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  • La Dentelle du Cygne

Jack Campbell

Indomptable

Indomptable

Date de parution : juin 2008

Série : La Flotte perdue
Livre : 1

Traduit par : Frank Reichert
Illustrateur : Didier Florentz


ISBN13 : 9782841724062

Nombre de pages : 384
Prix : 19,00 €
État : épuisé

Un siècle après sa défaite et sa disparition dans un combat spatial, le capitaine John Geary se réveille à bord d’un cuirassé dont il ne reconnaît ni l’équipage ni les coutumes. On lui apprend qu’on l’a récupéré dans une capsule d’hibernation.

Il prend peu à peu conscience que la guerre à laquelle il participait et qui opposait deux blocs de la Galaxie, le Syndic et sa propre Alliance, perdure au bout de cent ans. Les belligérants ne sont pas loin d’être à genoux. La dernière manœuvre de l’Alliance, qui se voulait décisive, a totalement échoué, et sa flotte, déjà décapitée par le Syndic, est menacée de destruction totale. Or John Geary se rend compte que son dernier geste de résistance à l’ennemi, cent ans plus tôt, a fait de lui une figure de légende : l’héroïque « Black Jack » Geary, révéré, adulé par toute l’Alliance. Ce Rip Van Winkle du futur se voit bien malgré lui confier le sort de la flotte et, partant, celui de l’Alliance. En dépit de sa réticence et de l’écœurement que lui inspire l’idolâtrie dont il est l’objet, aura-t-il la force de ramener vers sa lointaine patrie l’armada de bâtiments blessés dont il est désormais responsable, avec la clef de l’hypernet du Syndic, atout majeur de cette guerre, cachée à bord de l’Intrépide, son vaisseau amiral…?

Un récit nerveux et palpitant, avec de vrais personnages, d’une qualité comparable aux premiers Honor Harrington. Le meilleur du space opera militaire.
  • Revue de presse
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Campbell - Indomptable - Les Chroniques de l'Imaginaire
Posté le 23 juillet 2008 -
(...) Outre l'aspect guerrier de l'action, familier et même nécessaire à tout amateur de space opera, on trouve dans ce roman, et c'est son plus grand mérite sans doute, une réflexion sur la façon dont la haine de son ennemi, jointe à une longue fréquentation, produit une sorte de mimétisme, à tel point qu'après un siècle de combat, les deux belligérants finissent par quasiment se confondre.
Par ailleurs, le personnage principal, finement décrit, donne bien à comprendre comment le mythe du héros peut être dangereux, mortifère, pour la personne concernée, et pour ceux-là même qui le révère, en les poussant à adopter des comportements  totalement inadaptés à la situation réelle où ils se trouvent.
Enfin, les relations entre les personnages sont intéressantes aussi, et l'action est soutenue. En somme, un roman qui se lit, à plus d'un niveau, avec un grand plaisir, et dont on attend la suite avec impatience.
 
