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Jean-Claude Dunyach

Les harmoniques célestes

Les harmoniques célestes

Date de parution : avril 2011

Série : Les nouvelles de Jean-Claude Dunyach
Livre : 7

Illustrateur : Gilles Francescano


ISBN13 : 9782841725380

Nombre de pages : 144
Prix : 10,90 €
État : disponible

L’actualité est là pour nous rappeler que rien n’est inamovible et que tout a une fin, à commencer par l’être humain dans ce qu’il est au fil de sa propre histoire et dans ce qu’il adviendra de lui dans l’Histoire tout court. L’actualité est impitoyable. Jean-Claude Dunyach aussi. Qu’il traite du premier amour, de la maladie, de la mort, de l’écosystème Terre, de l’avenir, il écrit nos peurs, nos fantasmes, nos ambitions, nos limites, nos vilenies petites et grandes, bref il parle de nous, hommes, femmes, enfants, tels que nous nous voyons quand nous prenons le temps de nous regarder ou quand la vie ne nous laisse plus le choix, et il nous dit sans fard qu’il est notre semblable. Avec tendresse, avec espoir, avec malice, avec cette plume d’orfèvre qui plie, déplie, replie les origamis pour mettre l’univers en équation, parce qu’on ne peut pas tourner définitivement le dos à la mer. Ayerdhal.
  • Revue de presse
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Dunyach - Les Harmoniques célestes - actu-du-noir.over-blog.com
Posté le 12 mai 2011 -
Les harmoniques célestes nous projette dans un futur plus ou moins lointain, avec un médecin ayant inventé un appareil génial… Mais qu’il a détruit et dont il ne veut absolument plus entendre parler. Il a tenté de disparaître, a changé de nom, mais bien entendu, Elle l’a retrouvé et veut qu’il remonte son appareil.
La fin des cerisiers n’est pas de la SF, juste une histoire de choc de cultures, d’incompréhension, de malentendu … Entre une équipe hollywoodienne et des japonais traditionalistes au début des années 70.
Les cœurs silencieux est une nouvelle déchirante sur l’empathie, la paix et la mort.
Repli sur soie (non il n’y a pas de faute) une jolie variation sur le thème des univers parallèles, la beauté des mathématiques et, finalement, le sens de la vie.
Aime ton ennemi, n’a rien de christique … J’y verrai bien un clin d’œil à Moebius et son histoire excellente L’homme est-il bon. Il vous faudra lire pour comprendre.
Visiteur secret, la dernière nouvelle est, entre autres, une belle histoire d’amour.
Comme toujours chez Dunyach la langue est belle, les mots justes, les images superbes. Les fins sont souvent ouvertes, assez définies pour ne pas être frustrantes (ni donner l’impression que l’auteur ne savait finalement pas où il allait), suffisamment floues pour laisser au lecteur une belle marge d’interprétation et la possibilité de compléter l’histoire à sa guise. Il se dégage de l’ensemble une impression de mélancolie douce, de sourire et de larmes. Ce sentiment que les lusophones appellent saudade, qui passe si bien dans leurs différentes musiques, et pour lequel nous n’avons pas de traduction exacte.

Jean-Marc Laherrère - actu-du-noir.over-blog.com

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Dunyach - Les Harmoniques célestes - magali.duru.over-blog.com
Posté le 09 mai 2011 -

Plus qu’un créateur d’utopies, Jean-Claude Dunyach est celui qui interroge, avec un art consommé de la subversion malicieuse, celles que se forge notre société. Qu’elle tente de répondre à ses interrogations les plus anciennes ou prétendre combler nos vœux les plus chers… C’est ce qu’il fait encore une fois dans les six nouvelles de son dernier recueil, Les harmoniques célestes, qui vient de paraître chez l’Atalante (fin avril 2011).

La nouvelle-titre est un sommet. Elle s’inspire de la fascination contemporaine pour les expériences de mort imminente qui réactive l’éternel désir de Paradis comme les vieilles craintes de l’Enfer, posant la question que nous ne pourrons toujours reporter : Et à l’heure de notre mort ?

