L'atalante éditions
Accueil | Catalogue | La Dentelle du cygne | Le Vieil Homme et la Guerre
Commande librairie Logo caddie
  • La Dentelle du cygne

John Scalzi

Le Vieil Homme et la Guerre

Le Vieil Homme et la Guerre

Date de parution : janvier 2007

Série : Le Vieil Homme et la guerre
Livre : 1

Traduit par : Bernadette Emerich
Illustrateur : Didier Florentz


ISBN10 : 2841723569
ISBN13 : 9782841723560

Nombre de pages : 384
Prix : 19,00 €
État : disponible

J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé.
À soixante-quinze ans, l’âge requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, billet pour les étoiles, mais sans retour. Rien ne le retient plus sur Terre. Combien d’années peut-il espérer vivre ? S’engager, c’est protéger l’expansion de l’humanité dans la Galaxie, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Mais qu’advient-il réellement de ces recrues ?
Dans la lignée de Starship Troopers de Robert Heinlein et de La guerre éternelle de Joe Haldeman, John Scalzi, pour son premier roman, a été finaliste du prix Hugo et a obtenu le prix Campbell du meilleur nouvel auteur de s.-f.
  • Revue de presse
+
Scalzi - Le Vieil Homme et la Guerre - Biblioman(u)
Posté le 09 mars 2009 -

[...] En plus du ton, de la voix du personnage, héros presque malgré lui et en proie au doute, Scalzi distille des trouvailles savoureuses qui donnent un intérêt certain à l'action et au récit. Qu'il s'agisse du processus de rajeunissement en lui-même, des brigades fantômes ou du bestiaire extra-terrestre, le lecteur y trouve son compte.

Tout juste peut-on regretter un certain flou autour des relations humains/aliens. Le contaxte des guerres exposées et l'implication des forces en action et des institutions manquent de contours structurants. Mais j'ai cru comprendre que tout ceci allait s'étoffer au cours du deuxième ouvrage (il y en a trois en tout) : Les Brigades Fantômes. Rendez-vous est pris !

Biblioman(u)

+
Scalzi - Le Vieil Homme et la guerre - lefantastique.net
Posté le 18 juin 2009 -

Ce premier roman de John Scalzi a valu à l'auteur une nomination pour le Prix Hugo et surtout le Prix Campbell du meilleur nouvel auteur. Récompenses amplement méritées à la lecture de ce récit de science fiction qui sous une thématique guerrière développe une fable humaniste avec une sensibilité rare et un talent indéniable. A 75 ans, John Perry, le narrateur, va s'engager dans les Forces de Défense Coloniale, les yeux bandés puisque personne ne sait ce qui se déroule là-haut et sans espoir de retour sur Terre. Qu'attend-il de cet engagement ? Et surtout, qu'attendent les FDC de recrues de 75 ans ? Nul ne sait. Si les habitants des pays du Tiers Monde peuvent aller coloniser des planètes nouvelles, les Américains ne peuvent émigrer qu'à l'âge du narrateur et simplement pour s'enrôler. Deux ans d'armées, extensibles a dix à la demande des FDC. Et après ? Un lopin de terre sur une planète comme les légionnaires romains après vingt ans de service ? Peut-être. Et avant ? Un rajeunissement ? Des améliorations physiques ? Des greffes ? Personne ne le sait sur Terre, mais les recrues espèrent cette deuxième vie, ce semblant d'immortalité qui les attirent. Le premier contact avec la FDC grâce à l'ascenseur spatial qui mené les recrues dans l'espace montre déjà que les Colonies possèdent des siècles d'avance technologiques sur la Terre Mais est-ce suffisant pour faire de vieux hommes et de vieilles femmes des combattants d'élite ?

+
Scalzi - Le Vieil homme et la guerre - Actu SF
Posté le 18 juin 2009 -

Le Vieil homme et la guerre est un roman moderne et percutant, comme le prouve sa première phrase, pleine de promesses : « J'ai fait deux choses le jour de mes soixante- quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme, puis je me suis engagé ». Dans cette phrase transparaissent les deux composantes principales de ce roman : un humanisme sensible et une inventivité rafraîchissante pour le space opéra. Humanisme qui s'exprime avant tout chez les personnages, celui du narrateur John Perry en tête. A travers lui, Scalzi évoque le vieillissement (« On peut vivre plus longtemps et on vit plus longtemps, mais on n'en vit pas moins ces années comme des vieillards ») et tout ce qui l'accompagne (perte d'êtres chers, sentiment d'abandon, etc.) ; l'amitié et nos rapports aux autres (« Nous donnions aux autres quelqu'un de qui prendre soin, ce dont nous avions besoin dans un univers qui ignorait notre existence ou s'en moquait ») ; la façon dont il faut appréhender la vie pour se la rendre plus supportable (« Finalement, j'avais réussi à faire sourire quelqu'un ce jour-là. La vie s'annonçait sous un jour meilleur »)... Le tout écrit avec un ton tantôt humoristique, léger, détendu, tantôt puissamment évocateur, comme lorsque Scalzi parvient à nous faire ressentir l'excitation du voyage teintée d'inquiétude face à l'inconnu chez les recrues. L'écriture même de Scalzi est humaniste, parvenant à déclencher en nous des sentiments, des impressions que l'on s'approprie en même temps que les personnages.

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - PhénixWeb
Posté le 03 février 2010 -
Le titre est déjà parfait, bien meilleur que la version originale (Old Man’s War - littéralement, La Guerre du Vieil Homme) et le reste est de très bonne facture. Il y a de l’Hemingway dans ce récit de John Scalzi et c’est bien pour ses réelles qualités de conteur qu’il a obtenu le prix Hugo et le prix Campbell du meilleur nouvel auteur de SF. Une littérature efficace, construite sur une histoire facileà imaginer et à vivre : l’itinéraire mental de John Perry, un brave Américain moyen, et accessoirement un veuf de plus de soixante-quinze ans, en partance pour une nouvelle vie, un nouveau corps, une nouvelle jeunesse. Pour y parvenir, il doit accepter un étrange marché, celui qui consiste à remplacer une enveloppe charnelle obsolète, mais riche de toutes les expériences tactiles et émotionnelles, par un physique anonyme de play-boy en série : performances améliorées, résistance à toute épreuve, proportions parfaites, esthétique idéale. Le rêve ? Une vie contre une plastique de GI Joe ! (...) Scalzi nous raconte cet aguerrissement au sens fort du terme et il enseigne, à travers l’apprentissage du vieil homme, la leçon à peine dépaysante d’un monde hyper-guerrier. Et en sous-main, la question de l’intérêt de vivre s’il faut payer de l’annihilation d’un autre être quelques secondes d’existence supplémentaire. Le fusil ou la tombe. Ca vaut bien tout autre slogan.
 