Mureliane, Les Chroniques de l'Imaginaire, 15 juillet 2008 
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Campbell - La flotte perdue - Solaris
Posté le 09 juin 2009 -
Voici le premier tome d'une série qui plaira énormément à ceux pour qui poursuites, combats spatiaux et astronefs suffisent à rendre bonne une histoire. Ceux qui aiment les combats qui s'étendent sur des pages et des pages, avec une description presque en « temps réel » apprécieront, et je dois avouer avoir trouvé intéressante la manière dont les concepts relativistes sont intégrés à l'histoire (notamment dans les délais de communication entre les vaisseaux, ce qui cause avantages et désagréments au moment de combattre à travers tout un système). L'écriture de Campbell, dénuée de tout superflu, convient bien à la description d'une bataille. Si vous êtes un lecteur plus exigeant, vous pourriez toutefois, je crois, rester sur votre faim. Pour moi en effet, la présence d'un héros, de bons et de méchants qui se bagarrent et se poursuivent pour la possession d'un objet mystérieux ne suffit pas à m'intéresser totalement à une histoire : je veux savoir qui sont les gens, pourquoi il y a une guerre, quels sont les idéaux des antagonistes, etc. Certains sont du genre « on se fiche du pourquoi et du comment, tant qu'il y a de l'action ». Ça ne me satisfait pas. La cause de la guerre entre l'Alliance et les mondes syndiqués n'est pas clarifiée de tout le roman – cette question semble être élucidée dans les autres tomes de la série, mais ici elle est éludée au profit des combats spatiaux et des fuites dans l'hyperespace. Les scènes d'action - bien décrites comme je l'ai dit - m'ont semblé trop longues : toutes les minutes des combats et des tractations entre Geary, les capitaines de sa flotte et l'ennemi sont rapportées dans le moindre détail, avec pour conséquence que la fuite de la flotte de l'Alliance, qui constitue le départ du roman, s'étend sur le quart de celui-ci. Au lieu de susciter une montée d'adrénaline, cela m'a lassé et j'ai succombé à la tentation de la lecture en diagonale. Il me semble qu'on aurait pu resserrer cette longue séquence pour aller à l'essentiel, mais ceux qui aiment les descriptions pointues de manœuvres militaires y trouveront leur compte.Enfin, même si la narration est alignée sur le personnage de Geary, on ne montre pas assez à mon goût son désarroi face à sa longue absence. Quelques flash-back auraient permis de mieux saisir ses idéaux, son passé, ce qu'il a perdu, nous faisant ainsi partager son drame de manière plus efficace. Mais ces aspects sont plutôt délaissés au profit de l'action. Les mordus de combats spatiaux seront contents.

Philippe-Aubert CÔTÉ, Solaris, hiver 2009


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Campbell - La Flotte perdue - Original Platypus
Posté le 20 janvier 2010 -

Vous avez aimé Starship Troopers? Battlestar Galactica est votre série culte? Cet article s’adresse à vous, jeunes padawans en manque d’aventures aux confins de la Galaxie. Jack Campbell vous met au commande d’une armada entière de vaisseaux… Que demander de plus ?

A la veille de 2010 un sinistre constat s'impose. Nous n'allons pas être la génération qui va conquérir les étoiles. Aux dernières nouvelles la NASA se contente de bombarder la lune pour y déceler la présence d'eau, et la dernière intervention sur la station spatiale internationale aurait pour but d'en déboucher les toilettes... Où sont donc passés nos rêves d'enfants peuplés de cités spatiales, et d'atterrissages sur des planètes exotiques. Avons-nous été trop bercés par l'illusion Star Wars? La nuit pourtant la voute céleste reste la même. L’univers et ses astres nous attendent.

Il ne nous reste dès lors que quelques moyens de les conquérir de nos vivants. Jeux vidéo et cinéma sont des bons vecteurs. L'amélioration des effets spéciaux, et l'efficacité des images virtuelles cachent cependant trop souvent le peu de profondeur des univers ainsi créés et qui manquent parfois cruellement de variété. Ce qui nous laisse la littérature de science fiction, un sous-genre pour nombre de critiques littéraires. Un échappatoire salutaire pour de très nombreux lecteurs, qui d'Isaac Amisov à Dan Simmons, se sont laissés transporter des centaines d'années en avant.

Un de ces auteurs retient particulièrement l'attention. Il s'agit de l'américain John G Hemry, qui n'était jusqu'à présent pas traduit en France. Le succès outre-Atlantique de sa saga La Flotte Perdue, a convaincu l'éditeur l'Atalante de nous faire profiter des aventures de son héros John "Black Jack" Geary, qu'il a écrit sous le nom de plume de Jack Campbell. Capitaine de la flotte de l'"Alliance", John Geary a un parcours atypique. A l'issue d'un combat désespéré avec l'avant-garde de la flotte des "Mondes Syndiqués", il parvient à s'échapper dans une capsule d'hibernation. Il ne se réveillera que bien plus tard à bord d'un Cuirassé de son monde natal. Un siècle s'est écoulé durant lequel l'humanité s'est entre-déchirée, les protagonistes de cette guerre radicalisant leurs positions, les flottes de vaisseaux s'affrontent partout dans la galaxie, et des mondes colonisés disparaissent sous un déluge de bombes. Objet d'un véritable culte depuis sa disparition, "Black Jack" est propulsé à la tête d'une escadre entière, infiltrée au cœur des lignes ennemies. Tacticien hors pair, leader naturel, l'homme rejoint bien malgré lui sa propre légende, et devra se défier tant des manœuvres des Syndics, que de la dévotion de ses propres troupes.

