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Olivier Paquet

Jardin d'hiver

Jardin d'hiver

Date de parution : août 2016


Illustrateur : Aurélien Police


ISBN13 : 9782841727773

Nombre de pages : 400
Prix : 21,00 €
État : disponible

Dans le contexte du réchauffement climatique, un conflit est né en Europe entre des ingénieurs réunis sous la bannière du Consortium et des groupes écoterroristes de la Coop. Cette guerre dure depuis près de 20 ans, suite à un incident appelé « le crime du siècle ». Chaque camp a développé ses propres armes : des animaux-robots pour les ingénieurs, des plantes mécanisées pour les écologistes.
La Tchaïka, que pilote Natalia, abrite une bande de cosaques qui récupèrent des pièces détachées après les combats et dont la philosophie se résume à cette maxime : « Nous sommes des contrebandiers, des gens qui refusent d'appartenir à un camp au nom de notre choix d'emmerder le monde. »
Un soir, sur un champ de bataille, ils tombent sur un inconnu amnésique au comportement étrange. Cette découverte leur fera traverser l’Europe à la recherche du passé de l’homme qu’ils ont accueilli et des germes du futur.

Olivier Paquet est de ces rares auteurs de science-fiction dont les romans ont pour théâtre des opérations l’Europe. Une Europe dont les contrebandiers disent dans ce livre qu’elle « pue, et pue gravement ». Les grands thèmes de la tragédie grecque sont convoqués, la vision politique est violente, tout en laissant place à l’espoir d’un renouveau.
  • Revue de presse
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Paquet - Jardin d'hiver - Au pays des caves trolls
Posté le 26 août 2016 -

Le roman se situe dans notre monde dans un avenir non déterminé. Le réchauffement climatique (sujet d’actualité s’il en est) a entrainé une guerre en Europe entre deux factions bien distinctes par leurs idéologies et leurs armes. Le consortium est contrôlé par des ingénieurs ayant créé des machines ressemblant trait pour trait à des animaux alors que la Coop a transformé des plantes en véritables armes. On sait peu de choses sur le reste du monde et le récit est centré sur ce conflit qui a pris ses racines suite à un incident nommé le crime du siècle. L’univers développé par Olivier Paquet est à la fois très intéressant et réaliste. La montée des eaux a entrainé des changements géographiques et dans la façon de vivre que l’on découvre durant le voyage de l’équipage de La Tchaïka. On retrouve beaucoup de la science fiction dans ce roman mais intégré dans notre propre monde. L’univers est très riche et un des éléments que j’ai préféré est les daemons, les animaux machines. Le concept est très bien fait et utilisé. On rêverait presque d’avoir son propre daemon après la lecture de ce roman.

L’écriture d’Oliver Paquet est très riche et fluide et apporte beaucoup à l’ambiance du roman. Le roman se lit très bien et est bien rythmé. Les personnages du roman sont nombreux mais l’histoire se concentre surtout sur Laurée et Mathieu. Ces deux personnages sont à la fois complexes et attachants. Ils ne ressemblent pas vraiment aux personnages habituels du genre et on apprend leur histoire au fur et à mesure. La relation entre ces deux personnages est également très intéressante et constitue pour moi un des gros points forts du récit. On vibre et on s’inquiète pour ces héros et l’auteur ne tombe jamais dans le romantisme. J’ai d’ailleurs préféré la première partie du roman centrée sur leur rencontre et la découverte du monde à la seconde plus centrée sur la guerre.

Le roman recèle de créations intéressantes mais il est parfois un peu trop touffu et j’ai un peu eu du mal par moments. Il y a pas mal d’explications sur les concepts des ingénieurs et sur la politique et parfois la situation est assez complexe. Cependant, on s’y retrouve quand même et n’enlève pas le plaisir de la lecture.

Le roman est également centré sur le conflit entre les 2 factions et la dernière partie du roman s’intéresse plus particulièrement à la guerre et à ce qu’elle engendre. Il y a une vraie réflexion sur les armes et la guerre. Le jardin d’hiver qui donne son nom au roman est une conception complexe et une arme de destruction qui est comparée à l’arme nucléaire. Les machines n’ont pas forcément le mauvais rôle comme c’est souvent le cas dans les univers d’anticipation. Il y a ainsi une véritable réflexion sur les machines et l’humain.

