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Orson Scott Card

La Porte perdue

Les mages de Westil
La Porte perdue

Date de parution : octobre 2011

Série : Les mages de Westil
Livre : 1

Traduit par : Jean-Daniel Brèque
Illustrateur : Gess


ISBN13 : 978-2-84172-560-1

Nombre de pages : 416
Prix : 21,90 €
État : disponible

Les dieux sont parmi nous : venus autrefois d’un monde nommé Westil, ils ont modelé l’histoire des hommes. Mais en l’an 632 Loki a fermé toutes les portes magiques vers Westil, les privant en grande partie de leurs pouvoirs. Aujourd’hui, les North – la Famille des dieux norrois – vivent cachés dans la campagne américaine. Or voici que Danny North, treize ans, que l’on croyait dénué de pouvoirs, découvre qu’il est un portemage, un créateur de portes. Problème : toutes les Familles ont fait serment d’éliminer ses pareils afin de préserver un fragile équilibre. Danny n’a d’autre choix que de fuir sur les routes américaines. Obligé d’apprendre seul à maîtriser son pouvoir, il va se découvrir des alliés inattendus. Et pendant ce temps, sur Westil, apparaît un garçon énigmatique, lui aussi doué du talent d’ouvrir des portes. La Porte perdue inaugure le nouveau cycle des «Mages de Westil».
  • Revue de presse
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Card - La porte perdue - Avides Lectures
Posté le 03 avril 2012 -
On ne présente plus Orson Scott Card, auteur prolifique de SF humaine, à qui l’on doit entre autres le cycle d’Ender ou Les chroniques d’Alvin le Faiseur. Il nous revient avec une nouvelle saga Les mages de Westil,  une aventure de fantasy urbaine en quelque sorte, les dieux vivant parmi nous…
 
L’histoire se passe de nos jours, au fin fond de la Virginie Occidentale, avec la connotation « plouc » que cela sous-entend. Car la grande famille des North, où les mariages consanguins sont légion, y vivent comme des campagnards va-nu-pieds qui subsistent du produit de leurs fermes. Bref, rien de plus banal… à part le fait que les North sont en fait les descendants de dieux norrois, parachutés sur Terre lorsque le dieu Loki décide de fermer toutes les portes qui mènent à Westil, le monde des dieux ! Voilà qui donne gentiment le sourire. Depuis ce temps-là, les dieux condamnés à l’exil sur Terre, ont vu décroitre leur magie et se sont mis tout naturellement à maudire les portemages, seuls mages capables d’ouvrir les portes entre les mondes. Manque de pot pour Dany, qui se croyait dénué de magie et qui découvre par hasard qu’il est l’un de ces exécrés portemages. Pour vivre, Dany doit fuir…
 
Comme vous pouvez le constater le pitch de départ est plutôt cocasse, on a rarement vu les dieux présentés sous cet angle ! Le roman annonce dès les premiers chapitres la couleur, c’est de la fantasy urbaine certes, mais surtout un roman d’aventure bon enfant, plein de bons mots et sans prise de tête, on est loin de la fantasy épique. D’ailleurs, il y a peu d’action dans ce premier tome, pas de scènes de bataille à se mettre sous la dent, le propos du livre n’étant pas là. L’univers décrit par Card est très étonnant, il mixe la mythologie nordique avec le monde moderne et rajoute une petite pincée de magie druidique et celtique, avec l’importance de la nature, la création de clant et les affinités avec les éléments ou les animaux. Tout ça est très bien pensé et donne un côté très original à l’œuvre. Bizarrement, même si on peut ranger « La porte perdue » dans les récits de type initiatique, le chemin emprunté par Dany est tellement incongru (il utilise sa magie des portes pour faire des casses et se sort des situations les plus rocambolesques en montrant ses fesses) qu’on n’a pas l’impression de lire toujours le même schéma narratif.
 
