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John Scalzi

Les enfermés

Les enfermés

Date de parution : février 2016


Traduit par : Mikael Cabon
Illustrateur : Peter Lutjen


ISBN13 : 9782841727476

Nombre de pages : 384
Prix : 21,00 €
État : disponible

Un nouveau virus extrêmement contagieux s'est abattu sur la Terre. Quatre cents millions de morts. Si la plupart des malades, cependant, n'y ont réagi que par des symptômes grippaux dont ils se sont vite remis, un pour cent des victimes ont subi ce qu'il est convenu d'appeler le « syndrome d'Haden » : parfaitement conscients, ils ont perdu tout contrôle de leur organisme ; sans contact avec le monde, prisonniers de leur chair, ils sont devenus des « enfermés ».
Vingt-cinq ans plus tard, dans une société reformatée par cette crise décisive, ces enfermés, les « hadens », disposent désormais d'implants cérébraux qui leur permettent de communiquer. Ils peuvent aussi emprunter des androïdes qui accueillent leur conscience, les « cispés », voire se faire temporairement héberger par certains rescapés de la maladie qu'on nomme « intégrateurs »...

Haden de son état, Chris Shane est aussi depuis peu agent du FBI. À sa première enquête, sous la houlette de sa coéquipière Leslie Vann, c'est justement sur un intégrateur que se portent les soupçons. S'il était piloté par un haden, retrouver le coupable ne sera pas coton.
Et c'est peu dire : derrière une banale affaire de meurtre se profilent des enjeux colossaux, tant financiers que politiques.
  • Revue de presse
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Scalzi - Les Enfermés - Quelquepartentreleslignes
Posté le 14 avril 2016 -

C’est du Thriller ça, non? Il y a du sang, une victime, un canapé poussé par la fenêtre de la chambre d’un hôtel. Il y a Chris Shane, fils d’un riche magnat de l’immobilier, toute nouvelle recrue du FBI qui mène ici sa première enquête.  Il y a Leslie Vann, partenaire de Chris Shane au FBI, qui boit, qui fume… Il y a donc un corps, un mystère, un enquêteur endommagé…

Mais il y a aussi un monde imaginé par l’auteur, qui colore son roman d’une teinte purement SF. Chris Shane est un « Haden ». Pour faire simple, les Hadens sont atteints d’un virus (une forme particulière de grippe) qui les prive de l’usage de leur corps. Chris Shane utilise donc un androïde qui abrite son esprit, pour évoluer dans le monde qui l’entoure. Sa partenaire Leslie Vann est une ancienne « intégratrice », son cerveau a été modifié suffisamment pour être en mesure de créer un réseau neuronal avec un Haden, afin que celui-ci puisse utiliser son corps plutôt qu’un androïde.  La construction de ce monde futuriste est franchement réussie: tout paraît plausible. Je me suis très rapidement familiarisé avec ce contexte, l’auteur jouant avec notre imaginaire sans jamais tomber dans le grotesque.

Autre point fort du roman, la critique sociale sous-jacente. Il est question du traitement du handicap, de troubles civils, d’oppression des minorités et du danger que représente certaines grandes entreprises avides de pouvoir et de gain.

Mais finalement, ce qui m’a le plus impressionné, c’est la création d’une véritable culture néo-technologique. Au lieu d’envisager un destin post-apocalyptique avec cette méchante grippe, Scalzi imagine une nouvelle société qui intègre les Hadens. Les Hadens ont créé un monde virtuel appelé « l’Agora » où ils peuvent interagir les uns avec les autres, à tel point que certains Hadens, qui ont contracté le virus étant nourrisson, sont plus à l’aise dans ce monde virtuel que dans la réalité.

Ce roman m’a franchement enthousiasmé pour les deux facettes qu’il présente: tantôt SF, tantôt Thriller. Un vrai divertissement donc.

Quelque part entre les lignes

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Scalzi - Les enfermés - Le culte d'Apophis
Posté le 28 février 2016 -

John Scalzi a jusqu’ici publié deux types assez distincts de romans : d’une part une série de SF militaire (Le vieil homme et la guerre), et d’autre part des romans de SF isolés, ayant pour la plupart une particularité les distinguant de la SF standard : relever de la science-fantasy (Deus in machina) ou de l’humour, voire la parodie (Redshirts, Imprésario du troisième type). Rien de tel ici, et on comprend, dès la quatrième de couverture, que le désopilant ne va pas vraiment être de la partie. Cela ne veut pas dire que l’humour est absent, mais que le ton général est autre. Après tout, on parle d’une effroyable pandémie et on suit une enquête pour meurtre…

Signalons qu’un second texte est proposé à la suite du roman, dans lequel de nombreux narrateurs détaillent les événements à l’origine du nouveau monde décrit dans le livre. Ce texte, très vivant et d’une richesse exceptionnelle en terme de worldbuilding, est un gros plus par rapport au roman, qu’il complète efficacement (j’en reparle en fin de critique).

C’est avec grand plaisir que j’ai lu ce roman de John Scalzi, qui, finalement, se révèle assez peu prévisible, et qui est en tout cas d’un intérêt constant. Le worldbuilding de l’auteur, très solide, est réellement digne d’éloges. C’est pour moi le meilleur roman de l’auteur à ce jour, en tout cas un net cran au-dessus de sa production habituelle (de bonne qualité générale, mais il y a un gouffre entre le bon et l’excellent, qui vient sans-doute d’être franchi dans ce cas). Une suite est apparemment prévue, et c’est avec impatience que je l’attends.

Clairement, de toutes les nouveautés que j’ai eu l’occasion de lire en ce début d’année 2016, ce roman s’est révélé être le plus enthousiasmant grâce à la richesse de son contexte et de son intrigue. A moins qu’il y ait une avalanche de chefs-d’oeuvre d’ici fin décembre, il est bien parti pour être un sérieux candidat au prix Apophis SF de l’année, et en tout cas assuré d’être dans le top du top.

Le contexte

Un virus a provoqué une pandémie qui a fait 400 millions de morts (dont 4 aux USA). La maladie possède plusieurs phases, qui sont les suivantes :

Le virus provoque d’abord une forme de grippe particulièrement virulente, pouvant entraîner la mort, mais aussi disparaître en quelques jours après quelques vagues symptômes, voire aucun.

1/4 à 1/5 des survivants ayant développé la totalité des symptômes grippaux subissent ensuite une forme très agressive de méningite, qui peut avoir plusieurs conséquences : la mort, la survie sans séquelles (ou avec des séquelles qui sont traitables et disparaissent) ou la survie avec séquelles neurologiques ou cognitives (du genre diminution drastique du QI). Cette phase est responsable du quart des décès dus à la maladie.

Certains survivants de la phase 2 subissent la phase 3 : ils sont atteints d’une forme de  Locked-in syndrome (on devient alors un « Haden », du nom de la patiente la plus emblématique atteinte, la Première Dame des USA), ou, dans de très rares cas (10 000 sur toute la planète), ils restent valides mais subissent des modifications profondes du cerveau les rendant apte à être Intégrateur (voir plus loin). Rien qu’aux Etats-Unis, il y a 4.5 millions d’Haden (40 dans le monde). Un Haden, donc, est « enfermé »dans son propre corps : il ne peut pas bouger, ni parler, mais à part ça ses sens et son intellect fonctionnent normalement.

Aucune date n’est donnée dans le roman, mais le texte supplémentaire précise que la pandémie s’est déclarée alors que le monde comptait 7 milliards d’habitants, ce qui place donc le début de l’épidémie entre aujourd’hui et 2020, en gros. En tout cas, l’intrigue démarre 25 ans après les premiers cas.

Lorsque ces derniers ont eu lieu, un effort international massif (plusieurs milliers de milliards de dollars) a été mis en place pour créer des technologies nouvelles permettant aux Hadens de retrouver un semblant de vie normale. D’où la création de prothèses cérébrales informatiques greffées dans le cerveau et de corps artificiels (appelés « Cispés » -une référence à Z6-PO, comme se qualifie elle-même la Première Dame la première fois qu’elle en pilote un-) contrôlés par téléprésence via les dits implants, qui permettent à un Haden de « se » (le vrai corps restant dans une cuve médicalisée) déplacer, de communiquer, etc.

Le même genre de technologie lui permet de partager le corps d’un Intégrateur, la conscience de ce dernier restant « en veille » pendant ce temps, mais apte à reprendre un contrôle total si nécessaire. Cependant, louer les services d’un Intégrateur revient cher (et ils sont très peu nombreux), ce qui les réserve le plus souvent à une certaine élite, mais permet de continuer à ressentir certaines impressions (le goût, par exemple) inaccessibles à un Cispé. De plus, l’utilisation d’un corps organique d’emprunt met les gens beaucoup plus à l’aise dans certains milieux ou circonstances. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer leurs services sur leurs propres deniers, l’administration organise une « loterie » où le lot est une journée d’intégration.

Les Cispés sont conçus pour être aussi proches, en termes de capacités, des humains que possible, à la fois pour en faciliter le contrôle par téléprésence et pour éviter une peur du grand public du type « syndrome Terminator ». La grande différence est l’absence de goût, de fonctions organiques (sexuelles, digestives, etc) et (pour la plupart) l’absence d’expressions sur le visage (qui reste figé, comme celui de Z6-PO), bien qu’on rencontre dans le roman des Cispés dotés d’expressions et de traits du visage configurables. Tous les sens du Cispé sont « réglables », y compris la perception de la douleur. L’Haden peut aussi régler quelle part de sa conscience de « soi » est dévolue à son vrai corps et à son Cispé, certains oubliant totalement qu’ils possèdent le premier (qui doit cependant être nourri et « entretenu » par des infirmiers sous peine de mort ou de troubles divers, les escarres par exemple).

