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  • La Dentelle du Cygne

Pierre Bordage

Les dames blanches

Les dames blanches

Date de parution : mai 2015


Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841727186

Nombre de pages : 384
Prix : 21,90 €
État : disponible


Une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre est découverte un jour dans une bourgade de l’ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d’Élodie. D’autres bulles apparaissent, grossissent, et l’humanité échoue à les détruire. Leur activité magnétique de plus en plus importante perturbe les réseaux électriques et numériques, entraînant une régression technologique sans précédent.Seule l’ « absorption » de jeunes enfants semble ralentir leur expansion…La peur de disparaître poussera-t-elle l’humanité à promulguer la loi d’Isaac ? Mais peut-on élever un enfant en sachant qu’il vous sera arraché à ses trois ans ? Camille, qui a elle-même perdu un fils, et son ami Basile, d’origine malienne – ufologue de son état – vont essayer de percer le mystère des dames blanches afin d’éviter le retour à la barbarie.

Un livre poignant, dans lequel Pierre Bordage donne toute la mesure de sa passion pour les grands mythes fondateurs de l’humanité et sa haine des fanatismes.

  • Revue de presse
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Bordage - Les Dames Blanches - Eveyeshe
Posté le 14 avril 2016 -

L’auteur nous décrit très bien ce monde étrange, où l’on essaie de détruire ce que l’on ne comprend pas. Il y a des êtres qui tentent à tout prix d’établir un contact avec les bulles que l’auteur appelle « Les dames blanches », notamment les passionnés d’Ufologie qui se font traiter d’illuminés, comme Basile et Camille dont les dames blanches ont pris un fils, Nathan.

De l’autre, on trouve tous les fadas du complot, ultra militaristes qui voient une occasion de donner un sens à leur vie en devenant des miliciens. On s’attache quand même au premier artificier, ex légionnaire, porté sur la bouteille qui retrouve un sens à sa vie, en imaginant ses cocktails explosifs, alors que d’autres sont franchement antipathiques…

Pierre Bordage, comme d’habitude nous décrit bien les dérives du monde moderne, la façon dont les militaires décident de recenser tous les enfants et demandent aux parents de désigner un des leurs pour devenir une bombe humaine, car c’est la seule façon, apparemment, de déstabiliser les dames blanches, mais c’est un répit de courte durée. C’est ce qu’on va appeler « Loi d’Issac »

Comment élever un enfant qui va être sacrifié ? Il est clair que les parents notamment la mère ne peut que décider de ne pas s’investir émotionnellement. On va ainsi fabriquer des bataillons d’autistes qui sont chargés d’une mission se faire exploser dans la bulle pour sauver le monde. Cela ne vous évoque rien ?

Bien-sûr, il y a les résistants qui refusent de donner un de leurs enfants et doivent vivre dans la clandestinité, persécutés par les miliciens.

Le livre est construit d’une fort jolie façon : chaque chapitre porte le prénom d’un enfant qui va jouer à ce moment-là un rôle particulier. On a ainsi une myriade de prénoms très originaux car, quel prénom donner à un  enfant qui va se sacrifier ? bien-sûr, on voit resurgir des prénoms de la bible, ou de la mythologie : Ulysse, Jason, Achille, Pelops « le fils de Tantale servi en ragoût par son père aux dieux de l’Olympe »

Pierre Bordage aborde, mine de rien, le problème de la numérisation, de l’électronique dont nous sommes devenus si dépendants, et la façon dont il va falloir réapprendre à se servir du papier, du crayon, pour envoyer des vraies lettres via la vraie poste, ou retourner aux anciens moyens de locomotion, car exit avion, autoroutes, PPS et autres joyeusetés…

On ne peut pas s’empêcher de faire un lien entre des dames blanches qui se nourrissent d’enfants et le ventre maternel, et toute la thématique de la gestation, de l’amour maternel…

Ces dames blanches qui perturbent tout, m’ont fait penser à une maladie qui progresse à grands pas « l’électro-sensibilité » : des personnes qui sont malades dès qu’elles sont en contact avec un téléphone portable, par exemple et qu’au début on prenait pour des « cinglées ». Ne parle-t-on pas de « zones blanches » pour tenter de les préserver ?

On retrouve bien-sûr la passion de Pierre Bordage pour la mythologie et aussi pour l’Histoire, certains éléments rappellent la milice sous l’Occupation, (les dénonciations, les rafles au petit matin, le traitement des enfants Kamikazes qui évoque les camps de concentration). Mais, certaines descriptions font penser à ce qui se passe de nos jours, terrorisme, Etat d’urgence…  malgré tout, il semble garder foi en l’être humain…

Bref, j’ai beaucoup aimé ce roman. Cette histoire m’a plu d’emblée et j’ai dévoré le livre. J’ai découvert l’auteur avec « Le feu de Dieu » qui m’avait beaucoup plu. Donc, j’ai bien l’intention de continuer à découvrir son univers.

Eve-Yeshe

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Bordage - Les dames blanches - lelittéraire.com
Posté le 26 mai 2015 -

Comment l’humanité réagirait-elle face à l’inconnu ? C’est une des ques­tions que nombre de roman­ciers se sont posés. Puis, selon leur sen­si­bi­lité, ils ont tenté d’apporter des réponses. Pierre Bor­dage, en maître-créateur d’Anticipation, pro­pose une vision per­son­nelle d’une grande cohé­rence face à une inva­sion d’un genre bien par­ti­cu­lier.
Un matin de novembre, dans les Deux-Sèvres, Léo, âgé de trois ans et cinq mois appelle Elo­die, sa maman. Il voit, par la fenêtre, une forme blanche, une énorme sphère par­faite. Il sort de la pièce et court vers elle. Elo­die ne peut le rat­tra­per avant qu’il ne dis­pa­raisse dans la bulle. Elle tente, sans suc­cès, de per­cer cette étrange enve­loppe. La gen­dar­me­rie ne croit pas à sa ver­sion et la soup­çonne d’actes graves. Le gou­ver­ne­ment dépêche un com­mando spé­cia­lisé. Mal­gré les charges explo­sives de plus en plus fortes la sphère résiste. Il faut l’apparition d’une autre bulle, au Turk­mé­nis­tan, avec une mère qui pleure son enfant dis­paru dans la sphère, pour que la ques­tion soit exa­mi­née différemment.

Depuis trois mois, Camille est jour­na­liste à Femme(s). Nou­velle, et la plus jeune, elle est char­gée des repor­tages dont per­sonne ne veut. C’est donc elle qui doit rédi­ger un article sur ces mys­té­rieuses bulles à la mul­ti­pli­ca­tion rapide et sur les dis­pa­ri­tions induites d’enfants. Basile s’intéresse depuis son plus jeune âge à l’ufologie. Il est per­suadé que ces sphères ont un but paci­fique. Il réus­sit à s’approcher d’une, mal gar­dée. Peu après, il res­sent une intense cha­leur mais s’évanouit. Les sphères, et les dis­pa­ri­tions d’enfants de moins de quatre ans, pro­li­fèrent. Mal­gré tous les essais, per­sonne ne réus­sit à détruire une Dame blanche, comme elles sont appe­lées.
C’est en Inde que naît l’idée d’utiliser des petits orphe­lins comme bombes vivantes pour ten­ter de les détruire de l’intérieur. L’explosion amène une dimi­nu­tion notable de leur volume… volume qu’elles retrouvent peu après. Ces Dames blanches émettent des ondes qui influent sur les réseaux magné­tiques, élec­triques. Leur pro­li­fé­ra­tion amène des per­tur­ba­tions impor­tantes et, depuis deux mille ans, les pro­grès tech­niques de l’humanité régressent. L’humanité semble condam­née car après dix ans, on en dénombre plus de sept cent mille…

À par­tir de cette situa­tion, qui n’est pas sans rap­pe­ler celle de Ravage, le magni­fique roman de René Bar­ja­vel paru en 1943, Pierre Bor­dage déve­loppe une intrigue d’une magni­fique homo­gé­néité. Il intro­duit une dis­pa­ri­tion inex­pli­cable des enfants, ima­gine et déve­loppe une suite de situa­tions tout à fait conforme à ce qui pour­rait exis­ter face à un tel phé­no­mène. Le pre­mier ques­tion­ne­ment est rela­tif à l’origine de ces bulles. Sont-elles le fruit de muta­tions aux pro­ces­sus incon­nus, une arme nou­velle inven­tée par un des­pote détra­qué (et cela ne manque pas !) ou ont-elles une pro­ve­nance extra­ter­restre ?
Il décrit le dérou­le­ment des réac­tions humaines et déploie une vision réa­liste et prag­ma­tique de celles-ci, ins­tal­lant une gra­dua­tion des sen­ti­ments et des déci­sions. Après la sur­prise, l’incrédulité, l’émotion cau­sée par ces enfants dis­pa­rus, c’est le sou­la­ge­ment de ceux qui ne sont pas concer­nés. Si le seul dan­ger concerne les enfants de moins de quatre ans, il faut les gar­der sous haute sur­veillance jusqu’à “l’âge du sou­la­ge­ment”. Les déci­sions sont prises sans recul, sans études réelles selon les conseils d’experts — mais d’experts en quoi puisque rien n’est connu ? L’humanité intègre le phé­no­mène et s’adapte. Les condi­tions de vie évoluent tenant compte de l’absence d’électricité et de magné­tisme. Si les orphe­lins com­mencent à man­quer, on édicte des lois pour pal­lier ce manque…

Pierre Bor­dage, en démiurge, conçoit une intrigue d’une remar­quable attrac­ti­vité. Il mène celle-ci sur plu­sieurs décen­nies, fai­sant vieillir ses per­son­nages, croi­ser leur par­cours, se marier, se sépa­rer, faire face aux aléas de la vie avec cette épée de Damo­clès dont per­sonne ne sait ce qu’elle peut déclen­cher, ni à quel moment. Toutefois, il ne se borne pas à énumé­rer les incon­vé­nients ame­nés par ces Dames, il en retient des avan­tages comme la quasi dis­pa­ri­tion des conflits, le recul de l’influence des grandes reli­gions…
Il emploie son récit pour illus­trer, à tra­vers les réac­tions et les atti­tudes de ses pro­ta­go­nistes, nos tra­vers, nos angoisses, nos besoins, nos attentes et une triste réa­lité. Il pro­pose, pour mon­trer les réac­tions et de les sen­ti­ments, des images adap­tées avec des touches tout en déli­ca­tesse, sans mas­quer, sans nier, cepen­dant, la bru­ta­lité du monde, de la société par­fai­te­ment inégalitaire.

Dans Les Dames blanches, Pierre Bor­dage pro­pose, en quarante-et-un cha­pitres, une forme nar­ra­tive peu com­mune. Cha­cun d’entre eux est dédié à un per­son­nage dif­fé­rent tout en met­tant en scène des acteurs déjà ren­con­trés et forme, ainsi, une véri­table chaîne humaine. Il offre une conclu­sion habile, au terme d’un récit remar­quable tant pour une intrigue d’une grande sub­ti­lité que pour les émotions pro­fondes expri­mées et l’humanisme qui baigne toute l’histoire. Ce roman qui asso­cie la science-fiction, le thril­ler et l’anticipation, est égale­ment une ode à l’être humain et à sa fra­gi­lité.
Une fois encore, Pierre Bor­dage offre une his­toire magni­fique et ajoute un joyau lit­té­raire de plus à une biblio­gra­phie qui en com­porte déjà un nombre excep­tion­nel­le­ment élevé.

lelittéraire.com - Serge Perraud

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Bordage - Les Dames blanches - Cafardsathome
Posté le 22 juin 2015 -
Aaaaah Pierre Bordage! C'est un de mes chouchous! Il n'y a pas beaucoup de ses ouvrages qui ne me sont pas passés entre les mains. Que de souvenirs de lectures! Quel talent pour planter une situation, des personnages, une histoire qui dépasse souvent la sphère intimiste pour tâter l'universalité! C'est un des maîtres de la SF "à la française" et ce n'est pas son dernier né qui va me contredire avec un savant mélange de prospective et d'humanité dont le vendéen a le secret.

