer les concepts au fur et à mesure, le lecteur est immédiatement plongé dans l’action, et celle-ci va aller crescendo jusqu’à une apothéose finale d’anthologie. Les personnages forment une équipe diversifiée par leurs caractères et leurs pouvoirs, et malgré leurs différences, ils vont œuvrer tous ensemble pour parvenir à déjouer les objectifs de leurs ennemis.

Magie Brute est un roman original, prenant et passionnant. Si la suite est aussi bien menée, tout laisse penser que la série sera une véritable réussite et que le succès sera au rendez-vous.

Note : 5/5 Grolf

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Correia - Magie Brute - Lanfeust mag
Posté le 28 décembre 2012 -

T'AURAS, T'AURAS PAS ...
Et si l'Histoire avait toumé autrement ? Si la magie était venue bouleverser le cours de Ill vie des Nations et le destin des Hommes ? Lorsque les pouvoirs surnaturels se mflent au fracas des annes, cela donne un roman d'action épatant.

Ancien héros de guerre, ex-détenu condamné pour meurtre et désormais détective sans véritable envergure, Jake Sullivan est le jouet du FBI, ou pour être plus exact celui de J. Edgar Hoover qui comprend bien l'intérêt pratique de disposer d'un Actif à son service malgré la haine qu'il éprouve à l'égard des humains dotés de capacités magiques.
Jake a passé ses années de prison à développer son talent et à approfondir ses connaissances sur la magie. Cela fait de lui une recrue de choix pour le Grimnolr, cette société secrète luttant pour la cohabitation entre Actifs et humains et luttant contre l'injustice et l'arbitraire.
Mené par le Président, surhomme aux Pouvoirs terrifiants, l'lmpérium s'apprête à étendre sa domination sur le monde entier. Et seule une  poignée de Chevaliers du Grimnoir se dresse face à l'armée japonaise et ses troupes d'élite. Une équipe dépassée par le nombre et la puissance mais déterminée à vaincre ou mourir ...
Magie brute
pourrait n'être qu'un thriller d'espionnage terriblement efficace que ce serait déjà un roman haute- ment recommandable. L'ambiance des États-Unis en proie à la prohibition et à la grande crise économique est parfaitement installée et projette immédiatement le lecteur dans un cadre empreint de nostaigle et d'élégance, mais aussi de misère et de violence. Larry Correia tisse dans ce contexte une intrigue d'espionnage des plus captivantes. Par des chapitres courts et percutants, il déroule les éléments d'un complot complexe, mais clairement identifié, et entretient le suspens avec habileté. Grâce à ses personnages très attachants, tous fait de bric et de broc, à la fois archétypes du genre et touchants par leurs failles et leurs subtilités, Magie brute se révèle un véritable page tumer, quasi impossible à reposer une fois ouvert.
Et comme si ça ne suffisait pas, Larry Correia fait de ce premier tome d'une série qu'il va falloir surveiller de près une uchronie d'urban fantasy. Alors qu'il y avait de quoi livrer au final un joyeux foutoir sans queue ni tête, l'auteur parvient à ne pas noyer son intrigue dans les affres de cette Histoire parallèle. Même si les origines de ce passé fan tasmatique ne sont pas totaiernent convaincantes et que le trop plein de tout pourrait friser l'Indigestion, on se laisse séduire facilement, captiver par le récit, emporter par les personnages, enthousiasmer par les trouvailles scénaristlques. Peut-être pas tout à fait parfait, mais indéniablement passionnant, voilà un roman à nuits blanches à découvrir de toute urgence.

Lanfeust mag

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Correia - Magie Brute - Bifrost
Posté le 28 décembre 2012 -
USA, années 30.. Pistolets mitrailleurs Thomson, dirigeables, petite pépés et magie à gogo, tels sont les principaux ingrédients de Magie brute. Le roman commence par une mission désastreuse pour Jake Sullivan, survivant de la Grande Guerre et « lourd », c 'est-à-dire magicien capable d'agir sur le champ gravitationnel et la densité. Missionné par J. Edgar Hoover pour tuer son ancien amour Delilah, devenue une implacable meurtrière, Jake, non seulement échoue, mais s'aperçoit qu'il a été manipulé par le pénible père-fondateur du FBI. Une mission foirée, un ramassis de mensonges, difficile de dire quel est le truc qui le met le plus en rogne. Ça va saigner.
Pendant ce temps, la jeune. Faye, (qui a le pouvoir de se téléporter) assiste au meurtre de son père adoptif, un fermier d'origine portugaise aux lourds secrets. C'est un coup de Madi, un garde de fer au service du Président, le magicien immortel qui règne sur le Japon. Obligée de fuir, Faye est recueillie par le Grirnnoir, une société secrète de magiciens qui s'est jurée de mettre à genoux le Président et qui informe Jake, rallié
à sa cause, q ue le geo-tel, l'arme de Tesla qui a rasé la moitié de la Sibérie en 1905, est en passe de tomber dans de bien mauvaises mains.
La guerre peut commencer.
Magie brute est un roman enthousiasmant, un divertissement qu'on lit à toute allure, avec le plus grand plaisir quatre cents pages durant. Puis, arrivé sur les cinquante dernières pages, le livre qui s 'appréhendait jusque-là comme une fantasy urbaine pleine d'humour et d 'action échevelée vire au gore, au sadique. Jake tue les « méchants » (sic) japonais avec un plaisir évident, transformant en bouillie tout Jaune se mettant en travers de sa route. ll en est de même pour Faye, qui, jusqu'ici, nous avait été présentée comme idéaliste/naïve et un poil coincée.
Cette façon de présenter le bien/le mal, les bons/les méchants, de noyer les idéaux dans le sang et les tripes, rappelle les carnages successifs de la tétralogie L'Arme fatale où Gibson/Giover massacrent dix, douze "méchants" par épisode, avant de se faire un barbecue. Au moment du gueuleton familial, ils pourraient se poser des questions, avoir une baisse d 'appétit, mais non, tout va bien, il convient plutôt d 'empêcher les saucisses de brûler et de ne pas tomber à court de bière. Evidemment, on peut se dire que Magie brute est avant tout un comics sans image, à ne pas prendre trop au sérieux, mais comme le récit regorge de détails politiques et uchroniques, ça ne suffit pas à gommer le mauvais goût que ses cinquante dernières pages laissent dans la bouche. Pour finir, un mot sur la traduction, qui est horripilante tant le livre regorge de vocabulaire relatif aux armes à feu, vocabulaire précis avec lequel la traductrice a un certain contentieux. Ça pourrait passer si Magie brute n'était pas une succession quasiment ininterrompue de scènes d'action et de fusillades. De fait, ça coince un peu. Dommage.
Thomas Day
Bifrost
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Correia - Magie Brute - Présences d'Esprits n° 73
Posté le 04 mars 2013 -

Attention : petit bijou !! J’avais choisi Magie brute dans l’espoir de lire un bouquin sympa, avec de la castagne, des gentils et des méchants, des aventures rocambolesques, un brin de sentiment, le tout sur fond d’humour sauce comics.

Eh bien, figurez-vous qu’on trouve tout ça dans Magie brute, sans compter une flopée de personnages appartenant à tous les genres. Voyez plutôt : on croise des gangsters, des zombis, des ninjas, des sumos, des superhéros, des magiciens, des jolies filles, un président, des membres d’une société secrète, un industriel véreux, des politiciens corrompus, un pirate au grand cœur… Le tout assaisonné d’une intrigue haletante (les gentils parviendront-ils à sau-ver le monde ?), parsemé de scènes de combats épiques et saupoudré d’une bonne dose d’humour.

Et ça marche ! Ça marche forcément, parce que Larry Correia a choisi de ne pas confondre l’humour et le foutage de gueule, la reprise d’idées, de personnages… et le plagiat, et enfin et surtout, de donner à son univers comme à ses personnages, une profondeur et une vérité qui séduisent.

De quoi parle-t-on dans cette première « chronique du Grimnoir » ? Nous sommes dans les années 30, mais des années 30 bouleversées par l’apparition d’« actifs » – humains qui possèdent des pouvoirs magiques. La Grande Guerre a vu le Kaiser utiliser les morts vivants, Hoover et le FBI se servent de magiques pour pourchas-ser les criminels, tandis qu’un fragile statu quo mondial s’est créé entre les États-Unis, partagés entre l’intégration et le lynchage des actifs, et le Japon, où les forces de l’Impérium, dirigées par le Président, cherchent à créer une armée de surhommes qui gouvernerait le monde. Entre les deux, les membres de la société secrète du Grimnoir, chevaliers au grand cœur, aux intentions louables, mais aux méthodes parfois discu-tables, tentent de maintenir un difficile équilibre.