Les conséquences de l’apparition d’une nouvelle culture propre aux Hadens, ayant un rapport différent au monde physique et à l’ensemble des éléments de la vie quotidienne, sont bien décrites, tout comme certaines particularités, comme le fait de se « regarder soi-même » (regarder son corps réel depuis son Haden) ou l' »intégration transgenre » (un Haden masculin intégré dans un corps féminin par exemple). Les Hadens (ou « enfermés ») sont tous reliés par un espace en Réalité Virtuelle appelé l’Agora, et disposent d’un espace virtuel privé librement configurable (celui du protagoniste ressemble aux grottes de Waitomo ou à la Batcave, ça dépend de la culture de celui qu’il y invite !), où certains passent plus de temps que dans le monde physique. Il existe même un cas qui a contracté le virus au stade fœtal, qui a survécu (ce qui est très rare) et n’a jamais connu le monde physique à proprement parler, étant né « enfermé ».

Protagoniste et thèmes

Le protagoniste est Chris Shane, fils de milliardaire (et de politicien) et star des Hadens : c’est en effet lui que sa famille et le lobby pro-Haden a mis en avant, dès son enfance, pour faire accepter les Cispés au public. Au moment où l’intrigue démarre, il commence sa carrière au FBI et enquête sur un meurtre impliquant un Intégrateur. Le contexte est tendu, puisqu’une loi qui vient d’être adoptée va sévèrement réduire l’aide publique aux Hadens.

Il fait équipe avec une ex-Intégratrice, bien entendu désabusée, cynique, au mauvais caractère, alcoolique, fumant comme un pompier et oubliant son dégoût de l’humanité dans les rencontres d’un soir. Bref, vous l’aurez compris, entre ça et l’enquête policière, on est dans le cliché (bien que, si le comportement de la coéquipière est stéréotypé, l’explication de ce dernier est, elle, beaucoup moins convenue), le police procedural, comme disent les américains. Tous les éléments mis bout-à-bout, on pense à des séries ou des films comme Extant (pour la controverse auprès du grand public autour de l’intelligence artificielle pilotant un androïde), Almost Human, Real humans ou encore Clones de Jonathan Mostow. Si le mélange n’est pas à proprement parler original, donc, il reste cependant efficace, et surtout, on reste admiratif devant la minutie de la description du monde.

L’aspect « police du futur » est bien rendu, bien qu’on reste, à ce niveau, relativement loin d’un livre comme La grande route du Nord de Peter Hamilton. Etre un agent du FBI Haden aux « commandes » d’un Cispé a des tas d’avantages : on dispose d’un modem / radio / téléphone intégré, de la vision nocturne (du moins c’est le cas pour le modèle de luxe que le protagoniste emploie : tous les Cispés ne se valent pas, tout comme toutes les « Enveloppes de combat » ne se valent pas dans le cycle de Takeshi Kovacs de Richard Morgan, par exemple), on résiste aux balles et au souffle d’une grenade, et surtout, on peut se déplacer instantanément, dans des Cispés loués / réquisitionnés, d’une côte à l’autre des Etats-Unis instantanément. Ce dernier point permet à l’auteur de faire voyager son enquêteur en un temps très court sur un grand nombre de lieux ayant un rapport avec l’enquête, ce qui n’est normalement possible que dans les univers de SF les plus avancés (téléportation, etc).

On retrouve les réflexions déjà menées par John Scalzi autour de la perte d’autonomie dans son cycle de SF militaire (vues du côté de la vieillesse et pas de personnes atteintes d’une maladie), ainsi que l’aspect découplage conscience / corps qui avait également été esquissé dans ces romans. Toutefois, la réflexion est ici bien plus poussée, à mon sens.

L’intrigue, le style, les personnages secondaires

L’intrigue est complexe, notamment en raison du grand nombre de personnages secondaires trempant d’une façon ou d’une autre dans l’affaire de meurtre qui marque le début de l’histoire. De même, il y a beaucoup d’explications sur la technologie des implants, de l’Agora et des Cispés, et il faut parfois s’accrocher pour ne pas perdre le fil. Non pas que ce soit mal écrit, mais la densité d’informations que l’auteur veut faire passer au lecteur est à quelques reprises très importante (mais bon, rien de comparable au Livre Malazéen des Glorieux Défunts non plus !).

Le héros a un background assez riche, surtout au niveau familial. Certains personnages secondaires, tout spécialement Vann, sont intéressants, complexes et fouillés. J’ai personnellement apprécié l’utilisation de personnages Navajos, particulièrement le déficient mental qui, au final, se révèle, dans son genre, plus intelligent que quelqu’un supposé très brillant.

L’histoire est racontée à la première personne du singulier par Chris Shane. J’ai trouvé le style plus fouillé que dans les autres romans de Scalzi que j’ai eu l’occasion de lire, et j’ai apprécié la profondeur des thématiques et surtout la façon très profonde, détaillée, de les exploiter. La narration est fluide et agréable, le rythme (et celui des révélations) est bon et bien maîtrisé. J’ai pris beaucoup de plaisir et d’intérêt à découvrir le fin mot de l’histoire. J’ai particulièrement apprécié la longue phase dans laquelle les « gentils » démontent le plan des « méchants » et le retournent contre eux d’une façon excessivement réjouissante. C’est d’ailleurs l’occasion pour l’auteur de nous proposer plusieurs dialogues extrêmement savoureux.

Genre, place du roman dans la SF contemporaine et dans l’oeuvre de Scalzi

A part le niveau de langage, qui reste accessible à tout le monde, on est pratiquement sur la richesse, dans la description du futur proche et des technologies émergentes, des textes les plus soft de… Greg EganZendegi en tête. On est à la limite de la Hard-SF à vrai dire.

Clairement, si Scalzi restait jusqu’ici pour moi un écrivain efficace, que je prenais plaisir à lire, mais qui ne marquerait pas à long terme le genre d’une empreinte indélébile, il a franchi, avec ce roman, un net échelon supplémentaire. Le roman de la maturité littéraire ? Sans nul doute, à mon sens, et pour le coup, quelque chose qui serait plus digne de recevoir un prix littéraire que Redshirts. Je n’aurais jamais pensé mettre Scalzi sur un relatif pied d’égalité avec ce génie qu’est Egan, mais force est de constater que sur ce roman précis, cette comparaison n’est pas ridicule.

Son roman, même s’il a certains points communs avec Le vieil homme et la guerre (le côté militaire, l’exploration spatiale et les extraterrestres en moins, bien entendu), est tout de même un habile mélange de post-apocalyptique (en un sens) et de SF Transhumaniste (même s’il n’est à aucun moment question de la Singularité qui caractérise en général ce type de SF : néanmoins, il y a une évolution suffisante de la forme de l’homme -du moins des Hadens- pour faire, dans une certaine mesure, la comparaison). Il a même un vague côté cyberpunk (le ton désabusé et cynique en moins), dans la place qu’il accorde aux grandes corporations et à la guerre économique qu’elles se livrent et dans l’utilisation d’implants cybernétiques.

Libération : une histoire orale du syndrome d’Haden

Ce texte supplémentaire, très intéressant, est un très gros plus à la lecture du roman, car il détaille très minutieusement les événements qui ont mené à la situation au début de l’intrigue. Au lieu de faire un froid déballage d’infos, l’auteur a  adopté des points de vue multiples, sous forme d’interviews, celles de gens (médecins, chercheurs du CDC,  médecin personnel de la Maison Blanche, politiciens, cobayes des premiers implants, leurs concepteurs, etc) ayant pris une part active dans l’épidémie, ses tentatives de résolution, la mise au point des implants ou des cispés, etc. Cette narration très vivante est un plus apporté à un texte déjà remarquable : en effet, le worldbuilding était déjà très solide dans le roman, mais il franchit là un impressionnant échelon supplémentaire. A part ceux de Peter F. Hamilton, je peine à trouver un exemple de monde aussi solidement établi par son auteur.

Libération est divisé en plusieurs parties :

La description de la pandémie.
Le syndrome d’Haden.
Le programme de recherche sur les implants.
La mise au point des Cispés.
Le Nouveau Monde (=la société Haden).
25 ans : les narrateurs prennent du recul et examinent la situation et les perspectives d’avenir un quart de siècle après la Pandémie.

Tout est passionnant, mais certains points sont à retenir, comme les pistes données par l’auteur sur l’origine du virus et sa mutabilité et adaptabilité (le concept des 3 phases : en gros, un seul virus provoque trois maladies différentes) : une origine artificielle liée au bioterrorisme est clairement évoquée, bien qu’aussitôt démentie par d’autres narrateurs. Au final, le lecteur s’interroge, mais ne connaîtra pas le fin mot de l’histoire. J’ai personnellement également particulièrement apprécié l’utilisation du concept de vallée dérangeante à propos des Cispés.

Le fait que les Hadens forment une nouvelle société, plus nombreuse que certains groupes religieux aux USA (il y en a plus que de juifs pratiquants ou de musulmans) est très bien décrit : le sentiment d’appartenir à un groupe à part, défini par le fait d’être un Haden avant toute chose, au détriment des clivages traditionnels (sexe, orientation sexuelle, ethnie, religion, statut social, etc) est bien expliqué et exploité.

