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Guy Gavriel Kay

Le Fleuve céleste

Le Fleuve céleste

Date de parution : novembre 2016


Traduit par : Mikael Cabon
Illustrateur : Raphaël Defossez


ISBN13 : 9782841727889

Nombre de pages : 736
Prix : 29,00 €
État : disponible

Restaurons la gloire passée de la Kitai,
Reprenons nos fleuves et nos montagnes
Et offrons-les en tribut loyal à notre auguste empereur.


Voici l’histoire de Ren Daiyan, le fils d’un obscur archiviste d’une lointaine province de la Kitai. Il rêve de victoires et d’exploits ; il rêve de restituer à l’empire les Quatorze Préfectures tombées aux mains des barbares. Un long cheminement l’attend, mais vers quel destin ?
    Car la glorieuse Kitai d’antan n’est plus et les cavaliers des steppes du Nord menacent son intégrité, sous le gouvernement de l’empereur Wenzong, mélancolique esthète, et d’une cour déchirée par des factions en conflit permanent que seule unit la crainte d’un coup d’État militaire.
    C’est aussi l’histoire de Lin Shan, l’enfant unique d’un gentilhomme de la cour, cultivée plus qu’il n’est convenable à une femme. Si elle scandalise les bien-pensants, elle charme l’empereur par ses talents de poétesse. Farouchement indépendante mais bridée par sa condition, elle est l’image même d’une civilisation suprêmement raffinée mais en crise.

Je ne puis empêcher les feuilles de tomber.

Car c’est enfin l’histoire d’un monde qui s’apprête à basculer sous les étoiles du Fleuve céleste.

Après la Chine des Tang dans Les Chevaux célestes, c’est de la fin des Song du Nord, trois siècles et demi plus tard, que s’inspire Guy Gavriel Kay dans Le Fleuve céleste.
  • Revue de presse
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Kay - Le fleuve céleste - Elbakin
Posté le 14 novembre 2016 -
Après s’être inspiré de la dynastie Tang (618-907) dans les Chevaux Célestes, c’est aux années 1120 et à la chute des Song du nord que s’attaque l’auteur dans le Fleuve céleste, roman de 700 pages paru chez L’Atalante.
Comme à l’accoutumée, Guy Gavriel Kay a soigneusement étudié la période et on ne peut que recommander la lecture des remerciements figurant en fin de volume, dans lesquels il fournit une bibliographie qui ravira toute personne désireuse d’en apprendre davantage. Il revient à cette occasion une nouvelle fois sur son choix de fusionner histoire et imaginaire pour, en créant son propre univers, lui permettre de resserrer quelque peu la chronologie, comme dans les Lions d’Al Rassan, mais également de faire plus aisément interagir maintes figures librement inspirées de personnages historiques. Force est de constater que l’auteur sait à merveille exploiter une galerie de protagonistes hauts en couleurs, dressant ainsi une série de portraits tout sauf manichéens d’hommes et de femmes crédibles et pour beaucoup attachants. Le Fleuve céleste nous entraîne sur les pas de personnages variés, du plus humble au courtisan, du soldat au lettré, parvenant parfois en quelques lignes à dépeindre avec justesse quelque individu de moindre importance. Ainsi certaines figures fort secondaires s’avèrent marquantes à la lecture.
Comme il avait su le faire dans les Chevaux célestes, Guy Gavriel Kay nous immerge dans une culture raffinée où calligraphie et poésie tiennent une place centrale. Les intrigues feutrées de la cour impériale se dévoilent une nouvelle fois, mais les préoccupations de maints dignitaires apparaissent ici bien plus futiles et tragiques car se déroulant dans une Kitai déclinante et amoindrie ; civilisation brillante ayant conscience de sa lente déchéance sans en mesurer la gravité. Sans en dévoiler l’intrigue, le poids des événements survenus dans les Chevaux célestes se fait par ailleurs sentir durant tout le roman, ombre pesant sur la Kitai, crainte de nombreux empires en les ayant rendu paradoxalement inopérants face à toute autre menace. Car, comme l’indique la période concernée, c’est l’histoire d’une chute et des tentatives d’y remédier qui nous est ici contée, à travers les pas de Ren Daiyan, rejeton d’un archiviste de campagne, jeune garçon idéaliste et passionné rêvant de rendre à son pays sa gloire d’antan. Il ne saurait pour autant être ici question d’un simple roman initiatique au déroulement convenu et l’ouvrage nous entraîne avec finesse jusqu’à un dénouement particulièrement réussi qui donne matière à réfléchir et discuter. L’imaginaire et l’histoire se rejoignant alors avec brio pour fournir une vie exemplaire, au premier sens du terme, prenant à contre-pieds de nombreux récits de fantasy.
 
