Les 3 livres en un seul volume, avec 10 illustrations originales de Gess;
Un bon auteur français de science-fiction, ça existe ?
Pierre Bordage en fait l'éclatante démonstration dans Les Guerriers du silence.
Et voilà le premier livre de cet ex-étudiant nantais devenu journaliste parisien, àranger aux côtés des Michael Moorcook et autres Orson Scott Card. Catégories rêveurs de mondes.
Bruno MENARD, Ouest-France, 7 mai 1993
La Citadelle Hyponéros achève d'admirable façon un space-opéra qui n'est pas un simple roman d'aventure spatiale, même un tant soit peu sophistiqué, puisqu'il propose aussi une réflexion sur l'exercice du pouvoir, qu'il soit temporel ou religieux...
Jacques Baudou, Le Monde, 5 février 1999
Fidèle au souffle épique des deux premiers tomes et débordant d'une imagination toujours aussi fertile, Pierre Bordage conclut son cycle des Guerriers du silence de main de maître avec La Citadelle Hyponéros. Et donne ainsi à la SF française l'un de ses chefs-d'oeuvre.
Guillaume BOUILLEUX, Le Figaro, 23 janvier 1996
Avec ce second volet de la brillante saga des Guerriers du silence amorcée l'an passé, Pierre Bordage persiste et signe dans la plus pure tradition de l'opéra épique de l'espace ; une tentative rare dans le milieu de la science-fiction française.
S.BOILLOT, La Revue du Chat Noir n°4
Les Guerriers du Silence est une trilogie de Pierre Bordage, composée du tome qui donne son titre à la série, suivi de Terra Mater et de La Citadelle Hyponéros. On peut situer cette série dans le genre du space opera, de par son foisonnement de planètes, aux cultures, faunes et flores des plus variés. Il y a là beaucoup d'imagination à l'oeuvre et tous les mondes décrits sont vraiment plaisants à découvrir.
L'intrigue est elle aussi à la hauteur du genre: les héros se battent pour sauver l'univers. Mais on quitte là les stéréotypes: la quête pour la préservation du monde connu est avant tout spirituelle et les héros de ce roman ne sont pas des guerriers flamboyants.
Pierre Bordage renouvelle ainsi de manière très intelligente la lutte du bien contre le mal, car le sujet est ici beaucoup moins simple. L'univers est dévoré par l'Incréé, une force qui n'a, en soi, rien de maléfique: elle est simplement l'opposé de la création, c'est-à-dire de tout ce qui est vivant ou participe à la vie, comme les étoiles et les planètes. Les humains étant la source et le vecteur de la création, ils ont le pouvoir naturel de lutter contre l'Incréé. Hélas, les humains doutent, craignent, s'énervent, se disputent, se replient sur eux-mêmes et font ainsi le jeu de l'Incréé, se coupant de leurs capacités créatrices. Loin de voir la divinité en eux-mêmes, ils vont la chercher dans diverses religions plus ou moins toutes oppressives (visiblement, Pierre Bordage a des comptes à régler avec la religion).
Par certains aspects, Les Guerriers du Silence peut paraître comme une oeuvre pessimiste: les humains passent leur temps à se faire la guerre et à s'asservir les uns les autres. Quelles que soient les planètes, les cultures ou les religions, on retrouve à chaque fois une petite caste dirigeante qui maintient le gros de la population dans la peur et l'ignorance. Ce manichéisme est parfois un peu irritant. Evidemment, on peut voir cela comme le reflet de notre société, si ce n'est que nous avons la chance d'avoir la consommation pour oublier notre statut de hamster dans sa roue.
Toutefois, cette série est loin d'être aussi sombre, car elle montre l'espoir que peut apporter une poignée d'humains. Qui plus est, cet espoir est au fond de chacun d'entre nous, ce n'est pas une ressource accessible seulement à quelque héros doté de super-pouvoirs. C'est là que le livre prend toute sa dimension spirituelle, fondée en partie sur le bouddhisme, mais décidément syncrétique.
J'ai beaucoup aimé ce mélange de grande aventure et de spiritualité, qui n'est pas sans rappeler Dune, mais avec un côté plus intimiste et, donc, plus facile à s'approprier. Les aspects spirituels ont fortement résonné avec mon cheminement actuel, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout en entreprenant cette lecture. D'ailleurs, ma réflexion récente sur la création est en partie issue de cette lecture. La richesse de l'ensemble fait que j'ai véritablement dévoré les quelques 1'800 pages au total. Je n'ai trouvé que quelques petites longueurs vers le milieu du troisième tome, quand les péripéties s'accumulent et que l'on s'impatiente un peu d'arriver à la résolution.
Un superbe roman, une très grande lecture, avec des scènes absolument mémorables, magnifiques de sentiments et d'émotion, comme le passages des xaxas et la rencontre finale entre les douze membres de la dewa et l'Incréé. Merci beaucoup, Monsieur Bordage.
François
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