La narration, qui nous est conté à la 3ème personne du singulier, à travers le personnage de Dany, est somme toute prenante et possède un charme certain. Dommage que l’on ne retrouve pas trace de la poésie du cycle d’Ender (moi qui suis fan de la plume de l’auteur), mais les deux romans n’ont vraiment rien en commun, il faut avouer. Ici, on s’amuse surtout des facéties de Dany et des rencontres truculentes qu’il fait sur son chemin (je pense notamment à VV ou à Leslie et ses affinités avec les vaches). Souvent drôle, Dany agace aussi parfois pas son immaturité mais bon, treize ans c’est presque l’âge bête, non ? A découvrir pour se détendre et s’amuser à voir des dieux déchus grimés en rustres paysans.
 
Verdict : Bonne pioche
 
Avides lectures
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Card - La porte perdue - nooSFere
Posté le 12 décembre 2011 -
Voila donc le retour d’Orson Scott Card à la fantasy avec une nouvelle série. Ses dernières parutions francaises usaient jusqu’à la corde d’anciennes œuvres (Bean spin off d’Ender, un sixième tome d’Alvin peu convaincant ou Trahison, réécriture d’un vieux roman) et il fallait remonter d’une dizaine d’années et à Enchantement pour trouver une histoire vraiment originale. Autant dire que c’est avec une curiosité mêlée de crainte que j’ai ouvert ce livre. Rassurons tout de suite les fans de l’auteur : il s’en tire honorablement.

Démarrant sur une base ultra-classique de Card : récit d’apprentissage avec un adolescent découvrant ses talents cachés, la porte perdue montre que l’écrivain est toujours aussi à l’aise pour dépeindre un enfant. De même pour la mise en place d’un univers original : aussi bien l’histoire de Westil et de sa fermeture par Loki que le système de magie portent la marque d’un véritable créateur. (...) Enfin, premier tome d’une trilogie, les quatre-cents pages ne sont pas de trop pour mettre en forme l’univers et l’intrigue centrale démarre juste à la fin de ce premier tome. Malgré ces quelques défauts, La Porte perdue prouve que Card a conservé son talent de conteur. Un bon roman de fantasy, donc, loin des chefs-d’œuvre de l’auteur, mais suffisamment plaisant pour qu’on ait envie de connaître la suite.

René-Marc Dolhen


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Card - La Porte perdue - Psychovision
Posté le 20 janvier 2012 -

Les anciens dieux vivent bel et bien parmi nous, cachés et invisibles à nos yeux. Ils sont également à l'origine des histoires de fantômes et des contes de fées. Seulement, ils sont de plus en plus faibles depuis que Loki a fermé les portes menant à Westil, devenu ainsi l'ennemi juré des dieux impuissants. Appartenant à une famille du nord, Danny est soupçonné d'être un Drekka, un dieu sans magie destiné à être exécuté par ses propres parents. Mais un accident avec ses cousines va lui faire prendre conscience qu'il est un Portemage.
Or s'il y a bien quelques choses de pire pour les familles que les Drekka, c'est un Portemage, un être capable de créer des portes et qui pourrait relancer les guerres entre dieux. Ayant le choix entre être sacrifié par les siens et s'enfuir, Danny choisit bien entendu la deuxième option. Cet adolescent qui vivait de manière plus qu'anachronique va donc se retrouver sur les routes de l'Amérique contemporaines, lieux qui recèle autant de dangers potentiels que d'alliés inattendus.

Un nouveau roman et, en prime, un nouvel univers créé par Orson Scott Card est toujours un petit événement, quelque chose qui titille la curiosité. Cet auteur est en effet derrière des saga comme celle d'Ender, Alvin le Faiseur ou encore Terre des origines ainsi que de romans comme Enchantement ou Les maîtres chanteurs, des histoires ayant souvent reçu des succès critiques et publiques.
Dans ce roman comme dans ces cycles, le héros est un adolescent, même deux ici, mais on y reviendra, plutôt mal dans sa peau et rejeté par les siens. Ici, il s'agit du jeune Danny qui pense être un Drekka, un être sans pouvoirs dans une famille où tout le monde en a un. Il en est devenu le bouc-émissaire de ses cousins et un paria pour ses oncles, Danny leur rappelant qu'ils sont de moins en moins puissant.