Ce roman propose donc un univers intéressant et très inventif avec des personnages bien construits. Il pose beaucoup de questions sur l’humain et l’avenir. Cependant, j’ai préféré la première partie du roman à celle centrée sur le conflit et je regrette un peu la complexité de certains points. Je lirais volontiers d’autres romans de l’auteur dont j’ai beaucoup apprécié le style.

 

Au pays des caves trolls

https://aupaysdescavetrolls.wordpress.com/2016/08/22/jardin-dhiver/

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Paquet - Jardin d'hiver - Blog-O-Livre
Posté le 07 septembre 2016 -

Pour ceux qui suivent ce blog, ils savent qu’Olivier Paquet fait parti des auteurs dont je suis les sorties littéraires avec attention. En effet ces précédents romans m’ont toujours fait passer de bons moments de lecture, offrant des récits intelligents, poétiques et efficaces. C’est donc sans surprise que, quand son dernier roman a été publié, ait rejoint rapidement ma PAL avec l’envie de découvrir ce qu’il allait bien pouvoir offrir. A noter aussi la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement magnifique.

On se retrouve ainsi avec ce roman, plongé dans un futur incertain pour l’Europe, où une guerre fait rage entre ce qui pourrait être considéré comme le clan des ingénieurs et le clan des écologistes. Chaque parti a ainsi développé des armes de plus en plus meurtrières et destructrices, pourtant le conflit s’enlise. On suit ici des contrebandiers, « chasseurs » de pièces détachées, qui vont recueillir un jeune homme amnésique. Cette rencontre va alors amener son lot de bouleversement, voir même modifier le conflit. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. L’auteur nous propose ainsi un roman d’aventures qui, dès le premier chapitre, a réussi me happer, offrant ainsi un récit vivant, sans véritable temps mort, énergique. Entre rebondissement, retournements de situations et surprises, le rythme du récit s’avère efficace et entrainant et je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus concernant cette intrigue complexe, dense et pleine de manipulations. Il arrive aussi, entre des phases plus nerveuses, à poser efficacement son récit et ses réflexions. [...]

L’univers construit tout le long du récit m’a clairement paru intéressant et prenant, mais surtout m’a paru franchement immersif. On découvre ainsi une Europe déchirée, en pleine guerre destructrice, qui est franchement crédible, logique que ce soit dans son aspect politique comme dans sa géographie qui a changé suite au réchauffement climatique. L’auteur a aussi fait évoluer les villes, dans leurs architectures et leurs constructions. L’ensemble se révèle ainsi cohérent et ne manque pas non plus de résonner avec notre société actuelle. L’aspect politique ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit d’un point de vue globale avec cette guerre entre les deux factions, comme dans les jeux et les trahisons de chacun. On pourrait reprocher que les deux camps, ingénieurs et écolo, rendent l’ensemble un peu binaire, mais il arrive à insérer assez de nuances dans chaque camp pour éviter d’avoir un tel ressenti. Aucun des deux camps n’est ainsi blanc ou noir, ils sont capables tous les deux du pire. De plus le Sanctuaire, même si pas aussi imposant que les deux autres factions, joue un peu le rôle de contre-poids.

Attention ce roman n’est nullement un roman politique, cette guerre repose sur des grandes idées concrètes, mais qui restent un peu abstraites vu que l’intérêt du roman est plus d’en montrer l’absurdité et surtout de suivre les aventures des héros. Mais là où j’ai le plus accroché à l’univers c’est, j’avoue, dans les nombreuses technologies qui sont dévoilées au fil des pages. L’imagination de l’auteur, foisonnante, nous présente de nombreuses idées captivantes qu’il arrive à lier de façon efficace les unes avec les autres. Que ce soit les daemons, les IA ou encore les plantes intelligentes, l’ensemble est plus que convaincant. Il y a aussi un petit côté « manga », que je ne dévoilerai pas, qui ressort de cet univers, qui pourrait certes en bloquer peut-être certains, mais qui, je trouve, apporte un plus à l’ensemble. Au final un univers qui donne clairement envie d’en apprendre plus.