De mystérieuses bulles blanches - bientôt surnommées les Dames blanches - apparaissent sur Terre à divers endroits du globe. Très vite, on signale des disparitions de jeunes enfants (tous âgés de moins de 4 ans) qui semblent avoir été attirés par une force étrangère et "avalés" par ces objets non identifiés. Face à l'inexplicable, les hommes - comme toujours - vont mal réagir, les autorités voyant un ennemi dans ce qu'ils ne comprennent pas, le temps passe et les mesures prises sont de plus en plus extrémistes. On va suivre de chapitre en chapitre des personnes directement concernées par ce phénomène: des parents éplorés, des militaires / miliciens, de simples citoyens lambda… chacun ayant été touché à son niveau par ces apparitions / disparitions et par les mesures politiques mises en place.

Chaque chapitre porte le nom d'un personnage tantôt principal tantôt secondaire. On avance donc par bonds successifs dans notre lecture: des bonds géographiques (on suit deux à trois trames principales) et des bonds historiques (il se passe parfois des mois voir des années entre deux chapitres). Par une simple phrase ou une allusion à peine voilée, nous assistons impuissants à l'évolution d'un monde terrorisé face à l'inconnu. Des lois d'exceptions sont prises et la démocratie recule, la vie des personnages changent du tout au tout comme leur situation personnelle (dépression, mariage, parentalité, séparation…). Le rythme est rapide, les années défilent de page en page et peu à peu face à la radicalisation des autorités, tout espoir semble quitter un monde en perdition dont les Dames blanches sont les principales observatrices et actrices avec des disparitions qui continuent de s'égrener. La fuite en avant est alors inévitable et le lecteur impuissant ne peut qu'assister à la déchéance du monde et des sociétés humaines.

En 377 pages et 41 chapitres, Pierre Bordage réussit le tour de force de nous conter une grande histoire d'anticipation. Le monde qui y est décrit est le nôtre et ce qu'il pourrait devenir si nous étions confrontés aux mêmes événements. Pas de quoi être optimiste quand on constate déjà les méfaits dont nous pouvons nous rendre responsables aujourd'hui. Déclarées ennemies de l'humanité, les boules blanches vont être au centre de toutes les décisions (permettant au passage de calmer tous les conflits en cours) et vont pousser la morale d'état dans ses retranchements et même en dehors de tout sens commun. Des décisions iniques sont prises et imposées, et c'est le cœur gros que le lecteur poursuit sa lecture dans un monde qui s'enfonce dans les enfers (je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais on touche ici à des choses tabous entre toutes). Tout est accentué notamment par les différents points de vue adoptés au travers des différents personnages que nous suivons. Nous sommes bien peu de choses face à ceux qui nous gouvernent, que vaut la douleur d'une mère / d'un proche face à la raison d'État qui par définition n'a pas tort (du moins dans son esprit). Des passages sont vraiment rudes et le lecteur est pris à la gorge par des sentiments violents d'injustice et de colère. La tension va crescendo et on se demande bien comment tout cela va finir. Pour ma part, j'ai commencé à deviner où l'auteur voulait nous emmener à mi parcours, au détour d'un chapitre tout bonnement effrayant relatant les premières mesures prises par les différents gouvernements pour essayer de découvrir d'éventuelles faiblesses aux mystérieuses visiteuses venues d'ailleurs.

Je me suis beaucoup attaché à certains personnages, ce qui m'a été fatal car leurs vies sont décortiquées devant nous et l'auteur ne leur fait pas de cadeaux entre des mères dont l'enfant disparaît, des pères fous de chagrin tombant dans l'alcoolisme, des membres de la même famille qui ne se parlent pas, des trahisons entre amis, des résistants humanistes recherchés et persécutés par un nouvel ordre totalitaire... autant de trajectoires brisées qui font écho aux combats qui ont pu être menés (notamment durant la Seconde Guerre mondiale ou dans des conflits plus localisés, je pense notamment au commandant Massoud en Afghanistan contre les Talibans) ou ceux qui nous attendent dans les décennies à venir (et il y a de quoi faire!). Par moment, des lueurs d'espoir apparaissent portées par une minorité (je pense notamment à Basile, un ufologue à la philosophie humaniste qui m'a profondément touché ou aux nouvelles générations n'ayant pas connu la Terre avant les Dames blanches), cela remet du baume au coeur dans un récit tout de même fortement teinté de pessimisme quant à la capacité des hommes à apprendre de leurs erreurs.

On retrouve dans ce roman toutes les forces narratives de Bordage déjà évoquées en début de chronique, la lecture est une fois de plus un bonheur de tous les instants et l'on retrouve cette écriture accessible et évocatrice qui a fait mon bonheur sur les milliers de pages que j'ai pu lire de cet auteur. On retrouve aussi son goût pour les mythes qui ont jalonné l'évolution humaine, les Dames blanches étant peut-être la prochaine étape. A travers cette constellation de destins, il nous parle de l'homme dans ce qu'il y a de plus fragile, de plus attachant mais aussi de plus désespérant.

Un grand et beau livre de SF.

Mr K - www.cafardsathome.canalblog.com - 01 juin 2015

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Bordage - Les Dames blanches - Lanfeust Mag
Posté le 22 juin 2015 -

Si la science-fiction reste largement dominée par les anglo-saxons, il existe quelques auteurs français qui leur tiennent la dragée haute. Pierre Bordage en fait partie.

Elles sont arrivées sans prévenir. Et sans se faire remarquer. Un jour, il y en avait une tout simplement. Puis une autre. Et une autre. Et une autre. Les Dames Blanches ont finit par se compter par millions. De grosses bulles indestructibles posées sur le sol. Aucune communication, aucune explication, aucune interaction, si ce n'est qu'elle « appelle » des enfants qui disparaissent en leur sein pour ne plus jamais réapparaitre. Le premier contact avec ce qui ne peut visiblement être qu'une entité extraterrestre est plus que déroutant pour l'espèce humaine. Il n'en fallait pas plus pour que les Hommes donnent le pire d'eux-mêmes ... Par de courts chapitres nous présentant le point de vue de l'un des protagonistes de l'intrigue et par le croisement de ces parcours, Pierre Bordage nous donne à voir une histoire globale qui, pour être fantastique, n'en reste pas moins toujours à hauteur d'homme. Le procédé fluidifie la lecture et permet à l'auteur de construire un récit avant tout sensible et empathique. D'apparence léger, Les Dames Blanches est un roman très noir, un aspect d'autant plus renforcé qu'il n'est justement pas empli de bruit et de fureur. Pierre Bordage nous raconte un contact extraterrestre au contraire très doux qui tranche avec la réaction des hommes qui, dominés par la peur et l'incompréhension, ne tardent pas à laisser libre cours à leurs instincts primaires. Ou quand la crainte de l'étranger et du dissemblable provoque la violence et la haine. Ah tiens, peut-être pas tant de la science-fiction que ça, en fait ...

 

 

Lanfeust Mag - numéro de mai 2015

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Bordage - Les dames blanches - EmOtionS blog littéraire
Posté le 16 juillet 2015 -
Chaque nouveau roman de Pierre Bordage se déguste, tant l’auteur a su se renouveler constamment tout au long de sa longue et prolixe carrière.

SF accessible et humaniste
Les dames blanches ne déroge pas à la règle, par son sujet original et son traitement qui donne un récit de SF d’une belle profondeur et très accessible.
 
D’étranges et monumentales bulles blanches apparaissent un peu partout dans le monde et capturent certains enfants avant leur quatrième anniversaire. C’est l’histoire de l’humanité sur une période de 50 ans que nous propose l’auteur. Elle est confrontée à un mystère et va se défendre contre cette menace (mais en est-ce vraiment une ?) jusqu’à en perdre la boule.
 
C’est le récit de personnages surtout, que l’auteur humaniste traite d’une manière aussi originale que son sujet. Chaque chapitre porte le nom d’une nouvelle personne, importante ou juste de passage, qui donne une vraie impression d’universalité. Les personnages principaux vont vivre en parallèle, s’entrecroiser parfois, l’individu n’étant rien sans ses interactions avec ses congénères. Histoires de rencontres.
Sur ces bases, Bordage développe une histoire, alternant différentes ambiances, incroyablement addictive et qui pousse à la réflexion. Comment réagir face à l’inconnu ? Comme le dit l’auteur, « la peur pousse à l’aberration ». Et le monde entier va vite y plonger, jusqu’à l’indicible.
Trajectoire de notre monde actuel où le fanatisme continue de faire des ravages, Les dames blanches est aussi un cri contre l’indifférence, une vision d’un futur proche où le monde perd le sens de ses valeurs. Un monde en régression technologique, perturbé électroniquement par ces bulles blanches.
 
Comme toujours, Pierre Bordage met l’homme au-dessus de tout, posant de vraies questions existentielles tout en ne perdant jamais de vue l’aspect ludique de son histoire. En grand humaniste qu’il est, l’écrivain nous plonge dans un récit où la parentalité est au centre du débat, à l’image de ces sphères blanches comme une parabole de la maternité.
Comme souvent dans son œuvre, il questionne sur ces personnes à part, visionnaires, qui sortent du schéma de pensée ancestral. Il en sort une histoire dont certains passages sont à fendre l’âme.
J’ai été touché comme rarement, comme peu d’auteurs arrivent à m’émouvoir et à chatouiller autant ce qui constitue mon être, ma pensée intime.
 
L’une des plus grandes plumes de la littérature de l’imaginaire nous a donc pondu (sans mauvais jeu de mot) une histoire profondément touchante, immersive et qui pousse intelligemment à la réflexion. Une réussite totale, un magnifique bijou.
Le livre en un mot : humaniste.
 
EmOtionS blog littéraire
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Bordage - Les dames blanches - Book en Stock
Posté le 17 juillet 2015 -

Le lecteur est immédiatement emporté dans ce récit étrange. Une mystérieuse boule blanche apparaît un jour dans un champ et tout semble montrer qu'elle a "capturé" un jeune garçon de 3 ans. Au début, peu de gens donnent foi au récit de la mère, Elodie, jusqu'au jour où une autre boule apparaît et enlève à son tour un enfant. Au fil des semaines et des mois, il y en aura de plus en plus. Elle grossissent, elles sont indestructibles et elle s'en prennent systématiquement aux enfants âgés de 3 à 4 ans. Les mois passent, puis les années, le nombre de dames blanches explose, la panique gagne le monde entier au point de créer des "pédokazes", des enfants  envoyés à dessein vers ces dames blanches pour se faire exploser de l’intérieur. Au début ce sont des orphelins, puis lorsque le vivier d'orphelins se tarit, ce sont les "Isaac". Chaque famille doit en "élever" un pour le donner à la bonne cause. Et pourtant l'effet de ces "pédokazes" est bien maigre ...

A travers les portraits d'un panel d'individus touchés de près ou de loin par ces dames blanches, Pierre Bordage, nous livre sa vision de l'humanité. Une vision, pas toujours très agréable à "entendre", mais pourtant si vraie. Du défaitisme de certains, de l'acharnement d'autres, le monde dépeint par Bordage n'est pas drôle. Et si l'humanité courrait à sa perte par sa propre faute ?
Ces portraits, ce sont des mères qui perdent leur enfant, des hommes amenés à combattre ces dames blanches, d'abord de façon traditionnelle puis en utilisant des enfants ... Le comble de l'horreur et pourtant ...
Seul un ufologue, noir de surcroît (ce sont ses propres mots) a le recul nécessaire pour essayer de comprendre, mais sa voix se perd dans la cacophonie ambiante. Des sectes se créent, des fanatiques veulent imposer leurs idées, les gouvernements sont prêts à toutes les bassesses.