Le style de Larry Correia ? De vraies belles scènes d’action et de combat qui en mettent plein les yeux, des répliques tordantes qui font mouche, une écriture très visuelle, presque cinématographique (tenez, messieurs des grands studios hollywoodiens, en voilà un bouquin qui ferait un excellent blockbuster !), un bel équilibre entre l’action et le fond. Parce que l’auteur n’a pas perdu de vue un élément essentiel : la richesse et la profondeur. De son univers d’abord, où il ne se contente pas d’introduire la magie ; il explore les conséquences d’une telle apparition sur les sociétés et les réactions qu’elle provoque. De ses personnages ensuite ; ils ont tous leur passé, habilement distillé au fil du récit, qui dévoile peu à peu leurs forces et leurs faiblesses. Même les personnages secondaires sont soignés et leur influence sur l’histoire pourrait bien se révéler, au final, plus importante que prévue.

Du polar, du roman d’espionnage, du fantastique, de l’uchronie, une ambiance steampunk, un peu d’urban-fantasy, un rien de SF, un peu de comics et un héritage pulp, Magie brute est un joyeux délire, écrit avec juste ce qu’il faut de sérieux, qui assume parfaitement un mélange des genres rafraîchissant dans une littérature de genre parfois trop codifiée. À conseiller sans hésitation pour un moment de lecture jubilatoire !

Sylvie ‘822’ Gagnère

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Correia - Magie Brute - Nanagramme
Posté le 17 juin 2013 -

Envie d’un roman qui dépote ? Pas de doute, Magie brute, édité en français par la maison nantaise L’Atalante, est pour vous.

La curiosité piquée par la quatrième de couverture et attisée les bons conseils de son libraire, on entre plein d’espoir dans l’univers de Magie brute, de Larry Correia. Et on est tout de suite happé. Reprenant des codes des comics et des gangsters américains des années 30, ce premier tome des Chroniques du Grimnoir nous embarque dans un autre univers.

Pensez-donc, le bien et le mal, personnifié par deux organisations secrètes s’affrontent à coup de magie et de gros calibres. Mais Magie brute, ce n’est pas que de la baston ou des super pouvoirs. L’histoire repose sur des personnages attachants et charismatiques.

Parmi eux, Faye, une jeune bouseuse qui brave tous les dangers pour venger la mort de son père adoptif. Et surtout Jake Sullivan, personnage central du roman. Recruté par le Grimnoir pour combattre dans le camp des "gentils", cette guerre contre l’Imperium se transforme pour lui en lutte fratricide...

Sur les 460 et quelques pages (...) une impression demeure : vivement la suite !

Julie

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Correia - Magie Brute - Mauvais Genre Rade de Brest
Posté le 19 juin 2013 -

Début des années 30 aux Etats-Unis. Une catégorie d'individus est apparue depuis près d'un siècle. On les surnomme les actifs. Chacun d'eux est doté d'une particularité magique (contrôle du feu, de la pensée, de la gravité, etc.). Jake Sullivan en fait partie. Embarqué malgré lui dans une guerre de pouvoir, il va avoir besoin de tout son discernement pour bien choisir son camp.

A priori, Magie brute n'était qu'une autre de ces uchronies à la mode. C'était compter sans le talent de Larry Correia. Son univers est celui d'un monde repensé par la magie. Un monde qui ressemble à celui des années 30, avec de la magie en plus. D'ailleurs, toutes les innovations technologiques sont dues à la magie : télégraphe, dirigeable, électricité, etc. Ajoutez des évènements improbables et vous aurez une petite idée du plaisir à lire Magie brute.

Chaque début de chapitre nous met en présence d'un extrait d'article. Celui-ci nous décrit l'univers, le décompose pour une meilleure appréciation. Par ce savant mélange d'extraits, combiné à l'univers, la réalité du livre nous paraît plausible. Tout est expliqué : science, magie, histoire. Le monde de Larry Correia est "presque" le nôtre. Si les évènements improbables sont monnaie courante, si les faits des personnages ressemblent à ceux des super-héros de nos bandes dessinées, ne confondez pas. Ici, nous sommes dans un pulp.

Pour ceux qui ignoreraient ce qu'est un pulp, voici une brève explication : entre 1896 et les années 50, des magazines firent leur apparition. Les couvertures sont tapageuses, les titres racoleurs, le papier et l'encre sont de qualité économique, mais beaucoup de nos héros contemporains vont naître de ces magazines : Zorro, Doc Savage, Flash Gordon, Captain Future (Capitaine Flam), Conan le Barbare, pour ne citer que ceux-là. Des aventures rocambolesques, des univers exotiques et des personnages hauts en couleurs... Fin de l'explication.

L'auteur met un point d'honneur à bien décrire chaque personnage. Nous sommes en présence de stéréotypes : un héros au lourd passé, une jeune fille pas encore femme, une femme fatale, un méchant TRES méchant... Mais Larry Correia va leur donner à chacun une histoire, ancrée dans l'univers du livre. Le personnage a ainsi une biographie qui donne du poids à ses actions. On y rencontre aussi des personnages réels : Nicolas Tesla, J. Edgar Hoover ou John Browning. Tout au long du livre, les personnages utilisent des armes très différentes. Si vous trouvez que l'utilisation et l'explication sont particulièrement réalistes, c'est normal. Larry Correia a été instructeur d'armes.

Comme beaucoup de lecteurs, je me suis laissé avoir par le résumé, qui laissait présager d'une simple série B qu'on oublierait aussitôt retournée la dernière page. Or, avec une histoire qui est assez proche de notre réalité, des personnages qui ont un passé, Larry Correia construit un univers qui est non seulement plaisant à lire mais plausible. Le lecteur féru d'action aura son quota de bagarres et d'explosions et celui qui préfère la description des personnages y trouvera aussi son compte. Bonne nouvelle : l'auteur a prévu une trilogie et, selon l'éditeur français, il écrit vite. (Note du webmestre : la suite, Malédiction, vient effectivement de paraître.)

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Correia - Magie Brute - Bronze de nain
Posté le 27 janvier 2014 -
Je ne passe jamais dans une librairie sans aller faire un tour dans son rayon SF, voir si quelques nouveautés ou couvertures bien dessinées ne me feront pas une œillade irrésistible.
C’est ainsi qu’à l’occasion de la course effrénée aux achats de Noel je suis tombé sur ce livre : MAGIE BRUTE de Larry Correia.
Je ne sais pas exactement ce qui m’a attiré dans ce livre, si c’est son format, sa couverture ou le thème, et surement même un peu des trois.
États-Unis, début des années 1930. Les dirigeables sillonnent le ciel, Berlin est peuplée de zombies et la magie, apparue depuis près d'un siècle, a changé la donne. Le grand public hésite entre admiration et haine des actifs, ces gens qui se téléportent, lisent dans les esprits, modifient la gravité, contrôlent les animaux, guérissent par imposition des mains...
Deux organisations de magiques se livrent une guerre souterraine acharnée : l'Imperium et son maître le président, qui tiennent le Japon, et le Grimnoir, société secrète de résistants aux intentions louables mais aux méthodes discutables.
Jake Sullivan, lui, vétéran de la Grande Guerre au passé de truand, ne doit la liberté qu'à son serment de mettre ses pouvoirs au service du FBI chaque fois qu’une enquête implique des actifs; criminels. Il sera bientôt confronté aux véritables enjeux géopolitiques d un monde au bord de l'enfer et de la destruction ; il lui faudra choisir son camp.
Magie brute, dans un style très visuel et percutant, mêle gangsters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages. Roman de fantasy urbaine à la croisée du polar, du steampunk et de l’uchronie, ce premier livre des Chroniques du Grimnoir louche aussi sur le double héritage des comics et des pulps américains.
Le dernier paragraphe du dos de couverture résume très bien le bouquin. 
Les personnages sont à la fois des caricatures du genre là où on veut les trouver, mais d’autres sont particulièrement originaux, créant un savant mélange des genres. 
Le mélange uchronie/Pulp/Steampunk fonctionne à merveille et semble parfaitement naturel. Quant au caractère visuel et percutant, il est clair que l’on a l’impression de regarder un bon film pop corn, avec bien plus de profondeur que ce qu’Hollywood a l’habitude de nous pondre en la matière.

