Un satellite militaire nord-américain a détecté un objet enfoui profondément sous le plateau laurentien au Canada. Il s’agit d’une géode parfaite de deux kilomètres de diamètre qui plonge les géologues dans la perplexité. Et ce mystérieux artefact a au moins deux milliards d’années…
Dans la demeure céleste du dieu Indra, il est un filet merveilleux, tendu par un artisan ingénieux de sorte qu'il s'étend à l'infini dans toutes les dimensions. Pour satisfaire les goûts extravagants des dieux, l'artisan a fixé un joyau étincelant à chaque noeud du filet, et puisque celui-ci est infini, le nombre des joyaux l'est tout autant. Ils brillent la nuit comme des étoiles lumineuses, offrant un prodigieux spectacle; à leur surface pole se reflètent tous les autres joyaux du filet, infinis en nombre. De surcroît, chacun des des joyaux reflétés reflète à son tour les autres joyaux? Le filet tout entier est représenté en chacun des joyaux, tout comme chaque objet dans le monde n'est pas seulement lui-même parce qu'il inclut tous les autres objets et qu'en fait il est tout les autres.
Un roman de science-fiction vertigineux, traduit de l'espagnol par Christophe Josse.
Juan Miguel Aguilera nous emmène loin. Dans les siècles et les millénaires. Avec son dernier roman, Le filet d'Indra, l'écrivain espagnol nous offre une vraie et grande histoire de bonne vieille science-fiction. Qui donne le vertige tant elle nous fait parcourir le temps d'un futur très lointain qui nous ramène en même temps à la naissance même de notre monde.
Tout commence au Canada. Dans le sous-sol des Territoires du Nord-Ouest, on a découvert une géode de 2 km de diamètre. En diamant noir. Vieux de deux milliards d'années. Pas humain, ça. Une équipe de militaires et de civils l'étudie dans le plus grand secret.
« La sphère, c'est la forme parfaite, explique Aguilera, rencontré aux Imaginales d'Epinal. Et puis, elle peut contenir tellement de choses. » Celle-ci est creuse. A l'intérieur flotte un cylindre. Dans ce cylindre, un anneau bleu, une singularité, comme un trou noir. Par accident, ou par sabotage, un engin robotisé endommage la sphère, qui se défend en émettant un champ de force qui l'entoure, englobant toute l'équipe. Celle-ci est coincée à l'intérieur. Et la température, déjà froide dans ces terres canadiennes, descend, descend, descend. Que va faire Jim, le chef de l'équipe, que vont faire Laura et Neko, les physiciens ? Le jeune Neko propose de passer à travers le trou noir pour ne pas se résoudre à mourir de froid. Et pour échouer, peut-être, dans un autre monde ou un autre temps.
Aguilera a prouvé par le passé qu'il était un romancier talentueux, maître du pastiche et du recyclage, jouant souvent sur plusieurs registres. L'exploration d'un artefact inconnu est un thème archi-classique de la SF : l'auteur en donne ici sa version, teintée d'une forte coloration pulp, avec paysages délirants, divagations cosmogoniques, créatures féroces et rebondissements incessants au menu.
Sam Lermite - Revue Solaris
Parmi tous les aspects abordés par la science-fiction, j'ai un faible pour les récits archéologiques. Vous savez, ces histoires où des vaisseaux atterrissent sur des planètes désolées où l'on a découvert les signes d'une civilisation ancienne, disparue dans d'étranges circonstances et qu'il conviendra naturellement de déterminer. Mais c'est pour les histories où d'énigmatiques et très anciens artefacts sont localisés sur la surface de la terre que mon faible est bien plus prononcé. Dans quel but sont-ils là ? Quels sont leurs fonctions ? Qui les a créés ? Que se passera-t-il si nous jouons aux apprentis sorciers avec eux ? Autant de questions qui ont la faculté de mettre mon imagination en ébullition et de lui faire emprunter des chemins insoupçonnés à mesure que l'histoire progresse. Si tant est que tous les éléments soient réunis pour y contribuer, comme ça a par exemple été le cas avec Anciens Rivages de Jack Mcdevitt.
Mais en attendant, si vous partagez ce faible avec moi, si vous voulez découvrir Juan Miguel Aguilera (...) ou si, tout simplement, vous voulez vous laisser emporter par une histoire de science-fiction digne de ce nom, le Filet d'Indra devrait vous convenir. L'histoire, je vous l'ai presque déjà dévoilée. Cette fois-ci c'est un satellite qui révèle la présence d'un artefact – une géode de deux kilomètres de diamètre - enfoui sous terre dans le nord du Canada. Aussitôt découvert, une équipe de scientifiques est dépêchée sur les lieux pour tenter d'en déterminer l'origine. Les premiers résultats sont pour le moins surprenants : l'objet aurait plus de deux milliards d'années et sa forme n'a rien de naturelle.
Sur la base de cette histoire, Juan Miguel Aguilera embarque le lecteur dans un voyage trépidant où, une fois n'est pas coutume en science-fiction, se pose en toile de fond la question de la place de l'homme dans l'univers. On pourrait en avoir marre d'être une nouvelle fois confronté à cette grande question du Que suis-je ? Que fais-je ?, moi, dans cette immensité vertigineuse et oppressante. Mais là encore, une fois n'est pas coutume bis, tout dépend de la manière dont le sujet est traité et de l'angle d'approche adopté par l'auteur. Dans le filet d'Indra, Juan Miguel Aguilera ne déçoit à aucun moment. Peut-être parce qu'il conjugue habilement action, rebondissements et réflexion, ne provoque jamais de dichotomie trop franche (et trop barbante pour la peine) entre l'histoire elle-même, ses composantes, et la thématique sur laquelle elle s'appuie. Et peut-être aussi parce qu'il s'écarte des poncifs du genre, laisse la part belle à l'imagination en favorisant l'éclosion d'images fortes, dépaysantes, vertigineuses, induites par l'exploration d'un monde où tout est encore mystère et découverte. Où l'Inconnu n'a pas fini de nous surprendre...
Manu