Okuba Kentaro, le 30 juin 2007, phenixweb.net.
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Imaginelf
Posté le 22 juin 2010 -

Un space opera admirablement humain

Old man’s war est un space opera, sans aucun doute. Le héros quitte la Terre dans les premiers chapitres, pour se diriger aux confins de l’univers et affronter des espèces inconnues de lui jusqu’alors. Le but : l’extension des colonies humaines et leur préservation. Les retraités terriens, après quelques modifications et un léger entraînement, se retrouvent propulsés dans un conflit gigantesque, de mission en mission, de planète en planète. Ce qui frappe dès le départ, c’est la profonde humanité qui se dégage du texte. John Perry est un homme sensible, qui a perdu sa femme de manière brutale, mais fait preuve d’une importante force intérieure. C’est aussi un homme intelligent, ouvert sur le monde, au parler percutant et subtil. Le petit vieux qui fait ses jeux de mots mine de rien, qui tente de dérider une jeune femme un peu froide par une petite blague qui tombe à plat. En bref, une personnalité crédible et attachante. Les personnes qu’il rencontre au fil de son aventure sont également de cette nature, chacun ayant son propre caractère, souvent bien trempé. John Scalzi dépeint des portraits criants de vérité, et sans qu’il s’en rende compte, les protagonistes sont devenus importants pour le lecteur, qui souffre, aime et vit avec eux.

Des défauts ? Mineurs !

Peut-être est-ce là une certaine faiblesse du roman : les héros sont presque trop parfaits. Intelligents, forts, drôles, philosophes, aux ressources presque inépuisables. Mais l’auteur compense largement ceci par leur condition humaine. Ils ne sont pas éternels et peuvent être blessés ou mourir. Un peu de bon sentiment à l’américaine en somme, qui donne une grande puissance à l’œuvre malgré tout. Le second petit défaut vient de la fin. Moins forte que le début, elle clôture néanmoins bien ce premier opus, à la fois pour terminer l’intrigue et ouvrir sur les autres romans de la saga, laissant au lecteur le soin de choisir s’il souhaite continuer l’aventure ou non. Nul doute que la réponse sera oui. L’épilogue donne, sinon une force, une nostalgie et un espoir communicatifs, qui ne laissent aucune frustration quant à l’aventure émotionnelle vécue tout au long du livre.

Un style exceptionnel, humour et émotion

Old man’s war est un premier roman, ce qui souligne d’autant plus le talent de John Scalzi, qui entraîne dès le départ le lecteur dans l’univers fantastique qu’il a créé. Le récit est très bien construit, avec des phrases simples mais pleines d’esprit ; l’auteur n’en fait pas trop, ce qui est appréciable, et laisse l’histoire le porter. Les pointes dramatiques et humoristiques arrivent aux meilleurs moments, qu’elles soient attendues ou non, et font mouche, provoquant sourire – voire rire franc – ou larmes. Cette histoire humaine en devient poétique à chaque instant, fut-il noir et sans espoir. La grande lucidité des personnages sur leur condition donne toutes les informations nécessaire au lecteur sans l’abreuver de termes techniques, tout en y associant la dimension affective. John Perry n’est de toute façon pas du tout versé dans la physique, les éléments théoriques sont apportés par un personnage secondaire et leur compréhension n’est pas vitale. Certains passages et/ou dialogues sont de véritables pépites, prenant parfois à contre-pied les attentes du lecteur, pour son plus grand plaisir.

Old man’s war (publié en France chez L’Atalante sous le titre Le Vieil homme et la guerre) est de ces livres qui font honneur à la richesse de la science-fiction, mêlant la chronique humaine aux paysages interstellaires. Un énorme coup de coeur pour ce magnifique roman de space opera, sûrement un des plus gros de ma petite carrière de lectrice SF. Indispensable !

 Lelf - Imaginelf

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Temps de livre
Posté le 18 juillet 2011 -
John Perry a signé un engagement de deux ans minimum dans les Forces de Défense Coloniales (FDC). Avec un millier d'autres vieillards, il va protéger l'expansion humaine dans la galaxie. Pourquoi partir définitivement de la Terre ? Rien ne le retient plus, il obtient une seconde jeunesse, et va peut-être devenir colon à la fin de son service. S'il s'en sort vivant.Partir à l'issue de sa vie pour s'engager. Pourquoi ? Pour retrouver une seconde jeunesse et défendre l'expansion humaine.
Résumer l'histoire de John Perry est simple, mais la rendre vivante est bien plus complexe. Pour son premier roman, John Scalzi a réussi un tour de force étonnant : réunir l'univers militaire et l'émotion humaine des troupes.Le personnage principal c'est John Perry. Sa voix va nous guider à travers cet univers futuriste. On découvre son questionnement sur le fait de rajeunir, d'être amélioré. La vie militaire, qu'elle soit axée sur les classes ou sur les combats est caricaturée, non sans humour, et au final on pourrait trouver çà presque sympathique. Presque si la vie d'un fantassin était facile. Malgré les difficultés (vie militaire, tuer ou être tué, perte d'amis proches) John Perry garde son humanité. Les extra-terrestres chez John Scalzi sont tous différents. Appliquant à merveille l'adage "l'habit ne fait pas le moine", l'auteur décrit une faune disparate qui peut agir comme les humains ou à contrario. Le chapitre sur la religion des Consus est particulièrement édifiant (le combat est un rituel vers l'évolution).
Que serait un Space-Opéra sans une technologie futuriste ? Généralement on peut tomber sur deux travers. Soit la technologie est improbable et expliquée n'importe comment, soit l'auteur entre dans les détails techniques où la rigueur scientifique est prépondérante. John Scalzi va parfaitement décrire une technologie nouvelle. Ici, il va être question de nouveaux corps, des améliorations, mais aussi des armes, des vêtements... L'auteur expliquera tout en détail (la partie sur les améliorations est hilarante) mais il vulgarisera le langage scientifique.
Il y a pourtant un point négatif à souligner. La traduction est bien, mais certaines formules ou certaines phrases ont besoin d'être relues pour être comprises.Le vieil homme et la guerre n'est que la première partie d'un cycle de quatre romans. Ecrit en 2005, c'est un premier livre qui se lit très vite, avec un univers détaillé et fascinant. A la différence d'autres romans en plusieurs parties, ce premier tome ne fait pas qu'installer les personnages et la situation. L'aventure (spatiale) et l'action font partie de l'histoire. Quant aux lecteurs allergiques au Space-Opéra militaire, vous pouvez le lire. Cette première partie est profondément humaine. Le livre peut être lu séparément. Alors, prêt pour le voyage ?
 
Hervé
Temps de livre 
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Le blog de Olya
Posté le 21 octobre 2011 -

(...) Nous suivons dans cette histoire l'engagement de John Perry - septuagénaire - dans des forces armées qui exercent leur activité dans la galaxie, pour coloniser et ensuite protéger les colons humains. Bien entendu, c'est une armée bien particulière, et nous la découvrirons en même temps que John.