Un livre bien prenant, qui se dévore avec excitation et un plaisir jubilatoire, le personnage féminin principal, par exemple, rappelant bien plus l’elfe du donjon de naheulbeuk que les starlettes de blockbuster. "
"Bronze de nain"
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Correia - Magie Brute - Dailymars
Posté le 05 février 2014 -

Aujourd’hui pour changer, on va vous parler d’un groupe d’êtres disposant de super-pouvoirs qui luttent contre la haine et l’intolérance des humains vis à vis des muta……des actifs, et contre ceux qui profitent de leurs pouvoirs pour dominer les plus faibles. Leur principal ennemi est une autre organisation disposant de moyens immenses pour arriver à ses fins. Rien de franchement nouveau me direz-vous, et pourtant cette saga possède des qualités qui lui donnent un cachet bien unique, à commencer par le fait que Les Chroniques du Grimnoir n’est pas une bd mais un roman.

 

Un roman qui plus est excellent. On préfère vous prévenir d’emblée, si on a eu envie aujourd’hui de parler d’une histoire sans dessin c’est parce que le roman de Larry Correia le vaut largement. Faisons les présentations : tout commence avec Sullivan, non, pas notre collègue adoré, là je vous parle de Jake Sullivan. Ex-soldat et ex-taulard, Sullivan travaille aujourd’hui pour Hoover et le FBI. En échange de sa libération, il aide les agents à capturer des actifs considérés comme dangereux, mais la donne change le jour où il se retrouve à devoir poursuivre son ex-petite amie. A partir de ce moment là, Jake Sullivan va se retrouver plongé dans une guerre entre une société secrète appelée le Grimnoir, et l’Impérium, le grand empire japonais contrôlé par un être mystérieux, le Président.

 

Au carrefour de plusieurs genres, Magie Brute, le premier tome des Chroniques du Grimnoir, tient à la fois de l’uchronie, du polar, de la fantasy, de l’horreur, du steampunk et du super-héros. Oui messieurs, oui mesdames rien que ça. Bien que l’action (et quelle action) se passe dans les années 30 aux Etats-Unis, il s’agit d’une époque différente de celle que nous connaissons. En partant de l’idée que des humains dotés de super-pouvoirs sont apparus de plus en plus nombreux au XIXème et XXème siècle, Larry Correia extrapole une société qui a du vivre avec cette nouvelle donne.

 

Ainsi, l’émergence d’êtres capables de concevoir des machineries complexes, et d’humains contrôlant le feu, ont permis le développement massif d’une industrie du dirigeable, le Japon est devenu un vaste empire rivalisant avec les Etats-Unis et Hitler fut exécuté après son putsch en 1929, et Berlin est devenue une ville morte et infestée de zombies après la guerre de 14. Tous ces éléments (et bien d’autres encore) font du monde des Chroniques du Grimnoir un lieu à la fois différent mais pour autant somme tout semblable au nôtre. Cet univers fonctionne comme celui de l’univers Marvel ou de DC Comic,s avec des fondations connues nous permettant de nous sentir proches des personnages et de leur environnement et des différences aiguillant notre curiosité et donnant le départ de l’histoire.


Il est intéressant de noter que l’univers des Chroniques du Grimnoir se base sur un principe passionnant, dont l’auteur arrive à développer tout le potentiel. Via des astuces efficaces (telles que l’inclusion d’un petit texte introductif en début de chapitre), Correia arrive à donner à son univers une grande crédibilité. On arrive à croire à ce monde qui a évolué différemment du notre tant les exemples de l’influence des actifs sur la société (et ce à tous les niveaux) sont nombreux. Un gros travail de mise en place à travers et pour le récit qui rappelle par bien des aspects celui effectué sur la grande série d’animation Avatar, The Last Airbender.

 

Si l’histoire de Magie Brute est somme toute assez simple (une guerre secrète entre deux factions), Correia va suffisamment développer des personnages hauts en couleurs et une écriture dynamique pour nous enthousiasmer à tel point qu’il fut difficile pour votre serviteur de fermer le roman avant d’en avoir lu la dernière phrase. Centré principalement autour des personnages de Jake Sullivan et de Faye Vierra, le récit nous offre une galerie de gens passionnants et parfaitement bien caractérisés, tel le terrible garde de fer Maddy, le redoutable Heinrich Koenig, le général Pershing, son second le célèbre John Moses Browing (l’inventeur d’armes à feu qui se fait passer pour mort) ou bien encore les chevaliers du Grimnoir que sont Dan Garrett (capable d’influencer les gens avec sa voix), sa fiancé Jane (une guérisseuse, un don très rare), Francis Stuyvesant (télékinésiste), ou bien encore Lance qui peut prendre possession des animaux. Même des êtres méprisables comme le milliardaire Corneluis Stuyvesant, sont suffisamment bien écrits pour apparaître comme des personnages entiers aux motivations crédibles.


Et bien sûr il y a Faye Vierra et Jake Sullivan les deux personnages autour desquels ce récit épique se structure. La première est une jeune paysanne capable de se téléporter et dont le père adoptif (ancien chevalier du Grimnoir) va se faire tuer par Maddy. Le deuxième est un vétéran de la guerre mondiale qui a connu les horreurs des tranchées. Faye et Sullivan apparaissent comme deux pôles bien différents (bien qu’aux motivations similaires) qui vont enrichir le récit. Faye se comporte comme un électron libre dont la jeunesse et le manque d’expérience causeront bien des soucis mais qui apporteront aussi du sang neuf à une équipe un peu trop coincée. Sa désinvolture, sa nonchalance et son audace, la mettront en valeur lors des grands moments de l’histoire.

 

La couverture française du roman nous propose une très bonne illustration de Jake Sullivan. Celui-ci est un roc inébranlable dont le pouvoir lui permet de modifier l’intensité de la gravité. Bâti comme le chêne autrichien, Sullivan renvoi l’image d’un grand benêt tel qu’on l’imagine chez les gens qui partagent le même pouvoir que lui. On est pourtant loin de la vérité. Au fur et à mesure de notre lecture on découvre que Sullivan est un homme marqué par les épreuves de la vie qui dépassa la simple maîtrise de son pouvoir pour entamer une réflexion sur la nature même de celui-ci. Dès lors Sullivan se positionne comme un des rares personnages de l’histoire à avoir une connaissance poussée sur la réelle nature et origine des actifs.

 

Portées à la connaissance du lecteur, ces informations propulsent alors ce qui était une passionnante histoire d’aventure vers les cimes de la grande saga épique. Plus on avance dans le récit, plus les personnages prennent de l’épaisseur et plus l’intrigue prend de l’ampleur. Brillamment construit, Magie Brute prend le temps de développer les personnages de Faye et Sullivan de manière séparée, de s’en servir pour faire découvrir cet univers et ses autres protagonistes aux lecteurs pour mieux ensuite les embringuer ensemble dans la guerre qui oppose le Grimnoir à l’Imperium. Dès lors, Corriea donne un coup d’accélérateur à son histoire et devient généreux en terme d’action.

 

On découvre alors un auteur capable d’une grande maestria dans ce domaine. Magie Brute se caractérise par des séquences d’actions intenses car bénéficiant du travail de caractérisation effectué en amont. La première rencontre entre les forces de Maddy et les chevaliers du Grimnoir et le final dantesque au sein d’un dirigeable, sont des grands moments où nos héros se jettent à corps perdu dans la bataille. Il est alors assez incroyable de voir à quel point on se visualise sans problème les différents protagonistes en train d’user de leurs pouvoirs pour vaincre leurs adversaires, et un moment comme le duel entre deux téléporteuses disposant d’armes à feu et de sabres reste gravé dans la mémoire. Pour tous les frustrés des films X-men si peu généreux en termes de bataille de groupe (qui sont pourtant un des moteurs dramatiques de cet univers), la lecture de Magie Brute permet de prendre une certaine revanche.

 

Récit complet se permettant de lancer quelques pistes pour une suite passionnante qui cloue actuellement dans son fauteuil l’auteur de ces lignes, Les Chroniques du Grimnoir – Magie Brute est donc un roman hautement recommandable et passionnant. En abordant via un angle différent un de nos genres préférés, Larry Correia renoue avec un certain « sense of wonder » que beaucoup de récits de super-héros, qu’ils soient sur écran ou sur papier, ont perdu.


Jérôme Tournadre - Dailymars

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Correia - Magie Brute - Jainaxf
Posté le 29 janvier 2014 -

Magie brute de Larry Correia : j’ai beaucoup entendu parlé de ce livre cette année, mais le mélange comics/pulp/années 30/polar…me semblait un peu indigeste et je n’ai pas osé l’acheter ! Mais j’ai eu la chance de pouvoir l’emprunter à la bibliothèque départementale, donc j’en ai profité pour une séance de rattrapage ! Et bien j’ai adoré ce roman, qui se révèle un vrai page-turner plein d’action qui sait transcender son mélange initial pour en tirer l’essence des différents genres de manière harmonieuse et intelligente ! L’explication sur l’origine des pouvoirs est également bien trouvée. Une excellente uchronie avec un hommage évident aux X-Men (un dur bourrin avec une conscience et une jeune fille avec un pouvoir important en protagonistes !) et de nombreux clins d’œil plein d’humour !