Le point fort du roman au delà du récit lui-même, c'est son échelle de temps. Il se situe sur une période de presque quarante ans, mais la progression se fait de façon indirecte quand on réalise d'un seul coup que le personnage que l'on découvre est le fils ou la fille (voire petit-fils ou petite-fille) d'un autre que l'on a appris à connaître au début du roman. Ainsi, la vie continue son cours malgré toutes les atrocités qui jalonnent ce récit.

La foultitude des protagonistes, rend le roman vraiment passionnant, mais en même temps il peut aussi provoquer un sentiment de longueur tant on voudrait que la situation évolue. Le lecteur se retrouve ainsi, piégé, au même titre que les héros du livre, à vouloir comprendre ce que sont ces dames blanches et quelle est leur raison d'être sur terre.

La chronique de Lune pointe un défaut du livre qui m'a frappée moi aussi. C'est le fait que tous les pères d'enfants kidnappés par les bulles, sont alcooliques et/ou absents de leur foyer. Comme si les "vrais et bons" pères n'existaient pas. Heureusement ce sentiment disparaît petit à petit, en particulier grâce aux mouvements de résistance contre les 'Isaac' qui sont constitués d'hommes et de femmes. Mais cette image m'a poursuivie un bon moment. Je suppose que Pierre Bordage a un compte à régler. De même d'ailleurs avec certains scientifiques ... Mais on lui pardonne volontiers.

Ce qui est sûr, c'est que dès la première page, le lecteur est piégé par ce récit. Par les portraits qu'il dessine, par le mystère autour des dames blanches et sa construction temporelle. Le livre se dévore très vite car il est quasi impossible de le reposer. Un bon cru de Bordage !

Book en Stock - Phooka

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Bordage - Les dames blanches -True Blood Addict
Posté le 17 juillet 2015 -

S’il est un auteur que j’apprécie de retrouver pour sa plume, c’est bien Pierre Bordage. Humaine et évocatrice dans les descriptions, elle contribue à rendre les romans de l’auteur prenants. Ça n’a pas manqué avec Les dames blanches qui réunit bien d’autres éléments pour achever de capter l’intérêt jusqu’au bout malgré des personnages peu mémorables instrumentalisés pour servir l’intrigue.
Dystopie mettant en avant les thèmes chers à l’auteur, agrémenté de références à la mythologie grecque qu’il adore, ce livre maintient le mystère du début à la fin ; il est d’ailleurs entretenu et intensifié par une construction narrative finement pensée. Les nombreuses alternances de points de vue et l’étalement temporel de l’intrigue sont des atouts majeurs qui permettent de compenser des faiblesses concernant les personnages.
Ils sont assez lisses, ils sont de ceux au service de l’histoire ou du cadre. Et c’est là que le bât blesse pour moi. Autant j’ai été soufflée par la puissance du cadre légal, par les évolutions sociales, par la cruauté des humains, autant j’ai eu plein de choses à redire sur le caractère, les décisions, voire les discours des voix du roman. Encore que l’auteur s’en sort bien en décrivant avec justesse leur ressenti.
Vu le thème des bulles qui « avalent » les enfants de moins de quatre ans, l’abandon et le deuil imprègnent les pages du roman. Le choix des familles victimes sur lesquelles on se focalise présentent toutes le même schéma : c’est la mère qui subit la perte, le père est quasi absent. Outre cela, si l’auteur évoque souvent le désir comme évident (en même pas dix minutes de conversation sobre parfois), j’ai chaque fois eu l’impression d’être passée à côté et qu’il voulait me l’imposer pour justifier la relation qui allait se nouer ensuite entre les deux protagonistes. Les femmes qu’il a choisies m’ont paru bien égoïstes et promptes à diaboliser leurs premiers maris qui se voient tous attribuer un sévère penchant pour l’alcool.
Concernant les dialogues, Basile se veut la voix de la sagesse, et c’est un peu trop flagrant à mon goût dans certaines répliques. Paradoxalement, c’est un personnage que j’ai apprécié pour sa simplicité, sa générosité et sa présence continue dans cette affaire de dames blanches.
J’ai l’impression d’avoir donné beaucoup de négatif dans ma critique, alors que j’ai été prise par la lecture et que j’ai été plusieurs fois tentée de sauter jusqu’à la fin du livre pour percer enfin le mystère de ces dames blanches qu’on observe nous aussi, lecteurs, avec suspicion et angoisse. La haine de l’humanité se déporte sur elles en début, puis, progressivement, comme elles sont des ennemis quasi impassibles et invincibles, la haine se déporte de nouveau sur les hommes. Très intéressant d’un point de vue philosophique.
Malgré les défauts évoqués concernant les personnages, Les dames blanches est un roman d’anticipation intelligent qui aura su m’intriguer et m’angoisser. L’auteur a accompli un coup de maître dans la construction temporelle de son récit et la crédibilité de cette terre qui évolue, et qui pourrait incarner notre futur, a su me faire frissonner d’appréhension. On y croit, la fiction devenant réalité probable, et on obtient des réponses surnaturelles qui nous satisfont.

True Blood Addict - Julie

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Bordage - Les dames blanches - Onirik
Posté le 17 juillet 2015 -

On retrouve avec un immense plaisir l’écriture fluide et douce de Pierre Bordage qui nous régale avec ce roman au ton un peu différent de ce à quoi il nous a habitués.
Une étrange nostalgie émane de cette oeuvre. Dans un rythme lent, mais pas du tout ennuyeux, l’auteur nous parle d’un monde pas si éloigné du nôtre. Cette proximité met en abyme nos problèmes, nos soucis et les sujets de société actuelle. Toutefois, la distance mise en place évite un polémique qui alourdirait le roman.
Car c’est un vrai roman, très beau, calme et un peu magique que nous livre Bordage ici. A la fois science fiction et policier, l’intrigue verse dans la mélancolie et se lit avec facilité. Le livre absorbe réellement le lecteur, l’invite dans son monde, et on en sort étrangement changé et pensif.

Onirik - Émilie

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Bordage - Les dames blanches - Livres du monde
Posté le 20 juillet 2015 -

De nos jours, dans les Deux-Sèvres. Le petit Léo, pas tout à fait trois ans et demi, regarde par une fenêtre au travers de laquelle il aperçoit quelque chose d’insolite. Un espèce de gros champignon qui a poussé dans la nuit. Echappant à la surveillance d’Elodie, sa mère, il court vers l’objet. Elodie réagit avec un temps de retard, son bébé court vers cette chose, une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre, et il disparait.
Prévenues, les autorités pensent d’abord à un drame familiale : la mère aurait tué son fils et se serait débarrassée du corps. Mais très vite, cette vision simpliste de l’événement est contredite. D’autres bulles blanches sont apparues un peu partout sur Terre et partout des enfants de moins de quatre ans disparaissent, comme avalés par les choses.
Les scientifiques émettent des hypothèses contradictoires, les bulles sont d’origine minérale, animale, végétale, mécaniques, elles sont le résultat de mutations, de la pollution ou d’origine extraterrestre. Comme les dames blanches, ainsi qu’elles sont maintenant nommées se multiplient sur la planète et que le nombre de disparition d’enfants ne cesse de croître, les gouvernements nationaux décident de détruire l’envahisseur. Sans succès aucun, même l’emploi de bombes atomiques se révèle inadapté.
Mais si les hommes ne comprennent rien aux dames blanches, celles-ci ne sont pas inactives : elle émettent des ondes magnétiques qui perturbent les réseaux électriques et numériques, et amènent à leur disparition entraînant une régression technologique sans précédent. La civilisation humaine se retrouve au niveau de la fin du XIXe siècle…
Par le biais de ces dames blanches, Pierre Bordage s’attaque, bille-en-tête, à plusieurs démons qui hantent les esprits depuis la période sombre de l’Occupation et même bien avant. Sous l’égide d’une ONU implacable, toutes les nations votent « la loi d’Isaac ». Et Bordage réécrit le mythe de Baal-Moloch où les hommes sacrifiaient leurs enfants à un dieu cruel afin de s’attirer les faveurs divines. Ici, puisque seuls les enfants de moins de quatre ans peuvent pénétrer dans les bulles, ils seront lestés d’explosifs divers pour affaiblir et peut-être détruire les dames blanches. Des brigades spéciales sont créées pour effectuer la collecte des enfants, et chaque famille doit en livrer un !
Le flicage de la population progresse à grands pas et une dictature morne s’abat sur la planète entière alors qu’une résistance commence à émerger face à la barbarie. L’intérêt du récit, outre la façon de montrer comment l’humanité plonge dans la barbarie et l’égoïsme forcené réside dans l’absence de héros. Les acteurs de ce drame qui se déroule sur plus de trente ans sont des êtres normaux, pas de super-intelligence ni de super-pouvoirs ce qui rend l’histoire encore plus crédible et tragique.
Il était une époque où l’on disait de la science-fiction qu’elle était une littérature d’idées mais que c’était mal écrit. Les dames blanches de Pierre Bordage confirme que ce truisme est aujourd’hui dépassé. Dans ce récit profondément humain et humaniste, nous avons les idée et l’écriture.

Un livre qui confirme, que sans conteste possible, Pierre Bordage est l’un des meilleurs écrivains français vivants à explorer les domaines de l’imaginaire.

Livres du monde -  François Membre

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Bordage - Les dames blanches - Un papillon dans la lune
Posté le 17 juillet 2015 -

Bordage nous touche au cœur dans ce roman. Car il "s'en prend" aux enfants. Les tout petits, ceux dont on sait qu'ils ne peuvent se défendre, ceux dont on a la responsabilité... Ils vont devenir un enjeu crucial incroyable, devenir des armes de guerre. Pour moi c'est de la folie, la folie des hommes dont parle l'auteur. Mon fils allant sur ses trois ans, vous imaginez bien que je ne suis pas restée insensible à l'histoire...

L'échelle de temps de ce roman est intéressante. Elle se déroule sur des dizaines d'années. C'est intelligent de la part de l'auteur, car de cette manière, il peut montrer l'embrigadement des plus jeunes, ceux qui n'ont connu que le monde avec les Dames blanches, comme il est facile à des gens malintentionnés de les modeler, de leur faire penser que ce qui arrive est nécessaire.

Bordage utilise également des mythes anciens pour construire son intrigue, notamment l'histoire d'Isaac, qui devait être sacrifié par son père en tant que premier enfant. D'ailleurs l'utilisation de cette légende par les gouvernements pour le nom de leur loi est erronée, puisqu'Abraham n'a jamais sacrifié son enfant (bon, par contre quelqu'un - un ange - a du lui dire de ne pas le faire...)

Comme souvent chez Bordage on retrouve un personnage de sage, qui réfléchira aux Dames blanches, se posera la question de la communication, chose que les gouvernements ne feront pas. Il reste assez secondaire cependant. Tous les personnages ont des failles, certains peut-être trop, mais en tous les cas, quand Bordage touche à l'enfance et à l'affectif, il sait rendre les sentiments.

Du côté des bémols, au-delà des poncifs presqu'habituels de l'auteur sur les femmes, j'ai été gênée par le traitement de la parentalité. L'arrachement des enfants se fait apparemment toujours à la mère. Il m'a fallu attendre plus des trois quarts du livre pour qu'enfin un père ressente ce sentiment. J'ai trouvé ça long, et injuste, car on arrache un enfant à ses parents, pas seulement à sa mère. Les pères ne sont pas tous des alcooliques dépressifs.