Tout d'abord, dès le début de l'histoire, John m'a paru extrêmement sympathique. Ce personnage est intelligent, très humain, il a un sens de l'humour particulièrement développé. Ce n'est pas un mouton qui fait ce qu'on lui demande sans réfléchir un minimum. Il est débrouillard et a tout pour plaire ! C'est le genre de personnage que j'aime énormément et que je prends plaisir à suivre. 

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est que nous sommes au même point que John et ses compagnons. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, tout comme eux. Nous découvrons un nouvel univers, un mode de fonctionnement bien particulier. Il est donc très facile de s'identifier à eux, de comprendre leurs questionnements, leurs peurs et leurs réactions. Toute une palette de sentiments surgissent à la lecture de ce roman. L'humour est très présent, que ce soit par certaines situations cocasses, ou alors par des réflexions des personnages. Mais il y a également plusieurs passages très émouvants, voire tristes. Nous avons là un très bon équilibre qui nous fait passer une agréable lecture. Ce livre pousse également à la réflexion. Ce qui m'a particulièrement interpelée, ce sont les idées qu'avait l'un des personnages sur la diplomatie plutôt que la guerre. Ce roman peut donc très facilement nous faire réfléchir à la guerre, à la colonisation, à ses conséquences et ses alternatives, même si ce n'est pas là le but premier de cette histoire. 

En tout cas, je suis très heureuse de voir que j'ai apprécié ce roman. Même si quelques notions de physique sont présentes et que je n'y comprenais pas grand chose (et puis j'ai un niveau insuffisant en maths :D), que nous sommes à bord de vaisseaux, j'ai vraiment adoré ma lecture. Peut être y avait il un chouilla trop de batailles pour moi, mais c'était encore supportable, surtout que chacun des combats apportaient un élement nécessaire à la mise en place de l'histoire. 

La fin du roman me donne une très forte envie de continuer la découverte de cet univers, et je pense me plonger très prochainement dans La brigade fantôme. Je suis donc très fière que ma première lecture d'un Space opera se passe si bien, et j'en redemande ! Comme quoi, je ne suis vraiment pas une cause perdue.

 

 

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre & Les brigades fantômes - Génération Science-fiction
Posté le 24 janvier 2012 -

Old's Man War (2005) & The Ghost Brigades (2006)

 S'engager dans l'armée à soixante-quinze ans, alors qu'on a toujours été anti-militariste, relève forcément de motifs qui n'ont rien à voir avec les guerres que l'humanité en expansion mène dans la Galaxie contre diverses espèces extraterrestres. John Perry, à présent veuf, ne désire pas connaître le naufrage de la vieillesse : contre deux ans de service dans les Forces de défense coloniale, l'armée promet de lui rendre la jeunesse puis de l'expédier en « retraite » sur une colonie, le retour sur Terre étant interdit.

En fait de rajeunissement, John Perry reçoit un nouveau corps, cloné lors de l'engagement selon des méthodes de croissance accélérée et amélioré génétiquement : dans ses veines coule le SangmalinTM, qui donne une couleur verte à sa peau et assure une oxygénation optimale, et son esprit dialogue avec AmicerveauTM, un ordinateur jouant le rôle de pager mais aussi d'interface avec le corps, décuplant par exemple les capacités de réaction ou de précision.

Le temps de tester leur nouvelle enveloppe très performante avec des partenaires sexuels, les nouvelles recrues commencent un entraînement qui relativise l'excellence de ces formations. Les premiers combats achèvent de détruire les illusions. Il apparaît vite que l'engagement de deux ans n'a plus cours en temps de guerre ; or, les Terriens, non seulement sont engagés dans nombre de conflits, mais ne font rien pour y mettre fin : aucune négociation n'a jamais été envisagée, pas plus qu'on n'a tenté de comprendre le point de vue de l'ennemi. L'humanité se contente de poursuivre une politique d'expansion agressive sans pitié, ni stratégie élaborée pour limiter ses pertes. Le simple fait d'envisager une entente est considéré comme un acte de trahison. John Perry, qui a révélé, contre toute attente, un sens militaire lui valant de monter en grade, se demande quelle part d'humanité conservent en eux des soldats génétiquement améliorés et à l'esprit assisté par leur AmicerveauTM, capables de piétiner des êtres évolués hauts de cinq centimètres comme s'il s'agissait de fourmis. C'est ce type de questions éthiques et philosophiques que pose le premier volume — questionnement souligné par un sens de la dérision et un humour très second degré complètement gâché en VF par une traduction inepte. Des propos qui ne renouvellent pas ceux de La Guerre éternelle, le roman de Joe Haldeman auquel on ne peut s'empêcher de penser, Starship Troopers (de Robert Heinlein) étant l'autre référence qui vient à l'esprit ; le présent roman condense au contraire l'ensemble des préoccupations liées à ce type d'histoire, d'une manière fort habile, tout en développant un récit passionnant sans aucun temps mort.

Ces interrogations sont accentuées par la révélation d'escadrons fantômes encore plus déshumanisés. En effet, l'armée dispose malgré tout des candidats à la vie militaire qui seraient décédés avant leur incorporation : elle les clone et y introduit un esprit entièrement conçu pour la guerre. S'agit-il encore d'humains ? On comprend le secret entourant ces Brigades fantômes : comment réagir face à l'enveloppe physique de son épouse devenue une machine à tuer ? L'amélioration du processus conduit, dans le second volume, à disposer de soldats d'élite à peine nés : il est déstabilisant de croiser des individus apte à parler une minute après leur naissance, à marcher deux minutes plus tard et à mener l'interrogatoire d'un ennemi au bout de quinze jours. Pour beaucoup, un soldat des Brigades fantômes n'est qu'un Amicerveau logé dans un support biologique, qui est d'ailleurs transformé en engrais si l'esprit qui l'occupait a été transféré dans un autre corps.

L'un d'eux, Jared Dirac (tous portent des noms de scientifiques), a en outre reçu un second esprit, celui de Charles Boutin dont il est déjà le clone, un scientifique de la Recherche militaire accusé d'intelligence avec l'ennemi pour avoir donné aux Rraeys des informations sur l'Amicerveau. L'armée pense que si les Rraeys s'allient avec les Eneshans et les Obins, forçant l'humanité à combattre sur trois fronts à la fois, c'est grâce au rôle joué par Boutin. Pour maquiller sa fuite, Boutin a transféré son esprit dans un clone qu'il a abattu. Une prouesse dans la mesure où le transfert d'esprit ne pouvait s'effectuer que d'un corps à l'autre avant que le savant ne réussisse à stocker la conscience sur un support numérique. C'est parce qu'il n'a pas eu le temps de vider la mémoire de celui-ci que son esprit est une nouvelle fois transféré dans le corps du soldat Jared, soumis à haute surveillance en lisant ses pensées par le biais des Amicerveaux, une possibilité qu'on avait cachée aux soldats pour ne pas les inquiéter ; on espère qu'il retrouvera ainsi quelques-unes des informations permettant de savoir où Boutin se cache et connaître surtout la nature du complot ourdi contre les Terriens. Au fur et à mesure qu'il retrouve la mémoire de son hôte, Jared gagne en humanité en même temps qu'il devient apte à juger sa hiérarchie, laquelle n'a pas hésité, pour obtenir des renseignements, à inoculer à un extraterrestre prisonnier un poison nécessitant la prise d'un antidote à vie.