L’autre point intéressant du roman vient des idées que soulève le récit. Principalement dans cette idée de vouloir remettre la technologie en avant, de ne pas vouloir tomber dans une sorte de diabolisation de celle-ci comme on peut le voir régulièrement. Il nous rappelle ainsi clairement que, du point de vue de la nature comme des inventions, ce sont les Hommes qui s’en servent qui les pervertissent souvent. Par contre je ne sais pas si c’est souhaité, mais j’ai trouvé qu’Olivier Paquet prenait le contre-pied d’Asimov dans sa vision, ne mettant pas en place de loi à ses machines et en offrant une explication intéressante. Il y a ainsi une vraie notion de fond sur ce sujet qui, sans nous être imposé, s’avère pertinente, nous montrant qu’on peut vivre avec la technologie si elle est réfléchie. L’auteur ne s’arrête pas là, il développe aussi des réflexions sur la façon dont on traite la planète, qu’on la transforme selon nos désirs sans aucune réflexion. Mais aussi sur la morale de nos actes, sur notre rapport avec les autres ou encore avec la nature, mais aussi sur l’avenir. Enfin il nous offre aussi un travail intéressant sur ce qui nous définit, notre identité, principalement à travers les deux héros, personnages perdus dans ce qu’on a fait d’eux, leurs rêves, leurs attentes. Ils se cherchent, ils évoluent, ils mentent aux autres et même à eux mêmes, et vont devoir trouver une place. Au final un travail de fond intéressant qui, certes parfois, s’offre quelques facilités, mais ne manque pas d’intérêt et m’ont fait réfléchir.

Concernant les personnages, ils sont très intéressants à découvrir et à suivre. ils sont humains, possédant leurs forces et leurs faiblesses, loin de tout manichéisme. Je me suis ainsi rapidement attaché au couple Laurée et Innocent qui, dans leur façon d’avancer, d’évoluer et de voir le monde, m’ont touchés. On se retrouve avec deux héros efficaces, complexes, soignés, que ce soit dans leurs côtés sombres, comme dans leurs côtés clairs. Au fil de leurs évolutions une véritable alchimie se dégage d’eux. Les personnages des contrebandiers ne sont pas en reste, on y retrouve un peu cette idée de « pirates » plein de gouaille, charismatiques, qui ne veulent pas prendre de camp, ne cherchent qu’à vivre libre, sans entraves et j’avoue cela fonctionne bien. Concernant les autres protagonistes, ils ne manquent pas non plus d’attrait, apportant ce qu’il faut à l’intrigue tout en se révélant soigné,. Je regretterai peut-être juste que le père de Laurée soit si peu présent, devenant ainsi un peu trop l’image « d’épouvantail », mais rien de bien dérangeant.

Alors après, je regretterai peut-être que certains rebondissements, certaines coïncidences, voir certaines évolutions, paraissent un peu trop faciles, ou que la solution arrive un peu trop rapidement. Certains liens entre les personnages paraissent aussi un peu précipités parfois. Enfin, j’avoue, j’aurai aimé que certains points soient plus développés, mais franchement rien de non plus dérangeant ou bloquant, tant j’ai été facilement emporté par le récit du début à la fin offrant aussi une conclusion efficace, explosive et intéressante. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, poétique, efficace, entraînante nous plongeant facilement dans son intrigue et son univers. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge en plein milieu d’un conflit dans une Europe futuriste entre la faction des Ingénieurs et celles des Ecologistes. L’intrigue se révèle percutante, soignée, dense, proposant de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises tout en évitant de tomber dans le binaire, offrant de nombreuses nuances dans sa politique et ses personnages. L’univers est captivant à découvrir que, ce soit à travers sa technologie à l’imagination foisonnante comme dans son contexte géo-politique mais aussi géographique. Les personnages ne manquent pas d’intérêts, se révélant complexes et humains. Je me suis rapidement attaché aux deux héros principaux dans leurs évolutions comme dans leurs questionnements. Un des points forts du récit vient des réflexions que soulève l’auteur que ce soit sur la dédiabolisation des machines, sur la technologie, la nature, l’environnement l’identité ou encore sur l’avenir. Alors après j’ai trouvé que certains rebondissements, certaines évolutions paraissent un peu trop faciles ou que la solution apparaissent un peu vite. Certains liens entre les personnages paraissent un peu rapides et j’avoue j’aurais aimé que certains aspects soient plus développés, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai été emporté. La plume de l’auteur est soignée, poétique, entrainante et je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

Ma Note : 8/10

 

Blog-O-Livre
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Paquet - Jardin d'hiver - The bookish nerd
Posté le 12 septembre 2016 -

The Bookish Nerd - Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=Ryk3fOePz70&feature=youtu.be&a

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Paquet - Jardin d'hiver - Daily Mars
Posté le 26 septembre 2016 -

La SF française a aussi ses auteurs de talent, comme Olivier Paquet, qui nous entraîne à bord d’un vaisseau de contrebandiers au grand cœur, mais aux armes puissantes, dans une Europe où machines et plantes se font la guerre.

