Tandis que sur NeoTierra, où siège le Parlement universel, la menace d’une nuée destructrice est enfin prise au sérieux, Bent, devenu frère Elthor, doit gagner le Nuage de Majdan, une galaxie proche de la Voie lactée. Mais sur TarzHel, la planète principale du système d’Alpha du Tarz, les pilotes prêts à se risquer dans l’inconnu ne sont pas légion… Fort des âmnas de ses quatre frères et soeurs, Elthor permettra- t-il au Panca de l’emporter contre le néant prophétisé par le livre sacré de Sât ? Voici l’ultime combat du premier maillon d’une chaîne quinte.
« Avec “La Fraternité du Panca”, Pierre Bordage signe une fresque humaine à l’échelle d’une galaxie, un conte philosophique à la dimension de l’univers, un opéra de l’espace aussi varié que les étoiles, une comédie humaine cosmique illuminée par une constellation de valeurs humanistes. » Serge Perraud.
La Fraternité du Panca est le dernier space opera de Bordage, un pentateuque puisque le chiffre 5 est emblématique de l’histoire contée : la formation d’une chaîne quinte, via 5 maillons de la Fraternité du Panca qui repose sur 5 piliers et dont l’animal totem est le pentale, à 5 cornes et 5 ailes.
Les fans de Bordage retrouveront le souffle épique qui habitait Rohel ou Les guerriers du silence, ainsi que leurs thèmes : la nécessité de l’écoute, le lien avec la Nature, les dangers du fanatisme… Quant à ce dernier tome, il tient toutes ses promesses !
L’écriture est toujours tout en subtilité, et sans aucune prévisibilité. On se laisse emporter par le chant des pentales, ces migrateurs célestes alliés de la Fraternité du Panca qui propagent le feu de la vie, tout en frémissant de la violence des servants de Sât, le Dévoreur.
Lorsqu’on referme le livre, on se sent comme habité par tous ces personnages que nous avons croisés plus ou moins longuement et dont les vies résonnent en nous comme l’humanité entière résonne dans les maillons de la chaîne quinte.
Un nouveau Bordage à dévorer donc, comme toujours.
Ela
Pierre Bordage revient à ses amours avec un space opéra étonnant : La Fraternité du Panca. Petite interview
ActuSF : Comment est né La Fraternité du Panca ? Qu’as-tu envie de faire avec cette série ?
Pierre Bordage : D’abord repartir dans l’espace après un roman, Porteur d’Âmes,
situé sur terre et dans un avenir très proche. Et puis, illustrer
encore une fois (on ne se refait pas…) l’effet trame humaine à travers
l’espace et le temps, concept que j’essaie de travailler sous
d’autres formes dans les autres livres. L’attrait du voyage, du
merveilleux, que permet le space opera. Le désir moteur,
je m’en rends compte maintenant, a été de faire un vrai récit de
voyage, avec des personnages attachants. Un peu comme on suivrait
des émigrants de la fin du 19ème dans leur quête d’Amérique. J’aurais
aimé le faire à la façon d’un carnet, avec des textes, des croquis et
des dessins, mais techniquement, je ne suis pas à la hauteur pour
ce qui concerne l’illustration. Outre la trame (symbolisée ici par
la chaîne quinte) sont venus se greffer les thèmes qui me sont
chers, les différentes façons d’interpréter le monde, les
différents conditionnements, sociaux, religieux, politiques,
sexuels…
ActuSF : Dans le premier
tome, on suit essentiellement deux héros dans leur parcours, Ewen
et Olmeo. Ils sont à milles lieues l’un de l’autre. Comment
pourrais-tu les présenter aux lecteurs qui n’ont pas encore lu le
livre ?
