La solution s’appelle Tom Stein. Tom est un jeune, brillant et ambitieux agent d’artistes à Hollywood, fin négociateur et organisateur de plans de carrière. À lui de s’y coller, de préparer le terrain, d’imaginer par quel biais opérer la rencontre des deux espèces à leur profit mutuel. De concevoir le plan de com’ adéquat.
Un défi à la mesure de la verve de John Scalzi, l’auteur du Vieil Homme et la guerre.
Dans Martiens Go Home ! de Fredric Brown, Luc Devereaux écrivain de science-fiction en panne d'inspiration donnerait cher, très cher, pour se débarrasser de ces petits martiens verts qui ont pris le parti de s'attaquer à l'humanité en lui rendant la vie impossible : farces, blagues, immiscions impromptues dans la vie de tous les jours, divulgation de vérités pas toujours bonnes à entendre... et j'en passe. Un chef-d'oeuvre de science-fiction humoristique dont l'impact ne se dément pas avec le temps, le rire étant toujours au rendez-vous.
John Scalzi, l'auteur très remarqué du Vieil homme et la guerre, a quant à lui opté pour une approche inverse. Dans sa propre version d'une rencontre humains / extra-terrestres ou la veine humoristique est ici aussi hautement revendiquée, c'est par la discrétion que les Yherajks – c'est leur nom – entendent bien entrer en contact avec les Terriens. Car après avoir capté les ondes radio et télévisuelles provenant de notre planète - autant d'informations parcellaires, contradictoires et, il faut bien le dire, déroutantes sur notre façon de vivre et de nous comporter - leur intérêt à notre égard a est allé en grandissant. Pour autant, la chose est loin d'être aisée, même si leurs intentions n'ont rien de belliqueuses. Car les Yherajks ne sont – comment dire ? - pas d'un abord très... enfin... bon, pour faire simple, disons qu'ils sont moches, très moches et qu'ils puent à un point inimaginable. Pour être approximatif, ils ressemblent à ces blobs gélatineux apparus dans les films d'horreur dans le but de distribuer leur dose de frisson aux spectateurs en quête de sensations fortes. C'est là en tout cas une raison suffisante, vous en conviendrez, pour qu'ils décident de passer par l'un des plus gros cabinets d'imprésarios d'Hollywood afin que le premier contact se fasse en douceur. Et c'est à Tom Stein, agent plein de ressources, de finesse et de bagoût qu'échoue cette mission des plus périlleuse et délicate.
John Scalzi n'a rien, mais alors vraiment rien à envier à un Fredric Brown ou un Douglas Adams pour ce qui est de faire rire. L'exercice est assez difficile en lui-même et John Scalzi a donc d'autant plus de mérite qu'il tient sur la longueur. Il y a en tout cas des indices qui ne trompent pas. Et j'avoue que ça faisait bien longtemps que de tels éclats d'hilarité n'avaient pas jailli ainsi au cours de mes lectures depuis bien longtemps... depuis les enquêtes de Mma Ramotswe si je me souviens bien.
Et là où Sclazi est vraiment très fort, en plus de sa faculté à se renouveler, c'est qu'il ne bascule jamais dans un absurde débordant. Il donne à son univers une cohérence folle, lui permettant ainsi de faire preuve d'une authentique sensibilité aux moments clés de l'histoire.
Allez, ne traînez plus ! Les Yherajks vous attendent... Je vous souhaite en tout cas un aussi bon contact que le mien, et surtout ne vous étonnez pas si dans le train, à la sécu, à la préfecture où bien ailleurs, on vous regarde bizarrement après un gros éclat de rire. Au mieux on vous demandera ce que vous lisez...
Pardon ? Pour trouver les Yherajks ? Oh, rien de plus simple, laissez votre flair agir.
C'est au moment où il vient d'obtenir un contrat juteux (douze millions et demi de dollars, quand même !) pour Michelle Beck, sa meilleure cliente, que Tom Stein est convoqué chez son patron, Carl Lupo. Après lui avoir posé quelques questions, sans queue ni tête, ni logique aux yeux de Tom, il lui révèle que le contenu puant de l'aquarium posé sur le bureau n'est autre qu'un Yherajk, c'est-à-dire un extra-terrestre, intelligent, pacifique, curieux des humains... mais qui ressemble à un gros tas de glaire qui aurait macéré dans une décoction de boules puantes. Tout le monde en est bien conscient : une bonne campagne de communication s'avère impérative.
Carl offre à Tom de s'en charger, et celui-ci accepte immédiatement, sans réfléchir aux quelques difficultés qui pourraient se présenter : il a juré le secret, même vis-à-vis de son assistante, Miranda, qui ne le prend pas vraiment bien ; le journaliste Jim van Doren, à qui il ne peut évidemment rien dire non plus, le croit fou ou drogué ; les clients qu'il refile à un jeune agent ont tendance à partager cette opinion.