Elbakin
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Kay - Le fleuve céleste - Boudicca
Posté le 30 novembre 2016 -
On connaît la propension de Guy Gavriel Kay à s’inspirer de périodes et de personnages historiques bien spécifiques pour en proposer une nouvelle interprétation teintée de surnaturelle : Les lions d’Al-Rassan rappelait la Reconquista espagnole, La mosaïque de Sarrance l’Empire Romain d’Orient sous Justinien, et plus récemment Les chevaux célestes évoquaient la Chine sous la dynastie des Tangs. On retrouve le même décor avec plusieurs siècles d’écart dans Le fleuve céleste, dernier roman en date de l’auteur qui choisit ici de se consacrer à la chute de la dynastie Song au XIIe siècle après J.-C. Il est bien loin, le temps où la Kitai régnait sur un empire incontesté et dont le rayonnement s’étendait bien au delà des frontières du pays. En dépit de sa culture extrêmement sophistiquée, de la complexité de son administration, et de la beauté de ses poèmes, de ses jardins ou de ses chansons, l’empire se révèle incapable de tenir tête sur le plan militaire aux divisées mais ambitieuses tribus des steppes qui s’agitent dans les territoires du nord. Un contexte préoccupant qui va cela dit permettre à deux personnes de se révéler : la première est un jeune bandit appelé à devenir le plus grand général de l’empire ; la seconde est une jeune femme bien née, élevée de manière peu conventionnelle, dont les poèmes et le tempérament charment ou exaspèrent les membres du clan impérial. « On croyait suivre le fil convenu de son existence et il se produisait un bouleversement soudain, après quoi on comprenait qu’elle venait en réalité de commencer. A l’instant. Tout ce qu’il avait vécu avant cette nuit était devenu pour lui comme un prélude, les notes égrenées sur un pipa pour l’accorder et s’assurer qu’il fut prêt pour la chanson à venir. »

Guy Gavriel Kay offre une fois encore une galerie de portraits saisissants, certains purs fruits de son imagination, d’autres fortement inspirés de personnalités de l’époque : Lin-Shan rappelle ainsi la poétesse Li Qingzhao, Ren Daiyan le célèbre général Yue Fei… Mais ce qui marque surtout le lecteur, c’est le soin apporté par l’auteur aux « figurants », ces personnages secondaires qu’on aperçoit en toile de fond tout au long du roman ou bien qui disparaissent brutalement au bout d’une ou deux pages. Pour chacun d’eux, Guy Gavriel Kay élabore un passé, détaille le caractère, les rêves, les blessures, bref, leur donne une véritable consistance qui émeut le lecteur, alors pleinement conscient que ces personnages gravitant autour des héros ne sont pas de simples hommes de paille mais des êtres à part entière sur lesquels le récit aurait tout aussi bien pu se focaliser. Et le génie de l’auteur ne s’arrête pas là, le cadre se révélant lui aussi minutieusement travaillé. Par le biais d’extraits ou de variations de poèmes préexistants, des réflexions formulées par les personnages sur l’art de la calligraphie, sans oublier les scènes témoignant d’un mode de vie et d’une philosophie tournés vers la recherche de l’harmonie, c’est toute une civilisation qui prend vie sous nos yeux, dans toute sa complexité et avec toutes les contradictions que cela implique. La plume de l’auteur y est évidemment pour beaucoup, la beauté de celle-ci résidant dans ce qu’elle laisse entendre mais ne dit pas, rajoutant ainsi à la complexité et à la subtilité de l’ensemble. L’émotion n’en est que plus grande pour le lecteur qui refermera le roman avec, comme souvent chez l’auteur, une profonde mélancolie mais aussi la sensation d’avoir été le témoin privilégié d’une histoire exceptionnelle.