John Scalzi franchit, dans Les Brigades fantômes, un cran supplémentaire dans la perte d'humanité, du point de vue physique comme du point de vue moral. D'épineuses questions éthiques sur la légitimité de la violence, la définition de l'humain ou le contrôle d'autrui continuent d'être posées à travers ce roman fort prenant qui n'a jamais perdu de vue la dimension aventureuse de son récit ni l'indispensable touche d'humour. Même le projet de Boutin ressasse ces interrogations selon des perspectives inédites.

Pour Le Vieil homme et la guerre, son premier roman, John Scalzi a reçu le prix Campbell et a été nominé au Hugo. Des récompenses bien méritées, ce diptyque temporaire se révélant passionnant de bout en bout. En attendant la traduction du troisième opus de cette saga, The Last Colony, tout en priant pour que l'éditeur nous épargne cette fois une traduction de Bernadette Emerich.

 

Claude Ecken

+
Scalzi - Le Vieil Homme et la guerre - Les Chroniques de l'imaginaire
Posté le 29 janvier 2013 -

Si, à l'âge de soixante-quinze ans, vous vous engagez dans les FDC (Forces de Défense Coloniales), cela revient à quitter la Terre aussi définitivement que si vous étiez mort : vous y êtes légalement décédé, et vous n'aurez plus jamais le droit d'y revenir. Mais John Perry a pris le temps, depuis la mort de Kathy, son épouse très aimée, huit ans plus tôt, de dire adieu à ses amis et à son fils. Et puis, il n'aime vraiment pas être vieux, et des rumeurs disent que les FDC ont trouvé les clés du rajeunissement.

Quasiment dès son embarquement, il se fera des amis, un petit groupe soudé, qui sera malheureusement dispersé par la suite, au hasard des affectations militaires. Et John Perry découvrira qu'il est un soldat de valeur, certes, mais aussi et surtout quelle ancre affective le rattache à la vie, et à l'humanité.

Un premier roman extrêmement sympathique qui parvient à être original dans un genre très fréquenté par de grands auteurs (Heinlein et Haldeman, bien sûr, Westerfeld récemment, mais aussi Vance, d'une certaine façon), et avec une intrigue de base plutôt rebattue. L'auteur a visiblement pris plaisir à ses descriptions d'aliens plus étranges les uns que les autres, et certains sont une invention vraiment très intéressante. Les personnages sont suffisamment cohérents et hauts en couleurs pour être marquants, et si le style est léger, avec cette espèce d'auto-dérision souriante, évoquant parfois Heinlein dans les dialogues, l'action est incessante, tout en soulevant des questions importantes, telles que la valeur de la durée de la vie, et des expériences qui y sont associées.

En somme un roman qui tient plutôt bien la gageure d'être à la fois très agréable et facile à lire, et tout-à-fait passionnant à plusieurs niveaux. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il ait été finaliste du Hugo, et on attend avec curiosité les autres romans de cet auteur.

Mureliane (28/02/2007)

+
Scalzi - Le Vieil Homme et la guerre - Mauvais genres
Posté le 24 juin 2013 -
John Perry a signé un engagement de deux ans minimum dans les Forces de Défense Coloniales (FDC). Avec un millier d'autres vieillards, il va protéger l'expansion humaine dans la galaxie. Pourquoi partir définitivement de la Terre ? Rien ne le retient plus, il obtient une seconde jeunesse, et va peut-être devenir colon à la fin de son service. S'il s'en sort vivant.

Partir à l'issue de sa vie pour s'engager. Pourquoi ? Pour retrouver une seconde jeunesse et défendre l'expansion humaine. Résumer l'histoire de John Perry est simple, mais la rendre vivante est bien plus complexe. Pour son premier roman, John Scalzi a réussi un tour de force étonnant : réunir l'univers militaire et l'émotion humaine des troupes.

Le personnage principal, c'est John Perry. Sa voix va nous guider à travers cet univers futuriste. On découvre son questionnement sur le fait de rajeunir, d'être amélioré. La vie militaire, qu'elle soit axée sur les classes ou sur les combats est caricaturée, non sans humour, et au final on pourrait trouver ça presque sympathique. Presque, si la vie d'un fantassin était facile. Malgré les difficultés (vie militaire, tué ou être tué, perte d'amis proches) John Perry garde son humanité. Les extra-terrestres chez John Scalzi sont tous différents. Appliquant à merveille l'adage "l'habit ne fait pas le moine", l'auteur décrit une faune disparate qui peut agir comme les humains ou a contrario. Le chapitre sur la religion des Consus est particulièrement édifiante (le combat est un rituel vers l'évolution).
Que serait un Space Opera sans une technologie futuriste ? Généralement on peut tomber sur deux travers. Soit la technologie est improbable et expliquée n'importe comment, soit l'auteur entre dans les détails techniques où la rigueur scientifique est prépondérante. John Scalzi va parfaitement décrire une technologie nouvelle. Ici, il va être question de nouveaux corps, des améliorations, mais aussi des armes, des vêtements... l'auteur expliquera tout en détail (la partie sur les améliorations est hilarante) mais il vulgarisera le langage scientifique. (...)

Le Vieil Homme et la Guerre n'est que la première partie d'un cycle de quatre romans. Ecrit en 2005, c'est un premier livre qui se lit très vite, avec un univers détaillé et fascinant. A la différence d'autres romans en plusieurs parties, ce premier tome ne fait pas qu'installer les personnages et la situation. L'aventure (spatiale) et l'action font partie de l'histoire. Quant aux lecteurs allergiques au Space Opera militaire, vous pouvez le lire. Cette première partie est profondément humaine. Le livre peut être lu séparement. Alors, prêt pour le voyage ?

Temps de livres

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - JMB
Posté le 22 septembre 2015 -
C’est le premier livre de John Scalzi, auteur connu pour son activité intense sur son blog Whatever et dans le fandom ; et devenu président de la Société américaine des écrivains de science-fiction et consultant pour la série télé Stargate Universe. Mais c’est surtout l’un des plus récents gros succès du space opera. Il a été édité par L’Atalante, un habitué du space opera d’aventure.