La caverne de Jainaxf

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Correia - Magie brute - Herbefol
Posté le 27 mars 2014 -

La couverture est souvent le premier contact entre un lecteur potentiel et un livre. Celle de Magie brute est du genre qui tape dans l’oeil. […] Je vais donc vous parler un peu du premier volume des Chroniques du Grimnoir de l’américain Larry Correia.

Jack Sullivan est détective privé dans les Etats-Unis du début des années 1930. Mais il sert aussi occasionnellement de supplétif au FBI lorsque les agents de ce dernier sont confrontés à des criminels d’un type particulier : ils sont capables de se téléporter, de lire dans les esprits ou de soulever des voitures. Et Sullivan dispose d’un pouvoir du même genre. Mais ce qui démarre comme une simple affaire de police va se transformer en véritable affrontement entre deux visions du monde.

Magie Brute, c’est un peu les X-Men dans les années 30. La trame générale est relativement simple et les personnages sont assez archétypaux, mais Correia manipule tout ça avec un certain dynamisme qui fait tourner les pages rapidement. Et en jouant sur le fait que le récit se passe dans des années 30 qui ne sont pas tout à fait celles que l’on a connu, il peut s’autoriser nombre de clins d’œil et de références. On assiste à un exercice un peu similaire à celui que pratique Kim Newman dans son Anno Dracula. Qu’il s’agisse de figures réelles, comme le général Pershing ou Melvin Purvis, ou bien de personnages fictifs inspirés par la réalité, comme Stuyvesant qui a un air de famille avec Howard Hughes, c’est un plaisir de voir comment Correia les met en scène.

Si tout l’aspect pouvoirs spéciaux est bien exploité par l’auteur, on peut quand même lui reprocher de faire un peu trop dans la surenchère sur la fin, au point de s’inquiéter légèrement pour la suite de la série. J’ai aussi trouvé quelques accrocs dans la traduction, dont une belle boulette dans un épigraphe qui fera tiquer tout bon fan de western.

Correia étant un créateur d’uchronie digne de ce nom, il livre un livre bourré de références et de petits détails qui enrichissent son univers, entre autres par le biais d’épigraphes qui permettent d’en apprendre un peu plus sur le passé de ce monde et donnent quelques indices sur son point de divergence. L’ouvrage n’est pas avare en action, la couverture ne ment pas sur la sulfateuse, et c’est plutôt bien mené sur ce plan, c’est très visuel la plupart du temps et carrément jouissif par moment. On a parfois plus l’impression de regarder un film de super-héros que de lire un roman.

Magie brute est donc un film roman qui se lit avec facilité et surtout beaucoup de plaisir. Ce n’est peut-être pas un livre qui restera éternellement dans ma mémoire, mais il m’a procuré suffisamment de bons moments pour que j’envisage sereinement de lire le volume suivant, même si ce premier opus se termine sans nécessité de poursuivre l’aventure. Bref, un bon divertissement qui me fait dire « J’en veux encore. »

 

L'affaire Herbefol

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Correia - Magie brute - Missmopi
Posté le 10 juin 2014 -

L'histoire se situe après la première guerre mondiale, dans les années 1930, dans un monde proche du notre, sauf que la magie est apparue vers le milieu du 19e siècle et a transformé le visage de la guerre et du monde. Certains hommes naissent actifs, dotés de divers pouvoirs : les lourds qui peuvent changer la gravité, les voyageurs qui peuvent se téléporter, les bestials qui peuvent occuper l'esprit d'un animal, le faire agir et même parler à travers lui, les engrenages capables de concevoir des inventions plus étonnantes les unes que les autres, les évoqueurs, capables d'invoquer des démons, les soigneurs, les estompeurs, les bougeurs, ... Certains arrivent même à réanimer les morts, et les champs de bataille de la seconde guerre mondiale ont été envahis par de terrifiants zombies.

Jake Sullivan, un lourd, a fait partie des premiers volontaires actifs. Il était en Europe sur les champs de bataille boueux face aux zombies. Jusqu'à ce que la guerre s'arrête grâce au rayon de paix, invention de l'engrenage Tesla, sorte de bombe nucléaire magique avant l'heure.

À son retour, Jake a dérapé, a été condamné et emprisonné. Il ne doit sa libération de tôle qu'à l'aide qu'il a accepté d'apporter aux fédéraux pour attraper des actifs criminels. Il se plie de plus ou moins bonne volonté à l'exercice jusqu'au moment où il va se retrouver au coeur d'une guerre entre deux sociétés d'actifs (plus ou moins) secrètes : les Gardes de Fer du Japon, des brutes sans état d'âme au service de leur patrie et de leur Président, un actif que l'on prétend immortel, et les Chevaliers du Grimnoir, une organisation internationale qui essaye de protéger les actifs.

Bien que les lourds ont la réputation d'être plutôt simple d'esprit, Jake est bien plus malin qu'on ne le pense. Il s'intéresse tout particulièrement à la Magie, son mécanisme, ses origines, entrainant son talent à dépasser les frontières. Cette guerre secrète pourrait bien l'amener à découvrir quelques secrets de la Magie, ainsi que d'autres informations bien plus déplaisantes.

Une aventure où l'on ne cesse de croiser des actifs de toutes sortes, des kamikazes aux pouvoirs super-dopés, un dirigeant japonais mégalo, des courses poursuites, des coups de feu, et des dirigeables!

J'ai découvert cet univers dans une partie de jeu de rôle improvisée par un maitre de jeu qui avait accroché à l'univers et a su nous y faire accrocher également.

Ambiance Pulp, courses poursuites, flingues et femmes fatales, ambiance comics avec les magies, les pouvoirs et la crainte que les actifs inspirent à ceux qui n'ont aucun pouvoir (qui a dit X-men?), ambiance horreur (un peu) avec les zombies, ambiance steampunk avec les inventions et les dirigeables, le tout dans avec un côté années 30. Un mélange qui s'il n'était pas si savamment dosé et au service de l'histoire et des personnages pourrait s'avérer indigeste.

En plus de Jake, on rencontre de nombreux personnages attachants, et c'est en grande partie ce qui fait la force de ce roman : Faye jeune voyageuse vendue à celui qu'elle considère comme son grand-père et qui a grandi dans une campagne reculée, Francis Stuyvesant, héritier d'une très grande fortune cultivant l'apparence d'un dandy pour mieux tromper son monde, le général Pershing, personnage réel devenu actif pour l'histoire, etc.

Larry Correia sait jouer avec l'histoire réelle pour donner plus de poids aux aventures de ses personnages et ne manque pas d'émailler ses pages d'anecdotes expliquant les différences entre cet univers et le notre, de citations imaginaires de Gandhi ou d'Einstein, d'extraits de livres qu'auraient pu écrire Darwin, de nous apprendre qu'untel était en fait en actif.

Une bonne lecture. Non, une très bonne lecture. Une histoire qui ne donne qu'une envie : lire la suite. Un deuxième tome à suivre rapidement pour pouvoir attaquer le troisième à sa sortie en août 2014.

 

Miss Mopi

Chronique dans le monde de Miss Mopi

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Correia - Magie brute - La guerre de Trois
Posté le 02 juin 2014 -
Bon, la difficulté avec ce bouquin n'est pas de vous dire si je l'ai aimé...c'est le cas...mais de vous expliquer pourquoi. Car on est à la frontière entre uchronie, steampunk, western, comic plein de super-héros et roman pulp de la plus belle eau, l'auteur ayant réussi à tirer le meilleur de chaque monde pour obtenir un roman assez délirant flirtant avec le grand n'importe quoi sans jamais l'atteindre réellement. Une excellente surprise en somme.
L'intrigue prend place au 19e siècle, pendant la grande crise, dans une réalité modifiée par l'apparition - premier cas documenté en 1849 - de porteurs de pouvoirs spéciaux, les « actifs ». Ces derniers sont rares et ont été catégorisés suivant leurs facultés : les pousseurs peuvent modifier la gravité, les estompeurs traverser la matière, les bougeurs se déplacer instantanément... La technologie a bien évidemment subi les conséquences de l'apparition de ces pouvoirs et plusieurs domaines sont très clairement en avance au regard du 19e siècle "normal". C'est dans ce contexte que divers groupes d'influence vont s'affronter dans un cadre de tensions géopolitiques entre les Etats-Unis sinistrés mais dominants technologiquement et protégés par le rayon de la paix, invention du sieur Tesla, et un Japon expansionniste et eugéniste faisant figure de grand méchant qui n'est pas sans rappeler à bien des égards le régime nazi...mais je laisse la 4e de couv' le soin de vous en dire plus :

Jake Sullivan, vétéran de la dernière guerre mondiale, est un détective privé au passé de truand. Il doit la liberté à ses pouvoirs magiques – qui lui permettent de manipuler la gravité. Mais sa liberté a un prix : il doit mettre ses pouvoirs à la disposition du Bureau des Investigations à chaque fois qu’une enquête est liée au surnaturel. Alors que sa dernière mission tourne mal, il est confronté aux véritables enjeux géopolitiques d’un monde où toutes les grandes puissances cherchent à s’approprier une arme au pouvoir de destruction inimaginable. Jake sera alors la parfaite recrue pour la société secrète du Grimnoir – police, juge et bourreau des « actifs », abusant de leurs pouvoirs.