Pour résumer, Les Dames blanches de Pierre Bordage chez L'Atalante marque un renouvellement dans les intrigues de l'auteur. On retrouve évidemment la patte Bordage, mais avec une histoire originale, prenante, que j'ai dévorée en deux jours. L'auteur évoque dans cette dystopie les drames de notre monde, la façon dont les enfants sont pris en otage, soldats malgré eux de guerres insensées. Il a su toucher la corde sensible, et je ne serai sûrement pas la seBordage nous touche au cœur dans ce roman. Car il "s'en prend" aux enfants. Les tout petits, ceux dont on sait qu'ils ne peuvent se défendre, ceux dont on a la responsabilité... Ils vont devenir un enjeu crucial incroyable, devenir des armes de guerre. Pour moi c'est de la folie, la folie des hommes dont parle l'auteur. Mon fils allant sur ses trois ans, vous imaginez bien que je ne suis pas restée insensible à l'histoire...


L'échelle de temps de ce roman est intéressante. Elle se déroule sur des dizaines d'années. C'est intelligent de la part de l'auteur, car de cette manière, il peut montrer l'embrigadement des plus jeunes, ceux qui n'ont connu que le monde avec Les dames blanches, comme il est facile à des gens malintentionnés de les modeler, de leur faire penser que ce qui arrive est nécessaire.

Bordage utilise également des mythes anciens pour construire son intrigue, notamment l'histoire d'Isaac, qui devait être sacrifié par son père en tant que premier enfant. D'ailleurs l'utilisation de cette légende par les gouvernements pour le nom de leur loi est erronée, puisqu'Abraham n'a jamais sacrifié son enfant (bon, par contre quelqu'un - un ange - a du lui dire de ne pas le faire...)

Comme souvent chez Bordage on retrouve un personnage de sage, qui réfléchira aux Dames blanches, se posera la question de la communication, chose que les gouvernements ne feront pas. Il reste assez secondaire cependant. Tous les personnages ont des failles, certains peut-être trop, mais en tous les cas, quand Bordage touche à l'enfance et à l'affectif, il sait rendre les sentiments.

Du côté des bémols, au-delà des poncifs presqu'habituels de l'auteur sur les femmes, j'ai été gênée par le traitement de la parentalité. L'arrachement des enfants se fait apparemment toujours à la mère. Il m'a fallu attendre plus des trois quarts du livre pour qu'enfin un père ressente ce sentiment. J'ai trouvé ça long, et injuste, car on arrache un enfant à ses parents, pas seulement à sa mère. Les pères ne sont pas tous des alcooliques dépressifs.

Pour résumer, Les dames blanches de Pierre Bordage chez L'Atalante marque un renouvellement dans les intrigues de l'auteur. On retrouve évidemment la patte Bordage, mais avec une histoire originale, prenante, que j'ai dévorée en deux jours. L'auteur évoque dans cette dystopie les drames de notre monde, la façon dont les enfants sont pris en otage, soldats malgré eux de guerres insensées. Il a su toucher la corde sensible, et je ne serai sûrement pas la seule à maudire les choix de cette humanité inhumaine. A rapprocher de La Fraternité du Panca, pour le combat contre les fanatismes. Pierre Bordage, forever.
ule à maudire les choix de cette humanité inhumaine. A rapprocher de La Fraternité du Panca, pour le combat contre les fanatismes. Pierre Bordage, forever.

 

Un papillon dans la lune - Lune

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Bordage - Les dames blanches - Small things
Posté le 17 juillet 2015 -

Avec Les dames blanches, roman futuriste, Pierre Bordage, figure reconnue de la science-fiction française aux orientations humanistes, nous livre ici un plaidoyer éclairant contre le fanatisme et la politique de l’autruche.
Les dames blanches commence comme un roman de science-fiction classique promettant l’apocalypse et la fin de l’humanité : un matin gris et froid, une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre apparaît dans un champ des Deux-Sèvres et, inexplicablement, attire et avale un enfant de trois ans, Léo, dont elle ne laisse pas la moindre trace. Et ce n’est que la première de milliers de disparitions d’enfants et de dizaines de milliers de bulles qui se répandent dans le monde entier.

Pour décrire le bouleversement mondial sans précédent que ces dames blanches provoquent par leur présence, notamment des perturbations magnétiques et électriques qui provoquent une régression technologique sans précédent, Pierre Bordage emprunte le point de vue de personnages multiples : la mère de Léo, Élodie Mangin, une jeune journaliste d’un grand magazine parisien, Camille Grosjean, leurs maris et leurs enfants puis petits-enfants qu’on tâche de protéger des bulles avec plus ou moins de bonheur.

La fresque des Dames blanches s’étend sur plusieurs générations, et met en lumière tous les réflexes aberrants des dirigeants et des régimes politiques, par une mesure aussi plausible qu’effrayante : la loi d’Isaac. Puisque les seules personnes pouvant pénétrer dans les bulles sont les enfants de moins de quatre ans, l’Inde décide d’envoyer des enfants-kamikazes, chargés de bombes, dans les dames blanches, pour tenter de les faire exploser. Cela a pour seul résultat de faire virer les bulles au gris, et de les faire temporairement diminuer, sans qu’on ne revoie jamais les enfants, bien sûr.Mais il n’en faut pas plus aux autres nations pour faire de même. D’abord, on prend les enfants orphelins. Puis, lorsque leur nombre n’est plus suffisant, tous les pays votent la loi d’Isaac : chaque couple ayant des enfants doit en donner un au recrutement pédokaze, pour le bien de l’humanité. Pourtant, bien marri qui pourrait prouver que ces sacrifices d’enfants ralentissent véritablement sur les dames blanches, ou élèvent l’humanité vers un mieux-être.

Pierre Bordage le souligne en donnant à voir, d’une écriture simple et limpide les répercussions des dames blanches et de la loi d’Isaac dans la vie de chacun de ses personnages, jusqu’au final qui ne se veut nullement une apothéose, mais la prise de conscience du lecteur, lorsqu’il rassemble les fils de l’intrigue, que c’est finalement l’humanité qui est son plus grand ennemi, face à l’inconnu.
Plus que de la science-fiction, plus que du suspense, l’atmosphère qui se dégage des Dames blanches, de ce style posé, qui pointe calmement mais irréfutablement les paradoxes de notre monde, c’est de l’humanisme sous couvert d’anticipation ; de l’analyse sociale et politique sous couvert de romanesque.

Balzac disait, dans son Avant-propos à la Comédie humaine « La société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire » ; on pourrait dire de Pierre Bordage qu’il est le secrétaire, visionnaire et lucide, d’une société future.

Small things -  Cécile

 

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Bordage - Les dames blanches - Fantastinet
Posté le 17 juillet 2015 -

Nous retrouvons Pierre Bordage dans un nouveau roman qui va encore nous étonner par son talent narratif. Dans un texte entre anticipation et Science-Fiction, les protagonistes de ce roman vont se retrouver confronter à un étrange phénomène : l’apparition de grosses bulles blanches – appelées par certains les « Dames Blanches » – qui ont la fâcheuse tendance à attirer les enfants de moins de 4 ans qui passent à proximité et que l’on ne peut pas récupérer. Comme souvent dans ce genre de situation, les « Hommes » réagissent de façon belliqueuse et sans réellement à comprendre le phénomène.
Au-delà de cet aspect, ce qui est encore au cœur de l’histoire est le comportement humain, cette vocation à la destruction… Tout élément étranger est forcément un ennemi en puissance. Petit à petit, avec son talent habituel, Pierre nous montre le dérapage d’une société qui ne va pas hésiter à sacrifier son humanité pour atteindre ses objectifs, indépendamment de ce que sont ses objectifs. Je ne veux pas en dévoiler trop, notamment sur la loi d’Isaac (bien que le quatrième de couverture en dévoile pas mal) mais sachez que nous retrouvons les heures les plus sombres de notre histoire…
Comment élever des enfants lorsque leur avenir est menacé ? Comment faire entendre sa voix lorsqu’elle propose d’autres pistes ? Comment comprendre l’incompréhensible ?
Ce sont quelques unes des questions qui jalonnent le récit.

Fantastinet - Allan

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Bordage - Les dames blanches - Le progrès de Lyon
Posté le 17 juillet 2015 -

Elles sont blanches, rondes, indestructibles. Elles sont apparues un beau matin et ont peu à peu envahi la planète. D'où viennent-elles ? Que veulent-elles ? Personne ne le sait… Mais ces bulles attirent et font disparaître des enfants de moins de 3 ans, ce aui les rend dangeureuses. Pour pouvoir vivre avec, il faut les comprendre, mais ce n'est pas si simple, car la communication est impossible…

Après le formidable Celle qui a tuos les dons, les éditions L'Atalante reviennent avec un nouveau bijou d'anticipation signé Pierre Bordage. Dans cet ouvrage, ce maître de la SF, français, ne se limite pas à un envahissement de la Terre par des sphères molles er sources d'énergie. Il met l'humanité devant ses incohérences et sa peur de l'inconnu et son manque criant d'adaptabilité.

Comment réagir face à cette invasion - plutôt pacifiste -mais effrayante ?

Sur plusieurs décennies, Pierre Bordage imagine l'évolution de la société qui cherche à détruire plus qu'à comprendre. Il souligne également son appauvrissement par son inadaptabilité. Ses héros, qui tentent à leur manière avec ces manifestations, sont liés à elles et tout au long de leur vie vont changer d'avis et de comportement. Une reflexion pertinente sur la dangerosité du fanatisme.

Le progrès de Lyon -  David Tapissier

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Bordage - Les dames blanches - Libération
Posté le 21 juillet 2015 -

Rencontrer Pierre Bordage à Nantes se présentait comme une évidence. Rien dans son abondante bibliographie n’accorde pourtant de place privilégiée à la ville des bords de Loire. La quarantaine de titres sortis en trente ans privilégie l’imaginaire plutôt qu’une cartographie du réel. Mais un auteur, parfois malgré lui, n’est pas une entité sans racines ou sans écosystème, planant dans l’éther, disparaissant derrière ses écrits. Pierre Bordage est relié à Nantes, ne serait-ce que parce que l’éditeur qui l’a propulsé, l’Atalante, siège au cœur de la préfecture de région et que le festival des Utopiales l’a gardé onze ans pour président (ce qui lui a valu la médaille d’honneur de la ville). Autres affinités plus lointaines, indépendantes de l’auteur, mais qui créent une sorte d’amas signifiant qui colle en partie à la représentation culturelle de la ville : l’illustre Jules Verne, romancier d’anticipation, y naquit, et de surcroît les machines de l’île donnent un cachet steampunk à son histoire industrielle.

Musée Jules Verne

Retrouver donc l’écrivain in situ, dans son port d’attache, et lui laisser le choix du parcours. Dès la sortie de la gare, côté nord et donc pas vers l’île de Nantes avec ses machines, le Lieu unique ou le musée Jules Verne, sa claire intention est de donner à sentir un Nantes intime plutôt qu’un lieu déjà symboliquement marqué. Cheminer simplement. Marcher permet de dérouler le fil, de faire émerger au passage des différents quartiers les souvenirs dans les pas, la silhouette du passé se superposant sur celle du présent.

«Une douceur incomparable, une langueur presque, imprégnait son atmosphère», a écrit Pierre Bordage à propos de Nantes, dans une courte nouvelle de 2007 (1). Le narrateur vient pour la première fois dans la cité pour un rendez-vous avec une femme avec laquelle il correspond par mail depuis deux ans mais qu’il n’a jamais vue. Elle lui a écrit qu’ils sauraient se rencontrer s’ils en avaient tous deux le désir. L’homme erre dans les rues, porté par la découverte environnante, avant de réaliser à l’aube qu’un message caché dans un de leurs échanges vise à l’amener passage de la Châtelaine. Elle lui apparaît alors, blonde, diaphane, féerique, comme dans son désir. A son étreinte, elle s’évanouit, éphémère point de contact entre deux personnages repartis chacun de leur côté dans un labyrinthe de l’espace et du temps. 