En effet, la seule manière pour les familles d'accentuer leurs pouvoirs étaient de prendre des portes vers Westill, le royaume des dieux, or ces dernières ont été détruite par Loki, un puissant Portemage. Tous ceux possédant cette magie sont désormais proscrits et exécutés, car il pourrait donner un avantage inégalable à leur famille et provoquer de nouvelles guerres. Danny, déjà un mouton noir, n'aurait donc pu espérer avoir pire magie.
Voilà donc ce gamin surdoué, un autre point commun avec d'autres héros de l'auteur, parti sur les routes, devant survivre seul et fuir une famille qui veut sa mort. De plus, il devra découvrir les secrets de sa magie par lui-même, puisqu'il est le premier Portemage vivant depuis longtemps. Il va donc devoir se lancer dans une quête périlleuse afin de se trouver lui-même, même s'il trouvera quelques amis sur sa route.
Le deuxième adolescent dont il est question s'appelle Boulette est amnésique et également un Portemage, mais il vit dans un royaume médiéval où la magie existe au vu et au su de tout le monde. A l'instar de Danny, il se fera discret et utilisera sa magie à ses fins, des fins bien plus cupide et immorale puisque le jeune homme semble ambitieux et manipulateur. Lui aussi semble donc chercher qui il est et d'où il vient.


A l'instar de nombreux romans de fantasy, La Porte perdue contient donc une quête initiatique assez légère, mais l'univers qui n'est pas sans évoquer American God de Neil Gaiman et la plume d'Orson Scott Card font la différence. Le roman est donc un agréable divertissement, peut-être une simple mise en bouche avant que cette série ne prenne plus d'ampleur, car elle en a le potentiel. Orson Scott Card semble s'amuser de ses personnages, dont certains sont carrément loufoques, et prendre plaisir à mettre en place son système de magie. (...)

Stegg
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Card - La porte perdue - L'Écran fantastique
Posté le 01 février 2012 -

Une fantasy passe-muraille

Le premier volet du nouveau cycle de Card, Les Mages de Westil, met en scène un adolescent isolé de ses camarades qui le brutalisent, ainsi que les adultes, sans talent révélé alors que tous se doivent de trouver avant l'adolescence, sous peine de mort, la magie qu'ils maîtriseront. Danny North se découvre finalement le pouvoir de créateur de portes des jadis redoutés portemages, le sien surpassant les capacités de ses prédécesseurs, ce qui en fait un adolescent à abattre, car toutes les familles divines échues sur Terre ont décidé de préserver la paix entre elles en éliminant les portemages, surtout ceux susceptibles de rouvrir les portes magiques menant au monde divin de Westil, que Loki a fermées en 632. Est-ce un épigone d'Ender ? Voici donc un enfant seul contre tous, livré à lui-même, destin encore compliqué par le fait qu'une entité, Le Voleur de portes, détruit systématiquement toute porte vers Westil, condamnant par là celui qui l'a ouverte. La ressemblance avec Ender s'arrête cependant là, car Danny n'a pas sa dimension tragique ni romantique  : adroit pour tirer son épingle du jeu, insouciant et farceur jusqu'à l'inconséquence, peu charitable avec autrui, il est à l'âge de la soumission à toutes les influences, même les plus néfastes, surtout ignorant du monde extérieur comme il l'est. Forcé de quitter sa communauté de type mormon, il fait l'apprentissage du chapardage et du mensonge en compagnie d'un mauvais garçon ayant choisi l'errance, fraie avec des receleurs et croise la route d'une allumeuse éveillant ses sens, prenant une mauvaise direction dans la vie. son éducation sévère contrebalance les mauvais aspects de la nature humaine cependant qu'il tente d'en savoir plus sur sa magie et Loki, ce qui l'amène à trouver sa voie. Parallèlement à cette intrigue se déroule l'histoire de Boulette, autre adolescent miséreux porteur du même don, au royaume de Glacevège, arpenteur des solives du château et secrètement amoureux de la reine Bexoi.
Roman d'apprentissage très axé sur les dangers qui guettent l'adolescent au moment de son entrée dans le monde adulte, ce roman qui présente un univers cohérent parfaitement intégré au nôtre se déroule sans temps mort. On retrouve avec plaisir l'art de conteur d'Orson Scott Card qui semble parti pour un nouveau cycle passionnant (L'Atalante « La dentelle du cygne »).
 