Je vous avoue que ce résumé ne m'a qu'à moitié convaincu, au vu des qualificatifs me poussant habituellement à écarter un bouquin qui me sont venus à l'esprit... Grotesque, exagéré, pontifiant, déjà vu...et tout cela est exact ! Sauf que ! Sauf que l'utilisation fort intelligente faite de cet infâme mélange des genres débouche sur un roman qui se parcourt avec le plaisir jouissif du gamin qui constate que ses plus secrets délires se retrouvent tous dans l'opus qu'il avale en une nuit (blanche). À tel point d'ailleurs que je serais bien en peine de vous dire quel élément de délire j'aurais pu rajouter si j'avais eu à écrire ce pavé. En bref, […] si je devais appuyer ma critique sur des éléments objectifs, je ne pourrais que vous conseiller de fuir ce roman, mais vous passeriez alors à côté d'un moment de pure détente. Et n'est-ce pas justement cela, l'intérêt d'une fiction ?

 

FeliX

La guerre de Trois

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Correia - Magie Brute - Blog-O-Livre
Posté le 15 septembre 2014 -
Je me suis laissé tenter par ce roman, j’avoue, pour deux raisons principalement, la première est que je suis fan de ce que peut proposer la Fantasy Urbaine, offrant souvent des histoires fun et vives avec un univers dense et complexe et deuxièmement les différents avis plus que positifs sur cette série ont fini de me convaincre de tenter ma chance. Concernant la couverture, illustrée par Vincent Chong, je la trouve vraiment accrocheuse et qui colle bien à l’univers avec son graphisme légèrement Comics.

Justement en parlant de Comics, on sent bien que Larry Correia s’est fortement inspiré de ce genre pour visualiser et écrire son histoire, nous offrant en effet un récit enlevé, frais, vraiment plaisant et qui ne manque, ni de rebondissements, ni d’adrénaline. Le lecteur se plait vraiment à faire tourner les pages de ce roman sans jamais s’ennuyer tant le rythme se révèle élevé et sans temps morts du début à la fin. Surtout que l’auteur ne laisse pas pour autant de côté l’intrigue, nous offrant en effet une histoire qui se révèle vraiment cohérente et efficace, même s’il ne faut pas le nier le tout se révèle quand même un peu linéaire. Une de ces grandes forces est aussi d’arriver à mélanger les genres habilement sans jamais non plus tomber dans la caricature ou l’absurde, en effet on retrouve dans ce roman des aspects policier sur fond d’uchronie historique, le tout agrémenté de magie et de super pouvoirs. Dit comme ça, ça peut laisser perplexe et pourtant l’auteur s’en sort vraiment bien.

Une des autres grandes réussites de ce roman c’est justement son univers développé tout du long du roman. Le mélange d’uchronie, avec l’apparition de la magie à la fin du 19ème siècle, tout en conservant une grande partie de l’histoire, avec l’influence néfaste du Krash de 1929 ou encore la montée en puissance du Japon dans ses envies de conquêtes, marche parfaitement bien. On sent clairement que l’auteur n’a rien laissé au hasard et a mené énormément de recherches sur la période en question pour la retravailler de façon vraiment cohérente et passionnante. En effet le tout est vraiment intégré de façon logique, les changements et évolutions dans l’histoire sont vraiment soignés, tout en ne perdant jamais le lecteur, se sentant proche de cet univers. Concernant la magie elle se révèle vraiment intéressante dans son origine, mais se révèle assez classique dans son utilisation avec les lourds qui jouent sur la gravité, les brutes sur la force etc… L’univers mis en place par l’auteur donne vraiment envie de voir comment il va se développer et surtout met en avant que malgré les changements, peut-on changer l’histoire?

Une histoire qui possède une représentation visuelle vraiment intéressante, un peu comme un aspect cinématographique où l’auteur arrive facilement et de façon simple à faire vivre les scènes au lecteur. Un récit explosif et plein d’adrénaline qui remplira clairement son rôle de divertissement. Alors, bien sûr certaines surprises tombent parfois à plat, certaines révélations paraissent parfois un peu tiré par les cheveux, ou clairement annoncés comme la bataille entre les deux frères, ou encore vers la fin un léger sentiment d’essoufflement peut se faire sentir, mais franchement rien de bien dérangeant tant on se trouve happer si on aime ce genre de roman.

Les personnages développés par l’auteur se révèlent vraiment intéressant, plutôt classiques dans leurs présentations, mais l’auteur arrive vraiment à les rendre attachant et surtout à leur offrir une complexité et une densité qui leur ajoute un certain avantage et évite de les faire tomber dans la caricature. L’histoire des personnages que ce soit par leurs passés, leurs envies et autres permet vraiment de comprendre leurs évolutions et demande à en apprendre plus sur eux. Le « Lourd » n’étant pas un simple d’esprit, possédant sa propre théorie et son propre esprit ou encore la voyageuse étant plus qu’une simple « paysanne ». Chaque personnage se révèle vraiment intéressant et on suit leurs aventures avec grand plaisir.

La plume de l’auteur se révèle simple, mais terriblement efficace et entrainante, ce qui fait qu’on se retrouve rapidement entrainer dans l’histoire. Une plume comme je l’ai dit très cinématographique et visuelle et qui colle parfaitement au récit. J’avais pris ce roman pour me détendre, passer un moment de lecture sans temps morts, nerveux et je ne suis pas déçu de ma lecture, l’auteur m’offrant même un univers vraiment dense et intéressant et une intrigue un minimum intelligente. Je lirai la suite de cette série sans problème, d’ailleurs le second tome m’attend déjà dans ma PAL.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire vraiment efficace, entrainante, nerveuse et sans temps morts n’oubliant pas de se révéler un minimum intelligente. L’univers développé par l’auteur, mélange d’uchronie et d’histoire se révèle vraiment captivant et soigné, on sent bien que l’auteur s’est fortement documenté. Les personnages se révèlent vraiment intéressants, travaillés et complexes sans jamais vraiment tomber dans la caricature et arrivent même parfois à prendre le lecteur à contresens. La plume de l’auteur se révèle vraiment vive, entrainante et surtout très visuelle, on ressent clairement l’influence « comics » aussi dans sa façon de présenter le récit. Alors, bien sûr l’intrigue se révèle un peu linéaire, certains aspects sont rapidement devinés et sur la fin un léger essoufflement se fait ressentir, mais rien de bien gênant. Je lirai la suite sans problème et avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 Blog-O-livre

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Correia - Magie Brute - Wiitoo Takatoulire
Posté le 24 septembre 2014 -
Vous avez aimé la série "Heroes"... enfin tout du moins les deux premières saisons. Vous êtes envieux des pouvoirs des X-Men et qui plus est vous n'avez rien contre quelques petits zombies qui arpentent les rues de votre voisinage. Alors je vous garanti que vous allez adorer ce livre !

Nous sommes dans un monde fantastique imaginaire mais qui se veux être proche de celui de nos années 30. Parmi les habitants de notre planète, un sur dix détient des capacités magiques non développées et est juste bon à en faire un usage professionnel mineur, mais en revanche, un sur mille a su exploiter son pouvoir et développer des capacités hors normes, devenant ainsi de puissants magiciens. Ces "Actifs" sont capable d'Inverser la gravité, de se téléporter, de se transformer en torche humaine, de se rendre invisible, ou encore de se dématérialiser pour passer à travers les murs. Certains pouvoirs bien canalisés sont absolument redoutables et terrifiants.

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" disait l'oncle de Spiderman mais dans "Magie brute" ils sont nombreux à faire passer leurs intérêts personnels avant tout autre considération éthique et idéaliste. C'est la guerre et l'équilibre des forces n'est pas à la faveur des gentils.