Figure pivot

Ce 10 juin 2015, Pierre Bordage emprunte d’abord la même direction que son personnage. Plein cap vers le château, pour remonter le long des ruelles étroites du vieux quartier du Bouffay. L’étudiant commence à se matérialiser. En 1973, un jeune Vendéen né à La Réorthe vient faire ses études à Nantes. Le passionné d’histoire a finalement opté pour la fac de lettres modernes. Bien lui en a pris. Un cours de littérature comparée lui ouvre l’accès à un autre monde : il porte sur la science-fiction américaine de l’âge d’or (Demain les Chiens de Simak, Chroniques martiennes de Ray Bradbury). A l’époque, il dévore surtout Bob Morane. Un atelier de création littéraire se charge ensuite de lui infuser le plaisir d’écrire. Quarante ans après, l’écrivain se souvient de monsieur Defoix, figure pivot de la suite de sa carrière. «Je vous note au nombre de pages, disait M. Defoix. Vous faites ce que vous voulez sans préjugés. Vous ne serez pas jugé sur le contenu mais sur la quantité.» La consigne paraît à rebrousse-poil de ce qu’on attend d’un littéraire, communément adepte de style et de construction narrative. Celle-ci eut pour résultat chez Bordage, déjà fervent de mythologie, de l’aider à ouvrir le robinet à fond. «J’ai découvert le plaisir de raconter des histoires, d’abord comme une écriture automatique, puis elles se sont structurées.»

Rue Sully, à un passage piétons, une dame le reconnaît et se dirige vers lui. Elle s’occupe d’une association organisatrice de rencontres littéraires. Toujours affable, Pierre Bordage lui raconte qu’il est invité à un festival au Bhoutan cet été, ce qui paraît quand même du dernier chic exotique. La balade débouche ensuite sur le quai de Versailles et on le sent frémir à la vue de l’eau et des bateaux, l’Erdre apparaît à cet endroit-là. «Nantes est une ville de comblement, raconte ce passionné d’histoire. C’est ce qui s’est fait avec l’île Feydeau en 1750, avec la méthode hollandaise.» L’époque des négriers, l’insurrection vendéenne, le sinistre Carrier… la matière se déroule au fur et à mesure de la progression sur la voie qui longe l’Erdre. François Ier disait, souligne-t-il amusé, que l’Erdre est la plus belle rivière de France.

Ce mixte d’urbain et d’eau constitue un parcours que l’écrivain connaît sur le bout des orteils. Un peu plus en amont se trouve le quartier Saint-Félix, où il a habité de 2009 à 2012, délaissant provisoirement sa grande maison de Boussay. «Peu attaché au matériel», il a d’ailleurs décidé de mettre en vente ladite demeure, acquise à son retour de Kansas City. Peu de temps avant, il avait reçu le prix de la Tour Eiffel pour Wang, un cycle qui se déroule au XXIIIe siècle dans un tiers-monde ghettoïsé par l’Occident. Ce prix récompensait la «qualité de sa langue française» et ses «qualités d’inventeur et de conteur».

A Saint-Félix, Bordage montre du doigt l’endroit où il a séjourné. En ce début 2009, sa femme venait de disparaître, fauchée par une voiture pendant leurs vacances en Inde. Il avait besoin de s’éloigner de Boussay où il vivait seul. «Je me souviens d’un isolement très fort à la campagne.» Durant les trois années qui ont suivi, il marchait le long de l’Erdre l’après-midi, observant les oiseaux et le va-et-vient des navigables. «Le dernier bateau-lavoir, qui servait aux lavandières nombreuses à une époque ici, a été transformé en habitation», renseigne-t-il.

un air de mangrove

Dans le jardin japonais, les employés municipaux élaguent des arbres en cette fin de matinée de printemps. Peut-être est-ce ici, ou cela aurait pu, que l’enfant de la campagne explique que le nom «bordage» veut dire métairie au bord d’une grande propriété, ajoutant que son père était un petit métayer. Parfois, le chemin se réduit et contraint les nombreux joggeurs à doubler en interpellant gentiment les promeneurs. Plus loin, après les lignes paysagères asiatiques, le bord de la rivière offre un air de mangrove, avec des branches trempant comme dans un marais. Une famille de ragondins y prenait souvent ses quartiers. De fait, une belle bête se prélasse placidement en contrebas comme pour appuyer les dires de Bordage.

Après l’année d’’éveil à l’écriture et à la SF, Pierre Bordage n’a plus cessé d’écrire, à flots continus. Sa première tentative fait chou blanc, seul Grasset lui envoie «une critique personnalisée et encourageante». Le grand soir éditorial attendra et il enchaîne différents métiers. En 1981, il monte une librairie ésotérique rue d’Alésia à Paris, dont Françoise Hardy sera une des plus fidèles clientes. En 1985, il s’installe dans le Gers et produit les 2 000 pages des Guerriers du silence en six mois, sur un cahier d’écolier. Le souvenir d’une expérience d’écriture intense. On devine chez lui la nostalgie de ce moment de jaillissement, après lequel il a peut-être ensuite couru toute sa vie.

Ce n’est qu’en 1992, que cet ancien karatéka et passionné de basket devenu journaliste sportif est enfin publié. La maison d’édition Vaugirard lui propose d’écrire la série des Rohel, le conquérant. Peu après, il découvre les éditions l’Atlante qui publient Orson Scott Card traduit par son ancien professeur de banjo Patrick Couton. Il livre à Pierre Michaut, le directeur, ses Guerriers du silence, space opera épique. La trilogie connaît un succès immédiat, Pierre Bordage gagne l’accréditation définitive dans la SF française, qui vit un joli renouveau dans ce milieu des années 90.

Mais, conteur invétéré avant d’être un architecte d’univers, Pierre Bordage s’avère un touche-à-tout virtuose. Non content du space opera, il chevauche vers la fantasy initiatique avec les impressionnantes Fables de l’Humpur, rédigées alors qu’il s’est installé avec sa famille en Dordogne, puis se lance à pleins poumons dans le roman historique. Avec la même recherche langagière. Dix ans après, on sent à la manière dont il en parle la course de fond qu’a représentée l’Enjomineur, trilogie vendéenne qui se déroule de 1792 à 1794. Manière d’enjoliver ou vrai défi de fin de soirée arrosée : ce projet est né, dit-il, après une conversation avec Jean-Christophe Rufin, tout juste lauréat du Goncourt, sur la plage d’un très bel hôtel de Guadeloupe. A-côté plaisant d’un salon du livre auquel ils étaient tous deux invités. Les deux auteurs en viennent à échanger sur leur dominante respective, constatant que l’un est plutôt tourné vers le roman historique, l’autre vers la science-fiction. Reconstituer l’histoire du passé ou construire celle du futur… Un challenge serait peut-être de prendre l’autre sens du temps… En 2004, Rufin publie une dystopie, Globalia ; Bordage le premier volume de l’Enjomineur, de la fantasy historique. «L’Enjomineur m’a demandé beaucoup de travail : je me suis mis dans la peau des gens de l’époque, me documentant énormément sur les faits historiques et en vérifiant un mot sur deux…» Pour le Vendéen natal, il était entendu qu’il évoquerait un jour le traumatisme encore palpable, les «atrocités populicides qui ont été le laboratoire des horreurs à venir, du communisme, de l’idéologie totalitaire». L’auteur a tout de même mis son grain de sel en infusant du surnaturel, tout en s’efforçant d’être scrupuleux. Quelque chose en lui est plus fort que tout. «Je ne peux pas m’empêcher de mettre de l’imaginaire. Il me faut un petit vertige, un décollement de la réalité.»

«Janséniste du style»

S’il a été publié tard, à 30 ans, Pierre Bordage a maintenu depuis un rythme de publication soutenu, avec parfois deux à trois titres par an. «J’écris moins aujourd’hui, car je pratique l’écriture comme une immersion totale qui me demande beaucoup d’énergie.» Le regard de sa femme Hamama, doctorante en lettres qui rêvait d’écrire sans jamais y être parvenue, lui manque peut-être aussi. Cet amoureux du latin, ce «janséniste du style» comme il s’est un jour défini, s’est toujours consacré à l’activité avec une attention de métronome. Pendant longtemps, il se mettait à son bureau quotidiennement vers 8 h 30-9 heures pour n’arrêter que vers 19 heures. «Maintenant, je m’astreins à sortir vers 15 heures. Mon métier est un travail d’artisan. Mon atelier, c’est mon bureau.» A tel point qu’il a calibré sa productivité : 10 pages à 2 200 signes et la journée est réussie. Il n’est bien qu’avec la police Times new roman, corps 14, interlignage 1,5. Autre manie d’écrivain : il ne peut écrire qu’à son bureau à la différence d’autres congénères, plus à l’aise dans les cafés ou qui grattent même en voyage. Jamais la nuit, «trop angoissant, hostile». Au-delà du cérémonial, Pierre Bordage n’a pas cessé de suivre la voie ouverte par M. Defoix. «J’écris spontanément, sans faire de plan et, au fur et à mesure, l’histoire trouve sa propre cohérence. A chaque fois, je me lance dans le vide. C’est un acte de confiance constante envers l’inspiration.» Il se catalogue lui-même dans la catégorie des «scripturants», définie par l’écrivain et le théoricien de SF Francis Berthelot, à la différence des «structurants». «Cela veut dire qui a besoin de l’écriture pour avancer. Quand j’ai une bible, j’essaie de me couler dedans. Mais quand on me donne un pitch, c’est une torture.»

C’est la Belle Equipe que vise le meneur après une petite heure de déambulation, un restaurant sympathique qui surplombe l’Erdre peu après l’université. A l’intérieur, Pierre Bordage continue à dérouler avec la même douceur, sans jamais d’embardée dans la voix ni flamme d’émotivité déplacée. Je me souviens d’un débat il y a quelques années sur la grande scène des Utopiales : Jean-Christophe Rufin avait parlé comme sur la défensive, peut-être parce qu’il appréhendait la tension que pouvait susciter ce qui pouvait être considéré comme une intrusion dans un milieu plutôt clanique avec ses codes précis. Pierre Bordage s’était exprimé à son tour avec simplicité et tolérance, sans être tenté un instant par le moindre élan cruel en direction du fragile intervenant. Pour lui, la reconnaissance n’est pas un enjeu, et il est l’un des rares à vivre de sa plume. Une constance qui fait d’emblée de cette haute stature un personnage familier et rassurant des festivals du genre.

Bulles invincibles

Cette sorte de détachement vient-il du mysticisme qui l’accompagne depuis toujours ? «Enfant, j’entendais des élans à l’intérieur de moi et ressentais une perception au-delà du monde.» Quatre ans de petit séminaire l’ont dégoûté de la religion, une «oppression», mais il a cultivé le mysticisme, s’intéressant au taoïsme, au bouddhisme, aux idées de Jiddu Krishnamurti. «Cela a influencé toute mon écriture, jusqu’à aujourd’hui.» Ses romans mettent souvent en scène des personnages qui mènent un travail spirituel sur eux-mêmes. Un personnage des Dames blanches, la journaliste Camille, opère cette sorte de cheminement tout au long de la quarantaine d’années que couvre le livre, subdivisé en chapitres qui portent chacun un prénom. Les dames blanches, comme une référence à la légende des lavandières annonciatrices de la mort… «Je conduis mes héros à développer leur part spirituelle, à retrouver leur force intérieure qui les rend incontrôlables», acquiesce-t-il, étonné lui aussi que son roman, tout juste sorti chez l’Atalante, n’arrive sur la table qu’à la fin de la balade.

Les dames blanches sont d’immenses bulles extraterrestres débarquées un jour sur une terre et qui absorbent petit à petit tous les enfants de la planète de moins de 4 ans. Sa vision de l’invasion sert en fait à pousser son sujet, l’homme confronté à ses propres limites. Dans quelle mesure accepterait-on de sacrifier ses propres enfants ? N’en ferait-on pas autant dans de telles circonstances ? Le propos critique aussi le libéralisme et son matérialisme. Les bulles, être intelligents qui résistent à toutes les tentatives de destruction, même les missiles à tête nucléaire, anéantissent toutes les ondes. Plus de pétrole, de téléphone, d’Internet, de courrier…. Sans doute moins ambitieux en terme de SF que d’autres de ses romans, les Dames blanches montrent que Pierre Bordage a gagné en épure, empreint de la même quête intérieure. «Le styliste, dit-il enfin, va faire bouger la surface de l’eau pour qu’on s’intéresse aux vagues. Pour celui qui s’intéresse au futur, la surface apparaît lisse et l’effet de miroir dévoile les fonds.»