L’inventeur d’une machine (conçue pour le bien de l’humanité, mais qui s’est révélée peu fiable) a tout mis en place pour se faire oublier. Un jour pourtant, où on le retrouve... La montée en tension impeccable, la subtile distillation des révélations, à l’horreur graduée, la mise en danger constante, palpable, du héros, font de ce texte un  modèle de la nouvelle à suspens. Mais ce qui en restera en mémoire, une fois la dernière page tournée, au-delà de la réflexion , puissante sur la nature du Bien et du Mal, ou du plaisir de l’histoire, c’est peut-être le souvenir élégiaque de la double histoire d’amour cruel et désespéré, dont la moins belle n’est pas celle, qui soutient le duel à mort digne d'une tragédie grecque, d’un père et de sa fille. Et le personnage de Mademoiselle restera peut-être comme l’archétype de ces héroïnes de Jean-Claude Dunyach, toutes illuminées de l’intérieur, au travers de leurs fêlures qui leur donne la splendeur d’un cristal brisé, par une telle volonté « d’être soi » qu’elles ne peuvent que s’interdire le bonheur.

La fin des cerisiers (à lire, vite vite, tant que le pétale tombé, blanc et fragile, est de saison, sous quelque seringat défleurissant, pour parfaire l’illusion…), se déroule au Japon dans les années 70. Belle histoire ironique de studio de cinéma, autant que réflexion sur la disparition des cultures. Peut-on reproduire l’âme d’un pays ? Encore faudrait-il avoir l’humilité de chercher, sinon à la saisir, du moins à désirer la comprendre, l’effleurer. A part un scénariste encore naïf, quelques fantômes protégés par leur fanatisme ou leur pureté de l’universelle corruption, qui s’y risquerait encore ?

Cœurs silencieux  présente le récit bouleversant d’une fin de vie exemplaire et sublime d’altruisme, célèbre (et interroge ! rien n’est jamais lisse, ni simple, nous rappelle l’auteur) le besoin si humain, si légitime, d’empathie.

Aime ton ennemi ne se contente pas de pointer du doigt l’effrayante capacité de l’homme à détruire sa planète en transformant les océans en poubelle. Il met en cause la certitude encore plus effrayante des scientifiques à prétendre trouver à tout ce gâchis des solutions sans jamais calculer le prix humain à payer.

Repli sur soie entrelace (comme on plie et replie la soie des carrés d’origami) les thèmes des univers parallèles et des personnalités multiples.

Visiteur secret clôt le volume par une note plus légère, le joyeux récit d’initiation sexuelle d’une adolescente sans complexes, où le voyage dans le temps devient le prétexte délicieux (et malicieux) d’un fugitif embarquement pour Cythère.

L’ensemble est une petite merveille de maturité. Sa réussite, le fruit d’un équilibre entre quatre éléments bien maîtrisés : une écriture sensible, poétique, traversée de fulgurances,; un art  consommé des descriptions et des décors (deux îles, dans ce recueil…deux pures merveilles !) ; l’originalité des thèmes abordés ou de leur renouvellement ; la mise au point minutieuse des intrigues. Les chutes, réglées au millimètre, s’inscrivent de façon cohérente dans l’un des possibles imaginés par le lecteur… tout en parvenant à le surprendre encore.

On pourra, c’est le choix que j’ai fait en relecture, préférer approcher ces six textes à rebours, pour sentir frémir une autre montée en tension, laisser vibrer d’autres harmoniques, voir apparaître en filigrane un message un peu différent…

Mais on ne se pardonnerait pas de passer à côté de ce recueil !

Magali Duru - magali.duru.over-blog.com

 

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Dunyach - Les Harmoniques célestes - Psychovision
Posté le 11 mai 2011 -

Mea culpa, j'avoue mon crime, c'est la première fois que je lis du Jean-Claude Dunyach. Certes, le nom de cet auteur ne m'est pas non plus inconnu puisqu'il a été récompensé par de nombreux prix et a été le directeur de la collection SF de Bragelonne. Mais l'occasion d'une rencontre littéraire ne s'était pourtant pas encore produite et la sortie de ce recueil de nouvelles l'aura permise. Et heureusement car la plume découverte à travers ses six textes m'a réellement séduit!