L’auteur décrit avec une minutie extraordinaire certaines conséquences du statut d’Haden dans la société des « valides », comme une certaine forme d’Apartheid ou les difficultés que rencontre un couple d’Haden auprès des médecins lorsqu’il veut concevoir des enfants biologiques (un corps de femme, même atteint par la phase 3 de la maladie, est tout à fait capable de mener une grossesse à terme, si une insémination artificielle a lieu).

Il conclut en disant que malgré tous les changements de paradigme qu’a subi sa Terre, tôt ou tard, tout finit par s’intégrer dans la vie quotidienne, et ce qui fut jadis extraordinaire (la pandémie, les Hadens, les Cispés) finit par devenir banal, un élément du décor, du quotidien.

 

 

 

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Scalzi - Les enfermés - Temps de Livres
Posté le 03 mars 2016 -
Il y a vingt-cinq ans, un virus extrèmement complexe et contagieux est apparu. S’il plonge la plupart des malades dans un état grippal, un nombre infimes de victimes devient prisonnier de son corps, incapable de le contrôler et de communiquer. Aujourd’hui, ces « enfermés » disposent d’androÏdes, entres autres, pour évoluer comme un être normal, via une interface neuronale. Chris Shane en fait partie. Agent du FBI depuis peu, sa première enquête ne sera pas des plus simples. C’est un « enfermé » qui a commis le meurtre.

Avec Les Enfermés, John Scalzi change de registre. On lui connaissait sa série sur Le Vieil Homme et La Guerre, Redshirts, Impresario du Troisième Type ou Deus In Machina. A chaque fois, l’humour, voire la parodie étaient présents. Ici, c’est rarement le cas. A priori, on se trouve devant une enquête policière banale. Un duo d’agents du FBI, le vétéran ayant mauvais caractère, tandis que le nouveau découvre le métier. Des poursuites, une investigation… Un roman très commun et John Scalzi s’en amuse, car tout le sel de ce roman se trouve ailleurs.
On pourrait penser au film Clones, avec Bruce Willis, mais John Scalzi pousse la réflexion beaucoup plus loin.

Les Enfermés parlent d’handicap et de liberté. Les victimes du syndrome d’Haden (du nom d’une des victimes) sont privés de leurs corps. Ils ont alors plusieurs choix. Soit rester sur un lit et communiquer via une interface. Emprunter un corps d’androïde pour évoluer librement ou évoluer dans le corps d’un être humain (qu’on appelle alors un intégrateur). L’auteur explique de façon simple et détaillée les possibilités et les limites de ces choix, mais il pousse la logique de la maladie et des solutions jusqu’au bout. Comment gérer, ressentir son corps quand on ne le contrôle plus ? Comment choisir un corps ou un humain d’emprunt ? Peut-on dépasser les limites ? A l’opposé du robot, le cispé (la dénomination de l’androïde) n’a pas de capacité extraordinaire, il se rapproche d’un humain. D’où la dénomination Cispé (C6-PO : Starwars).  Quant à l’intégrateur, on peut choisir celui du sexe de son choix. Voilà un autre point intéressant. Chris Shane est le personnage principal mais jamais, on ne saura véritablement son sexe, ni se préférences. Si j’ai mon idée, elle se base sur un mince indice. Saurez-vous trouver de quel sexe est Chris Shane ?
L’auteur n’arrête pas sa réflexion sur ces points. Il montre aussi que ces handicapés peuvent être le jouet du milieu financier. Il fait d’ailleurs un parallèle avec la nation indienne.
L’autre surprise de ce roman, c’est la deuxième partie. Intitulée Libération : Une Histoire Orale du Syndrome d’Haden, le lecteur ne doit pas passer à côté. Il raconte, sous forme de dialogues, toute l’évolution de la maladie. Ca pourrait être pompeux, verbeux… Scientifique et médical, mais c’est simplement expliqué et logiquement démontré. A ne pas manquer !

Sous couvert d’un roman policier, John Scalzi écrit un roman sur les libertés, qu’elles soient physiques, morales ou sociales. On suit avec plaisir ce héros/héroïne, qui victime de sa condition, doit aller au-delà des perceptions pour arriver à ses fins.

Temps de livre - Hervé Beivaire

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Scalzi - Les enfermés - Les lectures du Maki
Posté le 09 mars 2016 -
Pour Chris Shane, son premier jour au FBI commence par l’atterrissage d'une causeuse sur le toit d'une voiture, causeuse jetée du sixième étage. C'est à cette occasion qu'il rencontre sa collègue et supérieure hiérarchique l'agent Vann. Cette affaire leur revient de droit car outre la causeuse, un intégrateur aurait commis un meurtre dans l'appartement où se trouvait le canapé. Et l'agent Vann a pour mission de résoudre les crimes impliquant les Hadens.

C'est donc dans ce contexte que nous découvrons ce "nouveau" monde, vingt-cinq ans après l'apparition d'un virus extrêmement contagieux et mortel qui a décimé plus de quatre cents millions d'hommes et de femmes sur la planète. Ce virus a également "enfermé" plusieurs centaines de milliers de personnes, parfaitement conscientes mais incapables d'esquisser le moindre geste, prisonnières de leur corps, ce sont les Hadens. Grâce aux nouvelles technologies, les Hadens peuvent se mouvoir par l'intermédiaire d'androïdes qu'ils contrôlent à distance et interagir avec le monde extérieur.

D'autres victimes du virus ne sont pas restées "enfermées", leur cerveau a subi quelques modifications qui font d'elles des intégrateurs, c'est-à-dire des personnes en pleine possession de leurs moyens, susceptibles de servir d'hébergement aux Hadens.

Et j'ai oublié de vous dire, Shane est un Haden et Vann une ancienne intégratrice...

Les premières pages sont un peu difficiles à intégrer, beaucoup de nouveaux concepts à visualiser, il n'est pas évident de s'immerger dans ce futur. John Scalzi, nous emmène très loin, les éléments sont savamment distillés les uns après les autres et en quelques pages tout s'éclaire !

Court, vif, rythmé, ce roman est un délice... et l'auteur mène bien sa barque, à aucun moment nous ne sommes perdus, à chercher qui est qui, qui parle par l'intermédiaire de qui, un intégrateur, un Haden, un androïde ou tout simplement un homme épargné par le virus. Du grand art !

Pour résumer, nous avons ici un roman mi-thriller, mi polar dans un futur proche, mêlant anticipation, trans(post)humanisme et cyberpunk. Le tout permettant la réflexion sur des sujets d'actualité comme l’accès aux soins, la mainmise sur la santé par les multinationales, la vie face et avec le handicap, l'acceptation des différences... Ce roman bourré d'humour est un roman humain, un hymne à la liberté.

A la fin du roman, un petit texte supplémentaire nous plonge dans l'Histoire du syndrome d'Haden, de l'apparition de l'épidémie au monde tel qu'il est un quart de siècle plus tard. Ce texte est une succession d'interviews des différents protagonistes, médecins, malades, chercheurs, journalistes, politiciens et personnels de la Maison Blanche. Ce texte enrichit le background et nous permet de mieux comprendre le début de l'intrigue.

Bref, un vrai coup de cœur pour ce livre passionnant de bout en bout.
Les lectures du Maki
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Scalzi - Les enfermés - Un papillon dans la lune
Posté le 21 mars 2016 -
Un virus très contagieux se répand sur la planète, infectant près de la moitié de la population mondiale. Une partie des malades se retrouve enfermée, contrainte de communiquer avec le monde qui l'entoure par l'intermédiaire de machines. Dans le second récit, des témoins de l'épidémie racontent l'apparition des premiers symptômes et ses conséquences sociales.

Le quatrième de couverture m'a tout de suite accrochée, très certainement par son côté déprimant (toutes les personnes à qui j'ai pu faire lire ce résumé m'ont dit "ah ouais quand même") Cependant ce roman n'est absolument pas défaitiste : une partie de la population est enfermée dans son propre corps, OK on va trouver une solution ! Et la solution est trouvée par le biais des Cispés (toute allusion à un robot doré d'une certaine guerre des étoiles étant délibérée), des robots qui peuvent être contrôlés à distance par les enfermés et leur permettre de se déplacer et d'interagir dans la société. L'autre solution est la création d'un espace virtuel où peuvent se retrouver toutes les victimes de cet étrange syndrome, qu'on nomme maintenant les hadens. Enfin, certains ont eu la maladie et s'en sont remis. Ils peuvent désormais servir d'enveloppe corporelle aux enfermés, et on les appelle des intégrateurs.

Les Enfermés est un excellent roman, qui aborde différentes problématiques. Sa base est une enquête : Chris Shane, victime de la maladie et nouvellement agent du FBI, va devoir enquêter sur un meurtre qui semble avoir été commis par un intégrateur. La question étant : l'intégrateur a-t-il agi de son propre chef ou était-il "piloté" par un haden, et si oui qui ? Une enquête prenante qui va permettre à l'auteur d'aborder d'autres sujets, tels que la maladie, le handicap dans la société, l'intégration des personnes différentes, l'éthique des sociétés médicales et des politiques, le capitalisme, l'accès aux soins pour tous...

Je trouve que la force de John Scalzi est de ne pas porter de jugement sur ses personnages. Ils sont humains, simplement, faillibles, avec des qualités et des défauts. Il réalise même un tour de force dont je ne me suis rendue compte qu'à la fin de ma lecture, et que je vous laisserai découvrir par vous même. Assez bluffant, et chapeau au traducteur Mikael Cabon, car c'est probablement encore plus difficile à faire passer en français qu'en anglais !  