Pierre Bordage : L’un, Ewen, est un frère du Panca,
quelqu’un qui s’est engagé au service d’une organisation, et qui a
perdu de vue son engagement. Il s’est marié, a eu une fille, attend
un deuxième enfant, et, évidemment, c’est à ce moment-là que sa
hiérarchie se manifeste, le contraignant à quitter son cocon
familial, son bonheur tranquille, à partir sans espoir de retour
(on retrouve là l’un des thèmes des Griots Célestes). Ewen est le
premier maillon d’une chaîne quinte, une procédure d’exception qui
ne se déclenche qu’en cas de danger très grave pour l’univers. Il
part donc à la rencontre du 4ème frère, localisé sur une planète
lointaine. Bien sûr tout au long du voyage, il va douter de son
sacrifice, de sa hiérarchie, de son importance. C’est dans une
lutte incessante contre ses doutes et ses regrets qu’il est
principalement engagé. Olmeo, lui, est un garçon d’une communauté
angélique du Pays Noir, dont la famille est contrainte de s’exiler
parce que sa mère a commis l’adultère. Contrairement aux siens,
opposés à la technologie, Olmeo a toujours rêvé de parcourir
l’espace à bord des grands vaisseaux. La faute de sa mère lui offre
une occasion unique de réaliser son rêve. Ce sont ses carnets de
voyage qu’on lira, ses émerveillements, les heurs et malheurs ponctuant
son périple, et puis, surtout, sa rencontre avec Sayi, une jeune
fille étonnante.
ActuSF : Et que dire de ton
univers ? Il y a des secteurs fortement technologiques avec
d’immenses vaisseaux spatiaux pour traverser les étoiles, et en
même temps des communautés presque renfermées sur elles-mêmes, très
proches de la terre et sans beaucoup d’outils technologiques.
Comment tu le vois cet univers où le communautarisme côtoie la
multitude ?
Pierre Bordage : Je le vois comme une parfaite
illustration du nôtre. Sur terre aussi, la technologie côtoie les
communautés renfermées sur elles-mêmes. Il ne peut y avoir, à mon
sens, de monde purement technologique ou purement communautariste.
De nos jours aussi, les religieux se défient de la technologie, de
nos jours aussi, on a des peuples qui restent arc-boutés sur leurs
croyances (que je ne juge pas d’ailleurs, elles sont souvent riches
d’enseignements, je n’ai aucune préférence, je pense que les deux,
la technologie et la croyance, sont les meilleures et les pires
des choses). J’avais envie de créer le décalage entre le monde
d’Olmeo et le monde technologique, pour accompagner l’émerveillement
d’Olmeo. Il m’intéressait de partir avec un personnage qui n’est pas
blasé, qui a gardé cette capacité d’émerveillement.
ActuSF : Le
site de l’Atalante évoque une "ode à la femme et au mystère de la
vie". Pourquoi as-tu voulu explorer ces deux thèmes ?
Pierre Bordage : Je me suis fait incendier sur ce même
site sur mon côté viol systématique à chaque page et mes femmes
soit nunuches soit putains (en fait, je ne le pense pas, pas du
tout, mais certains lecteurs — trices, argg, surtout ne pas oublier
— ont interprété mes personnages féminins comme ça). Je n’avais
pas l’intention de me racheter de mes très grandes fautes, d’écrire
un hymne à la femme ou au mystère de la vie, mais à la fin du roman,
quand on a fait le constat, Mireille et moi, on s’est rendu compte
que, si on avait suivi deux personnages masculins tout au long du
récit, les figures qui demeuraient, qui résistaient, étaient les
femmes : la mère d’Olmeo, la fille d’Olmeo… et d’autres que je ne
peux pas révéler ici au risque de dévoiler l’intrigue. Ce premier
tome est d’essence féminine : les vaisseaux sont des ventres
abritant la vie, les deux héros, Ewen et Olmeo, sont hantés
(Ezalde) ou initiés par une femme (Sayi). Enfin, je sais maintenant que
je suis un affreux féministe :-) Qui dit femme dit mystère de la
naissance et de la vie (ah, mon côté affreux macho qui reprend le
dessus…). En plus il y a dans le livre des retournements de
situation qui illustrent à leur façon le mystère éternel du temps
(je ne peux en dire plus, même sous la torture, d’ailleurs si on
pouvait m’enlever les brodequins, merci).