L’histoire : Ils sont deux camps. La Coop et ses plantes modifiées, un groupe « écoterroriste ». Le Conservatoire et ses ingénieurs qui ont créé des « daemons », genre d’animaux-robots. Depuis 20 ans, la guerre ne cesse de faire des morts. Depuis le « crime du siècle ». Le réchauffement climatique, les contrées minées. C’est dans cet environnement que l’équipage du Tchaïka évolue. Jusqu’au jour où les contrebandiers tombent sur un champ de bataille d’où ils tirent un jeune homme amnésique. Et si lui avait dans ses mains la clé de la fin du conflit ?

Mon avis : Récit de voyage, récit de découverte de soi, Jardin d’hiver a des inspirations anglo-saxonnes pour un résultat, finalement, européen. Deux influences sont particulièrement visibles. La première est celle des daemons, un concept déjà développé par Philip Pullman dans sa série À la croisée des mondes. Dans le premier tome de ce livre, les adultes et les enfants possèdent un daemon, une représentation de leur âme sous la forme d’un animal qui les accompagne partout. Ici, la technologie a remplacé la nature et des animaux-armes sont reliés aux humains. Un animal pour un humain. L’autre concept est celui, plus diffus, d’un vaisseau de contrebandiers comme une nouvelle famille. Celui finalement développé par Joss Whedon dans Firefly. Ici aussi un équipage mixte tente de trouver une place dans un monde qui ne lui correspond pas. Tente de se racheter. Ici, tout le monde a une vie égale, homme comme femme, tous ont mérité leur place sur le navire qui leur sert de foyer. Ici aussi, un homme est à la recherche de qui il est vraiment et d’où lui viennent les capacités presque surhumaines qu’il possède.

Avec ces deux concepts transversaux, Olivier Paquet pose un débat plus large. Certes, le point de vue développé est bien plus celui des ingénieurs, et les « écoterroristes » sont finalement assez peu débattus, et parfois caricaturaux. Mais on comprend bien à travers les lignes, les combats politiques, les aberrations de la guerre, la beauté du monde qui pourrait exister, aussi bien naturel qu’artificiel. Les considérations philosophiques, qui auraient pu être un peu lourdes, ne sont données qu’en filigrane. Le mode choisi est celui de l’action et du voyage. Le voyage permet de survoler l’Europe, de l’observer, de comprendre le conflit. Les batailles, qu’elles impliquent des individus ou des bataillons, sont bien rodées et rythment l’ensemble du récit. Mais l’auteur n’oublie jamais de nous entraîner à sa suite dans un monde surprenant. Celui de plantes mortelles, de robots assassins. De ce qui est mignon, mais qui veut notre mort.

Jardin d’hiver est donc un roman palpitant, qui emprunte à d’autres œuvres tout en gardant une poésie propre, et très bien mis en valeur par une couverture réalisée par Aurélien Police. Un moment de légèreté, qui offre un peu d’originalité, et une note parfois steampunk dans sa description des villes.

Si vous aimez : « Take my love, take my land, take me where I can not stand. I don’t care, I am still free, you can’t take the sky from me. »

Deborah Gay

Daily Mars

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Paquet - Jardin d'hiver - Mythologica
Posté le 10 octobre 2016 -
Jardin d’hiver est un roman de science-fiction écrit par Olivier Paquet, publié aux éditions L’Atalante. Il s’agit d’un roman riche en idées innovantes accompagné d’une écriture très agréable.

La Tchaïka est un vaisseau piloté par une bande de contrebandiers qui profitent de la guerre en Europe pour s’enrichir. Cette guerre oppose le consortium, regroupement d’ingénieurs utilisant des animaux robotiques comme armes, à la Coop, groupes d’écologistes qui ont développé une technologie permettant de modifier les plantes en armes mortelles. Le quotidien de la tchaïka va être bouleversé le jour où au détour d’une récupération ils trouvent un homme amnésique dans les restes d’un champ de bataille. La Tchaïka va dès lors voyager à travers toute l’Europe, assumant un rôle qui les dépasse.