Les Enfermés est aussi un roman geek et bourré d'humour et de tolérance. Le contexte est bien développé alors même que le roman est assez court. Le livre contient un second texte, Une Histoire orale du syndrome d'Haden, qui permet au lecteur de comprendre après coup les événements qui ont mené à la situation du roman.

Pour résumer, Les Enfermés de John Scalzi est un thriller post-humaniste publié chez L'Atalante. C'est un excellent roman, rythmé et prenant. L'auteur place l'humain au centre de son histoire, pleine de tolérance et d'humanisme, égratignant largement au passage certaines politiques et la société capitaliste. Il réalise aussi un tour de force littéraire que je vous laisse découvrir par vous-même. Une œuvre à la fois grave et drôle que je ne peux que vous conseiller.
 
Un papillon dans la lune
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Scalzi - Les Enfermés - Daily books
Posté le 27 avril 2016 -

Voilà le genre de livre que j’adore chroniquer. Pourquoi ? Parce que l’on ne peut en dire que du bien. En commençant par l’illustration de couverture qui a le mérite de tirer discrètement l’œil et de ne pas trop en dire sur le contenu. On notera la subtilité qui fait que les personnages différents sont d’une couleur qui, dans nos contrées, n’est pas aussi parlante qu’aux États-Unis où se situe l’action. Et l’on pourra sourire du fait qu’un des personnages est la Nation Navajo. Cette nation amérindienne qui rendit de grands services pendant la deuxième guerre mondiale… Ensuite parce que c’est le genre de livre que l’on a du mal à abandonner pour faire autre chose. Il vous tient en haleine même si vous imaginez la fin. Cela vient du fait que les personnages sont attachants et du fait que l’intrigue est intéressante.

Imaginez une société dans laquelle à la suite d’une maladie, un virus, un pour cent des personnes atteintes ont subi le « syndrome Haden » (du nom de l’épouse du président) et se retrouvent parfaitement conscientes mais ayant totalement perdu le contrôle de leur corps et se trouvent prisonnières de leur chair. Heureusement, l’informatique permet beaucoup de choses et ces Hadens, ces « Klonks » peuvent se payer des corps synthétiques ou être transportés par des vivants éduqués et adaptés pour. Tout est pour le mieux… Mais voilà que l’État qui, jusque-là, aidait la communauté Haden à vivre décide et fait voter une loi qui fait cesser l’aide. Les Hadens vont en quelque sorte être privatisés. Le héros de l’histoire est un Haden qui, malgré la notoriété de son père, a décidé de travailler et entre au FBI, l’héroïne est sa coéquipière, une ancienne transporteuse. Et ils vont se heurter à ceux qui recherchent par-dessus tout le profit. On pourra trouver excessive la manière avec laquelle le héros casse ses corps synthétiques mais on appréciera le tandem avec l’héroïne.

En fin de volume, une histoire orale du syndrome d’Haden, écrite, vous explicitera la maladie et ses symptômes. A vous de mettre des noms sur les malades stigmatisés dans ce roman et prenez la peine d’aller voir si les noms des personnages ne renvoient pas à des éléments de réalité. Le langage informatique utilisé ici s’appelle le Chomsky du nom du célèbre linguiste (en cherchant un peu vous devriez trouver des chroniques le concernant).

Prévoyez un week-end tranquille pour votre lecture.

Noé Gaillard

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Scalzi - Les enfermés - Actusf
Posté le 29 avril 2016 -
Ams tram gram ... C’est toi qui seras malade.... Pic et pic et colégram...

Écrivain américain, John Scalzi est une vraie comète dans le milieu de la science-fiction. Débutant en tant qu’écrivain en 1998 sur son blog Whatever (récompensé en 2008 par le prix Hugo), c’est en 2005 qu’il acquiert une renommée grandissante avec son premier roman Le Vieil Homme et la Guerre, récompensé en 2006 par le prix John Campbell.
 
Les nouveaux Experts
 
Un nouveau virus s’est abattu sur la planète. Les survivants qui ont contracté la maladie dite Syndrome d’Haden sont pour la plupart "enfermés" dans leur propre corps. Conscient et en pleine possession de leurs moyens intellectuels, les "Enfermés" peuvent se projeter dans des corps artificiels appelés "Cispé", ou se servirent d’autres anciens infectés que l’on nomme "Intégrateurs".
 
25 ans après cette épidémie, Chris Shane, "Enfermé", rejoint le FBI et il ne pouvait pas mieux tomber car un intégrateur est accusé de meurtre.
 
I am who I am

 
John Scalzi est un écrivain qui ne fait jamais dans le mélodrame social. Il y a toujours dans ses personnages cette flamme de vie inconstante.
 
Les Enfermés ne déroge pas à la règle !

 
Vivant, rythmé, mordant, ce roman est bien plus que ce qu’en dit le petit mémo intérieur de la jaquette. Au-delà d’une critique sociale sur la place des handicapés et de l’égalité des sexes (dont je ne vois toujours pas le rapport avec le roman pour ce dernier) Les Enfermés est une enquête palpitante dans la lignée de William Gibson. Entre Code source et Neuromancien, ce roman est un renouveau du cyberpunk vu par les années 2016.
 
Une plume simple mais directe, ce roman ne vous laissera pas indifférent et vous fera voyager dans votre propre "Cispé".

Elodie
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Scalzi - Les enfermés - 1001 pages
Posté le 11 juillet 2016 -
Les enfermés de John Scalzi et une petite pépite que je vous recommande vivement.

Le monde tel que nous le connaissons a cessé d’exister suite a une pandémie.Si toute l’humanité n’a pas disparue, la maladie a provoqué de profonds changements.

En effet, l’humanité est désormais découpées en 3 catégories distinctes : les survivants, ceux qui n’ont pas été touchés par la maladie ou qui n’en gardent aucune séquelle, les Hadens, ceux qui ont subit le plus de dégâts et dont le corps ne leur permet plus aucun contact direct avec le monde extérieur (ils sont littéralement enfermés dans leur propre corps) et les intégrateurs, qui ont subis la maladies mais sans arriver au stade de l’enfermement et dont le cerveau a été modifié.

Les premiers ont financé la recherche afin de soigner les autres et d’adapter la technologie aux besoins des malades. Cela a eut pour conséquences de trouver des moyens de permettre aux Hadens de retrouver un semblant de vie grâce aux Cispé, ces espèces de robots contrôlables par les Hadens et leur permettant de « sortir » de leur corps afin d’interagir avec le monde.

Les intégrateur, grâce aux progrès technologique et aux particularités uniques de leurs cerveaux sont capables d’accueillir les Hadens dans leur cerveau et de servir ainsi d’hôtes.

Dans ce monde, le lecteur est propulsé aux côtés de deux agents du FBI, l’un étant un Haden et l’autre une ancienne intégratrice, chargés d’enquêter sur les crimes impliquant des Hadens.

Ce roman est donc une sorte d’hybride mi-thriller mi-science-fiction.

Bien que ce soit le premier livre de cet auteur, j’avoue avoir été très rapidement séduit par son style, à la fois clair et précis ( il n’hésite pas à entrer dans les détails pour nous expliquer le fonctionnement des réseaux neuronaux, des concepts de cybersécurité et ce sans nous noyer sous les informations). Par ailleurs si le ton est relativement sérieux, j’avoue avoir beaucoup apprécié les petites pointes d’humour qu’il distille avec la plus grande parcimonie.
Pour ce qui est de l’intrigue, elle est suffisamment touffue et développée pour que le lecteur lutte pour trouver le fin mot de l’histoire.

Mon unique bémol (car il en faut bien un) concerne l’absence d’un réel twist dans les dernière pages. Mais là, je chipote un peu car pour être honnête ce livre est excellent. Pour preuve : c’est un de ces livres que j’ai été incapable de lâcher du début à la fin ce qui fait que j’ai commencé sur le coups de 15h et que je l’ai terminé dans la nuit.

J’ai également beaucoup apprécié la seconde partie qui nous apporte quelques éléments sur la découverte et la propagation du virus par le biais de différents protagonistes.

Au final, un très bon roman, bien rythmé et bourré d’action dans un univers très plaisant.

J’ai hâte de lire d’autres romans de John Scalzi car ce premier est un vrai coup de cœur que je vous recommande chaudement.

 

Fully-74
1001 pages
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Scalzi - Les enfermés - 1001 pages
Posté le 11 juillet 2016 -
Les enfermés de John Scalzi et une petite pépite que je vous recommande vivement.

Le monde tel que nous le connaissons a cessé d’exister suite a une pandémie.Si toute l’humanité n’a pas disparue, la maladie a provoqué de profonds changements.

En effet, l’humanité est désormais découpées en 3 catégories distinctes : les survivants, ceux qui n’ont pas été touchés par la maladie ou qui n’en gardent aucune séquelle, les Hadens, ceux qui ont subit le plus de dégâts et dont le corps ne leur permet plus aucun contact direct avec le monde extérieur (ils sont littéralement enfermés dans leur propre corps) et les intégrateurs, qui ont subis la maladies mais sans arriver au stade de l’enfermement et dont le cerveau a été modifié.