Dans une série de six livres l'auteur plante le décor d'un space opéra qui n'est pas sans rappeler celui de la série des Honor Harrington de David Weber. Les batailles spatiales, épiques, sont prenantes, et le livre est rythmé (trop peut être), par le départ des missiles et les tirs des lances à particules... Jack Campbell n'oublie pas pour autant de dresser le portrait d'un homme confronté à la solitude du commandement et surtout à son propre mythe.

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Campbell - La Flotte Perdue Indomptable - xbee
Posté le 16 septembre 2011 -
Je ne vous rabâcherai pas la définition du space-opera mais je cherchai depuis quelque temps une alternative à la série Honnor Harington que j'ai dévoré. En effet, retrouver un univers aussi bien construit et réaliste n'est pas facile comme certaines de mes tentatives me l'ont montré.
 
C'est donc sans grande illusion que j'ai commencé cette série et je dois dire que j'ai été agréablement surpris. Campbell n'a pas la précision quasi militaire dans ses descriptions des combats spatiaux de Weber mais reste néanmoins assez crédible dans les technologies misent en jeux et leurs utilisations. Ajoutons à cela, un environnement politique et hiérarchique bien décrits et vous obtenez une saga tout-à-fait plaisante à lire.
 
Campbell nous plonge directement dans l'action car notre héros, le Capitaine « Black Jack » découvert par hasard dans un module d'hibernation, se réveille en pleine bataille et son camp, l'Alliance, est loin d'avoir l'avantage. Circonstance particulière, durant sa « mort » présumée, l'Alliance en a fait une légende posthume et notre Capitaine va avoir du mal à endosser le costume trop grand taillé pour lui.
 
De l'action, de la politique, de la psychologie, voilà donc une série qui se laisse lire sans déplaisir !
 
xbee
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Campbell - La Flotte perdue - repub33k.fr
Posté le 27 janvier 2015 -

Tout d’abord, c’est de la science-fiction militaire pure et dure. On va vous parler de mouvements de flotte, de niveau de carburant et de munitions. Mais le plus gros effort de l’auteur a été de le rendre le plus réaliste possible. J’entends par là qu’il a réfléchi à ce que des vitesses proches ou au-delà de la vitesse de la lumière signifient en terme de vision, que les phases d’accélération ont des influences sur la perception des instruments de mesure  et (pour les plus pointilleux d’entre vous) on a réellement l’impression de voir évoluer une flotte en trois dimensions.

A côté  de cet éventail technique s’ajoutent de nombreux personnages qui apportent tous quelque chose au récit, même si c’est parfois un peu pataud. Je pense par exemple au personnage de la politicienne qui n’y comprend rien en termes de stratégie et qui permet à l’auteur de s’épancher sur tel ou tel aspect du combat spatial. Le personnage principal est extrêmement intéressant puisqu’il est en constante compétition avec la figure héroïque et quasi-mythique que l’histoire a retenu de lui et qu’il en vient à détester. Il doit aussi gérer une adulation aveugle de la part d’une partie de la flotte, un respect durement gagné de la part d’une autre et une haine profonde pour une troisième.