Sur les quatre premiers textes plane ainsi l'ombre de la mort, même si ce n'en est pas le sujet. Ainsi, dans la première nouvelle éponyme du recueil, il va être question d'un scientifique qui a fui sa vie et d'une femme qui va lui demander un service. En étudiant les expériences de morts imminentes, ils pensait en effet avoir trouvé le moyen d'offrir une mort apaisante, jusqu'à ce que son système semble avoir un souci et offre des  morts affreuses. La jeune femme lui propose alors un échange, il aide son père à mourir et elle lui explique l'échec de son projet.
Un nouvelle qui s'intéresse autant à la vie qu'à l'après vie, à la science qu'à la croyance, au paradis qu'à l'enfer, l'auteur en profitant ainsi pour montrer l'homme dans toute sa bonté et toutes ses cruautés, opposant un médecin qui cherche le bien pour ses patients à son client, décrit comme le membre d'un lignée de monstres. L'enfer est pavé de bonnes intentions comme dit le dicton, et celui-ci  correspond assez bien à la nouvelle !
Dans La fin des cerisiers, il sera question d'un tournage américain au Japon et principalement d'une scène où une servante se fait assassiner par un samouraï. Le scénariste devra jongler entre les envies américaines du réalisateur et de son actrice ainsi qu'entre la description des coutumes locales par une jeune japonaise.
Plus que deux cultures, c'est une culture et la conception qu'en ont des étrangers qui fera l'objet de  ce texte. En utilisant l’exemple du Japon et les images d’Epinal qu'on en a, Jean-Claude Dunyach oppose une vision exotique de l’Asie à une réalité plus crue dans un texte à l'ambiance fantastique imparable.
Puis ce sera autour des cœurs silencieux d'être racontés. Il y sera question d'un scientifique agonisant, ce dernier ayant inventé un médicament capable de multiplier l'empathie et de partager ses sensations avec le reste de l'humanité.
Avec cette nouvelle, la mort n'est plus un spectacle ou une sentence, mais juste l'aboutissement de la vie. C'est le partage et la compréhension de son prochain qui est au centre du récit, des philosophies qui ne pourraient que changer le monde, dussent-elles passer par un médicament pour arriver à leur but, mais un final émouvant nous rappelle qu'il y a des choses trop personnelles pour être partagées.
Dans Replie sur soie, il sera question d’origamis et de physique quantique dans une nouvelle où un garçon va rencontrer un étrange individu qui va l'initier à l'art délicat du pliage de papier, ce qui adulte va essayer de l'amener à vouloir courber la réalité selon ses envies.
Encore une nouvelle où il sera question de la mort, mais également de solitude à travers une histoire où les rencontres se multiplient et nous expliquent qu'on est ni seul, ni unique, malgré ce que notre vie et nos décisions peuvent nous laisser croire. L’immensité des univers parallèles sert ici à nous montrer notre insignifiance face à tout ce qu'on aurait pu être.
Ensuite, Jean-Claude Dunyach nous parlera d'un mystérieux laboratoire et nous découvriront des apprenti-Frankenstein jouant avec des plantes, mais cette fois, il semble qu'ils aient réussi à oeuvrer pour le bien de l’humanité, à trouver un nouveau moyen de lutter contre la pollution.
C'est donc ici un sujet d'actualité, qui cette fois n'est pas décrit comme quelque chose d’irréversible, mais comme une maladie, comme quelque chose qu'on pourra soigner. Pourtant, ces soins auront un prix...
Et enfin, dans Un visiteur secret, un jeune couple a profité des vacances des parents du garçon pour se retrouver en cachette, mais une troisième personne apparaîtra dans la maison, un invité inattendu, un fantôme. Dans ce texte, la morale est simple, il faut savoir choisir entre vivre de nouvelles choses ou rester coincé dans les anciennes...                           

Mon premier contact avec Jean-Claude Dunyach s'est donc fait à travers ces six textes, des textes qui contiennent des idées et des images capables de rester dans l'esprit du lecteur longtemps après avoir été découvertes, six textes où la Hard-SF côtoie le fantastique pour le meilleur. Après avoir trop longtemps évité Jean-Claude Dunyach, faute d'une occasion de le découvrir, je pense très vite aller explorer ses autres recueil et ses autres romans !