Les premiers ont financé la recherche afin de soigner les autres et d’adapter la technologie aux besoins des malades. Cela a eut pour conséquences de trouver des moyens de permettre aux Hadens de retrouver un semblant de vie grâce aux Cispé, ces espèces de robots contrôlables par les Hadens et leur permettant de « sortir » de leur corps afin d’interagir avec le monde.

Les intégrateur, grâce aux progrès technologique et aux particularités uniques de leurs cerveaux sont capables d’accueillir les Hadens dans leur cerveau et de servir ainsi d’hôtes.

Dans ce monde, le lecteur est propulsé aux côtés de deux agents du FBI, l’un étant un Haden et l’autre une ancienne intégratrice, chargés d’enquêter sur les crimes impliquant des Hadens.

Ce roman est donc une sorte d’hybride mi-thriller mi-science-fiction.

Bien que ce soit le premier livre de cet auteur, j’avoue avoir été très rapidement séduit par son style, à la fois clair et précis ( il n’hésite pas à entrer dans les détails pour nous expliquer le fonctionnement des réseaux neuronaux, des concepts de cybersécurité et ce sans nous noyer sous les informations). Par ailleurs si le ton est relativement sérieux, j’avoue avoir beaucoup apprécié les petites pointes d’humour qu’il distille avec la plus grande parcimonie.
Pour ce qui est de l’intrigue, elle est suffisamment touffue et développée pour que le lecteur lutte pour trouver le fin mot de l’histoire.

Mon unique bémol (car il en faut bien un) concerne l’absence d’un réel twist dans les dernière pages. Mais là, je chipote un peu car pour être honnête ce livre est excellent. Pour preuve : c’est un de ces livres que j’ai été incapable de lâcher du début à la fin ce qui fait que j’ai commencé sur le coups de 15h et que je l’ai terminé dans la nuit.

J’ai également beaucoup apprécié la seconde partie qui nous apporte quelques éléments sur la découverte et la propagation du virus par le biais de différents protagonistes.

Au final, un très bon roman, bien rythmé et bourré d’action dans un univers très plaisant.

J’ai hâte de lire d’autres romans de John Scalzi car ce premier est un vrai coup de cœur que je vous recommande chaudement.

 

Fully-74
1001 pages
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Scalzi - Les Enfermés - De livres et d'épice
Posté le 27 juillet 2016 -
 Un virus a durement touché les humains à l’échelle mondiale. Parmi ceux qui ont survécu, certains restent enfermés dans leur propre corps, parfaitement conscients mais incapables de bouger ou communiquer : c’est le syndrome d’Haden. Les progrès de la science faisant, 25 ans après il est possible pour ces malades de transposer leur conscience dans des androïdes, les « Cispés », ou des « intégrateurs », des humains pouvant eux aussi abriter de temps en temps les hadens. Chris Shane est haden fraîchement devenu agent du FBI. Sa première affaire, mêlant Cispés et intégrateurs, va prendre une envergure insoupçonnée.

À mi-chemin entre roman policier et science-fiction, Les enfermés m’a rapidement plu. Le background est fouillé et intéressant, la question du handicap mise en exergue par le syndrome d’Haden est, à mon sens, bien traitée et tout à fait crédible dans les sentiments et souhaits des malades. L’intrigue met en scène un duo policier qui, malgré quelques clichés (gentil policier débutant vs enquêtrice expérimentée, désabusée et cynique), fonctionne plutôt bien, avec des personnages attachants ayant chacun un passé riche qui permet de mieux les comprendre. L’intrigue est quant à elle bien menée, la transposition de conscience dans différents corps, humains ou synthétiques, est parfaitement bien exploitée, assurant la cohérence entre la toile de fond SF et l’enquête policière en cours. La fin est un peu trop vite expédiée mais reste néanmoins satisfaisante pour un roman aussi court. La plume de John Scalzi, que je découvrais, est très agréable, empreinte de beaucoup d’humour, apportant une certaine légèreté au récit par moments.
Le livre se termine par un documentaire sous forme de témoignages, études ou reportages sur le développement et la propagation du syndrome d’Haden, qui est un bon complément pour approfondir le sujet, mais ne m’a pas enthousiasmée plus que ça.

Je vous recommande néanmoins vivement cette lecture, qui fut pour moi une belle découverte.
 
Chani
De Livres et d'épice
http://chani-delivresetdepice.blogspot.fr/2016/06/les-enfermes-john-scalzi.html
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Scalzi - Les enfermés - Les libraires masqués du grenier
Posté le 29 juillet 2016 -

Titre paru en SF en début d’année (Non-lecteurs de SF, ne partez pas tout de suite, vous pouvez tout de même y trouver votre compte) et lu sur les conseils de Gaël, Les enfermés mêle anticipation, thriller et politique.

Nous sommes dans un futur proche, une grippe sévère a décimé une partie de la population, épargné certains et condamné d’autres à l’enfermement. Un enfermement extrême : les personnes souffrant de ce mal conservent toutes leurs capacités intellectuelles mais sont incapables d’un quelconque mouvement. Au fil des ans, de nombreuses avancées scientifiques permettent aux « hadens » (les enfermés) de reprendre le contact avec l’extérieur grâce à des robots (Il faut imaginer une sorte de connexion bluetooth à un robot du type 6PO). Leur existence redevient ainsi vivable et ils peuvent mener une vie à peu près normale. Ceci étant dit, les dépenses consacrées aux recherches scientifiques permettant ces avancées technologiques n’est pas au goût de tous et c’est avec un crime énigmatique que débute ce roman.

Gros coup de cœur pour ce roman relativement exigeant (il faut se familiariser avec l’univers technologique qui peut être un peu déconcertant au début) mais passionnant. John Scalzi nous offre une réflexion intéressante sur notre société, portée par des personnages attachants et une intrigue bien menée.

A découvrir

 

Emma

https://gaeletemmalibraires.wordpress.com/2016/07/28/les-enfermes/

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Scalzi - Les enfermés - Gael et Emma libraires
Posté le 11 août 2016 -

Titre paru en SF en début d’année (Non-lecteurs de SF, ne partez pas tout de suite, vous pouvez tout de même y trouver votre compte) et lu sur les conseils de Gaël, Les enfermés mêle anticipation, thriller et politique.

Nous sommes dans un futur proche, une grippe sévère a décimé une partie de la population, épargné certains et condamné d’autres à l’enfermement. Un enfermement extrême : les personnes souffrant de ce mal conservent toutes leurs capacités intellectuelles mais sont incapables d’un quelconque mouvement. Au fil des ans, de nombreuses avancées scientifiques permettent aux « hadens » (les enfermés) de reprendre le contact avec l’extérieur grâce à des robots (Il faut imaginer une sorte de connexion bluetooth à un robot du type 6PO). Leur existence redevient ainsi vivable et ils peuvent mener une vie à peu près normale. Ceci étant dit, les dépenses consacrées aux recherches scientifiques permettant ces avancées technologiques n’est pas au goût de tous et c’est avec un crime énigmatique que débute ce roman.

Gros coup de cœur pour ce roman relativement exigeant (il faut se familiariser avec l’univers technologique qui peut être  un peu déconcertant au début) mais passionnant. John Scalzi nous offre une réflexion intéressante sur notre société, portée par des personnages attachants et une intrigue bien menée.

A découvrir

Emma

Gael et Emma libraires

https://gaeletemmalibraires.wordpress.com/2016/07/28/les-enfermes/

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Scalzi - Les Enfermés - Bifrost
Posté le 06 septembre 2016 -
Depuis bientôt dix ans en France, les romans de John Scalzi se suivent à cadence régulière et ne se ressemble pas. Le dernier en date, Les Enfermés, se déroule dans un futur proche, vingt-cinq ans après qu’une pandémie a causé la mort de plusieurs centaines de millions d’individus à travers le monde. Et ce que les autorités sanitaires ont longtemps considéré comme un virus de la grippe particulièrement meurtrier s’est révélé plus sinistre encore, puisqu’une partie de la population touchée s’est vue dans un second temps atteinte d’une forme de locked-in syndrome, les malades ne pouvant plus ni bouger, ni parler, tout en restant parfaitement conscients.

Devant l’ampleur du phénomène – auquel il convient d’ajouter le fait que parmi les victimes de ce mal figurait la Première Dame des États-Unis –, des centaines de milliards de dollars ont été investis pour extraire les malades de leur prison de chair, avec succès. Lorsque début le roman, les Hadens, comme on les baptisés, peuvent à nouveau mener une vie (presque) normale, en transférant leur conscience soit dans un robot, soit dans un Intégrateur, autre victime du virus capable de servir d’hôte à un esprit étranger.

Chris Shane fait partie de la première catégorie depuis son plus jeune âge. Enfant d’une ancienne star du basket reconvertie en politicien, Shane a choisi de ne pas se reposer sur ses lauriers et a préféré s’engager au FBI. Dès son premier jour au sein de l’agence, en compagnie de sa partenaire, Leslie Vann, la nouvelle recrue va être plongée dans une affaire particulièrement complexe et devoir enquêter sur un meurtre dont le principal suspect est un Intégrateur.

On savait John Scalzi romancier habile ; il le démontre une fois de plus ici. Sous ses airs de banal techno-thriller dont il adopte la plupart des stéréotypes – à commencer par son duo d’enquêteurs dépareillés mais complémentaires –, Les Enfermés révèle très vite une richesse peu commune. La progression de l’enquête permet à l’auteur d’illustrer les spécificités de cet univers, des relations parfois conflictuelles entre les Hadens et le reste de la population jusqu’aux enjeux politico-financiers nés de ce phénomène, tout en évitant le plus souvent les scènes d’explication didactiques et pesantes. En retour, ce contexte particulier nourrit l’intrigue et la conduit dans des directions assez originales.