Frédérique Roussel - Libération

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Bordage Pierre - Les dames blanches - Interview 1 livre en 5 questions - Blog littéraire et musical
Posté le 19 août 2015 -
Comment vous est venue cette idée de ces étranges sphères blanches ?

Je ne sais pas au juste. Il me fallait une structure qui ait une apparence inerte et inoffensive, et la sphère m’a semblé tout indiquée.
Et d’autant plus judicieuse, je m’en suis rendu compte en développant le récit, qu’elle est l’image du ventre, de la matrice, et que l’un des sujets principaux du roman est la relation à la  maternité, à la filiation.

La thématique est très actuelle, dans un monde où « la peur pousse à l’aberration », comme vous le dites si bien dans le livre…

La peur est notre seul véritable ennemi, je crois, et le pire !
Peur de l’autre, peur du manque, peur du vide, peur du noir, peur de la perte, peur de la solitude, peur de la souffrance, peur de la maladie… Si on observe l’être humain avec lucidité, on se rend vite compte que la plupart de ses outrances sont liées à la peur.
Elle nous retire toute raison, toute réflexion, et peut nous conduire à l’extrémisme, à l’intolérance, au génocide, et au sacrifice de ses propres enfants, comme le raconte le roman.

Comme toujours dans vos romans, vous mettez les personnages en avant. Les dames blanches est aussi une histoire de rencontres…

Un roman est avant tout une affaire de personnages.  De rencontres, comme vous dites, avec d’autres humains.
Un auteur est un être humain, si, si, je vous assure, qui s’adresse à d’autres êtres humains pour parler de problèmes humains. Le personnage est le véhicule idéal, parce qu’il n’est pas dogmatique, il est de chair et de mots, parce qu’il suscite, c’est son but, l’empathie, l’identification, et permet d’explorer en toute liberté différentes facettes de l’humanité.  

Vous semblez vraiment avoir pris soin de travailler autant l’aspect « réflexion » que l’aspect « ludique » de cette étonnante et magnifique histoire…

Je pense que l’aspect réflexion est dû au genre SF, qui permet, par ses sauts dans l’espace temps créant un effet loupe, de mieux cerner les courants de fond qui traversent notre présent. Le saut dans l’espace temps permet également de générer cet aspect ludique dont vous parlez.
Pour moi la SF, et particulièrement l’anticipation, est une combinaison magnifique de divertissement, de réflexion sur le présent et d’interrogation fondamentale, philosophique.

Si je vous dis que ce livre, comme la plupart de vos livres, est avant tout humaniste, que me répondez-vous ?


Je vous réponds oui, mille fois oui. Je ne suis qu’un explorateur de l’humanité, comme tous les romanciers je suppose.
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Bordage - Les dames blanches - L'Anjou agricole
Posté le 04 septembre 2015 -
La première sphère blanche d'une trentaine de mètres de diamètre est apparue dans la campagne deux-sévrienne "avalant" un petit garçon de 3 ans. Vingt ans plus tard elles sont des milliers à avoir colonisé la terre et les puissantes armées du monde n'ont pas réussi à en détruire une seule. Cette invasion s'accompagne d'une inexorable régression technologique qui menace l'équilibre mondial. Alors que les meilleurs scientifiques restent impuissants, un malien passionné d'ufologie et une journaliste tentent le tout pour le tout. Un passionnant roman de science-fiction qui stigmatise l'égoïsme et la bêtise humaine.

La sélection de Jean-Paul Guéry, hebdomadaire l'Anjou agricole
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Bordage - Les dames blanches - L'Echo
Posté le 07 septembre 2015 -
Elles sont arrivées soudainement, imposantes, mystérieuses, impassibles. Quelques unes d'abord, par-ci par-là sur Terre. Des sphères blanches immobiles, silencieuses, inquiétantes. Aussitôt des enfants se sont précipités vers elles, et ont été happés, comme absorbés, et ont disparu. Pas tous les enfants, certains seulement. La réplique des autorités ne se fera pas attendre, agressive évidemment; canonnades, explosifs, missiles, sans que pour autant les Dames Blanches en soient affectées. Au fil du temps elles seront des centaines, puis des milliers, et toujours plus d'enfants qui disparaissent au sein de ces sphères indestructibles. Jamais à court d'imagination lorsqu'il s'agit de réagir avec violence, les hommes organiseront alors un effroyable programme de sacrifice de leurs enfants, équipant d'explosifs à retardement des cohortes d'innocents sacrifiés sur l'autel de la peur et de l'incompréhension… mais toujours sans résultat. D'abord des orphelins, bien sûr, puis les familles furent mises à contribution. Il fallut faire voter des législations iniques, promulguer des décrets liberticides qui engendrèrent opposition et résistance auxquelles succéderont répression et oppression.
C'est à travers Camille Grosjean et sa famille que l'on suit - sur des décennies - les péripéties de cette parabole sur les dérives du comportement des sociétés face à l'inconnu; la présence des Dames Blanches n'étant que le révélateur des funestes réactions humaines en temps de crise exceptionnelle.

La rubrique de François Estrada, L'Echo du Centre
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Bordage - Les Dames Blanches - Radio Cité Vauban
Posté le 18 septembre 2015 -
Notre monde a peur. Cette phrase lapidaire est néanmoins d’actualité quand, tous les jours, les médias , la toile, nous livrent tout un flot de faits, d’images nauséabondes empreintes de haine. Cette violence, cette aversion est souvent issue d’une méconnaissance de l’Autre, de comment il vit. Sa différence est vécue comme une agression par ces personnes phobiques, sans motif apparent. Pierre Bordage s’empare de ce phénomène de peur dans Les Dames Blanches, son nouveau roman paru aux éditions l’Atalante.

Tout commence par une apparition en France, une étrange bulle blanche. Cette bulle attire certains enfants de moins de quatre ans qui disparaissent du jour au lendemain. Loin d’être un phénomène unique, ces bulles surgissent sur tout le globe avec les mêmes conséquences pour les enfants. Perturbation des réseaux informatiques, les gouvernements mettent en place des politiques extrêmes pour lutter contre ces bulles. A quel prix !

Ce n’est pas une nouveauté que de saluer la créativité de Pierre Bordage. Il ne faillit pas encore une fois ici avec cet ouvrage d’anticipation qui questionne encore et toujours la profonde la nature de l’Homme, le côté obscur des êtres humains et des gouvernants face à l’inconnu. L’auteur prend le temps de l’analyse des comportements puisque le récit s’étale sur plus de soixante ans avec une myriade de personnages comme Basil, l’UFOlogue noir, Catel, sa fille Camille ou encore Jason. Bordage porte un soin particulier à leur psychologie. Un très beau roman comme on les aime qui embarque, passionne et questionne sur ses représentations ainsi que celles de l’Homme qui devrait plutôt s’interroger pour mieux connaître ce qu’il ne connaît pas.
 
Olivier Verstraete
Radio Cité Vauban
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Bordage - Les Dames Blanches - Communauté Orange
Posté le 25 septembre 2015 -
Au cours de ces 400 pages, l'humain nous apparaît tour à tour courageux, intelligent, provocateur et surtout d'une grande veulerie ! J'ai aimé que P.Bordage "raccroche" le temps de son histoire à notre temps, c'est je pense ce qui en fait sa force, son intérêt et amène la réflexion.
 
lalouve8
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Bordage - Les Dames blanches - Daily Books
Posté le 09 novembre 2015 -

A travers le personnage de Camille – une femme journaliste – et ce qu’elle subit, Bordage dresse un portrait de l’incommensurable bêtise humaine et fait à contrario celui de la tendresse, de l’ouverture, de l’attention aux autres. L’occupation de la Terre par les dames blanches ressemble à une autre occupation pas si lointaine dans le temps. En tout cas, elle donne lieu à des lois d’exception […]

Attention, aussi noire que cette histoire paraisse elle n’est pas vraiment pessimiste. Bordage offre à certains personnages la possibilité de se corriger, d’être rédimés … Et je crois qu’il nous donne, à nous lecteurs, une clé de vie. Citation : « La vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Il aurait fallu nous libérer de nos schémas habituels de pensées pour appréhender la visite des dames blanches… »

Attention, spoiler sur l'avis complet :

Daily Books

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Bordage - Les Dames blanches - Bifrost
Posté le 20 novembre 2015 -
La portée humaniste et spirituelle de ce roman, encore renforcée par l'attribution de prénoms issus de la mythologie grecque à la portée symbolique évidente, se situe dans la droite ligne de précédents ouvrages de Bordage. Bien que secondaire dans son œuvre, il reste d'une lecture agréable qui force à la réflexion sur ce que chacun est prêt à accepter - au détriment de l'éthique, au nom de l'humanité.
 
Claude Ecken
Magazine Bifrost n°80
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Bordage - Les Dames blanches - Appuyez sur la touche "Lecture"
Posté le 25 novembre 2015 -
C'est un magistral avertissement qui nous est adressé par l'auteur à travers cette allégorie douloureuse. Dans Les Dames blanches, publié au printemps dernier aux éditions L'Atalante, Pierre Bordage, une des plus fines plumes de l'imaginaire francophone, prend des accents à la Herbert George Wells, pour une espèce de Guerre des Mondes, où l'on finit par comprendre qu'il n'y a qu'un belligérant : notre monde à nous, auto-destructeur et motivé par des considérations qui laisse l'humain à l'écart, jusqu'à le sacrifier...

[…] Un livre très dur, violent, difficile sur un plan émotionnel, aussi...

[…] On a l'impression que la catastrophe se déroule en temps réel sous nos yeux. Mais il faut en comprendre les enjeux afin de savoir quel sera l'avenir après les Dames blanches, si tant est qu'elles disparaissent un jour à leur tour... Sera-t-il empli de ténèbres ou au contraire, s'agira-t-il d'une page nouvelle et d'un nouveau commencement ?

[…] L'univers décrit dans Les Dames blanches est sombre, torturé, marqué par l'inquiétude, aussi. Et pourtant, comme souvent chez Pierre Bordage, il y a de la lumière au bout du tunnel. Reste à accomplir le trajet jusque-là, semé d'embûches, forcément. Et des pièges que l'homme se tend à lui-même, en permanence.

Pierre Bordage l'humaniste se fait une fois de plus lanceur d'alerte. Il le fait avec un talent de narrateur certain, créant une nouvelle fois une atmosphère lourde, oppressante, qui pousse le lecteur à se remettre en question lui aussi. Et puis, il mène parfaitement sa barque, usant avec une grande habileté de l'inconnu et de l'ambiguïté qui planent au-dessus de ces Dames blanches.

[…] Il y a chez Bordage une aptitude incroyable à faire coller ses romans d'anticipation au monde tel qu'il est et ce livre-là en est encore un exemple frappant. Aux frontières du fantastique et de la SF, il propose ici un roman en forme de parabole d'une redoutable puissance, dont on ne sort pas indemne.
 
Joyeux-drille
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Bordage - Les Dames blanches - Girl kissed by fire
Posté le 25 novembre 2015 -
Les personnages se croisent et leurs destinées toutes entières tournent autour des Dames blanches, qui volent les enfants, rendent les hommes pires et détruisent toute technologie.

Malgré un tout petit défaut (j’aurais bien aimé au début de chaque chapitre en quelle année ça se passe, afin de voir l’évolution plus concrètement car il y a de sacrés ellipses), on est totalement absorbé dans le roman et on souhaite en connaître le dénouement. L’écriture est très agréable et on se demande également comment on pourrait réagir dans cette situation. Pierre Bordage a en effet réussi à décrire des personnages et des situations très réalistes malgré un postulat de départ dont on espère qu’il nous épargnera!