C'est dans ce contexte que Jack Sullivan (voir couverture), un "Actifs" très puissant, ancien flic et ex-taulard, doté du pouvoir magique de manipuler la gravité, est exploité par J. Edgar Hoover alors directeur du FBI, afin d'attraper les délinquants faisant un usage illégal de leurs pouvoirs. Ainsi Jack Sullivan fait la chasse, entre autre, à la pègre dirigée par Al Capone.

Très vite il apparaît que les plus redoutables ennemis font partie d'un groupe nommé l’Imperium dont l'objectif est de rendre les "Actifs" maître du monde. Ainsi Jack sera recruté par une puissante structure nommée le Grimnoir. Un groupe de Chevaliers qui se bat contre l’Imperium.

Une lecture totalement addictive, un page-turner impossible à lâcher, une histoire complexe, habile et crédible, une poussée d'adrénaline continue qui en fait un livre à éviter de lire avant d'aller se coucher. Pour ne rien gâcher, le roman est bourré de clins d’œil à cette période de l'histoire ainsi qu'aux héros de comics dont les X-men en particulier. Le roman et également plein d'humour et certains personnages sont très drôles. D'ailleurs à ce sujet, les personnages ont tous un charisme incroyable et sont passionnants à découvrir (forcement quand on s'appelle Jack Sullivan ou Delilah Jones, ça en jette déjà dès le départ)

Par ailleurs, j'ai d'abord été un peu déçu par les pouvoir du héros. Manipuler la gravité terrestre me semblait pas vraiment génial comme pouvoir. C'était sans y réfléchir vraiment car très rapidement en tournant les premières page, je me suis rendu compte des innombrables avantages que celui-ci lui apporte. Ce pouvoir est vraiment redoutable, je veux le même pour Noël !!!

Certified lecture épique inside, genre "Takatoufairepêter" by Wiitoo Takatoulire

Note 6/6

Wiitoo Takatoulire

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Correia - Chroniques du Grimnoir Magie Brute - Présences d'esprits
Posté le 31 août 2015 -

Attention : petit bijou !! J’avais choisi Magie Brute dans l’espoir de lire un bouquin sympa, avec de la castagne, des gentils et des méchants, des aventures rocambolesques, un brin de sentiment, le tout sur fond d’humour sauce comics.

Eh bien, figurez-vous qu’on trouve tout ça dans Magie Brute, sans compter une flopée de personnages appartenant à tous les genres. Voyez plutôt : on croise des gangsters, des zombis, des ninjas, des sumos, des super-héros, des magiciens, des jolies filles, un président, des membres d’une société secrète, un industriel véreux, des politiciens corrompus, un pirate au grand cœur… Le tout assaisonné d’une intrigue haletante (les gentils parviendront-ils à sauver le monde ?), parsemé de scènes de combats épiques et saupoudré d’une bonne dose d’humour.

Et ça marche ! Ça marche forcément, parce que Larry Correia a choisi de ne pas confondre l’humour et le foutage de gueule, la reprise d’idées, de personnages… et le plagiat, et enfin et surtout, de donner à son univers comme à ses personnages, une profondeur et une vérité qui séduisent.

Le style de Larry Correia ? De vraies belles scènes d’action et de combat qui en mettent plein les yeux, des répliques tordantes qui font mouche, une écriture très visuelle, presque cinématographique (tenez, messieurs des grands studios hollywoodiens, en voilà un bouquin qui ferait un excellent blockbuster !), un bel équilibre entre l’action et le fond. Parce que l’auteur n’a pas perdu de vue un élément essentiel : la richesse et la profondeur. De son univers d’abord, où il ne se contente pas d’introduire la magie ; il explore les conséquences d’une telle apparition sur les sociétés et les réactions qu’elle provoque. De ses personnages ensuite ; ils ont tous leur passé, habilement distillé au fil du récit, qui dévoile peu à peu leurs forces et leurs faiblesses. Même les personnages secondaires sont soignés et leur influence sur l’histoire pourrait bien se révéler, au final, plus importante que prévue.

Du polar, du roman d’espionnage, du fantastique, de l’uchronie, une ambiance steampunk, un peu d’urban-fantasy, un rien de SF, un peu de comics et un héritage pulp, Magie Brute est un joyeux délire, écrit avec juste ce qu’il faut de sérieux, qui assume parfaitement un mélange des genres rafraîchissant dans une littérature de genre parfois trop codifiée. À conseiller sans hésitation pour un moment de lecture jubilatoire !

 Présences d'esprits

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Correia - Magie brute - Iman books
Posté le 27 avril 2016 -
Comment en parler ? Cette histoire est un savant mélange d'uchronie, de fantastique, de steampunk et surtout, de super-héros à la comics (Prenez tous les Avengers, mettez-les dans les années 30, rajoutez le Japon et un savant mélange d'humour et de folie, vous avez ce livre).

L'histoire se passe donc dans les années 30, dans une version du monde où la magie a fait son apparition depuis quelques décennies. Certains naissent "Actifs", d'autres "Normaux". Différents pouvoirs se cotoient, de la maîtrise de la Gravité à la Téléportation. Inévitablement, des groupes se forment : Les Actifs, les Non Actifs, le Bien, le Mal, les Forts, les Faibles. Vu que nous sommes pendant la guerre, rien n'est anodin et le duo Etats-Unis / Japon n'échappe pas à la règle.

Voilà en quelques mots. Ca paraît simple, bateau, répétitif, mais ça ne l'est pas du tout ! L'univers peint est tout simplement grandiose. Et avec ça, l'auteur réussit à insérer des petits messages drôles que les regards avisés repèreront avec joie.

Par contre, au début on est bien perdus, faut l'avouer, d'autant plus que je l'ai lu en anglais. On commence direct dans le feu de l'action et avec tous les noms des différents "Actifs" et leurs fonctions énumérées au fil de l'eau, parfois tard (parce qu'en plus j'avais pas capté qu'il y avait un glossaire :p), eh bien on peut avoir du mal durant le premier tiers du livre.

Mais après ça... KABOOM ! Tout s'enchaîne. Vous êtes familiarisés avec l'univers, l'action vous emporte.

Sans compter les personnages ! Ils sont super bien décrits. Notamment Faye, un personnage que j'adore par dessus tout. Elle est barrée, mais on l'aime tellement malgré tout ! Elle a pris la seconde place dans mon classement des meilleurs persos de tous les temps :p (Hors films et séries, ou j'aurais du mal à la faire battre Spike, dans Buffy)

NB. Il y a des images des différentes persos dans le livre, pour bien s'immerger dans l'ambiance "super-héros". "Rokusaburo" est pour moi, l'une des meilleurs illustrations. Trop stylé !

J'ai tout dit ? Non ? Eh ben courez l'acheter pour vous faire votre avis ! Moi, j'ai adoré en tout cas et je recommande les yeux fermés.

Un roman atypique, qui raconte l'histoire d'une organisation secrète, de super-héros dans l'ombre. L'auteur peint son univers de façon majestueuse, utilise l'humour pour nous accrocher et arrose tout ça avec des personnages super bien décrits et pour certains, attachants ou comment dire... fous. Lol. Bref, malgré un début un peu complexe car on est directement plongés dans le feu de l'action, j'ai adoré ce livre ! J'ai eu l'impression de redécouvrir des super-héros à la Marvel et pour ça, RDV au Tome 2 :-)

Iman books
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Correia - Magie brute - Albédo
Posté le 25 mai 2016 -

Magie Brut de Larry Correia

L’Atalante

Le pitch de départ m’a intriguée : de la fantasy dans les années trente en pleine prohibition américaine. Je n’associe pas forcément la fantasy avec une période pseudo-médiévale, mais j’avoue avoir un peu de mal à visionner une œuvre de ce genre à l’époque moderne. Jusqu’à présent, seul Pierre Pevel m’a convaincue et ce n’était pas exactement la même période. Bref, j’étais intriguée et assez dubitative.

Qu’en est-il réellement ?

Je puis dire que j’ai été rassurée et même agréablement surprise. Pour être tout à fait exacte, je confirme que ce roman ne correspond pas tout à fait à ma conception de la fantasy.  Dans Magie Brute, le monde est peuplé de « super-héros », proche des X-men, mais avec des pouvoirs moins exubérants. Certains humains sont touchés par cette « grâce » et se voient attribuer des pouvoirs : télékinésie, force, ou maîtrise de la gravité, du feu, de la glace… De même, la puissance de chacun fluctue, certains sont dotés d’une toute petite parcelle de pouvoir alors que d’autres sont nettement plus puissants. Les premiers mutants sont vraisemblablement apparus vers le XIX° siècle, suite à une mystérieuse mutation génétique. Au fil des pages, Larry Correia nous donne des indices sur cette dernière et nous n’aurons le fin mot de l’histoire que dans les tomes suivants. Son origine est d’ailleurs un élément d’originalité qui bien amenée pourrait s’avérer des plus intéressantes.