Outre sa mécanique parfaitement huilée, le roman est d’autant plus agréable à lire que Scalzi s’appuie beaucoup sur la qualité de ses dialogues, enlevés et goguenards, même si, en contrepartie, ils ont tendance à dédramatiser un peu trop les quelques moments graves du récit. À cette réserve près, Les Enfermés est un livre qui se lit d’une traite et s’avère aussi intelligent que distrayant, une combinaison trop rare pour qu’on se permette de passer à côté.
 

Philippe Boulier
Bifrost n°83

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Scalzi - Les enfermés - Lorhkan
Posté le 19 septembre 2016 -

La quatrième de couverture de ce roman m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Un monde futuriste, une épidémie mortelle, d’autres victimes de ce que je considère comme l’un des pires sorts que la vie peut nous réserver (être conscient sans aucune possibilité de communiquer avec l’extérieur), et puis l’émergence d’une technologie qui leur redonne une vie grâce aux « cispés », ces robots que les « hadens » (les victimes du virus, du nom de la First Lady, victime elle aussi), peuvent piloter à distance ce qui leur donne la possibilité de se déplacer, de communiquer, mais aussi avec l’Agora, un réseau en réalité virtuelle réservé aux hadens, ou bien l’existence des « intégrateurs », c’est à dire des hôtes humains qui jouent le même rôle que les cispés mais avec un supplément d’humanité qui facilite les contacts. Ça c’est pour le contexte.

L’intrigue du roman nous met devant un crime. Le suspect, retrouvé sur les lieux même du crime, ne se souvient de rien. Autre problème, ce suspect est un intégrateur, ce qui risque de poser quelques difficultés s’il faut rechercher le haden qu’il a pu héberger et qui lui aurait fait commettre le crime…

Ces quelques lignes soulèvent déjà bien des problèmes éthiques, juridiques, etc… Dans le cas présent, qui est le coupable, l’intégrateur ou le haden ? L’intégrateur a-t-il la possibilité de reprendre le contrôle de son corps devant des faits qu’il réprouve ? Comment savoir s’il l’a fait (ce qui revient sans doute à répondre à la première question au-dessus) ? Un intégrateur a-t-il l’obligation (ou le droit) de donner l’identité du haden qu’il a hébergé ? Plein de questions absolument passionnantes se posent sur le fonctionnement de cette société (et en corollaire, des questionnements plus profonds qui en découlent : les handicapés et leur intégration, l’acceptation de la différence, le communautarisme, etc…) et ce qui est génial c’est que John Scalzi a pensé à tout. Oui, tout ces dilemmes trouvent une réponse, l’auteur distille tous les renseignements sur un monde à propos duquel il a visiblement beaucoup réfléchi. Du coup, ce futur prend une vraie substance, une vraie crédibilité, et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

L’enquête nous emmène donc sur le mode du thriller avec l’agent Chris Shane qui est également haden. Ce personnage va permettre au lecteur de mieux appréhender toutes les difficultés auxquelles font face les hadens, mais aussi tout ce que les technologies récentes leur ont permis de (re)faire. A travers ce personnage, John Scalzi fait preuve d’un didactisme qui sait se faire discret pour bien appréhender cette société humaine qui a été bouleversée par l’épidémie et a dû en quelque sorte se réinventer pour ne pas laisser les hadens de côté. Nouvelle recrue du FBI, Shane (de manière logique, le personnage le plus approfondi du roman) va travailler de concert avec Leslie Vann, sa responsable hiérarchique, qui elle aussi a un passé qui lui donne une certaine profondeur.

Thriller donc, et qui dit thriller dit dynamisme. Roman de 400 pages, Les enfermés ne souffre d’aucun temps mort puisque l’intrigue, passionnante pour ce qu’elle nous fait découvrir de ce monde futuriste plus que pour l’enquête en elle-même, est sans cesse relancée par l’auteur au style tendu et direct, ce qui lui convient parfaitement. 400 pages donc, mais seulement 300 pour l’enquête puisque les 100 dernières sont en fait comme un bonus (mais pas que), une partie intitulée « Une histoire orale du syndrome d’Haden ». Il s’agit en fait d’une compilation de témoignages de différents acteurs (médecins, politiciens, ingénieurs, journalistes, etc…) de la longue période (25 ans) qui s’étend de l’apparition du virus jusqu’à l’époque du roman, en passant par les recherches pour contrecarrer la maladie, la mise au point des cispés, etc… Une partie à nouveau passionnante, tel un documentaire montrant comment la société a flanché puis s’est ressaisie pour inventer quelque chose de nouveau. Très éclairante sur le roman en lui-même, c’est incontestablement plus qu’un simple bonus, c’est une manière originale de densifier une création d’univers (qui se tenait très bien sans elle d’ailleurs).

Et enfin, cerise sur le gâteau (oui ça fait beaucoup de louanges, mais le roman le mérite), le roman se permet un étonnant petit jeu sur le genre masculin/féminin qui, aussi anecdotique qu’il semble être, me paraît pourtant autrement plus efficace, malin et réussi que la lourdingue utilisation systématique du féminin tous azimuts (même couplé à des noms masculins…) dans La justice de l’ancillaire de Ann Leckie par exemple…

Pensé dans les moindres détails, avec une intrigue solide et posant de bonnes questions, d’une grande richesse thématique, Les enfermés est donc un coup de maître de John Scalzi. Cher monsieur, des romans comme ça, j’en reprends quand vous voulez ! D’ailleurs, une suite est déjà prévue, et moi je dis oui !

 

Lorhkan

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Scalzi - Les enfermés - Albédo
Posté le 19 septembre 2016 -

A ce jour, je n’ai lu que peu d’œuvres de John Scalzi. Deux pour tout dire. C’est peu pour tirer des conclusions hâtives et définitives. Cependant, il y a un premier constat que je peux faire. L’américain possède un style qui me convient. Je lui trouve une écriture fluide et une bonne capacité à happer l’attention du lecteur.

Le premier roman que j’ai lu était Le Vieil Homme et la Guerre. J’avais ouvert le livre pour ne le quitter qu’une fois la dernière page achevée. Pour Les enfermés,  2 jours m’ont suffit pour le dévorer jusqu’à la dernière ligne (merci le trajet dans les Alpes).

L’histoire débute à la manière d’un roman policier. Chris Shane, un tout jeune agent du FBI,  débute en fanfare : son premier jour, son premier meurtre. Un jeune homme indien a été égorgé dans une chambre d’hôtel. Le suspect prétend ne se souvenir de rien, et ce n’est nul autre que l’avocat d’un grand magnat de l’industrie Haden qui prend sa défense…

L’homme en question est un intégrateur, il a la capacité neurologique de recevoir un esprit humain dans son cerveau. Chris, est à l’opposé du spectre de la maladie d’Haden : c’est un enfermé. Muré au sein de son corps, il est dépendant des formidables avancées techniques et technologique pour vivre. C’est grâce à sa liaison avec un « transport personnel » (un cispé) qu’il remplit ses devoirs d’agent du FBI et qu’il accomplit ses principales interactions sociales dans l’univers physique. Pour le virtuel, un espace dédié aux hadens existe.

Le lecteur devine assez rapidement quelques éléments de l’enquête menée par le duo du FBI. Si l’identité du principal auteur est relativement évidente, John Scalzi parvient à réserver quelques surprises et rebondissements au lecteur. L’intrigue est maîtrisée de bout en bout, le format relativement court permet une écriture nerveuse et efficace. Ainsi, l’aspect thriller est agréable et le lecteur de SF y trouvera son compte. Certes, pour l’amateur du genre policier, l’histoire risque d’être un peu courte et insuffisamment alambiquée, mais cela reste un détail dans le genre qui nous occupe.

En effet, Les enfermés est un objet littéraire à plusieurs étages. Une fois le premier largué avec efficacité, intéressons-nous au suivant. Scalzi a imaginé une pandémie mondiale touchant des milliard de personnes. Le virus, aérien et malveillant, a vu sa tâche grandement facilitée par les moyens de transports modernes et quelques ironies du destin. La comparaison avec la grippe espagnole permet de se faire une bonne idée  des mécanismes en œuvre. Une belle crédibilité inquiétante pour notre avenir.  Cela permet de propulser le 3° étage sur une orbite étudiée. En effet, le virus a fait des milliard de victimes : une partie de la population touchée s’en est remise, les morts sont légion, alors que les autres ont vu la structure interne de leur cerveau modifiée… A l’échelle de la planète, cette maladie a eu de multiples effets, notamment sanitaires, économiques et politiques avec des effondrements massifs d’états et de continents.

Enfin, pour terminer en « beauté » ce périple infernal, John Scalzi propose en fin de son roman, une histoire orale de la maladie d’Haden. Cet ajout est loin d’être anecdotique : il met en prose la création d’une société entièrement nouvelle. Il ne s’agit pas d’une culture ou d’une communauté, il y a trop de courants et de strates parmi la multitude de victimes, elles ont un seul point commun : ce sont des enfermés. Cette histoire orale qui clôture un roman intense et bien pensé confère à l’ensemble la profondeur attendue et matière à réflexion.