Enfin, Campbell pose une question très simple : comment peut évoluer une société en guerre depuis plus d’un siècle ? Les officiers et marins que récupère Geary n’ont plus que leur courage pour aller se battre. La moindre notion de stratégie est sacrifiée au profit d’une glorieuse charge vers une mort certaine. Les tactiques de combat se résument à : « on amasse une quantité x de vaisseaux, on les regroupe et on charge tout droit en espérant que ça passe. ». La guerre continue ne permet pas de former complètement les recrues et beaucoup d’entre elles ne survivent pas à leur première affectation. Les équipages n’ont pas le temps de s’acclimater à leurs bâtiments, ainsi de suite, et c’est la même chose des deux côtés. Geary doit donc leur réapprendre à se battre de manière intelligente et leur rappeler que la barbarie n’est pas une solution viable. Les deux sociétés étaient en effet sur la pente descendante du : « s’ils le font, pourquoi pas nous. ». Cela passe par exemple par la non destruction des cibles civiles et le pillage du strict nécessaire. Le besoin en ravitaillement donne d’ailleurs lieu à une scène cocasse : après avoir ravitaillé ses vaisseaux, Geary se rend compte que ça ne suffit pas. Quand il demande à l’ingénieur en charge, ce dernier lui répond que les flottes ne sont pas censées conserver autant de vaisseaux suite à des engagements de grande ampleur…

Conclusion : "La Flotte Perdue" est un très bon cycle de SF militaire qui saura contenter les plus exigeants d’entre vous.

Moridin, repub33k.fr

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Campbell - La flotte perdue - Canard Pc
Posté le 29 août 2016 -
Je viens de lire la flotte perdue de Jack Campbell, enfin les 6 1ers tomes qui forment le premier arc. Je m'attaque à a suite illico.

On a des batailles spatiales réalistes un peu à la Honor Harrington où les flottes adverses échafaudent des stratégies à plusieurs heures-lumières de distance avant de se rentrer dans le lard

Le pitch est pas mal du tout, on a deux factions adverses qui sont en guerre depuis un siècle. Elles se battent depuis si longtemps que c'est tout juste si les marins savent que les navires peuvent se battre en formation pour être plus efficaces, et ils ont depuis longtemps pris l'habitude de charges héroïques quasi suicidaires qui déciment à peu près autant leurs navires que ceux de l'ennemi, lequel n'est gère plus subtil.

Alors que la flotte de l'alliance a été prise au piège dans un traquenard qui pourrait bien signer sa défaite, l'alliance remet aux commandes un commandant de légende que tout le monde croyait mort cent ans plus tôt mais qui avait survécu à la destruction de son vaisseau en hibernation dans sa capsule de sauvetage. Or il se trouve que le dit commandant, à la différence de ses compatriotes, non seulement se rappelle encore qu'il faut enfiler son slip avant son pantalon mais, surtout, sait comment manœuvrer efficacement une flotte de combat.

Alors que la flotte est piégée en plein territoire ennemi et que sa destruction paraît inéluctable, il entreprend de la ramener chez elle, un très long voyage en plein territoire ennemi où la gestion au quotidien de sa flotte lui posera à peu près autant de difficultés que les vaisseaux ennemis.

Au début, j'ai un peu tiqué sur le scénario, en me demandant comment des militaires aussi obtus avaient pu résister durant un siècle aux syndics, la faction adverse (une sorte de conglomérat de mégacorpos ultra capitalistes qui, par leur côté collectiviste, ressemblent aussi un peu paradoxalement à des superscommunistes du futur). Au fil de la lecture, on comprend vite que le status quo s'explique en grande partie par le fait que les militaires de la faction adverse ne sont guère plus futés non plus.

Les bouquins traitent aussi d'autres thèmes, tels que de la dérive de la démocratie en temps de guerre, des luttes politiques, de la déshumanisation des militaires et des civils après une guerre interminable...

On a donc quelque chose de bien sympathique, un mélange de galactica / honor harrington / ulysse 31 où une flotte tente de rentrer alors que sa situation semble désespérée, et où l'on découvre, au fil des bouquins, l'existence d'un 3ème larron qui pourrait bien être à l'origine de cette guerre...

Bref je conseille.
 
Philbrizo
Forum CanardPC
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Campbell - Indomptable - Lorhkan
Posté le 19 septembre 2016 -
Alors oui, très clairement, on est dans du divertissement. Pas de réflexion sur ce qui définit l’humain, pas de pensées philosophiques sur le sens de la vie. Non, Jack Campbell (pseudonyme de l’auteur John G. Hemry) est un ancien officier de la Marine américaine, et à ce titre met ses connaissances au service d’un récit de space-opera militariste (car les récits de space-opera et les récits maritimes ont beaucoup en commun).