« J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé. » Le ton est donné : ce sera un space opera militaire – mais pas militariste. On voit assez vite que l’auteur a été marqué par Etoiles, garde-à-vous le roman de Robert Heinlein aussi connu sous le nom de Starship Troopers. John Perry, le héros, s’engage dans l’armée. Son esprit est transféré dans un corps verdâtre  aux capacités supérieures. Une résurrection – cette idée est très présente dans le livre.

Il va suivre une lourde formation et participer à de nombreuses batailles contre de nombreux extraterrestres différents pour coloniser le maximum de planètes et pérenniser l’existence des humains dans la Voie lactée. Des extraterrestres dont on ne connait que l’apparence générale et qu’une vague idée de leur puissance ; et c’est une des seules choses qu’on puisse regretter, mais ça n’impacte pas le récit. Le décor n’est là encore que très peu décrit ; une grande partie de l’histoire est constituée de dialogues. Mais des dialogues réalistes qui donnent vie aux protagonistes. Bien que militaire, ce space opera n’élude pas les questions liées à l’éthique avec la guerre et les clones. Un soupçon d’amour avec tout ça.

Scalzi rend l’histoire efficace, sans temps mort ; les pages défilent. Les péripéties grimpent crescendo, même si ça reste assez classique. Le style est très agréable – comme un copain qui vous parle – et capte rapidement l’attention. Dans le fond comme la forme c’est assez juste, bien dosé.

Pour résumer : Le vieil homme et la guerre c’est un peu comme Starship Troopers en une version actualisée et en moins fasciste mais pas moins violent. Et surtout, ça se dévore ; impossible d’arrêter. Un livre un peu hommage qui ravira les fans du genre.
 
JMB
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Le chien critique
Posté le 16 juin 2016 -
Premier roman de science-fiction militaire que je lis (Je ne savais même pas que ce genre existait !)
Alors moi, qui suis plus objection de conscience que militaire, je n’en menais pas large.
Est-ce que l’armée allait venir me tirer par la peau du cul pour me forcer à servir mon pays ?

Trêve de plaisanterie, mais nous ne sommes pas si loin du pitch : Un vieil anti-militariste décide de s’engager dans les Forces de défense coloniale qui protègent l’humanité contre une bande d’affreux extra-terrestres. Comment pousser un vieil homme à s’engager et à cracher sur ses principes ? L’armée a trouvé la parade ultime : promettre une seconde jeunesse aux futurs trouffions. Mais comme de bien entendu, lorsque l’on vous promet la lune, c’est qu’il y a anguille sous roche…

Vu le bonus lié à son engagement, les Forces de défense coloniale ne manquent pas de chair à canon. Alors, autant s’en servir allègrement et de ne pas s’encombrer des questions de traité de paix, de respect de la vie et des différences, et de tout ce verbiage d’intellos incapable de défendre la terre. C’est eux qui crèvent ou nous ! Et pour ne pas gâcher, il serait bête de ne pas utiliser les gens qui sont morts avant d’honorer leur contrat d’engagement (Concept de développement durable dans l’armée).

Mais certains bidasses se posent quelques questions à force. Est-ce qu’une nouvelle jeunesse vaut de fermer les yeux sur tous les massacres ? Est-ce que la protection de l’humanité vaut de ne pas se soucier de certaines questions éthiques ?

J’ai beaucoup apprécié les pages jusqu’aux classes, en particulier la brochure "Le nouveau vous-même", où on découvre les personnages, leur vie d’avant et pourquoi ils ont décidé de s’engager. Un peu moins celles sur les Bing Bang Boum, mais elles ont un intérêt dans la trame.

Une dose d’humour, pas trop d’explications scientifiques et l’envie de lire la suite Les Brigades fantômes (pour les réticents aux séries, le roman peut se lire de manière indépendante).

En lisant quelques critiques, nombreux sont ceux à avoir fait le parallèle avec La Guerre éternelle de Joe Haldeman, roman que j’ai donc envie de lire. Certains diront que John Scalzi ne réinvente rien, ne révolutionne pas le genre, mais ne connaissant pas ses devanciers littéraires, j’ai passé un agréable moment de lecture, ce qui, à mon humble avis, est le plus important.

Mon côté un peu anar me fait donc la gueule d’avoir lu de la SF militaire, mais Le vieil homme est la guerre n’est pas un roman pro-militariste et pose de bonnes questions.
 
Le chien critique
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Valunivers
Posté le 12 septembre 2016 -
A 75 ans, John Perry, remet ses affaires en ordre, fait ses adieux à sa famille et ses amis. Plutôt que de passer une retraite au soleil, il n’est pas rare à cette époque de voir tous ces vieux corps usés s’engager dans l’armée. L’Union Coloniale ne cesse d’embaucher en CDD de nouvelles recrues pour pallier aux pertes des années précédentes.

John vient de sauter le pas. Il sait que plus jamais il ne remettra les pieds sur Terre. Il sait également que son espérance de vie est faible mais ressentir, ne serait-ce qu’une journée, la force et la beauté de sa jeunesse valent qu’on prenne ce risque.

Toutes les nouvelles recrues partent très vite à destination de la 1ère station. C’est limite paradisiaque là-haut. La nourriture est excellente, les activités distrayantes, les collègues sympa. John s’attache d’ailleurs à un petit groupe “Les vieux cons”. Et c’est dans cette ambiance de colonie de vacances qu’ils vont finir par découvrir leur nouveau corps.

 » Votre corps est vieux, monsieur Perry. Il est vieux et ne tiendra plus le coup bien longtemps. Il est inutile de s’escrimer à le sauver ou à l’améliorer. C’est là une chose qui ne s’améliore pas avec l’âge ni même avec des composants replacés indestructibles. Tout ce qu’un corps humain fait lorsqu’il vieillit est de vieillir. Donc nous allons vous en débarrasser. Nous allons vous en débarrasser totalement. La seule partie de votre personne que nous allons sauver est la seul qui ne s’est pas délabrée : votre esprit, votre conscience, votre identité. »

Ces nouveaux hommes et femmes vont partir sur d’autres planètes pour appartenir aux Forces de Défense coloniale (FDC). Grâce à la technologie du “bond dans l’espace”, les voyages interstellaires sont quasi instantanés. L’humanité apprend rapidement que les autres planètes valables et habitables sont rares et que souvent, c’est par la force militaire qu’il conviendra de conquérir ou conserver un territoire face à d’autres espèces aussi intelligentes que cauchemardesques.

John Scalzi ne nous plonge pas, et c’est fort heureux, dans un livre de guerre SF trop militariste.
Le héros est attachant, intelligent et bourré d’humour. Le rythme est haletant. Le vieil homme et la guerre est dès les premières pages passionnant et se dévore très rapidement. On se sent bien avec entre les mains un ouvrage de très bonne facture et un écrit de qualité. A noter cependant, quelques petites gênes lors de certains passages :

L’Union Coloniale, la Défense coloniale…J’aurais aimé en savoir plus. Scalzi me livre ces informations comme des évidences. Y avait-il un tome antérieur à Le vieil homme et la guerre qui aurait parlé de tout ce pan de l’histoire de l’humanité ? il me semble qu’il y a un vide dans la narration.