La lumière étant essentiellement centrée sur l’agent haden Chris Shane, les autres personnages, sont un peu moins charnus que lui mais chacun a sa personnalité et des traits de caractères identifiables. Vann, la partenaire de Shane est d’ailleurs un personnage rapidement marquant et attachant, même si quelques nuances  supplémentaires aurait été fort appréciées.  Le protagoniste principal est très réussi et donne une crédibilité plus grande au récit, avec la dualité de son existence. Comme quoi, il est possible de soigner ses personnages même dans un format relativement court.

Par ailleurs, j’y ai trouvé quelques échos de mes dernières lectures en rapport avec la virtualité d’un côté et la manipulation du cerveau humain de l’autre. Ainsi, le lecteur explorait-il les capacités potentielles de la matière grise dans Le Nexus de Dr Erdmann de Nancy Kress. Ce court roman possède une saveur mystique, mais également un aspect scientifique très réussi. Dans Les enfermés, nous retrouvons cette plasticité neuronale tout en allant plus loin, surtout dans les moyens techniques déployés et leurs conséquences tout azimut. Dans Cookie Monster de Vernor Vinge, c’est la réalité virtuelle – si je puis dire – qui est abordée et qui trouve un écho quasi harmonique avec Les enfermés. Mais alors que dans le roman de Vinge, certains aspects sont simplement effleurés, ici, la thématique exploite pleinement sa potentialité. Ces malades peuvent vivre dans une réalité virtuelle au sein de laquelle ils  projettent leur conscience, l’Agora (un réseau social moderne et bien plus puissant que ce que nous connaissons de nos jours).

A la lecture de ce billet, nul doute que vous aurez compris que j’ai aimé ce livre de John Scalzi. Certes, il n’est pas sans défaut. Nous pourrions trouver une ou deux ficelles un poil faciles pour un auteur de son calibre, et il aurait pu complexifier son intrigue et ses personnages. A côté de cela, il décrit un futur pour l’humanité non seulement plausible et effrayant, mais également probable…

Pour moi, c’est une véritable réussite à la fois sur les plans de l’évasion et de la spéculation propre à la SF, à la condition de lire les 2 aspects de ce livre.

 

 Lutin82 - Albédo

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Scalzi - Les Enfermés - manoubooks
Posté le 23 septembre 2016 -

Ce livre m’a surprise d’une très bonne manière. Je l’avais commencé quelques mois plus tôt en 2015 mais après une cinquantaine de pages le vocabulaire assez riche et très axé sur la technologie m’avait un peu refroidie et je l’avais donc reposé en attendant une sortie française.

[...]

L’univers créé par l’auteur est bien construit, cohérent et surtout bien pensé. Les avancées technologiques étaient très intéressantes à découvrir, et même si la population des « Haden » ne représente qu’1% de la population globale, elle est le centre de nombreux débats politiques aux États-Unis qui sont très bien amenés dans la narration.

Mais Les Enfermés n’est pas qu’un livre de science-fiction : en effet, la trame principale se focalise sur un jeune agent du FBI, lui-même touché par la maladie de Haden, qui devra enquêter avec sa partenaire un crime impliquant la communauté Haden. L’enquête était plaisante et intéressante à suivre car on en apprend davantage sur la maladie et sur des enjeux de taille [qu'elle représente au] niveau politique, social et financier. Après 1/3 du livre, j’ai finalement été emporté par l’affaire et je n’ai pas reposé le livre avant la toute fin.

Tout au long de l’histoire on suit les deux protagonistes agents de FBI assignés à cette affaire, Chris Shane (qui débute littéralement son job le jour même) et Leslie Vann. Ces deux forment un duo bizarre au premier abord mais j’ai beaucoup aimé voir leur relation évoluer en si peu de temps tout en restant réaliste. Leur dynamique rendait les scènes d’interrogatoires très plaisantes à lire. Et puis, petite remarque sur tout le cast de personnages qui était très divers, ce qui est toujours top à voir dans la littérature.

Revenons à ce qui m’avait dérangée le plus la toute première fois, c’est-à-dire le vocabulaire. Tout compte fait, il s’agissait surtout de termes scientifiques qui sont expliqués un peu plus tard dans la narration, donc concrètement passées les diverses explications, le style de l’auteur était fluide et plus facile à comprendre et à apprécier.

Pour conclure cette chronique, je suis très contente d’avoir donné une seconde chance à ce livre, c’était une lecture très appréciable et le mix entre sf et policier est très bien fait et super intéressant à lire.

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Scalzi - Les enfermés - Babelio - Arutha
Posté le 06 octobre 2016 -
Comme quoi le mélange SF et polar peut-être très, mais alors très réussi. Impossible de ne pas penser à Asimov et ses robots enquêteurs. Mais le ton et le cadre sont plus modernes, forcément. Ajoutez à ça une réflexion sur la place des handicapés dans notre société et vous obtenez cette merveille. Et Chris Shane est un personnage des plus attachants.
 
Arutha
Babelio
+
Scalzi - Les enfermés - Critiques libres
Posté le 17 janvier 2017 -
Dans ce futur où un virus très virulent a tué une bonne partie de l'humanité, certaines personnes sont victimes du syndrome d'Haden après avoir été contaminées. Elles sont conscientes mais ne peuvent effectuer le moindre mouvement sans avoir un cispé (robot permettant de « sortir » de leur état d'enfermement) ou un intégrateur (un être humain « équipé »). Chris Shane est haden et commence fort ses premiers jours en tant qu'agent du FBI : il doit enquêter sur la mort d'un homme dans des conditions très étranges. On soupçonne un intégrateur… était-il piloté par un haden ?
Il m'a fallu une bonne centaine de pages pour rentrer dans le dernier roman de John Scalzi (les fêtes n'aident pas à la concentration) mais une fois que j'ai compris qu'est-ce qu'un haden, un cispé ou un intégrateur, j'étais à fond dans ce mélange de policier et de science-fiction. L'univers créé par John Scalzi est tout à fait fascinant et le décrire à travers une enquête du FBI est vraiment intelligent. On comprend comment fonctionnent les hadens (ou enfermés) ainsi que les limites donnés par leur état. A travers cette population de hadens, c'est une évocation au statut des handicapés que faire l'auteur : leur difficulté à être considéré malgré leurs différences. Même si les hadens possèdent quelques avantages comme un espace virtuel personnel ou la possibilité de changer de cispé. (Il dénonce aussi le système de sécurité sociale américaine...)
Cette enquête a le mérite de faire s'agiter les neurones mais c'est John Scalzi, il sait s'y prendre, avec un soupçon d'humour, comme il en a le secret (Redshirts par exemple). La seconde partie avec l'histoire orale des Hadens est vraiment très intéressante à lire et donne un complément à l'histoire. Je m'y suis jetée les yeux fermés (parce que c'est lui) et j'ai eu raison, j'ai vraiment adoré. Tiens, je vais sortir de mes étagères le troisième tome du vieil homme et la guerre, je compte le lire bientôt !
 
Shan_ZeCritiques libres
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Scalzi - Les enfermés - De livres en livres
Posté le 01 février 2017 -
Un one-shot à l'univers recherché, un plaisir de lecture !

J'ai trouvé que ce livre est assez éloigné des autres romans de l'auteur que j'ai pu tester jusqu'ici, surtout parce qu'il ne possède pas l'humour qui était vraiment très présent dans les autres. Ce n'est pas un mauvais point je précise, parce que l'humour on peut totalement passer à coté (comme ça a été mon cas sur Redshirts par exemple).

Nous somme ici vraiment dans un livre d'enquête, le tout dans un univers de science fiction.
Les enfermés m'ont fait penser au premier tome du cycle de Takeshi Kovacs, ou le corps d'une personne peut être "habitée" par un autre ce qui pose toujours plein de complications dans les enquêtes policières.
Après c'est vraiment le principe qui se rapproche, en dehors de ça les deux livres n'ont pas vraiment de points communs.

L'univers est vraiment recherché, à tel point que certaines fois j'avoue que j'ai du relire certains passages parce que je n'avais pas vraiment compris les explications scientifiques, elles n'étaient pas claires dans mon esprit, ce qui m’empêchais de comprendre le moment en question de l'enquête. Mais heureusement quand je parle de "certaines fois" c'est maximum deux, le reste du temps l'intrigue est vraiment bien menée et simple à comprendre. En fait on est dans une enquête ou on avance de découverte technique en indice, le coté humain est très présent.

J'ai bien aimé les références geek, par exemple le fait qu'on appelle les "transports robots" des Cispés (en référence à star wars), il y a plein de clin d’œils tout du long qui sont vraiment très sympa !
J'ai aussi adoré le problème de fond du roman : la santé doit-t-elle être d'état ou privée.
C'est un thème qui est très d'actualité en se moment aux USA avec l'Obamacare, et donc il représente un bon sujet sur lequel se pencher, très sérieux. Faut-il laisser les enfermés qui n'ont pas moyen de se payer des transports (humains ou robot) sombrer dans une situation inhumaine en quelque sorte; ou mercantile ou leur esprit deviendrait un produit de consommation, ils seraient assommés de publicité pour se payer une vie .
Cette interrogation est vraiment au centre de l'intrigue ce qui fait de ce livre en plus d'un policier une bonne critique de la société que pourrait devenir notre monde.
 
De livres en livres
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Scalzi - Les enfermés - Les mécaniques imaginaires
Posté le 28 mars 2017 -
Un polar-de-science-fiction très sympathique, une lecture détente pour les week-ends d’hiver.