Après Les chevaux célestes, Guy Gavriel Kay s’intéresse cette fois encore à la civilisation chinoise et rend un hommage poignant à la dynastie Song, confrontée ici à un moment charnière de son histoire. Une lecture inoubliable, tant pour l’immersion provoquée par la minutieuse reconstitution de l’époque que pour l’empathie éprouvée pour l’ensemble des protagonistes, et bien sûr pour la poésie de l’ensemble. A lire absolument !

 Boudicca - Le Bibliocosme

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Kay - Le fleuve céleste - Apophis
Posté le 30 novembre 2016 -

Le tableau amer mais extrêmement émouvant de la fin d’un monde

Le fleuve céleste est la « suite » des Chevaux célestes de Guy Gavriel Kay. Il n’en reprend pas les personnages (étant donné que l’intrigue se déroule trois siècles et demi plus tard) mais l’univers est le même. Après la Chine des Tang, c’est donc celle des Song (du Nord, puis du Sud) qui sert de modèle à l’auteur canadien. Compte tenu de ce saut dans le temps, vous pouvez théoriquement lire ce roman même sans avoir lu le précédent. Toutefois, ce faisant, vous passerez à côté de nombreuses références à la Kitai de la IXe Dynastie, à Wen Jian ou à Sima Zian : cela ne nuit pas à la compréhension, mais appauvrit l’ambiance de chute d’une civilisation jadis grandiose que l’auteur veut installer.

L’Atalante nous propose une très belle édition physique, avec une superbe couverture à rabats, un dramatis personæ et une carte esthétique et fort utile. Il faut savoir qu’aucun scan ou photo sur le net ne rend justice à l’illustration, qui est en réalité d’un vert beaucoup plus beau et intense.

Pour tout ce qui concerne les fondamentaux de l’univers commun aux deux romans et leur auteur, je vous invite à vous reporter à ma critique des Chevaux célestes si besoin. 

(évolution de l’) Univers *

* Jambi, Tool, 2006.

L’auteur commence par faire un tableau de la situation du pays, la Kitai. Si vous n’avez pas lu le roman précédent, vous constaterez « juste » que vous avez affaire à une nation qui a perdu, au cours des derniers siècles, beaucoup de sa gloire passée. Si vous avez lu Les chevaux célestes, en revanche, attendez-vous à un choc : cette Kitai là n’a plus grand-chose à voir avec celle que vous connaissez, elle n’est plus que l’ombre de sa grandeur passée. Xinan est en ruines et n’abrite plus « que » 100 000 habitants au lieu de 2 millions (la Cour s’est déplacée à Hanjin), l’empire voisin du Tagur s’est balkanisé et ne représente plus rien (et surtout pas une menace), la guerre civile a fait 40 millions de morts, les routes de la soie sont perdues (coupées par les barbares), les Kanlin ont disparu corps et biens voilà deux siècles, la Longue Muraille est en ruines, l’Empire verse un tribut aux barbares Xiaolu (traduisez : Mandchous), qui ont ravi à la Kitai quatorze de ses provinces 200 ans auparavant.

Mais le changement est plus profond, plus insidieux : les militaires sont désormais regardés avec une grande méfiance, et la pratique des arts martiaux (au sens large : tir à l’arc, escrime, équitation, etc) découragée. La place des femmes dans la société a radicalement diminué entre les deux romans : elles n’ont plus la liberté de parler, de sortir, de s’habiller comme elles le veulent, et sont regardées, à la Cour, avec une grande méfiance. Il est loin le temps de la superbe Wen Jian, éminence grise aux toilettes magnifiques et extravagantes, embaumant d’un capiteux parfum, indépendante et respectée. D’ailleurs, un symptôme, lourd de sens, ne trompe pas : le Trône du Phénix (principe féminin) a été rebaptisé Trône du Dragon (principe masculin).