J’aurais aimé également que ces petits vieux soient moins dociles. Je ne sais pas moi, mais ça fait déjà un bon bout de temps que je me promène avec ma carcasse et mon sale caractère, et je ne m’imagine pas avoir une discipline de militaire du jour au lendemain.

[...]

Ces trois petits reproches, ne m’empêcheront pas de dire que c’est un excellent roman d’été [...]. Un roman plein de force et de faiblesse … Un roman profondément humain qui ressemble aux hommes et femmes que nous sommes : plein de contradictions, mais qu’on aime quand même.

 

Val - Valunivers

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Le poing et la plume
Posté le 06 octobre 2016 -
Je ne parle pas beaucoup de mes lectures sur ce blogue, car depuis quelques années je fais des critiques professionnelles. Comme les comptes-rendus de lecture ne sont pas les textes que j'ai le plus de plaisir à rédiger, j'ai arrêté d'en mettre sur le blogue. Mais cette fois-ci, je ne peux pas passer à côté. Le livre est trop vieux pour être critiqué en revue, mais il mérite, selon moi, toute l'attention qu'il pourra récolter. Cela étant dit...

J'aime beaucoup les space opera, ces romans de science-fiction qui prennent pour acquis que l'humain va un jour coloniser d'autres planètes, bâtir un empire galactique, rencontrer d'autres races intelligentes, s'en faire des ennemis ou des alliés, se battre au milieu de l'espace...

Mais, tout comme la fantasy, c'est un genre qui a déjà connu son âge d'or et dont les versions modernes sont souvent bourrées de clichés. Alors dès qu'on s'éloigne des classiques canoniques, les chances de découvrir des petits bijoux sont minces.

Cependant, quand ça arrive, on frétille de plaisir!

Dernièrement, sur la suggestion de Philippe-Aubert Côté, je me suis procurée Le vieil homme la guerre de John Scalzi. Et la lecture fut un pur plaisir! (À preuve, tout en écrivant ce billet, je suis en train d'acheter les quatre bouquins qui suivent.)

La prémisse est intrigante à souhait : la Terre a colonisé d'autres planètes et, pour les défendre, elle fait appel à ses citoyens de soixante-quinze ans et plus. Ceux-ci s'enrôlent dans l'armée et disparaissent pour ne plus revenir. La rumeur prétend qu'ils subissent une thérapie qui leur rend la vigueur de leurs jeunes années. Voilà qui est alléchant lorsque, comme John Perry, le personnage principal, on doit se lever quatre fois par nuit pour uriner et reprendre son souffle après avoir grimpé le moindre escalier! Malgré son grand sens de l'humour, il trouve la vieillesse de moins en moins drôle. Le jour de son soixante-quinzième anniversaire, il s'enrôle donc dans l'armée et, à bord d'un vaisseau spatial qui tient plutôt du centre d'accueil, il tentera, avec l'aide d'autres recrues, de percer les mystères des colonies spatiales et de ses forces de défense.

Je ne vous en dit pas plus, sinon que le récit, narré à la première personne par John Perry, se dévore d'une traite. Et que mon chum et moi avons éclaté de rire plusieurs fois en cours de lecture. Cependant, si on s'amuse des réflexions du personnage, le monde qu'il nous présente est tout à fait réaliste et l'action, brutale, ne nous laisse aucun repos.

Si vous voulez comprendre comment on peut combiner humour, noir et SF, ce bouquin est à lire. Le mélange est si savamment dosé que je ne m'étonne pas que l'auteur ait remporté un prix Hugo ! (Veuillez cependant noter que j'ai lu la version originale, alors je ne sais pas si la traduction tient de l'art ou de la boucherie).

Merci à Phil pour la suggestion ! :)
 
Le poing et la plume
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Le Cercle nantais
Posté le 07 décembre 2016 -
(...) Le titre fait un clin d’oeil au Vieil homme et la mer d’Hemingway. Il donne tout de suite le ton du roman, parsemé de traits d’humour et d’autodérision, y compris dans les combats. Les fans de science-fiction militariste y retrouveront le second degré du film Starship Troopers (inspiré du roman Etoiles Garde-à-vous ! de Robert A. Heinlein).

L’ironie est aussi présente. Par exemple, les colonies humaines sont composées des peuples les plus pauvres de la planète Terre (les Indiens et les Pakistanais), les seuls à vouloir partir, tandis que l’armée qui les défend est constituée de vieillards américains, qui espèrent ainsi pouvoir se refaire une nouvelle jeunesse grâce à la médecine de haut niveau dont disposent les FDC.

Ses atouts : une histoire qui tient globalement debout, un univers facile à assimiler (si vous avez déjà vu des films de guerre avec des « marines », vous ne serez pas dépaysé), une alternance des scènes d’action et de calme, des personnages attachands, des dialogues qui paraissent très naturels… L’histoire assure quelques surprises avec des technologies modernes (physique quantique, nanotechnologie) mélangée à un armement très conventionnel (des soldats, des fusils et des obus…), certains aliens plus subtiles que d’autres et une réflexion sur l’état d’esprit des combattants, après plusieurs mois/années de guerre. Les trois parties du roman sont équilibrées. On a le droit à une vraie fin mais s’il existe quatre suites (Les Brigades fantômes, La Dernière colonie, Zoé et Humanité divisée).

Quelques défauts cependant : l’américanisme omniprésent (les soldats sont tous américains, ils mangent des hamburgers dans l’espace, qui doivent nécessairement être super bons, la réussite sociale ou les connaissances scientifiques sont de grandes qualités humaines, se sont toujours les personnages secondaires qui meurent en premier, l’humanité et les espèces extra-terrestres n’ont qu’un seul but : se multiplier et se répandre dans l’Univers, le plus souvent au dépend des autres), le héros est plus malin que tout le monde, il réussit même à sauver un coéquipier sous le feu ennemi comme dans tout classique du genre. L’auteur a tenté d’effacer la référence aux « marines » en faisant critiquer les dits « marines » de la Terre par le méchant adjudant, du genre : « Nous ne sommes pas des marines, nous sommes pires ». Autrement dit : « la même chose, mais dans l’espace ». L’auteur prend du temps pour nous présenter le premier groupe d’amis de John Perry, le personnage principal, puis il envoie ceux-ci dans des compagnies différentes et recommence la manège avec une autre équipe. C’est probablement ce qu’il se passerait « en vrai », mais c’est un peu dommage pour le lecteur. Enfin, il n’y a quasiment aucune description des peuples aliens. On peut d’ailleurs se demander s’il n’y avait pas d’illustrations dans la version US.