Claude Ecken

 

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Card - La porte perdue - Les vagabonds du Rêve
Posté le 07 mars 2012 -
Voici le premier tome d'une nouvelle série de l'auteur.
Pas si nouvelle que ça puisqu'on y retrouve les thèmes qui lui sont chers, en particulier celui d'un adolescent à la recherche de soi. Mais agréablement nouvelle dans la magie qui la sous-tend.
Les dieux, oui, ces dieux mêmes sur lesquels nous avons bâtis toutes nos merveilleuses mythologies, n'en sont pas. Simplement des mages venus du monde de Westil et dotés de pouvoirs très supérieurs pour les simples humains. Pourtant, si supérieurs soient-ils, ils furent voici longtemps bloqués dans notre monde par la malice de Loki. C'est lui, en effet, qui a définitivement bloqué les portes par lesquelles ces mages passaient régulièrement de leur monde dans le nôtre. Des allées et venues généralement catastrophiques dont le souvenir perdure dans les récits de guerre des dieux.
Ainsi pourrait-il passer pour un bienfaiteur aux yeux de l'humanité si celle-ci en avait la moindre conscience, mais ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas que ces dieux restés coincés ici aient perdu tout pouvoir mais ceux-ci s'affaiblissent au cours des siècles. Aussi leurs familles vivent-elles en autarcie et plus ou moins recluses, tout à la fois pour ne pas affaiblir leurs capacités et pour éviter les humains, leurs adorateurs d'autrefois, donc par nature inférieurs. Autant dire que les enfants sont éduqués par leurs aînés et encouragés dans leurs dons particuliers. Allusion très transparente aux Mormons qui les rend d'autant plus étrangers.
Danny North vit en Amérique, dans cette communauté issue des dieux norrois. Mais bien que ses parents, souvent absents, soient les plus puissants d'entre eux, il ne semble disposer d'aucun pouvoir particulier, à la grande déception générale.
Pourtant, il échappe bien aisément aux corrections qu'il mérite parfois. Aurait-il des affinités avec les portes ? L'unique talent qui voue ses porteurs à la mort, aucune famille ne voulant se risquer à une nouvelle rencontre avec ceux de Westil.
C'est ce que pense la famille des Grecs qui débarque chez eux à l'époque de Noël, une de ses filles ayant « l'intuition » des portes qui s'ouvrent.
Danny ne va avoir d'a utre choix que de s'enfuir sur les routes américaines pourchassé par les « dieux » eux-mêmes. Bien des rencontres à venir, dont certaines ne sont pas parmi les meilleurs exemples à suivre. L'adolescent, sans doute victime, n'est pourtant pas un modèle de qualités. Voleur, menteur, rusé, les ressemblances avec Loki sont grandes. Peu sympathique en somme.
Le cadre est ainsi posé et c'est donc Danny que nous suivrons principalement tout au long du volume.
Mais, parallèlement, a surgi en Westil un autre adolescent. Né d'un arbre, pourrait-on dire, et dans lequel il a dormi d'un très long sommeil. Et il possède aussi a magie des portes, mais avec la force naturelle de ce monde de magie. Un monde semi moyenâgeux d'où sont bannis certains types de magie et où il va trouver abri, sous le sobriquet de Boulette, auprès de la maîtresse des cuisines du château puis devenir d'une certaine façon le protecteur de la reine.
Moins de chapitres lui sont consacrés ce qui est bien dommage car l'auteur créé ici une magie particulièrement originale.
Celle des portes, notamment, qui fait le lien à la fois entre les deux histoires et les deux mondes.
Une inventivité qui fait de ce roman une lecture agréable dont j'aurai plaisir à découvrir la suite même, si, à mon sens, ce n'est certainement pas le meilleur qu'ait écrit l'auteur.