La couverture de Aurélien Police est un parfait exemple de ce que l’on trouve dans le roman, sorte d’alchimie entre le naturel et l’artificiel.

Au cours du roman, nous observons des points de vue différents sur la situation mais de façon inégale. Le point de vue des contrebandiers (censé être neutre) est bien plus représenté, ce déséquilibre joue un grand rôle dans la façon de faire avancer l’intrigue, en ajoutant une dose de mystères et de suspense. Durant le récit, nous voyageons à travers une grande partie de l’Europe, permettant la découverte d’un continent aux multiples enjeux dévasté par la guerre. L’auteur utilise ce voyage à but initiatique, permettant ainsi à l’équipage de découvrir les forces et les faiblesses des deux factions.

L’écriture de l’auteur est très fluide, ce qui permet de contrebalancer les côtés négatifs d’une histoire au background et aux enjeux politiques complexes. Les chapitres sont assez longs, permettant une immersion complète dans l’action et dans cet univers. Les concepts clefs que l’auteur a imaginés sont décrits avec justesse, ce qui permet au lecteur de se représenter facilement ce monde et de le comprendre. Ce livre recèle une véritable réflexion sur les enjeux écologiques actuels en suggérant un monde où l’écologie est devenue un objet de conflit, appelant à la réflexion sur la place de la nature dans notre société et à nos usages de la faune et de la flore.

Les personnages utilisés par l’auteur sont parfois proches de certains archétypes, surtout pour les personnages secondaires tels que Kostya ou en encore Natalia.  Il y a cependant un véritable travail sur deux personnages principaux, Innocent et Laurée. L’évolution d’Innocent est un point fort du roman, passant de quelqu’un d’amnésique, sorte de boulet à la cheville de l’équipage, à un personnage beaucoup plus sûr de lui, capable de prendre les décisions difficiles. Tandis que l’attachement qui se crée avec Laurée est un moteur efficace pour le scénario et non un simple élément scénaristique.

La coop, en modifiant la nature pour en faire une arme, en oublie ses convictions intimes. Plutôt que de se battre pour sa préservation, elle ne fait que la détériorer davantage. Par cette symbolique de la destruction de ce qui tient à cœur à la coop, Olivier Paquet nous questionne sur les actes que nous sommes ou serions capables d’effectuer pour assouvir nos desseins les plus profonds.

Ce roman est donc un très bon livre de science-fiction, avec le juste dosage entre personnages et scénario. Il nous livre une vision intéressante de ce que pourrait devenir notre monde si l’écologie devenait un sujet d’affrontement armé. Premier roman que je lis de cet auteur, qui m’a donné envie d’en lire d’autres. On peut retenir cette phrase du roman « Elle avait oublié comment la nature pouvait être magnifique quand l’Homme ne la transformait pas en arme ».

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Paquet - Jardin d'hiver - Let's be extravagant
Posté le 09 décembre 2016 -
Le travail sur la Tchaïka n’est pas de tout repos. Si les contrebandiers ratissent les champs de bataille une fois que les combattants l’ont quitté, ils doivent rester vigilants pour ne pas déclencher les nombreuses armes laissées sur place par les belligérants : les animaux-robots du consortium tirent à vue sur eux, tandis que les plantes-bombes de la Coop ne font pas la distinction entre les différents camps. Mais le champ de bataille où ils récupèrent cet inconnu est inhabituel. Ils trouvent nombre de carcasses d’aéronefs à désosser, mais les morts sont nombreux et ce qui les a causé est inquiétant. En effet, ils ne souffrent d’aucune blessure physique. L’un des deux camps semblent avoir développé une arme encore plus destructrice.

Voilà l’équipage plongé au coeur du conflit, conflit auquel vient s’ajouter une troisième faction qui cherche à tous prix à mettre fin à cette guerre. À ces trois factions qui s’opposent, s’ajoutent une intelligence artificielle, une Épée (c’est-à-dire un guerrier sanguinaire que rien n’arrête), et une entité mystérieuse : Jardin d’hiver. L’action est par moment un peu confuse : tout n’est qu’alliance, trahison, conversation éthique ou divergence de point de vue idéologique.