Notez que toutes les évolutions n’ont pas été négatives, puisque la technologie a progressé : les livres imprimés existent désormais, ce qui permet une transmission plus facile du savoir… ou des idées subversives.

Au final, le connaisseur de l’oeuvre de Kay se demande si, après avoir fait une version chinoise d’Al-Rassan dans le tome 1, l’auteur ne va pas poursuivre sa logique en nous montrant « le monde d’après » dans le tome 2 . Sauf qu’il y a le deuxième effet Kiss Cool : ce premier effondrement n’était que le prélude à un second, et ce que veut nous montrer Kay, ce sont des individus, un homme et une femme, qui refusent la déliquescence de leur société et veulent lui rendre sa splendeur passée. Malgré tout, Le fleuve céleste s’inscrit dans une thématique récurrente de l’auteur canadien : la fin d’un monde et le début d’un nouveau, vus de près par des acteurs de premier plan des événements.

Un point important à noter, pour ceux qui ne connaissent justement pas les livres du canadien : le surnaturel est très peu présent dans ce roman comme dans la plupart des autres. Quelques fantômes, une femme-renarde (un puissant esprit), et c’est tout. Pas de magie, de dragons, d’orcs, d’elfes ou de nains, rien. A part les noms qui changent (Longue Muraille à la place de Grande Muraille, Kitai au lieu de Chine, etc), c’est quasiment à un roman historique que vous avez affaire.

Personnages

Si vous êtes familier de l’oeuvre de Guy Gavriel Kay, vous ne serez pas surpris par la profondeur psychologique, par le côté extraordinairement vivant des personnages. Si ce n’est pas le cas, préparez-vous à lire un livre comme vous n’en avez jamais vu ! La quatrième de couverture nous apprend que nous suivons les destins de deux personnages : d’abord, Ren Daiyan, fils cadet d’un modeste archiviste d’une sous-préfecture des marches occidentales de la Kitai. Tout jeune, il a fait un serment : reprendre aux barbares les quatorze Préfectures perdues et faire disparaître la menace qu’ils représentent (au passage, les Xiaolu ne sont pas seuls : au nord-ouest, les Kisliks posent aussi problème). Une tâche qui s’annonce compliquée pour un sans-grade de quinze ans, dans une société où le soldat est regardé avec méfiance et la pratique de l’art martial découragée, avec à sa tête un gouvernement qui préfère verser un tribut et faire profil bas plutôt que d’aller donner une leçon aux nomades des steppes. Mais le destin (et les extraordinaires qualités d’archer du jeune homme) va s’en mêler…

Le second personnage principal est Lin Shan (je rappelle que dans la Kitai comme dans les pays asiatiques modernes, Lin -ou Ren- est le nom de famille), une jeune femme qui écrit (avec un grand talent) poèmes et chansons (sans les interpréter, la plupart du temps, elle-même). Pas vraiment belle mais avec un indéfinissable petit quelque chose qui attire l’attention, trop grande et indépendante pour une femme de son temps, et surtout élevée « comme un garçon » (comprenez : tirant -un peu- à l’arc et aspirant à passer les examens pour devenir fonctionnaire), Shan détonne dans cette ère de femmes (qu’on force à être) effacées. Souvent à la limite de l’impertinence (voire du mauvais côté de la frontière), sa conversation (que je trouve être, à titre personnel, la partie la plus séduisante d’une femme) est en revanche un régal pour les lettrés, érudits, et ses collègues poètes.

Lin Shan s’inscrit dans une inébranlable tradition chez Kay : celle de l’artiste. Vous remarquerez que, d’un art ou artisanat à l’autre, ils sont présents dans toute son oeuvre, du moins sur le volet Fantasy Historique.