ActuSF : Ce premier tome
raconte le voyage des deux héros sur des planètes étrangères et
dans de grands vaisseaux spatiaux. On peut dire qu’ils sont tous
les deux arrachés à leurs habitudes. Est-ce que ça t’a permis de
souligner encore plus le choc des aventures et des nouveautés qui
les attendent plutôt que de mettre en scène un baroudeur habitué au coup
de force ? Et qu’avais-tu envie de faire : les confronter à
beaucoup d’événements pour que chacun des deux héros évoluent
rapidement ? Une sorte de transformation intérieure ?
Pierre Bordage : Oui, bien sûr, la transformation
intérieure, comme tout roman initiatique. Et les romans de voyage,
parce qu’ils exigent de leurs héros des adaptations permanentes,
rentrent évidemment dans le cadre du roman initiatique. À part
Rohel, et peut-être un peu Tcholko, le nomade Tunguz de la steppe
sibérienne dans Atlantis, je n’ai jamais travaillé avec un héros
baroudeur type super héros. Je préfère partir avec ces personnages
simples, confrontés à des épreuves qui vont les forcer à grandir
(même Wang, avec son tao de la survie, fait partie des héros
ordinaires). Les voyages, j’ai remarqué, multiplient les
événements, tout simplement parce qu’on ne comprend pas toujours la
langue ni les coutumes ni les conditions climatiques. Donc, il faut
évoluer en accéléré, se transformer pour continuer. J’aime bien ça,
confronter l’être ordinaire à l’événement exceptionnel. Mais, et
c’est ma conviction la plus profonde, il n’y a pas d’être vraiment
ordinaire…
ActuSF : On l’a dit, il leur
arrive toutes sortes d’aventures. On a l’impression que tu t’es
fait plaisir en multipliant les paysages étranges et les péripéties
étonnantes, quitte parfois à ne pas trop les expliquer pour mieux
se concentrer sur l’action. Est-ce que j’ai bon ? Y as-tu pris du
plaisir ? As-tu toujours un émerveillement pour l’espace et le
space opera ?
Pierre Bordage : Oui, je me suis fait plaisir,
vraiment. Encore une fois, quand on voyage, on change sans cesse de
paysages, de situations, de compagnons, et l’action est
permanente. Et on n’a pas le temps de tout expliquer non plus, on
en prend plein les yeux, plein la tête, sans toujours comprendre
les mondes traversés. J’ai toujours un grand attrait pour le space opera,
qui, pour moi, reste le terrain privilégié du merveilleux moderne.
Je me retrouve comme quand j’avais vingt-deux ans et que j’ai
découvert le premier volet de la Guerre des Étoiles
(bon d’accord, ça ne nous rajeunit pas et je viens d’avouer mon
grand âge) : l’éclate totale. Je suis un vrai gosse, et je pense
qu’il faut garder une âme d’enfant pour écrire et lire des space opera.
ActuSF : Tu
as déjà prévu cinq tomes. Pourquoi aussi long ? Et est-ce que ça
ne te fait pas un peu peur quand même un projet aussi vaste ? Ou au
contraire est-ce excitant de se dire qu’on a encore quatre tomes
pour développer l’intrigue et l’univers ?
Pierre Bordage : Ben, je me suis fait piéger par le
titre ! Panca veut dire cinq en sanskrit. Chaîne pancatvique ou
quinte, pentale (animal à cinq ailes), tout est basé sur le cinq.
Allez faire une trilogie avec ça ! Même pas peur dans la mesure où,
de la façon dont j’ai agencé le cycle, il n’y aura pas d’effet de
répétition ou d’impression de traîner en longueur. Bref, on va
encore voir du pays, je vous le dis ! Oui, c’est plutôt excitant, parce
que, si l’univers et la trame restent constants, les péripéties
seront très différentes les unes des autres, enfin, j’espère.
ActuSF : Que peut-on dire déjà du tome 2 ? Que vas-tu nous raconter ?
Pierre Bordage : Rien, je ne peux rien en dire. Non, ne
remettez pas les brodequins s’il vous plaît. Je ne peux rien dire
parce que ce serait dévoiler la fin du premier tome, ce qui ne
serait pas correct vis-à-vis des lecteurs.