Malgré le thème du roman, ces vieux messieurs et ces vieilles dames qui se sont engagés se comportent comme n’importe quel soldat de 30 ans. Il est fait quelque fois référence à leur vie passée sur Terre, aux proches qu’ils ont perdus, mais cela ne serait pas très différent d’un soldat qui a quitté son pays natal. Le « vieil homme » de l’histoire n’a de « vieux » que le corps, le vieillissement de l’esprit, ce que cela peut apporter en terme d’usure, de nostalgie ou de recul n’a aucun impact sur la psychologie des personnages, leur façon de parler, etc. Cela correspond finalement assez bien au culte de la jeunesse chez les Américains, quitte à effectue des opérations de chirurgie esthétique. Même remarque concernant les sens surdéveloppés des soldats des FDC, l’auteur présente cela comme une amélioration sans conséquence, alors que de nombreuses stimulations devraient avoir un effet sur le cerveau, la perception du monde, etc. En ce sens, Le vieil homme et la guerre est moins cohérent que les romans de la veine cyberpunk.

Il existe aussi quelques incohérences, pas trop gênantes mais bon (attention spoiler) : si leurs esprits sont téléchargés dans un nouveau corps, pourquoi les soldats meurent-ils ? Pourquoi ne pas dupliquer leur esprit dans un nouveau corps ? Al’inverse, si les médecins de la FDC peuvent fabriquer des corps à partir des soldats morts, pourquoi les membres des Brigades fantômes ne sont-elles pas plus nombreuses ? Pourquoi d’ailleurs s’embêter à recruter et à former des hommes si l’on peut en fabriquer ? L’auteur explique que les non-nés testent de nouvelles améliorations, avant qu’elles ne soient appliquées à l’ensemble des soldats. Si cela est vrai, pourquoi les améliorations sont-elles toutes fonctionnelles ? Si les sauts dans l’espace se font par sauts quantiques dans des univers parallèles, pourquoi n’y a-t-il pas de légères différences d’un univers à l’autre ? L’idée ne semble pas avoir été exploitée jusqu’au bout. Autre problème : la scène de sexe au début du livre n’est jamais réitérée par la suite, ce qui semble dire que les soldats font tous l’amour comme des fous au début puis se passent définitivement de sexe. Étrange, non ?

Malgré ces critiques, je tiens à dire que j’ai aimé ce roman. On s’attache à John Perry et à ses amis, on suit avec plaisir ses aventures, on sourit aux traits d’humour… On lit ce livre rapidement à cause de ça, mais on le referme aussi sans peine, sans intention de le relire. Peut-être lirais-je la suite, cependant, car un « bon bouquin d’aventures facile à lire », c’est parfois tout ce qu’on demande.
 
Le cercle nantais
+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Yozone
Posté le 29 décembre 2016 -
Dans le futur décrit par John Scalzi, l’humanité est partie à la conquête des étoiles. Mais l’espace, tout autant que les astres, apparaît particulièrement encombré, disputé par d’autres espèces intelligentes. L’expansion ou la disparition : tel est le challenge, ou, du moins, telle est la doctrine professée par les humains. Sur terre, on est bien loin de tout cela. Si ce n’est que malgré les progrès de la médecine, on finit toujours par vieillir et par passer l’arme à gauche. Une seule échappatoire, pour ceux qui ont envie de tenter l’aventure : s’engager dans les troupes spatiales coloniales. C’est, dit-on, la certitude de gagner un corps neuf, un rajeunissement procuré par les avancées scientifiques à peine croyables de cet empire en marche. Oui, certes, mais pour cela, il faut s’engager pour deux ans. Et le contrat précise que la durée d’engagement peut être en cas de besoin portée jusqu’à dix années – dans cette guerre perpétuelle, on le comprend, ce sera dix ans pour tout le monde. Ou plutôt, hélas, infiniment moins : la durée moyenne de survie des soldats est beaucoup, plus courte que cela.


Malgré le flou soigneusement entretenu sur les techniques de rajeunissement, malgré la quasi-certitude d’une fin tragique, ils sont nombreux à tenter l’aventure : quitte à mourir, autant que ce soit rajeuni et en bonne santé plutôt que vieux et malade. C’est le choix qu’avaient fait après la soixantaine John Perry et son épouse, pourtant pas militaristes pour deux sous. Le décès prématuré de sa femme conforte Perry dans son choix : il n’y a plus grand chose pour le retenir. Comme tant d’autres, il se décide à quitter la terre – même s’il survit à ses années de combat, tout retour lui est interdit – et s’envole à son tour pour les étoiles.
Des personnages pleins d’humour et dotés d’un solide sens de la répartie, des dialogues bondissants façon polar signent des premiers chapitres à la fois très drôles et profondément humains. Après une fin de première partie plus superficielle consacrée à l’entraînement des nouvelles recrues scientifiquement rajeunies, et même améliorées bien au-delà de leurs espérances, plusieurs chapitres sont consacrés aux combats, façon « Starship troopers » de Robert Heinlein, contre des espèces alien plus affreuses les unes que les autres, zoomorphes, anthropomorphes, voire lovecraftiennes, rarement dénuées d’intelligence, se livrant à des rites parfois incompréhensibles et, pour faire bonne mesure souvent grandes gastronomes – tout particulièrement en ce qui concerne la chair humaine.
Des combats et encore des combats, mais ici et là un zeste de réflexion. Car, si nos personnages savent bien qu’ils ont fait un choix fondamental – être aux ordres et tuer, tuer encore, simplement pour rester jeunes et pour survivre – l’expérience du feu ne manque pas de raviver des scrupules qu’ils ont cru pouvoir étouffer. Un ancien diplomate engagé qui essaie de revenir à son métier et y laisse la peau, les autres ont des états d’âme et des interrogations : on est donc là comme chez Heinlein, sous des aspects va-t-en-guerre, bien souvent dans la caricature, et le pamphlet antimilitariste ne manque pas de pointer son nez sous l’entrain affiché. Le plus souvent, Scalzi offre les deux niveaux de lecture simultanés – et ceci d’autant plus que l’auteur ne se limite pas aux affreux alien, et que les membres des Forces de Défense Coloniale sont également employées, sur les colonies, pour massacrer les grévistes.
Et puis, il y a le poids du passé. Il y a tout ce que l’on a abandonné et que l’on ne reverra jamais. Il y a, pour John Perry, son épouse qu’il ne parviendra jamais à oublier. Il y a ses nouveaux amis qu’il perd. Il monte en grade. Lors d’une bataille, il se retrouve effroyablement démoli, il survit grâce aux prodiges de son corps rajeuni et amélioré. Normal. Io ce n’est que c’est son épouse qui est venue le sauver, il l n’en démordra pas. Folie ? Elle est morte… mais elle avait déjà, au moment de son décès, signé son engagement. Se pourrait-il qu’en cette personne des forces spéciales qui en même temps est elle et ne l’est pas, qui est curieuse et attirée par lui en jurant qu’elle n’est pas ce qu’il croit qu’elle est, réside véritablement une part de cette épouse disparue ? Dès lors, ce roman de feu et de sang, qui pour autant ne s’éloigne pas d’une action effrénée, prend des allures étranges, romantiques presque, et se transforme en une très belle histoire.
 