Hélène
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Card - La porte perdue - Bifrost
Posté le 05 juillet 2012 -

Nouvelle série pour Orson Scott Card, qui retourne à la fantasy avec Les Mages de Westil, renouant pour l'occasion avec ce qui a fait son succès et reste sa force : sa capacité à évoquer et faire vivre des personnages d'enfant.

Danny est un fils de dieu. Enfin, pas comme nous l'entendons. Il appartient à une communauté qui vit en autarcie, loin du reste des hommes. Une communauté de mages qui ont encore des pouvoirs, mais rien au regard de ceux qu'ils possédaient auparavant. Les dieux des panthéons humains, c'était eux : les Thor, Odin et autres Jupiter. Mais depuis que ce farceur de Loki a refermé, en 632, la porte qui les reliait à leur monde, Westil, ils perdent d'une génération à l'autre de leur puissance. Ils déclinent, aigris, refermés sur eux-mêmes. Attendant l'arrivée d'un porte-mage - un créateur de portes - suffisamment puissant pour ouvrir une nouvelle liaison avec leur univers. La craignant aussi, car les différentes familles continuent à se détester et aucune ne souhaite voir les autres posséder un atout si puissant.

Apparemment, Danny n'est pas concerné par ces luttes. Enfant de mages puissants, il n'est cependant qu'un simple drekka : un être sans pouvoir. Tout juste bon à servir d'objet de moqueries. Jusqu'au jour où, en danger, il s'aperçoit qu'il sait créer des portes. Petites, certes, mais réelles. Aussitôt, il comprend que sa vie est menacée. À treize ans , il part donc seul dans le monde des somnifrères, le monde des humains ordinaires. Pendant ce temps, à Westil, un être étrange, jusqu'alors piégé dans le tronc d'un arbre, revient à la vie. Recueilli au château sous le nom de Boulette, il observe la vie des rois comme celle des serviteurs, sans prendre parti. Mais lui aussi découvre rapidement qu'il est capable de se déplacer par magie d'un endroit à un autre. Et, d'observateur, il va devenir acteur et faire des choix aux conséquences terribles.

Si depuis plusieurs romans, les déceptions se succèdent au fil des nouveautés d'Orson Scott Card, chaque nouvelle parution génère malgré tout une certaine impatience, tant on s'obstine à espérer que l'auteur parvienne à renouer avec le souffle de ses débuts. Las, le cycle ici entamé n'a pas la force lyrique d'Ender, mais il inaugure néanmoins une série qui devrait s'avérer agréable à suivre. Les personnages font preuve d'une force réelle, une grande intensité. Ils prennent vie devant nous et on se laisse entraîner sans effort. Le jeune Danny se révèle criant de vérité, avec ses doutes et ses désirs. De même que les adultes l'entourant.

Le ton, par contre, est fluctuant, et par là même déstabilisant. L'auteur mêle des moments enfantins (tellement proches de Danny et de ses envies, de sa façon de parler, qu'on réserverait volontiers la lecture de La Porte perdue aux adolescents) à des passages plus ardus, surtout quand le jeune héros s'essaie au maniement des portes et s'interroge sur leur fonctionnement ; une oscillation qui s'avère souvent lassante. A l'instar d'ailleurs de cette impression de déjà vu face à certaines situations : difficulté à se renouveler, à sortir de clichés rebattus. Le cadre choisi par Orson Scott Card, ses familles de divinités (à rapprocher du très bon Vegas Mytho de Christophe Lambert), auraient permis de créer une saga grandiose. L'auteur en tire pour l'heure une histoire honnête, agréable à lire et sans prétention. En somme de quoi avoir envie de découvrir le prochain tome, bien que sans enthousiasme excessif…

Raphaël Gaudin
Bifrost

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Card - La porte perdue - Miss Mopi
Posté le 07 août 2012 -