Pour corser le récit et faciliter l’immersion du lecteur, chaque paragraphe s’ouvre sur un fait historique, un extrait de journal  ou un discours d’une personnalité en rapport avec les sur-humains, tel un discours de Roosevelt ou une étude d’Einstein (qui est d’ailleurs un mutant du type « engrenage »). L’histoire du monde s’en trouve ainsi légèrement modifiée. Ces petites touches donne une légère saveur d’uchronie au livre et charpente heureusement l’ensemble.

Ne nous arrêtons pas là dans le mélange des genres. L’apparition de cette magie a changé la donne, et l’industrie en a été une des « victimes » avec la possibilité d’explorer à fond certaines innovations telles que les ballons dirigeables (Zeppelin) dont le potentiel létal est annihilé par l’existence des « torches » ( humains dont la capacité magique permet de contrôler le feu) ou les « étincelles« … Oui, il y a aussi une pointe de steampunk!

Larry Correia nous propose un univers de « fantasy » façon super-héros soft (ou Incassable) bien équilibré. L’apport d’une dimension uchronique et l’ambiance légèrement steampunk, loin d’alourdir ou de perturber le récit lui donne davantage de charpente et d’attrait. A mon avis, c’est même ce mélange de genres qui fait fonctionner l’ensemble et qui lui donne un goût de « reviens-y« .

Cependant, l’apparition des premiers mutants avec des pouvoirs ne s’est pas faite sans heurts voire des confrontations sanglantes. L’un des enjeux dans cette Amérique pudibonde du début du XX° est l’acceptation de cette humanité nouvelle qui effraie. Le roman nous plonge dans toute les luttes passées, actuelles et futures pour un droit à vivre en paix et en harmonie avec soi-même.

L’autre point qui a initialement titillé ma curiosité est le combat occulte de deux puissances antagonistes entre les Champions de la Lumière (les chevaliers du Grimnoir) d’un côté  et les défenseurs de l’ordre et de l’hégémonie (les agents japonais de l’Impérium) de l’autre. Je me demandais alors, si cet aspect ne serait pas trop manichéen. Bien entendu, nous ne sommes pas dans un comics où les méchants sont vraiment méchants et les bons angéliques, ici point de paladin. Cependant, nous n’échappons pas tout à fait à un tableau fort en contrastes. Bien que les motivations de l’Impérium visent le bien de l’humanité et un autre élément qu’il vous faudra découvrir, nous restons dans une confrontation du bien contre le mal assez classique. Mais cela reste bien fait et élégant.

En fait, si le personnage de Madi (l’ennemi de Sullivan – notre héros) était un peu moins caricatural , l’écueil du manichéisme aurait pu être totalement évité.  Nous avons donc une composition qui n’est pas sans rappeler la Ligue des Gentlemen extraordinaires.

Le lecteur suit essentiellement les péripéties des personnages du Grimnoir, mais les points de vue alternent régulièrement, sans installer de difficulté particulière. Deux d’entre eux sont primordiaux : Sullivan et Faye.

Faye, est une jeune fille futée et complétement à côté de ses pompes, mais quel potentiel ! Forte et fragile à la fois, elle est un paradoxe charmant et intrigant. Il est vraiment agréable de la voir évoluer peu à peu et s’épanouir lentement. Il me tarde les prochains tomes pour lire la suite de sa métamorphose.

C’est Jack Sullivan le héros principal, un lourd. Au premier abord Lourd dans tous les sens  : physiquement, intellectuellement et psychologiquement. Mais le bougre cache bien son jeu et révèle peu à peu que de lourd, il n’en a que le pouvoir ( les lourds sont les mutants qui ont la capacité de modifier la gravité (donc de porter de fortes charges) et l’apparence. Maintenant nous comprenons mieux le titre Magie brute!

Ainsi ma curiosité s’est-elle vue récompensée par une lecture au-dessus de mes attentes. Mon doute initial devant cette fantasy inusitée (pour moi) s’est évanoui devant la cohérence de l’univers proposé et de la qualité de l’intrigue. J’ai une petite réserve quant à la confrontation un peu trop manichéenne et aux personnages parfois proches de la caricature. C’est quand même du tout bon.

 

Albédo

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Correia - Magie brute - The Bloomsbury Muffin
Posté le 31 mai 2016 -

Dans une ambiance à la Sin City de Rodriguez, on suit le parcours de Sullivan, un « lourd » qui peut manipuler la gravité. Un ancien soldat, un ancien détenu aussi, à la botte du gouvernement américain qui l’utilise contre les « actifs » gênants. On rencontre aussi Faye, une voyageuse, une gamine qui peut se téléporter à volonté et qui n’a rien demandé à personne sauf qu’un jour, des hommes viennent assassiner son grand-père adoptif. Ils ne le savent pas mais les chemins de ces deux-là vont se croiser, ils vont même finir par se battre pour la même cause.

D’une écriture précise et sombre et de son style vif qui ne manque pas d’humour, Correia nous raconte une uchronie génialement conçue, un scénario complexe où tout s’imbrique et s’entrecroise : une lecture très agréable et un univers fascinant. La plume très expressive de l’auteur dépeint vraiment une ambiance particulière, très cinématographique et un rythme qu’on retrouve dans les BD et les comics noirs. Et si les personnages principaux sont un peu caricaturaux, il y en a un si grand panel qu’on ne se lasse pas.

Entre les super-héros dignes des grands comics, les zombie angoissants et les ninjas, on ne s’ennuie jamais. Cette histoire à l’ambiance Steampunk est boostée à l’adrénaline, l’action pète de partout tout en suivant une trame élaborée.

Vraisemblablement peu connue, cette série mérite pourtant que l’on s’y intéresse et je lirai la suite avec grand plaisir !

Marion

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Correia - Magie brute - Critiques libres
Posté le 27 juillet 2016 -

Un cocktail qui détonne

Nous somme au début des années 1930, cela fait 80 ans que la magie est apparue sans que l'on sache pourquoi et une proportion de plus en plus importante de la population se retrouve avec des pouvoirs qui diffèrent selon les personnes. Dans ce monde deux organisations se combattent, d'un côté l'Imperium dirigé par le « président »et sa volonté de domination planétaire et de l'autre le Grimnoir, une société secrète ayant pour but de protéger les « actifs », c'est à dire ceux qui ont un pouvoir, et qui se bat pour la paix. Deux personnes vont se retrouver embarquées dans ce conflit, Jake Sullivan, un ancien prisonnier ayant participé à la Grande Guerre et qui peut contrôler la gravité ainsi que Faye, jeune fille franche et espiègle qui a la don de se téléporter. L'un comme l'autre vont se retrouver confrontés à de nombreux dangers mais il est vrai que sauver le monde n'est pas sans risques.

L'idée de départ, que je trouve très originale ainsi que les quelques avis plutôt positif que j'ai lus m'ont fait acheter ce livre et je ne le regrette absolument pas. L'histoire est très prenante, les personnages bien travaillés et je salue notamment le talent de l'auteur pour avoir réussi à créer un univers qui tient vraiment la route. Il faut bien avouer que mélanger magie, gangsters, dirigeables, zombies et ninjas est quand même un pari très risqué et l'on pouvait s'attendre à un grand n'importe quoi, mais là ça fonctionne totalement car il y a une véritable cohérence. Le rythme est assez enlevé, il y a beaucoup d'action, de l'humour également et malgré l'épaisseur du livre je n'ai pas vu les pages défiler tellement j'étais dedans. C'est vrai que les héros n'ont quasiment pas un instant de répit et s'en prennent plein la tête mais au moins on ne s'ennuie pas un seul instant.

Pour ce qui est du genre là aussi on a droit à un mélange surprenant car c'est à la fois de la fantasy urbaine mais aussi de l'uchronie et du steampunk avec un côté polar et même une petite touche comics car les « actifs » font fortement penser aux X-men, aussi bien par le fait d'avoir des pouvoirs mais également car les « normaux » ne les voient pas toujours d'un très bon œil. Malgré une fin que j'ai trouvée légèrement prévisible j'ai beaucoup aimé ce roman, c'est surprenant, détonnant et ça fourmille d'idées et de trouvailles intéressantes. Ce premier tome m'a donc bien convaincu et c'est sans hésitation que je me procurerai le deuxième

 

Koolasuchus

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/46090

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Correia - Magie brute - Culture en pagaille
Posté le 14 novembre 2016 -

Magie magie, et vos bouquins ont du génie.