Vraiment, Scalzi sait raconter une histoire. L'idée de départ, à savoir qu'il vaut mieux, pour des ET qui ne correspondraient pas exactement à nos étroits canons de beauté humains, avoir un bon imprésario avant d'aller toquer à la porte de quelque gouvernant que ce soit, a une sorte de logique hollywoodienne. Sous ses dehors loufoques, ce roman est fort bien construit, avec des personnages sympathiques. Bien sûr, c'est une pochade, un clin d'oeil aux poncifs du genre, surtout dans sa forme visuelle, mais il ne s'agit pas de bouder son plaisir pour autant.
Mureliane - Les chroniques de l'imaginaire
Tom Stein est un impresario d'Hollywood.
Brillant, et ambitieux, il officie dans l'agence de Carl Lupo. Un jour,
celui-ci lui demande de concevoir un plan de communication
improbable. Les Yherajks, pacifiques extraterrestres, veulent
contacter les terriens. "Seuls" problèmes : Ces extraterrestres
ressemblent à des masses gélatineuses impropres. Leur langage est en
plus, olfactif. Pour discuter, ils envoient des odeurs. Plus ça
discute , plus l'odeur est épouvantable! Carl, contacté par les
Yherajks, demande à Tom de mettre de côté son
portefeuille d'artistes, et de s'occuper de leur émissaire: Joshua.
Tom se trouve alors face à deux problèmes : Gérer les artistes qui ne
sont guère faciles et occuper une masse gélatineuse
puante, le temps de trouver une solution. Ca aurait pu être
facile...
Les extraterrestes qui nous contactent, c'est classique. N'importe
quel lecteur adepte d'imaginaire a levé la tête en se disant :"Et si.." .
La littérature, le cinéma et d'autres médias se sont
emparés de ces rencontres, amicales, improbables, voire guerrières.
John Scalzi prend des côtés classiques des rencontres: "L'enlèvement",
les Yherajks qui se renseignent sur nous, la moralité de
la race... Il rajoute une dose d'humour non-sensique, et dresse un
portrait au vitriol de la communauté d'Hollywood. Résultat : Qui sont
les extraterrestres ? Les Yherajks ? Gentil peuple de blob
puants ou ces artistes, condescendants, sûrs de leur talent, et
juste invivable? Imprésario du troisième type fait rire, et montre la
vanité d'Hollywood envers elle-même! En bonus, John Scalzi
raconte la construction du roman; celui-ci s'étant fait sur
plusieurs années.
Le coup de coeur de Mathieu : Roman de science-fiction humoristique qui n'est pas sans rappeler le Martiens go home ! de Fredric Brown, même si les relations avec les extra-terrestres sont ici moins houleuses que dans son glorieux aîné. Le jeune impresario Thomas Stein est chargé par son patron d'un travail un peu particulier : prendre en charge le plan de communication d'une race extra-terrestre souhaitant établir des relations pacifiques avec la Terre. Tout n'ira pas sans heurts cependant, car cette race est dotée d'une forme de blob et dégage une odeur pestilentielle, problématique lorsque l'on cherche à rassurer l'humanité sur ses bonnes intentions. Le style de Scalzi sert admirablement son propos, les dialogues étant ciselés et purement jouissifs. L'action a majoritairement lieu dans le microcosme hollywoodien, occasion de nombreuses piques à l'encontre des stars et surtout des cancans qui circulent dans cette industrie. Un livre très réussi qui se dévore.
Coup de coeur 2011 du collectif de science-fiction des bibliothèques de prêt de la ville de Paris
C'est au moment où il vient d'obtenir un contrat juteux (douze millions et demi de dollars, quand même !) pour Michelle Beck, sa meilleure cliente, que Tom Stein est convoqué chez son patron, Carl Lupo. Après lui avoir posé quelques questions, sans queue ni tête, ni logique aux yeux de Tom, il lui révèle que le contenu puant de l'aquarium posé sur le bureau n'est autre qu'un Yherajk, c'est-à-dire un extra-terrestre, intelligent, pacifique, curieux des humains... mais qui ressemble à un gros tas de glaire qui aurait macéré dans une décoction de boules puantes. Tout le monde en est bien conscient : une bonne campagne de communication s'avère impérative.
Carl offre à Tom de s'en charger, et celui-ci accepte immédiatement, sans réfléchir aux quelques difficultés qui pourraient se présenter : il a juré le secret, même vis-à-vis de son assistante, Miranda, qui ne le prend pas vraiment bien ; le journaliste Jim van Doren, à qui il ne peut évidemment rien dire non plus, le croit fou ou drogué ; les clients qu'il refile à un jeune agent ont tendance à partager cette opinion.
Vraiment, Scalzi sait raconter une histoire. L'idée de départ, à savoir qu'il vaut mieux, pour des ET qui ne correspondraient pas exactement à nos étroits canons de beauté humains, avoir un bon imprésario avant d'aller toquer à la porte de quelque gouvernant que ce soit, a une sorte de logique hollywoodienne. J'ai longtemps pensé que le long monologue de Carl, après un début très enlevé, était à la fois trop long et plombait inutilement l'histoire. Mea culpa, il n'a en fait rien d'inutile. Sous ses dehors loufoques, ce roman est fort bien construit, avec des personnages sympathiques. Bien sûr, c'est une pochade, un clin d'oeil aux poncifs du genre, surtout dans sa forme visuelle, mais il ne s'agit pas de bouder son plaisir pour autant.
Mureliane