Il y a plus d'un millénaire, Loki sépara la Terre de Westil, le monde des Dieux. Depuis les Dieux vivent dans ces deux mondes sans plus de contact y perdant une partie de leur puissance.
Danny est l'un des enfants Dieux nés sur Terre, sauf qu'il ne peut pas pratiquer la magie des siens. A 14 ans, son incapacité de projeter son hors-moi en fait un paria parmi les siens. Mais cette incapacité cache un pouvoir bien plus précieux : celui de créer des portes. Seulement voilà les créateurs de portes sont considérés comme des êtres fourbes et désagréables et tués dès le moindre soupçon de pouvoir afin d'éviter de pouvoir créer à nouveau une porte vers Westil.
Alors Danny fuit pour sauver sa vie. Lui qui rêvait de découvrir le dehors, il va devoir y survivre.
Sur Westil aussi de tels mages sont chassés par un mangeur de portes. Hors voilà qu'apparait un jeune homme sans souvenirs doué lui aussi de cette capacité.
Les temps du changement semblent être arrivés.

Mon avis

Si l'histoire est agréable à lire, on pressent derrière ce cycle une puissance cachée qui ne se dévoilera comme toujours avec Orson Scott Card qu'au fil des tomes. A chaque nouveau cycle de cet auteur, on se demande au premier volume où il veut nous emmener, quel message il va vouloir nous délivrer. Et s'il va réussir le tour de force de nous accrocher. A dire vrai il ne m'a jamais déçue et je pense que ce cycle promet de grandes heures de lecture.
Une valeur sure et un plaisir renouvelé dans un cycle qui se passe pour cette fois dans notre monde. Vous auriez tort de bouder votre plaisir.

Miss Mopi
Bienvenue dans le monde de Miss Mopi

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Card - La porte perdue - Télérama
Posté le 09 août 2012 -

Un adolescent doté de pouvoirs hors norme, des dieux oubliés, la lutte du bien et du mal : on reconnaît là plusieurs des thèmes d'Orson Scott Card, l'un des maîtres de la fantasy intel­ligente. Mormon, Card a souvent été accusé, pas toujours à tort, de prêchi-prêcha et de moralisme. Il n'en est rien dans La Porte perdue qui voit un enfant, Danny North, héritier de dieux bloqués sur un autre monde, fuir la famille qui veut le tuer et expérimenter ses immenses pouvoirs sur la route de l'exil. Très vite, La Porte perdue tourne au roman initiatique. Dans sa fuite, Danny North découvre le mal et l'obligation d'en user parfois, apprend à vivre avec les autres et se confronte à la maîtrise de ses pouvoirs. On attend avec impatience la suite de cette trilogie annoncée.

Hubert Prolongeau
Télérama

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Card - La porte perdue - Culturellement geek
Posté le 19 janvier 2013 -

Un voyage initiatique à l'entrée dans l'adolescence

Comme avec Ender Wiggin, Orson Scott Card a choisi de nous faire suivre un jeune garçon, aux talents d'exception mais en bute à l'hostilité du monde extérieur. Thème récurrent des romans pour adolescent, cette révélation au monde de ses richesses intérieures illustre bien évidemment la découverte du soi, et le passage vers l'âge adulte. Comme d'habitude chez Orson Scott Card, cette réflexion s'accompagne d'une prise de distance avec cette naïveté du héros (ici, à travers l'intervention d'un second héros en la personne de Boulette) qui n'en limite pas la lecture au seul public adolescent.

Sans égaler le chef-d’œuvre de l'auteur, cette première introduction à la magie westilienne se lit d'un trait, et emporte avec ses dernière pages l'envie d'en découvrir un peu plus. Si Danny a su triompher des embûches de sa quête, les questions qui taraudent le lecteur sont elles toujours aussi nombreuses, et des ennemis que l'on devine bien plus proches qu'ils n'y paraît semblent presser le groupe de mages de toutes part. L'on ne peut dès lors qu'espérer que les prochaines aventures de Danny nous permettront d'en apprendre un peu sur Westil que les corridors de Glacevège que Boulette a bien voulu nous montrer.

Culturellement geek

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Card - La porte perdue - Les coups de cœur de Jean-Luc Rivera
Posté le 21 mars 2013 -

Orson Scott Card, que l'on connaît déjà, entre autres, pour ses "Chroniques d'Alvin le Faiseur" et les aventures d'Ender, entame un nouveau cycle, "Les mages de Westil", dont La Porte perdue (L'Atalante) est le premier volume.