Et du coup, il ne cherche pas midi à quatorze heures : un seul point de vue, celui du personnage principal, John Geary, rescapé d’une débâcle et qui a erré, congelé, dans une capsule de survie durant un siècle avant d’être secouru quelques jours avant le début du roman. Entre temps, il est devenu un héros légendaire au sein de l’Alliance, et surnommé « Black Jack » Geary. Il se retrouve un peu au hasard aux commandes de la flotte qui l’a secouru alors que les officiers de celle-ci partent négocier une reddition suite à un assaut manqué contre leur ennemi le Syndicat. Sauf que le Syndicat n’a pas envie de négocier, et zigouille tous les officiers. Du coup, Geary n’a d’autre choix que de trouver une solution pour s’échapper. Problème : la flotte est en plein territoire ennemi et la porte de sortie est totalement hors d’atteinte, protégée par une flotte hostile et massive.

Un seul point de vue donc, et une narration très linéaire, bref, du brut de décoffrage. Mais c’est ce que je cherchais à ce moment précis, donc je n’ai pas de problème avec ça. Je voulais un récit direct avec plein de piou-piou et de boum-boum dans l’espace. Et c’est ce que j’ai eu, un peu. Un peu car certes certains longs chapitres se concentrent sur des manœuvres à grande échelle de la flotte qui donne son nom à la saga (la flotte perdue pour ceux qui ne suivent pas), mais finalement je n’ai pas vraiment eu les grandes batailles à suspense pleines de destruction et de victoire sur le fil que j’attendais. Mais je ne peux pas développer sur ce point sans spoiler donc je n’irai pas plus loin.

[...]

Ceci dit, même si le lecteur n’aura pas forcément besoin de tous ses neurones au top de leur forme pour suivre l’intrigue, on en a quand même pour son argent […], parce que quand même, les batailles spatiales, c’est vachement cool. Et puis faut être honnête, quand on regarde une série de space-opera avec un vrai propos (citons « Star Trek », « Babylon 5 », « Battlestar Galactica »…), on est quand même content quand ça se bastonne un peu à coup de croiseurs de l’espace, de corvettes ou de frégates, hein ? (et là, vous voyez le rapport avec le côté maritime ?)

Et pour finir, il y a tout de même un point qui ajoute un peu de profondeur au tout. Le fait que Geary soit en décalage par rapport au reste de la flotte puisqu’il a été congelé dans sa capsule de survie pendant un siècle le rend intéressant. Les militaires ont changé, leurs méthodes ont changé (quand bien même on pourrait trouver étrange le fait qu’ils ont oublié certaines manœuvres, les manuels militaires n’existent plus à leur époque ?), et Geary se rend bien vite compte que cette guerre n’est plus qu’un immense charnier ou la balance ne penche que du côté de celui qui a la plus grosse flotte et fait le plus de victimes, jusqu’à la bataille suivante. Pas de tactique, pas de stratégie, ça fonce dans le tas, avec de jeunes officiers qui ne font pas long feu. Du coup, il y a un certain côté apprentissage dans ce roman (qui évite de justesse l’aspect paternaliste genre « vous devriez plus souvent écoutez vos aînés, les jeunes ! » puisque justement Geary est plus jeune en âge relatif que d’autres personnes de la flotte) qui n’est pas forcément déplaisant, d’autant plus que John Geary va aussi devoir « lutter » contre sa réputation de légende, réputation qui est peut-être un brin exagérée et qui lui pèse, mais qu’il devra tout de même utiliser à bon escient pour relever le moral d’une flotte désespérée. Autre point positif : une présence féminine non négligeable aux postes clés de la flotte, c’est toujours ça de pris.