Le pari de John Scalzi était risqué ; il est réussi. En marchant de manière revendiquée dans les traces de ses prédécesseurs, en empruntant à la fois aux classiques du space-opera et aux clichés des pulps, en y adjoignant des avancées scientifiques qui n’étaient pas envisageables à l’époque de ces courants littéraires, il compose un roman plaisant, ludique, sensible, plein d’humour et d’intelligence, aux ingrédients justement dosés, qui est avant tout un très bel hommage à l’âge d’or du genre.
 
Hilaire Alrune -Yozone 

+
Scalzi - Le vieil homme et la guerre - Actusf
Posté le 16 février 2017 -
Auteur américain à succès, spécialisé dans la science-fiction, mais aussi teneur d’un blog à succès, John Scalzi se fait remarquer il y a dix ans déjà avec son premier roman Le Vieil Homme et la Guerre, premier tome d’une série dont L’Atalante annonce la sortie en France du 6e tome au début 2017.
 
Une nouvelle vie.
 
Les forces de défense coloniale offrent une possibilité incroyable à la population gériatrique de la Terre : à 75 ans, ils ont la possibilité de quitter la Terre, et de s’engager pour défendre les intérêts l’humanité à travers les étoiles et les galaxies. Il paraît alors évident pour chacun d’eux qu’on leur promet aussi une nouvelle jeunesse ; après tout, qui ferait un bon soldat à 75 ans, perclus d’arthrose et d’athérosclérose ?
 
C’est ainsi que John Perry s’engage, après avoir jeté un dernier regard à la tombe de sa bien-aimée, et dit adieu à ses proches. Il sait qu’après cet engagement, c’est un voyage sans retour qui l’attend. Mais, il ne se doute pas une seule seconde de ce qui l’attend en réalité : les combats, la formation militaire, la soumission à l’autorité, les créatures inconnues, les nouvelles planètes, les blessures, et peut-être même la gloire...
 
Un premier tome plein de promesses !
 
Si la série est toujours présente dix ans après la première sortie, c’est bien parce qu’elle est de qualité. Et la lecture de ce tome répond à ses promesses : le lecteur découvre un space opera très agréable, composé d’une multitude de personnages intéressants, qui évoluent dans un univers riche et bien construit.
 
Le protagoniste John Perry, petit vieux qui redécouvre une nouvelle jeunesse, réussira à mettre dans sa poche chaque lecteur : ses réflexions peuvent être aussi profondes que pleines d’humour ; ses décisions sont aussi réfléchies que spontanées ; et ses amis seront aussi agaçants que touchants. La construction de chaque personnage met l’accent sur un réalisme convaincant, et particulièrement humain malgré les créatures extraterrestres omniprésentes.
 
Le roman est riche de bonnes idées, parfois plutôt scientifiques, et parfois plus folkloriques, mais toujours très intéressantes : que ce soit les améliorations corporelles octroyant force, résistance, système immunitaire décuplé, ou peau digne d’une armure, ou les armes multifonctions, les créatures omnivores avec des physiques improbables et les concepts de physique expliquant les voyages galactiques. On se régale tout au long de cette histoire de la richesse de cet univers, qui se construit sur un roman de moins de 400 pages. Le rythme en est ainsi particulièrement bien maîtrisé, offrant et maintenant de bons moments de lecture tout au long du livre. On ne s’ennuie pas une seule seconde.
 
Si les guerres spatiales ont été richement imaginées dans la production SF, John Scalzi offre au lecteur un roman plus léger : la réflexion politique est réduite (même s’il ne faut pas réduire ce roman à une vision belliciste, puisqu’elle se complique avec le temps), mais l’accent est mis sur le versant militariste avec un développement des personnages en ce sens, et de nombreuses relations sur ce plan. Le tout offre au lecteur un premier roman particulièrement agréable, et donne franchement l’envie de découvrir la suite !

Bastien Roche - Actusf
  • Collections
+
Comme un accordéon
Sciences humaines
+
Insomniaques et ferroviaires
Roman noir et policier
+
La Dentelle du cygne
Science-fiction et fantastique
+
+
Romans, etc.
Littérature, cinéma, peinture
+
Flambant 9
Bandes dessinées
+
Le Maedre
Littérature jeunesse
+
  • Les internautes vous conseillent
Livre9
Coeurs d'or à l'amer
Glen Cook
Livre9
Lecteurs nés
Jim C. Hines
  • Lettre d'information



Archives
  • À la une
+
En mars 2017, tous les ebooks de Javier Negrete à 4,99e
Posté 14 mars 2017 -

En numérique, le mois de mars est dédié à un écrivain espagnol : Javier Negrete. Découvrez « Alexandre le grand et les aigles de Rome », « Le Myther d’Er ou le dernier voyage d’Alexandre le Grand » ainsi que la série Chronique de Tramorée à 4,99 € chez tous vos revendeurs numériques. Bonne lecture !

javiernegrete_site.png

+
Les enfermés de John Scalzi, lauréat du prix Bob Morane 2017
Posté 09 mars 2017 -
Les lauréats du prix Bob Morane 2017 ont été annoncés.
Pour notre plus grand plaisir, le lauréat de la catégorie romans traduits est John Scalzi pour Les enfermés (traduit par Mikael Cabon).

lesenfermes2.jpg

 

+
Une nouvelle sur le système Trappist-1 par Laurence Suhner
Posté 28 février 2017 -

Laurence Suhner est l'auteur d'une nouvelle en lien avec la découverte du système planétaire Trappist-1. La version anglaise de sa nouvelle, The terminator, écrite en collaboration avec les astrophysiciens de l’équipe de Michaël Gillon a été publiée dans la revue Nature de ce mois de février et relayée sur le site de la Nasa. Pour la lire en français, rendez-vous sur le site de l'auteur.

Version anglaise / Version française

theterminator3.jpg

+
Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
+
L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

fb_logo.png twitter_logo.png insta_logo.png pinterest_logo.png

Toute l'actu
  • Forum de L'Atalante
+
Les Croisades d'Unnord 22ème édition
Posté le 25 janvier 2017 par les croisades d'unnord
Bonjour à tous ! Je vous écris pour vous annoncer que la 22ème édition des Croisades d’Unnord est en marche avec, cette fois encore, un nouveau thème qui sera : Au-delà des apparences. Cette année [...]