Un vrai coup de cœur, que je vous conseille vivement !
 
Girl kissed by fire
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Bordage - Les dames blanches - Zonedelivre
Posté le 12 avril 2016 -
Une sphère blanche apparait un jour dans une ville française… et puis les jours passent et de nouvelles sphères apparaissent dans tout l’Hexagone. Le phénomène prend de l’ampleur et s’étend à l’Europe et sur toute la planète.

Quelle est la signification de ces étranges boules blanches qui grossissent jour après jour ? et surtout, pourquoi « avalent-elles » les jeunes enfants âgés de trois ans, sans distinction de race et de couleur de peau ?

Un véritable coup de coeur !!

Cette découverte des romans, déjà nombreux de l’auteur français qui s’est fait une spécialité dans l’écriture de l’imaginaire, fut un pur hasard, trouvé sur la table des nouveautés dans la médiathèque de mon lieu de résidence.

Une histoire originale, mélange subtil entre fantastique et science fiction (les clins d’oeils dans les deux genres sont nombreux pour qui possèdent un peu de culture ciné et littéraire) des situations troublantes, un suspens diabolique et des personnages que l’on découvre tout au long de ces pages qui sont loin d’être blanches.

Un univers superbement bien décrit pour cette histoire de boules blanches énigmatiques qui vont oeuvrer sur la planète pendant de nombreuses années et auxquels les chefs d’états de tous les grands pays de ce monde, vont tenter de trouver une solution pour les détruire, persuadés des intentions belliqueuses de ces mystérieuses sphères, qui semblent se « repaître » uniquement des jeunes enfants de moins de quatre ans.

Dès lors, les pays du monde entier vont entreprendre sur de longues années des solutions drastiques pour parvenir à leurs fins. Il faut mettre à mal ces boules, ces « dames blanches », nommées ainsi dès le début de leurs apparitions terrestres, par une journaliste prénommée Camille, une des héroïnes nombreuses de ce récit troublant.

D’une écriture pointue, ciselée et d’une grande efficacité, l’auteur nous conte une histoire incroyable et nous convie à un message sur le devenir de l’humanité, en évoquant son passé et sa détermination à détruire son prochain pour arriver à ses fins. Tour à tour, le récit est plongé dans les mythes fondateurs de l’histoire de l’Homme, la mythologie grecque et ce terrible message pessimiste sur le devenir de la planète bleue et celles et ceux qui l’occupent.

Un récit fantastique avec un message alarmant mais aussi d’espoir sur notre condition humaine et sur ce que nous devons faire pour nous préserver et garder notre présence sur la planète Terre. Pierre Bordage qui n’en ai pas à son premier coup d’essai, réussit avec ce dernier roman paru, un véritable tour de force. En tant que lecteur, j’ai été plongé dans ce fabuleux récit d’anticipation avec un mélange de fantastique et de réel à la fois. Après bien des péripéties pour tous les personnages principaux de l’histoire, entre joies et drames, entre colère et détermination, entre la révolte et la guerre entre les hommes, ces « dames blanches » quittent les pages du livre sur un grand moment d’émotion rare.

Ce roman est un petit bijou de lecture ! je suis extrêmement heureux d’avoir découvert cet auteur et son dernier roman !

Un seul mot pour vous convaincre : Humanité… si vous en êtes conscient, lisez cet incroyable roman, vous ne pourrez plus en douter !

Zonedelivre - Jean-Marc Volant
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Bordage - Les Dames Blanches - Actusf
Posté le 27 avril 2016 -
Un auteur qui compte

Pierre Bordage est l’homme qui, après Stefan Wul et avant Laurent Genefort, a réconcilié la science-fiction française avec le space opera. La trilogie des Guerriers du silence, réussite incontestable tant d’un point de vue commercial que critique, a installé Bordage au cœur du (petit ?) paysage de la littérature de la science-fiction francophone. Préoccupé par la lutte contre les fanatismes, Pierre Bordage tient à en imprégner les fictions qu’il publie. Les Dames blanches s’inscrit dans cette démarche et relève autant de la science-fiction (par sa proposition de départ : des bulles blanches apparaissent sur Terre et avalent les enfants) que du thriller (l’auteur cherche à créer un suspense) : reste à savoir si la sauce (pour reprendre une expression de grand cuisinier) prend (et là c’est essentiel).

Une invasion silencieuse

En plein automne, une étrange bulle blanche surgit dans la campagne des Deux-Sèvres et attire le jeune Léo en son sein sans que sa mère Elodie ne puisse faire quoi que ce soit. Le magazine « Femmes » dépêche une de ses meilleures journalistes, Camille, pour recueillir le témoignage d’Elodie, qui n’a pas inventé son histoire : des dizaines de femmes de par le monde racontent les mêmes scènes de disparition d’enfants. Le phénomène prend une ampleur mondiale car les bulles bientôt rebaptisées « dames blanches » se multiplient à la surface du globe et empêchent de surcroît par leurs ondes magnétiques le bon fonctionnement du net, des portables, des téléphones. L’humanité régresse tandis que l’ONU prend une décision cruelle : par la loi dite d’Isaac (qui renvoie à la Bible), chaque famille doit fournir un enfant destiné à devenir un « pédokaze » (version adaptée du Kamikaze) qui ira se faire exploser au sein d’une dame blanche. La journaliste Camille, qui a perdu son fils Nathan, se pose cependant de plus en plus de questions après avoir raconté l’ufologue Basile Traoré : quel est le but des dames blanches ? L’humanité est-elle à même de comprendre ce qui se passe ?

Les limites de l’entreprise « bordagienne » ?

On peut présenter Les Dames blanches comme la chronique d’une invasion, d’une intrusion extra-terrestre dont les buts échappent complètement aux humains qui y voient l’expression d’une menace remettant en cause leur civilisation. Chaque chapitre est titré d’après le nom d’un personnage ayant à affronter soit directement les dames blanches, soit les conséquences de leur apparition. On suit avec parfois de l’appréhension les développements de l’intrigue (ce qui démontre de la part de Pierre Bordage sa maîtrise des mécanismes du thriller). Reste un gros point noir : la tendance à la sentimentalité. Notre auteur accorde beaucoup d’importance aux personnages et à leur psychologie (et il a raison). Reste qu’il y a ici beaucoup d’excès sentimentaux, de réflexions sur l’amour qui handicapent le récit, excepté à un moment de la fin où une mère retrouve son fils : là, Pierre Bordage sait trouver le ton et les mots justes. On lui souhaite donc de maîtriser son sentimentalisme car une chose est sûre : Pierre Bordage sait nous raconter des histoires. Un talent rare qui demande à être choyé et protégé.

Sylvain Bonnet
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Bordage - Les Dames Blanches - Gruznamur
Posté le 27 avril 2016 -

Chaque nouveau roman de Pierre Bordage se déguste, tant l’auteur a su se renouveler constamment tout au long de sa longue et prolixe carrière.

SF accessible et humaniste

Les dames blanches ne déroge pas à la règle, par son sujet original et son traitement qui donne un récit de SF d’une belle profondeur et très accessible.

D’étranges et monumentales bulles blanches apparaissent un peu partout dans le monde et capturent certains enfants avant leur quatrième anniversaire. C’est l’histoire de l’humanité sur une période de 50 ans que nous propose l’auteur. Elle est confrontée à un mystère et va se défendre contre cette menace (mais en est-ce vraiment une ?) jusqu’à en perdre la boule.

C’est le récit de personnages surtout, que l’auteur humaniste traite d’une manière aussi originale que son sujet. Chaque chapitre porte le nom d’une nouvelle personne, importante ou juste de passage, qui donne une vraie impression d’universalité. Les personnages principaux vont vivre en parallèle, s’entrecroiser parfois, l’individu n’étant rien sans ses interactions avec ses congénères. Histoires de rencontres.

« La peur pousse à l’aberration »

Sur ces bases, Bordage développe une histoire, alternant différentes ambiances, incroyablement addictive et qui pousse à la réflexion. Comment réagir face à l’inconnu ? Comme le dit l’auteur, « la peur pousse à l’aberration ». Et le monde entier va vite y plonger, jusqu’à l’indicible.

Trajectoire de notre monde actuel où le fanatisme continue de faire des ravages, Les dames blanches est aussi un cri contre l’indifférence, une vision d’un futur proche où le monde perd le sens de ses valeurs. Un monde en régression technologique, perturbé électroniquement par ces bulles blanches.

L’homme au-dessus de tout

Comme toujours, Pierre Bordage met l’homme au-dessus de tout, posant de vraies questions existentielles tout en ne perdant jamais de vue l’aspect ludique de son histoire. En grand humaniste qu’il est, l’écrivain nous plonge dans un récit où la parentalité est au centre du débat, à l’image de ces sphères blanches comme une parabole de la maternité.

Comme souvent dans son œuvre, il questionne sur ces personnes à part, visionnaires, qui sortent du schéma de pensée ancestral. Il en sort une histoire dont certains passages sont à fendre l’âme.

J’ai été touché comme rarement, comme peu d’auteurs arrivent à m’émouvoir et à chatouiller autant ce qui constitue mon être, ma pensée intime.

L’une des plus grandes plumes de la littérature de l’imaginaire nous a donc pondu (sans mauvais jeu de mot) une histoire profondément touchante, immersive et qui pousse intelligemment à la réflexion. Une réussite totale, un magnifique bijou.

Le livre en un mot : humaniste.

Gruznamur

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Bordage - Les dames blanches - Clair Obscur
Posté le 11 juillet 2016 -
"Une étrange bulle blanche d'une cinquantaine de mètres de diamètres est découverte un jour dans une bourgade de l'ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d'Elodie."
 
Voici l'étrange début d'un roman de Science fiction se passant sur Terre, sur plusieurs années. D'autres Dames Blanches apparaissant un peu partout dans le monde et étant à l'origine de la disparition de centaines d'enfants, les humains vont alors se livrer à une bataille sans merci et complètement immonde.
 
Car si ces Dames Blanches créent des turbulences électromagnétiques, plongeant la Terre des années en arrière, sans réseaux sociaux, ni téléphone, ni même électricité .... une sorte de post-apo progressif, elles ne se montrent ni hostiles, ni agressives, or la réaction des humains, elle, l'est, multipliée par 100, n'hésitant pas à sacrifier des millions d'enfants.
 
Ce roman a quelque chose d'à la fois hallucinant et de terriblement cruel. La façon dont la lutte contre ces envahisseuse extraterrestres prend des proportions dantesques met presque mal à l'aise et on constate une fois de plus que lorsque tout va mal, les gens se tournent vers les partis extrêmes et ceux qui proposent les solutions les plus radicales. C'est à la fois prenant et terrible.

 

Endea Clair Obscur

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Bordage - Les dames blanches - Babelio
Posté le 11 août 2016 -
Encore une belle rencontre avec mon auteur de science-fiction favori !

À travers ce roman, Pierre Bordage, ce grand humaniste, pointe encore une fois le doigt sur nos vilains défauts. Ces vilains travers qui finissent par former une fange immonde dans laquelle nous pataugeons lamentablement comme des insectes fous.

Pour illustrer son appel à la raison (une bouteille à la mer), il a mis en scène l'arrivée des Dames banches, ces grosses sphères venues d'ailleurs. Et là, tout s'enchaine…

Les comportements induits dans cette histoire sont tout à fait d'actualité, et ils sont même intemporels, puis l'humanité a la fâcheuse tendance à répéter les mêmes erreurs. Nous avons programmé notre autodestruction. C'est à se demander à quoi nous sert notre soi-disant intelligence.