ActuSF : Et hormis les quatre prochains volumes de La Fraternité du Panca, sur quoi travailles-tu ? Vas-tu sortir d’autres livres en parallèle ? Et sinon quelles sont tes envies ?
Pierre Bordage : Oui, je sortirai d’autres ouvrages en
parallèle : un roman pour la jeunesse chez Flammarion, une uchronie
sous l’égide d’Alain Grousset ; un Club Van Helsing ; un roman au
Diable Vauvert, une anticipation très contemporaine, la veine que
j’explore au Diable ; et puis je travaille actuellement sur un
projet de feuilleton audio, oui, oui, et sur l’adaptation BD des Fables de l’Humpur… N’en jetez plus, ma coupe est pleine.
(Interview réalisé pour la sortie de Frère Ewen, premier tome du cycle)
Jérome Vincent - ActuSF
Frère Elthor marque l’apothéose du cycle de la fraternité du Panca. Pierre Bordage maître incontesté du Space Opéra signe ici une conclusion parfaite pour son ambitieuse pentalogie. En lisant ce livre il m’est tout de suite apparu que Pierre Bordage avait parfaitement trouvé le cœur de son sujet, l’apocalypse, c’est-à-dire au sens littéral, la révélation. A travers des épreuves saisissantes d’intensité, les personnages poignants de ce nouvel opus, dévoilent les faces cachées de leurs âmes. Encore une fois, Pierre Bordage entraîne ses héros jusqu’au bout d’eux-mêmes à travers un voyage initiatique qui ne vous laissera pas indifférent. Mené tambour battant, sur un rythme haletant, cette aventure sur fond de fin du monde, nous dresse le portraits d’êtres humains tourmentés par la soif de vivre et en quête d’intensité, de présence au monde, dans une époque où tout se désintègre et les repères s’estompent laissant place aux cœurs nus des héros. La poésie, la magie, l’amour, la passion, la cruauté, le fanatisme, Pierre Bordage met en scène toutes les énergies qui animent la psyché humaine des plus belles aux plus sordides. Tout en contraste, en subtilité, cette œuvre est habitée par un génie et un talent incomparable, digne des plus grands romanciers. Vous y trouverez l’intégralité des ingrédients d’un excellent Space Opéra : voyages spatiaux, mystères, espèces inconnues, exotisme, aventure, initiation, combats, pouvoirs de l’esprit sur la matière mais aussi relations humaines intenses et déchirantes d’intensité. Je crois que ce livre possède une des plus belles conclusions qui soit avec une très longue scène d’action prodigieuse, animée par un souffle épique qui vous livrera tous les secrets de la Fraternité du Panca, des Pentales et de la Nuée qui veut détruire l’univers. De surcroît, Pierre Bordage nous livre les secrets des Satnagas d’une façon extrêmement originale et troublante, voire dérangeante. J’ai rarement trouvé autant d’intensité dans une œuvre de SF. Laissez-vous porter par un style fluide d’une élégance poétique parfaitement maîtrisée, l’essence même de l’efficacité esthétique. Je vous recommande de tout mon cœur, ce dernier volet de la Saga du Panca, qui à mon sens répond à toutes les questions que l’on pouvait se poser sur la problématique puissante posée par Pierre Bordage comment le Feu de la Vie, peut-il s’opposer à la nuée glacée du Néant : « Ne pas se séparer du Feu. Accepter le Feu. Être le Feu. » Frère Elthor.
La chaîne pancatvique a été reconstituée et frère Elthor, le premier maillon doit se rendre dans les Nuages de Majdan afin de combattre la nuée qui menace d'engloutir la Voie Lactée. Se pose inévitablement la question d'un moyen de transport suffisamment rapide pour atteindre cette destination dans les plus brefs délais. Il se met alors en quête du vaisseau qui lui permettra de quitter TarzHel parce que l'appel de la Fraternité s'est fait pressant étant donné l'urgence de la situation. La seconde difficulté à prendre en compte, c'est qu'il lui est impossible de se fier à quiconque. Elthor a, en effet, été averti par les âmes logées dans ses implants qu'il va devoir faire preuve de méfiance parce qu'il est évident que plusieurs ennemis vont tenter de stopper sa progression. Il sait aussi que ses poursuivants sont extrêmement dangereux et pugnaces.