En résumé, ceux qui veulent du space-opera militariste qui va droit au but mais qui offre aussi deux ou trois subtilités seront servis [...]. De mon côté, j’avoue avoir pris du plaisir au cours de cette lecture simple mais efficace, et du coup j’en redemande, en espérant que les quelques défauts vus plus hauts soient effacés, histoire d’avoir quelque chose qui prenne un peu plus d’ampleur.

 

Lorhkan

+
Campbell - Indomptable - Albédo
Posté le 17 octobre 2016 -

Une situation désespérée, une flotte perdue et acculée, agrémentée d’un héros décongelé, le roman possédait les atouts pour m’interpeller. Deux questions trottaient dans mon esprit. Comment, stratégiquement parlant, le commandant en chef allait-il échapper à ce guet-apens ? Comment Black Jack Geary appréhenderait-il les évolutions des mœurs, après un séjour d’un siècle dans la glace de sa capsule de survie.

Je me suis donc lancée dans l’aventure de La Flotte Perdue de Jack Campbell,  réputée bas du front et trop militariste. Un véritable amateur de SF ne pourrait apprécier ce sous genre de littérature, paraît-il… D’ailleurs, aimer La Guerre Éternelle de Joe Haldeman signifierait que l’on possède une disposition d’esprit ou des facultés intellectuelles qui sont incompatibles avec l’appréciation d’un tel produit.

J’ai adoré La Guerre Éternelle, Indomptable va-t-il me satisfaire ?

L’histoire militaire regorge de faits d’armes héroïques durant lesquels de petites unités ont tenu tête à des armées entières, ou des défaites annoncées qui se sont soldées par des victoires amères. Mais bien peu d’entre eux sont de l’ampleur présentée dans La Flotte Perdue. La Grande Retraite de Russie m’est venue spontanément à l’esprit, même si l’idée de Black Jack en réincarnation de Napoléon semble peu probable. Au-delà de vastes mouvements de repli et de harcèlements continuels, aucun autre élément ne rendait la comparaison judicieuse. Puis, la Retraite des Dix Mille de Xénophon –dont Jack Campbell s’est largement inspiré – a fini par s’imposer .

Lors de la bataille de Counaxa en Mésopotamie, Cyrus leva une armée forte de plus de 10 000 hommes afin de remporter un conflit décisif contre son frère. Ce fut une déroute. Les vaincus obtinrent des pourparlers qui se soldèrent par un guet-apens, Cyrus et ses principaux conseillers furent abattus. Les 10 000 se retrouvèrent en territoire ennemi et sans ressource, dans une situation désespérée. Xenophon prit le commandement après élection des nouveaux généraux et les ramena chez eux. Le récit de cette retraite est reporté dans L’Anabase de Xénophon.

La Flotte Perdue retrace en quelque sorte ces événements jusque dans les guerres intestines ; la troisième dimension, l’espace et les batailles spatiales en sus.

L’univers proposé se dévoile au fur et à mesure des temps morts et des tomes. Un conflit long de plus d’un siècle oppose deux blocs antagonistes (encore — un reflet de la triste réalité), l’Alliance et le Syndic. Vous en donner les raisons reviendrait à déflorer la trame mise en place par l’auteur et la découverte de cette civilisation solide, bien que classique et sans grande originalité.

L’intérêt premier se concentre essentiellement autour de Black Jack Geary, ce héros retrouvé après plus de cent ans dans sa capsule de survie, décongelé et totalement désorienté. Élevé au grade le plus haut à titre posthume, son ancienneté le place d’office à la tête de la Flotte. Du moins en théorie… Une distinction dont il va s’emparer contre l’avis de certains capitaines de vaisseau. Son aura, accentuée par la légende qu’il représente, lui permet de livrer et gagner sa première bataille : la confirmation à son poste de commandant en chef (toute ressemblance avec l’Anabase n’est sans doute pas fortuite). Oui, car la démocratie règne en maître dans cet univers.

Le conflit séculaire qui oppose le Syndic et l’Alliance a épuisé de nombreuses ressources dont une vitale : les hommes compétents. Peu à peu, stratèges et tacticiens des deux bords se sont entretués  laissant des populations exsangues et immatures. Le poil pousse à peine sur leur menton, que les officiers prennent la barre de mastodontes d’acier tout autant novices qu’eux (construits à la va-vite). Inutile d’insister sur la classe d’écart qu’il existe entre ces commandants en herbe et Black Jack Geary concernant l’art de la guerre.