Stegg - Psychovision

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Dunyach - Délires d'encre
Posté le 21 juillet 2011 -
Jean-Claude Dunyach est né le 17 juillet 1957 à Toulouse (France). Après avoir obtenu un doctorat en mathématiques appliquées sur les supercalculateurs, il a été engagé par la société Airbus à Toulouse.
Il écrit des récits de science-fiction depuis le début des années 1980, publiant sept romans et huit recueils de nouvelles. Jean-Claude Dunyach écrit également des paroles pour plusieurs chanteurs français, ce qui lui a inspiré un de ses romans dont le héros est un chanteur de rock'n roll qui voyage en Antarctique accompagné d'un orchestre philharmonique de zombies...
Sa nouvelle Déchiffrer la Trame a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire et le Prix Rosny aîné en 1998, et sa traduction en langue anglaise a été déclarée meilleur récit de l'année par les lecteurs du magazine anglais Interzone à la suite d'un vote des lecteurs.Son roman Étoiles mourantes, écrit en collaboration avec Ayerdhal, a obtenu le Prix Tour Eiffel de science-fiction 1999 ainsi que le Prix Ozone 2000.
Les œuvres de Dunyach ont été traduites en anglais, bulgare, hongrois, croate, danois, allemand, italien, russe et espagnol.
 
Délires d'encre 
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Dunyach - Les harmoniques célestes - Le blog de Viinz
Posté le 04 août 2011 -
Jean-Claude Dunyach fait partie de cette génération d’écrivains français extrêmement connus dont je n’ai pas lu grand chose si ce n’est le démentiel Étoiles Mourantes coécrit avec son ami Ayerdhal, livre qui reste encore dans ma tête comme l’une de mes plus belles lectures. En parlant de ça, il faudrait que je le relise, tiens.
Mais bref, je suis tombé sur ce recueil de nouvelles publié chez l’Atalante : Les harmoniques célestes. Il s’agit en fait du septième recueil de ce type et je vais donc « devoir » acheter les six tomes précédents tant celui-ci m’a convaincu : écriture ciselée, nouvelles rythmées et visionnaires, un régal que la plume de Mr Dunyach.
 
Le recueil commence par la nouvelle éponyme, une jolie étude sur les expériences de mort imminente et sur l’impact de celles-ci sur la société et sur celui qui a fait la découverte, passé du statut de chercheur à celui de Dieu. Le cadre est un futur proche et l’auteur en profite pour nous décrire un monde où l’on construit de mini-atolls à partir de la mer d’ordures qui trône au centre du Pacifique. L’ensemble est bien construit, agréable à lire et a le mérite de nous faire réfléchir sur ces derniers instants de notre vie et ce que nous aimerions voir à ce moment là. Notre âme ? Ou un joli tunnel tout blanc ?
La nouvelle suivante, la fin des cerisiers, nous mène au Japon et nous pousse à la réflexion sur le traitement de l’actualité, le respect de l’identité d’un peuple et de ses coutumes… mais aussi la propension d’une certaine industrie cinématographique à tout gauchir au nom du sacro-saint profit. Oppressante et délicate à la fois.
Les cœurs silencieux concerne quant à elle les derniers instants de celui qui a bouleversé le monde que nous connaissons en créant une gélule miraculeuse générant l’empathie de ceux entourant celui ou celle l’absorbant. Une douce utopie que celle d’un monde pacifié où l’on pourrait déambuler dans les endroits les plus sordides sans rien craindre pour soi, distribuant des gélules et changeant doucement le monde. Cet homme, pape d’une génération d’humains, va mourir. Peut-il mourir seul. Peut-il faire partager sa mort à tous ceux qui sont venus se recueillir au pas de sa porte ?
Repli sur soie est une belle métaphore sur l’origami, sur la façon dont nous pouvons replier et déplier notre univers, nos réalités, nos sensations, sur le codage et le décodage de ce qui nous entoure et sur le pliage ultime. Celui qui nous permettrait de nous replier sur nous pour aller dans un ailleurs immobile.
Aime ton ennemi aborde quant à elle la question de la recherche environnementale dans un monde saturé de pollutions où la traque de ce qui pourrait améliorer le quotidien environnemental est un Graal. Un monde où les crédits de recherche sont distribués à l’aune des résultats. Alors quand une société récupère des crédits mais ne publie rien, on envoie quelqu’un qui forcément va découvrir le pot aux roses. Solution miracle ? Vraiment ? Jusqu’où peut-on aller pour relancer la machine environnementale ?
Enfin, le visiteur secret est un petit régal de perversité, de curiosité et de questionnement sur le premier amour et ce qu’il représente pour tout un chacun de nous. Une nouvelle un brin étrange au début et qui prend tout son sens dans les dernières lignes. Parfaitement menée en quelques pages…
 
