Le vampire est depuis des siècles une figure à la fois mythique et horrifique. Le principe de personnages surnaturels se nourrissant d'êtres humains a été exploré à travers de multiples pans de la littérature et du cinéma. Parmi ceux-ci il est possible de citer les célébrissimes Chroniques des Vampires d'Anne Rice, lues par des millions de lecteurs à travers le monde. Au cinéma les oeuvres de cette auteure ont également été adaptées mais il faut aussi y ajouter des personnages tels que Blade qui participèrent au développement de la mythologie vampirique de notre société. Mais entre le vampire romantique s'interrogeant sans fin sur les raisons de son immortalité et le personnage futuriste ultra-violent dans des films bourrés d'effets spéciaux il n'y avait pas de réel milieu. Après avoir lu avec beaucoup de plaisir Cavatines de Laure Eslère je me suis penché sur un livre que les éditions l'Atalante m'ont envoyé : Le Crépuscule de Wolfgang Hohlbein.
En ouvrant ce livre j'étais relativement circonspect car je n'avais jamais lu les tomes précédents et avais donc peur d'être perdu dans une histoire trop complexe car il s'agit là du tome 4 de La Chronique des Immortels. Nous voici face au personnage de Andrej Delãny, immortel vampyre. Il faut insister sur l'orthographe particulière de ce mot car il donne tout son sens à l'oeuvre de l'auteur. Lui et son ami Abou Doun, un nubien ancien pirate et marchand d'esclaves, sont sur les routes tandis qu'ils se font attaquer par quatre adolescents. Difficile de le croire mais ils vont se battre et l'histoire nous entraînera à travers la nature même des vampyres, au sein d'un camp de gitans. Pour que vous vous replaciez mieux dans le temps nous sommes au Moyen-Âge, le lieu étant assez mal défini mais au vu des noms de villes il est possible de supposer que c'est en Allemagne que vont se dérouler les évènements que nous allons vivre avec ses deux personnages emblématiques. Car ils sont bels et bien des icônes de ce que sont dans la littérature le Vampire et son ami mortel. Le premier est poursuivi par les doutes inhérents à sa nature d'immortel tandis que le second tente de comprendre son ami et ce qu'il est.
Mais en lisant ce roman il faut aller bien plus loin que les stéréotypes bien connus des personnages. Le style littéraire est de qualité, plaisant et l'auteur nous emmène très loin dans son univers, nous tenant en haleine au fil des pages. Savoir le fin mot de l'histoire devient rapidement un leitmotiv et l'on a de cesse de tourner les pages afin de savoir où Andrej et Abou Doun veulent nous mener.
C'est donc un roman de grande qualité qui devrait être lu par tous les amateurs de littérature fantastique. J'espère bientôt pouvoir vous faire un commentaire des tomes précédents de ce cycle qui demande vraiment à être connu car la qualité littéraire et l'esprit d'imagination sont au rendez-vous dans ce livre que je mettrais sur le même plan que ceux d'Anne Rice dans mon coeur.
Thomas Riquet, Actua-Libria, le 3 octobre 2008
Le prix européen Utopiales 2008 est decerné à Javier Negrete pour son livre Seigneurs de l'Olympe .