Petit à petit, le décor tombe. Nos « démocraties » montrent leur véritable visage. Les gouvernements imposent et sanctionnent. Les voix divergentes sont désormais affublées d'étiquettes ronflantes telles que « terroristes », « ennemis de l'humanité ». Tout est permis à celui qui a la loi de son côté, au détriment de toute logique. Les consciences sont verrouillées, bafouées, adieu humanité.

Pour en revenir au roman, l'histoire est bien rythmée et passionnante, comme d'habitude avec cet auteur. Je ne peux que recommander cette lecture à tous.
 
Cheyenne-tala
Babelio
http://www.babelio.com/livres/Bordage-Les-dames-blanches/719611/critiques/1115983
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Bordage - Les dames blanches - Ma passion les livres
Posté le 19 septembre 2016 -

Un vrai coup de cœur et surtout un coup au cœur que ce livre de Pierre Bordage. Premier livre que je lis de lui suite à la lecture d’une critique très enthousiaste d’un babéliote dont je suis également le blog « Gruz ». Oui j’ai été touchée au cœur par cette histoire très bien écrite avec beaucoup d’humanité sur un sujet, certes de science-fiction (mais à peine), mais qui parle de notre propre humanité, notre vie d’être humain sur cette terre.

J’ai vraiment été touchée par cette histoire, les destins des différents personnages qui représentent bien notre société. La cruauté, l’égoïsme et l’indifférence d’autrui qui sont sous-jacents de notre société, de l’être dit humain. Et aussi combien l’Homme s’habitue à tout, même au plus abject, aux pires cruautés. Ce qui explique que les massacres, les guerres, les barbaries et les génocides se répètent invariablement dans l’histoire de l’humanité. Il est aussi assez sidérant, mais réaliste, de voir à quelle vitesse, toute notre société basée sur les technologies, peut très rapidement régresser sans ces dernières.

Je me suis réellement attachée aux personnages, souvent complexes, chacun avec sa part d’ombre, à part peut-être Basile, être assez lunaire ou solaire plutôt qui procure un bien fou. Est-il vraiment humain pour être si rempli d’humanité ?

Je me suis laissée happer par l’histoire, son suspense. Envie de savoir ce que cache ces dames blanches, qu’advient-il des enfants et comment cela va-t-il se terminer pour l’humanité.

J’avoue que j’avais peur d’une fin un peu bâclée comme cela arrive parfois, trop souvent à mon goût, où on est tenu en haleine tout le long du roman et puis l’auteur, sans doute à bout de souffle ou d’idée, nous balance vite fait une fin décevante. Et bien là, non. Pierre Bordage nous offre une fin intéressante, sensée, avec encore des parts de mystère, mais vu le sujet cela me paraît évident… et plein d’humanité comme son roman.

Vraiment, vraiment à découvrir. Quel bon moment de lecture et de réflexion.

 

Lilou - Ma passion les livres

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Bordage - Les dames blanches - Des mots sur une page
Posté le 27 février 2017 -
Dans ce livre de science fiction, d’étranges bulles blanches sont découvertes sur Terre, un peu partout dans le monde, en petit nombre tout d’abord, puis de plus en plus nombreuses. Elles grandissent lentement, « avalant » au passage  certains des éléments du paysage, et elles attirent vers elles (sans que personne sache pourquoi) des enfants de 3ans (pas en dessous pas au dessus) qui sont les seuls à pouvoir les pénétrer sans jamais réapparaitre. Assez vite les Humains se mettent en tête de les détruire, et s’entêtent dans cette mission, quitte à décider de sacrifier les seuls qui arrivent à y entrer… 

Pierre Bordage nous propose ici une vraie réflexion sur nos limites et notre façon d’appréhender ce que nous ne comprenons pas. Il nous fait vivre sur plusieurs dizaines d’années les réactions de plusieurs personnages, qui vont réagir de façons très différentes à cette situation : un militaire, des mères de famille, un homme profondément pacifiste, un autre convaincu du bien fondé des décisions prises au nom de la défense de l’Humanité, etc. Chacun va vivre l’arrivée de ces « dames blanches » à sa façon et agir en fonction de son ressenti et de ses valeurs. Certains vont défendre le sacrifice imposé, d’autres le combattre. Certains vont faire partie intégrante d’un système devenu fou, pris dans une course en avant  que d’autres estimeront sans aucun sens. 

Ce récit est bien sûr une parabole cherchant à démontrer ce que l’humain est capable de faire de pire comme de meilleur ; à démontrer aussi l’effet d’entrainement d’une vision trop simpliste des choses ; à démontrer enfin qu’il n’y a pas plus mauvais conseiller que la peur de l’autre et de l’inconnu.

Vous l’avez compris, nous ne sommes pas ici dans un roman de science fiction en format page turner plein d’actions et de rebondissement : l’écriture est agréable et  Pierre Bordage prend le temps d’installer les personnages et les actions dans la durée, ce qui se traduit par un rythme parfois plus lent, des phrases plus longues. Mais jamais on ne s’ennuie et Bordage sait créer l’envie d’aller au bout pour enfin comprendre le pourquoi de tout cela.

J’ai donc passé un excellent moment de lecture, et je vous recommande ce livre si vous aimez la science fiction réaliste, proche de nous et plausible.
 
Muriel - Des mots sur une page
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Bordage - Les dames blanches - Booknode
Posté le 04 avril 2017 -

[...] L'histoire est originale [et] très prenante, je n'avais pas envie d'arrêter de le [lire]!

Mystika-Luna - Booknode

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Bordage - Les Dames blanches - hannibal le lecteur
Posté le 07 août 2018 -

On ne présente plus Pierre Bordage, prolifique auteur qui figure parmi les plus grands noms des littératures de l’imaginaire en France. Touche-à-tout, il écrit aussi bien de la fantasy que du thriller – on se souvient du très bon Porteurs d’âmes, paru au Diable Vauvert en 2007 – ou, comme ici, des romans d’anticipation.

Dans cet opus, de mystérieuses bulles happent, sans qu’on ne sache ni pourquoi ni comment, des enfants ayant tous pour point commun d’avoir moins de quatre ans au moment de leur disparition. À partir de cette idée de départ, originale mais relativement simple, l’auteur nous propose un grand roman choral, riche en action et faisant parfois froid dans le dos.

Les chapitres font se succéder différents personnages et l’on découvre tour à tour, Élodie et Léo donc, puis Camille, une jeune journaliste chargée d’enquêter sur ces étranges bulles ; Lucio, un ex-légionnaire devenu artificier et chargé par le gouvernement de trouver une solution pour éradiquer ces choses manu militari ; Basile, un ufologue noir convaincu que les Dames blanches ne sont pas venues sur Terre en ennemies et qui essaie de communiquer avec elles, etc.

Tout au long de ce récit intelligent en diable qui se déroule sur plusieurs générations – bien rares sont les romans à se dérouler sur un temps aussi long, c’est dommage – l’auteur prend un malin plaisir à imaginer les réactions des uns et des autres, et notamment de nos chers gouvernants, face à ces phénomènes inexplicables. Ses trouvailles, comme la terrible loi d’Isaac bientôt promulguée par l’ONU au niveau international, sont parfois aussi atroces que malheureusement prévisibles en un sens. Mais ne dévoilons pas plus les éléments de ce superbe roman, qui mérite d’être lu par le plus grand nombre et gagnerait à se voir offrir une seconde jeunesse au format poche.

Avec Les Dames blanches, Pierre Bordage signe une fiction d’anticipation brillante qui ne peut que donner envie de poursuivre la découverte de l’œuvre riche de cet auteur talentueux aux univers parfois très différents.

Par Hannibal le lecteur

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Bordage - Les Dames Blanches - Entre les pages
Posté le 12 octobre 2018 -

Elles font des dizaines de mètres de haut, elles sont partout sur la planète, elles se posent surtout dans des zones où la nature est très présente, elles sont indestructibles, attirent les enfants de moins de 4 ans à elles et les absorbent. On les surnomme les bulles, parfois les grosses dondons mais surtout les dames blanches. De quel monde viennent-elles ? Pourquoi les jeunes enfants sont-ils leurs seules cibles ? Que veulent-elles aux hommes ? Sont-elles vraiment une menace ?

Lorsque la première bulle arrive sur TerreLéo s’enfuit vers elle et s’évanouit à l’intérieur. Elodie, sa mère, est interrogée par Camille, jeune journaliste à qui on a confié cet étrange sujet qui fascine tout le monde. Elle-même est mise sur la route de Lucho, artificier obligé de tenter des explosifs toujours plus forts sur les envahisseuses, sans succès. Sur celle de l’ufologue Basile également. Basile qui a une vision différente des bulles. Ces personnages, le lecteur les suit pendant une cinquantaine d’années. Il les voit être privés de toute technologie, une telle régression est inédite. Il voit leurs enfants grandir, quand ils en ont la chance, dans une société qui vit avec les bulles, évoluer dans un monde où l’homme, ayant perdu repères, valeurs, étant devenu fanatique, est prêt à l’impensable pour percer le mystère de ces dames blanches.

Les dames blanches est un roman de science fiction de Pierre Bordage. Il se demande comment l’être humain est capable de réagir face à quelque chose qu’il ne connaît pas, ne maîtrise pas. Jusqu’où il serait capable d’aller ? Il développe son histoire sur plusieurs générations, utilise des personnages récurrents auxquels s’attacher est inévitable et des protagonistes qui n’apparaissent parfois que le temps d’un chapitre. Ainsi, il est évident que chacun, peu importe ce qu’il fait, ce qu’il faisait avant, où il habite ou habitait est touché par ce qui arrive. Les inspirations bibliques et mythologiques cuirassent le texte bouleversant de bout en bout. Un mystère symbole de la maternité irrésistible, oui, un suspens frustrant, oui, mais une invitation intense à la réflexion aussi. Magnifique !

- Blog Entre les pages, le 04 octobre 2018.

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30 ebooks à 4,99e
Posté 10 octobre 2018 -
30 ans de romans, ça se fête !


Du 8 au 21 octobre, (re)découvrez L'Atalante en trente romans emblématiques à 4,99 € en numérique.

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Texto, le nouveau roman de Dmitry Glukhovsky
Posté 24 septembre 2018 -


 

À paraître en janvier 2019.

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Frankenstein, toujours !
Posté 08 août 2018 -
Frankenstein : cinq mots pour décrypter la créature de Mary Shelley article de Lloyd Chery dans Le Point POP :
 
« Frankenstein, c'est presque de la hard-science avant l'heure », analyse l'auteur Johan Heliot. « On pourrait dire que ce livre est le père de la science-fiction moderne. Le roman s'interroge sur la nature de la vie et de l'homme, qui sont des questions encore très présentes dans ce genre. » Le spécialiste français des uchronies historiques publie, le 20 septembre prochain, Frankenstein 1918 aux éditions de l'Atalante. Cet excellent récit imagine les recherches de Frankenstein utilisées pour créer des super-soldats dans les tranchées allemandes. Reprenant le même procédé épistolaire de Shelley sous forme de mémoires et rapport de guerre, Heliot met en scène un Winston Churchill traquant, dans une Europe post-apocalyptique, un de ses monstres qui s'est échappé. Originale et efficace, cette uchronie rappelle que l'ouvrage de Shelley inclut plusieurs genres.
 
en librairie le 20 septembre 2018 !
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L'Or du diable, sélectionné pour le prix Utopiales 2018
Posté 26 juillet 2018 -

L'Or du diable d'Andreas Eschbach est sélectionné pour le Prix Utopiales 2018 !

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Manuscrits
Posté 01 février 2018 -

La session de janvier de réception des manuscrits est close. Avec 885 titres reçus, nous avons du pain sur la planche ! C’est pourquoi, si vous souhaitez nous envoyer votre texte, nous vous prions d’attendre que nous ouvrions une nouvelle session – nous l’espérons courant 2018. Cela dépendra du temps que nous prendront le grand nombre de textes reçus. Suivez-nous sur les réseaux sociaux au fil des mois pour plus d’informations.

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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