Je vous le dis, je me suis régalé. Haro sur les six autres recueils !
 
Vincent
Le blog de Viinz
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Dunyach - Les Harmoniques célestes - Bifrost
Posté le 11 août 2011 -

On ne présente plus Jean-Claude Dunyach, figure incontournable de la " famille " française des littératures de genre (Jean-Claude participe depuis des lustres à la plupart des grandes conventions et festivals du domaine) auquel nous avons consacré un dossier dans leBifrost n°47.

On se contentera ici de rappeler qu'il est né en 1957, que son premier texte sur support pro (la revue Fiction, en l'occurrence) est paru en 1982, qu'il a depuis publié cinq romans mais que c'est essentiellement dans le domaine des textes courts qu'il s'est taillé une solide réputation, au point que beaucoup le considèrent aujourd'hui comme l'un des meilleurs nouvellistes rançais, sinon le meilleur.

Les éditions l'Atalante ne s'y sont pas trompées, puisqu'elles ont entrepris depuis octobre 2000 de réunir ses nouvelles au sein de petits recueils, l'ensemble constituant une intégrale des plus recommandable - le dernier volet, le septième à ce jour, intitulé Les Harmoniques célestes, vient d'ailleurs de paraître.

Courez-y, c'est du tout bon, et pour mince qu'il soit, le volume en question n'en propose pas moins trois inédits !

 

Bifrost

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Dunyach - Les Harmoniques Célestes - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté le 26 septembre 2011 -
Jean-Claude Dunyach, avec ce recueil posé devant lui, participait, lors des récentes Imaginales, à une table ronde ayant pour thème " le renouveau de la SF française ". Après avoir lu les nouvelles qui composent cette anthologie, cette participation semble en effet évidente.
 
En effet, on y voit la science-fiction recommencer à explorer, loin de toute chatoyance évidente et autres grands évènements cosmiques, ces grands thèmes humains, et donc éternels, peut-être, que sont la mort, les paradoxes, le temps, la communication, et quelques autres. Et le choix de la nouvelle titre s'imposait, certainement.
 
On y trouve, donc :
 
Les harmoniques célestes : Il pensait pouvoir offrir aux mourants une vision de paradis qui les consolerait, mais ceux qui ont vu l'enfer l'ont destabilisé, il a arrêté toutes ses recherches, et disparu. Jusqu'à l'entrée de Mademoiselle dans sa vie. Cette nouvelle ouvre le recueil de façon paradoxale, puisqu'il y est question de la fin, et la référence discrète à Apollinaire m'a donné à penser que le personnage du chercheur était sans doute plus centré sur soi que je ne l'avais vu précédemment.
 
La fin des cerisiers : Tout va mal pour l'équipe américaine en tournage dans ce Japon étrange de 1972 : les cerisiers sont défleuris, il pleut, et leurs financiers japonais n'aiment pas les modifications de scénario imposés par la vedette hollywoodienne. Ce texte en demi-teinte et en non-dits rappelle, non sans une ironie cruelle, que c'est notre rapport à la mort, et par conséquent à la valeur de la vie, qui nous détermine, et qui nous permet de communiquer, en tant que culture et que société.
 
Les coeurs silencieux : Le chimiste qui a créé la molécule de l'empathie, qui s'est débrouillé pour la mettre à la disposition de tous, et qui s'est même chargé de la diffuser en personne dans les pires endroits de la planète, est en train de mourir. Seul, selon son choix. Cette " utopie ambiguë ", pour reprendre les mots de Le Guin à propos de ses Dépossédés, évoque la tyrannie aliénante que peut être la présence constante des autres, surtout quand on connaît leurs émotions, et la nécessité de la solitude.
 