De son côté, sur NeoTierra, Xéline, jeune médialiste mandatée par JiLi, est chargée d'infiltrer le gouvernement pour faire en sorte que la menace de destruction prochaine soit finalement prise au sérieux.
Enfin, voilà le dernier volet de la pentalogie de Pierre Bordage La Fraternité du Panca. Ce roman se déroule comme les autres à la notable différence qu'il s'agit cette fois d'enrayer la menace qui pèse sur l'espèce humaine et non plus de transmettre un implant. Jusqu'à présent, l'auteur se focalisait plus particulièrement sur le chargé de mission du Panca, son successeur voire sur ses ennemis, néanmoins ce livre se présente comme une véritable polyphonie. Bien entendu, frère Elthor demeure le fil rouge de cette aventure. En conséquence, ses péripéties sont logiquement au centre de cette histoire ; cependant plusieurs voix se font entendre et tous les propriétaires ont une façon personnelle d'envisager la proximité de la fin du monde.
En premier lieu, Elthor n'est jamais vraiment seul puisqu'il est accompagné en permanence de ses frères et sœurs. L'expérience de Kalkin par exemple lui est d'un grand secours pour trouver ce moment suspendu hors du temps appelé "vakou" qui permet de pouvoir anticiper les actions de l'ennemi ou encore de porter un regard lucide sur les événements sans se laisser submerger par les émotions.
On trouve également le point de vue de personnages plus inattendus comme un sâtnaga, qui voit dans la nuée la venue de son dieu et donc un accomplissement ou un médialiste célèbre qui se rend compte que ses désirs sont d'une vacuité confondante. Les voix ne sont pourtant pas toutes humaines. Elles prennent parfois l'aspect de chants, de sons lorsqu'elles proviennent des pentales, ces animaux primordiaux, mythiques, représentés sur l'arme des frères du Panca. Ces créatures fabuleuses font planer sur cette aventure une aura de quiétude, un sentiment de puissance immémoriale. Elles sont lumineuses, poétiques et on a du mal à les oublier après la fermeture de l'ouvrage. Ces intermèdes ont le mérite de proposer une vision différente de celle du héros, de montrer l'appréhension d'une perspective extrême sous des angles parfois antagonistes, de mettre en lumière des parcours de vie individuels.
Les protagonistes sont trop nombreux pour en faire une liste exhaustive, il paraît malgré tout intéressant de prendre plus précisément en considération la jolie Maliloa. Elthor ne peut s'empêcher d'être attiré par sa beauté, cependant, comme la chaleur de son cakra augmente en présence de la jeune femme, il n'ose pas lui faire confiance et préfère garder ses distances. Il découvrira pourtant qu'il n'est pas le seul à dissimuler un secret.
Dans ce livre, Pierre Bordage narre l'effondrement d'une civilisation. Suite à l'annonce de l'arrivée de la nuée destructrice, la violence et l'anarchie ont pris le dessus sur NeoTierra. Le vernis social des hommes a fondu comme neige au soleil, la plupart étant retournés à l'état de bête sauvage n'hésitant pas à tuer, à piller, à détruire alors même que l'espoir de survie a été anéanti. Une fois la menace confirmée, les comportements extrêmes, dont le lynchage fait partie, offrent un aspect sordide, sombre, inquiétant à l'œuvre comme si la civilisation n'était pas la vraie nature de l'homme et que le moindre incident suffisait à faire disparaître cet aspect policé, que l'être humain n'était rien de plus qu'un prédateur gouverné par la loi du plus fort dans un monde en déliquescence.
Ce dernier opus est vraiment palpitant, pas uniquement à cause du sort de l'humanité lié à la réussite d'Elthor mais également parce qu'on finit par s'attacher à chacun des personnages en présence et que tous nous donnent envie de poursuivre la lecture. L'écriture de Bordage est réellement passionnante, son style précis et élégant. Il sait ménager le suspens et il se dégage un véritable humanisme de son œuvre. La fin du monde agissant comme un révélateur, il est compliqué d'anticiper les réactions des protagonistes qui peuvent s'avérer très éloignées de l'image qu'ils projettent habituellement.
