Cet univers était trop attachant, trop loufoque aussi, pour qu'on l'oublie si facilement, et surtout qu'on n'ait pas envie d'y revenir. Nous voici donc de retour à Medicine Rock, petite bourgade sur la frontière de l'Ouest sauvage, après la fameuse bataille de la guerre de Sécession où tout a commencé à mal tourner. Dans cet Ouest là, en effet, certaines personnes ont des pouvoirs étranges, comme de se changer en grizzly, ou de créer à partir de rien des monstres terrifiants et mortellement dangereux, cette magie, on rappelle le gesticulage ou le babillage ou encore par d'autres noms, une seule chose est sûre, il est préférable d'avoir un bon shérif, pourvu d'une bonne dose de magie en plus de son six coups si l'on veut dormir tranquille. Jake Bird est de cette espèce.
Les ombres s'accumulent pourtant autour de la petite ville du désert. Alors qu'elle semble coupée de tout, voici que le monde et le progrès s'intéressent à elle. Elle est pressentie pour devenir une station du chemin de fer transcontinental. Mais voilà, les méthodes des sbires de la compagnie ferroviaire ne sont pas très claires. Buffalo Bill, le Faiseur de pluie et Jake Bird, à bord d'une extravagante diligence à voiles, se lancent à la poursuite du train du Diable, dans le plus pur style de Jesse James.
Si ce second roman de James Sumner est un peu moins éblouissant que La Tour du Diable paru chez le même éditeur, on aura quand même plaisir à renouer avec son style si particulier. Réécrire la légende de l'Ouest réclame de toute façon du talent, et une vision en Technicolor, Sumner possède l'un et l'autre, on peut donc prendre son ticket pour l'aventure, sans hésiter.
T.H., Le Dauphiné libéré, février 2000
La guerre de Sécession a libéré une étrange force magique, apportant à certains hommes, dont de nombreux hors-îa-Ïoi, différents « talents » aux effets toujours surprenants, comme le bavardage, le transformage ou le gribouillage. L'Ouest américain en est bouleversé et ses villes sont moribondes, en dehors de quelques îlots sous la protection de shérifs qui se montrent habiles magiciens autant que fins tireurs. Pourtant, au début de ce second volet des aventures de Jake Bird, la civilisation semble à nouveau en marche, et le projet d'une ligne de chemin de fer transcontinentale, un temps abandonné, est repris. Mais la motivation réelle de cette entreprise est-elle simplement la libre circulation ? Ces rails faits d'un étrange alliage bleu-vert aux propriétés inconnues ne sont-ils pas au centre de sombres desseins ?
Tout comme dans La tour du diable. Mark Sumner joue avec l'imagerie traditionnelle du western et retravaille les situations classiques de ce genre devenu mythique, en y apportant un élément de folie, une force surnaturelle qui permet à l'homme de libérer ses instincts les plus sauvages. Mais ici, la technologie pointe également le bout de son nez. Certains scientifiques ayant appréhendé la nature énergétique du phénomène appelé talent, ils s'essayent à en prendre le contrôle, épaulés par de puissants financiers. L'intrigue, beaucoup plus aboutie que dans le précédent volume, s'habille ainsi d'une ambiance steampunk qui rappelle irrésistiblement les Mystères de l'Ouest, tout en conservant une profonde originalité.
Parmi les composantes de la S.F, la Fantasy gagne en audience et s'impose comme l'un des genres importants de ces dernières années. Longtemps cantonnée dans les cadres étroits de sociétés de type médiéval, elle s'émancipe. Elle conquiert d'autres univers et y transporte tout son attirail de magies blanche et noire, de sorts, de pouvoirs... Pourquoi, en effet, la Fantasy ne pourrait-elle pas se décliner sur l'histoire de Rome ou sur la conquête de l'Ouest américain ? C'est d'ailleurs ce dernier cadre que Mark Sumner retient pour y déployer l'action de ses récits.
Dans un Far West de western, la guerre de Sécession et son corollaire de ravages a laissé, comme séquelles, des talents, inégalement répartis et inégalement puissants, que chacun supporte avec plus ou moins de bonheur. Jay Gould, un magnat new-yorkais, veut terminer le vieux projet d'un chemin de fer reliant la côte Est à la côte Ouest des Etats-Unis. Il s'assure les services de William Cody, le fameux Buffalo Bill, pour servir d'éclaireur à un savant allemand et à un voyou irlandais qui a tout d'un tueur.
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