Repli sur soie : Richard a été toute sa vie obsédé par la complexité, les codes, et la recherche de l'équation qui contiendrait dans ses plis l'univers entier. Le paradoxe étrange entre complexification et simplification, la recherche permanente de soi à travers le monde, la solitude, le rapport, encore une fois, au temps et à la mort, sont au centre de ce texte superbe, certainement le plus abouti du recueil, et que je ne prétends certes pas avoir totalement déchiffré, malgré deux lectures attentives. Jean-Claude Dunyach peut écrire magnifiquement, et cette nouvelle, dont il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle ait reçu le prix Rosny aîné en 2008, suffirait à le prouver, s'il en était besoin.
 
Aime ton ennemi : Les chercheurs chargés d'éradiquer l'algue toxique Caulerpa toxifolia cachent quelque chose, à l'évidence. Cayre fouinera jusqu'à découvrir quoi. La façon dont mort et vie s'entrelacent dans cette nouvelle, le paradoxe donné dès le titre, la rendent intéressante, même si elle souffre un peu de la proximité de la précédente.
 
Visiteur secret : Deux adolescents s'apprêtent à faire l'amour pour la première fois, quand un étrange visiteur apparaît. Il est difficile de parler de ce texte court sans le déflorer, et je dirai seulement qu'il aborde aux rivages secrets du temps et de ses différentes formes.
 
Lors de la table ronde que j'évoquais en préambule, Jean-Claude Dunyach disait avoir besoin d'écrire au sein de la " mosaïque " des écrits de ses confrères en SF. Le paradoxe est, selon moi, que l'isolement, plus encore que la solitude, apparaît dans la plupart des textes qui constituent ce recueil, qu'il soit explicite (Les coeurs silencieux, la fin des Harmoniques célestes), ou pas (Repli sur soie, dans laquelle Richard dit " J'ai vécu dans un univers peuplé essentiellement d'ombres de moi-même ", Visiteur secret, voire La fin des cerisiers, d'une certaine façon). D'autres lecteurs y verront d'autres thèmes centraux, mais nul doute que tous se régaleront de découvrir ces textes passionnants.
 
Mureliane
Les Chroniques de l'imaginaire
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Dunyach - Les harmoniques célestes - Bifrost
Posté le 10 novembre 2011 -

Les Harmoniques célestes, recueil homogène dont le titre correspond parfaitement à son auteur, confirme une fois encore que l'on tient en la personne de Jean-Claude Dunyach l'un des meilleurs nouvellistes français. Les idées sont brillantes, exposées de manière claire sans basculer dans une sécheresse de cours magistral, l'emphatie omniprésente mais bien souvent pondérée par une once d'acidité très humaine et la construction soignée fait des échos au propos. On en redemande.

Bruno Para

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Dunyach - Les harmoniques célestes - Ymaginères
Posté le 27 février 2012 -

Dans ce nouveau recueil de nouvelles, Jean-Claude Dunyach nous emmène aux confins de la vie, là où elle s’achève… et là où elle recommence. Ces variations sur ces deux thèmes qui s’enchevêtrent et se mêlent au fils des récits nous ouvrent des horizons nouveaux sur le sens que chacun peut donner à un événement marquant de son existence, fût-il le dernier.

Avec sa prose dense et précise, cet auteur nous démontre l’importance du mot juste, à la place précise : nul besoin de logorrhée pour arriver à son but, seules quelques phrases ciselées avec minutie suffisent à nous transporter au coeur de chaque histoire.

Ainsi « Les harmoniques célestes » nous emmènent à la recherche des Near death expériences, tandis que « La fin des cerisiers » relate un tournage dans lequel le Japon traditionnel affronte les illusions d’Hollywood. « Les coeurs silencieux » raconte, quant à lui, la toute fin solitaire d’un homme qui, pourtant, a vaincu à jamais la solitude humaine, alors que « Repli sur soie » marie philosophie et physique quantique. « Aime ton ennemi » nous propose une solution inédite face aux problèmes écologiques qui se précisent à notre horizon ; enfin, la courte nouvelle

« Visiteur secret » s’enroule à l’infini tel un ruban de Möbius offert à l’homme.