Mon avis est un peu plus modéré que quand j’ai acheté ce roman. En effet, j’avais eu un coup de coeur pour cette couverture, et lire sur la quatrième de couverture les mots « animaux-robots » et « plantes mécanisées » dans la même phrase avait fini de me convaincre. D’abord, il y a cette impression que les personnages tournent en rond : ils vont dans un lieu, déterminés à faire quelque chose, mais rien ne se passe comme prévu, ou l’un d’eux change d’avis, et les voilà repartis en sens inverse, et ça de la Méditerranée à l’Islande. C’est assez frustrant parce qu’on a l’impression qu’ils agissent en vain. Le côté contrebandier est aussi peu mis en avant par rapport à ce qui est dit dans le résumé. Certes, ils sont pivots dans l’histoire, mais on suit moins leur mode de vie que leur changement de cap au gré des caprices de l’un ou l’autre des belligérants. Il m’a aussi semblé que certains dialogues partaient dans des discussions éthiques interminables – qui sont aussi un ressort du récit – mais qui m’ont semblé plus confuses qu’autre chose, et j’avoue n’y avoir pas compris grand chose (mais ça, c’est peut-être juste dû à l’état de fatigue dans lequel j’étais quand j’ai lu ce roman).

Cependant, cela ne doit pas vous arrêter : ce roman a aussi plein de qualités. Tout d’abord, il y a de très bons concepts de science-fiction, autour de l’intelligence artificielle notamment. Et j’aime beaucoup la vision qu’il offre d’une forme de compromis entre le végétal, l’animal et la machine. Enfin, il n’y a aucun angélisme sur le conflit ou sur les partis en présence. Il n’y a aucun parti pris, ni pour le Consortium ni pour la Coop, et la conclusion arrive à dépasser cet antagonisme de façon remarquable. De plus, l’écriture est plutôt efficace, et se laisse aller à un peu de poésie, ce qui est plutôt agréable. Enfin, j’ai beaucoup aimé comment l’auteur dépeint la société du Consortium, et le mode de vie des habitants de Mégapole. Cette ville gigantesque au coeur même du Consortium, et les innovations architecturales que technologiques (notamment tout ce qui peut être une forme évoluée de nos réseaux sociaux et de nos objets connectés) qui la composent et ce qu’elles induisent en terme de mode de vie, d’interaction sociale etc. m’ont vraiment intéressée.

Ainsi, je suis peut-être moins enthousiasme à propos de ce roman que je ne l’étais au moment où je suis tombée dessus en librairie – à cause d’une certaine fatigue qui rendait la lecture laborieuse. Mais j’en garde vraiment un bon souvenir, et maintenant que mon avis a mûri, je le conseille aux personnes qui aiment la SF et à celles qui n’ont pas peur quand on prononce les mots « intelligence artificielle ».
 
Let's be extravagant
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Paquet - Jardin d'hiver - Songes d'une Walkyrie
Posté le 21 février 2017 -
Jardin d’hiver, titre à la fois expressif et trompeur, contraste ou antagoniste, les mots jardin et hiver ne vont généralement pas de pair, et pourtant ce titre est très bien choisi, et il se comprend bien une fois le roman lu. Pourquoi je vous parle du titre ? Parce que c’est ce qui m’a interpellé, je trouvais l’expression belle, intrigante et j’avais bien envie de découvrir ce que cachait ce titre qui me parlait tant. Dans l’ensemble, je ne suis pas déçue du voyage et une nouvelle fois, je suis surprise par un roman de science – fiction qui est de loin le genre que normalement j’affectionne le moins. Parlons en ! […]

Olivier Paquet dresse un univers riche, dense et travaillé, c’est très fouillé, très inventif, on sent toute l’imagination débordante et foisonnante de l’auteur à travers ces deux peuples que tout oppose à l’extrême, à tel point qu’ils finissent un peu par se ressembler et se rejoindre, les technologistes « s’écologisent » et les écologistes se « technologisent ».  Il y a là un contexte géopolitique des plus intéressants, même si le Consortium a la part belle dans l’histoire, il faut dire que l’auteur nous régale d’inventions technologiques incroyables et les daemons sortent aisément du lot, ces pseudos animaux de compagnie sont un bijou de technologie, de véritables armes dangereuses sous des airs d’animaux tendres et affectueux. Il y a presque quelque chose de chimérique dans toute cette technologie. A travers tout ça, l’auteur pose évidemment des thèmes et ouvrent à la réflexion, d’un côté la technologie s’avère magnifique et indépendante, et nettement moins dangereuse seule que gouvernée par les hommes, d’un autre la nature, amadouée, transformée en arme, surexploitée par l’homme en perd toute son innocence et sa fraîcheur, là encore l’intervention humaine vient tout détruire, on y voit donc l’idée que l’intervention humaine est bien souvent plus néfaste que bénéfique sur l’un comme sur l’autre.