Note : 4/5

[...] Les enfermés est un bon livre, un de ceux qui l’on lit facilement, bourré d’action sans pour autant en fait trop, gorgé d’optimisme et de rythme, autant que d’humour – même si le résumé peut sembler légèrement déprimant, au premier abord.
En quelques mots : une super-grippe extrêmement mortelle (400 millions de morts) et mondialement répandue (le foyer initial étant un colloque de scientifiques spécialisés en virologie, Scalzi ne se refuse rien) est apparue 25 ans avant le début du roman. Je cite le résumé : Si la plupart des malades, cependant, n’y ont réagi que par des symptômes grippaux dont ils se sont vite remis, un pour cent des victimes ont subi ce qu’il est convenu d’appeler le « syndrome d’Haden » : parfaitement conscients, ils ont perdu tout contrôle de leur organisme ; sans contact avec le monde, prisonniers de leur chair, ils sont devenus des « enfermés ».
Autant pour le résumé légèrement déprimant ! Mais rassurez-vous : l’humanité a vite réagi et a trouvé des solutions. Des implants cérébraux permettant aux « Haden » de communiquer, puis de commander des androïdes qui leur servent de corps, et même des « intégrateurs », des rescapés de la maladie qui parviennent à accueillir la conscience d’un Haden. Les intégrateurs louent leurs services pour la 1/2 journée ou la journée et sont très demandés : c’est la seule façon qu’ont les Haden de ressentir à nouveau le goût de la nourriture bien consistante, le souffle du vent sur la joue, ou tout autre activité humaine à laquelle vous pourriez penser si vous étiez enfermé H24 dans votre lit.
[Je vous laisse le temps de réfléchir à cette question]
Chris est un Haden, qui a été enfermé très jeune et n’a rien connu d’autre que sa vie d’Haden, le corps dans un lit, la conscience dans son « Cispé » (son droïde). Il vient de rentrer au FBI ; le livre commence avec le début de sa première enquête. Un meurtre, dont le suspect est un intégrateur. Oui, mais était-il aux manettes de son corps, ou bien était-il intégré au moment du meurtre ?
Le rythme du livre est celui de l’enquête, haletant comme un bon thriller. Seule différence : dans Les enfermés, on ne casse pas de la bagnole en de folles poursuites, mais des Cispés…
Avec un fort zeste d’éthique et une pincée de politique pour assaisonner le tout et permettre au roman de tourner dans la tête une fois qu’on l’a fini. Vous ne penserez plus le handicap de la même manière.

Alice - Les mécaniques imaginaires

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Scalzi - Les enfermés - Blog à part
Posté le 29 mars 2017 -
Jusqu’à présent, les romans de John Scalzi que j’ai lus oscillaient entre le très bien ([Le Vieil Homme et la Guerre]) et le sympa-mais-peut-mieux-faire (Redshirts). [Les Enfermés], découvert via une chronique sur le site de Lune, est un roman d’anticipation flirtant avec le transhumanisme qui se situe assez clairement dans la première catégorie.

[Les Enfermés] part sur le principe d’une méchante épidémie de grippe (genre, 400 millions de morts sur la planète), qui a eu chez certains patients un effet supplémentaire: celui de les rendre prisonniers de leur propre corps, conscients mais incapables d’agir physiquement. C’est ce que l’on appelle le [...] syndrome d’enfermement; ici, on parle de Hadens, en référence au nom de la femme du président américain, victime la plus célèbre du syndrome.

Le développement d’interfaces neurales a permis à cette population « enfermée » – qui représente pas loin d’un pour-cent de la population totale des USA – de pouvoir de nouveau interagir avec le reste de la société, à travers un réseau social appelé Agora, mais aussi en se connectant à des machines – les [Cispés] – ou même directement avec des humains spécialement formés et équipés, les Intégrateurs.

C’est dans ce futur proche que l’on va suivre Chris, un Haden qui vient d’intégrer le FBI à Washington DC. Les connexions étant souvent trans-étatiques, c’est le FBI qui s’occupe le plus souvent de crimes qui impliquent les Hadens.

Dans le cas présent, un homme retrouvé mort, comme égorgé de sa propre main, à côté d’un Intégrateur qui se trouve être le frère d’une activiste sur le point de mener une manifestation monstre contre la suspension des subsides gouvernementaux pour les Hadens. Ouais, ça a une tête d’affaire simple, tiens. Bienvenue au Bureau pour ton premier jour, petit!

Souvent, je me retrouve à lire des histoires qui se passent dans des univers bien chiadées, mais qui elles-même sont plan-plan; parfois, plus rarement, c’est le contraire. Avec Lock In, on a un peu le combo ultime: un contexte bien barré et pourtant très crédible (encore que j’aurais vu plus de paranoïa hygiéniste après une telle épidémie) et une histoire elle aussi passablement secouée.

Après, il y a deux-trois trucs un peu bizarre, comme le héros qui est fiche d’une famille ultrariche et qui, du coup, fait un peu Mary-Sue de service. Ou le cliché habituel du partenaire blasé avec des secrets obscurs et des squelettes dans le placard. Mais c’est assez mineur et ça n’ôte pas grand-chose à l’histoire.

Le côté police procedural de l’histoire est transposée de façon plutôt efficace dans ce futur proche, qui est somme toute pas mal optimiste. Les personnages ont certes un côté convenu, mais Scalzi parvient à ajouter suffisamment de viande pour qu’ils soient crédibles et intéressants. Le style est nerveux, avec Chris comme narrateur un chouïa cynique, mais novice pour ce qui est des pratiques du FBI.

Le hasard a voulu que je lise ce bouquin en parallèle avec Apex, dernier ouvrage de la trilogie Nexus, qui se trouve avoir pas mal de points communs avec la thématique [des Enfermés] – sauf que, dans ce dernier, ce qui est un élément de décor ou, au mieux, un enjeu mineur, est le cœur de Apex. Je vous en reparlerai.

Avec à peine plus de trois cents pages au format poche, [...] Les Enfermés est un roman très sympathique. Je le recommande à ceux qui aiment la SF format « futur proche » et qui veulent avoir un peu plus qu’un simple polar. 

Alias - Blog à part

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Évènements du week-end prochain (28-30 avril)
Posté 24 avril 2017 -
Vous n'aurez que l'embarras du choix pour rencontrer tous ces auteurs :
- Laurence Suhner, Jean-Marc Ligny et Nathalie Le Gendre seront au Salon du Livre et de la Presse de Genève (28 au 31 avril)
- Jeanne A. Debats, Olivier Paquet et Laurent Genefort seront de leur côté aux Futuriales à Aulnay-sous-Bois (29 avril)
- Sylvie Denis, quant à elle, sera à Lyon pour les Intergalactiques (29 et 30 avril)
- Claude Ecken sera lui à Nice-fictions (28 au 30 avril)
 
Pour plus d'informations : 
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Grand Prix de l'Imaginaire : les nommés sont...
Posté 19 avril 2017 -

Parmi les très talentueux nommés vous trouverez :

Roman francophone :
Jardin d'hiver
, d'Olivier Paquet

Roman étranger :
Mémoires de Lady Trent, tomes 1 et 2, de Marie Brennan
L'espace d'un an, de Becky Chambers

Prix Wojtek Siudmak au graphisme :
Todd Lockwood pour Mémoires de Lady Trent tomes 1 et 2 de Marie Brennan 

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Rendez-vous le 4 juin à Saint-Malo, lors du Festival Étonnants Voyageurs pour les résultats!

Plus d'informations ici

Le Festival Étonnants Voyageurs se tiendra du 3 au 5 juin 2017.

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En avril 2017, tous les ebooks de Larry Correia à 4,99e
Posté 11 avril 2017 -
Au mois d’avril, nous vous proposons de découvrir un auteur à l’humour indéniable : Larry Correia. Les Chroniques du Grimnoir, saga de fantasy urbaine, mêlent gangsters, superhéros désinvoltes et désabusés, jolies filles teigneuses, bagarres épiques et armes à feu à tous les étages.
Pour des heures de lectures réjouissantes, rendez-vous jusqu’à fin avril sur vos stores numériques où les romans de Larry Correia sont à 4,99 €.

larrycorreia_site.jpg

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Nommés pour le prix Imaginales 2017
Posté 07 avril 2017 -
Romans étrangers traduits :
- Marie Brennan pour Le Tropique des serpents - Mémoire de Lady Trent T2, traduit par Sylvie Denis ;
- Jim C. Hines pour Le Bibliomancien - Magie ex-libris, traduit par Lionel Davoust ;
- Guy Gavriel Kay pour Le Fleuve céleste, traduit pas Mikael Cabon ;
Nouvelles :
- Jean-Claude Dunyach pour Le Clin d'œil du héron.

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Pour voir la liste complète des auteurs en compétition, c'est ici

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Chambers en route pour le prix Hugo 2017
Posté 06 avril 2017 -

chambersbecky.jpegL’auteur de science-fiction Becky Chambers est nommée dans la catégorie « Meilleur roman » du prix Hugo pour son roman Libration, qui sortira le 22 juin.

 

Ce prix sera décerné le 11 août 2017 lors de la Worldcon 75.

  espace_dun_an.jpgchambers_libration1.jpg

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Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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Les Croisades d'Unnord 22ème édition
Posté le 25 janvier 2017 par les croisades d'unnord
Bonjour à tous ! Je vous écris pour vous annoncer que la 22ème édition des Croisades d’Unnord est en marche avec, cette fois encore, un nouveau thème qui sera : Au-delà des apparences. Cette année [...]