Dans toutes ces nouvelles, de plus en plus courtes, nous retrouvons la grande humanité de Jean-Claude Dunyach, sa curiosité bienveillante face à l’humanité, son absence de tout jugement couplées à ses propositions de solutions pour un avenir meilleur.

Lisibles à plusieurs niveaux, ces récits nous enchantent, nous émeuvent, nous touchent au plus profond de notre être, pour enfin nous faire réfléchir au sens de la vie… et de notre vie.

Du grand Dunyach.

 

Françoise Boutet

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Dunyach - Les harmoniques célestes - Wagoo
Posté le 24 novembre 2011 -

Il aura fallu attendre quatre ans pour voir paraître ce septième tome de l’intégrale des nouvelles de Jean-Claude Dunyach. Sur les six textes qu’il contient, la moitié ont déjà fait l’objet de publications dans la revue Bifrost ou dans une anthologie, les trois autres étant totalement inédites. C’est en particulier le cas de la nouvelle éponyme, qui occupe à elle seule près de la moitié du recueil. Construite comme une enquête sur les effets d’une machine reproduisant les expériences de mort imminente, à travers la culpabilité de son concepteur et la haine qui lie un père et sa fille adoptive, c’est un texte prenant de bout en bout, vision matérialiste d’un idéalisme qui se fait ici strictement individuel…

« La fin des cerisiers » est un texte émouvant qui aborde la difficile frontière entre la réalité et la fiction -ici, celle du cinéma-, tout autant qu’il compose une ode au Japon historique et critique l’uniformité d’une culture-monde américanisée. Autre histoire pleine d’empathie et d’humanisme, « Les cœurs silencieux » met en scène un apparent bienfaiteur de l’humanité, inventeur d’une pilule qui permet à chacun de ressentir les émotions de ses semblables, gage d’un monde pacifié… ou totalitaire, faisant disparaître l’intimité et ce noyau d’égoïsme qui nous est indispensable ? « Visiteur secret » est de prime abord plus anecdotique, mais cette brève histoire du voyageur du temps est aussi la métaphore de ces souvenirs chéris, de ces premières fois qui demeurent gravées à jamais. Quant à « Aime ton ennemi », écrite à l’origine pour l’anthologie Moissons futures, c’est une bouffée d’espoir face à la pollution grandissante de notre planète, un espoir un tantinet naïf, qui passe par la modification du métabolisme végétal et animal…

Mais la nouvelle de loin la meilleure est « Repli sur soie », qui fut d’ailleurs primée en son temps. Touchante, fascinante, elle condense à merveille tout le talent de l’auteur, son empathie et sa poésie à travers une vision de la réalité aux multiples facettes, cristal résultant du pliage sous toutes ses formes, ou comment faire de l’origami quantique…

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Dunyach - Les harmoniques célestes - Obiwi
Posté le 13 avril 2012 -

Mais pourquoi connait-on si peu Jean-Claude Dunyach? Comment se fait il que ses récits ne soient pas encore dans tous les bons manuels scolaires? Et bien peut-être parce qu'il le veut bien!

J'ai eu vent de Jean-Claude Dunyach par le biais de Bernard Werber qui en parlait sur le fameux réseau social que la décence me propose de ne pas nommer ici. La curiosité m'a amené à lire ses récits de science-fiction dans un recueil au titre lyrique: "Les harmoniques célestes". Plusieurs histoires au menu de ce livre dont celle sur un scientifique rattrapé par des Expériences de Mort Imminente tragiques (tiens, ça rappelle un peu les Thanatonautes!!!), mais aussi une fable "métaphorigamique" sublime récompensée par le prix Rosny aîné en 2008 dans la catégorie nouvelle ("Repli sur soi"), ou encore celle sur un cousin éloigné d'Aldous Huxley, créateur d'une pilule amplifiant l'empathie et vivant son dernier soupir.

