Troisième volet d'un space opera en cinq tomes, "La Fraternité du Panca". L'humanité est en danger, et la Fraternité du Panca entreprend de la sauver en reconstituant une chaîne quinte, ou pancatvique ; le cinquième frère, le bout de la chaîne, mènera le combat final en bénéficiant de l'énergie des quatre autre maillons. Silf, devenu frère Kalkin, troisième maillon de la chaîne, doit gagner le lointain système de Gamma Bagvan situé dans le bras du Sagicar. Une jeune femme, Vilnéa, est lancée à sa poursuite.
Biblioteca, Paris
La Fraternité du Panca, une organisation secrète, entreprend de reconstituer la chaîne quinte car les espèces vivantes de la galaxie sont en danger d’éradication. Chaque frère, désigné par la Fraternité, doit transmettre, au suivant, son âmna, son implant mémoire. Le cinquième maillon devient alors une créature invincible capable d’affronter tous les périls. (...)
Pierre Bordage, avec La Fraternité du Panca, nous fait partager sa vision de l’expansion humaine, la diversité qui peut en résulter tant dans les structures sociales et politiques que dans le développement des populations, de leur mode de vie. Il privilégie cependant l’action au profit d’une intrigue ciselée, aux multiples ramifications prenant en compte les concepts fondamentaux du genre. À travers ses romans, il approche de façon pertinente la dimension du temps. Il s’attache à montrer la durée des voyages pour franchir les fabuleuses distances entre les planètes, les étoiles et autres astéroïdes où l’humanité a cru bon d’essaimer. (...) Il revient sur un de ses sujets préférés, l’étude des mythes, leurs fondements et leur fonction pour structurer des communautés humaines. Il fait dire à l’un de ses personnages : "On ne peut pas comprendre l’espèce si on ne s’intéresse pas à ses mythes. Il distille également, dans le cours de l’action, des notions morales, les grandes idées sur lesquelles s’appuient des religions. Pour animer son histoire, il construit des personnages d’une grande variété, apportant un soin presque maniaque à élaborer leur profil psychologique, leur caractère et leur apparence physique. (...) L’auteur s’amuse avec la linguistique, créant les mots qui qualifient parfaitement une situation ou un individu. (...)
Le space opera est quelque peu passé de mode chez les auteurs de SF. Il faut donc une certaine audace pour oser proposer un roman relevant du genre et encore plus de « culot » pour une série en cinq volumes de quelque 450 à 500 pages chacun. (Idem pour l’éditeur) Cela nécessite une solide imagination, une puissance créatrice peu commune et une capacité à renouveler ses situations et ses personnages. Ses capacités de conteur, son inventivité sans limites, permettent à Pierre Bordage de s’affranchir de toutes les contraintes pour donner le meilleur de ses histoires. Une fois encore, tel un Midas moderne, il transforme les sujets qu’il aborde en joyaux littéraires.
Serge Perraud, 25 Mars 2010, lelitteraire.com
Difficile de faire une critique d'un livre de Bordage sans de suite réviser un genre entier. De l'homme, on retient un être profondément humaniste et généreux, un ami avec lequel on ne fait pas que converser mais échanger des choses essentielles également. De l'auteur, on retient une singularité narrative qui est de jouer dans le registre populaire avec une insouciance infantile et pourtant communicative, tout en innovant dans un registre plus sérieux de la SF au moyen d'un romanesque mobilisé par un important travail linguistique faisant la part belle aux dialogues, mais à ces dialogues où apparemment tout se dit, où c'est l'homme et la femme qui toujours sont au centre de ce monde.
Le monde de Panca pourrait être comparable en littérature à ce que peut être à l'heure actuelle un film comme Avatar, une expérience linguistique et métapsychique unique, délitée par un verbe puisé au coeur de la tendresse humaine. La femme dans l'oeuvre de Bordage semble être parvenue à un niveau similaire à l'homme, elle n'est plus cette femme biblique "venue de" mais cette Eve nouvelle, comme on dit souvent, cette femme qui émerge et fait des choix, quitte à aller au bout des choses, et capable d'apporter sens là où jadis elle ne faisait qu'illustrer, que représenter des modèles courants et stéréotypés.
On ne sait si la musique hindoue a quelque chose à voir avec ces harmoniques qu'on devine à peine dans cette oeuvre, tellement le verbe ressort d'une musicalité qui elle-même ressort quelque chose de bien plus subtile. La seule chose dont on peut être certain c'est qu'en racontant une mystique de laquelle la femme est partie prenante et intégrante, Bordage lui confère une autre dimension, tout comme à cette mystérieuse fraternité du Panca.
[...] Bordage est un raconteur d’histoires comme il y en a peu chez les Grenouilles, et - chance sur nous, lecteurs - il utilise son talent pour faire du space opera. Il nous invente des planètes avec leurs paysages zarbis, leurs climats, leurs faunes et leurs flores de l’au-delà. Comme de juste l’humanité prédatrice ne comprend rien aux non-humains, mais certains individus restent ouverts à ce possible.
On retrouve bien sûr le message cher à l’auteur sur l’inexplicable par la Science ou la rationalité qui a autant, voire plus, d’importance que ce que l’on appréhende par les équations et les formules chimiques.
Bref c’est de la belle ouvrage très plaisante à lire, même si on ne sait toujours rien de la fraternité du Panca ni de la terrible menace qui pèse sur la galaxie après plus de 1300 pages.
Frère Kalkin est peut être bien le meilleur tome de La Fraternité du Panca publié à ce jour, et laisse rêveur quant à la qualité de la suite de la série. L’auteur réussit l’exploit de signer une aventure encore plus prenante que celles de Frère Ewen et Soeur Ynolde, ce qui n’était pas franchement gagné.
La plume de Pierre Bordage est toujours aussi agréable à lire, simple à comprendre, et ce même lors de phases d’actions ou de rebondissement. Le choix du déroulement des évènements est vraiment d’un très haut niveau, un des meilleures de ce que j’ai pu lire de la production actuelle. [...]Si les personnages sont assez typiques, on ne tombe jamais dans la caricature ni dans le stéréotype. J’ai vraiment adoré les suivre.
On retrouve avec joie un nouvel épisode de la "pentalogie" de Bordage dont les qualités ne sont plus à mettre en doute, ni à démontrer. Dans l'impatience de découvrir la suite des événements, on pourrait passer à côté des splendides descriptions de paysages divers tels que désert ou massif montagneux ; pourtant il ne faut pas se tromper, tout est de très haute volée même si parfois certains passages manquent un peu de rythme.
On découvre avec un plaisir non dissimulé les aventures nées sous la plume de ce conteur hors pair qui sait créer des histoires originales pleines de suspens. Ce roman fait la part belle aux figures féminines qu'il s'agisse de JiLi ou de Klarel évidemment ; cependant il ne faudrait pas oublier Elvina la Jargariote qui joue un rôle prépondérant dans cet épisode, ainsi que Maginn dont l'influence s'avère décisive. Ces femmes sont toutes admirables dans leur genre et attachantes malgré leurs différences. Pierre Bordage montre ici tout le talent qu'il possède pour créer des personnages dont la seule évocation donne envie de suivre les pérégrinations.
La lecture reste, malgré tout, la seule réponse pour comprendre la portée et la teneur de cette oeuvre magistrale.
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