Nous sommes à nouveau plongés dans l'univers d'une famille dysfonctionnelle, celle des North, des "white trash" typiques d'un patelin du fin fonds de la Virginie profonde, sauf que les North sont les descendants des anciens dieux nordiques, en pleine dégénérescence et réfugiés en Amérique pour sauver leur peau. En effet, tous les dieux sont déchus et survivent à grand peine car, originaires d'une planète nommée Westil, leurs pouvoirs décroissent et ne peuvent être régénérés par le passage des portes dimensionnelles avec leur monde, le dernier des Loki les ayant toutes fermées quinze cents ans auparavant. D'où la haine tenace qui poursuit les North, tenus pour responsables, et pour les portemages, seuls à pouvoir ouvrir des portes, car chaque membre d'une famille a un don (ou une affinité) pour un type de magie ou même n'en a aucun - il est alors un drekka, le dernier des derniers. C'est malheureusement le cas de Danny North, jeune garçon de treize ans à la langue bien pendue, ce qui l'a transformé en souffre-douleur de tous ses cousins, d'autant plus qu'il est le fils unique des deux mages les plus puissants de sa famille. Quand, finalement, et c'est le début du roman, Danny n'en peut plus, il s'enfuit et va ainsi découvrir qu'il est détenteur du don le plus rare: il peut ouvrir des portes. Nous allons le suivre dans ses aventures picaresques, réinventant les techniques pour utiliser son don, rencontrant des personnages hauts en couleurs appartenant à l'"underground" westilien - les orphelins, ces mages qui ne supportaient plus de vivre dans des familles et se sont fondus dans la masse humaine -, faisant l'apprentissage de la vie en société et de la cohabitation avec les somnifrères (les humains normaux). Il va apprendre à se maîtriser et à essayer de vivre comme un adolescent moyen (aller au lycée, conduire une voiture, avoir une petite copine).

En parallèle, Card nous fait découvrir la manière dont Westil a évolué - ou stagné -, pendant ces années de coupure avec la Terre : dans le royaume de Glacegèvre, "l'homme dans l'arbre" (prisonnier à l'intérieur d'un tronc depuis des temps immémoriaux) est sorti de sa prison et se rend au château où il est un miséreux parmi les domestiques. Mais Boulette, car tel est son surnom, est un portemage puissant qui semble avoir oublié tout de sa vie antérieure tout en poursuivant ses propres desseins tortueux.

Les vies de Danny et de Boulette sont naturellement appelées à interférer l'une avec l'autre, après de nombreuses péripéties, souvent décrites avec humour: les scènes de "mooning" de Danny (une tradition bien américaine de montrer ses fesses en public) sont hilarantes, surtout de la manière dont Danny le fait (en prise directe avec la peur panique d'une accusation de pédophilie, si courante aujourd'hui).

Tout le talent de l'auteur réside dans son utilisation de la psychologie d'ex-dieux en pleine déliquescence face à un monde qui change très vite et auquel ils ne sont plus adaptés (sauf les Grecs, richissimes car ils se sont reconvertis dans l'armement naval, avoir Poséïdon à ses côtés cela aide...), de celle d'un adolescent surdoué et difficile à contrôler mais quelque part très humain. Et nous nous prenons au jeu de la réponse à la grande question: pourquoi Loki a-t-il scellé toutes les portes entre les deux mondes ? Est-ce par compassion pour les humains ou s'agit-il du dernier de ses mauvais tours à l'égard des Westiliens dans un dessein que lui seul connaît ?

Cette nouvelle saga est passionnante à lire et se termine sur un "cliff hanger" qui nous donne envie de découvrir la suite très vite.

J'ajouterai que le traducteur, Jean-Daniel Brèque, a fait un très beau travail, rendant tout l'humour de l'auteur et traduisant par des néologismes fort bien trouvés la palette des pouvoirs magiques des descendants des Westiliens coincés chez nous.

Jean-Luc Rivera

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