L'auteur est à la base un scientifique confirmé, ce qui donne une valeur certaine à ses fantasmes (pas si fictionnels que ça finalement). Mais ce qui m'a subjugué, c'est le sens raffiné de sa prose. Ce livre est parfumé de phrases tourmentées mais si bien tournées. Cet homme à la poésie dans les veines, celles-ci étant directement reliées à la plume de ses écrits. Mais alors pourquoi n'entendons-nous jamais parlé de Jean-Claude Dunyach? Peut-être parce qu'il est l'un des chantres de l'auto-édition. Il explique d'ailleurs, sur son site internet, comment faire soi-même un livre numérique et le mettre en vente légalement (ce qui ne doit pas plaire à tout le monde!!!). Peut être parce que sa photo perso sur son site le fait ressembler à un scientifique canadien des années 80. Ou peut être tout simplement parce qu'il a autre chose à faire que d'aller se dandiner sur les plateaux de télévision (et c'est tout à son honneur!).

Par conséquent, je ne souhaite à cet homme aucune notoriété spécifique pour qu'il puisse ainsi continuer à nous faire voyager sans contrainte. Merci Monsieur Dunyach.

 

Geckotong

Obiwi

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Dunyach - Les harmoniques célestes - Les mondes imaginaires
Posté le 10 juin 2013 -

Les Harmoniques célestes est un recueil de 6 nouvelles écrites par Jean-Claude Dunyach, la référence selon moi en terme de nouvelles de science-fiction.

Il n'est pas facile de parler de ce livre sans en dévoiler trop. Chaque texte est un petit bijou où l'auteur joue magnifiquement avec les mots pour nous emmener où il le désire. 

Le thème central du recueil est la mort. Un thème vaste que l'auteur explore de bien des manières mais avec une réussite constante. Je retiendrai particulièrement la nouvelle éponyme Les harmoniques célestes. On y suit deux personnages complexes en quête de vengeance ou de rédemption. Un délice.  

« Je tournai autour d'elle pendant qu'elle parlait, admirai la précision chirurgicale avec laquelle elle enroulait autour de son index une mèche de cheveux, avant d’asséner une phrase qui faisait voler en éclats toutes mes certitudes.» 

J'ai aimé me plonger dans les différentes aventures que nous propose Jean-Claude Dunyach mais encore plus j'ai apprécié la complexité avec laquelle il aborde le thème de la mort. Une réflexion fascinante entre empathie et cynisme qui force le respect.  

« Si on sait où chercher, le monde est rempli de codes : ce que les gens disent et ce qu'ils cachent, ce qu'ils acceptent qu'on déchiffre et ce dont ils ne possèdent pas la clé. On peut passer sa vie à se regarder soi-même, jusqu'au vertige. Mais les mystères les plus évidents déçoivent un jour ou l'autre. »  

Les Harmoniques célestes est un recueil brillant. Les nouvelles rédigées dans un style parfaitement maîtrisé exposent des idées originales et passionnantes . Il serait criminel de passer à côté de ce livre ! 

Note : 9/10 

Olivier

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Événement - Jacques Demy, la comédie musicale
Posté 03 décembre 2018 -

Une conférence de Jean-Pierre Berthomé sur la comédie musicale à l'écran / Jacques Demy : héritier et modèle aura lieu le jeudi 6 décembre à la Cité de la Musique de Paris. Pour l'occasion, redécouvrez Jacques Demy et les racines du rêve en édition augmentée !

Billeterie en ligne ici.

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Rencontre - Camille Leboulanger
Posté 28 novembre 2018 -
Camille Leboulanger sera en dédicace :
- le samedi 8 décembre à la librairie L'Atalante (Nantes) ;
- et le samedi 15 décembre à la librairie Imaginaute (Tours).

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Sélection - Prix Libr'à Nous Imaginaire
Posté 28 novembre 2018 -

Nous sommes heureux de découvrir Le Chant du coucou sélectionné dans la catégorie Imaginaire du prix Libr'à Nous !

Retrouvez les autres romans en compétition sur leur site.

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Rencontre - Catherine Dufour
Posté 21 novembre 2018 -
À l’occasion de la parution d'Entends la nuit, retrouvez Catherine Dufour en dédicace :
- à la librairie L'Atalante le samedi 8 décembre (Nantes) ; 
- et à L’Astrolabe le 13 décembre (Paris). 
 
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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2019. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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