Jake Sullivan est un vétéran de la première guerre mondiale.
Jake Sullivan est aussi un taulard en ce début des années 30.
Mais parfois, il arrive que l’on soit en taule et un pro dans un domaine d’expertise particulier. Alors un jour, un procureur ou votre avocat arrive avec une proposition. Comme travailler pour le FBI pour stopper des malfrats experts dans votre domaine. Oui, comme Frank Abagnale dans «  Catch me if you can » de Spielberg ( inspiré d’une histoire vraie).
Alors Jake accepte, parce que même si Hoover est un sale connard, l’agent Purvis lui semble honnête. Et puis Purvis, n’a aucun pouvoir magique lui.
Ah, je ne vous ai pas dit ? Depuis quelques siècles, la magie a fait son apparition dans le monde. Tout le monde n’est pas capable d’en faire et ceux qui le sont sont désignés comme étant passif ( petit pouvoir ) ou actif ( plus grosse capacité). Aucun actif n’a plus d’un pouvoir ( sauf une personne sur Terre ) : certains se téléportent, d’autres maîtrisent la météo, etc…
Les lecteurs de comics et les spectateurs habitués aux X-men penseront aux mutants de Marvel en lisant ce descriptif mais au fil de la lecture, ils constateront que l’auteur,  Larry Correia , ne s’est pas contenté d’ingurgiter pas mal de la pop culture américaine ( polar à la Marlowe, super-pouvoirs à la comic book, etc…) : il en joue et crée son propre petit univers en utilisant des codes existants. J.K Rowling et même Tolkien en ont fait autant.

La première chose qui frappe, c’est le clash entre les genres : polar, fantastique, SF…un mélange qui fonctionne bien car le monde décrit par l’auteur fonctionne bien. Ensuite, contrairement à Rowling qui faisait de ses sorciers des enculés de première (oui, même Mr Potter ) en refusant de s’intégrer au monde et d’aider, dans un élan humaniste, à faire en sorte que les choses aille mieux ( comme, je ne sais pas moi….régler les crises énergétiques et alimentaires, raisons principales des guerres dans le monde et réglables en un coup de baguette magique par Dumbledore et sa bande ? ), les « magiciens » de Correia participent au monde. Bien entendu, la nature humaine est ce qu’elle est : quand on a un don, on en tire profit, même un minimum. Mais ils participent à changer le monde sans garder pour eux leur précieux petit pouvoir.

Dans le registre des codes du genre, on retrouve cette lutte du bien contre le mal mais le bien de l’un n’est pas le bien de l’autre et le manichéisme tant à s’effacer car Larry Correia, s’il suit surtout deux personnages ( Jake et la jeune Faye) n’oublie pas , un peu à la manière de G.R .R Martin, d’écrire des chapitres du point de vue des personnages plus sombres. Faire le mal pour le plaisir d’être un salaud n’est pas la motivation première des personnages, même les plus pourris.

Premier tome d’une trilogie, Magie Brute  arrive à exposer les enjeux qui seront développé, fournir une histoire complète et presque auto-contenue ( à la manière du premier Matrix ou de Star Wars : A New Hope ) et présenter une galerie de personnage à la psychologie suffisamment travaillée pour qu’ils ait du relief. Le style de Correia est direct et très visuel mais manque de personnalité littéraire. Mais il lui arrive des fulgurances stylistiques particulièrement bien tournées et se situent bien au-dela des neuneux Musso ou Lévy qui se contentent d’une structure sujet-verbe-compléments.

De l’excellente mauvaise littérature qui devraient contenter les amateurs de pop-culture qui cherchent autre chose que la recette Harry Potter ( bonne au demeurant, mais qui au final n’est qu’un Fast Food de luxe quand À la croisée des mondes ou la trilogie Sabriël , moins connues et reconnues par le grand public se classent facilement au-dessus.)
 
Culture en pagaille
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Correia - Magie brute - L'avis de Deidre
Posté le 22 novembre 2016 -
Un roman qui flirte avec la fantasy urbaine, plus une furieuse dose de pulp. Les idées de base ne sont pas forcément originales, mais l'auteur a su développer un univers et des personnages très denses et originaux, ce qui les rend particulièrement attachants. Ce premier tome cache un background qui ne demande qu'à être étoffé et qui éveille donc ma curiosité. Avec en prime une écriture dynamique et imagée, et des pointes d'humour qui font mouche. D'accord pour la suite !
 
L'avis de Deidre
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Correia - Magie Brute - Booknode
Posté le 04 avril 2017 -
J'ai adoré ce livre, la magie se mêle à la réalité et les actifs se retrouvent dans des intrigues bien rodées. les gangsters sont à l'ancienne et il n'y a pas une minute de répit dans l'action.
Le style est simplement parfait, bref l'ensemble est délicieux.
Cette lecture était un conseil, vraiment, un très bon conseil!
 
Anne58 - Booknode
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Correia - Magie brute - Booknode
Posté le 25 avril 2017 -
Explosif ! C'est un récit entraînant, qui a un punch d'enfer et qui se lit à toute allure !
A première vue, c'est un gros bordel qui mêle gangsters, magie, zombie et ninja mais il faut avouer qu'à la lecture ça paraît tout à fait cohérent.
Des personnages attachants et intéressants (Faye et Jake Sullivan en tête) un suspens comme on les aime.

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Évènements du week-end prochain (28-30 avril)
Posté 24 avril 2017 -
Vous n'aurez que l'embarras du choix pour rencontrer tous ces auteurs :
- Laurence Suhner, Jean-Marc Ligny et Nathalie Le Gendre seront au Salon du Livre et de la Presse de Genève (28 au 31 avril)
- Jeanne A. Debats, Olivier Paquet et Laurent Genefort seront de leur côté aux Futuriales à Aulnay-sous-Bois (29 avril)
- Sylvie Denis, quant à elle, sera à Lyon pour les Intergalactiques (29 et 30 avril)
- Claude Ecken sera lui à Nice-fictions (28 au 30 avril)
 
Pour plus d'informations : 
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Grand Prix de l'Imaginaire : les nommés sont...
Posté 19 avril 2017 -

Parmi les très talentueux nommés vous trouverez :

Roman francophone :
Jardin d'hiver
, d'Olivier Paquet

Roman étranger :
Mémoires de Lady Trent, tomes 1 et 2, de Marie Brennan
L'espace d'un an, de Becky Chambers

Prix Wojtek Siudmak au graphisme :
Todd Lockwood pour Mémoires de Lady Trent tomes 1 et 2 de Marie Brennan 

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Rendez-vous le 4 juin à Saint-Malo, lors du Festival Étonnants Voyageurs pour les résultats!

Plus d'informations ici

Le Festival Étonnants Voyageurs se tiendra du 3 au 5 juin 2017.

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En avril 2017, tous les ebooks de Larry Correia à 4,99e
Posté 11 avril 2017 -
Au mois d’avril, nous vous proposons de découvrir un auteur à l’humour indéniable : Larry Correia. Les Chroniques du Grimnoir, saga de fantasy urbaine, mêlent gangsters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages.
Pour des heures de lectures réjouissantes, rendez-vous jusqu’à fin avril sur vos stores numériques où les romans de Larry Correia sont à 4,99 €.

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Nommés pour le prix Imaginales 2017
Posté 07 avril 2017 -
Romans étrangers traduits :
- Marie Brennan pour Le Tropique des serpents - Mémoire de Lady Trent T2, traduit par Sylvie Denis ;
- Jim C. Hines pour Le Bibliomancien - Magie ex-libris, traduit par Lionel Davoust ;
- Guy Gavriel Kay pour Le Fleuve céleste, traduit pas Mikael Cabon ;
Nouvelles :
- Jean-Claude Dunyach pour Le Clin d'œil du héron.

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Pour voir la liste complète des auteurs en compétition, c'est ici

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Chambers en route pour le prix Hugo 2017
Posté 06 avril 2017 -

chambersbecky.jpegL’auteur de science-fiction Becky Chambers est nommée dans la catégorie « Meilleur roman » du prix Hugo pour son roman Libration, qui sortira le 22 juin.

 

Ce prix sera décerné le 11 août 2017 lors de la Worldcon 75.

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Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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Les Croisades d'Unnord 22ème édition
Posté le 25 janvier 2017 par les croisades d'unnord
Bonjour à tous ! Je vous écris pour vous annoncer que la 22ème édition des Croisades d’Unnord est en marche avec, cette fois encore, un nouveau thème qui sera : Au-delà des apparences. Cette année [...]