Europe, 2052 : après la grande catastrophe nucléaire de Cattenom, la question de la survie se pose. Les scientifiques et un mystérieux institut du Vatican cherchent fiévreusement une solution. Une hypothèse semble se confirmer de plusen plus : le moyen de sauver le monde pourrait se trouver dans le passé.
C'est ainsi que la jeune botaniste Domenica Ligrina est recrutée à Rome pour un projet secret de voyage dans le temps. Sa mission : se rendre dans l'Allemagne du xve siècle afin de récolter les plantes et semences nécessaires à la recréation de l'écosphère dans les zones contaminées par la radioactivité. Le cosmos mystique du Moyen Âge attire Domenica, qui plonge à corps perdu dans cette époque lointaine ; une époque dont les cercles labyrinthiques sont néanmoins difficilement accessibles. Sa mission menace d'échouer. À Cologne, Domenica est accusée de sorcellerie et arrêtée. Elle concentre alors tous ses espoirs sur le cardinal Nicolas de Cuse. Lui seul, influent réformateur de l'Église et promoteur des sciences naturelles, pourrait lui éviter le bûcher. Domenica parviendra-t-elle à nouer contact avec lui ? Pourra-t-elle finalement rentrer dans son monde ?
Wolfgang Jeschke a été inspiré par la Centrale de Cattenom. Mais pas en raison de la beauté de ses tours, plutôt à cause du risque d'incident sur le site nucléaire... Ainsi cet écrivain fait-il débuter son roman Le Jeu de Cuse juste après une explosion des réacteurs. Ouf, l'action se déroule en 2052 !
Dans ce récit de science-fiction qui vient de paraître aux éditions L'Atalante l'auteur part de ce scénario catastrophe pour mener le lecteur au fil d'un récit abracadabrantesque. S'y croisent des scientifiques et un mystérieux institut du Vatican cherchant fiévreusement à sauver l'espèce humaine menacée par la radioactivité. Apparaît alors une jeune botaniste prête à remonter le temps, pour aller récolter plantes et semences nécessaires à la recréation de l'écosphère dans les zones contaminées.
Le Républicain lorrain, 2 février 2008
(...) L'Atalante a donc proposé la traduction d'un roman extrêmement ambitieux, à bien des titres, de la part d'un auteur qui avait justement les moyens intellectuels et esthétiques d'une telle ambition. La force, la puissance d'évocation de la plume de Wolfgang Jeschke, non dénuée de finesse pour autant, emportent ainsi l'adhésion, et font du Jeu de Cuse un excellent roman, qui invite à le réflexion, tout en se voulant accessible. Il s'agit là d'une science-fiction élégante, inspirée, mûrement réfléchie, écologiste sans être moralisante, et mise au service d'un humanisme d'autant plus pertinent qu'il se sait désespéré.
Bruno Gaultier, actu sf, août 2008
Avec à son palmarès près de 20 prix littéraires, Wolfgang Jeschke fait partie, tout comme un Walter Ernsting/Clark Darlton dans un style différent, de la poignée de "monuments" de la SF allemande moderne. Depuis presque quarante ans, c'est un des auteurs majeurs du genre Outre-Rhin doublé, jusqu'à ses dernières années, d'un anthologiste inlassable et d'un directeur littéraire de premier plan (...)
(...) Le jeu de Cuse fait partie des livres exigeants de la SF moderne. Les amateurs de thrillers purs passeront sans doute ici leur chemin car il leur faudra longtemps pour voir vraiment partir notre héroine dans le temps... Mais quelle richesse, quel plaisir à se laisser aller dans la longue immersion dans ce monde foisonnant, bâti entre futur et passé, que nous propose Wolfgang Jeschke, grand conteur devant l'Éternel...
Richard D. Nolane, Solaris, été 2008