Du côté des personnages, Dévoreur est le héro du roman, toutefois s’il a quelque chose de profondément humain, un caractère plutôt bien dépeint et des interrogations propres à tous, il n’en manque pas moins de charisme et de nuances, une attitude immature, un peu trop spontanée, viennent entacher un potentiel énorme, car le personnage est surprenant, recèle bien des secrets et tente de se construire ou du moins se reconstruire à travers cette aventure, une quête d’identité perdue par ce « dévoreur » qu’il est devenu. Il perd aussi en saveur face à un autre personnage, Laurée, un personnage fort, qui s’impose rapidement, et qui pour le coup réserve son lot de surprises et de révélations, là encore on a un personnage perdu, qui cache des choses, qui se cherche et qui cherche une place dans cette vie où le passé lui a été imputé et imposé par l’un des siens. Encore une fois, la thématique de la quête de soi, d’une identité, d’être et d’exister en tant que personne à part entière prédomine. Ensuite, il y a l’équipe de contrebandier, Natalia et toute sa clique de cosaques ; Dimitri, Dunya, Boleslav, Fiodor, absolument géniaux, forts en gueule et en charisme, une vraie famille, des hommes et des femmes libres, sans partie pris et qui emmerdent royalement les uns comme les autres, les lois et la légalité. Il y a aussi Catherine, la marraine de Dévoreur / Innocent, un personnage froid et calculateur, dont on a beaucoup de mal à définir les objectifs, si elle est du bon ou du mauvais côté, un personnage très antagoniste. D’autres personnages secondaires ont aussi leur importance, il faut dire que l’auteur les a particulièrement soignés, les a rendu crédibles avec leur lot de casseroles à traîner et leur attitude plus « héroïque » dans l’aventure.

A partir de là, l’auteur plante un décor d’après réchauffement climatique, à l’aube d’une guerre imminente pour aventurer ses personnages à travers des rebondissements et des révélations qui viennent maintenir notre intérêt tout au long du récit. On vit là une aventure des plus palpitantes et surtout dépaysantes traversant une Europe métamorphosée et gangrenée par des idéologies extrêmes. Un reproche que l’on peut faire, c’est qu’il y a un contraste entre un fond et un univers fouillé et une intrigue légèrement moins soignée. Pourquoi ? Tout simplement, parce que les dénouements des fils d’action ou les moments d’intrigues sont souvent vite balayés par des solutions plutôt faciles et des chutes rapides, il y avait là matière à encore nous en dire davantage et à faire preuve d’autant plus d’imagination. Il nous reste toutefois, une évolution plus qu’attractive de certains personnages et une fin des plus surprenante à laquelle on ne s’attend pas forcément mais qui finit sur une note d’espoir. L’auteur écrit tout ça d’une jolie plume, un style maîtrisé plutôt agréable à lire et détaillé dans le monde dans lequel il nous immerge.

En bref, un univers très fouillé où se heurtent technologistes et écologistes permettant à l’auteur de véhiculer des idées sur les uns et les autres et où l’homme n’a pas le plus beau des rôles, des personnages charismatiques et forts, même si le héros se fait manger la vedette par les autres, il y a là toute une notion d’identité mais aussi d’amitié, d’amour, de pardon, de valeurs humaines prépondérantes, tout ça dans une aventure incroyable à travers une Europe qui n’est plus la notre. Petit bémol pour certaines facilités dans l’intrigue mais le roman est tout même plutôt réussi et on ne peut que souligner l’imagination de l’auteur !
 
 
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Honor Harrington
Posté le 16 juin 2017 par Spyro1
Ben depuis ils sont passé a lune autre guerre, je pense que ce tome cloturerait celle là, ensuite après une 30 aine d'années de guerre ininterrompue, le sel de la série se perdrait un peu a mon sens [...]