Les deux personnages ont un évident point commun : celui de se dresser contre les codes que leur impose leur société, à savoir baisser la tête et faire profil bas, contre les Barbares pour Ren Daiyan, contre les hommes pour Lin Shan. Il y a, malgré tout, une différence essentielle entre eux : lui a le sentiment de suivre un chemin tracé par le Destin (ce qui est parfaitement illustré par la scène avec la Daiji, au passage), tandis qu’elle ne veut pas suivre un chemin tracé par d’autres.

Il est important de noter qu’il y a un tas d’autres personnages pas-si-secondaires : trois premiers ministres différents, trois Empereurs, deux frères et leur fils / neveu, un Haut-fonctionnaire qui aura une importance déterminante dans le destin de Ren Daiyan, Zhao Ziji le lieutenant de ce dernier, les chefs des barbares,  et ainsi de suite. Le point de vue va donc souvent alterner (en plus de celui d’un narrateur omniscient) au cours de la narration. Est-ce difficile à suivre ? Non (surtout étant donné la présence d’un Dramatis Personæ).

Ces personnages, je le disais pas-si-secondaires, s’ils sont importants sur le plan de l’intrigue, le sont aussi sur le plan de leur caractérisation : pas de pantins dans des décors en carton-pâte ici, chaque second-rôle a des motivations réalistes, ses propres traits de caractère, bref une âme. Loin d’être de simples faire-valoir, ils sont une composante à part entière du tableau général. Et c’est cette richesse qui fait aussi que le lecteur a de l’empathie, s’attache aux protagonistes : c’est bien plus naturel, évident, de la faire quand ils ont une âme que quand ils sont des stéréotypes, des coquilles vides.

Il est également judicieux de noter que, même si Kay donne, comme toujours, une place de choix à son ou ses personnages féminins, c’est peut-être celui de ses livres où les femmes sont le plus en retrait, et où le héros masculin est le plus mis en avant. Le contraste est d’autant plus saisissant, d’ailleurs, si on compare la place des femmes dans ce roman et celui qui le précède. Toutefois, c’est l’évolution de la société de la Kitai qui impose cette situation, pas un changement de cap de Kay.

Narration ou : la Théorie des Dominos

Alors qu’Al-Rassan ou Les chevaux célestes se déroulaient sur une période de temps réduite, la narration du Fleuve céleste s’étend sur des années, d’une part, et n’est d’autre part pas linéaire : il y a des ellipses (de plusieurs années, parfois) et des flash-backs, même si on ne s’en rend pas compte tout de suite. Par exemple, on nous mentionne le fait que dans le « jardin » (pensez à un parc géant, plutôt) de l’Empereur, il y a un énorme rocher qu’on a arraché, au prix d’efforts considérables (et de plusieurs morts) au fond d’un lointain lac. On nous parle de cette entreprise au passé, alors que dans un des chapitres concernant Ren, elle est évoquée comme en étant à son début.

De même, les Flash-forward (d’une certaine façon) sont innombrables : on ne compte plus les phrases du genre « au soir de sa vie, trucmuche raconterait encore le jour où il a vu Ren Daiyan accomplir tel acte ou prononcer telle parole marquante ».

Un point essentiel est à retenir : le rythme. Le roman fait 700 pages (enfin, 695, mais on ne va pas chipoter), et pour un lecteur lambda, il ne va commencer à « se passer » quelque chose qu’à partir du début de la seconde moitié, quasiment exactement à la page 350. C’est bien entendu faux : lorsqu’on arrive à la fin (et si on connaît un peu Kay), on sait que ce faux-(non-)rythme n’est en fait qu’une minutieuse mise en place des événements qui vont se dérouler dans la suite du roman. Encore faut-il le savoir ou aller jusqu’à la fin : je préfère donc prévenir, si vous êtes un fana des livres très rythmés et que vous vous attendez à un thriller où ça bouge tout le temps, vous risquez d’avoir du mal avec celui-ci (du moins, avec sa première moitié). Le rythme est posé, d’une lenteur majestueuse, qui, je trouve, se prête parfaitement au cadre sinisant. De plus, là encore, on s’en rend compte à la fin, aucune scène, si insignifiante paraisse-t’elle de prime abord, n’est inutile, elle augure de quelque chose, elle explique un point qui se trouvera peut-être des centaines de pages plus loin. Et puis bon, de toute façon, tout ça est d’une telle beauté, dans l’écriture comme dans la splendeur perdue de ce qui est décrit, que de toute façon, moi j’en aurais bien repris pour 700 pages de plus.

