Walter John Williams nous livre ici un bien étrange space-opéra,
dénué de véritables enjeux mais avec des préoccupations très humaines
où il va être question d'ennui, de la mort, de la vie éternelle, de
l'amour, de la folie et des regrets, la poursuite des Lugs ne semblant
être qu'un prétexte à raconter une tranche de vie difficile d'un
brillant scientifique qui va se retrouver à faire face à des choix
qu'il ne comprend pas et à sa propre lassitude.
[…]
Écrit dans un style
laconique, Le coup du Cavalier prend son temps pour se raconter, offrant
ainsi un drôle d'écho à l'ennui senti par le personnage principal. Le
roman ne s'offre véritablement que sur la fin, sans forcément donner
une réponse,mais plutôt plusieurs à ses questions philosophiques. Ce
qui n'empêche pas ce roman d'être complètement abouti dans sa trame et
ses explorations fort passionnantes.
Le coup du Cavalier est un
roman fort intéressant et passionnant que l'auteur Walter John Williams
pousse à de multiples questionnement sur l'immortalité et sur ses
conséquences qui peuvent se révéler particulièrement difficiles. Il
parle de l'ennui provoqué par une vie devenue sans surprise car comme
le disait Woody Allen, et ça pourrait tout à fait résumer ce roman,
"L'éternité, c'est long surtout sur la fin"...
Dès le début, le ton du roman est donné, on est dans le futur, dans un futur où l'immortalité a été découverte, et où un seul homme possède la planète, un excentrique. Le personnage de Doran Falkner est très intéressant, scientifique pas si doué que ça, plutôt homme d'affaires qui semble vouloir se mêler de tout, puisqu'il ne se gêne pas pour faire des manipulations génétiques et sociales aux peuples restants sur sa planète. Et pourtant, on sent derrière tout ça l'homme qui souhaite sauver quelque chose. L'homme amoureux. Partir pour tenter de découvrir le secret de la téléportation, cela semble intéressant à la fois au niveau scientifique, mais aussi pour tenter de reconquérir son ancien amour, Mary.
Moi qui ne suis pas fan de la SF à cause de certains auteurs qui semblent vouloir nous exposer un peu leurs théories scientifiques, j'ai été surprise par ce roman de SF, prenant, avec un rythme assez lent par moment, mais qui convient parfaitement ici. Quelques faits scientifiques du monde, il en fallait bien, mais pas trop non plus.
Quand à la fin du roman, j'ai adoré. Difficile d'en dire plus sans gâcher le plaisir, mais c'est vraiment surprenant et prenant.
Doran Falkner a fait deux cadeaux fabuleux à l’humanité: l’immortalité et une source d’énergie inépuisable. Les hommes ont ainsi pu conquérir l’espace et déserter la Terre, fondant une civilisation de colonies galactiques. Mais une limite demeure: l’impossibilité de dépasser la vitesse de la lumière et de communiquer efficacement entre colonies. Lorsque sur la planète Amaterasu sont découverts d’étranges animaux qui semblent avoir la capacité de se téléporter, Falkner décide de s’y rendre, dans l’espoir d’offrir aux humains la solution à leur isolement.
Entre space-opera et planet-opera, "Le coup du cavalier" de Walter Jon Williams interroge l’immortalité et ses conséquences sur la nature humaine. Sans l’épée de Damoclès de la mort, en proie à l’ennui et à la folie, l’immortel est-il encore un homme? L’intrigue, divertissante à souhait, ouvre de nouvelles perspectives pour le surhomme en le confrontant à d’autres formes de consciences intelligentes. Un roman écrit en 1985 qui garde toute sa fraîcheur et son intérêt.
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Vous vous en doutez, ce sont ces scientifiques que l’on va suivre et plus particulièrement, les physiciens. Mais le moteur du roman, ce n’est pas cette épopée de chercheurs, c’est la romance qui existe entre deux de ses protagonistes. Je sais qu’au travers de mes précédentes chroniques j’ai donné l’impression d’exécrer ce genre de relation entre les personnages, mais c’est surtout la mièvrerie et le neuneu-isme que je ne supporte pas. Ici, ce n’est pas niais, la question qui anime cette relation repose sur la notion d’immortalité. L’un a subi le traitement pour vivre éternellement et l’autre est une Irréductible qui l’a refusé. Dans ce cas là, refuser le traitement est il un suicide ? Peut on regarder l’autre mourir alors qu’une solution existe ?
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Avec Le coup du cavalier, on s’engage sur de la bonne Science Fiction, pas de doute là-dessus. À lire pour les fans du genre, lorsque ce dernier sent bon l’inconnu et la réflexion sur l’immortalité. Dans la même veine, je vous conseille L'île des morts de Roger Zelazny.
Doran Faulkner était l’auteur de deux miracles pouvant mener sur la route des étoiles : une énergie personnelle renouvelée et l’immortalité. Pour ce qui est du deuxième miracle, le problème corollaire c’est que la vie éternelle sur Terre distille l’ennui. Voyant cela, notre homme se met en quête d’une formule permettant de chasser l’ennui. Si les paramètres de ce livre de science-fiction sont de facture classique, la singularité du thème, c’est qu’il permet de plonger dans de grandes considérations métaphysiques. Et pour cette seule raison, même ceux qui n’aiment pas du tout les ouvrages de fiction, vont pouvoir y trouver leur compte. C’est tout le crédit du romancier Walter Jon Williams de nous mettre ainsi sur des pistes de réflexion.
Daniel Rolland - Culture Hebdo