Le lecteur profite-t-il ainsi de scènes assez cocasses devant l’atermoiement de certains et l’incrédulité de Jack. L’auteur souligne aussi par ce procédé classique l’importance de l’expérience et la nécessité d’un chef dans les moments clés.

Ce n’est pas de la Hard-SF, nous sommes vraiment dans le space opera militaire dont un des tenants du genre est la saga Honor Harrington. Jack Campbell est un ancien officier de la Navy, ses compétences et son œil d’expert transparaissent dans la maîtrise des codes martiaux, l’agencement des conflits, et les tensions liées aux combats. Les batailles – nombreuses – sont bien décrites et convaincantes, tout comme le rythme suffisamment enlevé pour ces récits.

Effectivement, les amateurs de SF spéculative et neuronale n’y trouveront pas leur compte, mais ce n’est pas l’ambition du roman (ni de l’auteur). Par contre, les lecteurs qui cherchent un bon space opera avec de l’action, des accrochages spatiaux et de l’humour devraient être comblés.

J’ai particulièrement apprécié (sur la série) de retrouver une interprétation de l’Anabase de Xénophon, et le traitement de la situation de Jack Geary.

 

Albédo

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Le samedi 16 et dimanche 17 février, venez rencontrer Johan Heliot à la Foire du livre de Bruxelles.
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L’Atalante, 30 ans au compteur
Posté 11 février 2019 -

« Au départ une petite librairie de 15m2 spécialisée dans le cinéma au cœur de la ville de Nantes. Puis la librairie s’agrandit et devient édition, et du cinéma passe à l’imaginaire et à la science-fiction. C’est d’abord un catalogue étranger, dont une prise de guerre qui lui permet de se consolider : Terry Pratchett et sa saga du Disque-monde. Puis peu à peu des auteurs français, et non des moindres : Pierre Bordage avec sa trilogie des Guerriers du silence, Roland Wagner, Serge Lehman et maintenant Catherine Dufour. En 30 ans, L’Atalante est devenue l’un des piliers de la SF en France. C’est son anniversaire que nous fêtons aujourd’hui. »

Nicolas Martin, La Méthode scientifique sur France Culture – 26/01/2019

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Manuscrits
Posté 21 janvier 2019 -

Et la session de l’an passé ?

En 2018, nous avons reçu 885 manuscrits lors de l’ouverture de notre session annuelle de janvier, changement de méthode dont nous sommes satisfaits. Nous y avons trouvé une plus large proportion de fantasy (50 %) que de science-fiction (40 %) et assez peu de fantastique (10 %), sans compter les inclassables…
Plusieurs textes nous ont semblé prometteurs, mais souvent il leur manquait un petit quelque chose pour être publiables. N’hésitez pas à persévérer, à retravailler vos textes ou à en écrire d’autres. Faites-vous plaisir, surtout.
Un dernier conseil, le plus important selon nous : lisez ! Inspirez-vous, baignez dans les récits de vos prédécesseurs. Pierre Bordage, Michael Moorcock, Guy Gavriel Kay, Orson Scott Card, Ursula K. Le Guin, Jean-Marc Ligny, Becky Chambers pour n’en citer que quelques-uns. Il y a l’embarras du choix.

Lors de cette session, merveille !, nous sommes tombés sur une pépite. Il s’agit d’un roman de fantasy historique revisitant un mythe soufi. Il nous emmène en terres franques, en Syrie et en Irak. L’écriture de l’autrice est bouleversante tant par son érudition sur le sujet que par sa galerie de personnages fabuleux, tous uniques et ancrés dans leur époque et leur culture. Nous sommes heureux de bientôt publier L’Appel des Quarante, le premier opus de "La Rose de Djam", par Sandrine Alexie
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L'Atalante
Posté 21 janvier 2013 -

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