En fait, ce roman est divisé en deux parties : dans les 350 premières pages, on met en place la figure formée par des dominos; dans les 350 pages suivantes, on assiste à leur effroyable et inéluctable chute. Pour moi, il n’y a pas d’accélération du rythme à partir de la page 351, mais un basculement entre deux mondes, ce qui, quelque part, est bien plus habile sur un plan littéraire et bien plus saisissant qu’un banal emballement maîtrisé du rythme.

Comme dans Les chevaux célestes, le lecteur reste captivé, saisi par la puissance émotionnelle extraordinaire de certaines scènes : celle avec la Daiji, la rencontre sous le balcon de Lin Shan, les deux audiences de Ren Daiyan devant les Empereurs. Celui qui a lu le premier roman appréciera aussi les petites allusions à Sima Zian ou à Wen Jian, ainsi que celle, qui a une certaine importance dans l’intrigue, aux tombeaux de la famille Shen.

En conclusion

Dans cette suite aux Chevaux célestes, Guy Gavriel Kay nous montre, une fois encore, la fin d’un monde et le commencement d’un nouveau, vus par les yeux d’acteurs de premier plan des événements. Si, comme d’habitude, le protagoniste féminin a un très beau rôle, il s’efface un peu plus, cependant, dans ce roman précis, devant celui du protagoniste masculin, un militaire bien décidé à mettre un terme à la désintégration de son univers. Comme d’habitude avec l’auteur canadien, le rythme est posé (ce qui donne une majesté parfaitement chinoise à l’ensemble), puisque l’action ne démarre, d’un certain point de vue (limité, et que je ne partage pas) qu’à partir de la page 351 sur 700. Ce qu’il faut à mon avis comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas tant d’une accélération d’un(faux-)rythme que d’un basculement, celui des dominos qui ont été minutieusement mis en place dans les 350 pages précédentes.

Malgré tout, ce livre ne se destinera malheureusement pas aux lecteurs impatients ou cherchant un livre très rythmé, aux cliffhangers ou rebondissements incessants : il sera plutôt pour les amateurs de grandes sagas historiques, qui prennent le temps d’installer personnages, situation et décor avant de mener l’intrigue vers une conclusion à la fois grandiose, tragique mais inévitable (sur ce plan là, c’est du pur Kay). Fin qui, d’ailleurs, est, je trouve, magistrale dans son élégance et son refus des conclusions faciles, dans un sens ou dans l’autre. Magistrales sont aussi ces scènes à couper le souffle, par leur tension dramatique, l’émotion qu’elles distillent ou leurs enjeux, dans la droite lignée de celles des Chevaux célestes ou d’Al-Rassan.

Bref, ce roman exigeant, pas destiné à toutes les catégories de lecteurs mais d’une splendeur indescriptible (et j’espère avoir réussi, dans ma critique, à en rendre une partie),  traversé par le souffle à la fois épique et amer de l’Histoire (même si ce n’est pas tout à fait la nôtre), montre, s’il en était besoin, que Guy Gavriel Kay est un écrivain au talent immense et un grand auteur de Fantasy (historique).

Apophis

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Kay - Le fleuve céleste - Alter1fo
Posté le 29 décembre 2016 -
La Chine des Song (Xè siècle) est la matière utilisée pour tracer le parcours d’un homme hors du commun. Comme dans « les Chevaux Célestes », Guy Gavriel Kay prend ce qu’il veut dans l’Histoire, ajoute l’imaginaire (femme-renard, fantômes), mais cette fois avec beaucoup plus de parcimonie.