Il ménage aussi un certain mystère en n'apportant pas toutes les réponses attendues, que ce soit en ce qui concerne la Fraternité ou encore l'origine de cette force dévastatrice. Il pose également la question de la reconstruction : sachant que la civilisation est un échec, quelle solution peut-on proposer pour l'humanité en cas de survie?
L'ensemble de cette série est tout bonnement magistral. À présent qu'elle est close, rien n'empêche de partir à la découverte de ce récit fascinant, haletant dont l'imagination n'a d'égale que la virtuosité de conteur de Pierre Bordage.
Sig
Les Chroniques de l'Imaginaire
Cinquième et dernier volet du space-opera de Pierre Bordage. Berit est devenu frère Elthor, premier maillon de la chaîne quinte. Renforcé par les âmnas de ses quatre frères, il lui revient maintenant d'affronter le danger qui menace la galaxie. Il lui faut d'abord gagner le nuage de Majdan, un amas d'étoiles situé en dehors de la Voie lactée. Et pour cela, trouver un vaisseau à vitesse supraluminique qui lui permettra d'arriver avant que la nuée destructrice n'atteigne le bras extérieur de la Galaxie. Mais les pilotes acceptant de se rendre dans un endroit jamais exploré par l'homme ne sont pas légion. À moins de tomber sur une poignée d'aventuriers pourchassés par des trafiquants locaux et n'ayant pas d'autre choix que de fuir le plus vire et le plus loin possible…
Biblioteca magazine
Dernier volume de cette fraternité - Frère Ewen, Soeur Ynolde, Frère Kalkin et Soeur Onden (un volume pour chacun, même éditeur) ont déjà œuvré - ils ont donné leur âmnas pour que toute la puissance nécessaire à Frère Elthor puisse se développer. Pendant que sur NéoTierra comme à leur habitude les factions rivales s’entredéchirent et se refusent à voir les évidences sous prétexte de pouvoir à conserver, une nuée inconnue et super destructrice qui dévore tout sur son passage s’approche de notre Voie Lactée. Bent devenu Frère Elthor cherche à gagner le Nuage de Majdan - une galaxie proche de la nôtre - cible de la nuée. Sur NéoTierra on finit par s’entendre et frère Elthor livre son combat contre la nuée. Le Panca sera-t-il vainqueur du néant ? La chaîne des cinq frères et sœurs sera-t-elle assez forte
Vous le savez, comme moi, je pense, dès le début de votre lecture. Et comme toujours c’est l’art et la manière qui comptent. Bordage est un maître conteur. A chaque fois il nous emporte et nous laisse là où il le désire. A chaque fois nous apprécions le voyage, nous sommes en bonne compagnie. Les personnages ont l’ampleur suffisante et l’intérêt nécessaire réclamés par nos exigences de lecteur. Ceux qui ont suivi les aventures des membres de la fraternité ne seront pas surpris et j’encourage les autres - ceux qui ne connaissent pas encore - à passer commande de la série. Idéaux pour les longues journées d’hiver, le style Bordage et ses personnages chaleureux réchauffent les cœurs. Pensez aussi que la série peut constituer un beau cadeau... c’est le moment d’y penser...
Noé GAILLARD
Murmures Magazines
Du jeudi 23 au dimanche 26, retrouvez vos auteurs favoris à Épinal aux Imaginales.
Pierre Bordage, Gess, Anne Fakhouri, Jean-Marc Ligny, Carina Rozenfeld, Anne Larue, Johan Heliot, Danielle Martinigol, Laurence Suhner, Andreas Eschbach, Régis Goddyn, Kai Meyer, Sylvie Denis, Jean-Claude Dunyach.
Parmi de prestigieux nominés :
John Scalzi pour Redshirts.
Informations : ici .
Les listes des titres (indicatives) pour le Prix Rosny Aîné 2013 ont été annoncées. Vous pouvez retrouver :
Pour plus d'information, ici.