Dès la scène initiale, déclenchante, tout ce que fait l’auteur est là : l’immédiat, le devenir, le hors-champ, l’esprit. 700 pages où le Canadien peint. Une femme exceptionnelle. Parce que ceux qui le voudront liront une histoire d’amour douce et forte. Ils trouveront aussi la poésie, passée du chinois à l’anglais puis au français, mais ce qu’il en reste a de quoi toucher. Et il y a celle des pensées et des actions de ces gens.

Les civilisés et les barbares. Les soldats et les dirigeants. Nous ne choisissons pas notre époque, nous choisissons, parfois, notre manière d’y vivre. L’honneur, la carrière, la famille, la justice, l’audace, le respect, l’amitié, l’harmonie, la beauté.
 
Fix - Alter1fo
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Nominations Grand Prix de l’Imaginaire 2017
Posté 14 février 2017 -

La première sélection du Grand Prix de l’Imaginaire a été dévoilée. Parmi de nombreux nommés, nous retrouvons :

1) Roman francophone
Jardin d’hiver d’Olivier Paquet
Métaquine, tomes 1 & 2 de François Rouiller

Jardin d'hiver Métaquine Métaquine

2) Roman étranger
Mémoires, par lady Trent, tomes 1 & 2 de Marie Brennan
L’Espace d’un an de Becky Chambers

 Une histoire naturelle des dragons Le tropique des serpents L'espace d'un an

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme
David Demaret pour Léviathan de Jack Campbell
Todd Lockwood pour Mémoires, par lady Trent, tomes 1 & 2 de Marie Brennan

Découvrez toute la sélection du GPI 2017.

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En février 2017, tous les ebooks de Dmitry Glukhovsky à 4,99e
Posté 14 février 2017 -

Nous continuons notre épopée légendaire dans le pays des promotions numériques. Ce mois-ci notre périple fait halte en terres russes.
Métro 2033, publié en France en 2010, a d’abord paru sur Internet avant de devenir un best-seller. Ont suivi Métro 2034, puis Sumerki (prix Utopiales 2014) et FUTU.RE (prix Libr’àNous 2016). Dans ce dernier, l’auteur nous livre en plan large une vision de l’Europe, de l’avenir et de l’humanité.
C’est le bon moment de lire les romans de Dmitry Glukhovsky et plus particulièrement Métro 2033. Surtout quand on sait que Métro 2035 sort le 23 mars prochain.

À vos liseuses ! #OPAuteurs2017

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Manuscrits
Posté 27 janvier 2017 -
Nous avons pris la décision, à partir du 1er février, d’interrompre la réception de manuscrits pendant quelques mois et nous réfléchissons à une nouvelle méthode pour les traiter. Tous les manuscrits déjà reçus avant cette date seront lus. Cependant, n’hésitez pas à préparer vos textes, à les peaufiner, car nous vous signalerons comment les envoyer, et surtout quand. Alors suivez-nous sur les réseaux sociaux, des informations arriveront d’ici l’été.
Stay tuned !
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COMMENT SORTIR DE L'IMPASSE ?
Posté 20 janvier 2017 -

L'essai d'Antoine Vial, Santé, le trésor menacé chez votre libraire dès le 26 janvier 2017.

Cette nouvelle publication dans la collection L'Atalante/essais (Comme un accordéon) est un texte important, à lire d'urgence !

Il vise à donner au thème de la santé, une place prioritaire, dans la prochaine élection présidentielle. Argumenté et pourvoyeur de pistes d’actions novatrices, il constitue une base incontournable d’échanges pour les médias, les décideurs et les acteurs de la santé publique et a déjà capté l’attention des politiques.

Objectif : sortir notre système de santé de l’impasse

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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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Les Croisades d'Unnord 22ème édition
Posté le 25 janvier 2017 par les croisades d'unnord
Bonjour à tous ! Je vous écris pour vous annoncer que la 22ème édition des Croisades d’Unnord est en marche avec, cette fois encore, un nouveau thème qui sera : Au-delà des apparences. Cette année [...]